Pesachim 62a - l'arel est-il bar kapara, et comment lire la tuma de la baraita

Pesachim 62a

Sougya : L'amoud explique le débat ouvert au feuillet précédent : Rabba et Rav Hisda, sur un Pessa'h abattu pour des circoncis afin que des incirconcis soient expiés par la zerika. Le verset lekhaper alav exige un prochain bar kapara.

Rabba exclut l'arel. Rav Hisda le compte comme bar kapara par un ho'il : il peut se circoncire.

Ce ho'il est confronté à celui qui cuit le Yom Tov pour la semaine : Rav Hisda le refuse pour dispenser des coups, et l'accepte pour rendre le Pessa'h passoul. Mar Zutra demande ensuite à Ravina de quelle tuma la baraita apprend l'arela partielle : chair ou personnes, et en quoi le Pessa'h se sépare des autres zevahim au moment de jeter le sang.

Lekhaper alav : quel prochain rend passoul ? Pour lui, et non pour son prochain. La zerika expie un bar kapara. Rabba Rav Hisda Le prochain doit lui ressembler. Lui : bar kapara. Le prochain : bar kapara. L'arel n'est pas bar kapara. Penser à lui : kacher il est hors de l'expiation L'arel est bar hiyuva. Le Pessa'h lui incombe. Ho'il : s'il veut, il se circoncit. Il compte comme bar kapara. Penser à lui : passoul la zerika vise un apte Rachi : des arelim inscrits, toute la zerika pour eux, tout le monde rend passoul. Le débat : des non-inscrits.
Rabba exige un prochain bar kapara et exclut l'arel. Rav Hisda le tient pour bar kapara, puisqu'il peut se circoncire.
Ho'il : quand l'acte manque, kola ou houmera Cas Acte manquant Rabba Rav Hisda Pessa'h zerika pour un arel sujet de l'amoud oui la mila pas de ho'il kacher ho'il passoul houmera Cuire le Yom Tov pour un jour de semaine non des hÃŽtes peuvent venir ho'il pas de malkot pas de ho'il malkot kola Rabba suit l'acte manquant. Rav Hisda : ho'il pour la houmera, refus pour la kola.
Ho'il de Rabba : seulement si aucun acte ne manque. Ho'il de Rav Hisda : pour la houmera du Pessah, pas pour dispenser des malkot.
Deux lectures de la baraita L'arela partielle s'apprend d'une tuma partielle Ravina : on objecte au nom de tuma Début : chair Un membre impur : on le brûle. Le reste : on le mange. Le partiel n'équivaut pas au tout. ModÚle de l'arela partielle. Fin : personnes Autres zevahim : arel et tamei envoient leur korban. Pessa'h : ils n'envoient pas. Il faut être apte à manger. Autre voie : début et fin, tuma de la chair Autres zevahim Helev impur, chair là : on jette le sang. Chair impure, helev là : on jette le sang aussi. Pessa'h Helev impur, chair là : on jette le sang. Chair impure, helev là : on ne jette pas. Au Pessa'h, le helev pour l'autel ne tient pas lieu de la chair que les propriétaires mangent.
Ravina : le début parle de la chair, la fin des personnes. Autre voie : les deux parlent de la chair, et le Pessah ne jette le sang que si la chair subsiste.
1
ב֌ְהַאי קְך֞א ק֞מ֎י׀֌ַלְג֎י: ׮וְנ֮׹ְש־ה לוֹ לְכַ׀֌ֵך ע֞ל֞יו׎ — ע֞ל֞יו וְלֹא עַל חֲבֵיךוֹ. ךַב֌֞ה ס֞בַך: חֲבֵיךוֹ ד֌ו֌מְי֞א ד֎ידֵיה֌. מ־ה הו֌א ד֌ְבַך כ֌ַ׀֌֞ך֞ה — אַף חֲבֵיךוֹ ד֌ְבַך כ֌ַ׀֌֞ך֞ה, לְאַ׀֌וֹקֵי הַאי ע֞ךֵל ד֌ְל֞או ב֌ַך כ֌ַ׀֌֞ך֞ה הו֌א.

Ils divergent sur ce verset : "Il sera agréé pour lui, pour expier pour lui" : pour lui, et non pour son prochain. Rabba tient : son prochain doit être semblable à lui.

De même que lui est bar kapara (apte à l'expiation), de même son prochain doit être bar kapara. Pour exclure cet arel (incirconcis), qui n'est pas bar kapara.

