Sougya : L'amoud ouvre sur le verset des eaux profondes : Oula garde l'objection dans son regard, Rabba bar bar Hana la puise. Ils tiennent comme Rabbi Binyamin bar Yefet au nom de Rabbi Yo'hanan : on bénit sur le feu à la sortie du Chabbat et à la sortie de Yom Kippour.
La Guemara sépare le feu qui a reposé, béni aussi après Yom Kippour, et le feu tiré des bois et des pierres, réservé à la sortie du Chabbat. Viennent les dix choses créées au crépuscule de la veille du Chabbat, puis les sept choses d'avant le monde.
Le creux de la Guehinom précède le monde, son feu date du deuxième jour, et notre feu, monté dans la pensée la veille, n'est créé qu'à la sortie, quand Adam frotte deux pierres. Le mulet divise Rabbi Yossi et Rabban Chimon ben Gamliel : œuvre d'Adam, ou trouvaille d'Ana.
et l'homme de discernement la puisera. Les eaux profondes, un conseil dans le cœur de l'homme : c'est Oula.
Et l'homme de discernement la puisera : c'est Rabba bar bar Hana. Et eux, selon qui le tenaient-ils ?
Selon ceci : Rabbi Binyamin bar Yefet a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : on bénit sur le feu, à la sortie du Chabbat comme à la sortie de Yom Kippour. Et c'est ainsi que le peuple agit.
Rav Yosef, à la fin de l'amoud précédent, applique le verset des eaux profondes. Oula a vu l'erreur, a regardé avec sévérité, et a gardé l'objection. Rabba bar bar Hana a lu ce regard : il est l'homme de discernement qui puise le conseil.
Ils tiennent comme Rabbi Binyamin bar Yefet au nom de Rabbi Yo'hanan : on dit la berakha sur le feu à la sortie du Chabbat et à la sortie de Yom Kippour. Ama debar : le peuple en a l'usage. Rachi : ils n'ont pas concédé la version de Rabbi Abba, qui limitait la berakha à la sortie du Chabbat.
On objecte. On ne bénit sur le feu qu'à la sortie du Chabbat, puisque c'est le commencement de sa création.
Dès qu'on le voit, on bénit aussitôt. Rabbi Yehouda dit : on les ordonne sur la coupe.
Et Rabbi Yo'hanan a dit : la halakha suit Rabbi Yehouda !
La baraitha réserve la berakha sur le feu à la sortie du Chabbat, heure de sa beriya première. Dès qu'on voit le feu, on bénit. Rabbi Yehouda : on range les berakhot sur la coupe de la havdala. Rabbi Yo'hanan tranche comme lui.
Le point d'exclamation porte la tension. Si la berakha tient à la création du feu, propre à la sortie du Chabbat, la version qui la dit aussi à la sortie de Yom Kippour reste à expliquer.
La difficulté tombe. Ici, un feu qui a reposé.
Là, un feu qui sort des bois et des pierres.
Deux feux. L'or she-shavat a reposé : allumé de façon permise, pour une accouchée ou un malade, ou depuis la veille. On n'en a pas joui de la journée. La berakha marque cette 'hidouch. On la dit aussi à la sortie de Yom Kippour.
L'or tiré des bois et des pierres vient d'être produit. Il recommence le feu premier. Sa berakha reste celle de la sortie du Chabbat.
Une baraitha enseigne : sur le feu qui sort des bois et des pierres, on bénit. Une autre enseigne : on ne bénit pas sur lui.
La difficulté tombe. Ici, à la sortie du Chabbat.
Là, à la sortie de Yom Kippour.
Les deux baraithot parlent du même feu, celui des bois et des pierres. L'une prescrit la berakha, l'autre la refuse. La sortie du Chabbat l'appelle. La sortie de Yom Kippour la laisse.
Rabbi les disperse. Rabbi Hiya les rassemble.
Rabbi Yitshak bar Avdimi a dit : bien que Rabbi les disperse, il revient et les ordonne sur la coupe, afin d'acquitter ses fils et les gens de sa maison.
Rabbi désigne Rabbi Yehouda ha-Nassi. Il disperse : berakha sur le feu dès qu'il le voit, berakha sur les besamim quand on les apporte. Rabbi Hiya rassemble tout sur la coupe.
Rabbi Yitshak bar Avdimi : même dispersées, Rabbi les répète sur la coupe, pour l'yotsi, acquitter ses fils et les gens de sa maison.
Et le feu a-t-il été créé à la sortie du Chabbat ? Or on a enseigné : dix choses ont été créées la veille du Chabbat, au crépuscule.
Les voici : le puits, la manne, l'arc, le ketav (écriture), le mikhtav (stylet), les Tables, le tombeau de Moché, la grotte où se tinrent Moché et Eliyahou, l'ouverture de la bouche de l'ânesse, et l'ouverture de la bouche de la terre pour engloutir les méchants.
