Sougya : On abat le Pessa'h pour des mulin (circoncis), ร condition que des arelim (incirconcis) obtiennent l'expiation par le sang, lors de la zerika. Rav Hisda dรฉclare l'offrande passoul : cette mahshava a prise ร la zerika.
Rabba la dรฉclare kacher : la mahshava des mangeurs ne rend passoul qu'ร la shehita. Rabba lit la beraรฏta de zot et de ve-khol arel dans le sens d'une kula pour la zerika.
Rav Hisda la lit dans le sens d'une humra. Rav Ashi refuse les deux lectures : kol peut viser n'importe quelle orla, et zot exige une orla totale, ร la shehita comme ร la zerika.
La suite de son explication ouvre le daf 62a.
S'il l'a abattu pour des mulin (circoncis), ร condition que des arelim (incirconcis) obtiennent l'expiation par lui lors de la zerika (aspersion). Rav Hisda dit : passoul.
Rabba dit : kacher. Rav Hisda dit passoul : il y a une mahshava (intention) d'arelim ร la zerika.
Rabba dit kacher : il n'y a pas de mahshava d'arelim ร la zerika.
La shehita vise des mulin inscrits, aptes ร manger. La condition porte sur la zerika : des arelim doivent recevoir la kapara par ce sang. Rav Hisda : cette mahshava rend passoul. Rabba : elle ne rend pas passoul.
Tossefot sรฉpare ce cas du shinui baalim. Abattre pour ses inscrits ร condition que des non-inscrits soient expiรฉs est passoul pour tout le monde. Le dรฉbat vise les inaptes ร manger : arel, et selon le Ri le malade et le vieillard. Le Ri tient que la zerika elle-mรชme, faite au nom d'arelim, reste kacher mรชme pour Rav Hisda. Le passoul de Rav Hisda est la condition posรฉe ร la shehita. Le Riva distingue encore : ร la zerika, seule une mahshava de kapara compte. Une mahshava de donner la viande ร manger n'y a pas de place.
Rabba dit : d'oรน dis-je cela ? Comme on l'a enseignรฉ : on pourrait penser qu'il rend passoul les membres de la havura (groupe) qui viennent avec lui.
Et c'est logique : puisque l'orla (incirconcision) rend passoul et que la tuma (impuretรฉ rituelle) rend passoul, de mรชme que pour la tuma on n'a pas fait d'une tuma partielle l'รฉquivalent d'une tuma totale, de mรชme pour l'orla on n'a pas fait d'une orla partielle l'รฉquivalent d'une orla totale.
Rabba cherche sa source dans une beraรฏta. La crainte : un seul arel dans la havura, par exemple celui dont les frรจres sont morts de la mila, rendrait le Pessa'h passoul pour les mulin inscrits avec lui.
Le premier din compare l'orla ร la tuma. Les deux empรชchent de manger le Pessa'h. Un melange de temeim et de tehorim ne compte pas comme un abattage entier pour des temeim. Donc une orla partielle ne compte pas comme une orla totale. Les mulin du groupe restent couverts.
Ou bien prends ce chemin : puisque l'orla rend passoul et que le zman (temps) rend passoul, de mรชme que pour le zman on a fait d'un zman partiel l'รฉquivalent d'un zman total, de mรชme pour l'orla on a fait d'une orla partielle l'รฉquivalent d'une orla totale.
Le chemin inverse compare l'orla au zman. Penser un seul kezayit hors du temps fait du korban entier un piggul. La part vaut le tout. Si l'on suivait ce modรจle, un seul arel dans la havura rendrait tout le Pessa'h passoul.
Rachi prรฉpare le tri qui vient. Orla et tuma ne jouent pas dans les autres korbanot : un arel et un tame peuvent envoyer leur offrande, l'akhila des propriรฉtaires n'y est pas me'akev.
Voyons ร quoi cela ressemble. On apprend une chose qui ne s'applique pas ร tous les zevahim d'une chose qui ne s'applique pas ร tous les zevahim.
Et que le zman, qui s'applique ร tous les zevahim, ne serve pas de preuve.
Premier choix du modรจle. L'orla et la tuma sont deux passoul qui ne courent pas dans tous les zevahim. On apprend l'une de l'autre. Le zman, lui, vaut pour chaque korban : il ne prouve rien pour l'orla du Pessa'h. Reste donc le cรดtรฉ ou la part ne vaut pas le tout.
Ou bien prends ce chemin. On apprend une chose qui n'a pas รฉtรฉ autorisรฉe hors de sa rรจgle d'une chose qui n'a pas รฉtรฉ autorisรฉe hors de sa rรจgle.
Et que la tuma ne serve pas de preuve, car elle a รฉtรฉ autorisรฉe hors de sa rรจgle.
Second choix. On groupe ce qui n'a jamais reรงu de heter mi-klalo (autorisation en sortie de sa rรจgle). L'orla n'a aucune dรฉrogation : un arel ne mange aucun korban, par kal va-homer du Pessa'h (Yevamot 73a). Le zman non plus : aucun korban ne se mangรฉ hors de son temps. La tuma a une sortie : le Pessa'h de la communautรฉ impure est mangรฉ en tuma. Elle ne prouve donc pas.
Les deux chemins restent ouverts. L'orla ressemble ร la tuma par le champ des korbanot, et au zman par l'absence de dรฉrogation.
Le verset enseigne : "zot" (ceci). Que vient faire "zot" ?
Si tu dis : l'orla totale rend passoul, l'orla partielle ne rend pas passoul, cela sort de "ve-khol arel" (et tout incirconcis) !
