Sougya : L'amoud clôt la mahloket sur la pea des légumes : deux tannaim seulement, et le mot " même " porte sur le navet, le premier cas. Une baraitha raconte le fils de Bohayin, qui a donné la pea au légume, et son père, qui rachète ce que les pauvres emportent, en produit déjà prélevé.
Puis le sujet passe aux peaux des kodchei kodachim : les gens de force les prennent, l'institution du vendredi ne suffit pas, et on les consacre au Ciel, jusqu'aux plaques d'or du Heikhal. Abba Chaoul ben Batnit crie malheur sur quatre maisons de grands cohanim.
L'Azara pousse quatre cris : contre les fils d'Eli et contre Yissakhar de Kefar Barkai, et en faveur d'Yichmael ben Piakhi et de Yo'hanan ben Narbai. Le récit du roi et de la reine, chevreau ou agneau, s'ouvre et s'interrompt quand le grand cohen arrive.
Dirons-nous qu'il y a trois tannaim ? Non : il y a deux tannaim.
Le premier tanna de Rabbi Chimon, c'est Rabbi Yossi, et le premier tanna de Rabbi Yossi, c'est Rabbi Chimon. Et que signifie " même " ?
Il porte sur le premier cas.
Les deux baraithot de la page précédente semblent donner trois avis : un anonyme pour lefet (navet) et keruv (chou), un autre pour lefet et kaflot (poireau), et Rabbi Yossi avec Rabbi Chimon pour les trois.
La Guemara ramène à deux tannaim. Chacun est l'anonyme placé devant l'autre. Le mot af (" même ") ne rajoute pas un troisième légume à côté des deux : il reprend le premier, le navet, et remplace le second.
Les Sages ont enseigné : le fils de Bohayin a donné la pea pour le légume. Son père est venu et les a trouvés, les pauvres, chargés de légume, debout à l'entrée du jardin.
Il leur a dit : mes fils, jetez cela de sur vous, et je vous donne le double en produit prélevé. Non parce que mon œil est étroit, mais parce que les Sages ont dit : on ne donne pas la pea pour le légume.
Le fils traite le légume comme une pea. Les pauvres le prennent à la porte du jardin. Le père le leur fait rendre, et leur promet le double en houlin déjà dume (prélevé).
Rachi : une vraie pea est du hefker, donc exempte de maasser, parce que le lévite y a une part. Le légume n'est pas soumis à la pea. Tosfot : selon Beit Hillel, un abandon aux seuls pauvres n'est pas un hefker. Selon Beit Chammai, ici l'abandon est en outre un hefker par erreur.
Pourquoi a-t-il besoin de leur dire : " non parce que mon œil est étroit " ? Pour qu'ils ne disent pas : il nous éconduit.
Le double offert devrait suffire à montrer que l'œil n'est pas étroit. La phrase sert à empêcher la lecture : il reprend maintenant, et ne donnera rien ensuite. Rachi : sans la raison, le geste paraît absurde, reprendre pour rendre le double.
Les Sages ont enseigné : au début, on déposait les peaux des kodachim dans la chambre de Beit ha-Parva. Le soir, on les répartissait aux gens de la maison paternelle.
Et les gens de force les prenaient de force. On a institué qu'on les répartirait d'un vendredi à l'autre, parce que toutes les gardes viennent, et qu'elles les prennent ensemble.
Les peaux des kodchei kodachim reviennent aux cohanim. On les dépose dans la lichkat Beit ha-Parva, et on les partage le soir à la beit av qui a servi.
Une garde, michmar, se divise en six maisons paternelles, une par jour. Les baalei zeroa s'emparent des peaux avant le partage. L'institution groupe le partage au vendredi, quand la garde qui entre et celle qui sort sont là ensemble.
Et encore, les grands de la prêtrise les prenaient de force. Les propriétaires se sont levés et les ont consacrés au Ciel.
Le partage du vendredi n'arrête pas les gedolei kehuna, les princes des cohanim. Rachi lit baalim : l'ensemble des cohanim des gardes. Ils consacrent les peaux au bedek ha-bayit, et elles sortent du partage entre eux.
On a dit : il ne s'est pas écoulé un petit nombre de jours avant qu'on ait recouvert tout le Heikhal de plaques d'or, d'une coudée sur une coudée, de l'épaisseur d'un dinar d'or. Et pour la fête, on les repliait et on les déposait sur une marche du mont du Temple, afin que les pèlerins voient que leur ouvrage est beau, et qu'il n'y a pas de défaut.
Peu de jours après la consécration, tout le Heikhal est plaqué de tablettes d'or : une ama sur une ama, épaisses comme un dinar d'or.