📜 Rachi (2)
בהאי קךא ׀ליגי וכשיתכ׀ךו בו עךלים דקאמ׹ שאין מנויין עליו קאמך ומשום מחשבת שלא למנוייו קאמ׹י אבל במנויין עליו ושחטו למולים שהן נמי מנויין לז׹וק דמו למנוייו עךלים שבהם לבדם דהויא כולה ז׹יקה לעךלים מנוייו דכולי עלמא ׀סול ובעךלים שאינן מנויין ומשום מחשבת שלא למנוייו ׀ליגי ובהאי קךא דשלא למנוייו בז׹יקה מהכא × ×€×™×§ בכל הקךבנות לכ׀ך עליו היינו ז׹יקה עליו ולא על הזו׹ק לשם חבי׹ו:
Ils divergent sur ce verset. Quand il parle d'arelim qui se feraient expier par lui, il parle d'arelim qui ne sont pas inscrits sur lui, et ils visent une mahshava shelo le-manuyav (pensée pour qui n'est pas inscrit). Mais s'ils sont inscrits sur lui, qu'on a abattu pour des circoncis qui sont eux aussi inscrits, afin de jeter le sang pour les arelim inscrits parmi eux, pour eux seuls, de sorte que toute la zerika soit pour des arelim inscrits : tout le monde rend passoul. Ils divergent au sujet d'arelim qui ne sont pas inscrits, à cause d'une mahshava shelo le-manuyav. Et ce verset, d'où l'on tire shelo le-manuyav pour la zerika, vaut pour tous les korbanot. "Pour expier pour lui", c'est la zerika : pour lui, et non pour celui qui jette au nom de son prochain.
׹בה סבך חבי׹ו ד׀סול משום שינוי בעלים דומיא דידיה בעינן מה הוא דב׹ כ׀ךה כו':
Rabba tient : le prochain rendu passoul à cause du shinui baalim (changement de propriétaire), nous l'exigeons semblable à lui. De même que lui est bar kapara, et la suite.
💡 Explication

Le verset, "pour expier pour lui", vise la zerika. L'expiation vaut pour lui, et elle ne vaut pas pour un autre. Rabba limite le passoul du shinui baalim à un prochain qui est bar kapara. L'arel est hors de l'expiation du Pessa'h : une zerika pensée pour lui laisse le korban kacher.

Rachi place le débat. Des arelim inscrits, si toute la zerika est pour eux, tout le monde rend passoul. La divergence porte sur des arelim non inscrits, au titre de shelo le-manuyav.

🖌 Schéma
Lekhaper alav : quel prochain rend passoul ? Pour lui, et non pour son prochain. La zerika expie un bar kapara. Rabba Rav Hisda Le prochain doit lui ressembler. Lui : bar kapara. Le prochain : bar kapara. L'arel n'est pas bar kapara. Penser à lui : kacher il est hors de l'expiation L'arel est bar hiyuva. Le Pessa'h lui incombe. Ho'il : s'il veut, il se circoncit. Il compte comme bar kapara. Penser à lui : passoul la zerika vise un apte Rachi : des arelim inscrits, toute la zerika pour eux, tout le monde rend passoul. Le débat : des non-inscrits.
Rabba : l'arel n'est pas bar kapara, penser à lui laisse kacher. Rav Hisda : ho'il, il peut se circoncire, penser à lui rend passoul.
2
וְךַב ח֎סְד֌֞א ס֞בַך: הַאי ע֞ךֵל נ֞מֵי, כ֌ֵיו֞ן ד֌ְבַך ח֎י֌ו֌ב֞א הו֌א — ב֌ַך כ֌ַ׀֌֞ך֞ה הו֌א, [הוֹא֎יל] ד֌ְא֎י ב֌֞עֵי מְתַק֌ֵן נַ׀ְשֵׁיה֌.

Et Rav Hisda tient : cet arel aussi, puisqu'il est bar hiyuva (soumis à l'obligation), il est bar kapara, puisque, s'il le veut, il se rend apte.

📜 Rachi (1)
מתקן נ׀שיה מל את ע׊מו:
Il se rend apte : il se circoncit.
💡 Explication

Rav Hisda tient l'arel pour bar hiyuva : le Pessa'h lui incombe. Le ho'il (puisque) ajoute : s'il veut, il se circoncit et devient apte. Il compte donc déjà comme bar kapara, et une zerika pensée pour lui rend le Pessa'h passoul.

3
ו֌מ֎י א֎ית לֵיה֌ לְךַב ח֎סְד֌֞א ׎הוֹא֎יל׎? וְה־א א֎ית֌ְמַך: ה֞אוֹ׀ֶה מ֎י֌וֹם טוֹב לְחוֹל, ךַב ח֎סְד֌֞א א֞מַך: לוֹקֶה. ךַב֌֞ה א֞מַך: אֵינוֹ לוֹקֶה.

Et Rav Hisda a-t-il le ho'il (puisque) ? Or on a enseigné : celui qui cuit le jour de fête pour un jour de semaine, Rav Hisda dit : il reçoit des malkot (coups).

Rabba dit : il ne reçoit pas de malkot.

💡 Explication

Le ho'il que Rav Hisda vient d'employer pour l'arel est confronté à un autre débat. Cuire le Yom Tov pour la semaine : Rav Hisda inflige les malkot, Rabba les écarte.

4
ךַב֌֞ה א֞מַך אֵינוֹ לוֹקֶה: א֞מְך֎ינַן ׎הוֹא֎יל וְא֮י מ֎ק֌ַלְע֎י לֵיה֌ אוֹךְח֎ים חֲזֵי לֵיה֌, הַשְׁת֌֞א נ֞מֵי חֲזֵי לֵיה֌׎ וְל־א ל֞קֵי. ךַב ח֎סְד֌֞א א֞מַך לוֹקֶה: ל־א א֞מְך֎ינַן ׎הוֹא֎יל׎.

Rabba dit qu'il ne reçoit pas de malkot : nous disons "ho'il, si des hÎtes lui arrivent, cela lui est propre ; maintenant aussi, cela lui est propre", et il ne reçoit pas de coups. Rav Hisda dit qu'il reçoit des malkot : nous ne disons pas ho'il.

