Pesachim 57a - Pea du légume, peaux des kodachim, et les quatre cris de l'Azara

Pesachim 57a

Sougya : L'amoud clôt la mahloket sur la pea des légumes : deux tannaim seulement, et le mot " même " porte sur le navet, le premier cas. Une baraitha raconte le fils de Bohayin, qui a donné la pea au légume, et son père, qui rachète ce que les pauvres emportent, en produit déjà prélevé.

Puis le sujet passe aux peaux des kodchei kodachim : les gens de force les prennent, l'institution du vendredi ne suffit pas, et on les consacre au Ciel, jusqu'aux plaques d'or du Heikhal. Abba Chaoul ben Batnit crie malheur sur quatre maisons de grands cohanim.

L'Azara pousse quatre cris : contre les fils d'Eli et contre Yissakhar de Kefar Barkai, et en faveur d'Yichmael ben Piakhi et de Yo'hanan ben Narbai. Le récit du roi et de la reine, chevreau ou agneau, s'ouvre et s'interrompt quand le grand cohen arrive.

Pea : deux tannaim, le " même " sur le navet Maskana. Lefet = navet. Keruv = chou. Kaflot = poireau. Légume Rabbi Yossi Rabbi Chimon Lefet Les deux l'ont. " Même " = comme lui Oui Oui Keruv Non Oui : " même " comme le lefet Kaflot Oui : " même " comme le lefet Non Chacun est le tanna anonyme placé devant l'autre. Une seule paire, pas trois avis.
Rabbi Yossi : navet et poireau. Rabbi Chimon : navet et chou. Le " même " reprend le navet.
Peaux des kodchei kodachim : de la chambre à l'or du Heikhal Chaque jour Dépôt : Beit ha-Parva Soir : la beit av Baalei zeroa Prennent de force avant le partage Institution Vendredi à vendredi Toutes les gardes Encore Gedolei kehuna prennent de force Les propriétaires Consacrent au Ciel Rachi : bedek ha-bayit Plaques d'or Coudée sur coudée Montrées à la fête
Partage du soir, prise de force, institution du vendredi, consécration, plaques d'or.
Quatre maisons, quatre cris de l'Azara Abba Chaoul : malheur Baitos - massues (ala) Hanin - chuchotements Katros - calames Yichmael ben Piakhi - poings Eux : grands cohanim Fils : gizbarin. Gendres : amarkelin Serviteurs : bâtons sur le peuple Rachi : Yichmael lui-même était kacher L'Azara crie quatre fois 1. Sortez, fils d'Eli 2. Sors, Yissakhar de Kefar Barkai Mains enveloppées de soie 3. Entre, Yichmael ben Piakhi Disciple de Pinhas, grand cohen 4. Entre, Yo'hanan ben Narbai Qu'il se remplisse des kodachim De ses jours : pas de notar
Quatre maisons de cohanim, puis les quatre cris de l'Azara.
1
נֵימָא תְּלָתָא תַּנָּאֵי הֲווֹ? לָא, תְּרֵי תַּנָּאֵי הָווּ, וְתַנָּא קַמָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הַיְינוּ רַבִּי יוֹסֵי, וְתַנָּא קַמָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַיְינוּ רַבִּי שִׁמְעוֹן. וּמַאי ״אַף״ — אַקַּמַּיְיתָא.

Dirons-nous qu'il y a trois tannaim ? Non : il y a deux tannaim.

Le premier tanna de Rabbi Chimon, c'est Rabbi Yossi, et le premier tanna de Rabbi Yossi, c'est Rabbi Chimon. Et que signifie " même " ?

Il porte sur le premier cas.

📜 Rachi (3)
הָכִי גָּרְסִינַן נֵימָא תְּלָתָא תַּנָּאֵי הֲווֹ לָא תְּרֵי תַּנָּאֵי הֲווֹ תַּנָּא קַמָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַייְנוּ ר' שִׁמְעוֹן וְתַנָּא קַמָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן הַיְינוּ רַבִּי יוֹסֵי וּמַאי אַף אַקַּמָּיְיתָא:
Le premier tanna de Rabbi Yossi, c'est Rabbi Chimon, et le premier tanna de Rabbi Chimon, c'est Rabbi Yossi. Et que signifie " même " ? Il porte sur le premier cas.
לֵימָא תְּלָתָא תַּנָּאֵי הָווּ תַּנָּא קַמָּא דְּר' יוֹסֵי לְלַפֵּת וְלִכְרוּב וְלֹא לְקַפְלוֹט וְתַנָּא קַמָּא דְּר' שִׁמְעוֹן לְלַפֵּת וּלְקַפְלוֹט וְלֹא לִכְרוּב וְרַבִּי יוֹסֵי וְר' שִׁמְעוֹן כִּי הֲדָדֵי סְבִירָא לְהוּ דִּלְלַפֵּת וְלִכְרוּב וּלְקַפְלוֹט:
Le premier tanna de Rabbi Yossi : pour le navet et le chou, et non pour le poireau. Le premier tanna de Rabbi Chimon : pour le navet et le poireau, et non pour le chou. Rabbi Yossi et Rabbi Chimon pensent de la même manière : pour le navet, le chou et le poireau.
לֹא ת"ק דְּר' שִׁמְעוֹן הוּא ר' יוֹסֵי ות"ק דְּר' יוֹסֵי הוּא ר' שִׁמְעוֹן וּמַאי אַף דְּקָאָמְרִי תַּרְוַוייְהוּ אַקַּמַּיְיתָא דְּתַנָּא קַמָּא דִּידְהוּ קָיְימִי דְּהַייְנוּ אַלֶּפֶת דְּקָאָמַר תַּנָּא קַמָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי לְלַפֵּת וְלִכְרוּב וְקָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי אַף לְקַפְלוֹט כְּמוֹ לְלַפֵּת אֲבָל לִכְרוּב לֹא וְתַנָּא קַמָּא דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן נָמֵי הָכִי קָאָמַר לְלַפֵּת וּלְקַפְלוֹט כְּרַבִּי יוֹסֵי וְקָאָמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן אַף לִכְרוּב כְּמוֹ לְלַפֵּת אֲבָל לְקַפְלוֹט לֹא דְּהַיְינוּ כְּתַנָּא קַמָּא דְּר' יוֹסֵי:
Le premier tanna de Rabbi Chimon, c'est Rabbi Yossi, et le premier tanna de Rabbi Yossi, c'est Rabbi Chimon. Le " même " que disent tous les deux porte sur le premier cas de leur premier tanna, à savoir le navet. Le premier tanna de Rabbi Yossi dit : pour le navet et le chou. Rabbi Yossi lui dit : même pour le poireau, comme pour le navet, mais pour le chou, non. Le premier tanna de Rabbi Chimon dit de même : pour le navet et le poireau, comme Rabbi Yossi. Rabbi Chimon lui dit : même pour le chou, comme pour le navet, mais pour le poireau, non. C'est la position du premier tanna de Rabbi Yossi.
💡 Explication

Les deux baraithot de la page précédente semblent donner trois avis : un anonyme pour lefet (navet) et keruv (chou), un autre pour lefet et kaflot (poireau), et Rabbi Yossi avec Rabbi Chimon pour les trois.

La Guemara ramène à deux tannaim. Chacun est l'anonyme placé devant l'autre. Le mot af (" même ") ne rajoute pas un troisième légume à côté des deux : il reprend le premier, le navet, et remplace le second.

🖼️ Schéma
Hava amina, puis la réponse Trois tannaim ? Anonyme : deux légumes Autre anonyme : deux autres Yossi et Chimon : les trois Non : deux Tanna de Chimon = Yossi Tanna de Yossi = Chimon Chacun remplace le second " Même " Porte sur le premier le lefet Commun aux deux
Trois avis possibles, ramenés à deux. " Même " vise le navet.
2
תָּנוּ רַבָּנַן: בֶּן בֻּוהְיָין נָתַן פֵּיאָה לַיָּרָק, וּבָא אָבִיו וּמְצָאָן לַעֲנִיִּים שֶׁהָיוּ טְעוּנִין יָרָק וְעוֹמְדִין עַל פֶּתַח הַגִּינָּה. אָמַר לָהֶם: בָּנַי, הַשְׁלִיכוּ מֵעֲלֵיכֶם וַאֲנִי נוֹתֵן לָכֶם כִּפְלַיִים בַּמְעֻושָּׂר. לֹא מִפְּנֵי שֶׁעֵינִי צָרָה, אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים: אֵין נוֹתְנִין פֵּיאָה לַיָּרָק.

