Pesachim 60a : une avoda ou deux, lishmo et les mangeurs

Pesachim 60a

Sougya : L'amoud poursuit la question de Rav Pappa : la michna du Pessa'h lishmo et shelo lishmo parle d'une seule avoda, selon Rabbi Yosse, ou de deux avodot, même selon Rabbi Meir. Shelo lishmo puis lishmo est déjà passoul dès la première formule.

La question qui reste est lishmo puis shelo lishmo. Quatre ta chema sont proposés.

Les trois premiers sont écartés : pensée d'une avoda vers l'autre, paire de style, ou chaque clause selon son cas. Le quatrième, kacher pour ses mangeurs et pas pour ses mangeurs, amène une conséquence qui heurte la règle : une part des mangeurs ne rend pas passoul.

Lishmo puis shelo lishmo La michna dit passoul. Quelle lecture la fait tenir ? Lecture Rabbi Meir Rabbi Yosse Une avoda les deux noms dans la même shehita kacher première formule : lishmo tafos lashon rishon passoul les deux formules tiennent af bi-gemar devarav Deux avodot un nom par rite shehita puis zerika passoul chaque avoda compte il en convient passoul chaque avoda compte les deux noms tiennent Shelo lishmo puis lishmo : passoul dans les quatre cases. La première formule a déjà tranché. La michna passoul tient donc selon Rabbi Yosse dans une avoda, ou dans deux avodot pour les deux. Quatre avodot du sang : shehita, kabala, holakha, zerika. Une seule shelo lishmo suffit.
Lishmo puis shelo lishmo. Rabbi Meir laisse kacher dans une seule avoda. Partout ailleurs, passoul. Shelo lishmo d'abord est passoul dans les quatre cases.
Quatre ta chema, et où chacun s'arrête Chaque preuve vise : la michna parle d'une seule avoda. 1. Shachato shelo lishmo, kibel, halakh, zarak Relu comme des cas séparés : une avoda ultérieure shelo lishmo. Arrêt : la fin répéterait le début. Reprise : début, pensée sur l'avoda en cours. Fin : à la shehita, il pense déjà la zerika shelo lishmo. 2. Ou shelo lishmo et lishmo, passoul Dans deux avodot, la première a déjà rendu passoul. Donc une seule avoda, et le début aussi. Arrêt : paire de style. Puisqu'il a enseigné l'un, il enseigne l'autre. Eidi de-tna. 3. Shelo le-okhlav, shelo le-manuyav, arelim, temeim Une seule mahshava, à la shehita. Donc le début de la michna précédente aussi. Arrêt : midi irya. La fin est une avoda. Le début peut être l'une ou l'autre. 4. Le-okhlav et shelo le-okhlav : kacher Si deux avodot, kacher parce que la zerika ignore les mangeurs. Il s'ensuivrait : le même mélange à la shehita est passoul. Or miktzat okhlin lo pasla. Une part des mangeurs ne rend pas passoul. Suite : 60b. La question de Rav Pappa reste ouverte à la fin de l'amoud.
Quatre ta shema pour fixer une seule avoda. Les trois premiers sont écartés. Le quatrième heurte miktzat okhlin lo pasla.
Deux façons d'avoir deux avodot Le rejet du premier ta chema sépare le début et la fin de la michna. Début : avoda en cours Il se tient à la shehita et pense à la shehita ou il se tient à la zerika et pense à la zerika Rachi : shehita lishmo, puis zerika shelo lishmo Chaque pensée vise le rite qu'il fait Fin : d'une avoda à l'autre Il se tient à la shehita et pense à la zerika J'abats le Pessa'h lishmo pour jeter le sang shelo lishmo Passoul aussitôt même si la zerika se fait lishmo mahshivin me-avoda le-avoda Rachi : c'est l'objection de Rav Pappa en Zevahim 10a. Tossefot : le Riva lit la question ouverte plus haut. Le Rashba lit ces deux avodot-ci.
Début : la pensée vise l'avoda en cours. Fin : à la shehita, il pense déjà la zerika shelo lishmo. Passoul aussitôt.
1
אוֹ דִּילְמָא בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת תְּנַן, וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן — הָנֵי מִילֵּי בַּעֲבוֹדָה אַחַת, אֲבָל בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת — מוֹדֶה דְּמִיפְּסִיל.

Ou peut-être : c'est de deux avodot que nous avons appris. Même selon Rabbi Meir, qui dit : retiens la première formule, ces paroles-là visent une seule avoda.

Dans deux avodot, il en convient : c'est passoul.

📜 Rachi (2)
אוֹ דִּילְמָא בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת תְּנַן אַחַת חִישֵּׁב לִשְׁמוֹ וּבַשְּׁנִיָּה שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְהָכָא לֵיכָּא לְמֵימַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן שֶׁהֲרֵי אַרְבַּעְתָּן הָעֲבוֹדוֹת חֲשׁוּבוֹת זוֹ כָּזוֹ לִיפְסֹול אֶת הַזֶּבַח בְּאַחַת מֵהֶן וַאֲפִילּוּ לְרַבִּי מֵאִיר מִיפְּסִיל:
Dans l'une il a pensé lishmo, et dans la seconde shelo lishmo. Ici, on ne peut pas dire : retiens la première formule. Car les quatre avodot se valent l'une l'autre pour rendre le zevah (sacrifice) passoul par l'une d'elles. Même selon Rabbi Meir, c'est passoul.
וּמַהְדַּר גְּמָרָא אַהֵיָיא מֵהָנֵי לִישָּׁנֵי דְּסֵיפָא דְּמַתְנִיתִין קַיְימָא הַךְ בַּעְיָא:
Et la Guemara revient sur : sur laquelle ? Laquelle de ces formules de la fin de la michna cette question vise-t-elle.
💡 Explication

Suite de la question de Rav Pappa (59b). Première branche : une seule avoda, et la michna est de Rabbi Yosse. Cette branche-ci : deux avodot. Tafos lashon rishon, retiens la première formule, ne joue qu'à l'intérieur d'une même avoda. Dans deux avodot, Rabbi Meir en convient : passoul. Shehita, kabala, holakha, zerika se valent : une seule shelo lishmo suffit.

Rachi annonce la question qui suit : quelle formule de la fin de la michna est visée, lishmo puis shelo lishmo, ou l'inverse.

