Pesachim 59b : linah des emourin, nuit du Pessah, et shelo lishmo

Pesachim 59b

Sougya : L'amoud commence par l'olah du metzora : le verbe ve-hé'ela se lit comme une olah déjà montée, qui peut précéder la hatat. Rav Pappa, pour le mehusar kappara, monte les emourin et les laisse la nuit en haut du mizbeah, afin de ne pas brûler après le tamid du soir.

On lui objecte la faute des kohanim, puis l'absence de kappara tant que la chair n'est pas mangée ; il assimile ces emourin à des pièces impures ou perdues. Rav Kahana et Rav Safra opposent ensuite les versets qui ouvrent toute la nuit et ceux qui ferment après le tamid du soir, ou qui interdisent une olah de semaine un Yom Tov.

La michna enseigne qu'un Pessa'h shelo lishmo est passoul, et Rav Pappa demande si lishmo et shelo lishmo visent une seule avoda, celle de Rabbi Yosse.

Linah en haut du mizbeah, puis la kappara Mehusar kappara dont la hatat vient après le tamid de l'après-midi. Asse de hashléma Rien ne brûle après le tamid de l'après-midi Rav Pappa : ma'alé u-malin On monte les emourin aujourd'hui, linah en haut du mizbeah Haktara demain, après le tamid du matin Faute des kohanim Ils prennent ces pièces pour des restes du jour, et les font fumer cette nuit Kohanim zerizin Celui qui les monte avertit ses frères. Ils s'en gardent. Kappara et consommation Sans haktara, les kohanim ne mangent pas Sans akhila, pas d'expiation des propriétaires Comme impurs ou perdus La poitrine est donnée de toute façon Les kohanim mangent, kappara acquise Deux issues distinctes La vigilance écarte la combustion de cette nuit. L'assimilation aux pièces perdues ouvre l'akhila et la kappara.
Hashléma ferme la nuit. Rav Pappa laisse les emourin en haut. Zerizin écarte la faute. Impurs ou perdus ouvrent l'akhila et la kappara.
Deux contradictions sur la combustion de nuit Un verset laisse toute la nuit. Un autre ferme avant le lendemain, ou ferme le Yom Tov. Rav Kahana : graisses de la journée Lo yalin helev haggi Jusqu'au matin : interdit Toute la nuit : on brûle Passoul seulement si l'aube les trouve encore en bas Aléha hashlèm Sur elle, achève tous les korbanot Rien ne se retarde après le tamid de l'après-midi Nitotaru Sang jeté avant le tamid Pas eu le temps de brûler L'achèvement porte déjà sur le tamid du matin Rav Safra : graisses du Pessa'h Lo yalin zevah hag Jusqu'au matin : interdit Toute la nuit du 15 : on peut faire fumer Même un reste de hol Olat Chabbat be-shabbato Olah de son Chabbat Pas une olah de semaine le Chabbat ni le Yom Tov 14 Nisan un Chabbat Le Pessa'h est de Chabbat Graisses de Chabbat offertes le Yom Tov Le verset se serre là Shevkia le-kra : laisse le verset. Il est à l'étroit, et il s'établit de lui-même sur le 14 qui tombe un Chabbat, parce que les deux écritures se contredisent.
Rav Kahana : toute la nuit, sauf si l'achèvement est déjà fait, pour les restes. Rav Safra : la nuit du Pessah, seulement quand le 14 tombe un Shabbat.
Pessa'h shelo lishmo : quatre avodot, deux pensées Michna. Shelo lishmo sur une avoda rend passoul. Lishmo et shelo lishmo aussi. Shehita abattage Kabala réception du sang Holakha transport du sang Zerika jet du sang Shelo lishmo sur l'une de ces avodot : passoul Lishmo et shelo lishmo Nom de Pessa'h, puis shelamim Ou shelamim, puis Pessa'h La michna : passoul Question de Rav Pappa Une avoda : les deux pensées dans le même service Ou deux avodot, une pensée chacune Si une avoda : Rabbi Yosse Même à la fin des paroles, l'homme est saisi Les deux noms comptent D'où le passoul de la michna Rabbi Meir, sur une avoda Tafos lashon rishon On retient la première formule Temoura : olah, puis shelamim Reste temourat olah
Shehita, kabala, holakha, zerika : shelo lishmo rend passoul. Sur une seule avoda, la michna suit Rabbi Yosse. Rabbi Meir retient la première formule.
1
״וְהֶעֱלָה הַכֹּהֵן אֶת הָעֹולָה״ — שֶׁהֶעֱלָה כְּבָר.

"Et le kohen a fait monter l'olah" : qu'il l'a déjà fait monter.

📜 Rachi (1)
וְהֶעֱלָה הַכֹּהֵן אֶת הָעֹולָה וְאֶת הַמִּנְחָה וְגוֹ' בְּפַר חַטָּאת כְּתִיב וּמִדַּהֲוָה לֵיהּ לְמִיכְתַּב וְאֶת הָעוֹלָה יַעֲלֶה וּכְתִיב וְהֶעֱלָה מַשְׁמַע אֲפִילּוּ הֵבִיא הָעוֹלָה קֹודֶם לַחַטָּאת יְכַפֵּר:
C'est écrit dans le passage de la hatat. Puisqu'il aurait dû écrire "et l'olah, il la fera monter", et qu'il écrit "ve-hé'ela", on entend : même s'il a apporté l'olah avant la hatat, cela expie.
💡 Explication

Suite de Rava, à la fin de l'amoud précédent. L'olah du metzora peut précéder sa hatat. Le verset (Vayikra 14, 20) dit ve-hé'ela, à l'accompli. La forme attendue, après la hatat, aurait été le futur ya'alé.

L'accompli se lit she-hé'ela kevar : il a déjà fait monter. Même si l'olah est apportée avant la hatat, il y a kappara. Rachi situe le verset dans le passage de la hatat du metzora.

🖼️ Schéma
Olah du metzora : forme du verbe Forme attendue ve-et ha-olah ya'alé Il fera monter l'olah Après la hatat, comme l'ordre Forme écrite ve-hé'ela Il a déjà fait monter Même avant la hatat : kappara
Ya'alé suivrait la hatat. Vé-hé'ela, à l'accompli, laisse l'olah déjà montée, même avant la hatat.
2
אֲמַר לֵיהּ רַב שֶׁמֶן בַּר אַבָּא לְרַב פָּפָּא: לְדִידָךְ, דְּאָמְרַתְּ מַעֲלֶהָ וּמְלִינָהּ בְּרֹאשׁוֹ שֶׁל מִזְבֵּחַ, קַיָּימִין וְעָבְדִינַן מִילְּתָא לְכֹהֲנִים דְּאָתוּ בַּהּ לִידֵי תַקָּלָה, דְּסָבְרִי דְּיוֹמֵיהּ הוּא וְאָתוּ לְאַקְטוֹרֵי! אֲמַר לֵיהּ: כֹּהֲנִים זְרִיזִין הֵן.