Les Sages ont enseigné : le fils de Bohayin a donné la pea pour le légume. Son père est venu et les a trouvés, les pauvres, chargés de légume, debout à l'entrée du jardin.

Il leur a dit : mes fils, jetez cela de sur vous, et je vous donne le double en produit prélevé. Non parce que mon œil est étroit, mais parce que les Sages ont dit : on ne donne pas la pea pour le légume.

📜 Rachi (3)
בֶּן בּוֹהַיַּיִן שֵׁם אָבִיו בּוֹהַיַּיִן:
Le nom de son père est Bohayin.
כִּפְלַייִם בִּמְעֻושָּׂר גָּרְסִי' אֲנִי אֶתֵּן לָכֶם כִּפְלַיִים שֶׁיֵּשׁ לָכֶם עַכְשָׁיו פֵּיאָה אֶתֵּן לָכֶם חֻולִּין מְתֻוקָּנִין וּמְעֻושָּׂרִין:
On lit : je vous donnerai le double de ce que vous avez maintenant en pea. Je vous donnerai du houlin réparé et prélevé.
אֵין נוֹתְנִין פֵּיאָה לַיָּרָק מִשּׁוּם דְּמַפְקַע לֵיהּ מִמַּעֲשֵׂר דִּכְתִיב (דְּבָרִים י״ד:כ״ט) וּבָא הַלֵּוִי כִּי אֵין לוֹ חֵלֶק וְנַחֲלָה עִמָּךְ מִי שֶׁאֵין לוֹ נַחֲלָה עִמְּךָ חַיָּיב לְעַשֵּׂר יָצָא פֵּיאָה שֶׁיֵּשׁ לוֹ נַחֲלָה עִמְּךָ דְּהֶפְקֵר נִינְהוּ וְכֵן בִּשְׁבִיעִית דְּהֶפְקֵר פָּטוּר מִמַּעֲשֵׂר דִּכְתִיב (שְׁמוֹת כ״ג:י״א) וְאָכְלוּ אֶבְיֹונֵי עַמֶּךָ וְיִתְרָם תֹּאכַל חַיַּת הַשָּׂדֶה מה חַיָּה אוֹכֶלֶת וּפְטוּרָה מִמַּעֲשֵׂר אַף אֶבְיוֹנִים פְּטוּרִין מִן הַמַּעֲשֵׂר:
Parce que cela le soustrait au maasser (prélèvement). Il est écrit (Devarim 14, 29) : le lévite viendra, car il n'a ni part ni héritage avec toi. Celui qui n'a pas d'héritage avec toi est tenu de prélever. En sort la pea, où il a un héritage avec toi, car c'est du hefker (bien abandonné). De même pour la chemita : le hefker est exempt de maasser. Il est écrit (Chemoth 23, 11) : les pauvres de ton peuple en mangeront, et le reste, la bête des champs le mangera. Ce que la bête mange, et dont elle est exempte de maasser, les pauvres en sont aussi exempts.
🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁאָמְרוּ חֲכָמִים אֵין פֵּיאָה לְיָרָק אִם תֹּאמַר מִכָּל מָקוֹם לִיפָּטֵר מִמַּעֲשֵׂר מִפְּנֵי שֶׁהִפְקִירָם וְהֶפְקֵר פָּטוּר מִמַּעֲשֵׂר וי"ל כב"ה דְּאָמְרִי בְּמַס' פֵּאָה [פ"ו מ"א] אֵינוֹ הֶפְקֵר עַד שֶׁיֻּופְקַר לַעֲנִיִּים וְלַעֲשִׁירִים כִּשְׁמִיטָּה וְיָלְפִינַן (בַּיְּרוּשַׁלְמִי) מִשְּׁמִיטָּה דִּכְתִיב תִּשְׁמְטֶנָּה וּנְטַשְׁתָּהּ מַה ת"ל וּנְטַשְׁתָּהּ יֵשׁ לְךָ נְטִישָׁה אַחֶרֶת שֶׁהִיא כָּזוֹ וּמַה הִיא זוֹ הֶפְקֵר לַעֲנִיִּים וְלַעֲשִׁירִים א"נ אֲפִילּוּ בֵּית שַׁמַּאי דְּיָלְפִי מִפֵּיאָה וְסָבְרִי דְּהֶפְקֵר לַעֲנִיִּים הֶפְקֵר (הָכָא מְחַייְּבִי מִשּׁוּם דְּהֶפְקֵר בְּטָעוּת הֲוָה) וְטַעֲמָא מְפָרֵשׁ הָתָם דִּכְתִיב בְּפֵיאָה לֶעָנִי וְלַגֵּר מַה תַּלְמוּד לוֹמַר תַּעֲזֹוב אֹותָם יֵשׁ לְךָ עֲזִיבָה אַחֶרֶת שֶׁהִיא כָּזוֹ וּמַה הִיא זוֹ לַעֲנִיִּים וְלֹא לַעֲשִׁירִים וּמִיהוּ בְּפֵיאָה גּוּפֵיהּ כֻּולֵּי עָלְמָא מוֹדוֹ דִּפְטוּרָה כִּדְדָרְשִׁינַן בְּסִפְרֵי וּבָא הַלֵּוִי כִּי אֵין לוֹ חֵלֶק וְנַחֲלָה עִמָּךְ יָצָא זֶה שֶׁיֵּשׁ לוֹ לַלֵּוִי חֵלֶק בָּהֶן שֶׁאִם הוּא לֵוִי עָנִי נוֹטֵל פֵּיאָה:
Si tu dis : de toute façon, qu'il en soit exempt de maasser, puisqu'il les a abandonnés, et que le hefker est exempt de maasser. On peut répondre : comme Beit Hillel, qui disent dans le traité Pea (chapitre 6, michna 1) : ce n'est du hefker que lorsqu'on l'abandonne aux pauvres et aux riches, comme la chemita. On l'apprend (dans le Yerouchalmi) de la chemita. Il est écrit : tu la lâcheras et tu l'abandonneras. Que vient enseigner " et tu l'abandonneras " ? Tu as un autre abandon semblable à celui-ci. Lequel ? Un hefker pour les pauvres et pour les riches. Autre réponse : même selon Beit Chammai, qui apprennent de la pea et tiennent que le hefker pour les pauvres est un hefker. Ici on les rend redevables parce que c'était un hefker par erreur. La raison est expliquée là-bas : il est écrit au sujet de la pea, pour le pauvre et pour le ger. Que vient enseigner " tu les abandonneras " ? Tu as un autre abandon semblable à celui-ci. Lequel ? Pour les pauvres, et non pour les riches. Toutefois, pour la pea elle-même, tout le monde convient qu'elle est exempte, comme on derache dans le Sifri : le lévite viendra, car il n'a ni part ni héritage avec toi. En sort celui-ci, où le lévite a une part : si c'est un lévite pauvre, il prend la pea.
💡 Explication

Le fils traite le légume comme une pea. Les pauvres le prennent à la porte du jardin. Le père le leur fait rendre, et leur promet le double en houlin déjà dume (prélevé).

Rachi : une vraie pea est du hefker, donc exempte de maasser, parce que le lévite y a une part. Le légume n'est pas soumis à la pea. Tosfot : selon Beit Hillel, un abandon aux seuls pauvres n'est pas un hefker. Selon Beit Chammai, ici l'abandon est en outre un hefker par erreur.

🖼️ Schéma
Pourquoi le père reprend les légumes Le fils Donne la pea au légume Les pauvres emportent Pas de pea sur le légume Le maasser reste dû Beit Hillel, Tosfot Hefker : pauvres et riches comme la chemita Ici, abandons aux pauvres seuls ou hefker par erreur Le père Rendez les légumes Je donne le double en houlin déjà prélevé L'œil n'est pas étroit
Pea invalide sur le légume : le père échange contre du produit déjà prélevé.
3
לָמָּה לֵיהּ לְמֵימְרָא לְהוּ ״לֹא מִפְּנֵי שֶׁעֵינִי צָרָה״? כִּי הֵיכִי דְּלָא לֵימְרוּ: דַּחוֹיֵי קָא מְדַחֵי לַן.

Pourquoi a-t-il besoin de leur dire : " non parce que mon œil est étroit " ? Pour qu'ils ne disent pas : il nous éconduit.

