Pesachim 59a - Après le tamid de l'après-midi : Pesach, encens, lampes, expiation

Pesachim 59a

Sougya : L'amoud donne la raison pour laquelle le tamid de l'après-midi précède le korban de Pesach : le Pesach est dit au soir et entre les deux soirs, le tamid seulement entre les deux soirs. La Guemara demande alors pourquoi l'encens et les lampes, qui n'ont qu'un entre-les-deux-soirs, ne précèdent pas aussi le Pesach.

Une baraita place le Pesach avant l'encens et les lampes ; une autre, conforme à l'objection, place les lampes avant le Pesach. Le mot oto n'exclut qu'un service intérieur.

Une baraita ne laisse ensuite, après le tamid du soir, que l'encens, les lampes, le Pesach, et le mehusar kapara : le premier tanna, la veille de Pesach seulement, à cause du karet ; Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, tous les jours, pour manger les kodashim. Rav Hisda et Rav Pappa expliquent comment offrir cette expiation sans mettre au feu après le tamid.

La fin de l'amoud ouvre le cas de l'holocauste du metzora.

Deux ordres pour l'après-midi Le double temps retarde. Oto ne ferme que le service intérieur. Baraita du début Pesach avant encens et lampes 1. tamid de l'après-midi 2. Pesach 3. ketoret, encens 4. nerot, lampes Oto : rien après les lampes. L'encens leur est rapproché. Baraita de l'objection Lampes avant le Pesach 1. tamid de l'après-midi 2. ketoret, encens 3. nerot, lampes 4. Pesach Le Pesach a ba-erev et bein ha-arbayim. Les autres n'ont que bein ha-arbayim. Lecture retenue pour oto Oto exclut un service intérieur : l'encens ne vient pas après les lampes. Le Pesach est un service de la cour. Il peut venir après les lampes. Bein ha-arbayim yaktirenah : au moment des lampes, l'encens fume déjà. Le matin, l'encens a ba-boker ba-boker : il précède le tamid, qui n'a qu'un boker.
Une baraita place le Pesach avant l'encens et les lampes. L'autre, conforme à l'objection, place les lampes avant le Pesach. Oto ne ferme que l'encens.
Ce qui peut suivre le tamid de l'après-midi Aleha hashlem : le tamid du soir achève les offrandes. Quatre suites restent ouvertes. ketoret encens du soir nerot allumage des lampes Pesach korban de Pesach mehusar kapara expiation encore due Premier tanna La veille de Pesach seulement Aseh du Pesach, avec karet repousse l'aseh de la hashlama Il s'immerge une seconde fois et mange son Pesach le soir Rabbi Yishmael fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka Même les autres jours de l'année pour manger les kodashim le soir Deux aseh, sans karet D'où vient la force de l'un ? Sans l'expiation, le mehusar kapara ne mange pas les kodashim. Il est passible de karet. Cas type : metzora ou zav qui n'a pas apporté son sacrifice avant le tamid.
Après le tamid du soir : encens, lampes, Pesach, et le mehusar kapara. Le premier tanna limite au 14 nissan. Rabbi Yishmael étend à toute l'année.
Offrir l'expiation sans brûler après le tamid L'aseh de la hashlama porte sur la haktara, la mise au feu. Rav Hisda Hatat d'oiseau du metzora pauvre L'autel n'a que le sang La chair est mangée par les kohanim Pas de haktara : l'achèvement reste intact Rav Pappa Même une hatat de bête On monte les parts en haut de l'autel On les laisse la nuit, linah On les brûle le lendemain, après le tamid du matin Ce qui reste à offrir Acham du metzora Toujours une bête, jamais un oiseau Pappa : linah en haut de l'autel Hisda : l'asham est déjà offert Olah du metzora Elle empêche, dit Rabbi Yishmael La hatat précède toute olah qui vient avec elle Même hatat d'oiseau avant olah de bête Binyan av : le mot rishona, en premier, vaut pour toutes les hatat. Rava : l'olah du metzora est à part. Le verset continue sur l'amoud suivant. Tossefot : ve-hé'ela ne vaut qu'après coup. L'ordre écrit reste : ensuite l'holocauste.
Rav Hisda : hatat d'oiseau, sang seul. Rav Pappa : parts laissées la nuit en haut de l'autel. L'asham et l'olah du metzora restent à placer.
1
יְאֻוחַר דָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ ״בָּעֶרֶב״ וּ״בֵּין הָעַרְבַּיִם״, לְדָבָר שֶׁלֹּא נֶאֱמַר בּוֹ ״בָּעֶרֶב״, אֶלָּא ״בֵּין הָעַרְבַּיִם״ בִּלְבַד.

Que soit retardée une chose au sujet de laquelle il est dit "au soir" et "entre les deux soirs", par rapport à une chose au sujet de laquelle il n'est pas dit "au soir", mais "entre les deux soirs" seulement.

📜 Rachi (1)
יְאֻוחַר דָּבָר כו' טַעְמָא דְּרֵישָׁא קָא מְפָרֵשׁ תָּמִיד קוֹדֵם לְפֶסַח דְּדִין הוּא שֶׁיְּאֻוחַר הַפֶּסַח שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ בָּעָרֶב וּבֵין הָעַרְבָּיִם תִּזְבַּח אֶת הַפֶּסַח בָּעָרֶב (דְּבָרִים ט״ז:ו׳) וְשָׁחֲטוּ אוֹתוֹ וְגוֹ' (שְׁמוֹת י״ב:ו׳) לְתָמִיד שֶׁלֹּא נֶאֱמַר בּוֹ אֶלָּא אֶת הַכֶּבֶשׂ הַשֵּׁנִי תַּעֲשֶׂה בֵּין הָעַרְבָּיִם (בַּמִּדְבָּר כ״ח:ד׳):
Il explique la raison du début. Le tamid précède le Pesach, car il est juste que le Pesach soit retardé : il est dit à son sujet "au soir" et "entre les deux soirs" - "tu sacrifieras le Pesach au soir" (Deutéronome 16:6), "et ils l'abattront..." (Exode 12:6) - par rapport au tamid, au sujet duquel il n'est dit que : "le second agneau, tu le feras entre les deux soirs" (Nombres 28:4).
🗂️ Tossefot (1)
יְאֻוחַר דָּבָר כו' אע"ג דְּתָמִיד תָּדִיר אִיצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב דְּהֵ"א שֶׁהַפֶּסַח יַקְדִּים מִשּׁוּם עֲלִיָּה הַשָּׁלֵם:
Bien que le tamid soit tadir (fréquent), il a fallu l'écrire. Car on aurait pensé que le Pesach précède, à cause de aleha hashlem (achève sur lui).
💡 Explication

La baraita de la fin de 58b place le tamid de l'après-midi avant le Pesach. Ici, la raison. Le Pesach a deux formules de temps : ba-erev (au soir) et bein ha-arbayim (entre les deux soirs). Le tamid n'a que bein ha-arbayim. La chose qui a les deux formules vient plus tard.