Rav Shemen bar Abba dit à Rav Pappa : selon toi, qui dis qu'on fait monter et qu'on laisse passer la nuit en haut du mizbeah, nous nous tenons et nous faisons une chose pour les kohanim, par laquelle ils en viennent à une faute. Car ils pensent que c'est de ce jour, et ils en viennent à les faire fumer.

Il lui dit : les kohanim sont zerizin (vigilants).

📜 Rachi (2)
דְּסָבְרִי דְּיוֹמָא הִיא כְּשֶׁמַּקְטִירִים כָּל הַלַּיְלָה אֵבָרִים שֶׁנִּיתְוַתְּרוּ מִקָּרְבָּנוֹת שֶׁנִּשְׁחֲטוּ וְנִזְרַק דָּמָן קֹודֶם לַתָּמִיד וְיִרְאוּ אֶת הָאֵבָרִים הַלָּלוּ יְהוּ סִבּוּרִין שֶׁגַּם אֵלֶּה נִיתְוַתְּרוּ וּרְאוּיִין לְהַקְטִירָם הַיּוֹם וְיַקְטִירֵם וְעָבְרִי אַעֲשֵׂה דְּהַשְׁלָמָה:
Lorsqu'on fait fumer toute la nuit des membres restés de korbanot qu'on a abattus et dont on a jeté le sang avant le tamid, ils verront ces membres-ci. Ils penseront que ceux-là aussi sont des restes, et qu'ils sont aptes à être brûlés aujourd'hui. Ils les brûleront, et ils transgressent l'asse de hashlema (achèvement : rien après le tamid de l'après-midi).
זְרִיזִין הֵן וְהַמַּעֲלָן שָׁם יוֹדִיעַ לְאֶחָיו הַכֹּהֲנִים וְיִזָּהֲרוּ בָּהֶן:
Et celui qui les fait monter là le fait savoir à ses frères les kohanim, et ils s'en gardent.
💡 Explication

Rav Pappa, sur l'amoud précédent : le mehusar kappara (celui à qui manque l'expiation) dont la hatat vient après le tamid du soir monte les emourin et les laisse en linah en haut du mizbeah. On les brûle le lendemain, après le tamid du matin. La linah en haut ne rend pas passoul.

Rav Shemen bar Abba : les kohanim, en brûlant toute la nuit les restes ordinaires, prendront ces pièces pour des restes du jour et les feront fumer cette nuit. Ils passent alors sur l'asse de hashlema. Rav Pappa : kohanim zerizin. Celui qui les monte avertit les autres.

3
אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְרַב כָּהֲנָא, וְאָמְרִי לַהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נָתָן לְרַב פָּפָּא: וְהָא כַּמָּה דְּלָא מִתְקַטְּרִי אֵמוּרִין כֹּהֲנִים לָא מָצוּ אָכְלִי בָּשָׂר, דְּתַנְיָא: יָכוֹל יְהוּ כֹּהֲנִים רַשָּׁאִין בְּחָזֶה וָשׁוֹק קֹודֶם הַקְטָרַת אֵמוּרִין, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהִקְטִיר הַכֹּהֵן אֶת הַחֵלֶב הַמִּזְבֵּחָה״, וַהֲדַר: ״וְהָיָה הֶחָזֶה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו״.

Rav Ashi dit à Rav Kahana, et d'autres disent : Rav Huna, fils de Rav Natan, à Rav Pappa. Or, tant que les emourin ne sont pas brûlés, les kohanim ne peuvent pas manger la chair.

Car on enseigne : j'aurais pu penser que les kohanim ont droit à la poitrine et à la cuisse avant la haktara des emourin. Le verset dit : "Et le kohen fera fumer la graisse sur le mizbeah", et ensuite : "et la poitrine sera pour Aharon et pour ses fils".

📜 Rachi (3)
אָמַר לֵיהּ רַב אַשִּׁי כו' אַדְּרַב פַּפָּא פָּרֵיךְ דְּאָמַר מְלִינָן:
C'est sur Rav Pappa que porte l'attaque, lui qui a dit qu'on les laisse passer la nuit.
מִכְּדֵי כָּל כַּמָּה דְּלָא מִקַּטְרִי אֵמוּרִין דְּחַטָּאת כֹּהֲנִים בְּשַׂר הַחַטָּאת לָא מָצֵי אָכְלִי וּבְעָלִים לָא הָוְיָא לְהוּ כַּפָּרָה וַעֲדַיִין מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים הוּא וְהֵיאַךְ יֹאכַל בַּקֳּדָשִׁים:
Pour la hatat : les kohanim ne peuvent pas manger la chair de la hatat, les propriétaires n'ont pas d'expiation, il est encore mehusar kappara. Comment mangerait-il des kodashim ?
בְּחָזֶה וְשׁוֹק הַנְּתוּנִים לַכֹּהֲנִים מִן הַשְּׁלָמִים:
La poitrine et la cuisse données aux kohanim, prises sur les shelamim.
💡 Explication

Deuxième attaque. Tant que les emourin ne sont pas brûlés, les kohanim ne mangent pas la chair. La baraitha le tire des shelamim : "il fera fumer la graisse", et ensuite seulement "la poitrine sera pour Aharon". L'ordre du verset fait de la haktara la condition de la part des kohanim.

Rachi ramène cela à la hatat du mehusar kappara. Sans haktara, pas de consommation, pas de kappara, et il reste interdit aux kodashim. La linah jusqu'au lendemain repousse donc l'expiation au-delà du soir où il doit manger.

4
וְכַמָּה דְּכֹהֲנִים לָא אָכְלִי בָּשָׂר בְּעָלִים לָא מִתְכַּפְּרִי, דְּתַנְיָא: ״וְאָכְלוּ אֹותָם אֲשֶׁר כֻּפַּר בָּהֶם״, מְלַמֵּד שֶׁהַכֹּהֲנִים אוֹכְלִים וּבְעָלִים מִתְכַּפְּרִין!

Et tant que les kohanim ne mangent pas la chair, les propriétaires ne sont pas expiés. Car on enseigne : "Et ils les mangeront, ceux par lesquels expiation a été faite", ce qui enseigne que les kohanim mangent et que les propriétaires sont expiés.

📜 Rachi (2)
וְאָכְלוּ אוֹתָם בַּמִּלּוּאִים כְּתִיב:
"Et ils les mangeront" est écrit au sujet des miluim (inauguration).
אֲשֶׁר כֻּופַּר בָּהֶם כָּתַב כַּפָּרָה גַּבֵּי אֲכִילָה לְמֵימְרָא דְּאַף בַּאֲכִילָה תְּלוּיָה כַּפָּרָה:
Il a écrit l'expiation à côté de la consommation, pour dire que l'expiation dépend aussi de la consommation.
💡 Explication

Second maillon. Shemot 29, 33, dans les miluim : "ils les mangeront, ceux par lesquels expiation a été faite". Le verset colle kappara et akhila. Les kohanim mangent, et par là les propriétaires sont expiés.