📜 Rachi (2)
לָמָּה לֵיהּ לְמֵימַר לָהֶן לֹא מִפְּנֵי כו' הָא קָא יָהֵיב לָהֶן כִּפְלַייִם וּמִיחְזָא חָזוּ דְּלָא עַיִן צָרָה הִיא:
Puisqu'il leur donne le double, et qu'on voit bien que l'œil n'est pas étroit.
דְּלָא נֵימְרוּ דִּחוּיֵי מְדַחֵי לָן וְלֹא יִתֵּן לָנוּ כְּלוּם דְּמַה לוֹ לִיטֹּול זוֹ וְלִיתֵּן פִּי שְׁנַיִם לְפִיכָךְ הֻוצְרַךְ לְפָרֵשׁ לָהֶן טַעְמָא שֶׁל דָּבָר:
Et il ne nous donnera rien. Car qu'a-t-il à prendre ceci pour donner le double ? C'est pourquoi il a dû leur expliquer la raison de la chose.
💡 Explication

Le double offert devrait suffire à montrer que l'œil n'est pas étroit. La phrase sert à empêcher la lecture : il reprend maintenant, et ne donnera rien ensuite. Rachi : sans la raison, le geste paraît absurde, reprendre pour rendre le double.

4
תָּנוּ רַבָּנַן: בָּרִאשׁוֹנָה הָיוּ מַנִּיחִין עוֹרוֹת קָדָשִׁים בְּלִשְׁכַּת בֵּית הַפַּרְוָה, לָעֶרֶב הָיוּ מְחַלְּקִין אוֹתָן לְאַנְשֵׁי בֵּית אָב. וְהָיוּ בַּעֲלֵי זְרוֹעוֹת נוֹטְלִין אוֹתָן בִּזְרוֹעַ. הִתְקִינוּ שֶׁיִּהְיוּ מְחַלְּקִין אוֹתָן מֵעֶרֶב שַׁבָּת לְעֶרֶב שַׁבָּת — דְּאָתְיָין כּוּלְּהוּ מִשְׁמָרוֹת, וּשְׁקַלַן בַּהֲדָדִי.

Les Sages ont enseigné : au début, on déposait les peaux des kodachim dans la chambre de Beit ha-Parva. Le soir, on les répartissait aux gens de la maison paternelle.

Et les gens de force les prenaient de force. On a institué qu'on les répartirait d'un vendredi à l'autre, parce que toutes les gardes viennent, et qu'elles les prennent ensemble.

📜 Rachi (4)
עוֹרוֹת קָדָשִׁים עוֹר עוֹלָה וְחַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת וְקָרְבְּנוֹת צִיבּוּר שֶׁמִּתְחַלְּקִין עוֹרוֹת קָדְשֵׁי הַקֳּדָשִׁים לַכֹּהֲנִים כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא ז) עוֹר הָעֹולָה אֲשֶׁר הִקְרִיב וְיָלְפִינַן בִּזְבָחִים (דַּף קג:) מֵעוֹלָה כָּל עוֹרוֹת קָדְשֵׁי קָדָשִׁים:
La peau de l'ola, des hattat, des acham, et des sacrifices publics. On répartit les peaux des kodchei kodachim aux cohanim, comme il est écrit (Vayikra 7) : la peau de l'ola qu'il a offerte. Et l'on apprend dans Zevahim (103b), de l'ola, toutes les peaux des kodchei kodachim.
וְלָעֶרֶב שֶׁכָּל יוֹם הָיוּ מְחַלְּקִין אוֹתָן לְאַנְשֵׁי בֵּית אָב שֶׁעָבְדוּ הַיּוֹם שֶׁהַמִּשְׁמָר הָיָה חָלוּק לְשִׁשָּׁה בָּתֵּי אָבוֹת לְשִׁשָּׁה יָמִים וּמַה שֶׁהִגִּיעַ לְיוֹמָן הֵן מְרֻובֶּה הֵן מוּעָט הוּא נוֹטֵל אע"פ שֶׁיֵּשׁ יוֹם שֶׁמַּרְבִּים הַיְּחִידִים לְהָבִיא בְּיוֹם זֶה מֵחֲבֵירוֹ:
Chaque jour on les répartissait aux gens de la maison paternelle qui avaient servi ce jour-là. La garde était divisée en six maisons paternelles pour six jours. Ce qui arrivait à leur jour, que ce soit beaucoup ou peu, ils le prenaient, bien qu'il y ait un jour où les particuliers apportent plus qu'un autre jour.
בַּעֲלֵי זְרוֹעוֹת שֶׁהָיוּ בְּכֹהֲנִים חֲזָקִים מַחְבִּירֵיהֶם:
Il y avait parmi les cohanim des gens plus forts que leurs collègues.
לְעֶרֶב שַׁבָּת דְּכֻולֵּי מִשְׁמָרָה תֶּיהֱוֵי הָתָם וְלֹא יַנִּיחוּ לְבַעֲלֵי זְרוֹעוֹת לִיטֹּול בִּזְרוֹעַ:
Afin que toute la garde soit là, et qu'ils ne laissent pas les gens de force prendre de force.
💡 Explication

Les peaux des kodchei kodachim reviennent aux cohanim. On les dépose dans la lichkat Beit ha-Parva, et on les partage le soir à la beit av qui a servi.

Une garde, michmar, se divise en six maisons paternelles, une par jour. Les baalei zeroa s'emparent des peaux avant le partage. L'institution groupe le partage au vendredi, quand la garde qui entre et celle qui sort sont là ensemble.

5
וַעֲדַייִן הָיוּ גְּדוֹלֵי כְהֻונָּה נוֹטְלִין אוֹתָן בִּזְרוֹעַ. עָמְדוּ בְּעָלִים וְהִקְדִּישׁוּם לַשָּׁמַיִם.

Et encore, les grands de la prêtrise les prenaient de force. Les propriétaires se sont levés et les ont consacrés au Ciel.

📜 Rachi (2)
גְּדוֹלֵי כְּהֻונָּה שָׂרִים שֶׁבָּהֶן:
Les princes parmi eux.
עָמְדוּ בְּעָלִים כָּל כֹּהֲנֵי מִשְׁמָרוֹת יַחַד וְהִקְדִּישׁוּם לְבֶדֶק הַבַּיִת:
Tous les cohanim des gardes ensemble, et ils les ont consacrés au bedek ha-bayit (l'entretien du Temple).
💡 Explication

Le partage du vendredi n'arrête pas les gedolei kehuna, les princes des cohanim. Rachi lit baalim : l'ensemble des cohanim des gardes. Ils consacrent les peaux au bedek ha-bayit, et elles sortent du partage entre eux.

6
אָמְרוּ: לֹא הָיוּ יָמִים מוּעָטִים עַד שֶׁחִיפּוּ אֶת הַהֵיכָל כֻּולּוֹ בְּטַבְלָאוֹת שֶׁל זָהָב, שֶׁהֵן אַמָּה עַל אַמָּה כְּעֹובִי דִּינַר זָהָב, וּלְרֶגֶל הָיוּ מְקַפְּלִין אוֹתָן וּמַנִּיחִין אוֹתָן עַל גַּב מַעֲלָה בְּהַר הַבַּיִת, כְּדֵי שֶׁיְּהוּ עוֹלֵי רְגָלִים רוֹאִין שֶׁמְּלַאכְתָּם נָאָה וְאֵין בָּהּ דֶּלֶם.

On a dit : il ne s'est pas écoulé un petit nombre de jours avant qu'on ait recouvert tout le Heikhal de plaques d'or, d'une coudée sur une coudée, de l'épaisseur d'un dinar d'or. Et pour la fête, on les repliait et on les déposait sur une marche du mont du Temple, afin que les pèlerins voient que leur ouvrage est beau, et qu'il n'y a pas de défaut.

📜 Rachi (2)
בְּהַר הַבַּיִת רְחָבָה פְּנוּיָה חוּץ לָעֲזָרָה וְיֵשׁ שָׁם מַעֲלוֹת כִּדְאָמְרִינַן בפ"ק דְּיוֹמָא (דַּף טז.):
Une esplanade libre en dehors de l'Azara, et il y a là des marches, comme on le dit au premier chapitre de Yoma (16a).
דַּלָּם דֹּופִי:
Un défaut.
💡 Explication

Peu de jours après la consécration, tout le Heikhal est plaqué de tablettes d'or : une ama sur une ama, épaisses comme un dinar d'or.