2
אָמְרִי: אַהֵיָיא? אִי נֵימָא אַשֶּׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ, בֵּין בַּעֲבוֹדָה אַחַת בֵּין בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת, בֵּין לְרַבִּי מֵאִיר בֵּין לְרַבִּי יוֹסֵי — אִיפְּסִיל לֵיהּ מִקַּמָּייְתָא, דְּהָא לְרַבִּי יוֹסֵי נָמֵי, אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס אִית לֵיהּ. אֶלָּא: אַלִּשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ — מַאי?

On dit : sur laquelle ? Si tu dis : sur shelo lishmo et lishmo, que ce soit dans une seule avoda, que ce soit dans deux avodot, que ce soit selon Rabbi Meir, que ce soit selon Rabbi Yosse, il est passoul dès la première.

Car Rabbi Yosse aussi tient : même à la fin de ses paroles, l'homme est saisi. Plutôt : sur lishmo et shelo lishmo, qu'en est-il ?

📜 Rachi (2)
אִי נֵימָא אַשֶּׁלֹּא לִשְׁמוֹ בְּרֵישָׁא וַהֲדַר לִשְׁמוֹ הָא בֵּין לְר' מֵאִיר בֵּין לְר' יוֹסֵי אֲפִילּוּ בַּעֲבוֹדָה אַחַת מִיפְּסִיל לְר' מֵאִיר דְּהָא אָמַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן לְרַבִּי יוֹסֵי נָמֵי מִיפְּסִיל דְּהָא ר' יוֹסֵי אַף בִּגְמַר אִית לֵיהּ כְּלוֹמַר תְּחִלַּת דְּבָרָיו שֶׁל אָדָם וְסוֹפָן בְּכֻולָּן דַּעְתּוֹ נִתְפֶּסֶת וְכֻולָּן מִתְקַיְּימִין:
D'abord, puis ensuite lishmo. Or, tant selon Rabbi Meir que selon Rabbi Yosse, même dans une seule avoda, c'est passoul. Selon Rabbi Meir, car il a dit : retiens la première formule. Selon Rabbi Yosse aussi, c'est passoul, car Rabbi Yosse tient aussi : même à la fin. C'est-à-dire : le début des paroles d'un homme et leur fin, dans toutes sa pensée est saisie, et toutes prennent effet.
אַלִּשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ דְּאִי בַּעֲבוֹדָה אַחַת נָמֵי פְּסִיל לֵיהּ מַתְנֵי' תּוּ לָא מִיתּוֹקְמָא כְּרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן וְלָשׁוֹן אַחֲרוֹן לָא חָיֵיל:
Car si, même dans une seule avoda, la michna le rend passoul, elle ne s'établit plus selon Rabbi Meir, qui a dit : retiens la première formule, et la dernière formule ne prend pas effet.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת אַפֵּי' ר' מֵאִיר מוֹדֶה וא"ת וְהֵיכִי מִיתּוֹקְמָא מַתְנֵי' כְּר' מֵאִיר הָא קָתָנֵי סֵיפָא לִטְמֵאִים וְלִטְהוֹרִים כָּשֵׁר וְאַמַּאי נֵימָא תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן וּבַעֲבוֹדָה אַחַת מַייְרֵי דְּאֵין מַחֲשֶׁבֶת טְמֵאִים אֶלָּא בִּשְׁחִיטָה וי"ל דְּמַתְנִי' מַיְירֵי כְּגוֹן דְּקָיְימִי קַמֵּיהּ טְמֵאִים וּטְהוֹרִים וְאָמַר הֲרֵינִי שׁוֹחֵט לְאֵלּוּ דִּבְעִנְיָן אַחֵר לָא מַשְׁכַּחַת מִקְצָת עָרְלָה דְּלָא פָּסְלָה לְר' מֵאִיר אַלִּיבָּא דְּרָבָא דְּאָמַר אֵינָהּ לִשְׁחִיטָה אֶלָּא לְבַסּוֹף:
Et si tu dis : comment la michna s'établit-elle selon Rabbi Meir ? La fin enseigne : pour des temeim et pour des tehorim, kacher. Pourquoi dirait-on : retiens la première formule ? Et il s'agit d'une seule avoda, car il n'y a de mahshava des temeim qu'à la shehita. On peut dire : la michna parle d'un cas où des temeim et des tehorim se tiennent devant lui, et il dit : j'abats pour ceux-ci. Car d'une autre façon, on ne trouve pas une part d'orla qui laisse kacher, selon Rabbi Meir d'après Rava, qui a dit : la shehita ne compte qu'à la fin.
💡 Explication

Shelo lishmo puis lishmo est passoul dans les deux lectures et pour les deux maîtres. Rabbi Meir retient la première formule, déjà shelo lishmo. Rabbi Yosse saisit aussi la fin : le shelo lishmo du début reste. La question ouverte est donc lishmo puis shelo lishmo. Si la michna le dit passoul même dans une seule avoda, elle suit Rabbi Yosse : chez Rabbi Meir, la seconde formule ne prend pas effet.

Tossefot : la michna qui dit pour des temeim et des tehorim, kacher, semble heurter Rabbi Meir, car la mahshava des temeim ne joue qu'à la shehita, donc dans une seule avoda, et la première formule serait les temeim. Réponse : ils sont devant lui, et il dit "j'abats pour ceux-ci", une seule désignation. Selon Rava, la shehita ne compte qu'à la fin : on ne construit pas autrement une part d'arelim qui laisse kacher.

3
תָּא שְׁמַע: הַפֶּסַח שֶׁשְּׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, וְקִבֵּל וְהִלֵּךְ וְזָרַק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ. הֵיכִי דָמֵי? אִי נֵימָא כִּדְקָתָנֵי, לָמָּה לִי עַד דִּמְחַשֵּׁב לְכֻולְּהוּ? מִקַּמָּיְיתָא אִיפְּסִיל לֵיהּ!

Viens et entends. Le Pessa'h qu'on a abattu shelo lishmo, et qu'on a reçu, et qu'on a porté, et qu'on a jeté shelo lishmo.

Comment est le cas ? Si tu dis : comme c'est enseigné, pourquoi me faut-il jusqu'à ce qu'il pense pour tous ?

Dès la première, il est passoul !