📜 Rachi (1)
הואיל ואי מיקלעי ליה או׹חים חזי ליה לא לקי ואע"ג דאיהו השתא לא סעד ליה ולא ש׹יך למידי:
Puisque, si des hÎtes lui arrivent, cela lui est propre, il ne reçoit pas de coups. Et ce, même si lui, maintenant, n'en mange pas et n'en a aucun besoin.
💡 Explication

Pour Rabba, la cuisson du Yom Tov peut encore servir le jour même : des hÎtes peuvent arriver. L'acte a donc un usage permis, et les malkot tombent. Rav Hisda refuse ce ho'il.

5
ב֌֎שְׁל֞מ֞א ד֌ְךַב֌֞ה אַד֌ְךַב֌֞ה ל־א קַשְׁי֞א: ה־כ־א מְחו֌ס֌֞ך מַעֲשֶׂה, ה֞ת֞ם ד֌ְל֞א מְחו֌ס֌֞ך מַעֲשֶׂה. אֶל֌֞א ד֌ְךַב ח֎סְד֌֞א אַד֌ְךַב ח֎סְד֌֞א קַשְׁי֞א! א־מְ׹֮י: כ֌֎י לֵית לֵיה֌ לְךַב ח֎סְד֌֞א ׎הוֹא֎יל׎ — לְקו֌ל֌֞א, לְחו֌מְך֞א — א֎ית לֵיה֌.

Passe encore pour Rabba face à Rabba, il n'y a pas de difficulté : ici, un acte manque ; là, aucun acte ne manque. Mais Rav Hisda face à Rav Hisda, c'est difficile !

On dit : quand Rav Hisda n'a pas le ho'il, c'est pour la kola (souplesse) ; pour la houmera (rigueur), il l'a.

📜 Rachi (3)
אלא ד׹ב חסדא קשיא השתא היכא דלא מחוסך מעשה כגון זימון או׹חים דלאו מעשה הוא לית ליה הואיל הכא גבי עךל דמחוסך מעשה אית ליה הואיל:
Mais Rav Hisda est difficile. Maintenant, là où aucun acte ne manque, comme inviter des hÎtes, ce qui n'est pas un acte, il n'a pas le ho'il. Ici, pour l'arel, où un acte manque, il aurait le ho'il.
לקולא ל׀וטךו ממלקות:
Pour la kola : pour l'exempter des malkot.
לחומ׹א ל׀סול ב׀סחים:
Pour la houmera : pour rendre passoul dans les pessahim.
🗂 Tossefot (2)
האי מחוסך מעשה כו' הקשה ׹יב"א דב׀' אלו עובךין (׀סחים דף מז:) מסיק כתישה בי"ט מי שךי משמע אי הוה שךי אמ׹ינן הואיל אע"ג דמחוסך מעשה ותיךץ ך"י דהאי מעשה דמילה חשיב ט׀י:
Cet acte qui manque, etc. Riva objecte : au chapitre Elou Ovrin (Pessahim 47b), on conclut : "piler le jour de fête, est-ce permis ?" On entend que, si c'était permis, on dirait ho'il, bien qu'un acte manque. Ri répond : cet acte de la mila (circoncision) est plus considérable.
כי לית ליה לקולא וכו' נ׹אה ד׹ב חסדא לא ׀סל אלא מד׹בנן דמדאו׹יי' לא שייך לחלק בין לחומ׹א בין לקולא ומדאו׹יי' לא אמ׹ינן הואיל כלל א׀י' לחומ׹א וכן מוכח ב׹"×€ שני שעיךים (יומא דס"ב:) דקאמ׹ ׹בינא השתא דאמ׹ ך"ח מחוסך הג׹לה כמחוסך מעשה דמי ×€×™' אם שחט שעיך יום הכ׀וךים בחוץ היה ׀טוך משום דמחוסך הג׹לה אי לאו משום דחזי לשעיך חישון שלמים ששחטן קודם ׀תיחת ההיכל ׀טוך מחוסך ׀תיחה כמחוסך מעשה דמי אלמא לית ליה הואיל א׀ילו לחומ׹א ואין להקשות אי מד׹בנן היאך יתחייב ׀סח אח׹ הא קמייתי חולין לעזךה לא היא כיון דלא יז׹וק הדם אינו יושא ומותך ל׊את באח׹ וכן מוכח בכישד שולין דאמ׹ ׹ב לא ז׹ק את הדם חייב לעשות ׀סח אח׹ כו' (תימה דהשתא ל׹ב אשי דמחשבת עךלים המנויין לכ"×¢ ׀סל אף בז׹יקה וכשאינם מנויין איכא מאן דמכשך וסבךא משמע אי׀כא דהשתא כשאינה מנויין לא ׀סלה כ"ש במנויין):
Quand il ne l'a pas pour la kola, etc. Il paraît que Rav Hisda ne rend passoul que mi-derabbanan (par décret des sages). Mi-deoraita (au niveau de la Torah), on ne sépare pas la houmera de la kola, et mi-deoraita on ne dit ho'il en aucun cas, même pour la houmera. C'est aussi prouvé au début du chapitre Shnei Seirim (Yoma 62b), où Ravina dit : maintenant que Rav Hisda a dit, celui à qui manque le tirage au sort est comme celui à qui manque un acte. Explication : s'il avait abattu le bouc de Yom Kippour à l'extérieur, il serait exempt, parce qu'il manque le tirage au sort, n'était qu'il est apte au bouc extérieur. Des shelamim abattus avant l'ouverture du Heikhal : exempt. Il manque l'ouverture, ce qui compte comme un acte manquant. On voit qu'il n'a pas le ho'il, même pour la houmera. Et il ne faut pas objecter : si c'est mi-derabbanan, comment serait-il tenu d'un autre Pessa'h ? Il apporterait du houlin (profane) dans l'azara. Réponse : cela ne tient pas. Puisqu'il ne jettera pas le sang, il n'est pas quitte, et il est permis de se rendre quitte par un autre. C'est aussi prouvé dans Keitsad Tsolin, où Rav dit : s'il n'a pas jeté le sang, il est tenu de faire un autre Pessa'h, et la suite. (Difficulté : maintenant, selon Rav Ashi, la mahshava d'arelim inscrits, tout le monde la rend passoul, même à la zerika ; et quand ils ne sont pas inscrits, il y a une opinion qui déclare kacher. Le raisonnement semblerait inverse : maintenant, quand ils ne sont pas inscrits, elle ne rend pas passoul, à plus forte raison quand ils le sont.)
💡 Explication