À la fête on les retire et on les pose sur une marche du Har ha-Bayit, hors de l'Azara, pour que les olei regalim voient le travail, sans dalam (défaut).

7
תַּנָּא, אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: קוֹרוֹת שֶׁל שִׁקְמָה הָיוּ בִּירִיחוֹ, וְהָיוּ בַּעֲלֵי זְרוֹעוֹת נוֹטְלִין אוֹתָן בִּזְרוֹעַ, עָמְדוּ בְּעָלִים וְהִקְדִּישׁוּם לַשָּׁמַיִם.

On a enseigné. Abba Chaoul dit : il y avait à Yericho des poutres de sycomore, et les gens de force les prenaient de force.

Les propriétaires se sont levés et les ont consacrés au Ciel.

📜 Rachi (1)
קוֹרוֹת מְחֻובָּרִין עָובְיוֹ שֶׁל אִילָן קָרֵי קוֹרָה:
Lorsqu'elles sont encore attachées : c'est l'épaisseur de l'arbre qu'on appelle kora (poutre).
💡 Explication

Même scène qu'avec les peaux, à Yericho. Des korot de sycomore, le tronc encore attaché, sont prises de force. Les propriétaires les consacrent. C'est le fond des gemiziot de hekdech, caroubier et sycomore, vues au daf précédent.

8
עֲלֵיהֶם וְעַל כַּיּוֹצֵא בָּהֶם אָמַר אַבָּא שָׁאוּל בֶּן בָּטְנִית מִשּׁוּם אַבָּא יוֹסֵף בֶּן חָנִין: אוֹי לִי מִבֵּית בַּייְתּוֹס — אוֹי לִי מֵאַלָּתָן, אוֹי לִי מִבֵּית חָנִין — אוֹי לִי מִלְּחִישָׁתָן, אוֹי לִי מִבֵּית קַתְרוֹס — אוֹי לִי מִקֻּולְמוֹסָן, אוֹי לִי מִבֵּית יִשְׁמָעֵאל בֶּן פִּיאָכִי — אוֹי לִי מֵאֶגְרוֹפָן. שֶׁהֵם כֹּהֲנִים גְּדוֹלִים, וּבְנֵיהֶן גִּיזְבָּרִין, וְחַתְנֵיהֶם אֲמַרְכָּלִין, וְעַבְדֵיהֶן חוֹבְטִין אֶת הָעָם בְּמַקְלוֹת.

À leur sujet et au sujet de ceux qui leur ressemblent, Abba Chaoul ben Batnit a dit au nom d'Abba Yossef ben Hanin : malheur à moi à cause de la maison de Baitos, malheur à moi à cause de leurs massues ; malheur à moi à cause de la maison de Hanin, malheur à moi à cause de leurs chuchotements ; malheur à moi à cause de la maison de Katros, malheur à moi à cause de leurs calames ; malheur à moi à cause de la maison d'Yichmael ben Piakhi, malheur à moi à cause de leurs poings. Car eux sont grands cohanim, leurs fils sont gizbarin, leurs gendres sont amarkelin, et leurs serviteurs frappent le peuple avec des bâtons.

📜 Rachi (5)
בַּייְתוֹס כֹּהֵן גָּדוֹל הָיָה וְכֵן כֻּולָּן [וְהָיוּ לָהֶן עֲבָדִים חַמְסָנִין וְחוֹבְטִין אֶת הָעָם]:
Il était grand cohen, et de même tous. Et ils avaient des serviteurs violents qui frappaient le peuple.
אַלָּתָן מַקְלוֹתֵיהֶן כְּמוֹ לֹא בְּאֵלֶּה וְלֹא בְּרֹומַח בְּמַסֶּכֶת שַׁבָּת (דַּף סג.):
Leurs bâtons, comme : ni avec un bâton ni avec une lance, dans le traité Chabbat (63a).
לְחִישָׁתָן יוֹעֲצֵי רַע:
Des conseillers du mal.
קוּלְמוֹסִין שֶׁהָיוּ כּוֹתְבִין אִיגְּרוֹת לְרָעָה:
Ils écrivaient des lettres pour le mal.
אֲמַרְכָּלִים אָמַר כֻּולּוֹ עַל פִּיו נֶחְתַּךְ כָּל צֹורֶךְ הֶקְדֵּשׁ:
" Amar kolo " : sur sa parole se décide tout le besoin du hekdech.
💡 Explication

Quatre maisons de kohanim gedolim. Chacune a son arme : ala la massue, la lehicha le chuchotement, le kulmos le calame, l'egrof le poing.

La charge se tient en famille : les fils sont gizbarin (trésoriers), les gendres sont amarkelin. Rachi décompose : amar kolo, tout se tranche sur sa parole, pour les besoins du hekdech. Les serviteurs battent le peuple.

9
תָּנוּ רַבָּנַן: אַרְבַּע צְווָחוֹת צָוְחָה עֲזָרָה. רִאשׁוֹנָה: צְאוּ מִכָּאן בְּנֵי עֵלִי שֶׁטִּימְּאוּ הֵיכַל ה׳. וְעוֹד צָוְוחָה: צֵא מִיכָּן יִשָּׂשׂכָר אִישׁ כְּפַר בַּרְקַאי שֶׁמְּכַבֵּד אֶת עַצְמוֹ וּמְחַלֵּל קָדְשֵׁי שָׁמַיִם. דַּהֲוָה כָּרֵיךְ יְדֵיהּ בְּשִׁירָאֵי וְעָבֵיד עֲבוֹדָה.

Les Sages ont enseigné : l'Azara a poussé quatre cris. Le premier : sortez d'ici, fils d'Eli, qui ont rendu impur le Heikhal de Hachem.

Et elle a encore crié : sors d'ici, Yissakhar, homme de Kefar Barkai, qui s'honore lui-même et profane les choses consacrées au Ciel. Car il enveloppait ses mains de soie et faisait le service.