La chaîne est donc : pas de haktara, pas d'akhila ; pas d'akhila, pas de kappara. Laisser les emourin jusqu'au lendemain laisse l'homme mehusar kappara pour la nuit.

5
אֲמַר לֵיהּ: כֵּיוָן דְּלָא אֶפְשָׁר — עֲשָׁאוּם כְּמִי שֶׁנִּטְמְאוּ אוֹ שֶׁאָבְדוּ. דְּתַנְיָא: יָכוֹל נִטְמְאוּ אֵמוּרִין אוֹ שֶׁאָבְדוּ לֹא יְהוּ כֹּהֲנִים זַכָּאִין בְּחָזֶה וָשׁוֹק — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְהָיָה הֶחָזֶה לְאַהֲרֹן וּלְבָנָיו״, מִכָּל מָקוֹם.

Il lui dit : puisqu'il est impossible, on les a rendus comme s'ils s'étaient rendus impurs, ou comme s'ils s'étaient perdus. Car on enseigne : j'aurais pu penser que, si les emourin se sont rendus impurs ou s'ils se sont perdus, les kohanim n'auraient pas droit à la poitrine et à la cuisse.

Le verset dit : "et la poitrine sera pour Aharon et pour ses fils", de toute façon.

📜 Rachi (1)
כֵּיוָן דְּלָא אֶפְשָׁר לְאַקְטוֹרִינְהוּ הָאִידָּנָא מִשּׁוּם עֲשֵׂה דְּהַשְׁלָמָה עֲשָׁאוּם כְּמִי שֶׁנִּטְמְאוּ אוֹ שֶׁאָבְדוּ וּמִשְׁתְּרוּ כֹּהֲנִים בַּאֲכִילַת בָּשָׂר וְהָוְיָא כַּפָּרָה לַבְּעָלִים:
Puisqu'il est impossible de les brûler maintenant, à cause de l'asse de hashlema, on les a rendus comme s'ils s'étaient rendus impurs ou s'ils s'étaient perdus. Les kohanim sont alors permis pour la consommation de la chair, et il y a expiation pour les propriétaires.
🗂️ Tossefot (2)
עֲשָׂאוּם כְּמִי שֶׁנִּטְמְאוּ אֵימוּרִין אוֹ אָבְדוּ לְמָאֵן דְּאָמַר (לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף עז:) אֵין הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל הָעוֹלִין נִיחָא הָא דִּנְקַט הָכָא שֶׁנִּטְמְאוּ אוֹ אָבְדוּ אֲבָל בָּרַיְיתָא דִּלְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף פ:) עַל מָה הַצִּיץ מְרַצֶּה עַל הַדָּם וְעַל הַחֵלֶב צ"ל הוֹאִיל וּמִדְּרַבָּנָן לֹא מְרַצֶּה הָוֵי כְּאִילּוּ אָבְדוּ הָאֵימוּרִין:
Selon celui qui dit (plus loin, Pesachim 77b) que le tzitz (plaque) n'effectue pas le ritzuy (agrément) pour les olin (parties qui montent), cela s'explique, qu'on retienne ici "ils se sont rendus impurs ou ils se sont perdus". Mais pour la baraitha plus loin (Pesachim 80b), "sur quoi le tzitz effectue-t-il l'agrément ? sur le sang et sur la graisse", il faut dire : puisque d'ordre rabbinique il n'effectue pas l'agrément, c'est comme si les emourin étaient perdus.
יָכוֹל נִטְמְאוּ אוֹ שֶׁאָבְדוּ לֹא יְהוּ הַכֹּהֲנִים כּוּ' הָכִי סָלְקָא מַסְּקָנָא הָכָא דְּאִי לָא אָכְלִי כֹּהֲנִים לָא מְכַפְּרִי בְּעָלִים וְלָא מִשְׁתְּרוּ לֶאֱכֹול בְּקָדָשִׁים וּמַקְשֶׁה רִיבָ"א דִּבְהָאִשָּׁה רַבָּה (יְבָמוֹת דַּף צ.) אָמַר ת"ש דָּם שֶׁנִּטְמָא וּזְרָקוֹ בְּשׁוֹגֵג הֻורְצָה בְּמֵזִיד לֹא הֻורְצָה וְהָא הָכָא דְּמִדְּאוֹרָייְתָא אַרְצוֹיֵי מְרַצֵּי כּוּ' וּמְשַׁנֵּי מַאי לֹא הוּרְצָה לְהַתִּיר בָּשָׂר בַּאֲכִילָה אֲבָל בְּעָלִים מִתְכַּפְּרִין אַלְמָא אַף עַל גַּב דְּבָשָׂר אֵינוֹ נֶאֱכָל בְּעָלִים מִתְכַּפְּרִין וי"ל דְּהֵיכָא דְּחָזֵי לַאֲכִילָה מִדְּאוֹרַיְיתָּא מִתְכַּפְּרִין וְהָכָא בָּעֵי לְמֵימַר דְּכָל כַּמָּה דְּלָא חֲזוּ כֹּהֲנִים לַאֲכִילַת בָּשָׂר לֹא מִתְכַּפְּרִים בְּעָלִים וּמִיהוּ קָשֶׁה מִנִּטְמָא בָּשָׂר הֵיאַךְ זוֹרֵק אֶת הַדָּם הָא אֵין לַבָּשָׂר שְׁעַת הֶיתֵּר לַכֹּהֲנִים וְנִרְאֶה לְפָרֵשׁ דְּכָל זְמַן דַּחֲזֵי בָּשָׂר לַאֲכִילָה לָא מִתְכַּפְּרִי בְּעָלִים עַד שֶׁיֹּאכְלוּ כֹּהֲנִים אֲבָל אִם נִטְמָא אַחֲרֵי כֵן אוֹ יָצָא אוֹ נַעֲשָׂה נוֹתָר מִתְכַּפְּרִי בְּעָלִים:
Voici la conclusion qui monte ici : si les kohanim ne mangent pas, les propriétaires ne sont pas expiés, et ils ne sont pas permis pour manger des kodashim. Le Riva objecte, dans Ha-isha rabba (Yevamot 90a) : viens entendre. Du sang qui s'est rendu impur et qu'on a jeté, en shogeg (par inadvertance) il a été agréé, en mezid (de propos délibéré) il n'a pas été agréé. Or ici, de la Torah, il effectue bien l'agrément. Et l'on répond : que veut dire "il n'a pas été agréé" ? Pour permettre la chair à la consommation. Mais les propriétaires sont expiés. On le voit : même si la chair n'est pas mangée, les propriétaires sont expiés. On peut répondre : là où elle est apte à la consommation de la Torah, ils sont expiés. Et ici, on veut dire : tant que les kohanim ne sont pas aptes à manger la chair, les propriétaires ne sont pas expiés. Mais c'est difficile, dans le cas où la chair s'est rendue impure : comment jette-t-il le sang ? La chair n'a pas d'heure de permission pour les kohanim. Il paraît juste d'expliquer : tant que la chair est apte à la consommation, les propriétaires ne sont pas expiés jusqu'à ce que les kohanim mangent. Mais si elle s'est rendue impure ensuite, ou si elle est sortie, ou si elle est devenue notar (reste hors délai), les propriétaires sont expiés.
💡 Explication