📜 Rachi (1)
אִי נֵימָא כִּדְקָתָנֵי שָׁחַט וְקִיבֵּל וְהָלַךְ וְזָרַק כֻּולָּן שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלָאו אוֹ קָאָמַר לָמָּה לִי בְּכוּלְּהוּ הָא בַּחֲדָא קי"ל בְּזִבְחֵי' בִּשְׁמַעְתָּא קַמַּיְיתָא דְּהַזֶּבַח נִפְסָל:
Il a abattu, reçu, porté et jeté, tous shelo lishmo, et il ne dit pas "ou". Pourquoi me faut-il tous ? Or, par une seule, nous tenons pour établi, dans Zevahim, dans le premier enseignement, que le zevah est passoul.
💡 Explication

Premier ta chema, tiré du début de la michna. Si shehita, kabala, holakha et zerika sont toutes shelo lishmo, la liste est de trop : une seule avoda shelo lishmo rend déjà le zevah passoul, comme au début de Zevahim. Rachi : la michna ne dit pas "ou" entre ces quatre rites.

4
אֶלָּא לָאו, הָכִי קָתָנֵי: הַפֶּסַח שֶׁשְּׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, אִי נָמֵי שְׁחָטוֹ לִשְׁמוֹ וְקִבֵּל וְהִלֵּךְ וְזָרַק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ. אִי נָמֵי שְׁחָטוֹ וְקִבֵּל וְהִלֵּךְ לִשְׁמוֹ, וְזָרַק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ. דְּהָוְיָא לַהּ שְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת.

Plutôt, n'est-ce pas ceci qu'il enseigne : le Pessa'h qu'on a abattu shelo lishmo ; ou bien qu'on l'a abattu lishmo, et qu'on a reçu, porté et jeté shelo lishmo ; ou bien qu'on l'a abattu, reçu et porté lishmo, et jeté shelo lishmo. Ce qui fait deux avodot.

💡 Explication

La Guemara relit le début comme trois cas. Shehita entièrement shelo lishmo. Ou shehita lishmo, puis les rites du sang shelo lishmo. Ou les trois premiers lishmo, et la zerika shelo lishmo. Les deux derniers sont des deux avodot : une avoda ultérieure shelo lishmo suffit à rendre passoul.

🖼️ Schéma
Relecture du début : trois cas, deux avodot Cas 1 Shehita shelo lishmo passoul dès la première Cas 2 Shehita lishmo puis kabala, holakha, zerika shelo lishmo passoul Cas 3 Shehita, kabala, holakha lishmo zerika shelo lishmo passoul Si les quatre rites étaient tous shelo lishmo, le premier suffisait déjà.
Trois lectures du début. Les cas 2 et 3 sont deux avodot : une zerika shelo lishmo après un rite lishmo.
5
אֵימָא סֵיפָא: לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, הֵיכִי דָמֵי? אִי נֵימָא בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת — הַייְנוּ רֵישָׁא! אֶלָּא לָאו, בַּעֲבוֹדָה אַחַת וְרַבִּי יוֹסֵי הִיא, דְּאָמַר: אַף בִּגְמַר דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס.

Dis la fin : lishmo et shelo lishmo. Comment est le cas ?

Si tu dis : dans deux avodot, c'est le début ! Plutôt, n'est-ce pas dans une seule avoda, et c'est Rabbi Yosse, qui dit : même à la fin de ses paroles, l'homme est saisi.

🗂️ Tossefot (1)
אִי בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת הַיְינוּ רֵישָׁא וא"ת וְלֵימָא דְּרֵישָׁא אַייְרֵי כְּשֶׁשָּׁחַט סְתָמָא וּלְכָךְ כְּשֶׁזָּרַק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ אָמַר הוֹכִיחַ סוֹפוֹ עַל תְּחִלָּתוֹ אֲבָל אִם אָמַר בְּהֶדְיָא הֲרֵינִי שׁוֹחֵט לִשְׁמוֹ הֵ"א דְּלָא עָקַר שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ אַפֵּי' בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת לְהָכִי אִיצְטְרִיךְ סֵיפָא וְי"ל דִּסְבָרָא הוּא דְּבִשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת אֵינוֹ מוֹעִיל מְפָרֵשׁ יוֹתֵר מִסְּתָם:
Et si tu dis : disons que le début parle de celui qui a abattu stam (sans préciser). C'est pourquoi, lorsqu'il a jeté shelo lishmo, on dit : sa fin prouve son début. Mais s'il a dit explicitement : j'abats lishmo, j'aurais dit que le shelo lishmo ne déracine pas, même dans deux avodot. C'est pour cela que la fin serait nécessaire. On peut dire : c'est logique que, dans deux avodot, une formule explicite n'apporte pas plus qu'une formule stam.
💡 Explication

Si le début est déjà deux avodot, la fin lishmo et shelo lishmo répète le même cas. La Guemara en tire : la fin est une seule avoda, et la michna est Rabbi Yosse. Les deux formules d'une même parole prennent effet.

Tossefot propose un écart : le début serait une shehita stam, et la zerika shelo lishmo prouverait le début, hokhiah sofo al tehilato. La fin viserait celui qui a dit explicitement lishmo. Réponse : dans deux avodot, préciser lishmo n'apporte pas plus que stam. La fin ne servirait à rien de plus.

6
לֹא, לְעוֹלָם בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת, וְרֵישָׁא — דְּקָאֵי בִּשְׁחִיטָה וְקָא מְחַשֵּׁב בִּשְׁחִיטָה, אִי נָמֵי, קָאֵי בִּזְרִיקָה וְקָא מְחַשֵּׁב בִּזְרִיקָא.

Non. En réalité, dans deux avodot.

Et le début : il se tient à la shehita et il pense à la shehita ; ou bien, il se tient à la zerika et il pense à la zerika.