Tossefot : le tamid est tadir (fréquent), et le fréquent précède. Il fallait quand même ce verset. On aurait pu faire passer le Pesach avant, à cause de aleha hashlem : le tamid du soir achève toutes les offrandes du jour.

🖼️ Schéma
Le double mot de temps place à l'extrémité Après-midi : plus tard Pesach : ba-erev et bein ha-arbayim Tamid : bein ha-arbayim seul Le Pesach vient après le tamid Matin : plus tôt Encens : ba-boker ba-boker Tamid : un seul boker L'encens précède le tamid Encens et lampes du soir n'ont qu'un bein ha-arbayim. D'où l'objection. Versets : Deut. 16:6, Ex. 12:6, Nom. 28:4, Ex. 30:7.
Deux formules de temps retardent le Pesach. Au matin, le double ba-boker avance l'encens.
2
אִי הָכִי, קְטֹרֶת וְנֵרוֹת נָמֵי נִקְדְּמוּ לְפֶסַח: יְאֻוחַר דָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ ״בָּעֶרֶב״ וְ״בֵּין הָעַרְבַּיִם״, לְדָבָר שֶׁלֹּא נֶאֱמַר בּוֹ אֶלָּא ״בֵּין הָעַרְבַּיִם״ בִּלְבַד!

S'il en est ainsi, l'encens et les lampes aussi devraient précéder le Pesach : que soit retardée une chose au sujet de laquelle il est dit "au soir" et "entre les deux soirs", par rapport à une chose au sujet de laquelle il n'est dit que "entre les deux soirs" seulement !

📜 Rachi (1)
אִי הָכִי קְטֹרֶת וְנֵרוֹת נָמֵי לִיקְדְּמוּ לְפֶסַח מִשּׁוּם הַאי טַעְמָא גּוּפֵיהּ יְאֻוחַר דָּבָר כו' דְּבִקְטֹרֶת וְנֵרוֹת חַד בֵּין הָעַרְבַּיִם כְּתִיב וּבְהַעֲלֹות אַהֲרֹן אֶת הַנֵּרֹות בֵּין הָעַרְבַּיִם יַקְטִירֶנָּה (שְׁמוֹת ל׳:ח׳) וּבֵין הָעַרְבַּיִם אַתַּרְוַיְיהוּ קָאֵי:
Pour cette même raison : que soit retardée une chose... Car pour l'encens et les lampes un seul bein ha-arbayim est écrit : "Quand Aaron élèvera les lampes, entre les deux soirs, il le fera fumer" (Exode 30:8). Et bein ha-arbayim porte sur les deux.
💡 Explication

Si la règle est celle-là, l'encens et les lampes n'ont, eux aussi, qu'un seul bein ha-arbayim (Exode 30:8). Ils devraient donc précéder le Pesach, qui a les deux formules. Or la baraita de 58b place le Pesach avant eux.

3
שָׁאנֵי הָתָם דְּמִיעֵט רַחֲמָנָא ״אִתּוֹ״. דְּתַנְיָא: ״מֵעֶרֶב וְעַד בָּקָר״ — תֵּן לָהּ מִדָּתָהּ שֶׁתְּהֵא דּוֹלֶקֶת מֵעֶרֶב עַד בֹּוקֶר.

Là, c'est différent, car le Miséricordieux a exclu par "oto" (lui). Comme on l'enseigne : "Du soir jusqu'au matin" - donne-lui sa mesure, pour qu'elle brûle du soir jusqu'au matin.

📜 Rachi (2)
דְּמִיעֵט רַחֲמָנָא גַּבֵּי נֵרוֹת:
Au sujet des lampes.
תֵּן לָהּ מִדָּתָהּ חֲצִי לֹוג לְכָל נֵר דְּאֵין לְךָ לֵיל אָרֹוךְ שֶׁלֹּא יְהֵא לְךָ בָּהּ כַּשִּׁיעוּר:
Un demi-log pour chaque lampe. Car tu n'as pas de nuit si longue que tu n'y aurais pas la quantité suffisante.
💡 Explication

Les lampes échappent à la règle du simple bein ha-arbayim. Le mot oto (lui), dans le verset de la menora, est détaché : on aurait pu dire le verbe avec son pronom en un seul mot. Il vient exclure.

Première lecture de me-erev ad boker (du soir jusqu'au matin) : une mesure d'huile, un demi-log par lampe, assez pour la plus longue nuit.

4
דָּבָר אַחֵר: אֵין לְךָ עֲבוֹדָה שֶׁכְּשֵׁירָה מֵעֶרֶב עַד בֹּוקֶר אֶלָּא זוֹ בִּלְבַד. מַאי טַעְמָא — אֲמַר קְרָא: ״יַעֲרֹךְ אֹתוֹ אַהֲרֹן וּבָנָיו מֵעֶרֶב עַד בֹּקֶר״. אוֹתוֹ מֵעֶרֶב עַד בֹּוקֶר, וְאֵין דָּבָר אַחֵר מֵעֶרֶב עַד בֹּוקֶר.

Autre interprétation : tu n'as aucun service valable du soir jusqu'au matin, sinon celui-ci seulement. Quelle est la raison ?

Le verset dit : "Aaron et ses fils le disposeront, du soir jusqu'au matin". Lui, du soir jusqu'au matin, et aucune autre chose du soir jusqu'au matin.

📜 Rachi (1)
אוֹתוֹ מֵעֶרֶב וְעַד בֹּקֶר וְאֵין אַחֵר מֵעֶרֶב וְעַד בֹּקֶר וְאֵין לְךָ עֲבוֹדָה כְּשֵׁירָה אַחֲרֶיהָ לְהַתְחִיל:
Et tu n'as aucun service valable après elle pour commencer.
💡 Explication

Seconde lecture du même verset. Aucun service du Temple n'est valable du soir jusqu'au matin, sinon l'allumage des lampes. Rachi : aucun service ne peut commencer après elles. L'allumage clôt la journée.

🖼️ Schéma
Me-erev ad boker : deux lectures Mesure d'huile Donne-lui sa mesure Un demi-log par lampe Assez pour la nuit la plus longue Dernier service Oto : lui, du soir au matin Aucun autre service après Le mot oto est détaché : ya'arokh oto L'encens est rapproché des lampes : même clôture. La suite limitera oto au service intérieur.
Du soir jusqu'au matin : mesure d'huile, ou clôture de tous les services.
5
וְאִיתַּקַּשׁ קְטֹרֶת לְנֵרוֹת.

Et l'encens est rapproché des lampes.