Le verset qui tranche est zot hukat ha-Pessa'h (Exode 12:43), dans la section ou se trouve aussi ve-khol arel. Si zot ne faisait que dire : orla de tout le groupe, passoul, orla d'une partie, kacher, le mot kol le dirait dรฉjร .
Rachi lit donc zot sur un autre point : la limite totale / partielle vaut pour la shehita. On pourrait l'รฉtendre ร la zerika. Zot vient fermer cette extension.
Plutรดt, n'est-ce pas ainsi qu'enseigne la beraรฏta : le verset dit "ve-khol arel" : l'orla totale rend passoul, l'orla partielle ne rend pas passoul. Et si tu dis : il en va de mรชme de la zerika, qu'une orla totale, du moins, rend passoul, le verset dit "zot" : c'est ร la shehita qu'une orla totale, du moins, rend passoul, mais ร la zerika, mรชme une orla totale ne rend pas passoul.
Lecture de Rabba. Ve-khol arel : seule l'orla de tout le groupe rend passoul, et cela ร la shehita. Zot est un miut : la mรชme orla totale, placรฉe sur la zerika, ne rend pas passoul. D'oรน sa halakha : il n'y a pas de mahshava d'arelim ร la zerika.
Rachi : l'orla ne frappe qu'une avoda. La shehita est la premiรจre, et c'est elle que le verset lie aux inscrits et aux mangeurs.
Et si tu dis : quelle est la kula (allegeance) de la zerika ? C'est qu'il n'y a pas de mahshava des mangeurs ร la zerika.
Pourquoi faire porter la lรฉgรจretรฉ sur la zerika plutรดt que sur la shehita ? Parce que la Torah a rรฉvรฉlรฉ la mahshava des mangeurs ร la shehita, dans ish lefi okhlo. Cette mahshava n'a pas รฉtรฉ รฉtendue ร la zerika. Zot, mot de miut, se pose donc sur la shehita, et laisse la zerika hors du passoul, mรชme pour une orla totale.
Et Rav Hisda, au contraire, dans l'autre sens : le verset dit "ve-khol arel" : l'orla totale rend passoul, l'orla partielle ne rend pas passoul. Mais la zerika : mรชme une orla partielle rend passoul aussi.
Et si tu dis : il en va de mรชme de la zerika, ร savoir que tant qu'il n'y a pas une orla totale elle ne rend pas passoul, le verset dit "zot" : c'est la shehita dont l'orla partielle ne rend pas passoul, mais la zerika, mรชme une orla partielle rend passoul.
Lecture de Rav Hisda, symรฉtrique et inverse. Ve-khol arel reste la rรจgle de la shehita : seule l'orla totale rend passoul. Zot aggrave la zerika : ร la zerika, une orla partielle suffit ร rendre passoul. D'oรน : il y a une mahshava d'arelim ร la zerika.
Tossefot, au nom du Riva, relรจve dรฉjร la difficultรฉ d'apprendre la zerika depuis la shehita : si la zerika est plus lรฉgรจre, faute de mahshava des mangeurs, le report de la rรจgle et le besoin de zot restent ร justifier. La rรฉponse de Rav Hisda est au segment suivant : la zerika a une humra propre, le piggul.
Et si tu dis : et quelle est la humra (sรฉvรฉritรฉ) de la zerika ? C'est que le piggul ne se fixe que par la zerika.
La humra qui justifie, pour Rav Hisda, de charger la zerika : le piggul ne devient certain qu'ร l'aspersion. Une pensรฉe de manger un kezayit hors du temps, dans l'une des quatre avodot, ouvre le piggul et le karet, mรชme si l'on mange ensuite dans le temps. Encore faut-il qu'aucune avoda suivante n'apporte un autre passoul, par exemple hors du lieu.
Rachi le tire de la gezera shava de ratson (agrรฉment). Comme le korban kacher n'est agrรฉรฉ que lorsque tous ses matirim ont รฉtรฉ offerts en kashrut, le piggul n'est agrรฉรฉ, au sens de son karet, que lorsque tous ses matirim ont รฉtรฉ offerts en piggul ou en kashrut. La zerika est la derniรจre avoda. Jusque-lร , le nom de piggul peut encore tomber.
Rav Ashi attaque cela : d'ou tient-on que ce "ve-khol arel" signifie la totalitรฉ ? Peut-รชtre ce "ve-khol arel" signifie-t-il n'importe quelle mesure d'orla.
Le Misรฉricordieux a รฉcrit "zot" : tant qu'il n'y a pas une orla totale, elle ne rend pas passoul, sans diffรฉrence ร la shehita et sans diffรฉrence ร la zerika. Plutรดt, Rav Ashi a dit : Rav Hisda et Rabba
Rav Ashi รฉcarte les deux lectures. Kol peut vouloir dire kol dehu, n'importe quelle part, et non la totalitรฉ. Alors zot ne sert plus ร sรฉparer shehita et zerika. Il enseigne que l'orla ne rend passoul que lorsqu'elle est totale, et cette rรจgle est la mรชme aux deux avodot.
Rachi remet zot sur la question d'oรนverture de la beraรฏta : un arel ne fait pas tomber les membres aptes qui sont avec lui. Tossefot note que kol = tout ou kol = n'importe quelle part est dรฉjร une mahloket, ร Sanhedrin 78a et ร Bekhorot 3a. On ne renverse pas les deux mots : kol sert ร une autre derasha, et zot rรฉvรจle qu'on ne lit pas kol comme kol dehu. La phrase de Rav Ashi sur Rav Hisda et Rabba continue au daf 62a.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).