📜 Rachi (2)
שֶׁטִּימְּאוּ כְּדִכְתִיב (שְׁמוּאֵל א ב׳:כ״ב) אֲשֶׁר יִשְׁכְּבוּן אֶת הַנָּשִׁים:
Comme il est écrit (I Chemouel 2, 22) : qu'ils couchaient avec les femmes.
כָּרֵיךְ יְדֵיהּ בְּשִׁירָאֵי וַחֲצִיצָה פּוֹסֶלֶת בַּקֳּדָשִׁים דְּבָעֵינַן וְלָקַח הַכֹּהֵן שֶׁיִּקַּח בְּעַצְמוֹ וְעוֹד דְּבִזָּיוֹן הוּא:
Et la hatsitsa (interposition) invalide dans les kodachim, car nous exigeons " le cohen prendra " : qu'il prenne lui-même. Et de plus, c'est un avilissement.
🗂️ Tossefot (1)
דִּכְרִיךְ יָדֶיהָ בְּשִׁירָאֵי פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס וַחֲצִיצָה פּוֹסֶלֶת בְּקָדָשִׁים דִּכְתִיב וְלָקַח הַכֹּהֵן בָּעֵינַן שֶׁתְּהֵא לְקִיחָה בְּעַצְמוֹ שֶׁל כֹּהֵן וא"ת וְהָא גַּבֵּי לוּלָב לָא אָמְרִינַן הָכִי בְּפֶרֶק לוּלָב הַגָּזוּל (סֻוכָּה דַּף ל'.) גַּבֵּי לָא לִינְקֹוט אִינָשׁ לוּלִבָּא בְּסוּדָרָא רָבָא אָמַר לְקִיחָה עַל יְדֵי ד"א שְׁמָהּ לְקִיחָה וְתֵירֵץ רִ"י דְּהָתָם מַיְירֵי בְּאוֹחֵז הַלּוּלָב עַל יְדֵי סוּדָר כְּעֵין צְבָת כְּגוֹן שֶׁכָּרַךְ הַלּוּלָב בְּסוּדָר וְאוֹחֵז בְּסוּדָר שֶׁהַסּוּדָר מְסַיְּיעוֹ לְהַחְזִיק וְכִי הַאי גַּווְנָא לָא הָוְיָא חֲצִיצָה וְכֵן מַשְׁמַע בְּהַהִיא שְׁמַעְתָּא דִּבְהָכִי מַיְירֵי דְּהָא קָאָמַר הָתָם לָא לְיַהֲדֹוק אִינָשׁ לוּלִיבָּא בְּהוֹשַׁעְנָא דִּילְמָא נָתְרִי טַרְפֵי וְהָוֵי כַּחֲצִיצָה רָבָא אָמַר מִין בְּמִינוֹ אֵינוֹ חוֹצֵץ מַשְׁמַע דִּבְשָׂאֵינוּ מִינוֹ חוֹצֵץ וְהַייְנוּ מִשּׁוּם דְּהַהִיא הָוֵי כְּעֵין דִּשְׁמַעְתִּין דִּכְרִיךְ יָדֶיהָ בְּשִׁירָאֵי דְּכִי הַאי גַּוְונָא שַׁייְכָא חֲצִיצָה:
Le commentaire explique : la hatsitsa invalide dans les kodachim, car il est écrit " le cohen prendra ". Nous exigeons que la prise soit par le cohen lui-même. Et si tu dis : pour le loulav on ne dit pas ainsi, au chapitre Loulav ha-gazoul (Souka 30a), au sujet de : qu'un homme ne prenne pas le loulav avec un soudar. Rava a dit : une prise par l'intermédiaire d'autre chose s'appelle une prise. Rabbi Yitshak a répondu : là-bas, il s'agit de celui qui tient le loulav par un soudar à la manière d'une pince, par exemple il a enveloppé le loulav dans le soudar et il saisit le soudar, le soudar l'aidant à tenir. Dans un tel cas, il n'y a pas de hatsitsa. C'est aussi le sens de cette discussion, car c'est de cela qu'il s'agit. On dit là-bas : qu'un homme ne serre pas le loulav dans la hochana, de peur que des feuilles ne tombent et que ce soit comme une hatsitsa. Rava a dit : une espèce dans son espèce ne fait pas interposition. On en déduit que dans une autre espèce, cela fait interposition. C'est parce que ce cas ressemble au nôtre, où il enveloppe sa main de soie : dans un tel cas, la hatsitsa s'applique.
🪔 Ben Yehoyada (1)
שְׁמַע מַלְכָּא וּפְסָקוּהָ לִימִינֶיהָ. הִנֵּה כָּל זֶה נִתְגַּלְגֵּל עָלָיו מִן הַשָּׁמַיִם וְצָרִיךְ לָדַעַת לָמָּה נִתְגַּלְגֵּל בְּאֹופֶן זֶה שֶׁתְּחִלָּה שָׂמוּ מִן הַשָּׁמַיִם בְּלִבּוֹ לָתֵת שֹׁוחַד וּפָסְקוּ שְׂמֹאלוֹ וְאַחַר כָּךְ גִּלְגְּלוֹ שֶׁיִּשְׁמַע הַמֶּלֶךְ וְיִגְזֹור לִפְסֹוק יְמִינוֹ וַהֲלֹא הוּא הָיָה חַייָּב בָּזֶה עֲבוּר שֶׁהָיָה כּוֹרֵךְ יְמִינוֹ בְּשֶׁרְאִי וְעוֹבֵד בָּהּ אִם כֵּן דַּי לוֹ לְהֵעָנֵשׁ בִּפְסִיקַת יְמִינוֹ בִּלְבַד? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי נִתְחַיֵּיב עֹונֶשׁ מִן הַשָּׁמַיִם בִּשְׁתֵּיהֶם וְהַייְנוּ הַיָּמִין שֶׁהָיָה כּוֹרֵךְ אוֹתָהּ וְעוֹבֵד בָּהּ וְהַשְּׂמֹאל שֶׁהָיְתָה עוֹשָׂה הַכְּרִיכָה עַל הַיָּמִין וְהִיא הִתְחִילָה בְּרַע תְּחִלָּה לְכָךְ הִיא לָקְתָה תְּחִלָּה וְאַחַר כָּךְ לָקְתָה הַיָּמִין. וּמַה שֶׁאָמַר רַב יוֹסֵף 'בְּרִיךְ רַחֲמָנָא, דְּשַׁקְלֵיהּ לְיִשָּׂשׂכָר אִישׁ כְּפַר בַּרְקַאי לְמִטְרַפְסֵיהּ מִינֵּיהּ בְּהַאי עָלְמָא' שֶׁפֵּירֵשׁ בִּדְבָרָיו שְׁמוֹ וְשֵׁם מְקוֹמוֹ לוֹמַר בָּדְקִינַן בִּשְׁמָא שֶׁשְּׁמוֹ יִשָּׂשכָר שֶׁהוּא רוֹצֶה לוֹמַר יֵשׁ לוֹ שָׂכָר בָּעוֹלָם הַבָּא שֶׁלֹּא יְאַבֵּד אוֹתוֹ יַעַן כִּי הוּא אִישׁ כָּפַר רוֹצֶה לוֹמַר אִישׁ שֶׁנַּעֲשָׂה לוֹ כַּפָּרָה בַּרְקַאי אוֹתִיּוֹת בְּאַקְרַאי שֶׁבָּא לוֹ זֶה הַדָּבָר בְּמִקְרֶה אַחַר שֶׁהָיוּ חוֹלְקִין הַמֶּלֶךְ וְהַמַּלְכָּה בְּדָבָר אַחֵר וְזֶה הַדָּבָר שֶׁקָּרָה בֵּינֵיהֶם נַעֲשָׂה סִיבָּה לְכַפָּרָתוֹ. וְאָמַר לְמַטְרַפְסֵיהּ חִלֵּק הַתֵּיבָה לִשְׁתַּיִם וְקָרֵי בָּהּ 'לְמִיטֵּר פֶּסְיָה' פֵּירוּשׁ עָשָׂה לוֹ זֶה כְּדֵי לִשְׁמוֹר פִּיסַּת יָדוֹ מֵעֹונֶשׁ עוֹלָם הַבָּא שֶׁלֹּא תְּכַוֶּינָה פִּיסַּת יָד שֶׁלּוֹ בְּאֵשׁ גֵּהִינָּם בַּעֲבוּר חֵטְא זֶה שֶׁהָיָה כּוֹרְכָהּ בַּעֲבוֹדַת הַקֹּודֶשׁ. וְהָא דְּאָמַר מְלַמֵּד שֶׁשְּׁקוּלִים הֵם לָאו עַל טַעַם הַבָּשָׂר קָאָמַר אֶלָּא עַל הַמַּעֲלָה וְהַחֲשִׁיבוּת לִפְנֵי הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ וְאֵין הָכִי נָמֵי הַטַּעַם שֶׁל אַמָּרָא עָדִיף.
Le roi a entendu, et on lui a coupé la droite. Voici : tout cela s'est enchaîné sur lui depuis le Ciel. Il faut savoir pourquoi l'enchaînement a pris cette forme : d'abord on a mis, depuis le Ciel, dans son cœur de donner un pot-de-vin, et on a coupé sa gauche ; ensuite on a fait que le roi entende et ordonne de couper sa droite. Or il était passible de cela parce qu'il enveloppait sa droite de soie et servait avec elle. Il suffirait donc qu'il soit puni par la seule coupure de la droite. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il s'est rendu passible d'un châtiment du Ciel pour les deux. À savoir la droite, qu'il enveloppait et avec laquelle il servait, et la gauche, qui faisait l'enveloppement sur la droite. C'est elle qui a commencé le mal d'abord. C'est pourquoi elle a été frappée d'abord, et ensuite la droite a été frappée. Et ce qu'a dit Rav Yossef : béni soit le Rachmana, qui a pris à Yissakhar, homme de Kefar Barkai, sa rétribution, de lui, dans ce monde. Il a explicité dans ses paroles son nom et le nom de son lieu, pour dire : nous avons examiné le nom. Son nom est Yissakhar, ce qui veut dire : il a un salaire dans le monde à venir, afin qu'il ne le perde pas. Car il est " homme de kefar ", ce qui veut dire : un homme pour qui une kappara a été faite. Barkai a les lettres de be-akrai : cette chose lui est venue par accident, après que le roi et la reine étaient en désaccord sur une autre chose, et cette chose qui est arrivée entre eux est devenue la cause de son expiation. Et il a dit le-mitrapseih : il a coupé le mot en deux et l'a lu le-mitar paseih. Explication : Il lui a fait cela afin de garder la paume de sa main du châtiment du monde à venir, pour que la paume de sa main ne soit pas brûlée au feu du Géhinom, à cause de ce péché, puisqu'il l'enveloppait dans le service du sacré. Et ce qu'il a dit : cela enseigne qu'ils sont équivalents. Cela ne porte pas sur le goût de la viande, mais sur le rang et l'importance devant Hachem. Et de fait, le goût de l'agneau est meilleur.
💡 Explication

Premier cri : les benei Eli, qui ont rendu impur le Heikhal. Rachi renvoie à Chemouel : ils couchaient avec les femmes qui se tenaient à l'entrée.