À la fête on les retire et on les pose sur une marche du Har ha-Bayit, hors de l'Azara, pour que les olei regalim voient le travail, sans dalam (défaut).
On a enseigné. Abba Chaoul dit : il y avait à Yericho des poutres de sycomore, et les gens de force les prenaient de force.
Les propriétaires se sont levés et les ont consacrés au Ciel.
Même scène qu'avec les peaux, à Yericho. Des korot de sycomore, le tronc encore attaché, sont prises de force. Les propriétaires les consacrent. C'est le fond des gemiziot de hekdech, caroubier et sycomore, vues au daf précédent.
À leur sujet et au sujet de ceux qui leur ressemblent, Abba Chaoul ben Batnit a dit au nom d'Abba Yossef ben Hanin : malheur à moi à cause de la maison de Baitos, malheur à moi à cause de leurs massues ; malheur à moi à cause de la maison de Hanin, malheur à moi à cause de leurs chuchotements ; malheur à moi à cause de la maison de Katros, malheur à moi à cause de leurs calames ; malheur à moi à cause de la maison d'Yichmael ben Piakhi, malheur à moi à cause de leurs poings. Car eux sont grands cohanim, leurs fils sont gizbarin, leurs gendres sont amarkelin, et leurs serviteurs frappent le peuple avec des bâtons.
Quatre maisons de kohanim gedolim. Chacune a son arme : ala la massue, la lehicha le chuchotement, le kulmos le calame, l'egrof le poing.
La charge se tient en famille : les fils sont gizbarin (trésoriers), les gendres sont amarkelin. Rachi décompose : amar kolo, tout se tranche sur sa parole, pour les besoins du hekdech. Les serviteurs battent le peuple.
Les Sages ont enseigné : l'Azara a poussé quatre cris. Le premier : sortez d'ici, fils d'Eli, qui ont rendu impur le Heikhal de Hachem.
Et elle a encore crié : sors d'ici, Yissakhar, homme de Kefar Barkai, qui s'honore lui-même et profane les choses consacrées au Ciel. Car il enveloppait ses mains de soie et faisait le service.
Premier cri : les benei Eli, qui ont rendu impur le Heikhal. Rachi renvoie à Chemouel : ils couchaient avec les femmes qui se tenaient à l'entrée.
Deuxième cri : Yissakhar de Kefar Barkai enveloppe ses mains de chirai (soie) pour servir. Rachi : hatsitsa, parce que " le cohen prendra " exige une prise de sa propre main, et parce que c'est un bizayon. Tosfot distingue le loulav tenu à travers un tissu comme une pince : là, le tissu aide à saisir, et Rava appelle cela une prise.
Et l'Azara a encore crié : portes, élevez vos têtes, et qu'entre Yichmael ben Piakhi, disciple de Pinhas, et qu'il serve dans la grande prêtrise. Et l'Azara a encore crié : portes, élevez vos têtes, et qu'entre Yo'hanan ben Narbai, disciple de Pinkai, et qu'il remplisse son ventre des choses consacrées au Ciel.
Les deux derniers cris sont une entrée, sur le verset " portes, élevez vos têtes ". Yichmael ben Piakhi est invité à la grande prêtrise, lui le disciple de Pinhas. Rachi : lui était kacher. Le malheur de tout à l'heure vise les gens de sa maison.
Yo'hanan ben Narbai, disciple de Pinkai, est invité à se remplir des kodchei chamayim. Le cri suivant dira qu'à ses jours il ne restait pas de notar.
On a dit de Yo'hanan ben Narbai qu'il mangeait trois cents veaux, qu'il buvait trois cents outres de vin, et qu'il mangeait quarante sea de pigeonneaux en fin de repas. On a dit : tous les jours de Yo'hanan ben Narbai, on n'a pas trouvé de notar dans le Mikdach.
Qu'est-il advenu de Yissakhar, homme de Kefar Barkai ? On a dit : le roi et la reine étaient assis.
Le roi a dit : le chevreau est bon. La reine a dit : l'agneau est bon.
On a dit : qui peut le prouver ? Le grand cohen, car il fait monter des sacrifices chaque jour.
Lui, il est venu.
Les chiffres de Yo'hanan ben Narbai supposent, dit Rachi, beaucoup de cohanim nourris dans sa maison. Effet dit par la baraitha : de ses jours, pas de notar dans le Mikdach.
Puis : quelle rétribution pour Yissakhar ? Le roi hashmonéen dit que le gedi (chevreau) est meilleur. La reine dit que l'imra (agneau) est meilleur. L'arbitre désigné est le grand cohen, qui fait monter des korbanot chaque jour. L'amoud s'arrête à son arrivée.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).