📜 Rachi (1)
לְעוֹלָם סֵיפָא נָמֵי דְּקָתָנֵי לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת וּדְקַשְׁיָא לָךְ הַיְינוּ רֵישָׁא לָא תִּיקְשֵׁי רֵישָׁא מַייְרֵי דְּכִי שָׁחַט חִישֵּׁב בָּהּ לִשְׁמוֹ וּכְשֶׁזָּרַק חִישֵּׁב בָּהּ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְסֵיפָא מַיְירֵי דְּבִשְׁעַת שְׁחִיטָה חִישֵּׁב תַּרְתֵּי מַחֲשָׁבוֹת חֲדָא עַל הַשְּׁחִיטָה לִשְׁמוֹ וַחֲדָא עַל הַזְּרִיקָה שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ:
La fin aussi, qui enseigne lishmo et shelo lishmo, est dans deux avodot. Et ce qui t'était difficile, c'est le début, ne fait pas difficulté. Le début parle de ceci : lorsqu'il abat, il pense à son sujet lishmo, et lorsqu'il jette, il pense à son sujet shelo lishmo. La fin parle de ceci : au moment de la shehita, il a pensé deux mahshavot, l'une sur la shehita, lishmo, et l'une sur la zerika, shelo lishmo.
💡 Explication

Rejet. Début et fin restent deux avodot, avec un écart. Au début, la pensée shelo lishmo vise l'avoda en cours : shehita pendant la shehita, ou zerika pendant la zerika. Rachi assemble le tableau : shehita lishmo, puis zerika shelo lishmo. La fin, elle, met les deux pensées au moment de la shehita. La phrase continue au segment suivant.

7
סֵיפָא — דְּקָאֵי בִּשְׁחִיטָה וְקָחָשֵׁיב בִּזְרִיקָה, דְּאָמַר: הֲרֵינִי שׁוֹחֵט אֶת הַפֶּסַח לִשְׁמוֹ לִזְרוֹק דָּמוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ. וְקָא מַשְׁמַע לַן דִּמְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה, וְהַיְינוּ בַּעְיָא דְּרַב פָּפָּא.

La fin : il se tient à la shehita et il pense à la zerika. Car il dit : j'abats le Pessa'h lishmo, pour jeter son sang shelo lishmo.

Et cela nous apprend que l'on pense d'une avoda vers une autre avoda. Et c'est la question de Rav Pappa.

📜 Rachi (2)
דְּאָמַר הֲרֵינִי שׁוֹחֵט לִשְׁמוֹ עַל מְנָת לִזְרֹוק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְהָכָא לֵיכָּא לְמֵימַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן דְּהָא אַעֲבוֹדָה אַחֲרִיתִי קָאֵי לָשׁוֹן שֵׁנִי וְקָא מַשְׁמָע לָן מַתְנֵי' דִּמְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה כְּלוֹמַר דִּמְחַשֵּׁב בִּשְׁעַת עֲבוֹדָה זוֹ עַל חֲבֶרְתָּהּ לַעֲשׂוֹתָהּ בְּמַחֲשֶׁבֶת פְּסוּל נִפְסָל מִיָּד וַאֲפִילּוּ לֹא עָשָׂה הַשְּׁנִיָּה בְּמַחֲשֶׁבֶת פָּסוּל כְּמוֹ שְׁחִיטָה:
À condition de jeter shelo lishmo. Et ici, on ne peut pas dire : retiens la première formule, car la seconde formule porte sur une autre avoda. Et la michna nous apprend que l'on pense d'une avoda à une autre avoda. C'est-à-dire : celui qui, au moment de cette avoda, pense au sujet de l'autre pour la faire avec une mahshava de passoul, est rendu passoul aussitôt, même s'il n'a pas fait la seconde avec une mahshava de passoul, comme la shehita.
וְהַייְנוּ בַּעְיָא דְּרַב פָּפָּא דְּאָמַר מְחַשְּׁבִים מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים בפ"ק (ד' י) דְּאָמְרִינַן הָתָם מַתְקִיף לַהּ רַב פָּפָּא דִּילְמָא הָא קמ"ל דִּמְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה:
Car il a parlé de penser d'une avoda à une autre avoda, dans Shehitat Kodashim, au premier chapitre (daf 10). Nous disons là-bas : Rav Pappa objecte : peut-être que ceci vient nous apprendre que l'on pense d'une avoda à une autre avoda.
🗂️ Tossefot (1)
וְהַייְנוּ בַּעְיָא דְּרַב פָּפָּא פִּי' הַקְּוַנְט' דָּחוּק דִּנְקַט רַב פָּפָּא וְלָא נְקַט ר' יוֹחָנָן דְּאָמַר הָתָם בְּהֶדְיָא מְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה וְנִרְאֶה לְרִיבָ"א דְּגֵר' לְעֵיל בָּעֵי רַב פָּפָּא בַּעֲבוֹדָה אַחַת תְּנַן וּמַסִּיק הַיְינוּ בָּעֲיָא דְּרַב פָּפָּא פִּי' שַׁפִּיר מִתּוֹקְמָא בָּעֲיָא דְּרַב פַּפָּא שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְפוֹשֵׁט' מִן הַמִּשְׁנָה וְכֵן מָצָא רַבִּי בְּסֵפֶר יָשָׁן וְכֵן גְּרָ"ח וְרַשְׁבָּ"א מְפָרֵשׁ וְהַיְינוּ בַּעְיָא דְּרַב פָּפָּא מַה שֶׁשָּׁאַל בַּעֲבוֹדָה אַחַת תְּנַן אוֹ בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת הָנָךְ שְׁתֵּי עִבּוּדוֹ' הַיְינוּ כְּגוֹן שׁוֹחֵט לִשְׁמוֹ עַל מְנָת לִזְרֹוק שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ:
L'explication du Kontres (Rachi) est forcée : il retient Rav Pappa, et il ne retient pas Rabbi Yo'hanan, qui dit là-bas explicitement que l'on pense d'une avoda à une autre avoda. Il paraît au Riva que la leçon, plus haut, est : Rav Pappa demande : est-ce d'une seule avoda que nous avons appris ? Et l'on conclut : c'est la question de Rav Pappa. Le sens est bon : la question de Rav Pappa s'établit ainsi, lui qui ne peut pas la résoudre depuis la michna. Et ainsi Rabbi l'a trouvé dans un livre ancien, et ainsi est la leçon de Rabbeinou Hananel. Et le Rashba explique : et c'est la question de Rav Pappa, ce qu'il a demandé, est-ce d'une seule avoda que nous avons appris, ou de deux avodot. Ces deux avodot, c'est par exemple celui qui abat lishmo à condition de jeter shelo lishmo.
💡 Explication

La fin enseigne mahshivin me-avoda le-avoda. Pendant la shehita il dit : j'abats lishmo, pour jeter le sang shelo lishmo. Le Pessa'h est passoul aussitôt, même si la zerika se fait ensuite lishmo. La seconde formule vise une autre avoda : tafos lashon rishon ne la met pas de côté.