La berakha de la sortie du Chabbat suppose que le feu y a été créé. Une baraitha énumère dix choses créées la veille, au bein hashemashot. Dans la liste anonyme, le feu n'y figure pas.
Rachi. Le puits est celui de Miriam, rocher rond comme un tamis, qui roulait avec Israël. Sur ketav et mikhtav, il a entendu : lecture des noms, puis gravure. Pour lui, ketav est la forme gravée, mikhtav la plume et le stylet, avec les outils de Kidouchin 21b. La grotte : fente du rocher pour Moché, grotte de Horev pour Eliyahou. Les méchants : l'assemblée de Korah.
Rabbi Nehemia dit au nom de son père : même le feu et le mulet. Rabbi Yoshia dit au nom de son père : même le bélier et le chamir.
Rabbi Yehouda dit : même la tenaille. Il disait : on fabrique une tenaille au moyen d'une tenaille, et la première tenaille, qui l'a faite ?
En vérité, c'est une création de la main du Ciel. On lui a dit : on peut la faire dans un moule et la fixer d'un seul coup.
En vérité, c'est une création de la main de l'homme.
Trois ajouts au crépuscule. Rabbi Nehemia, au nom de son père : le feu et le mulet. Rachi : le premier mulet sort de la terre, il ne vient pas d'un kilayim. Rabbi Yoshia : le bélier d'Avraham, et le chamir, ver devant lequel la pierre se défait. Chlomo s'en est servi pour le Temple (Guittin 68a).
Rabbi Yehouda ajoute la tenaille. On la forge avec une tenaille : la première viendrait de la main du Ciel. On lui répond qu'un moule et une coulée la fixent d'un coup. La première peut être une œuvre d'homme.
La difficulté tombe. Celle-ci vise notre feu, celle-là le feu de la Guehinom.
Notre feu, à la sortie du Chabbat. Le feu de la Guehinom, la veille du Chabbat.
Et le feu de la Guehinom a-t-il été créé la veille du Chabbat ? Or on a enseigné : sept choses ont été créées avant que le monde soit créé.
Les voici : la Torah, la techouva, le Gan Éden, la Guehinom, le Trône de gloire, le Temple, et le nom du Machiah.
Le feu ajouté par Rabbi Nehemia et le feu de la sortie du Chabbat sont deux feux. Or didan, notre feu : sortie du Chabbat. Or de-Guehinom : veille du Chabbat.
Nouvelle question. Une baraitha place la Guehinom parmi sept choses créées avant le monde, avec la Torah, la techouva, le Gan Éden, le Trône de gloire, le Temple et le nom du Machiah.
La Torah, car il est écrit : Hachem m'a acquise au commencement de Sa voie. La techouva, car il est écrit : Avant que les montagnes soient enfantées.
Et il est écrit : Tu ramènes l'homme jusqu'à l'écrasement, et Tu dis : revenez, fils de l'homme.
La Torah est appelée commencement de la voie : avant les autres voies. Rachi sépare deux écritures. Celle du crépuscule vise les Tables. La Torah était déjà écrite, feu noir sur feu blanc.
La techouva se lit dans la suite : avant les montagnes, cette mesure existe, et l'homme est ramené jusqu'à ce que son cœur soit écrasé.
Le Gan Éden, car il est écrit : Hachem D.ieu planta un jardin en Éden, mi-kedem. La Guehinom, car il est écrit : car Tophet est préparé depuis hier.
Mi-kedem se lit moukdam : antérieur au monde. Me-etmol, depuis hier : avant le monde. Tofteh : quiconque se laisse séduire par son yetser y tombe.
Le Trône de gloire et le Temple, car il est écrit : Trône de gloire, hauteur depuis le commencement, lieu de notre Sanctuaire. Le nom du Machiah, car il est écrit : Que son nom soit à jamais, avant le soleil Yinon est son nom !
Un verset couvre le Trône de gloire et le lieu du Sanctuaire : tous deux me-richon, depuis le commencement. Rachi : marom désigne les Aravot. Le nom du Machiah, Yinon, précède le soleil. Le point d'exclamation porte l'objection : cette baraitha place la Guehinom avant le monde.
On dit : c'est son creux qui a été créé avant que le monde soit créé, et son feu, la veille du Chabbat.
Le halal, le creux de la Guehinom, précède le monde. Son feu, lui, est daté de la veille du Chabbat. Rachi marque que c'est bien la réponse.
Et son feu a-t-il été créé la veille du Chabbat ? Or on a enseigné.
Rabbi Yossi dit : le feu que le Saint, béni soit-Il, a créé le deuxième jour n'a pas d'extinction, à jamais, car il est dit : Ils sortiront et verront les cadavres des hommes qui se rebellent contre Moi, car leur ver ne mourra pas et leur feu ne s'éteindra pas. Rabbi Banaa, fils de Rabbi Oula, a dit : pourquoi n'a-t-on pas dit ki tov le deuxième jour ?