📜 Rachi (1)
וְאִתַּקַּשׁ קְטֹרֶת לְנֵרוֹת מַה נֵרוֹת אֵין עֲבוֹדָה כְּשֵׁירָה אַחֲרֶיהָ אַף קְטֹרֶת אֵין עֲבוֹדָה כְּשֵׁירָה אַחֲרֶיהָ:
De même qu'aucun service n'est valable après les lampes, de même aucun service n'est valable après l'encens.
💡 Explication

Le verset rapproche l'encens des lampes : on le fait fumer au moment où l'on élève les lampes. Même clôture : aucun service après l'encens. Dans cette baraita, le Pesach vient donc avant l'encens et avant les lampes.

6
וְתַנְיָא כִּי קֻושְׁייַן: תָּמִיד קוֹדֵם לִקְטֹרֶת, קְטֹרֶת קוֹדֶמֶת לְנֵרוֹת, וְנֵרוֹת קוֹדְמוֹת לְפֶסַח. יְאֻוחַר דָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ ״בָּעֶרֶב״ וּ״בֵּין הָעַרְבַּיִם״, לְדָבָר שֶׁלֹּא נֶאֱמַר בּוֹ אֶלָּא ״בֵּין הָעַרְבַּיִם״ בִּלְבַד.

Et l'on enseigne conformément à notre objection : le tamid précède l'encens, l'encens précède les lampes, et les lampes précèdent le Pesach. Que soit retardée une chose au sujet de laquelle il est dit "au soir" et "entre les deux soirs", par rapport à une chose au sujet de laquelle il n'est dit que "entre les deux soirs" seulement.

📜 Rachi (1)
תָּמִיד קוֹדֵם לִקְטֹרֶת וּקְטֹרֶת קוֹדֵם לְנֵרוֹת טַעְמָא מְפָרֵשׁ בְּסֵדֶר יוֹמָא בְּפֶרֶק אָמַר לָהֶן הַמְמֻונֶּה:
La raison est expliquée dans l'ordre de Yoma, au chapitre Amar lahen ha-memuneh.
🗂️ Tossefot (1)
קְטֹרֶת וְנֵרוֹת נִקְדְּמוּ לְפֶסַח הִקְשָׁה רִיבָ"א וַהֲלֹא בְּנֵרוֹת כְּתִיב נָמֵי מֵעֶרֶב וְעַד בֹּקֶר וּמַה לִי מֵעֶרֶב וּמַה לִי בָּעֶרֶב וְיֵשׁ לוֹמַר דְּמֵעָרֵב וְעַד בֹּקֶר אִיצְטְרִיךְ לִיתֵּן לָהּ מִדָּתָהּ וְלֹא לְאִיחוּר:
Le Riva a objecté : pour les lampes aussi il est écrit "du soir jusqu'au matin". Quelle différence entre "du soir" et "au soir" ? On peut dire : "du soir jusqu'au matin" est nécessaire pour lui donner sa mesure, et non pour le retard.
💡 Explication

Une autre baraita suit l'objection. L'ordre est : tamid, puis encens, puis lampes, puis Pesach. La même règle du double temps place le Pesach en dernier.

Rachi renvoie à Yoma pour l'ordre tamid, encens, lampes. Tossefot, le Riva : les lampes ont aussi "du soir jusqu'au matin", proche de "au soir". Réponse : cette formule sert à la mesure d'huile, et non à retarder le Pesach.

7
וְהָא כְּתִיב ״אוֹתוֹ״! הַאי ״אוֹתוֹ״ מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמַעוֹטֵי עֲבוֹדָה שֶׁבִּפְנִים, וּמַאי נִיהוּ? קְטֹרֶת. סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא הוֹאִיל וּכְתִיב ״וּבְהַעֲלֹות אַהֲרֹן אֶת הַנֵּרֹות בֵּין הָעַרְבַּיִם יַקְטִירֶנָּה״, אֵימָא: נַדְלֵיק נֵרוֹת בְּרֵישָׁא וַהֲדַר נַקְטֵיר קְטוֹרֶת, מִיעֵט רַחֲמָנָא ״אוֹתוֹ״.

Or il est écrit "oto" (lui) ! Ce "oto" est nécessaire pour exclure un service de l'intérieur.

Et quel est-il ? L'encens.

Il te serait venu à l'esprit de dire : puisqu'il est écrit "Quand Aaron élèvera les lampes, entre les deux soirs, il le fera fumer", je dirais : allumons d'abord les lampes, puis faisons fumer l'encens. Le Miséricordieux a exclu par "oto".

📜 Rachi (1)
הַהוּא לִמְעוּטֵי עֲבוֹדָה שֶׁבִּפְנִים הַהוּא אוֹתוֹ לָאו לְמַעוּטֵי פֶּסַח אֲתָא שֶׁהִיא עֲבוֹדַת חוּץ דְּמִסְתַּבְּרָא דְּכִי קָא מְמַעֵיט עֲבוֹדַת פְּנִים דִּכְוָותַהּ קָמְמַעֵיט נֵרוֹת עֲבוֹדַת פְּנִים וּקְטֹרֶת עֲבוֹדַת פְּנִים:
Ce "oto" ne vient pas exclure le Pesach, qui est un service de l'extérieur. Il est logique que, lorsqu'il exclut, il exclue un service de l'intérieur, semblable au sien : les lampes sont un service de l'intérieur, et l'encens est un service de l'intérieur.
💡 Explication

Cette seconde baraita laisse le Pesach après les lampes. Comment lire alors oto, qui semblait interdire tout service après elles ?

Il exclut un service intérieur, semblable aux lampes. C'est l'encens. Le verset "quand il élèvera les lampes, il le fera fumer" pourrait se lire : lampes d'abord, encens ensuite. Oto écarte cette lecture. Le Pesach, service de la cour, n'entre pas dans l'exclusion.

🖼️ Schéma
Ce qu'oto exclut Service intérieur Lampes, dans le Heikhal Encens, dans le Heikhal Oto : l'encens précède les lampes Service de la cour Le Pesach est abattu dehors Oto ne le vise pas Il peut suivre les lampes Hava amina : le verset dirait lampes d'abord, encens ensuite. Yaktirenah reste pour l'heure : l'encens fume déjà quand on allume.
Oto ferme l'encens après les lampes. Le Pesach, abattu dans la cour, peut suivre.
8
אֶלָּא, ״בֵּין הָעַרְבַּיִם יַקְטִירֶנָּה״ לָמָּה לִי? הָכִי קָאָמַר רַחֲמָנָא: בְּעִידָּן דְּמַדְלְקַתְּ נֵרוֹת תְּהֵא מִקַּטְרָא קְטֹרֶת.

Mais alors, pourquoi ai-je besoin de "entre les deux soirs, il le fera fumer" ? Voici ce que dit le Miséricordieux : au moment où tu allumes les lampes, l'encens doit être en train de fumer.