Rachi renvoie à l'objection de Rav Pappa, Zevahim 10a. Tossefot trouve ce renvoi forcé : là-bas, Rabbi Yo'hanan le dit explicitement. Le Riva : la leçon, plus haut, est la question même de Rav Pappa, qu'il ne peut pas trancher par la michna. Ainsi un livre ancien, et Rabbeinou Hananel. Le Rashba : les deux avodot de Rav Pappa sont précisément shehita lishmo à condition de zerika shelo lishmo.

🖼️ Schéma
Mahshava de la shehita vers la zerika Shehita lishmo il le dit maintenant → Pensée sur la zerika shelo lishmo pour jeter le sang ainsi Passoul aussitôt avant la zerika La seconde formule porte sur une autre avoda. Tafos lashon rishon ne s'y applique pas. Même si, ensuite, il jette lishmo, la pensée dite à la shehita a déjà rendu passoul.
À la shehita il dit lishmo, et il pense la zerika shelo lishmo. Passoul aussitôt, avant même le jet du sang.
8
תָּא שְׁמַע: אוֹ שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ פָּסוּל. הֵיכִי דָמֵי? אִי נֵימָא בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת, הַשְׁתָּא לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ אָמְרַתְּ פָּסוּל, שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ מִיבַּעְיָא?!

Viens et entends : ou shelo lishmo et lishmo, passoul. Comment est le cas ?

Si tu dis : dans deux avodot. Maintenant que lishmo et shelo lishmo, tu as dit passoul, shelo lishmo et lishmo fait-il question ?

📜 Rachi (2)
הַשְׁתָּא לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ דַּעֲבוֹדָה רִאשׁוֹנָה בְּכַשְׁרוּת אָמַרְתָּ פָּסוּל בְּמַחֲשֶׁבֶת עֲבוֹדָה שְׁנִיָּה:
La première avoda était dans la kashrut, et tu as dit passoul par la mahshava de la seconde avoda.
שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ מִיבַּעְיָא דְּכֵיוָן דְּנִפְסַל בַּעֲבוֹדָה רִאשׁוֹנָה מֵהֵיכָן יַחֲזֹור וְיֻוכְשַׁר:
Puisqu'il a été rendu passoul dans la première avoda, d'où reviendrait-il pour redevenir kacher ?
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ מִיבַּעְיָא וא"ת כִּי נָמֵי אָמְרִי' בַּעֲבוֹדָה אַחַת תִּיקְשֵׁי לֵיהּ הָכִי הַשְׁתָּא לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ פָּסוּל שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ מִבַּעְיָא דְּאַפֵּי' ר' מֵאִיר דִּפְלִיג בְּלִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ בְּשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ מוֹדֶה דלכ"ע תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן וְי"ל דְּאִי בַּעֲבוֹדָה אַחַת מַיְירֵי קָא מַשְׁמָע לַן כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ בַּקּוֹנ' דְּלָא אָזְלִינַן בָּתַר לָשׁוֹן אַחֲרוֹן [דַּוְקָא] לְאַפּוֹקֵי מִבֶּן נַנָּס דְּאִית לֵיהּ בְּפֶרֶק בֵּית כּוֹר (בָּבָא בָּתְרָא ד' קה.) תְּפֹוס לָשׁוֹן אַחֲרוֹן לְגַמְרֵי לְבַטֵּל הָרִאשׁוֹן ור"י מְפָרֵשׁ דְּבַעֲבוֹדָה אַחַת אָתֵי שַׁפִּיר דְּתָנֵי שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ אַגַּב לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ כֵּיוָן דִּשְׁנֵיהֶם בַּעֲבוֹדָה אַחַת אֲבָל בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת דְּרֵישָׁא הַפָּסוּל בִּזְרִיקָה וְסֵיפָא הַפָּסוּל בִּשְׁחִיטָה לָא דָּמוּ אַהֲדָדֵי וְלֵית לֵיהּ לְמַתָּנַיי' אַגַּב רֵישָׁא:
Et si tu dis : même quand nous disons une seule avoda, la même difficulté se pose. Maintenant que lishmo et shelo lishmo est passoul, shelo lishmo et lishmo fait-il question ? Car même Rabbi Meir, qui diverge sur lishmo et shelo lishmo, sur shelo lishmo et lishmo en convient : selon tout le monde, retiens la première formule. On peut dire : si c'est d'une seule avoda qu'il parle, cela nous apprend, comme l'a expliqué le Kontres, que nous ne suivons pas la dernière formule seulement, pour exclure Ben Nanas, qui tient, au chapitre Beit Kor (Bava Batra 105a), que l'on retient entièrement la dernière formule, pour annuler la première. Et le Ri explique : dans une seule avoda, cela vient bien, qu'il enseigne shelo lishmo et lishmo à la suite de lishmo et shelo lishmo, puisque les deux sont dans une seule avoda. Mais dans deux avodot, où au début le passoul est à la zerika et à la fin le passoul est à la shehita, ils ne se ressemblent pas, et la michna n'a pas à l'enseigner à la suite du début.
💡 Explication

Second ta chema, la clause shelo lishmo et lishmo. Dans deux avodot, elle est évidente : lishmo puis shelo lishmo est déjà passoul alors que la première avoda était kacher. Shelo lishmo d'abord à rendu passoul dès le premier rite. Le second rite lishmo ne le rend pas kacher.

Tossefot : la même évidence vaudrait dans une seule avoda, puisque Rabbi Meir aussi retient la première formule. Réponse du Kontres : la clause écarte Ben Nanas (Bava Batra 105a), qui retient seulement la dernière formule et annule la première. Le Ri : dans une seule avoda, les deux clauses se ressemblent et s'enseignent l'une à la suite de l'autre. Dans deux avodot, le passoul du début est à la zerika, celui de la fin à la shehita : la michna ne les enseignerait pas en paire.

9
אֶלָּא לָאו, בַּעֲבוֹדָה אַחַת. וּמִדְּסֵיפָא בַּעֲבוֹדָה אַחַת — רֵישָׁא נָמֵי בַּעֲבוֹדָה אַחַת!

Plutôt, n'est-ce pas dans une seule avoda ? Et puisque la fin est dans une seule avoda, le début aussi est dans une seule avoda !