Parce qu'en ce jour a été créé le feu de la Guehinom. Rabbi Elazar a dit : bien qu'on n'y ait pas dit ki tov, Il est revenu et l'a inclus le sixième jour, car il est dit : D.ieu vit tout ce qu'Il avait fait, et voici, c'était très bon.
Rabbi Yossi place ce feu au deuxième jour : il ne s'éteint jamais. Le verset d'Isaïe 66 en parle. Rabbi Banaa : le deuxième jour n'a pas de ki tov, parce que le feu de la Guehinom y est créé.
Rabbi Elazar : le sixième jour l'englobe dans tov meod. Rachi : on l'appelle bon parce que les méchants y sont jugés.
On tranche ainsi. Son creux, avant que le monde soit créé, et son feu, le deuxième jour.
Notre feu est monté dans la pensée pour être créé la veille du Chabbat, et il n'a été créé qu'à la sortie du Chabbat. Car on a enseigné.
Rabbi Yossi dit : deux choses sont montées dans la pensée pour être créées la veille du Chabbat, et elles n'ont été créées qu'à la sortie du Chabbat. À la sortie du Chabbat, le Saint, béni soit-Il, a donné à Adam, le premier, une connaissance à la ressemblance du modèle d'en haut.
Il a apporté deux pierres et les a frottées l'une contre l'autre, et le feu en est sorti. Il a apporté deux bêtes et a croisé l'une avec l'autre, et le mulet en est sorti.
Rabban Chimon ben Gamliel dit : le mulet a existé aux jours d'Ana, car il est dit : c'est Ana qui a trouvé les yemim dans le désert.
Mise au point. Le creux de la Guehinom précède le monde. Son feu date du deuxième jour. Notre feu monte dans la mahashava la veille du Chabbat, et il est créé à la sortie. Rachi : les deux baraithot visent ces deux moments, pensée puis acte.
Rabbi Yossi compte deux choses sur ce parcours, le feu et le mulet. À la sortie, Adam reçoit une dea, à l'image d'en haut. Deux pierres frottées donnent le feu. Deux bêtes croisées donnent le mulet. Rabban Chimon ben Gamliel date le mulet des jours d'Ana, qui a trouvé les yemim dans le désert.
Les dorechei hamourot (scrutateurs des versets fermés) disaient : Ana était un passoul (issu d'une union interdite). C'est pourquoi il a introduit un passoul dans le monde.
Car il est dit : Voici les fils de Séir le Horite. Et il est écrit : Voici les fils de Tsivon, Aya et Ana !
On en apprend que Tsivon a cohabité avec sa mère et a engendré d'elle Ana.
Les dorechei hamourot lisent deux versets. Parmi les fils de Séir, Tsivon et Ana apparaissent comme des frères. Parmi les fils de Tsivon, Aya et Ana : Ana est son fils. La Guemara en apprend que Tsivon a cohabité avec sa mère, l'épouse de Séir. Ana était passoul, et le passoul qu'il introduit est le mulet.
Tossefot. À Yech Nohalin (Bava Batra 115b), ce verset prouve déjà que le petit-fils est appelé fils. Le détail décisif est ailleurs : Aya, fils de Tsivon lui aussi, n'est pas inscrit avec les fils de Séir. Seul Ana l'est, parce qu'il est aussi le fils de l'épouse de Séir.
Et peut-être y avait-il deux Ana ? Rava a dit : je dirai une parole que le roi Chavur n'a pas dite.
Qui est-ce ? Chmouel.
Certains disent : Rav Papa a dit : je dirai une parole que le roi Chavur n'a pas dite. Qui est-ce ?
Rava. Le verset dit : c'est Ana.
C'est l'Ana du commencement.
L'objection : deux hommes pourraient porter le nom d'Ana. La réponse est dans hu Ana : c'est l'Ana déjà nommé au début.
Rava présente la chose comme une parole que le roi Chavur n'a pas dite, et ce roi est Chmouel. Autre version : Rav Papa parle, et Chavur désigne Rava. Rachi : Chmouel est expert en dinim, la halakha suit son avis comme un décret royal. Chavur régnait en Perse au temps de Rava.
Les Sages ont enseigné : dix choses ont été créées la veille du Chabbat, au crépuscule. Les voici : le puits, la manne, l'arc, l'écriture, le stylet, les Tables, le tombeau de Moché, la grotte où se tinrent Moché et Eliyahou, l'ouverture de la bouche de l'ânesse, et l'ouverture de la bouche de la terre pour engloutir les méchants.
Et certains disent : même le bâton d'Aharon, ses amandes et ses fleurs. Et certains disent : même les mazikin (êtres nuisibles).
Et certains disent : même
La baraitha reprend les dix choses du crépuscule. Des avis ajoutent le bâton d'Aharon, avec ses amandes et ses fleurs, puis les mazikin. Le dernier certains disent reste en suspens : la phrase continue sur l'amoud suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).