📜 Rachi (2)
תְּהֵא מִיקַּטְרָא קְטֹרֶת כְּבָר תְּהֵא מֻוקְטֶרֶת:
Il aura déjà été mis à fumer.
אֵין לְךָ כָּל דָּבָר בָּאִשִּׁים קוֹדֵם לְתָמִיד שֶׁל שַׁחַר אֶלָּא קְטֹורֶת שֶׁנֶּאֱמַר בָּהּ בְּפָרָשַׁת וְאַתָּה תְּצַוֶּה בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר וּבְתָמִיד לָא כְּתִיב אֶלָּא חַד בֹּקֶר:
Tu n'as aucune chose du feu qui précède le tamid du matin, sinon l'encens. Il est dit à son sujet, dans la section Vé-ata tetzavèh, "au matin, au matin". Et pour le tamid il n'est écrit qu'un seul "matin".
💡 Explication

Si oto enseigne déjà que l'encens ne vient pas après les lampes, à quoi sert bein ha-arbayim yaktirenah ? La formule fixe l'heure : quand on allume les lampes, l'encens fume déjà. Rachi : il a déjà été mis au feu.

La seconde glose de Rachi prépare la baraita du matin : seul l'encens, dit "au matin, au matin", précède le tamid du matin.

9
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין לְךָ דָּבָר שֶׁקּוֹדֵם לְתָמִיד שֶׁל שַׁחַר אֶלָּא קְטֹרֶת בִּלְבַד, שֶׁנֶּאֱמַר בָּהּ: ״בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר״. וְיֻוקְדַּם קְטֹרֶת — דָּבָר שֶׁנֶּאֱמַר בּוֹ ״בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר״, דִּכְתִיב: ״וְהִקְטִיר עָלָיו אַהֲרֹן קְטֹרֶת סַמִּים בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר״, לְדָבָר שֶׁלֹּא נֶאֱמַר בּוֹ אֶלָּא ״בֹּקֶר״ אֶחָד.

Les Sages ont enseigné : tu n'as rien qui précède le tamid du matin, sinon l'encens seulement, car il est dit à son sujet : "au matin, au matin". Et que l'encens précède : une chose au sujet de laquelle il est dit "au matin, au matin", comme il est écrit : "Aaron fera fumer sur lui un encens d'aromates, au matin, au matin", par rapport à une chose au sujet de laquelle il n'est dit qu'un seul "matin".

🗂️ Tossefot (1)
אֵין לְךָ דָּבָר שֶׁמִּתְעַכֵּב כו' אֶלָּא קְטֹרֶת נִרְאֶה לר"י דְּלָא גָּרַס וְנֵרוֹת דע"כ לָא חֲשִׁיב אֶלָּא מִידִי דְּהַקְטָרָה דְּבָהּ הִקְפִּידָה תּוֹרָה לְאַחֵר כְּדִכְתִיב וְהִקְטִיר עָלֶיהָ חֶלְבֵי וְגוֹ' דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי לִיחְשׁוֹב נַמֵּי בְּרֵישָׁא אֵין לְךָ שֶׁקּוֹדֵם לְתָמִיד שֶׁל שַׁחַר אֶלָּא קְטֹרֶת וְדִישּׁוּן מִזְבֵּחַ הַפְּנִימִי וּשְׁנֵי גִּזְרֵי עֵצִים וַהֲטָבַת נֵרוֹת דְּקוֹדְמִין לְתָמִיד כָּל הָנֵי כִּדְאָמְרִינַן בְּאָמַר לָהֶן הַמְמֻונֶּה (יוֹמָא דַּף לג) וּבַתּוֹסֶפְתָּא נָמֵי לֵיתָא:
Il paraît au Ri que la leçon ne comporte pas "et les lampes". Car il ne compte que ce qui relève de la haktara (mise au feu) : c'est à ce sujet que la Torah a été exigeante pour ce qui vient après, comme il est écrit "et il fera fumer sur lui les graisses...". Si tu ne dis pas ainsi, qu'il compte aussi au début : tu n'as rien qui précède le tamid du matin, sinon l'encens, le retrait des cendres de l'autel intérieur, les deux bûches, et la préparation des lampes, car tout cela précède le tamid, comme nous le disons dans Amar lahen ha-memuneh (Yoma 33). Et dans la Tossefta non plus, cette leçon n'est pas là.
💡 Explication

Le matin, la règle est symétrique, dans l'autre sens. L'encens a ba-boker ba-boker (au matin, au matin). Le tamid du matin n'a qu'un boker. Le double matin vient plus tôt. Rien ne précède le tamid du matin, sinon cet encens.

Tossefot, le Ri : dans la liste de ce qui suit le tamid de l'après-midi, on ne garde pas "et les lampes". La baraita ne compte que la haktara, car c'est sur elle que porte l'achèvement. Sinon, le matin, il faudrait aussi compter le retrait des cendres, les deux bûches et la hatavat ha-nerot (préparation des lampes), qui précèdent le tamid (Yoma 33). La Tossefta n'a pas non plus "et les lampes".

10
וְאֵין לְךָ דָּבָר שֶׁמִּתְעַכֵּב אַחַר תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם אֶלָּא קְטֹרֶת, וְנֵרוֹת, וּפֶסַח, וּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים בְּעֶרֶב הַפֶּסַח — שֶׁטּוֹבֵל שֵׁנִית וְאוֹכֵל אֶת פִּסְחוֹ לָעֶרֶב.

Et tu n'as rien qui soit retardé après le tamid de l'après-midi, sinon l'encens, les lampes, le Pesach, et celui à qui manque l'expiation la veille de Pesach, qui s'immerge une seconde fois et mange son Pesach le soir.

📜 Rachi (2)
וּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים כְּגוֹן מְצֹורָע אוֹ זָב שֶׁשָּׁכַח וְלֹא הֵבִיא כַּפָּרָתוֹ קֹודֶם לְתָמִיד וְאִם לֹא יְבִיאֶנָּה לֹא יֹאכַל פֶּסַח דִּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים אָסוּר בַּקֳּדָשִׁים וְעָנוּשׁ כָּרֵת:
Par exemple un metzora ou un zav qui a oublié et n'a pas apporté son expiation avant le tamid. S'il ne l'apporte pas, il ne mangera pas le Pesach. Car un mehusar kapara est interdit dans les kodashim, et il est passible de karet.
שֶׁטּוֹבֵל ואע"פ שֶׁטָּבַל אֶתְמוֹל בַּשְּׁבִיעִי שֶׁלּוֹ צָרִיךְ לִטְבֹּול אַחַר שֶׁהֵבִיא כַּפָּרָתוֹ דִּתְנַן בְּחֹומֶר בַּקֹּודֶשׁ (דַּף כא.) הָאוֹנֵן וְהַמְחֻוסָּר כִּפּוּרִים צְרִיכִים טְבִילָה לַקֹּודֶשׁ:
Bien qu'il se soit immergé hier, à son septième jour, il doit s'immerger après avoir apporté son expiation. Comme nous l'avons appris dans Humer ba-kodech (Hagiga 21a) : l'onen et le mehusar kapara ont besoin d'une immersion pour le kodech.
💡 Explication

Après le tamid de l'après-midi, la baraita ne laisse que quatre choses : l'encens, les lampes, le Pesach, et le mehusar kapara la veille de Pesach.