Réponse de Rav Pappa. Brûler maintenant est impossible, à cause de l'asse de hashlema. On aligne donc ces emourin sur le cas où ils sont impurs ou perdus. Là, le verset redit "la poitrine sera pour Aharon", mi-kol makom, de toute façon. Les kohanim mangent, et les propriétaires ont la kappara.

Tossefot : si le tzitz n'agrée pas les parties qui montent, impure et perdu se valent, et l'exemple va. La baraitha de 80b, qui met le sang et la graisse sous le tzitz, s'explique d'ordre rabbinique : sans agrément rabbinique, c'est comme un perdu.

Le Riva oppose Yevamot 90a : du sang impur jeté en mezid n'est pas agréé pour permettre la chair, et les propriétaires sont pourtant expiés. Tossefot distinguent. Tant que la chair est apte, la kappara attend l'akhila des kohanim. Si ensuite elle devient impure, sort, ou devient notar, les propriétaires sont déjà expiés.

🖼️ Schéma
Emourin qu'on ne peut pas brûler maintenant Impossible Asse de hashlema Pas de haktara après le tamid de l'après-midi Assimilation Comme impurs ou comme perdus Le verset reste : la poitrine, de toute façon Suite Les kohanim mangent la chair Les propriétaires sont expiés
Hashlema empêche la haktara. On traite les emourin comme impurs ou perdus. La poitrine reste donnée, les kohanim mangent, les propriétaires sont expiés.
6
רַב כָּהֲנָא רָמֵי: כְּתִיב ״לֹא יָלִין חֵלֶב חַגִּי עַד בֹּקֶר״ — עַד בֹּוקֶר הוּא דְּלָא יָלִין, הָא כָּל הַלַּיְלָה כֻּולָּהּ יָלִין. וּכְתִיב: ״וְהִקְטִיר עָלֶיהָ חֶלְבֵי הַשְּׁלָמִים״ — עָלֶיהָ הַשְׁלֵם כָּל הַקָּרְבָּנוֹת כֻּולָּן!

Rav Kahana oppose. Il est écrit : "la graisse de Mon offrande de fête ne passera pas la nuit jusqu'au matin".

C'est jusqu'au matin qu'elle ne passe pas la nuit ; toute la nuit, elle passe la nuit. Et il est écrit : "et il fera fumer sur elle les graisses des shelamim" : sur elle, achève tous les korbanot, tous.

📜 Rachi (2)
הָא כָּל הַלַּיְלָה יָלִין לְמַטָּה וּמַעֲלָן וּמַקְטִירָן כָּל הַלַּיְלָה וְאֵינוֹ נִפְסָל אֶלָּא אִם כֵּן מְצָאָן בַּעֲלוֹת הַשַּׁחַר כְּשֶׁהוּא לְמַטָּה אַלְמָא כָּל הַלַּיְלָה רָאוּי לְהַקְטִיר:
En bas. On les fait monter et on les brûle toute la nuit. Cela n'est passoul que si on les trouve au lever de l'aube alors qu'ils sont encore en bas. Donc toute la nuit est apte à la haktara.
וְהָכְתִיב עָלֶיהָ הַשָּׁלֵם דְּמַשְׁמַע שֶׁלֹּא יִתְעַכֵּב דָּבָר אַחֵר תָּמִיד שֶׁל בֵּין הָעַרְבָּיִם:
Ce qui implique qu'aucune chose ne se retarde après le tamid de l'après-midi.
💡 Explication

Nouvelle tension, sur la nuit elle-même. Lo yalin helev haggi ad boker (Shemot 23, 18) : l'interdit vise le matin. Toute la nuit, la graisse peut rester en bas, puis monter et brûler. Rachi : le passoul n'est là que si l'aube la trouve encore en bas.

Ve-hiktir aleha halvei ha-shelamim se lit aleha hashlem : sur le tamid du matin, achève tous les korbanot. Rien ne se retarde après le tamid de l'après-midi. Les deux lectures se heurtent : l'une ouvre la nuit, l'autre la ferme après le tamid du soir.

7
הוּא מוֹתֵיב לַהּ וְהוּא מְפָרֵק לַהּ, כְּשֶׁנִּתְוַתְּרוּ.

C'est lui qui objecte, et c'est lui qui résout : lorsqu'ils sont restés.

📜 Rachi (1)
כְּשֶׁנִּתְוַתְּרוּ מִקָּרְבָּנוֹת שֶׁנִּזְרַק דָּמָן קֹודֶם תָּמִיד וְלֹא הִסְפִּיקוּ לְהַקְרִיב דְּכֵיוָן דְּנִרְאֶה לְהַקְרָבָה קֹודֶם לָכֵן עַל תָּמִיד שֶׁל שַׁחַר הוּא מֻושְׁלָם:
De korbanot dont on a jeté le sang avant le tamid, et on n'a pas eu le temps de les offrir. Puisqu'ils ont été aptes à l'offrande avant cela, c'est sur le tamid du matin qu'il est achevé.
💡 Explication

Nitotaru : des restes. Le sang a été jeté avant le tamid de l'après-midi, et la haktara n'a pas suivi. Ces pièces étaient déjà aptes. L'achèvement dont parle "sur elle, achève" porte alors sur le tamid du matin, déjà accompli pour elles.

Le verset qui ouvre toute la nuit vise ce reste-là. L'idéal reste de brûler avant le tamid du soir. S'ils sont restés, on les brûle jusqu'au matin.

8
רָמֵי לֵיהּ רַב סָפְרָא לְרַב: כְּתִיב ״לֹא יָלִין לַבֹּקֶר זֶבַח חַג הַפָּסַח״ — לַבֹּקֶר הוּא דְּלֹא יָלִין, הָא כָּל הַלַּיְלָה יָלִין. וְהָכְתִיב: ״עוֹלַת שַׁבָּת בְּשַׁבַּתּוֹ״ — וְלֹא עוֹלַת חוֹל בְּשַׁבָּת, וְלֹא עוֹלַת חוֹל בְּיוֹם טוֹב!