📜 Rachi (3)
אֶלָּא לָאו בַּעֲבוֹדָה אַחַת וּתְנָא לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי מֵאִיר דְּאָמַר תְּפֹוס לָשׁוֹן רִאשׁוֹן וּתְנָא שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ דְּלָא תֵּימָא תְּפֹוס לָשׁוֹן אַחֲרוֹן דְּהָא הֲדַר בֵּיהּ מִקַּמָּא וְכִי שָׁחֵיט אַהַאי בָּתְרָא קָא שָׁחֵיט קמ"ל דְּר' יוֹסֵי הוּא דְּאָמַר בְּכָל דְּבָרָיו אָדָם נִתְפָּס וְלָא הֲדַר בֵּיהּ אֶלָּא אַתַּרְוַיְיהוּ אִיכַּוֵּין:
Et le tanna a enseigné lishmo et shelo lishmo pour exclure Rabbi Meir, qui a dit : retiens la première formule. Et il a enseigné shelo lishmo et lishmo, pour que tu ne dises pas : retiens la dernière formule, car il est revenu de la première, et quand il abat, c'est pour cette dernière qu'il abat. Cela nous apprend que c'est Rabbi Yosse, qui dit : dans toutes ses paroles, l'homme est saisi. Il n'est pas revenu en arrière : il a visé les deux.
וּמִדְּסֵיפָא שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ בַּעֲבוֹדָה אַחַת קָאָמַר דְּבִשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת לָא אִיצְטְרִיךְ:
Shelo lishmo et lishmo, il le dit dans une seule avoda, car dans deux avodot ce n'était pas nécessaire.
רֵישָׁא דְּלִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ נָמֵי אַף בַּעֲבוֹדָה אַחַת וְר' יוֹסֵי הִיא:
Lishmo et shelo lishmo, lui aussi, même dans une seule avoda, et c'est Rabbi Yosse.
💡 Explication

Si la fin est une seule avoda, le début lishmo et shelo lishmo l'est aussi. La michna serait donc Rabbi Yosse. Rachi : lishmo puis shelo lishmo écarte Rabbi Meir. Shelo lishmo puis lishmo écarte celui qui ne retiendrait que la dernière formule, comme si l'homme était revenu de la première. Rabbi Yosse : dans toutes ses paroles, l'homme est saisi. Il a visé les deux.

10
לֹא, לְעוֹלָם בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת, וּבְדִין הוּא דְּלָא אִיצְטְרִיךְ לֵיהּ, וְאַייְּדֵי דִּתְנָא לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ, תְּנָא נָמֵי שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ.

Non. En réalité, dans deux avodot.

Et en droit, ce n'était pas nécessaire. Et puisque l'on a enseigné lishmo et shelo lishmo, l'on a aussi enseigné shelo lishmo et lishmo.

📜 Rachi (2)
לְעוֹלָם בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת וּדְקַשְׁיָא לָךְ פְּשִׁיטָא הָא אִיפְּסִיל לֵיהּ מֵעֲבוֹדָה קַמַּיְיתָא:
Et ce qui t'était difficile : c'est évident, il a déjà été rendu passoul dès la première avoda.
אַיְּידֵי דִּתְנָא לִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ לְאַשְׁמְעִינַן דִּמְחַשְּׁבִין מֵעֲבוֹדָה לַעֲבוֹדָה כְּדִלְעֵיל תְּנָא נָמֵי שֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ וְלִשְׁמוֹ:
Pour nous apprendre que l'on pense d'une avoda à une autre avoda, comme plus haut, l'on a aussi enseigné shelo lishmo et lishmo.
💡 Explication

Second rejet. La clause reste deux avodot. Elle était superflue : le passoul était déjà là dès la première avoda. On l'enseigne parce qu'on a enseigné l'autre, eidi de-tna. Rachi rattache lishmo puis shelo lishmo à l'enseignement déjà vu : on pense d'une avoda vers l'autre.

11
תָּא שְׁמַע: שְׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו, וְשֶׁלֹּא לְמִנּוּיוֹ, לַעֲרֵלִים וְלִטְמֵאִין — פָּסוּל. הָכָא פְּשִׁיטָא בַּעֲבוֹדָה אַחַת, וּמִדְּסֵיפָא בַּעֲבוֹדָה אַחַת — רֵישָׁא נָמֵי בַּעֲבוֹדָה אַחַת!

Viens et entends. On l'a abattu pas pour ses mangeurs, et pas pour ses inscrits, pour des arelim et pour des temeim : passoul.

Ici, il est évident que c'est une seule avoda. Et puisque la fin est une seule avoda, le début aussi est une seule avoda !

📜 Rachi (7)
שֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו לְחוֹלֶה וּלְזָקֵן שֶׁאֵין יְכוֹלִין לֶאֱכֹול כַּזַּיִת וְאֵין בּוֹ מְנוּיִין אֲחֵרִים אֶלָּא הֵן:
Pour un malade et un vieillard qui ne peuvent pas manger un kezayit, et il n'y a pas d'autres inscrits sur lui, sauf eux.
פָּסוּל דְּאִישׁ לְפִי אָכְלוֹ כְּתִיב (שְׁמוֹת י״ב:ד׳) הָרָאוּי לֶאֱכֹול:
Car il est écrit : un homme selon ce qu'il mange (Exode 12:4), celui qui est apte à manger.
שֶׁלֹּא לִמְנוּיָיו נִימְנוּ עָלָיו חֲבוּרָה זוֹ וּשְׁחָטָהּ לְשֵׁם חֲבוּרָה אַחֶרֶת:
Cette havura s'est inscrite sur lui, et il l'a abattu pour le nom d'une autre havura.
לַעֲרֵלִים יִשְׂרָאֵל שֶׁמֵּתוּ אֶחָיו מֵחֲמַת מִילָה וְהֵן פְּסוּלִין מִלֶּאֱכֹול פֶּסַח דִּכְתִיב כָּל עָרֵל לֹא יֹאכַל בּוֹ (שָׁם):
Des Israélites dont les frères sont morts à cause de la mila, et ils sont passoul pour manger le Pessa'h, car il est écrit : aucun arel ne mangera de lui (au même endroit).
טְמֵאִים נָמֵי אֲסוּרִים בְּקָדָשִׁים וּבְכָרֵת הֵן עַל אֲכִילָתָן:
Eux aussi sont interdits pour les kodashim, et ils sont en karet pour leur consommation.
הָכָא פְּשִׁיטָא בַּעֲבוֹדָה אַחַת קָאֵי דְּהָא חֲדָא מַחְשָׁבָה הוּא דְּאִיכָּא:
Car il n'y a qu'une seule mahshava.
רֵישָׁא נָמֵי בַּעֲבוֹדָה אַחַת כְּלוֹמַר אֲפִילּוּ בַּעֲבוֹדָה אַחַת וּדְלֹא כְּר' מֵאִיר:
C'est-à-dire même dans une seule avoda, et non selon Rabbi Meir.
🗂️ Tossefot (1)
שְׁחָטוֹ שֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו פֵּי' רַשִׁ"י לְחוֹלֶה וְלַזָּקֵן וְאֵין מְנוּיִין עָלָיו אֶלָּא הֵן וְקָשֶׁה אִם כֵּן מַאי אִירְיָא שֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו אַפֵּי' סְתָם נָמֵי פָּסוּל כֵּיוָן שֶׁאֵין לוֹ אוֹכְלִין וְנִרְאֶה דְּמַיְירֵי דְּיֵשׁ נָמֵי מְנוּיִים אֲחֵרִים:
Rachi explique : pour un malade et un vieillard, et personne n'est inscrit sur lui sauf eux. C'est difficile. S'il en est ainsi, pourquoi précisément pas pour ses mangeurs ? Même stam, c'est aussi passoul, puisqu'il n'a pas de mangeurs. Il paraît qu'il s'agit d'un cas où il y a aussi d'autres inscrits.
💡 Explication

