Sougya : L'amoud ouvre le chapitre Tamid nishhat. La michna fixe l'heure du tamid de l'après-midi : shehita à huit heures et demie et fin de l'offrande à neuf heures et demie, les jours ordinaires.
La veille de Pesach, on avance d'une heure, en semaine comme à Chabbat, pour laisser place au korban de Pesach. Si cette veille tombe un vendredi, on avance encore : shehita à six heures et demie, afin de rôtir le Pesach avant Chabbat.
Rava enseigne que, selon la Torah, le tamid est valable dès que les ombres penchent, au milieu de la septième heure, et que les heures plus tardives sont une takana, pour laisser offrir nedarim et nedavot avant le tamid du soir. Une baraita oppose Rabbi Yishmael et Rabbi Akiva.
Abaye lit leur divergence sur l'ordre des musafim et des bazikhin. Rava la lit sur la crainte de mekhamer basar : la viande du Pesach qui s'échauffe quand on ne peut pas la rôtir avant la fin du Chabbat.
Michna. Le tamid est abattu à huit heures et demie, et il est offert à neuf heures et demie.
Aux veilles de Pesach, il est abattu à sept heures et demie, et il est offert à huit heures et demie, que ce soit en semaine ou à Chabbat. Si la veille de Pesach tombe un vendredi, il est abattu à six heures et demie, et il est offert à sept heures et demie, et le Pesach après lui.
Le tamid visé est celui de l'après-midi, tamid shel bein ha-arbayim. Les heures sont saisonnières, comptées depuis le lever du soleil. La sixième finit à midi. Huit heures et demie, c'est deux heures et demie après midi.
Nishhat : la shehita, l'abattage. Karev : la fin de l'offrande sur l'autel. Rachi : une heure sépare les deux. La veille de Pesach, le korban de Pesach vient après ce tamid : on l'avance. Si la veille est un vendredi, le rôtissage doit finir de jour, car il ne repousse pas le Chabbat.
Guemara. D'où tient-on ces paroles ?
La question vise d'abord l'horaire ordinaire : shehita à huit heures et demie, fin à neuf heures et demie. La suite demandera si cette heure est fixée par la Torah.
Rabbi Yehochoua ben Levi dit : car le verset dit : "Le premier agneau, tu le feras le matin, et le second agneau, tu le feras bein ha-arbayim." Partage-le entre les deux soirs : deux heures et demie d'un côté, deux heures et demie de l'autre, et une heure pour l'accomplir.
De midi au coucher, six heures. Bein ha-arbayim, "entre les deux soirs", les coupe en deux : deux heures et demie avant, une heure d'avoda, deux heures et demie après. Shehita à huit heures et demie, fin à neuf heures et demie.
Rachi : le mot double vient pour ce partage. Dans cette lecture, l'heure de la michna est celle de la Torah.
Rava objecte : aux veilles de Pesach, il est abattu à sept heures et demie, et il est offert à huit heures et demie, que ce soit en semaine ou à Chabbat. Et si tu penses que huit heures et demie est une loi de la Torah, comment l'avançons-nous ?
La michna déplace le tamid plus tôt, pour le Pesach. Une heure fixée par la Torah reste en place. Huit heures et demie est donc l'heure de la takana.
Plutôt, Rava dit : la mitsva du tamid va dès que les ombres du soir penchent. Quelle est la raison ?
Car le verset dit : "bein ha-arbayim", dès l'heure où le soleil commence à aller vers l'ouest.
Mishenatu tzillei erev : les ombres quittent les pieds et s'allongent vers l'est. Rachi place ce moment au milieu de la septième heure, six heures et demie. Autour de midi, soleil au zénith, l'ombre reste sous l'homme.
Selon la Torah, toute la fin du jour est kasher pour ce tamid. Les heures plus tardives de la michna sont une institution rabbinique.
Par conséquent, les autres jours de l'année, où il y a des nedarim et des nedavot, puisque le Rahamana a dit : "sur lui les graisses des shelamim",
Le verset, Vayikra 6, 5, place les graisses des shelamim "sur lui", sur le tamid du matin. Tout korban du jour vient après le tamid du matin et avant le tamid du soir. Après le tamid du soir, la porte est fermée.
Les zerizim feraient le tamid du soir dès six heures et demie. On le retarde pour laisser la place aux nedarim et aux nedavot. Le Chabbat, où ces offrandes n'ont pas lieu, on garde le même retard : décret, pour ne pas changer l'ordre du jour de semaine.
Et le maître a dit ("sur lui les graisses des shelamim") : sur lui, achève tous les korbanot, tous. Nous le retardons de deux heures, et nous le faisons à huit heures et demie.
Le plus tôt selon la Torah : six heures et demie. On ajoute deux heures : shehita à huit heures et demie. Tossefot : on ne repousse pas au-delà, pour ne pas coller l'avoda à la nuit.
Le cas où, selon Rava, Rabbi Yishmael laisse le Pesach vers huit heures et demie le Chabbat de la veille, est un horaire serré. On l'accepte à cause de mekhamer bisra, la viande qui s'échauffe et se gâte.
Aux veilles de Pesach, où il y a le Pesach après lui, nous l'avançons d'une heure, et nous le faisons à sept heures et demie. Si la veille de Pesach tombe un vendredi, où il y a aussi son rôtissage, qui ne repousse pas le Chabbat, nous le fixons selon sa loi, à six heures et demie.
Le Pesach doit suivre le tamid du soir, et les bêtes sont nombreuses. On rend une des deux heures de retard : shehita à sept heures et demie.