Rav Safra oppose devant Rav. Il est écrit : "le sacrifice de la fête de Pessa'h ne passera pas la nuit jusqu'au matin".

C'est jusqu'au matin qu'il ne passe pas la nuit ; toute la nuit, il passe la nuit. Et il est écrit : "l'olah du Chabbat en son Chabbat" : et non l'olah d'un jour de semaine le Chabbat, et non l'olah d'un jour de semaine le Yom Tov.

📜 Rachi (1)
הָא כָּל הַלַּיְלָה יָלִין וְיַקְטִירֶנּוּ בְּלֵילֵי י"ט ואע"פ שֶׁנּוֹתַר מִקָּרְבָּן שֶׁל חוֹל דְּהָא י"ד שֶׁנִּזְרַק דַּם הַפֶּסַח בּוֹ חוֹל הוּא:
Et on le brûle dans la nuit de Yom Tov, même s'il est resté d'un korban de jour de semaine. Car le 14, jour où l'on a jeté le sang du Pessa'h, est un jour de semaine.
🗂️ Tossefot (1)
וְלֹא עוֹלַת חוֹל ביו"ט הִקְשָׁה רִיבָ"א דְּהָא קְרָא בְּשַׁבָּת כְּתִיב דַּחֲמִיר אֲבָל ביו"ט דְּקִיל מְנָא לַן דְּלָא קָרְבָה וי"ל דְּאָתְיָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר בְּסוֹף אֵלּוּ קְשָׁרִים (שַׁבָּת דַּף קיד.) עוֹלַת שַׁבָּת לִימֵּד עַל חֶלְבֵי שַׁבָּת שֶׁקְּרֵבִין בי"ט וּמַשְׁמַע לֵיהּ קְרָא עוֹלַת שַׁבָּת זוֹ בְּשַׁבָּת אַחֶרֶת דְּהַיְינוּ שֶׁל שַׁבָּת בי"ט מִכְּלָל דְּשֶׁל חוֹל בי"ט לֹא קְרֵבָה וְקָשֶׁה לְר' עֲקִיבָא תִּיפּוֹק לִי' דְּחֶלְבֵי שַׁבָּת קְרֵיבִין בי"ט מִקְּרָא דְּהָכָא דְּלָא יָלִין הָא כָּל הַלַּיְלָה יָלִין דִּלְכָל הַפָּחוֹת מִיתּוֹקַם בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת תֵּימַהּ לְרִ"י הָא קְרָא בְּנוֹתָר דְּבָשָׂר מַייְרֵי דְּהָא לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף סג:) מְחַייֵּב שׁוֹחֵט עַל חָמֵץ אֶחָד מִבְּנֵי חֲבוּרָה מִדִּכְתִיב לֹא יָלִין בָּתְרֵיהּ דְּמַשְׁמַע הָנֵי דְּקָייְמִינַן עָלַי' בְּלֹא יָלִין וְכָל הַלַּיְלָה יָלִין כְּדָר' עֲקִיבָא אוֹקֵימְנָא לַסֻּוגְיָא דְּהָכָא וְשָׁמְעִינַן לֵיהּ לְר' עֲקִיבָא דְּפֶסַח נֶאֱכָל כָּל הַלַּיְלָה עַד שְׁעַת חִפָּזוֹן וְאִיכָּא לְמֵימַר דְּמַשְׁמַע לֵיהּ לִמְסַדֵּר הַשַּׁ"ס דִּקְרָא בְּכָל הַזֶּבַח מַיְירֵי בֵּין בְּבָשָׂר וּבֵין בְּאֵימוּרִין וּמִדְּלָא כְּתִיב חֵלֶב כְּמוֹ גַּבֵּי חֵלֶב חַגִּי וּמִדְּלָא כְּתִיב גַּבֵּי אֲכִילָה דּוֹאֲכַלּוּ אֶת הַבָּשָׂר כִּדְכָתַב הָתָם לֹא תוֹתִירוּ ש"מ דִּבְתַרְוַוייְהוּ מִשְׁתַּעֵי:
Le Riva objecte : le verset est écrit au sujet du Chabbat, qui est grave. Le Yom Tov, qui est léger, d'où tenons-nous qu'on ne l'offre pas ? On peut répondre : cela vient selon Rabbi Akiva, qui dit à la fin d'Elu Ksharim (Chabbat 114a) : "l'olah de Chabbat" enseigne au sujet des graisses du Chabbat qu'elles sont offertes un Yom Tov. Et le verset signifie pour lui : cette olah de Chabbat, un autre Chabbat, c'est-à-dire celle du Chabbat, un Yom Tov. Par déduction, celle d'un jour de semaine n'est pas offerte un Yom Tov. Et c'est difficile pour Rabbi Akiva : qu'il le tire donc, que les graisses du Chabbat sont offertes un Yom Tov, du verset d'ici, "il ne passera pas la nuit", d'où toute la nuit il passe la nuit, lequel, au minimum, s'établit pour le quatorze qui tombe un Chabbat. Étonnement pour le Ri : ce verset parle du notar de la chair. Car plus loin (Pesachim 63b) on rend hayav (passible) celui qui abat sur du hamets, pour l'un des membres de la havoura, de ce qu'il est écrit "il ne passera pas la nuit" à sa suite. Ce qui implique : ces choses sur lesquelles nous nous tenons, dans "il ne passera pas la nuit, et toute la nuit il passe la nuit". Et nous établissons la sugya d'ici selon Rabbi Akiva. Or nous tenons de Rabbi Akiva que le Pessa'h se mange toute la nuit jusqu'à l'heure du hipazon (la hâte). Et l'on peut dire : l'ordonnateur du Talmud comprend que le verset parle de tout le zevah, aussi bien de la chair que des emourin. Et puisqu'il n'écrit pas "graisse", comme à propos de "la graisse de Mon offrande de fête", et puisqu'il n'écrit pas à côté de la consommation "et ils mangeront la chair", comme il est écrit là-bas "vous n'en laisserez pas", on apprend qu'il parle des deux.
💡 Explication

Même forme, sur le Pessa'h. Shemot 34, 25 : le zevah de la fête ne passe pas la nuit jusqu'au matin. Toute la nuit, il peut rester, donc on brûle les graisses dans la nuit du 15, qui est Yom Tov.

En face, olat Chabbat be-shabbato (Bamidbar 28, 10) : l'olah du Chabbat en son Chabbat. On en tire qu'une olah de hol (jour de semaine) ne s'offre ni le Chabbat ni le Yom Tov. Le 14 ordinaire est un jour de semaine. Ses graisses, la nuit du Yom Tov, seraient une olah de semaine un jour de fête.