Troisième ta chema, une autre michna. Quatre pensées à la shehita rendent le Pessa'h passoul : shelo le-okhlav, des gens qui ne mangent pas un kezayit ; shelo le-manuyav, une autre havura que les inscrits ; des arelim, Israélites non circoncis parce que des frères sont morts de la mila ; des temeim, interdits aux kodashim, passibles de karet. Une seule mahshava : donc une seule avoda. La Guemara en tire la même chose pour le début, lishmo et shelo lishmo, à l'encontre de Rabbi Meir.

Tossefot : si les seuls inscrits sont le malade et le vieillard, une shehita stam est déjà passoul, faute de mangeurs. Le cas a donc aussi d'autres inscrits. Le passoul vient de la mahshava shelo le-okhlav.

🖼️ Schéma
Shehita : quatre pensées qui rendent passoul Une seule mahshava. La Guemara en tire : une seule avoda. Shelo le-okhlav malade, vieillard pas un kezayit Exode 12:4 Shelo le-manuyav autre havura que les inscrits groupe nommé Arelim frères morts à cause de la mila aucun arel Temeim interdits aux kodashim karet Tossefot : s'ils sont les seuls inscrits, même une shehita stam est passoul. Il y a donc aussi d'autres inscrits. Le passoul vient de la mahshava.
Quatre pensées de la shehita. Tossefot : d'autres inscrits sont là, sinon même stam serait passoul.
12
מִידִי אִירְיָא?! הָא כִדְאִיתָא וְהָא כִדְאִיתָא: סֵיפָא — בַּעֲבוֹדָה אַחַת, רֵישָׁא — אִי בַּעֲבוֹדָה אַחַת, אִי בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת.

Cela se compare-t-il ?! Ceci comme c'est, et cela comme c'est.

La fin : une seule avoda. Le début : soit une seule avoda, soit deux avodot.

📜 Rachi (4)
מִידִי אִירְיָא וְכִי רְאָיָה הִיא זוֹ:
Et est-ce une preuve ?
סֵיפָא דִּבְמַחֲשָׁבָה אַחַת מַייְרֵי לֵיכָּא לְאוֹקוֹמֵהּ אֶלָּא בַּעֲבוֹדָה אַחַת:
Qui parle d'une seule mahshava : on ne peut l'établir que dans une seule avoda.
רֵישָׁא דְּמַייְרֵי בִּשְׁתֵּי מַחֲשָׁבוֹת אִיכָּא לְאוֹקוּמָא אִי אַף בַּעֲבוֹדָה אַחַת וּדְלֹא כְּר' מֵאִיר:
Qui parle de deux mahshavot : on peut l'établir soit même dans une seule avoda, et non selon Rabbi Meir.
אִי בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת וְלֹא בַּעֲבוֹדָה אַחַת וְר' מֵאִיר:
Et non dans une seule avoda, et c'est Rabbi Meir.
💡 Explication

Rejet : midi irya. Les deux michnayot n'ont pas à se caler l'une sur l'autre. La fin n'a qu'une mahshava : elle reste une avoda. Le début a deux mahshavot : une seule avoda, et non selon Rabbi Meir, ou deux avodot, selon Rabbi Meir. Rachi : la seconde branche est deux avodot, et une seule avoda n'entre pas dans cette lecture.

13
תָּא שְׁמַע: לְאוֹכְלָיו וְשֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו — כָּשֵׁר. הֵיכִי דָמֵי? אִי נֵימָא בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת, וְטַעֲמָא דְּחָשֵׁיב בִּזְרִיקָה, דְּאֵין מַחְשְׁבֶת אוֹכְלִין בִּזְרִיקָה —

Viens et entends. Pour ses mangeurs et pas pour ses mangeurs : kacher.

Comment est le cas ? Si tu dis : dans deux avodot, et la raison est qu'il a pensé à la zerika, car il n'y a pas de mahshava des mangeurs à la zerika,