Le mehusar kapara, un metzora ou un zav, n'a pas encore apporté le sacrifice qui achève sa purification. Sans lui, il ne mange pas le Pesach : les kodashim lui sont interdits, sous peine de karet. Il s'immerge une seconde fois après le sacrifice, même s'il s'était déjà immergé le septième jour. Rachi cite Hagiga : l'onen (endeuillé avant l'enterrement) et le mehusar kapara exigent une immersion pour le kodech.

11
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרֹוקָא אוֹמֵר: אַף מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה, שֶׁטּוֹבֵל וְאוֹכֵל בַּקֳּדָשִׁים לָעֶרֶב.

Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, dit : même celui à qui manque l'expiation les autres jours de l'année, qui s'immerge et mange des kodashim le soir.

📜 Rachi (1)
בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה אִם הֵבִיא שַׁלְמֵי נְדָבָה קֹודֶם הַתָּמִיד וְהוּא הָיָה מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים וְאִם לֹא יָבִיא כַּפָּרָתוֹ לֹא יֹאכַל אֶת שְׁלָמָיו דִּכְתִיב וְאָכְלוּ אֹותָם אֲשֶׁר כֻּופַּר בָּהֶם אַלְמָא אֲכִילַת קָדָשִׁים עֲשֵׂה הִיא בֵּין הַנֶּאֱכָלִים לַכֹּהֲנִים בֵּין הַנֶּאֱכָלִים לְיִשְׂרָאֵל:
S'il a apporté des shelamim de nedava avant le tamid, et qu'il était mehusar kapara : s'il n'apporte pas son expiation, il ne mangera pas ses shelamim. Car il est écrit : "ils les mangeront, ceux pour qui l'on a fait expiation". Il en ressort que manger les kodashim est un commandement positif, qu'ils soient mangés par les kohanim ou mangés par Israël.
💡 Explication

Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, étend la permission à tous les jours de l'année. Le mehusar kapara apporte son sacrifice après le tamid, s'immerge, et mange le soir les kodashim. Rachi prend des shelamim de nedava déjà offerts. "Ils les mangeront, ceux pour qui l'on a fait expiation" (Exode 29:33) fait de cette consommation un aseh, pour les parts des kohanim comme pour celles d'Israël.

12
בִּשְׁלָמָא לְתַנָּא קַמָּא, יָבֹא עֲשֵׂה דְּפֶסַח שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כָּרֵת, וְיִדְחֶה עֲשֵׂה דְּהַשְׁלָמָה שֶׁאֵין בּוֹ כָּרֵת. אֶלָּא לְרַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרוֹקָא, מַאי אֻולְמֵיהּ דְּהַאי עֲשֵׂה מֵהַאי עֲשֵׂה?!

Soit, selon le premier tanna : que vienne le commandement positif du Pesach, qui comporte le karet, et qu'il repousse le commandement positif de l'achèvement, qui ne comporte pas le karet. Mais selon Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, quelle est la force de ce commandement positif par rapport à ce commandement positif ?!

📜 Rachi (2)
דְּהַשְׁלָמָה עָלֶיהָ הַשָּׁלֵם:
Aléha hashlèm : achève sur lui.
הַאי עֲשֵׂה (דְּהַשְׁלָמָה) מֵהַאי עֲשֵׂה (דַּאֲכִילַת קָדָשִׁים):
Ce commandement positif (de l'achèvement) par rapport à ce commandement positif (de manger les kodashim).
🗂️ Tossefot (1)
אָתֵי עֲשֵׂה דְּפֶסַח דְּאִית בֵּיהּ כָּרֵת וְדָחֵי כּוּ' הִקְשָׁה רִיבָ"א הָא בְּעִידָּנָא דְּמִיעְקָר עֲשֵׂה דְּהַשְׁלָמָה לָא מִיֵּקִיִּים עֲשֵׂה דַּאֲכִילַת פֶּסַח דְּאֵינָהּ אֶלָּא בַּלַּיְלָה וְתֵירֵץ דְּמַייְרֵי שֶׁיִּשְׁחֲטוּ פֶּסַח עָלָיו קֹודֶם שֶׁיִּדְחוּ עֲשֵׂה דְּהַשְׁלָמָה דְּשׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְבוּל יוֹם וּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים לְכֻולֵּי עָלְמָא אֲפִילּוּ לֹא יֹאכַל לְבַסּוֹף הוֹאִיל וּבְיָדוֹ תָּלוּי וּפָטוּר מִפֶּסַח שֵׁנִי אֲפִילּוּ לֹא אָכַל הִלְכָּךְ כְּשֶׁהַמַּקְרִיב כַּפָּרָתוֹ מְקַיֵּים עֲשֵׂה דְּפֶסַח דְּאָז הָוֵי רָאוּי לֶאֱכֹול שֶׁאִם לֹא הָיָה יָכוֹל לְהַקְרִיב לֹא יִהְיֶה רָאוּי לֶאֱכֹול לָעֶרֶב וְהַפֶּסַח הָיָה פָּסוּל ור"י מְתָרֵץ דְּדַוְקָא בְּלֹא תַּעֲשֶׂה דַּחֲמִיר בָּעֵינַן בְּעִידָּנָא דְּמִיעְקָר לָאו דִּלְקַייֵּם עֲשֵׂה אֲבָל עֲשֵׂה דַּחֲמִיר דָּחֵי עֲשֵׂה הַקַּל בְּכָל עִנְיָן אֲפִילּוּ לֹא מְקַייֵּם עֲשֵׂה חָמוּר בְּעִידָּנָא דְּקָא עָבַר אַעֲשֵׂה הַקַּל כִּדְמוֹכַח בְּהַשּׁוֹלֵחַ (גִּיטִּין דַּף לח.) גַּבֵּי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר שֶׁשִּׁיחְרֵר עַבְדּוֹ וּבְשִׁילּוּחַ הַקֵּן (חֻולִּין דַּף קַמָּא.) דַּהֲוָה דָּחֵי עֲשֵׂה דִּמְצוֹרָע דַּחֲמִיר לַעֲשֵׂה דְּשִׁילּוּחַ הַקֵּן אִי לָאו דְּאָמַר רַחֲמָנָא שַׁלֵּחַ תְּשַׁלַּח אַפֵּי' לִדְבַר מִצְוָה:
Le Riva a objecté : au moment où l'on déracine le commandement positif de l'achèvement, on n'accomplit pas le commandement positif de manger le Pesach, car il n'a lieu que la nuit. Il a répondu que le cas est celui où l'on abat le Pesach pour lui avant de repousser le commandement positif de l'achèvement. Car on abat et l'on fait l'aspersion pour un tevul yom et un mehusar kapara, selon tous, même s'il ne mangera pas à la fin, puisque cela dépend de lui, et il est quitte du second Pesach même s'il n'a pas mangé. Par conséquent, quand celui qui offre apporte son expiation, il accomplit le commandement positif du Pesach, car alors il devient apte à manger. Car s'il ne pouvait pas offrir, il ne serait pas apte à manger le soir, et le Pesach serait invalide. Le Ri répond : c'est seulement pour un interdit, qui est grave, que nous exigeons, au moment où l'on déracine l'interdit, d'accomplir le commandement positif. Mais un commandement positif grave repousse un commandement positif léger dans tous les cas, même si l'on n'accomplit pas le commandement positif grave au moment où l'on transgresse le commandement positif léger. Comme il est prouvé dans Ha-sholeah (Gittin 38a) au sujet de Rabbi Eliezer qui a affranchi son esclave, et dans Shiluah ha-ken (Houlin 141a) : le commandement positif du metzora, qui est grave, aurait repoussé le commandement positif du renvoi du nid, si le Miséricordieux n'avait pas dit shaléah teshallah (tu renverras) même pour une affaire de mitsva.
💡 Explication