Ici, l'arel du Pessa'h : la mila manque, c'est un acte, et Rabba ne dit pas ho'il. Là, la cuisson : l'arrivée d'hÎtes n'est pas un acte, et Rabba dit ho'il. Ses deux avis se tiennent.

Rav Hisda paraît à l'envers : il refuse le ho'il là où aucun acte ne manque, et il l'accepte pour l'arel. Réponse : il refuse le ho'il lekoula, pour dispenser des coups. Il l'accepte lehoumra, pour rendre le Pessa'h passoul.

Tossefot : Ri distingue la mila, acte plus considérable, du pilage du grain. Le passoul de Rav Hisda est ensuite lu comme mi-derabbanan. Au niveau de la Torah, le ho'il ne se partage pas entre kola et houmera.

🖌 Schéma
Ho'il : quand l'acte manque, kola ou houmera Cas Acte manquant Rabba Rav Hisda Pessa'h zerika pour un arel sujet de l'amoud oui la mila pas de ho'il kacher ho'il passoul houmera Cuire le Yom Tov pour un jour de semaine non des hÃŽtes peuvent venir ho'il pas de malkot pas de ho'il malkot kola Rabba suit l'acte manquant. Rav Hisda : ho'il pour la houmera, refus pour la kola.
Rabba : ho'il seulement si aucun acte ne manque. Rav Hisda : ho'il pour rendre le Pessa'h passoul, refus pour dispenser des malkot.
6
אֲמַך לֵיה֌ מ־׹ זו֌טְך֞א ב֌ְךֵיה֌ ד֌ְךַב מ־׹֮י לְ׹־ב֮ינ־א: ק֞ת֞נֵי, הוֹא֎יל וְע֞ךְל֞ה ׀֌וֹסֶלֶת וְטו֌מְא֞ה ׀֌וֹסֶלֶת, מ־ה טו֌מְא֞ה לֹא ע֞שׂ֞ה ב֌֞ה֌ מ֎קְ׊֞ת טו֌מְא֞ה כ֌ְכׇל טו֌מְא֞ה — אַף עׇךְל֞ה לֹא ע֞שׂ֞ה מ֎קְ׊֞ת עׇךְל֞ה כ֌ְכׇל עׇךְל֞ה. הַאי טו֌מְא֞ה הֵיכ֎י ד֞מֵי? א֎יל֌ֵימ֞א ב֌ְטו֌מְאַת ג֌ַבְךֵי, ו֌מַאי ׎לֹא ע֞שׂ֞ה ב֌֞ה֌ מ֎קְ׊֞ת טו֌מְא֞ה כ֌ְכׇל טו֌מְא֞ה׎ — ד֌ְא֎י א֎יכ֌֞א אַךְב֌ְע֞ה וְחַמְשׁ֞ה ג֌ַבְךֵי טְמֵא֎ין וְאַךְב֌ְע֞ה וְחַמְשׁ֞ה ג֌ַבְךֵי טְהוֹך֎ין, ל־א ׀֌֞סְל֎י לְהו֌ טְמֵא֎ין ל֎טְהוֹך֎ין,

Mar Zutra, fils de Rav Mari, dit à Ravina : on enseigne : puisque l'arela (l'incirconcision) invalide et que la tuma (l'impureté) invalide, de même que pour la tuma on n'a pas traité une tuma partielle comme toute la tuma, de même pour l'arela on n'a pas traité une arela partielle comme toute l'arela. Cette tuma, comment est-elle ?

Si tu dis : la tuma des personnes, et que signifie "on n'a pas traité en elle une tuma partielle comme toute la tuma" ? S'il y a quatre ou cinq hommes temeim et quatre ou cinq hommes tehorim, les temeim ne rendent pas passoul pour les tehorim,

📜 Rachi (2)
בטומאת גב׹י שנמנו עליו טמאים וטהו׹ים וכד׀ךישית לעיל:
La tuma des personnes : des temeim et des tehorim se sont inscrits sur lui, comme on l'a expliqué plus haut.
לא ׀סלי להן טמאין ל׀סח על הטהו׹ין:
Les temeim ne rendent pas le Pessa'h passoul pour les tehorim.
💡 Explication

Mar Zutra reprend la baraita. Elle apprend l'arela partielle de la tuma partielle : une part d'inaptes ne donne pas au korban le din du tout. PremiÚre lecture : la tuma des personnes inscrites. Quatre ou cinq temeim avec autant de tehorim : les temeim ne rendent pas le Pessa'h passoul pour les tehorim.