Deuxième cri : Yissakhar de Kefar Barkai enveloppe ses mains de chirai (soie) pour servir. Rachi : hatsitsa, parce que " le cohen prendra " exige une prise de sa propre main, et parce que c'est un bizayon. Tosfot distingue le loulav tenu à travers un tissu comme une pince : là, le tissu aide à saisir, et Rava appelle cela une prise.

🖼️ Schéma
Yissakhar : la soie entre la main et le service Main Soie hatsitsa Ustensile / korban " Le cohen prendra " : la prise doit être la sienne Et c'est un avilissement du service Tosfot : le loulav tenu par un tissu en pince est un autre cas
La soie fait écran entre la main et le service.
10
וְעוֹד צָווְחָה הָעֲזָרָה: שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם וְיִכָּנֵס יִשְׁמָעֵאל בֶּן פִּיאָכִי תַּלְמִידוֹ שֶׁל פִּנְחָס, וִישַׁמֵּשׁ בִּכְהֻונָּה גְּדוֹלָה. וְעוֹד צָווְחָה הָעֲזָרָה: שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם וְיִכָּנֵס יוֹחָנָן בֶּן נִרְבַּאי תַּלְמִידוֹ שֶׁל פִּנְקַאי וִימַלֵּא כְּרֵיסוֹ מִקָּדְשֵׁי שָׁמַיִם.

Et l'Azara a encore crié : portes, élevez vos têtes, et qu'entre Yichmael ben Piakhi, disciple de Pinhas, et qu'il serve dans la grande prêtrise. Et l'Azara a encore crié : portes, élevez vos têtes, et qu'entre Yo'hanan ben Narbai, disciple de Pinkai, et qu'il remplisse son ventre des choses consacrées au Ciel.

📜 Rachi (1)
יִשְׁמָעֵאל בֶּן פְּיָאכִי כָּשֵׁר הָיָה אֲבָל אֱנָשֵׁי בֵיתוֹ הָיוּ בַּעֲלֵי זְרוֹעַ:
Il était kacher, mais les gens de sa maison étaient des gens de force.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אַרְבַּע צְוָחוֹת צָוְחָה עֲזָרָה. הַכַּווָּנָה בַּת קוֹל הִכְרִיזָה וְנִשְׁמַע הַקּוֹל בָּעֲזָרָה. אוֹ אֶפְשָׁר לְשׁוֹן מְלִיצָה הוּא זֶה וְלֹא צָוְוחָה אֶלָּא כְּלוֹמַר רָאוּי שֶׁתִּהְיֶה צוֹוַחַת וּכְאִלּוּ צָווְחָה. וּמַה שֶׁאָמְרוּ שְׂאוּ שְׁעָרִים רָאשֵׁיכֶם וְיִכָּנֵס יִשְׁמָעֵאל בֶּן פִּיאָבִי הִקְשָׁה מָהַרְשָׁ"א וַהֲלֹא הָיוּ כְּשֵׁרִים שֶׁהָיוּ כֹּהֲנִים גְּדוֹלִים וְלָמָּה לֹא צָוְוחָה עֲלַייְהוּ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאָמְרוּ בְּמַתְנִיתִין דְּסוֹטָה (סוֹטָה מט.) מִשֶּׁמֵּת רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בֶּן פִּאָבִי בֻּוטַּל זִיו הַכְּהֻונָּה, וּפֵירֵשׁ רַשִׁ"י שֶׁהָיָה חָכָם וְעָשִׁיר גָּדוֹל, וּמָהַרְשָׁ"א כָּתַב שֶׁהָיָה בָּקִי בִּשְׁאָר חָכְמוֹת יְעַייֵּן שָׁם. וְלָכֵן נִרְאֶה שֶׁהוּא הָיָה יָחִיד בְּדוֹרוֹ אֲבָל שְׁאָר כֹּהֲנִים גְּדוֹלִים שֶׁהָיוּ צַדִּיקִים גְּמוּרִים וַחֲכָמִים גְּדוֹלִים, הָיָה בַּדּוֹר הַהוּא גְּדוֹלִים כְּמוֹתָם, גַּם בִּשְׁאָר כֹּהֲנִים.
Quatre cris a poussés l'Azara. L'intention : une bat kol a proclamé, et la voix a été entendue dans l'Azara. Ou bien il est possible que ce soit un langage figuré, et qu'elle n'ait pas crié : cela veut dire qu'il convenait qu'elle crie, et c'est comme si elle avait crié. Et ce qu'ils ont dit : portes, élevez vos têtes, et qu'entre Yichmael ben Piavi. Le Maharacha a objecté : il y avait pourtant des hommes kacher qui étaient grands cohanim. Pourquoi n'a-t-elle pas crié à leur sujet ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : on a dit dans la michna de Sota (Sota 49a) : depuis la mort de Rabbi Yichmael ben Pavi, l'éclat de la prêtrise a cessé. Rachi explique qu'il était sage et très riche. Le Maharacha a écrit qu'il était versé dans les autres sagesses, qu'on y regarde. C'est pourquoi il apparaît qu'il était unique dans sa génération. Mais les autres grands cohanim qui étaient des tsadikim complets et de grands sages : dans cette génération, il y en avait de grands comme eux, même parmi les autres cohanim.
💡 Explication

Les deux derniers cris sont une entrée, sur le verset " portes, élevez vos têtes ". Yichmael ben Piakhi est invité à la grande prêtrise, lui le disciple de Pinhas. Rachi : lui était kacher. Le malheur de tout à l'heure vise les gens de sa maison.

Yo'hanan ben Narbai, disciple de Pinkai, est invité à se remplir des kodchei chamayim. Le cri suivant dira qu'à ses jours il ne restait pas de notar.

11
אָמְרוּ עָלָיו עַל יוֹחָנָן בֶּן נִרְבַּאי שֶׁהָיָה אוֹכֵל שְׁלֹשׁ מֵאוֹת עֲגָלִים, וְשׁוֹתֶה שְׁלֹשׁ מֵאוֹת גַּרְבֵי יַיִן, וְאוֹכֵל אַרְבָּעִים סְאָה גּוֹזָלוֹת בְּקִינּוּחַ סְעוּדָה. אָמְרוּ: כָּל יָמָיו שֶׁל יוֹחָנָן בֶּן נִרְבַּאי לֹא נִמְצָא נוֹתָר בְּמִקְדָּשׁ. מַאי סְלִקָא בֵּיהּ בְּיִשָּׂשׂכָר אִישׁ כְּפַר בַּרְקַאי? אָמְרִי: מַלְכָּא וּמַלְכְּתָא הֲווֹ יָתְבִי. מַלְכָּא אָמַר: גַּדְיָא יָאֵי, וּמַלְכְּתָא אָמְרָה: אִימְּרָא יָאֵי. אָמְרוּ: מַאן מוּכָח? כֹּהֵן גָּדוֹל, דְּקָא מַסֵּיק קָרְבָּנוֹת כָּל יוֹמָא. אֲתָא אִיהוּ,

On a dit de Yo'hanan ben Narbai qu'il mangeait trois cents veaux, qu'il buvait trois cents outres de vin, et qu'il mangeait quarante sea de pigeonneaux en fin de repas. On a dit : tous les jours de Yo'hanan ben Narbai, on n'a pas trouvé de notar dans le Mikdach.

Qu'est-il advenu de Yissakhar, homme de Kefar Barkai ? On a dit : le roi et la reine étaient assis.

Le roi a dit : le chevreau est bon. La reine a dit : l'agneau est bon.

On a dit : qui peut le prouver ? Le grand cohen, car il fait monter des sacrifices chaque jour.

Lui, il est venu.