Pour le premier tanna, le raisonnement est net. L'aseh du Pesach emporte le karet si l'on s'en abstient. Il repousse l'aseh de la hashlama, l'achèvement par le tamid du soir, qui n'emporte pas le karet.

Pour Rabbi Yishmael, manger les kodashim est un aseh, et l'achèvement aussi. La Guemara demande d'où vient la force de l'un sur l'autre. Rachi nomme les deux termes : l'achèvement, et le fait de manger les kodashim.

Tossefot. Le Riva : au moment où l'on écarte l'achèvement, on ne mange pas encore le Pesach, réservé à la nuit. Réponse : le Pesach a déjà été abattu pour lui. On abat et l'on asperge pour un tevul yom et un mehusar kapara, même s'il ne mange pas à la fin, puisque devenir apte dépend de lui. Apporter l'expiation le rend apte : c'est l'accomplissement de l'aseh du Pesach. Le Ri : la coïncidence dans le temps n'est exigée que face à un lo ta'aseh. Un aseh grave repousse un aseh léger même sans elle. Preuves : l'esclave affranchi par Rabbi Eliezer (Gittin 38a), et le metzora face au renvoi du nid (Houlin 141a).

13
אָמַר רָבִינָא אָמַר רַב חִסְדָּא: הָכָא בְּחַטַּאת הָעוֹף עָסְקִינַן, שֶׁאֵין לְמִזְבֵּחַ אֶלָּא דָּמָהּ.

Ravina a dit au nom de Rav Hisda : ici, nous traitons d'une hatat d'oiseau, dont l'autel n'a que le sang.

📜 Rachi (1)
הָכָא דקא"ר יִשְׁמָעֵאל אַף מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים בִּמְצוֹרָע עָנִי קָאָמַר שֶׁמֵּבִיא חַטַּאת הָעוֹף וְנֶאֱכֶלֶת לַכֹּהֲנִים וְאֵין בָּהּ הַקְטָרָה וַעֲשֵׂה דְּהַשְׁלָמָה גַּבֵּי הַקְטָרָה כְּתִיב וְטָהֳרָה שֶׁל מְחֻוסְּרֵי כַּפָּרָה תְּלוּיָה בְּחַטָּאת כְּדִכְתִיב (וַיִּקְרָא י״ב:ז׳) וְהִקְרִיבוֹ לִפְנֵי ה' וְכִפֶּר עָלַי' וּבְחַטָּאת קָאֵי בְּיוֹלֶדֶת:
Ce que dit Rabbi Yishmael, "même un mehusar kapara" : il parle d'un metzora pauvre, qui apporte une hatat d'oiseau. Elle est mangée par les kohanim, et il n'y a pas de haktara en elle. Le commandement positif de l'achèvement est écrit au sujet de la haktara. Et la purification de ceux à qui manque l'expiation dépend de la hatat, comme il est écrit (Lévitique 12:7) : "il l'offrira devant Hachem et il fera expiation pour elle". Cela porte sur la hatat, dans le cas de la femme qui accouche.
💡 Explication

Rav Hisda, rapporté par Ravina, limite le cas à une hatat ha-of, expiatoire d'oiseau, celle du metzora pauvre. Les kohanim mangent la chair. L'autel ne reçoit que le sang. L'aseh de l'achèvement est écrit sur la haktara. Il n'y en a pas ici. La purification dépend pourtant de cette hatat, comme chez la femme qui accouche : "il fera expiation pour elle" porte sur la hatat.

14
רַב פָּפָּא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּחַטַּאת בְּהֵמָה, מַעֲלֶהָ וּמְלִינָהּ בְּרֹאשׁוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ.

Rav Pappa a dit : tu peux même dire une hatat de bête. Il la monte et la laisse passer la nuit en haut de l'autel.

📜 Rachi (1)
מַעֲלֶה וּמְלִינָהּ בְּרֹאשׁ הַמִּזְבֵּחַ כְּדִכְתִיב וְהִקְרִיבוֹ לִפְנֵי ה' וְכִפֶּר עָלֶיהָ וּלְמָחָר יַקְטִירֶנָּה לְאַחַר תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר וְלִינָה אֵינָהּ פּוֹסֶלֶת בְּרֹאשׁ הַמִּזְבֵּחַ כִּדְאָמַר בִּזְבָחִים בְּפֶ' הַמִּזְבֵּחַ מְקַדֵּשׁ (זְבָחִים דַּף פז.) לד"ה דְּלָא יֵרְדוּ:
Comme il est écrit : "il l'offrira devant Hachem et il fera expiation pour elle". Et le lendemain il la fait fumer, après le tamid du matin. La linah (nuit passée) n'invalide pas en haut de l'autel, comme il est dit dans Zevahim, au chapitre Ha-mizbeah mekadesh (Zevahim 87a) : selon tous, elles ne descendent pas.
💡 Explication

Rav Pappa tient le cas même d'une hatat de bête. On monte les parts sur le haut de l'autel et on les y laisse la nuit. On les brûle le lendemain, après le tamid du matin. La linah n'invalide pas en haut de l'autel : les parts n'en descendent pas (Zevahim 87a). Rien n'est brûlé après le tamid de l'après-midi. L'achèvement du jour reste en place.