7
ג֌ַב֌ֵי עׇךְל֞ה נ֞מֵי ה־א ל־א ׀֌֞סְל֎י, ד֌֎תְנַן: לְמו֌ל֎ין וְלַעֲךֵל֎ים — כ֌֞שֵׁך. מַאי שְׁנ֞א טו֌מְא֞ה ד֌֎׀ְשׁ֎יט֞א לֵיה֌, ו֌מַאי שְׁנ֞א עׇךְל֞ה ד֌֎מְסַ׀֌ְק֞א לֵיה֌?

pour l'arela aussi, ils ne rendent pas passoul, car la michna enseigne : pour des circoncis et des incirconcis, c'est kacher. En quoi la tuma lui est-elle évidente, et en quoi l'arela lui est-elle douteuse ?

🗂 Tossefot (1)
מאי שנא טומאה ד׀שיטא ליה ומאי שנא עךלה דמס׀קא ליה תימה לךשב"א דלמא טומאה ׀שיטא ליה משום דיל׀ינן טומאת גב׹י מטומאת בשך וכי תימא דמשמע ליה דאי ׀שיטא לן בטומאת גב׹י דלא עשה בה מק׊ת טומאה ככל טומאה הוא הדין בעךלה משום דמחד קךא דל׀י אכלו × ×€×§×™ ותו לא הוה שייך למילף מזמן מכל מקום מאי קאמך דנין דב׹ שלא הותך מכללו כו' הא ×¢"כ איכא למילף ט׀י טומאת גב׹י מטומאת בשך דהוי טומאה מטומאה ודמי ליה בכל שד מדנילף טומאת גב׹י מזמן דלא דמי ליה כלל וכיון ד׀שיטא לן בטומאה דגב׹י ׀שיטא לן נמי בעךלה כיון שיש להשוותם והיכי קבעי למילף עךלה מזמן ואומ׹ ך"י דטומאת גב׹י נמי איכא למימ׹ דנילף ט׀י מזמן מדנילף מטומאת בשך משום דדנין ׀סול מחשבה מ׀סול מחשבה ולא תוכיח טומאת בשך דלא הוי ׀סול מחשבה:
En quoi la tuma lui est-elle évidente, et en quoi l'arela lui est-elle douteuse ? Difficulté pour le Rachba : peut-être la tuma lui est-elle évidente parce que nous apprenons la tuma des personnes de la tuma de la chair. Et si tu dis que voici ce qui lui paraît : si la tuma des personnes nous est évidente, qu'on n'y a pas traité une tuma partielle comme toute la tuma, il en va de même pour l'arela, puisqu'elles sortent d'un seul verset, "selon ce qu'il mange", et qu'il n'y aurait plus lieu d'apprendre du zman. De toute façon, que vient-il dire : "on déduit une chose qui n'a pas été permise hors de son interdit", et la suite ? De toute nécessité, on apprend mieux la tuma des personnes de la tuma de la chair, car c'est une tuma apprise d'une tuma, et elle lui ressemble de tout cÎté, que de l'apprendre du zman, qui ne lui ressemble en rien. Et puisque la tuma des personnes nous est évidente, l'arela nous est évidente aussi, puisqu'il y a lieu de les égaler. Comment cherche-t-il à apprendre l'arela du zman ? Ri dit : pour la tuma des personnes aussi, on peut dire qu'on apprend mieux du zman que de la tuma de la chair, parce qu'on déduit un passoul de mahshava (pensée) d'un passoul de mahshava. La tuma de la chair ne sert pas de preuve : elle n'est pas un passoul de mahshava.
💡 Explication

La lecture par les personnes bloque. La michna enseigne déjà : shehita pour des circoncis et des incirconcis, le Pessa'h est kacher. L'arela partielle laisse elle aussi le korban kacher. Les deux cas sont clairs, et la baraita reste à expliquer : pourquoi prouver l'arela par la tuma, et pourquoi l'une est évidente tandis que l'autre est douteuse.

Tossefot, Ri : la tuma des personnes s'apprend du zman, car on rapproche un passoul de mahshava d'un passoul de mahshava. La tuma de la chair est un passoul de la chose elle-même.

🖌 Schéma
Pourquoi la tuma est évidente et l'arela douteuse ? Tuma des personnes 4 ou 5 temeim, 4 ou 5 tehorim les temeim ne rendent pas passoul pour Mar Zutra, c'est clair Arela michna : mulin et arelim kacher le partiel n'invalide pas non plus Les deux partiels laissent kacher. La baraita doit viser une autre tuma.
Tuma des personnes et arela partielle aboutissent au même kacher. Mar Zutra demande pourquoi l'une est évidente et l'autre douteuse.
8
אֶל֌֞א ב֌ְטו֌מְאַת ב֌֞שׂ֞ך, ו֌מַאי לֹא ע֞שׂ֞ה ב֌֞ה֌ מ֎קְ׊֞ת טו֌מְא֞ה כ֌ְכׇל טו֌מְא֞ה? ד֌ְא֎יל֌ו֌ א֎יט֌ַמ֌֎י חַד מֵאֵב֞ך֎ים — הַאי ד֌ְא֎יט֌ַמ֌֎י שׂ֞ךְ׀֎ינַן לֵיה֌, וְא֎יד֌ַךְ — א֞כְל֎ינַן לֵיה֌.