Tossefot : le verset parle du Chabbat. L'extension au Yom Tov suit Rabbi Akiva, Chabbat 114a : les graisses de Chabbat montent le Yom Tov, et celles de hol n'y montent pas. Le Ri rappelle que "lo yalin" du Pessa'h sert aussi pour la chair, mangée toute la nuit jusqu'au hipazon. L'ordonnateur lit le verset sur le zevah entier, chair et emourin, parce qu'il ne dit ni "graisse" ni "vous n'en laisserez pas" à côté du repas.

9
אֲמַר לֵיהּ: כְּבָר רַמְיַיהּ נִיהֲלֵיהּ רַב אַבָּא בַּר חִייָּא לְרַבִּי אֲבָהוּ, וּשְׁנֵי לֵיהּ: הָכָא בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת עָסְקִינַן, דְּחֶלְבֵי שַׁבָּת קְרֵיבִין בְּיוֹם טוֹב.

Il lui dit : Rav Abba bar Hiyya l'a déjà opposé devant Rabbi Abbahu, et celui-ci lui a répondu : ici, nous traitons du quatorze qui tombe un Chabbat, car les graisses du Chabbat sont offertes le Yom Tov.

🗂️ Tossefot (1)
בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת עָסְקִינַן בַּיְּרוּשַׁלְמִי דִּייֵּק מִקְּרָא דְּלָא יָלִין חֵלֶב חַגִּי כה"ג וּמוּקֵי לָהּ נָמֵי ר' אָבָהוּ בי"ד שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת וּפָרִיךְ דְּלָא מָצֵי לְאוֹקְמֵי בְּשַׁבָּת דְּחַגַּי כְּתִיב דְּהַייְנוּ חֲגִיגָה הַבָּאָה עִם הַפֶּסַח דְּלָא דָּחֲיָא שַׁבָּת כִּדְאָמַר לְקַמָּן בְּאֵלּוּ דְּבָרִים (פְּסָחִים דַּף סט:) וּמְפָרֵשׁ דה"ק שָׁמְרֵהוּ שֶׁלֹּא יָבֹא לִידֵי בַּל יָלִין שֶׁיַּקְרִיבֵהוּ מִבְּעוֹד יוֹם בְּשָׁעָה הָרְאוּיָה לוֹ וְתֵימַהּ עַל יְרוּשַׁלְמִי דְּפָרִיךְ מִינָּהּ דְּהַאי קְרָא דְּחֵלֶב חַגַּי דְּבַחֲגִיגַת חֲמִשָּׁה עָשָׂר מַייְרֵי כִּדְמוֹכַח בְּאֵלּוּ דְּבָרִים הִקְשָׁה רַשְׁבָּ"א לָבָן תֵּימָא דְּדָרֵישׁ לְקַמָּן בְּאֵלּוּ דְּבָרִים (פְּסָחִים דַּף ע.) חֲגִיגָה הַבָּאָה עִם הַפֶּסַח הֲרֵי הִיא כַּפֶּסַח דְּזֶבַח חַג זֶה חֲגִיגָה הֵיכִי מִיתּוּק' הַאי קְרָא בְּשַׁבָּת הָא מוֹדֶה דְּלָא דָּחֲיָא שַׁבָּת כִּדְמוֹכַח הָתָם וְי"ל דְּבֶן תֵּימָא יִסְבֹּור כְּר' יִשְׁמָעֵאל דְּאָמַר בְּאֵלּוּ קְשָׁרִים (שַׁבָּת דַּף קיד:) דְּחֶלְבֵי חוֹל קְרֵיבִין בי"ט אִי נָמֵי בֶּן תֵּימָא יְפָרֵשׁ שָׁמְרֵהוּ שֶׁלֹּא יָבֹא לִידֵי בַּל יָלִין כְּדִמְפָרֵשׁ בִּירוּשַׁלְמִי:
Dans le Yerushalmi, on fait la même précision à partir du verset "la graisse de Mon offrande de fête ne passera pas la nuit", et Rabbi Abbahu l'établit aussi pour le 14 qui tombe un Chabbat. Et l'on objecte : on ne peut pas l'établir un Chabbat, car il est écrit "haggi" (Mon offrande de fête), c'est-à-dire la hagiga qui vient avec le Pessa'h, laquelle ne repousse pas le Chabbat, comme il est dit plus loin dans Elu Devarim (Pesachim 69b). Et l'on explique : voici ce que cela dit : garde-le, pour qu'il n'en vienne pas à un bal yalin (laisser passer la nuit), en l'offrant de jour, à l'heure qui lui convient. Et c'est étonnant au sujet du Yerushalmi, qui objecte à partir de là : ce verset de la graisse de l'offrande de fête parle de la hagiga du quinze, comme il est prouvé dans Elu Devarim. Le Rachba objecte contre Ben Teima, qui expose plus loin dans Elu Devarim (Pesachim 70a) : la hagiga qui vient avec le Pessa'h est comme le Pessa'h, car "le sacrifice de la fête", c'est la hagiga. Comment ce verset s'établit-il un Chabbat ? Or lui aussi accorde qu'elle ne repousse pas le Chabbat, comme il est prouvé là-bas. On peut répondre : Ben Teima pensera comme Rabbi Yishmael, qui dit dans Elu Ksharim (Chabbat 114b) que les graisses d'un jour de semaine sont offertes un Yom Tov. Ou bien Ben Teima expliquera : garde-le pour qu'il n'en vienne pas à un bal yalin, comme l'explique le Yerushalmi.
💡 Explication

Réponse déjà donnée par Rabbi Abbahu à Rav Abba bar Hiyya. Le verset qui laisse toute la nuit vise le 14 qui tombe un Chabbat. Le Pessa'h est alors un korban de Chabbat. Ses graisses, dans la nuit du 15, sont des graisses de Chabbat, et celles-là sont offertes le Yom Tov.

Tossefot rapportent le Yerushalmi sur "helev haggi". On ne peut pas poser ce verset un Chabbat si "haggi" est la hagiga qui accompagne le Pessa'h : elle ne repousse pas le Chabbat. Le Yerushalmi relit alors : garde-le de jour, à son heure, pour qu'il n'en vienne pas au bal yalin. Tossefot s'étonnent : ce verset parle de la hagiga du quinze.

Le Rachba presse Ben Teima, qui lit "zevah hag" comme la hagiga semblable au Pessa'h. Deux issues : il tient comme Rabbi Yishmael que les graisses de hol montent le Yom Tov, ou il lit le verset comme le Yerushalmi, un avertissement de ne pas laisser passer la nuit.