15
וְהָאִיכָּא אָשָׁם. בִּשְׁלָמָא לְרַב פָּפָּא הַייְנוּ דְּמֵלִין לַהּ, אֶלָּא לְרַב חִסְדָּא מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אָמְרִי: שֶׁקָּרַב אֲשָׁמוֹ.

Mais il y a l'acham. Soit, selon Rav Pappa : c'est pour cela qu'il la laisse passer la nuit.

Mais selon Rav Hisda, que peut-on dire ? Ils disent : c'est que son acham à déjà été offert.

📜 Rachi (1)
וְהָא אִיכָּא אֲשַׁם מְצֹורָע דְּלָא אָתֵי עוֹף:
L'acham du metzora : un oiseau n'y convient pas.
💡 Explication

L'acham du metzora est toujours une bête. Pour Rav Pappa, on le laisse aussi passer la nuit en haut de l'autel. Pour Rav Hisda, le cas est celui où l'acham à déjà été offert. Il ne reste que la hatat d'oiseau.

16
וְהָאִיכָּא עוֹלָה! וְכִי תֵּימָא: עוֹלָה לָא מְעַכְּבָא, וְהָתַנְיָא, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן בְּרֹוקָא אוֹמֵר: כְּשֵׁם שֶׁחַטָּאתוֹ וַאֲשָׁמוֹ מְעַכְּבִין אוֹתוֹ, כָּךְ עוֹלָתוֹ מְעַכַּבְתּוֹ!

Mais il y a l'holocauste ! Et si tu dis : l'holocauste n'empêche pas.

Or on enseigne : Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yo'hanan ben Beroka, dit : de même que sa hatat et son acham l'empêchent, ainsi son holocauste l'empêche !

📜 Rachi (2)
וכ"ת אָשָׁם לֹא מְעַכֵּב לָא גֵּר' דְּהֵיכִי תִּיסַּק אַדַּעְתִּין דְּלָא מְעַכֵּב הֲרֵי עִיקַּר טָהֳרָה תְּלוּיָה בּוֹ שֶׁהֲרֵי נוֹתֵן מִדָּמוֹ עַל גַּבֵּי בְּהוֹנוֹת:
Nous n'avons pas cette leçon. Comment te viendrait-il à l'esprit qu'il n'empêche pas ? L'essentiel de la purification en dépend, puisqu'il met de son sang sur le pouce et l'orteil.
בְּחַטָּאת וְאָשָׁם פְּשִׁיטָא לָן דִּמְעַכְּבִי טָהֳרָה לַאֲכִילַת קָדָשִׁים חַטָּאת כִּדְאַשְׁכְּחַן בְּיוֹלֶדֶת אָשָׁם שֶׁהֲרֵי מִמֶּנּוּ לַבְּהוֹנוֹת:
Il est évident pour nous qu'ils empêchent la purification en vue de manger les kodashim. La hatat, comme nous le trouvons chez la femme qui accouche. L'acham, puisqu'on prend de lui pour le pouce et l'orteil.
💡 Explication

Reste l'olah du metzora, brûlée entière. Si l'on dit qu'elle n'est pas me'akev (elle n'empêche pas la purification), Rabbi Yishmael lui-même enseigne le contraire : hatat, acham et olah empêchent tous les trois.

Rachi écarte une leçon qui dirait "l'asham n'empêche pas". L'asham porte le sang mis sur le pouce et l'orteil. Hatat et acham empêchent l'accès aux kodashim : la hatat, comme chez la femme qui accouche ; l'asham, à cause de ce sang.

17
וְכִי תֵּימָא בְּשֶׁקָּרְבָה עוֹלָתוֹ, וּמִי קָרְבָה עוֹלָתוֹ קֹודֶם לְחַטָּאתוֹ רִאשׁוֹן?! וְהָתַנְיָא: ״וְהִקְרִיב אֶת אֲשֶׁר לַחַטָּאת רִאשׁוֹנָה״, מַה תַּלְמוּד לוֹמַר? אִם לְלַמֵּד שֶׁתְּהֵא קוֹדֶמֶת לָעוֹלָה — הֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר: ״וְאֶת הַשֵּׁנִי יַעֲשֶׂה עֹולָה כַּמִּשְׁפָּט״.

Et si tu dis : dans le cas où son holocauste a déjà été offert. Mais son holocauste est-il offert avant sa hatat, en premier ?!

Or on enseigne : "Il offrira celui qui est pour la hatat, en premier." Que vient enseigner le verset ? S'il vient enseigner qu'elle précède l'holocauste, il est déjà dit : "Et le second, il le fera holocauste selon la règle."

📜 Rachi (1)
וְאֶת הַשֵּׁנִי בִּתְרֵי' דְּהַאי קְרָא כְּתִיב בִּשְׁבוּעַת בִּיטּוּי וּמִמֵּילָא יָדְעִי' כֵּיוָן דְּהַאי שֵׁנִי עוֹלֶה חַטָּאת הֲוָה רִאשׁוֹן:
Après ce verset, il est écrit, au sujet du serment d'énonciation (shevuat bitui). Et nous le savons de nous-mêmes : puisque ce second est un holocauste, la hatat était la première.
💡 Explication

Autre issue : l'olah aurait déjà été offerte. La Guemara la refuse. La hatat vient en premier. "Il offrira ce qui est pour la hatat, en premier" (Lévitique 5:8). Si le verset ne servait qu'à faire précéder cette olah-là, ce serait déjà dit : "le second, il le fera holocauste" (Lévitique 5:10). Rachi : ce second verset est dans la paracha du serment d'énonciation. Dès que l'olah est appelée "le second", la hatat est la première.

18
אֶלָּא: זֶה בָּנָה אָב לְכָל חַטָּאוֹת שֶׁיְּהוּ קוֹדְמוֹת לְכָל עוֹלוֹת הַבָּאוֹת עִמָּהֶן. וְקַיְימָא לַן דַּאֲפִילּוּ חַטַּאת הָעוֹף קוֹדֶמֶת לְעוֹלַת בְּהֵמָה!

Mais : ceci a construit un binyan av (règle tirée d'un cas-père) pour toutes les hatat, afin qu'elles précèdent toutes les olot qui viennent avec elles. Et nous tenons pour établi que même une hatat d'oiseau précède une olah de bête !