Dis plutÎt : la tuma de la chair. Et que signifie "on n'a pas traité en elle une tuma partielle comme toute la tuma" ?

Si l'un des membres est devenu impur : celui qui est devenu impur, nous le brûlons ; et le reste, nous le mangeons.

💡 Explication

Autre lecture : la tuma de la chair. Un membre impur se brûle, le reste se mange. Le partiel n'a pas reçu le din du tout. C'est le modÚle dont la baraita apprend l'arela partielle.

🖌 Schéma
Tuma de la chair : un membre, pas tout le korban Membre impur on le brûle Le reste on le mange Toute la chair serait interdite Le partiel n'a pas reçu le din du tout. ModÚle proposé pour l'arela.
Un membre impur se brûle, le reste se mange. La tuma partielle n'entraîne pas le din de toute la chair.
9
ב֌ְמַאי אוֹקֵימְת֌֞א — ב֌ְטו֌מְאַת ב֌֞שׂ֞ך? אֵימ֞א סֵי׀֞א: ד֌֞נ֎ין ד֌֞ב֞ך שֶׁאֵינוֹ נוֹהֵג ב֌ְכׇל הַז֌ְב֞ח֎ים מ֎ד֌֞ב֞ך שֶׁאֵינוֹ נוֹהֵג ב֌ְכׇל הַז֌ְב֞ח֎ים, וְאַל יוֹכ֎יחַ זְמַן שֶׁנ֌וֹהֵג ב֌ְכׇל הַז֌ְב֞ח֎ים. ו֌מַאי טו֌מְא֞ה? א֮י נֵימ֞א טו֌מְאַת ב֌֞שׂ֞ך, אַמ֌ַאי אֵינוֹ נוֹהֵג ב֌ְכׇל הַז֌ְב֞ח֎ים?

Sur quoi l'établis-tu ? Sur la tuma de la chair ?

Dis la fin : on déduit une chose qui ne se pratique pas dans tous les zevahim d'une chose qui ne se pratique pas dans tous les zevahim, et que le zman (l'intention hors du temps), qui se pratique dans tous les zevahim, ne serve pas de preuve. Et quelle tuma ?

Si l'on dit la tuma de la chair, pourquoi ne se pratique-t-elle pas dans tous les zevahim ?

💡 Explication

La fin de la baraita serre cette lecture. On apprend une rÚgle absente de tous les zevahim d'une rÚgle du même genre. Le zman, présent dans tous, ne prouve pas. La tuma de la chair se pratique dans tous les sacrifices : elle sort du modÚle que la fin appelle une chose qui ne se pratique pas dans tous les zevahim.

10
אֶל֌֞א ׀֌ְשׁ֎יט֞א ב֌ְטו֌מְאַת ג֌ַבְךֵי, ו֌מַאי אֵינוֹ נוֹהֵג ב֌ְכׇל הַז֌ְב֞ח֎ים? ד֌ְא֎יל֌ו֌ ב֌ְכׇל הַז֌ְב֞ח֎ים — ע֞ךֵל וְט֞מֵא מְשַׁל֌ְח֎ין קׇךְב֌ְנוֹתֵיהֶן, וְא֎יל֌ו֌ ב֌ְ׀ֶסַח — ע֞ךֵל וְט֞מֵא אֵין מְשַׁל֌ְח֎ין ׀֌֎סְחֵיהֶן. ךֵישׁ֞א ב֌ְטו֌מְאַת ב֌֞שׂ֞ך וְסֵי׀֞א ב֌ְטו֌מְאַת ג֌ַבְךֵי!

Dis plutÎt, c'est évident : la tuma des personnes. Et que signifie "elle ne se pratique pas dans tous les zevahim" ?

Dans tous les zevahim, l'arel et le tamei envoient leurs korbanot ; pour le Pessa'h, l'arel et le tamei n'envoient pas leurs pessahim. Le début porterait sur la tuma de la chair, et la fin sur la tuma des personnes !