🖼️ Schéma
Nuit du 15 : quelles graisses de Pessa'h 14 Nisan Shehita et sang Nuit du 15, Yom Tov Jour de semaine Korban de hol Le 14 est un jour de semaine Olah de semaine un Yom Tov Le verset de l'olah l'écarte Chabbat Korban de Chabbat Le sang du Pessa'h est de Chabbat Graisses de Chabbat offertes le Yom Tov
14 en semaine : graisses de hol, écartées la nuit du Yom Tov. 14 un Chabbat : graisses de Chabbat, offertes le Yom Tov.
10
אֲמַר לֵיהּ: מִשּׁוּם דְּחֶלְבֵי שַׁבָּת קְרֵיבִין בְּיוֹם טוֹב, אֲנַן נֵיקוּ וְנִימָא לֵיהּ דְּהַאי קְרָא בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת הוּא דִּכְתִיב? אֲמַר לֵיהּ: שַׁבְקֵיהּ לִקְרָא, דְּהוּא דָּחֵיק וּמוֹקֵים אַנַּפְשֵׁיהּ.

Il lui dit : parce que les graisses du Chabbat sont offertes le Yom Tov, nous lèverions-nous pour dire que ce verset est écrit au sujet du quatorze qui tombe un Chabbat ? Il lui dit : laisse le verset, car il est à l'étroit et il s'établit de lui-même.

📜 Rachi (2)
וַאֲנַן נֵיקוּ כו' קֻושְׁיָא הִיא:
C'est une question.
שָׁבְקִי' לִקְרָא דְּהוּא דָּחֵיק וּמוּקֵי אַנַּפְשֵׁיהּ מִדְּקָשׁוּ קְרָאֵי אַהֲדָדֵי עַל כָּרְחָיךְ קְרָאֵי גּוּפַיְיהוּ מוֹקְמִי אַנַּפְשַׁיְיהוּ הָכִי:
Puisque les versets se contredisent l'un l'autre, nécessairement les versets eux-mêmes s'établissent ainsi.
💡 Explication

L'objection : un verset se lirait-il seulement sur le cas rare du 14 qui tombe un Chabbat, sous prétexte que les graisses de Chabbat montent le Yom Tov ?

Réponse, devenue formule : shevkia le-kra, de-hou dahik u-mokim anafsheh. Laisse le verset. Il est à l'étroit, et il s'établit de lui-même. Rachi : les deux écritures se contredisent, donc elles se posent elles-mêmes sur ce cas.

11
מַתְנֵי׳ הַפֶּסַח שֶׁשְּׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, וְקִבֵּל וְהִלֵּךְ וְזָרַק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, אוֹ לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, אוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ — פָּסוּל.

Michna. Le Pessa'h qu'on a abattu shelo lishmo (pas pour son nom), ou qu'on a reçu, ou qu'on a porté, ou qu'on a jeté shelo lishmo, ou lishmo et shelo lishmo, ou shelo lishmo et lishmo : passoul.

📜 Rachi (4)
מַתְנֵי' הַפֶּסַח שֶׁשְּׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ לְשֵׁם שְׁלָמִים:
Pour le nom de shelamim.
אוֹ קִיבֵּל אוֹ הָלַךְ אוֹ זָרַק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ שֶׁבְּאַרְבַּע עֲבוֹדוֹת הַלָּלוּ הַפֶּסַח נִפְסָל בְּמַחְשַׁבְתָּן אִם לִפְסֹול אִם לְפַגֵּל כִּדְיָלֵיף בִּשְׁמַעְתָּא קַמַּיְיתָא דִּזְבָחִים (דַּף ד.):
Dans ces quatre avodot, le Pessa'h est passoul par leur mahshava (pensée), que ce soit pour un passoul ou pour un piggul (pensée de hors-temps), comme on l'apprend dans la première sugya de Zevahim (4a).
אוֹ לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ אִי בְּמַחֲשֶׁבֶת עֲבוֹדָה אַחַת קָאָמַר אִי בְּמַחֲשֶׁבֶת שְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת כְּגוֹן קִיבֵּל לִשְׁמוֹ וְזָרַק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ:
La Guemara explique si l'on parle de la mahshava d'une seule avoda, ou de la mahshava de deux avodot, par exemple il a reçu lishmo et il a jeté shelo lishmo.
פָּסוּל דִּכְתִיב זֶבַח פֶּסַח הוּא שֶׁתְּהֵא זְבִיחָתוֹ לְשֵׁם פֶּסַח וּכְתִיב הוּא לִמְעוּטֵי נִשְׁחַט שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ:
Car il est écrit "zevah Pessa'h hou" : que sa shehita soit pour le nom de Pessa'h. Et "hou" vient exclure celui qu'on a abattu shelo lishmo.
💡 Explication

Michna nouvelle. Quatre avodot du sang : shehita, kabala, holakha, zerika. Une mahshava shelo lishmo sur l'une d'elles rend le Pessa'h passoul. Rachi : shelo lishmo, ici, c'est pour le nom de shelamim. Le même cadre vaut pour le passoul et pour le piggul, comme en Zevahim 4a.

Deux mélanges sont nommés : lishmo et shelo lishmo, ou l'inverse. La Guemara demandera si les deux pensées tiennent dans une seule avoda ou dans deux. Le passoul sort de "zevah Pessa'h hou" : l'abattage pour le nom de Pessa'h, et "hou" écarte le shelo lishmo.

12
כֵּיצַד לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ? לְשֵׁם פֶּסַח וּלְשֵׁם שְׁלָמִים. שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ — לְשֵׁם שְׁלָמִים וּלְשֵׁם פֶּסַח.

Comment, lishmo et shelo lishmo ? Pour le nom de Pessa'h et pour le nom de shelamim.

Shelo lishmo et lishmo : pour le nom de shelamim et pour le nom de Pessa'h.

💡 Explication

La michna glose ses propres mots. Lishmo et shelo lishmo : d'abord le nom de Pessa'h, puis le nom de shelamim. Shelo lishmo et lishmo : d'abord shelamim, puis Pessa'h. L'ordre des deux noms est la question que Rav Pappa va ouvrir.

13
גְּמָ׳ בָּעֵי רַב פָּפָּא: בַּעֲבוֹדָה אַחַת תְּנַן, אוֹ בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת תְּנַן?

Guemara. Rav Pappa demande : est-ce d'une seule avoda que nous avons appris, ou de deux avodot ?

📜 Rachi (1)
גְּמ' בַּעֲבוֹדָה אַחַת תְּנַן וְחִישֵּׁב בָּהּ לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וַאפ"ה קָתָנֵי פָּסוּל וְר' יוֹסֵי הִיא דְּאָמַר בְּמַסֶּכֶת תְּמוּרָה (דַּף כֹּה.) אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס דָּבוּק:
Et il a pensé, en elle, lishmo et shelo lishmo, et même ainsi on enseigne passoul. Et c'est Rabbi Yosse, qui dit dans le traité Temoura (25a) : même à la fin de ses paroles, l'homme est saisi, et il reste lié.
💡 Explication

Be-avoda ahat : pendant une seule avoda, par exemple la shehita, il pense les deux noms. La michna dit quand même passoul. Rachi : cette lecture est celle de Rabbi Yosse. Même la fin de la phrase saisit l'homme. Le second nom reste lié au premier.