📜 Rachi (3)
לְאוֹכְלָיו וְשֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו כְּדִמְפָרֵשׁ וְאָזֵיל:
Comme il l'explique en poursuivant.
הֵיכִי דָּמֵי אִי נֵימָא בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת שְׁחָטוֹ לְאוֹכְלָיו ע"מ לִזְרוֹק שֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו וְאַשָּׁמְעִי' דְּכָשֵׁר:
Il l'a abattu pour ses mangeurs, à condition de jeter pas pour ses mangeurs, et cela nous apprend que c'est kacher.
וְטַעְמָא מַאי מִשּׁוּם דְּאֵין מַחֲשֶׁבֶת אוֹכְלִין אֵין מַחֲשֶׁבֶת פְּסוּל הָאֳוכָלִין כְּגוֹן חוֹלֶה וְזָקֵן פּוֹסֶלֶת בִּזְרִיקָה דְּבִשְׁחִיטָה הוּא דִּכְתִיבִי אוֹכְלִין לְפִי אָכְלוֹ תָּכֹוסּוּ וְהַייְנוּ תִּשְׁחוֹט כִּדְמִתַּרְגְּמֵי' וְשָׁחַט וְיִכּוֹס:
Il n'y a pas de mahshava de passoul des mangeurs, par exemple un malade et un vieillard, qui rende passoul à la zerika. Car c'est à la shehita que les mangeurs sont écrits : selon ce qu'il mange, vous compterez (takhosu). Et cela veut dire : vous abattrez, comme le Targoum traduit "et il abattit" par ve-yikhos.
🗂️ Tossefot (1)
אִילֵּימָא בָּב' עֲבוֹדוֹת טַעְמָא דַּחֲשִׁיב בִּזְרִיקָה נִרְאֶה לְרִ"י דְּהָכָא אַייְרֵי אַלִּיבָּא דְּרַבָּה דְּאָמַר לְקַמָּן (פְּסָחִים ד' סא:) שְׁחָטוֹ לְמוּלִין עַל מְנָת שֶׁיִּתְכַּפְּרוּ בּוֹ עֲרֵלִים כָּשֵׁר דִּלְרַב חִסְדָּא דְּאָמַר פָּסוּל לָא מָצֵי מַיְירֵי בִּשְׁתֵּי עֲבוֹדוֹת מִיהוּ לְקַמָּן מַשְׁמַע בַּמַּסְּקָנָא דְּאַף לְרַבָּה פָּסוּל:
Il paraît au Ri qu'ici on parle selon Rabba, qui dit plus loin (Pesachim 61b) : on l'a abattu pour les circoncis, à condition que des arelim soient expiés par lui, kacher. Car selon Rav Hisda, qui dit passoul, on ne peut pas parler de deux avodot. Toutefois, plus loin, la conclusion laisse entendre que même selon Rabba c'est passoul.
💡 Explication

Quatrième ta chema. Le-okhlav et shelo le-okhlav est kacher. Si ce sont deux avodot, shehita pour les mangeurs et zerika pas pour eux, la raison du kacher serait que la mahshava des mangeurs ne rend pas passoul à la zerika. Rachi : le verset des mangeurs est à la shehita, "selon ce qu'il mange, takhosu" (Exode 12:4). Le Targoum rend l'abattage par ve-yikhos. La phrase reste ouverte : le segment suivant tire la conséquence.

Tossefot : cette lecture de deux avodot suit Rabba (Pesachim 61b), shehita pour les circoncis à condition que des arelim en aient la kappara, kacher. Rav Hisda dit passoul : il ne peut pas lire la michna comme deux avodot. Plus loin, la conclusion laisse entendre passoul même selon Rabba.

14
הָא בַּעֲבוֹדָה אַחַת, כְּגוֹן בִּשְׁחִיטָה דְּמַהְנְיָא בַּיהּ מַחְשְׁבֶת אוֹכְלִין — פָּסוּל, וְהָא קַיְימָא לַן מִקְצָת אוֹכְלִין לָא פָּסְלָא!

alors, dans une seule avoda, par exemple à la shehita, où la mahshava des mangeurs agit, c'est passoul. Or nous tenons pour établi : une part des mangeurs ne rend pas passoul !

📜 Rachi (3)
ה"ג בַּעֲבוֹדָה אַחַת כְּגוֹן בִּשְׁחִיטָה דִּמְהַנֵּי' בַּהּ מַחְשְׁבֶת אוֹכְלִין פָּסוּל וְאַפֵּי' כה"ג דְּאָמַר לְאוֹכְלָיו וְשֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו:
Et même dans un cas pareil, où il a dit : pour ses mangeurs et pas pour ses mangeurs.
וְהָא קַיְימָא לַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף סא.):
Plus loin (Pesachim, daf 61a).
מִקְצָת אֳוכָלִין כְּגוֹן הָכָא דְּנִימְנוּ בּוֹ רְאוּיִין לֶאֱכֹול וּשְׁחָטוֹ לְשֵׁם כֻּולָּן כָּשֵׁר דְּהָא כֻּולָּהּ שְׁחִיטָה נָמֵי מִשּׁוּם אֳוכָלִין צְרִיכָה דְּאִי אֶפְשָׁר לִכְזַיִת בָּשָׂר בְּלֹא שְׁחִיטָה וּלְקַמָּן מְפָרֵשׁ מַאי שְׁנָא דְּלִשְׁמוֹ וְשֶׁלֹּא לִשְׁמוֹ פָּסוּל וּלְאוֹכְלָיו וְשֶׁלֹּא לְאוֹכְלָיו כָּשֵׁר:
Par exemple ici : des gens aptes à manger se sont inscrits sur lui, et on l'a abattu pour le nom de tous, c'est kacher. Car toute la shehita aussi est exigée à cause des mangeurs : un kezayit de viande est impossible sans shehita. Et plus loin, on explique en quoi lishmo et shelo lishmo est passoul, et pour ses mangeurs et pas pour ses mangeurs est kacher.
💡 Explication

Le ha tire la conséquence. Si le kacher des deux avodot vient de ce que la zerika ignore les mangeurs, alors le même mélange dans une seule avoda, la shehita, où cette mahshava agit, serait passoul. Même "pour ses mangeurs et pas pour ses mangeurs".

Cela heurte la règle tenue plus loin (Pesachim 61a) : miktzat okhlin lo pasla. Des gens aptes sont inscrits, on abat pour eux tous, y compris ceux qui ne peuvent pas manger : kacher. Rachi : toute la shehita est exigée pour les mangeurs, puisqu'un kezayit de viande passe par elle. L'écart avec lishmo et shelo lishmo, qui est passoul, sera expliqué plus loin. L'amoud s'arrête sur cette tension.

🖼️ Schéma
Le ha : ce que la raison kacher entraînerait Deux avodot Shehita : le-okhlav Zerika : shelo le-okhlav kacher → Pourquoi kacher la mauvaise pensée est à la zerika les mangeurs : à la shehita Donc, à la shehita le même mélange serait passoul heurté Règle tenue : miktzat okhlin lo pasla. Une part de mangeurs inaptes laisse kacher. Takhosu, Exode 12:4, vise la shehita. Le Targoum rend l'abattage par ve-yikhos.
Si le kacher vient de la zerika, le même mélange à la shehita serait passoul. La règle dite : une part des mangeurs laisse kacher.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).