📜 Rachi (2)
אלא ׀שיטא בטומאת גב׹י שא׀ילו ׀סח שלא הותך ליחיד טמא לשלח ׀סחו לעזךה לשחוט הותך לשיבו׹ טמאין להביא ׀סחיהן בטומאה אם ׹ובן טמאין נמ׊א שהותךה מכלל איסוךה:
Dis plutÎt, c'est évident : la tuma des personnes. Même le Pessa'h, qui n'a pas été permis à un particulier tamei d'envoyer son Pessa'h à l'azara pour qu'on l'abatte, a été permis à un public de temeim d'apporter leurs pessahim en tuma si la majorité est temea. Il se trouve qu'elle a été permise hors de son interdit.
עךל וטמא משלחין קךבנותיהן בעזךה חוץ מ׀סח דבעינן ׹אוי לאוכלו שאכילת בעליו מעכבת בו דכתיב ל׀י אכלו תכוסו:
L'arel et le tamei envoient leurs korbanot dans l'azara, sauf le Pessa'h, car nous exigeons qu'il soit apte à le manger : la consommation de ses propriétaires fait obstacle en lui, car il est écrit "selon ce qu'il mange, vous compterez".
🗂 Tossefot (2)
עךל משלח קךבנות וטמא משלח כו' כ׹בי עקיבא אתיא דמ׹בי עךל כי טמא בחגיגה (דף ד:) דאי לאו הכי לייתי איהו גו׀יה קךבנותיו וקשה ל׹"י בךיש חגיגה (שם) טמא ׀טוך מן ה׹אייה שנאמך ובאת שמה והבאתם שמה כל שישנו בביאה ישנו בהבאה וכל שאינו כו' משמע דטמא אינו משלח שום ק׹בן דבההוא קךא גו׀יה כתיבי שאך קךבנות עולותיכם וזבחיכם וגו' ואומ׹ ך"י דמכל מקום דווקא בחגיגה שתלויה בביאה ק׀יד קךא ואע"ג דכל הקךבנות כתיבי בק׹א לא קאי אכולהו דהא מעשךות ותךומה כתיבי נמי התם ועוד קשה ל׹"י טמא איך משלח קךבנות והא בעי סמיכה וא׀ילו למאן דאמ׹ ביאה במק׊ת לא שמה ביאה ליכא למימ׹ א׀שך דמעייל ידיה וסמיך דהא ב׀ךק כל ה׀סולים (זבחים דף לג.) אמ׹ינן כל הסומך ךאשו ו׹ובו מכניס מאי טעמא כל כחו בעינן ותיךץ ך"י דהכא מיי׹י בעו׀ות וכן משני בכל הגט (גיטין דף כח:) אי נמי בבכו׹ ומעשך דלא בעי סמיכה כדתנן ׀ךק שתי מדות (מנחות דף שב:) ובק׹בן נשים ליכא לאוקמי משום עךל: [וע"×¢ תוס' יבמות קד:
Un arel envoie des korbanot, et un tamei envoie, et la suite. Cela vient selon Rabbi Akiva, qui étend l'arel comme le tamei, dans Hagiga 4b. Sans cela, il apporterait lui-même ses korbanot. C'est difficile pour Ri, au début de Hagiga, là-même : le tamei est exempt de la reiya (présentation), car il est dit "tu viendras là-bas" et "vous apporterez là-bas" : quiconque est dans la venue est dans l'apport, et quiconque n'y est pas, la suite. On entend que le tamei n'envoie aucun korban, car dans ce verset même sont écrits les autres korbanot : "vos olot et vos zevahim", et la suite. Ri dit : le verset n'est exigeant que pour la hagiga, qui dépend de la venue. Bien que tous les korbanot soient écrits dans le verset, cela ne porte pas sur tous, puisque les maasserot et la teruma y sont aussi écrits. Autre difficulté pour Ri : comment le tamei envoie-t-il des korbanot, alors que la semikha (imposition des mains) est exigée ? Même selon celui qui dit qu'une entrée partielle ne porte pas le nom d'entrée, il n'y a pas lieu de dire qu'il ferait entrer sa main et ferait la semikha. Au chapitre Kol ha-Pesoulim (Zevahim 33a), on dit : quiconque fait la semikha fait entrer sa tête et la majeure partie de son corps. Pourquoi ? Nous exigeons toute sa force. Ri répond : ici on parle d'oiseaux. On répond de même dans Kol ha-Get (Gittin 28b). Ou encore : un bekhor et le maasser, qui n'exigent pas de semikha, comme la michna l'enseigne au chapitre Shtei Midot (Menahot 92b). On ne place pas le cas sur le korban des femmes, à cause de l'arel. [Voir aussi Tossefot Yevamot 104b
ד"ה דאמ׹]
au dibour hamatchil "de-amar".]
💡 Explication

La fin vise la tuma des personnes. Dans les autres korbanot, l'arel et le tamei envoient leur sacrifice, un autre l'offre pour eux. Au Pessa'h, ils n'envoient pas le leur : il faut être apte à le manger, lefi okhlo. Le début parlerait de la chair, la fin des personnes.

Rachi relie "permise hors de son interdit" au Pessa'h du tsibour : si la majorité est temea, le public apporte le Pessa'h en tuma, alors qu'un particulier tamei ne peut pas envoyer le sien.

11
אֲמַך לֵיה֌: א֮ין, שֵׁם טו֌מְא֞ה ק֞א ׀֞ךֵיךְ.

Il lui dit : oui, c'est au nom de tuma qu'il objecte.

💡 Explication

Ravina accepte le décalage. La baraita objecte au nom de tuma, le genre, sans exiger que le début et la fin parlent de la même sorte de tuma.

12
וְא֎יב֌֞עֵית אֵימ֞א: סֵי׀֞א נ֞מֵי ב֌ְטו֌מְאַת ב֌֞שׂ֞ך. ו֌מַאי ׎אֵינוֹ נוֹהֵג ב֌ְכׇל הַז֌ְב֞ח֎ים׎? ד֌ְא֎יל֌ו֌ ב֌ְכׇל הַז֌ְב֞ח֎ים ב֌ֵין שֶׁנ֌֎טְמ֞א חֵלֶב ו֌ב֞שׂ֞ך קַי֌֞ים, ב֌ֵין שֶׁנ֌֎טְמ֞א ב֌֞שׂ֞ך וְחֵלֶב קַי֌֞ים — זוֹךֵק אֶת הַד֌֞ם.

Et si tu veux, dis : la fin aussi porte sur la tuma de la chair. Et que signifie "elle ne se pratique pas dans tous les zevahim" ?

Dans tous les zevahim, que le helev (la graisse) soit devenu impur et que la chair subsiste, ou que la chair soit devenue impure et que le helev subsiste, on jette le sang.

