Sougya : L'amoud achève le récit de Yissakhar, homme de Kfar Barkai. Il répond au roi par un geste : si le gedi est meilleur, qu'il monte en tamid.
Le roi ordonne de couper la main droite. Un shohad fait couper la gauche, puis la droite est coupée à son tour.
Rav Yossef bénit le Rahamana, qui a pris sa rétribution dans ce monde. Rav Ashi : il n'a pas appris la michna.
Ravina : il n'a pas lu le Mikra. L'agneau et la chèvre sont d'un même poids.
Hadran du chapitre Makom che-nahagou, et Pesach Rishon s'achève.
Il fit un signe de la main : si le gedi (chevreau) est meilleur, qu'il monte pour le tamid. Le roi dit : puisqu'il n'a pas la crainte de la royauté, qu'on lui coupe la main droite.
Il donna un shohad (pot-de-vin), et on lui coupa la gauche. Le roi l'apprit, et il lui coupa la droite.
Rav Yossef dit : béni soit le Rahamana (Celui qui fait miséricorde), qui a pris à Yissakhar, homme de Kfar Barkai, sa mitrapsei (rétribution), et l'a prélevée de lui dans ce monde.
La scène ouvre en 57a. Le roi tient le gedi pour meilleur à manger, la reine tient l'imra. On interroge le kohen gadol, qui fait monter les korbanot chaque jour. Yissakhar répond par la main. Rachi : leshon tsehok, un ton de moquerie. Si le chevreau était le meilleur, c'est lui qui monterait en tamid. Le tamid est un agneau.
Le roi y lit un manque d'eimat malkhuta, la crainte de la royauté. Rachi fait parler le roi : s'écarter de sa parole ne suffisait pas, le ton de plaisanterie s'y ajoute. Il ordonne la main droite. Le shohad détourne le coup sur la gauche. Le roi l'apprend, et la droite est coupée.
Rav Yossef : le Rahamana a prélevé dès ce monde la mitrapsei. Rachi dégage deux mots. Ashkeleih : Il a fait se rencontrer la faute et le guemoul. Mitrapsei : le guemoul, la rétribution. En 57a, Yissakhar faisait l'avoda les mains enveloppées de soie. Le décret atteint ces mains.
Rav Ashi dit : Yissakhar, homme de Kfar Barkai, n'a pas appris la michna. Car nous avons appris : Rabbi Shimon dit : les kevasim (agneaux) précèdent les izzim (chèvres) en tout lieu.
On pourrait penser : parce qu'ils sont plus choisis dans leur espèce. Le verset vient l'enseigner : "s'il apporte un agneau pour son korban", ce qui enseigne que les deux sont d'un même poids.
Ravina dit : il n'a même pas lu le Mikra. Car il est écrit : "si un agneau", "si une chèvre".
S'il veut un agneau, qu'il l'apporte. S'il veut une chèvre, qu'il l'apporte.
Rav Ashi ramène le geste à une michna non apprise. Rabbi Shimon : les kevasim sont écrits avant les izzim partout. Rachi : l'agneau vient en tête dans l'écrit. On pourrait lire là une espèce muvharin be-minan, plus choisie. Le verset de la hatat renverse cet ordre. Rachi : la se'ira, la chevrette, est dite d'abord, puis la kivsa, l'agnelle, dans "s'il apporte un agneau". Les deux sont shkulin ke-ehad, d'un même poids.
Ravina descend au Mikra. Rachi place "si un agneau" et "si une chèvre" aux shelamim. Le mot im laisse les deux animaux ouverts : celui qui offre apporte celui qu'il veut. Le tamid reste un agneau, par la loi propre de ce korban : elle fixe l'animal du jour.
Hadran alakh (nous reviendrons à toi), Makom che-nahagou. Et Pesach Rishon s'achève.
Hadran alakh clôt le chapitre Makom che-nahagou, le quatrième de Pesachim : la coutume du lieu. La formule dit qu'on y reviendra.
Selika le-Pesach Rishon : ce premier volet du traité s'achève ici. L'amoud suivant ouvre Tamid nishhat, les lois du korban de Pessa'h.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).