Sougya : L'amoud achรจve la baraitha d'Aherim : circoncis puis incirconcis, le pesah est kacher ; l'ordre inverse est passoul. La Guemara demande si cela suppose que la chehita ne compte qu'ร la fin, comme Rava.
Rabba รฉcarte cette lecture. Abaye place le diffรฉrend sur les deux simanim, et Rabbi Meir reste sur le hatsi matir.
Une mishna nouvelle interdit d'รฉgorger le pesah sur du hamets. Rabbi Shimon rรฉserve le hayav ร une chehita apte, le 14 et pendant la fรชte.
Reish Lakish : le hamets doit appartenir ร celui qui รฉgorge, ou ร celui qui fait la zerika.
Dirons-nous qu'Aherim tiennent que la chehita ne compte qu'ร la fin, et comme Rava ? Car Rava a dit : c'est encore un diffรฉrend.
La baraitha d'Aherim, ร la fin de 62b, distingue l'ordre. Circoncis puis incirconcis : le pesah est kacher. Incirconcis puis circoncis : il est passoul. La Guemara demande si cette distinction suppose einah lishhita ela ba-sof : la chehita ne compte qu'ร son dernier instant.
ร cet instant, une seule formule peut prendre effet. C'est tafos lashon rishon : on retient la premiรจre formule. Rava, ร Zevahim 30a, maintient ce diffรฉrend mรชme quand on parle par moitiรฉs. Rachi identifie Aherim ร Rabbi Meir.
Dรจs lors : s'il a placรฉ les circoncis avant les incirconcis, les circoncis prennent effet, les incirconcis ne prennent pas effet. S'il a placรฉ les incirconcis avant les circoncis, les incirconcis prennent effet, les circoncis ne prennent pas effet.
Consรฉquence de la lecture prรฉcรฉdente. ร la fin de la chehita, la premiรจre dรฉsignation emporte le korban tout entier. Circoncis d'abord : le tout est pour eux, et le pesah reste kacher, car on n'invalide que pour une koula orla, une dรฉsignation entiรจre pour les incirconcis. Incirconcis d'abord : cette dรฉsignation entiรจre est lร , et le pesah est passoul.
Rabba a dit : non. En rรฉalitรฉ, Aherim tiennent que la chehita compte du dรฉbut jusqu'ร la fin.
Et de quoi s'agit-il ici ? Par exemple, il a rรฉsolu dans son cลur pour les deux, tant pour les circoncis que pour les incirconcis ; il a รฉmis de sa bouche "pour les incirconcis", et il n'a pas eu le temps de dire "pour les circoncis" avant que la chehita ne s'achรจve sur "incirconcis".
Et c'est lร -dessus qu'ils divergent. Rabbi Meir tient : nous n'exigeons pas que sa bouche et son cลur concordent.
Les Rabbins tiennent : nous exigeons que sa bouche et son cลur concordent.
Rabba รฉcarte la lecture de Rava. Aherim tiennent yeshna lishhita mi-tehila ve-ad sof : la chehita compte du premier instant au dernier. Les deux formules auraient le temps de prendre effet, si les deux รฉtaient dites.
Le cas est une parole coupรฉe. Le cลur vise les deux groupes. La bouche n'a dit que "pour les incirconcis", et la chehita s'achรจve. Rabbi Meir suit la bouche : le pesah est pour les incirconcis. Les Rabbins exigent piv u-libo shavin, la concordance de la bouche et du cลur.
Et Rabbi Meir tient-il que nous n'exigeons pas que sa bouche et son cลur concordent ? On lui oppose : celui qui a l'intention de dire "terouma" et dit "maaser" ; "maaser", et dit "terouma".
Ou : "je n'entrerai pas dans cette maison", et il dit "dans celle-lร " ; "je ne tirerai pas profit de celui-ci", et il dit "de celui-lร ". Il n'a rien dit, tant que sa bouche et son cลur ne concordent pas.
La Guemara objecte depuis la mishna de Teroumot. Un lapsus, terouma dite ร la place de maaser, ou cette maison dite ร la place de celle-lร , ne produit rien tant que bouche et cลur ne concordent pas. Une mishna anonyme est tenue pour Rabbi Meir. Il exige donc, lร -bas, cette concordance.
Tossefot sรฉparent le vendeur de Kiddoushin 49b. La parole de la vente est juste, et l'intention non dite reste sans effet. Ici, la bouche a glissรฉ. Tossefot ramรจne le cas aux paroles du cลur : la formule รฉmise tombe, parce que c'est une erreur de parole.