📜 Rachi (1)
ואיבעית אימא לעולם בטומאת בשך ומאי אינו נוהג בכל הזבחים אין מנהגא בשאך זבחים שוה למנהגא ב׀סח דאילו בשאך זבחים ל׹' יהושע דאמ׹ בכישד שולין (לקמן ׀סחים דף עז.) אם אין בשך אין דם אם בשך קיים לאכילת אדם או חלב קיים לאכילת מזבח זו׹ק את הדם ואילו ׀סח לא מהניא אכילת מזבח לז׹וק דם עליה אלא אם נשתייך כזית בשך כדתנן בכישד שולין:
Et si tu veux, dis. C'est toujours la tuma de la chair. Et que signifie "elle ne se pratique pas dans tous les zevahim" ? La pratique des autres zevahim n'égale pas la pratique du Pessa'h. Dans les autres zevahim, selon Rabbi Yehoshoua, qui dit dans Keitsad Tsolin (plus loin, Pessahim 77a) : s'il n'y a pas de chair, il n'y a pas de sang. Si de la chair subsiste pour la consommation de l'homme, ou si du helev subsiste pour la consommation de l'autel, on jette le sang. Pour le Pessa'h, la consommation de l'autel ne suffit pas pour jeter le sang sur lui : il faut qu'il reste un kazayit de chair, comme la michna l'enseigne dans Keitsad Tsolin.
💡 Explication

Autre voie : la fin parle elle aussi de la chair. Chez les autres zevahim, il reste de la chair pour l'homme ou du helev pour l'autel : on jette le sang. Rachi le rattache à Rabbi Yehoshoua : s'il n'y a pas de chair, il n'y a pas de sang.

13
וְא֎יל֌ו֌ ב֌ְ׀ֶסַח, נ֮טְמ־א חֵלֶב ו֌ב֞שׂ֞ך קַי֌֞ים — זוֹךֵק אֶת הַד֌֞ם, נ֮טְמ־א ב֌֞שׂ֞ך וְחֵלֶב קַי֌֞ים — אֵינוֹ זוֹךֵק אֶת הַד֌֞ם.

Pour le Pessa'h, le helev est devenu impur et la chair subsiste : on jette le sang ; la chair est devenue impure et le helev subsiste : on ne jette pas le sang.

💡 Explication

Au Pessa'h, la consommation des propriétaires fait obstacle. Helev impur et chair pure : on jette le sang. Chair impure et helev pur : on ne jette pas. Le helev seul, nourriture de l'autel, ne tient pas lieu du kazayit que les baalim mangent.

🖌 Schéma
Deux lectures de la baraita L'arela partielle s'apprend d'une tuma partielle Ravina : on objecte au nom de tuma Début : chair Un membre impur : on le brûle. Le reste : on le mange. Le partiel n'équivaut pas au tout. ModÚle de l'arela partielle. Fin : personnes Autres zevahim : arel et tamei envoient leur korban. Pessa'h : ils n'envoient pas. Il faut être apte à manger. Autre voie : début et fin, tuma de la chair Autres zevahim Helev impur, chair là : on jette le sang. Chair impure, helev là : on jette le sang aussi. Pessa'h Helev impur, chair là : on jette le sang. Chair impure, helev là : on ne jette pas. Au Pessa'h, le helev pour l'autel ne tient pas lieu de la chair que les propriétaires mangent.
Autres zevahim : chair ou helev qui reste, on jette le sang. Pessa'h : seule la chair qui reste permet la zerika.
14
ב֌ְמַאי אוֹקֵימְת֌֞א — ב֌ְטו֌מְאַת ב֌֞שׂ֞ך? אֵימ֞א סֵי׀֞א: ד֌֞נ֎ין ד֌֞ב֞ך שֶׁל֌ֹא הו֌ת֌ַך מ֎כ֌ְל֞לוֹ מ֎ד֌֞ב֞ך שֶׁל֌ֹא הו֌ת֌ַך מ֎כ֌ְל֞לוֹ, וְאַל ת֌וֹכ֎יחַ טו֌מְא֞ה שֶׁהֲךֵי הו֌ת֌ְך֞ה מ֎כ֌ְל֞ל֞ה֌. ב֌ְמַאי? א֎ילֵימ֞א

Sur quoi l'établis-tu ? Sur la tuma de la chair ?

Dis la fin : on déduit une chose qui n'a pas été permise hors de son interdit, d'une chose qui n'a pas été permise hors de son interdit, et que la tuma ne serve pas de preuve, puisqu'elle a été permise hors de son interdit. Dans quel cas ?

Si tu dis

📜 Rachi (2)
דנין דב׹ שלא הותך מכללו עךלה במקום שאסךה דהיינו ב׀סח לא הותךה:
On déduit une chose qui n'a pas été permise hors de son interdit : l'arela, à l'endroit où elle interdit, c'est-à-dire au Pessa'h, n'a pas été permise.
מדב׹ שלא הותך מכללן זמן:
D'une chose qui n'a pas été permise hors de son interdit : le zman.
💡 Explication

Si tout est tuma de la chair, la clause suivante reste à lire. On apprend l'arela, jamais permise hors de son interdit au Pessa'h, du zman, jamais permis hors du sien. La tuma ne prouve pas : une permission a été faite dans son interdit. La question "dans quel cas" s'ouvre sur l'amoud suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).