📜 Rachi (4)
שָׁלֹשׁ מֵאוֹת עֲגָלִין שֶׁהָיָה מְגַדֵּל בְּבֵיתוֹ כֹּהֲנִים הַרְבֵּה:
Il élevait dans sa maison beaucoup de cohanim.
מַאי סָלְקָא בֵּיהּ מַה גְּמוּל נִשְׁתַּלֵּם:
Quelle rétribution a-t-il reçue.
מַלְכָּא וּמַלְכְּתָא מַלְכֵי בֵּית חַשְׁמוֹנַאי:
Les rois de la maison hashmonéenne.
גַּדְיָא יָאֵי גְּדִי טוֹב לְמַאֲכָל יוֹתֵר מִן הַכֶּבֶשׂ:
Un chevreau est meilleur à manger que le mouton.
🪔 Ben Yehoyada (3)
מַלְכָּא וּמַלְכְּתָא הֲווֹ יָתְבִי. מַלְכָּא אָמַר: גַּדְיָא יָאֵי, מַלְכְּתָא אָמְרָה: אַמָּרָא יָאֵי. נִרְאֶה לִי בס"ד מַחְלָוקְתָּם זֹאת הָיְתָה רוֹמֶזֶת עַל עִנְיָן, וְהַפָּשׁוּט שֶׁל דִּבְרֵיהֶם דִּבְּרוּ אוֹתוֹ בְּדֶרֶךְ מָשָׁל וְהוּא, כִּי יָדוּעַ חַג הַפֶּסַח הוּא בְּנִיסָן שֶׁמַּזָּלוֹ טָלֶה וְהַחֲנֻוכָּה תְּחִלָּתָהּ בְּכִסְלֵיו שֶׁשִּׁבְטוֹ הוּא שֵׁבֶט גָּד וְסוֹפָהּ בְּטֵבֵת שֶׁמַּזָּלוֹ גְּדִי וְיָדוּעַ דְּבֵית חַשְׁמוֹנַאי מַלְכּוֹ מִן נֵס הַחֲנֻוכָּה וְאֵילָךְ וְהַנֵּס הַזֶּה נִקְרָא עַל שְׁמָם וְלָכֵן הַמֶּלֶךְ שֶׁהָיָה זֶרַע בֵּית חַשְׁמוֹנַאי אָמַר גַּדְיָא יָאֵי שֶׁהָיָה מְשַׁבֵּחַ נֵס הַחֲנֻוכָּה יוֹתֵר מִן חַג הַפֶּסַח, חֲדָא זֶה ח' יָמִים וְזֶה ז' יָמִים, וְעוֹד בַּחֲנֻוכָּה גּוֹמְרִים הַהַלֵּל מַה שֶׁאֵין כֵּן בְּחַג הַפֶּסַח, וְעוֹד זֶה הַנֵּס הָיָה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְזֶה בְּחוּ"ל. וְהַמַּלְכָּה אוֹמֶרֶת אַמָּרָא יָאֵי רוֹצֶה לוֹמַר חַג הַפֶּסַח שֶׁנַּעֲשָׂה בְּמַזַּל טָלֶה הוּא מְשֻׁובָּח יוֹתֵר וְלָכֵן קָרְאוּ לְכֹהֵן גָּדוֹל לְהוֹכִיחַ וְאָמַר אַמָּרָא שֶׁהוּא חַג הַפֶּסַח יָאֵי דְּאִי גַּדְיָא שֶׁהוּא שֶׁל חֲנֻוכָּה יָאֵי נְסֵקֶיהָ לִתְמִידָא הָיָה צָרִיךְ שֶׁנִּזְכֹּור נֵס בִּתְמִידוּת בְּכָל יוֹם כְּמוֹ נֵס שֶׁל יְצִיאַת מִצְרַיִם שֶׁהוּא שֶׁל חַג הַפֶּסַח שֶׁזּוֹכְרִים בִּקְרִיאַת שְׁמַע וּבִרְכוֹתֶיהָ וּבִתְפִלָּה בִּתְמִידוּת. וּבָזֶה מוּבָן בס"ד דִּבְרֵי רַשִׁ"י שֶׁכָּתַב 'מַלְכָּא וּמַלְכְּתָא מַלְכֵי בֵּית חַשְׁמוֹנַאי'. וְעוֹד נִרְאֶה לִי שֶׁרָמְזוּ בְּדִבְרֵיהֶם כָּךְ מַלְכָּא אֲמַר גַּדְיָא , רוֹצֶה לוֹמַר טוֹב לָאָדָם שֶׁיִּתְנַהֵג בְּקֹושִׁי שֶׁלֹּא יִהְיֶה רַךְ שֶׁהַכֹּל מְנַקְּרִים בּוֹ וְהִיא אוֹמֶרֶת אַמָּרָא יָאֶה טוֹב לְאָדָם שֶׁיְּהֵא רַךְ וְנִכְנַע וּבָא כֹּהֵן גָּדוֹל וְאָמַר 'אִם גַּדְיָא יָאֶה נְסֵקֶיהָ לִתְמִידָא' לָמָּה יָבִיאוּ הַתָּמִיד מִכְּבָשִׂים דַּוְקָא וְלֹא מִן הָעִזִּים? אֶלָּא וַדַּאי מִפְּנֵי שֶׁהַשֵּׁם יִתְבָּרֵךְ אוֹהֵב הָרַכִּים וְהַשְּׁפָלִים! וּמִזֶּה נִלְמוֹד דְּטוֹב לְאָדָם שֶׁיִּהְיֶה רַךְ עַל דֶּרֶךְ שֶׁלָּמַדְנוּ מֵהַר סִינַי שֶׁבָּחַר בּוֹ הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ לְמַתַּן תּוֹרָתוֹ.
Le roi et la reine étaient assis. Le roi a dit : le chevreau est bon. La reine a dit : l'agneau est bon. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que ce désaccord faisait allusion à un sujet, et le sens simple de leurs paroles, ils l'ont dit par manière de parabole. Le voici. On sait que la fête de Pessa'h est en Nissan, dont le mazal est le bélier, et que 'Hanouka commence en Kislev, dont la tribu est la tribu de Gad, et finit en Tevet, dont le mazal est le chevreau. On sait que la maison hashmonéenne a régné à partir du miracle de 'Hanouka, et que ce miracle est appelé de leur nom. C'est pourquoi le roi, qui était de la descendance de la maison hashmonéenne, a dit que le chevreau est bon : il louait le miracle de 'Hanouka plus que la fête de Pessa'h. D'abord, l'un dure huit jours et l'autre sept jours. De plus, à 'Hanouka on achève le Hallel, ce qui n'a pas lieu à la fête de Pessa'h. De plus, ce miracle a eu lieu en terre d'Israël, et celui-là hors du pays. Et la reine dit que l'agneau est bon, ce qui veut dire : la fête de Pessa'h, faite sous le mazal du bélier, est plus louable. C'est pourquoi ils ont appelé le grand cohen pour trancher, et il a dit : l'agneau, qui est la fête de Pessa'h, est bon. Car si le chevreau, qui est celui de 'Hanouka, était bon, qu'on le fasse monter pour le tamid. Il faudrait que nous rappelions un miracle en permanence, chaque jour, comme le miracle de la sortie d'Égypte, qui est celui de la fête de Pessa'h, que l'on rappelle dans la lecture du Chema et ses bénédictions, et dans la prière, en permanence. Par là se comprennent, avec l'aide du Ciel, les paroles de Rachi qui a écrit : le roi et la reine, les rois de la maison hashmonéenne. Et il me semble encore qu'ils ont fait allusion ainsi. Le roi a dit " chevreau ", ce qui veut dire : il est bon pour l'homme de se conduire avec dureté, afin qu'il ne soit pas tendre, car tous le piquent. Et elle dit : l'agneau convient, il est bon pour l'homme d'être tendre et soumis. Le grand cohen est venu et a dit : si le chevreau convient, qu'on le fasse monter pour le tamid. Pourquoi apporte-t-on le tamid des moutons précisément, et non des chèvres ? Assurément parce que Hachem aime les tendres et les humbles. De là nous apprenons qu'il est bon pour l'homme d'être tendre, sur la voie de ce que nous avons appris du mont Sinaï, que Hachem a choisi pour le don de Sa Torah.