Abaye a dit autrement. Le dรฉbut : lorsqu'il a dit "le premier siman pour les circoncis, et le second siman aussi pour les incirconcis", car dans le second siman aussi les circoncis sont petikhim (mรชlรฉs) en lui.
La fin : lorsqu'il a dit "le premier siman pour les incirconcis, le second siman pour les circoncis", car dans le premier siman les circoncis ne sont pas mรชlรฉs en lui.
Abaye dรฉplace le diffรฉrend ร l'intรฉrieur des deux simanim, trachรฉe et oesophage. Dรฉbut de la baraitha : le premier siman est pour les seuls circoncis, le second est pour les incirconcis en y mรชlant les circoncis, petikhim. Aucun siman n'est rรฉservรฉ aux incirconcis.
Fin de la baraitha : le premier siman est pour les seuls incirconcis, le second pour les circoncis. Un siman entier porte alors l'orla. Cette moitiรฉ du matir suffit ร Rabbi Meir pour invalider.
Et Rabbi Meir reste dans sa ligne, car il dit : on rend pigoul par la moitiรฉ du matir. Et les Rabbins restent dans leur ligne, car ils disent : on ne rend pas pigoul par la moitiรฉ du matir.
Rabbi Meir reste sur mefaglin be-hatsi matir. Une mahshava qui invalide, portรฉe sur la moitiรฉ de l'acte qui rend l'offrande permis, suffit. Un seul siman de la chehita est cette moitiรฉ. Les Rabbins exigent les deux simanim : ein mefaglin be-hatsi matir.
L'ordre de la baraitha ne pรจse donc que pour Rabbi Meir. Rachi renvoie ร Menahot : pigoul sur le komets sans la levona, ou l'inverse. Rabbi Meir dit pigoul. Les Sages attendent que tout le matir soit atteint.
Mishna. Celui qui รฉgorge le pesah sur du hamets transgresse un lo ta'ase.
Rabbi Yehouda dit : mรชme le tamid. Rabbi Shimon dit : le pesah, le quatorze, pour son nom, hayav ; pas pour son nom, patour.
Et tous les autres sacrifices, que ce soit pour leur nom ou pas pour leur nom, patour.
Nouvelle mishna. Le verset interdit d'รฉgorger sur du hamets : lo tishhat al hamets. Rabbi Yehouda รฉtend l'interdiction au tamid de l'aprรจs-midi, la veille de Pessa'h.
Rabbi Shimon rรฉserve le hayav ร une chehita rรฉ'ouya, un abattage apte. Le pesah du 14 pour son nom est kacher : hayav. Pas pour son nom, il est passoul : une chehita inapte ne porte pas le nom de chehita, il est patour. Les autres sacrifices du 14, pour leur nom ou non, sont patour. Rachi renvoie ร la suite : au temps oรน l'on est hayav pour le pesah, on ne l'est pas pour eux.
Et pendant la fรชte : pour son nom, patour ; pas pour son nom, hayav. Et tous les autres sacrifices, que ce soit pour leur nom ou pas pour leur nom, hayav.
Sauf la hatat qu'il a รฉgorgรฉe pas pour son nom.
Pendant la fรชte, les statuts du pesah se retournent, parce que l'aptitude de la chehita se retourne. Le pesah lishmรด est hors de son temps : passoul, donc patour. Shelo lishmรด, il vaut shelamim : la chehita est apte, donc hayav.
Les autres sacrifices, pour leur nom ou non, sont kacherim : hayav. Exception : la hatat รฉgorgรฉe pas pour son nom. "Hatat hi" l'exclut. Elle est passoul, et l'interdiction ne la vise pas.
Guemara. Rabbi Shimon ben Lakish a dit : on n'est jamais hayav, tant que le hamets n'appartient pas ร celui qui รฉgorge, ou ร celui qui fait la zerika.
Reish Lakish fixe le propriรฉtaire du hamets. Il doit appartenir au shohet, celui qui รฉgorge, ou au zorek, celui qui fait la zerika du sang. La Mekhilta inclut la zerika ร partir de "le sang de ton sacrifice".
Rachi : le hamets d'un homme รฉtranger ร la havoura, mรชme prรฉsent dans l'azara, ne fait pas passer les รฉgorgeurs sur l'interdiction. Le verset relie l'รฉgorgement ร la lina, laisser jusqu'au matin. Quiconque est dans cette interdiction est dans celle d'รฉgorger. Si l'un des membres possรจde du hamets, tous sont hayav.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).