Bi-shte avodot : une pensée dans un service, l'autre dans un autre. Par exemple kabala lishmo, zerika shelo lishmo. Rav Pappa laisse les deux lectures ouvertes. La suite commence par la première.

14
בַּעֲבוֹדָה אַחַת תְּנַן וְרַבִּי יוֹסֵי הִיא, דְּאָמַר: אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס.

C'est d'une seule avoda que nous avons appris, et c'est Rabbi Yosse, qui dit : même à la fin de ses paroles, l'homme est saisi.

💡 Explication

Première branche. Si la michna parle d'une seule avoda, elle suit Rabbi Yosse : af bi-gemar devarav adam nitpas, même à la fin de ses paroles l'homme est saisi. Dans une même phrase, le nom qui vient après compte avec le premier.

Rachi, au segment précédent, renvoie à Temoura 25a. Celui qui dit "temourat olah, temourat shelamim" : pour Rabbi Yosse les deux paroles tiennent. Ici, "pour le Pessa'h et pour les shelamim" dans une seule avoda laisse les deux noms, et la michna enseigne passoul.

15
דְּאִי רַבִּי מֵאִיר — הָא אָמַר: תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן,

Car si c'est Rabbi Meir, il a dit : retiens la première formule,

📜 Rachi (1)
דְּאִי ר' מֵאִיר הָאָמַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן בְּמַסֶּכֶת תְּמוּרָה (ג"ז שָׁם) גַּבֵּי הָאוֹמֵר הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה תְּמוּרַת שְׁלָמִים ר"מ אוֹמֵר הֲרֵי זוֹ תְּמוּרַת עוֹלָה ר' יוֹסֵי אוֹמֵר דְּבָרָיו קַיָּימִים וְתִרְעֶה עַד שֶׁתּוּמַם וְתִמָּכֵר וְיָבִיא בִּדְמֵי חֶצְיָהּ עוֹלָה וּבִדְמֵי חֶצְיָהּ שָׁלְמִי':
Dans le traité Temoura, au même passage, au sujet de celui qui dit : ceci est temourat olah, temourat shelamim. Rabbi Meir dit : ceci est temourat olah. Rabbi Yosse dit : ses paroles tiennent. Elle paîtra jusqu'à ce qu'elle contracte un défaut, on la vendra, et il apportera avec la moitié du prix une olah, et avec l'autre moitié des shelamim.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאִי ר' מֵאִיר הָאָמַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן אור"י דְּרָבָא לְטַעְמֵיהּ דְּאִית לֵיהּ דִּפְלִיגִי בְּתָפוּס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן דְּאָמְרִינַן בפ"ב דִּזְבָחִים (דַּף ל.) עֲדַיִין הִיא מַחֲלֹוקֶת פֵּירוּשׁ אֲפִילּוּ בִּתְמוּרַת עוֹלָה וּשְׁלָמִים פְּלִיג ר"מ וּבְלָאו הָכִי הַךְ דִּיּוּקָא דְּהָכָא לָא מִיתּוֹקַם אֶלָּא אַלִּיבָּא דְּרָבָא דְּמַיְיתֵי לְקַמָּן בְּפִירְקִין (פְּסָחִים דַּף סג.) גַּבֵּי אֲחֵרִים אוֹמְרִים הִקְדִּים מוּלִים לַעֲרֵלִים כו' וְסָבַר אֵינָהּ לִשְׁחִיטָה אֶלָּא לְבַסּוֹף וְכִדְרָבָא דְּאָמַר עֲדַיִין הִיא מַחֲלֹוקֶת וּפְלִיגִי בְּתָפוּס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן אֲפִילּוּ בְּכִי הַאי גַּווְנָא אַף עַל גַּב דְּאֵינָהּ לִשְׁחִיטָה אֶלָּא לְבַסּוֹף וּבְרֶגַע אַחֲרוֹן יֵשׁ לִשְׁנֵיהֶם לָחוּל וְסָבַר ר"מ הָתָם תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן אע"פ שֶׁלֹּא חָל בְּשָׁעָה שֶׁאָמַר דִּלְרַבָּה וְאַבַּיֵּי דִּלְקַמָּן דִּסְבִירָא לְהוּ דְּיֶשְׁנָהּ לִשְׁחִיטָה מִתְּחִלָּה וְעַד סוֹף חָיְילִי תַּרְוַוייְהוּ אֲפִילּוּ לְר"מ כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר לְקַמָּן וא"כ לֹא יַכְשִׁיר הָכָא לר"מ לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ אַפֵּי' בַּעֲבוֹדָה אַחַת:
Le Ri a dit : Rava reste dans sa ligne, car il tient qu'ils divergent sur "retiens la première formule", comme nous disons au chapitre 2 de Zevahim (30a) : c'est encore la même discussion. Explication : même pour une temoura d'olah et de shelamim, Rabbi Meir diverge. Et même sans cela, cette déduction d'ici ne s'établit que selon Rava, que l'on amène plus loin dans notre chapitre (Pesachim 63a) au sujet de "d'autres disent : s'il a fait précéder les circoncis aux incirconcis", etc. Et il pense que la shehita ne compte qu'à la fin, et comme Rava qui dit : c'est encore la même discussion. Ils divergent sur "retiens la première formule" même dans un cas pareil, bien que la shehita ne compte qu'à la fin, et qu'au dernier instant les deux puissent prendre effet. Et Rabbi Meir pense là : retiens la première formule, même si elle n'a pas pris effet au moment où il l'a dite. Car pour Rabba et Abaye, plus loin, qui pensent que la shehita compte du début jusqu'à la fin, les deux prennent effet même selon Rabbi Meir, comme on le dira plus loin. Et s'il en est ainsi, il ne validerait pas ici, pour Rabbi Meir, le cas lishmo et shelo lishmo, même dans une seule avoda.
💡 Explication

La phrase est ouverte, elle continue au daf suivant. Ici : si la michna était de Rabbi Meir, il a dit tafos lashon rishon, on retient la première formule. Rachi fixe le cas de Temoura. "Temourat olah, temourat shelamim" : Rabbi Meir ne garde que l'olah. Rabbi Yosse fait tenir les deux paroles : la bête paît, on la vend avec un défaut, moitié olah, moitié shelamim.

Tossefot : cette lecture suit Rava. En Zevahim 30a, "c'est encore la même discussion" : Rabbi Meir diverge même quand les deux noms pourraient prendre effet ensemble, à la fin de la shehita. Pour Rabba et Abaye, la shehita compte du début à la fin, et les deux noms prennent effet même selon Rabbi Meir. Selon eux, Rabbi Meir ne validerait pas ici lishmo et shelo lishmo, même dans une seule avoda.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).