מַאן מוּכָח? כֹּהֵן גָּדוֹל. קָשֶׁה לָמָּה צָרִיךְ כֹּהֵן גָּדוֹל? יִשְׁאֲלוּ מִן הַשָּׂרִים וְהָעֲשִׁירִים הַנִּמְצָאִים לִפְנֵיהֶם דְּוַדַּאי מִזְדַּמֵּן לָהֶם שֶׁאוֹכְלִים לִפְעָמִים בְּשַׂר גְּדָיִים, וְלִפְעָמִים בְּשַׂר כְּבָשִׂים! וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי וַדַּאי גַּם הַמֶּלֶךְ הָיָה מוֹדֶה דִּסְתָם בְּשַׂר כְּבָשִׂים עָדִיף מִסְּתָם בְּשַׂר גְּדָיִים אַךְ מַחְלָוקְתָּם הָיְתָה שֶׁהָיָה הַמֶּלֶךְ אוֹמֵר שֶׁיִּזְדַּמֵּן בִּגְדָיִים בְּשַׂר גְּדִי שָׁמֵן וְטוֹב יוֹתֵר מִבְּשַׂר כְּבָשִׂים הַשֶּׁמֶן, וְהִיא אוֹמֶרֶת אִי אֶפְשָׁר שֶׁיִּמָּצֵא בִּגְדָיִים בָּשָׂר שֶׁיִּהְיֶה טוֹב מִבְּשַׂר כְּבָשִׂים הַשְּׁמֵנִים, וְלָכֵן שֶׁאֵלּוּ מִן כֹּהֵן גָּדוֹל דְּאוֹכֵל מִזֶּה וּמִזֶּה תָּמִיד בְּכָל יוֹם וְהַקָּרְבָּנוֹת לֹא יְבִיאוּם אֶלָּא מִן הַשֶּׁמֶן דַּוְקָא וְכֵיוָן דַּאֲכִילָתוֹ מִזֶּה וּמִזֶּה הֵם סְמוּכִים בְּיוֹם אֶחָד וּבְשָׁעָה אַחַת הֵנָּה הוּא יַכִּיר וְיַרְגִּישׁ בְּדָבָר זֶה יוֹתֵר וַאֲתָא כֹּהֵן גָּדוֹל 'וְאַחְוִי בִּידֵיהּ' פֵּירוּשׁ עָשָׂה תְּנוּעָה שֶׁל דְּחִיָּה בַּאֲוִיר שֶׁכְּנֶגֶד הַמֶּלֶךְ לוֹמַר זֶה הַדָּבָר שֶׁאָמַרְתָּ נִדְחֶה הוּא וְאֵינוֹ נָכוֹן.
Qui peut le prouver ? Le grand cohen. Difficulté : pourquoi faut-il le grand cohen ? Qu'ils interrogent les princes et les riches qui se trouvent devant eux. Il leur arrive assurément de manger parfois de la viande de chevreaux, et parfois de la viande de moutons. Il me semble, avec l'aide du Ciel : assurément le roi aussi convenait que la viande de mouton ordinaire est meilleure que la viande de chevreau ordinaire. Mais leur désaccord était celui-ci : le roi disait qu'il arrive, parmi les chevreaux, une viande de chevreau gras, meilleure que la viande des moutons gras. Et elle dit : il est impossible de trouver, parmi les chevreaux, une viande qui soit meilleure que la viande des moutons gras. C'est pourquoi ils ont interrogé le grand cohen, qui mange de l'un et de l'autre en permanence, chaque jour. Et les sacrifices, on ne les apporte que des bêtes grasses, précisément. Puisque ses repas de l'un et de l'autre sont proches, en un seul jour et en une seule heure, il reconnaîtra et sentira cette chose davantage. Le grand cohen est venu, " et il a fait un geste de la main ". Explication : il a fait un geste de rejet dans l'air, en face du roi, pour dire : cette chose que tu as dite est écartée, et elle n'est pas juste.
וַאֲנָא, הָא קָאָכֵילְנָא מִשּׁוּפְרֵי דְשׁוּפְרֵי. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת אִם הָיָה אוֹכֵל מִן הָאֵיבָרִים הַחֲשׁוּבִים סַגִּי לֵיהּ לוֹמַר קָאָכֵילְנָא מְשֻׁופְּרֵי וּמַה כַּוָּנָתוֹ לוֹמַר 'שׁוֹפְרֵי דְּשׁוֹפָרִי'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּאִיתָא לְקַמָּן (דַּף נז.) מַלְכָּא אָמַר הַגְּדִי מְשֻׁובָּח יוֹתֵר וּמַלְכְּתָא אָמְרָה הַכֶּבֶשׂ מְשֻׁובָּח יוֹתֵר וְשָׁאֲלוּ לְכֹהֵן גָּדוֹל, וְהֵשִׁיב הַכֶּבֶשׂ מְשֻׁובָּח יְעַייֵּן שָׁם. וְדִינוֹ שֶׁל פֶּסַח בָּא הֵן מִן הַכְּבָשִׂים הֵן מִן הָעִזִּים שֶׁיֵּשׁ נִמְנִים עַל כֶּבֶשׂ וְיֵשׁ נִמְנִים עַל עז וְהוּא כְּדֵי לְהִתְפָּאֵר הָיָה נִמְנֶה עַל כֶּבֶשׂ שֶׁהוּא שׁוֹפְרֵי וְהָיָה אוֹכֵל מִן הָאֵבָרִים הַחֲשׁוּבִים שֶׁבּוֹ וְלָזֶה אָמַר 'מְשֻׁופְּרֵי דְּשׁוֹפָרִי'. וּבֶאֱמֶת דָּבָר זֶה שֶׁדִּקְדֵּק בּוֹ הָיָה סִיבָּה לְמַפַּלְתּוֹ דְּאִם הָיָה נִמְנֶה עַל עז וּגְדִי לֹא הָיָה אֶפְשָׁר לְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתֵירָא לִפְרֹושׁ לוֹ רֶשֶׁת לְלָכְדוּ בְּדָבָר זֶה שֶׁאָמַר לוֹ 'מֵאֵלֶיהָ מִי קָא סָפוּ לָךְ?' כֵּיוָן דִּבְעֹז וּגְדִי לֹא יֵשׁ אֵלֶיהָ אַךְ עַל יְדֵי שֶׁדִּקְדֵּק לֶאֱכֹול 'מְשֻׁופְּרֵי דְּשׁוֹפָרִי' בָּזֶה נִלְכַּד בְּדָבָר זֶה שֶׁל אֵלִיָּה.
" Et moi, voici que je mange du meilleur du meilleur. " On peut objecter : s'il mangeait des membres importants, il lui suffisait de dire : je mange du meilleur. Quelle est son intention en disant " du meilleur du meilleur " ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : il est dit plus loin (daf 57) : le roi a dit que le chevreau est plus louable, la reine a dit que le mouton est plus louable, ils ont interrogé le grand cohen, et il a répondu que le mouton est louable, qu'on y regarde. La règle du Pessa'h : il vient aussi bien des moutons que des chèvres. Il y en a qui se comptent sur un mouton, et il y en a qui se comptent sur une chèvre. Et lui, afin de se vanter, se comptait sur un mouton, qui est le meilleur, et il mangeait des membres importants qui s'y trouvent. C'est pour cela qu'il a dit " du meilleur du meilleur ". En vérité, cette chose sur laquelle il a été pointilleux a été la cause de sa chute. Car s'il s'était compté sur une chèvre et un chevreau, il n'aurait pas été possible à Rabbi Yehouda ben Beteira de lui tendre un filet pour le prendre par cette parole qu'il lui a dite : est-ce de la queue qu'on te fait manger ? Puisque dans la chèvre et le chevreau il n'y a pas d'alya. Mais du fait qu'il a été pointilleux pour manger " du meilleur du meilleur ", il a été pris sur cette chose de l'alya.
💡 Explication

Les chiffres de Yo'hanan ben Narbai supposent, dit Rachi, beaucoup de cohanim nourris dans sa maison. Effet dit par la baraitha : de ses jours, pas de notar dans le Mikdach.

Puis : quelle rétribution pour Yissakhar ? Le roi hashmonéen dit que le gedi (chevreau) est meilleur. La reine dit que l'imra (agneau) est meilleur. L'arbitre désigné est le grand cohen, qui fait monter des korbanot chaque jour. L'amoud s'arrête à son arrivée.

🖼️ Schéma
Le récit s'ouvre : qui tranche, le chevreau ou l'agneau ? Le roi Gedi : le chevreau est bon La reine Imra : l'agneau est bon Qui prouve ? Le grand cohen. Il arrive. Rachi : rois de la maison hashmonéenne. La suite est au verso.
Roi : chevreau. Reine : agneau. Le grand cohen est appelé, et il arrive.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).