📜 Rachi (2)
וְקַייְמָא לָן בִּזְבָחִים בְּפֶרֶק כָּל הַתָּדִיר (זְבָחִים דַּף צ.) דְּהַאי בִּנְיַן אָב לָא אִיצְטְרִיךְ אֶלָּא לְחַטַּאת הָעוֹף הַבָּאָה עִם עוֹלַת בְּהֵמָה כְּגוֹן יוֹלֶדֶת עֲשִׁירָה שֶׁמְּבִיאָה עוֹלָתָהּ בְּהֵמָה וְחַטָּאתָהּ עוֹף שֶׁתַּקְדִּים חַטָּאת לְעוֹלָה:
Dans Zevahim, au chapitre Kol ha-tadir (Zevahim 90a) : ce binyan av n'était nécessaire que pour une hatat d'oiseau qui vient avec une olah de bête, comme la femme qui accouche et qui est riche : elle apporte son olah en bête et sa hatat en oiseau, et la hatat précède l'olah.
זֶה בָּנָה אָב הַבִּנְיָן הַזֶּה בָּנָה הַכָּתוּב אָב לְלַמֵּד לְכָל חַטָּאוֹת שֶׁיִּקְדְּמוּ לָעוֹלוֹת הַבָּאוֹת עִמָּהֶן:
Cette construction, le verset l'a bâtie comme un père, pour enseigner à toutes les hatat de précéder les olot qui viennent avec elles.
🗂️ Tossefot (1)
זֶה בָּנָה אָב לְכָל חַטָּאוֹת כו' וַאֲפִילּוּ לְעַכֵּב קָאָמַר דְּאִי לְמִצְוָה אַכַּתִּי לֵימָא בְּשֶׁקָּרְבָה. הִקְשָׁה רִיבָ"א דבת"כ (תַּזְרִיעַ יוֹלֶדֶת פֶּרֶק ד מ"ג) מַשְׁמַע דְּלֵיכָּא עִיכּוּבָא, דְּקָתָנֵי הָתָם גַּבֵּי יוֹלֶדֶת שֶׁאִם הֵבִיאָה עוֹלָתָהּ תָּבִיא חַטָּאתָהּ מִמִּין עוֹלָתָהּ וּבְפֶרֶק כָּל הַתָּדִיר (זְבָחִים דַּף צ.) מַשְׁמַע דְּלָא אִצְטְרִיךְ הַאי זֶה בָּנָה אָב אֶלָּא לְחַטַּאת הָעוֹף הַבָּאָה עִם עוֹלַת בְּהֵמָה וְלֵיכָּא כִּי אִם יוֹלֶדֶת עֲשִׁירָה וּבְמַסֶּכֶת קָנִים (פ"ב) נָמֵי אָמְרִינַן הָאִשָּׁה שֶׁהֵבִיאָה חַטָּאתָהּ וּמֵתָה מְבִיאִין יוֹרְשִׁים עוֹלָתָהּ כו' עוֹלָתָהּ וּמֵתָה לֹא יָבִיאוּ יוֹרְשִׁים חַטָּאתָהּ מַשְׁמַע קְצָת אִם הָיְתָה קַיֶּימֶת לֹא הָיְתָה מְבִיאָה אֶלָּא חַטָּאתָהּ וְתֵירֵץ רַבֵּינוּ חַיִּים כֹּהֵן דְּהָא דְּפָרִיךְ הָכָא וַאֲפִילּוּ עִיכּוּבָא יְהֵא הַייְנוּ דַּוְקָא בִּמְצוֹרָע דִּכְתִיב בֵּיהּ תִּהְיֶה דְּמַשְׁמַע עִיכּוּבָא כִּדְאָמַר בְּרֵישׁ הַקּוֹמֵץ רַבָּה (מְנָחוֹת דַּף יט.) וּמְשַׁנֵּי דִּכְתִיב וְהֶעֱלָה לִמְעוּטֵי מֵעִיכּוּבָא:
Il parle même pour empêcher (le'akev). S'il s'agissait d'une mitsva d'ordre, on pourrait encore dire : le cas où elle a déjà été offerte. Le Riva a objecté : dans la Torat Kohanim (Tazria, la femme qui accouche, chapitre 4, michna 3) il ressort qu'il n'y a pas d'empêchement. On enseigne là, au sujet de la femme qui accouche : si elle a apporté son holocauste, elle apporte sa hatat de la même espèce que son holocauste. Et dans le chapitre Kol ha-tadir (Zevahim 90a) il ressort que ce zeh bana av n'était nécessaire que pour une hatat d'oiseau qui vient avec une olah de bête, et il n'y a que la femme qui accouche et qui est riche. Dans le traité Kinnim (chapitre 2) nous disons aussi : la femme qui a apporté sa hatat et qui est morte, les héritiers apportent son holocauste ; son holocauste, et elle est morte : les héritiers n'apportent pas sa hatat. Cela indique un peu que, si elle était en vie, elle n'apporterait que sa hatat. Rabbeinou Haim Cohen a répondu : ce que l'on objecte ici, qu'il y ait même un empêchement, ne vise que le metzora, au sujet duquel tihyeh est écrit, ce qui indique un empêchement, comme il est dit au début de Ha-kometz rabba (Menahot 19a). Et l'on répond que ve-hé'ela est écrit pour l'exclure de l'empêchement.
💡 Explication

Le mot "en premier" construit un binyan av : toute hatat précède toute olah apportée avec elle. Même une hatat d'oiseau précède une olah de bête. On ne peut donc pas avoir offert l'olah avant la hatat.

Rachi : ce binyan av sert pour la femme qui accouche et qui est riche, olah de bête et hatat d'oiseau (Zevahim 90a). Tossefot lit l'objection comme un ikuv : l'ordre empêche, sinon le cas "olah déjà offerte" tiendrait encore. Le Riva objecte que la Torat Kohanim et Kinnim laissent apporter la hatat après l'olah. Rabbeinou Haim Cohen : l'ikuv visé ici ne concerne que le metzora, à cause du mot tihyeh (Menahot 19a). Tossefot rapporte la réponse : ve-hé'ela retire l'empêchement.

19
אָמַר רָבָא: שָׁאנֵי עוֹלַת מְצֹורָע, דְּרַחֲמָנָא אָמַר:

Rava a dit : l'holocauste du metzora est différent, car le Miséricordieux a dit :

🗂️ Tossefot (1)
דִּכְתִיב וְהֶעֱלָה וְדַוְקָא בְּדִיעֲבַד דְּהָא כְּתִיב בְּהֶדְיָא וְאַחַר יִשְׁחַט אֶת הָעֹולָה:
Et seulement après coup (bediavad). Car il est écrit explicitement : "et ensuite il abattra l'holocauste".
💡 Explication

Rava ouvre la réponse : l'olah du metzora a son propre verset. La phrase s'arrête ici et continue sur l'amoud suivant. Tossefot porte déjà sur le mot ve-hé'ela (et il fera monter) : cela ne vaut qu'après coup, bediavad. L'ordre de départ reste écrit : "ensuite il abattra l'holocauste".

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).