La veille un vendredi, le tsli, le rôtissage, doit finir de jour. On rend aussi la seconde heure et l'on revient à la loi : six heures et demie. Tossefot, d'après Yoma : le tout début de la septième heure, quand les murs s'assombrissent, est trop fin à mesurer. On attend le milieu de cette heure, signe net.
Les rabbins ont enseigné : comme son ordre en semaine, ainsi son ordre à Chabbat, paroles de Rabbi Yishmael. Rabbi Akiva dit : comme son ordre à la veille de Pesach.
La baraita est courte. Sidouro : l'horaire du tamid. Rachi fixe la leçon : "comme la veille de Pesach" appartient à Rabbi Akiva. Abaye, puis Rava, diront de quel jour chacun parle.
Que dit-il ? Abaye dit : voici ce qu'il dit.
Comme son ordre en semaine à la veille de Pesach, ainsi son ordre à Chabbat à la veille de Pesach, paroles de Rabbi Yishmael. Rabbi Akiva dit : comme son ordre à la veille de Pesach qui tombe un vendredi, ainsi son ordre à Chabbat.
Et notre michna, qui enseigne "que ce soit en semaine ou à Chabbat", est selon Rabbi Yishmael.
Abaye lit la baraita sur la veille de Pesach. Rabbi Yishmael aligne le Chabbat sur la veille en semaine : sept heures et demie. C'est le "en semaine ou à Chabbat" de la michna.
Rabbi Akiva aligne le Chabbat sur le vendredi : six heures et demie. Rachi : à Chabbat, pas de nedarim ni de nedavot pour justifier le retard, et le Pesach attend derrière. On revient à l'heure de la loi.
Sur quoi divergent-ils ? Ils divergent sur ceci : les musafim précèdent-ils les bazikhin ?
Rabbi Yishmael pense : les musafim précèdent les bazikhin. Il fait les musafim à six heures, les bazikhin à sept heures, et il fait le tamid à sept heures et demie.
Rabbi Akiva pense : les bazikhin précèdent les musafim. Les bazikhin à cinq heures, les musafim à six heures, et il fait le tamid à six heures et demie.
La question de Rachi : à Chabbat, rien n'oblige à retarder le tamid, et les Pesach sont nombreux. Pourquoi Rabbi Yishmael reste-t-il à sept heures et demie ? Réponse : l'ordre du Chabbat remplit les heures d'avant.
Les musafim du Chabbat ont leur heure à six, car le verset dit "jour" et non "matin" : "matin" avance, "jour" retarde. Les bazikhin sont les deux coupes de levona sur le le'hem ha-panim. Leur fumée permet le pain aux cohanim. Rachi : une heure pour les retirer, les faire fumer et partager le pain.
Rabbi Yishmael : musaf à six heures, bazikhin à sept, tamid à sept heures et demie. Rabbi Akiva : bazikhin à cinq heures, musaf à six, tamid à six heures et demie. La gezera shava hukka-hukka avec les havitin place les bazikhin avant. Tossefot : ce débat ne déplace le tamid que le Chabbat de la veille de Pesach. Un Chabbat ordinaire reste à l'heure de la semaine, huit heures et demie.
Rava attaque : est-ce que Rabbi Akiva enseigne "comme son ordre à la veille de Pesach qui tombe un vendredi" ? Il enseigne "comme son ordre à la veille de Pesach", sans autre précision.
Plutôt, Rava dit : voici ce qu'il dit. Comme son ordre un jour de semaine ordinaire, ainsi son ordre à Chabbat à la veille de Pesach, paroles de Rabbi Yishmael.
Rabbi Akiva dit : comme son ordre à la veille de Pesach. Et notre michna, qui enseigne "que ce soit en semaine ou à Chabbat", est selon Rabbi Akiva.
L'attaque porte sur les mots. Rabbi Akiva dit "comme la veille de Pesach". Il ne dit pas "qui tombe un vendredi". Abaye lui prête une précision absente du texte.
Rava relit. Rabbi Yishmael : le Chabbat de la veille suit un jour ordinaire, huit heures et demie. On ne hâte pas les shehitot : on ne rôtit qu'à la nuit, et la viande peut se gâter. Rabbi Akiva : comme toute veille de Pesach, sept heures et demie, en semaine et à Chabbat. La michna, qui égalise les deux, suit Rabbi Akiva.
Tossefot : on pourrait retourner l'attaque contre les mots de Rabbi Yishmael, qui ne dit pas non plus "veille de Pesach". Rava répond que Rabbi Yishmael conteste la michna elle-même. Dire "comme un jour ordinaire" suffit : la michna a déjà nommé la veille.
Sur quoi divergent-ils ? Ils divergent sur mekhamer basar.
Rabbi Yishmael pense : nous craignons mekhamer basar. Rabbi Akiva pense : nous ne craignons pas mekhamer basar.
Mekhamer basar : la viande s'échauffe et se gâte, comme les olives qu'on entasse pour les faire chauffer, le komer. Le Chabbat de la veille, si le tamid est tôt, la shehita du Pesach est tôt. Le rôtissage attend la sortie du Chabbat.
Tossefot ajoute le rinçage des entrailles, hadahat keravav : il ne repousse pas le Chabbat. La bête reste ainsi plus longtemps. Rabbi Yishmael garde le tamid tard, à huit heures et demie, pour raccourcir cette attente. Rabbi Akiva avance à sept heures et demie : les bêtes sont nombreuses, et il ne retient pas cette crainte.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).