Sougya : L'amoud achรจve Reish Lakish : le hamets du shohet, du zorek ou d'un membre de la havoura ne rend hayav que s'il est avec lui dans l'azara. Rabbi Yo'hanan rend hayav mรชme hors de l'azara.
La Guemara รฉcarte deux pistes dรฉjร connues, al au sens de ร cรดtรฉ et la hatra'at safek, puis montre pourquoi les deux mahlokot, hamets et pains de toda, restent nรฉcessaires. Rav Oshaya et Rabbi Ami limitent l'interdit ร ceux que vise lo yalin.
Rav Papa y inclut le cohen qui brรปle le helev. Deux baraรฏthot s'opposent ensuite sur la haktara, la melika et le kemitsa.
ou ร l'un des membres de la havoura, et seulement s'il est avec lui dans l'azara. Rabbi Yo'hanan dit : mรชme s'il n'est pas avec lui dans l'azara.
Sur quoi divergent-ils ? Si tu dis qu'ils divergent sur al au sens de ร cรดtรฉ : Rabbi Shimon ben Lakish tient que al signifie ร cรดtรฉ, et Rabbi Yo'hanan tient que nous n'exigeons pas al au sens de ร cรดtรฉ.
Or ils ont dรฉjร divergรฉ lร -dessus une fois !
La phrase continue Reish Lakish, en fin de 63a. Le hamets qui fait passer sur lo tishhat appartient au shohet, au zorek, ou ร un membre de la havoura. Il ajoute : ce hamets est avec lui dans l'azara. Rabbi Yo'hanan rend hayav mรชme hors de l'azara.
Premiรจre piste : le mot al. Pour Reish Lakish, al signifie samukh, ร cรดtรฉ : le hamets est dans le parvis, auprรจs de l'avoda. Pour Rabbi Yo'hanan, le verset n'exige pas cette proximitรฉ. La Guemara rappelle qu'ils ont dรฉjร divergรฉ sur ce mot, ร propos des pains de la toda.
Tossefot, au nom de Ri : le propriรฉtaire du hamets, s'il n'รฉgorge pas et ne jette pas le sang, reste en dehors du lav. Selon Rabbi Yo'hanan, le tenir pour hayav sans acte ferait un lav she-ein bo ma'aseh.
Car nous avons appris dans une mishna : celui qui รฉgorge une toda ร l'intรฉrieur, et son pain est hors du mur, le pain n'a pas รฉtรฉ sanctifiรฉ.
C'est la mahloket dรฉjร dite. La mishna : on รฉgorge la toda dans l'azara, ses le'hem sont hors du mur, le pain ne reรงoit pas la kedousha.
Rachi sรฉpare deux degrรฉs. La parole donne une kedoushat damim : interdit de manger et de jouir, rachat possible si le pain est impur. La chehita donne la kedoushat ha-guf : le pain devient passoul par un tevoul yom, par un mehussar kapara, et par la lina. La mishna parle de ce second degrรฉ : il n'a pas pris.
Que signifie hors du mur ? Rabbi Yo'hanan dit : hors du mur de Beit Pagei.
Mais hors du mur de l'azara, il est sanctifiรฉ, et nous n'exigeons pas al au sens de ร cรดtรฉ. Rabbi Shimon ben Lakish dit : mรชme hors du mur de l'azara, il n'est pas sanctifiรฉ.
Il en ressort que nous exigeons al au sens de ร cรดtรฉ.
Beit Pagei est le mur extรฉrieur de Jรฉrusalem. Hors de ce mur, le pain est hors du lieu des kodashim kalim. Rabbi Yo'hanan : la chehita ne le sanctifie pas lร . Hors de l'azara mais dans Jรฉrusalem, elle le sanctifie. Il n'exige donc pas qu'al signifie ร cรดtรฉ du zevah.
Reish Lakish : mรชme hors du mur de l'azara, le pain reste sans kedoushat ha-guf. Pour lui, al exige la proximitรฉ, dans le parvis.
Plutรดt, ils divergent sur la hatra'at safek. Mais sur cela aussi, ils ont dรฉjร divergรฉ une fois !
Deuxiรจme piste, pour le hamets seul. Le malkout exige une hatra'a, un avertissement. Si le hamets n'est pas visible dans l'azara, l'avertissement "n'รฉgorge pas sur le hamets" est une hatra'at safek : on ignore, au moment de parler, s'il en possรจde.
Rabbi Yo'hanan tiendrait cette hatra'a pour valable, et rendrait hayav mรชme hors de l'azara. Reish Lakish l'รฉcarterait. La Guemara rรฉpond qu'ils ont dรฉjร tranchรฉ ce point ailleurs.
Car il a รฉtรฉ dit : "Serment que je mangerai ce pain aujourd'hui", et le jour a passรฉ sans qu'il l'ait mangรฉ. Rabbi Yo'hanan et Rabbi Shimon ben Lakish disent tous deux : il ne reรงoit pas de malkout.
Rabbi Yo'hanan dit : il ne reรงoit pas de malkout, parce que c'est un lav she-ein bo ma'aseh, une interdiction sans acte, et pour tout lav she-ein bo ma'aseh on ne reรงoit pas de malkout. Mais la hatra'at safek porte le nom de hatra'a.
Le cas dรฉjร jugรฉ : un serment de manger ce pain aujourd'hui. Le jour s'achรจve, il n'a pas mangรฉ. Les deux disent : pas de malkout.
Rabbi Yo'hanan l'exempte parce que la transgression est un non-acte : lav she-ein bo ma'aseh. Rachi la rattache ร lo tissa. En revanche, il tient la hatra'at safek pour une vraie hatra'a. Au milieu du jour, on ignore encore s'il mangera avant la nuit.
Et Rabbi Shimon ben Lakish dit : il ne reรงoit pas de malkout, parce que c'est une hatra'at safek, et la hatra'at safek ne porte pas le nom de hatra'a. Mais pour un lav she-ein bo ma'aseh, on reรงoit des malkout.
Reish Lakish renverse les raisons. L'exemption vient de la hatra'at safek, qu'il ne compte pas comme hatra'a. Un lav sans acte, lui, porte le malkout.
Mรชme dรฉcision, autre motif. Leur diffรฉrend sur la hatra'a est donc dรฉjร fixรฉ. Il ne peut pas รชtre la nouveautรฉ de la mahloket sur le hamets dans l'azara.
Ri lit Rachi autrement que "nous ignorions, donc pas de hatra'a". La hatra'a sert ร sรฉparer shogeg et mezid : le doute qui compte est celui de l'homme averti. Il propose d'arranger Rachi : le mutreh pourra dire qu'il รฉtait shogeg, puisque les avertisseurs ignoraient le hamets.
On dit : en rรฉalitรฉ, ils divergent bien sur al au sens de ร cรดtรฉ, et c'est nรฉcessaire. Car s'ils n'avaient divergรฉ qu'au sujet du hamets, j'aurais dit : c'est dans ce cas que Rabbi Yo'hanan dit que nous n'exigeons pas al au sens de ร cรดtรฉ, parce que c'est une interdiction, et partout oรน elle se trouve, elle se trouve.
Retour ร la premiรจre piste. Ils divergent bien sur al be-samukh. Les deux dossiers sont tserikha : chacun empรชche de lire l'autre trop รฉtroitement.
Si l'on n'avait que le hamets, on limiterait Rabbi Yo'hanan ร l'issour. L'interdit du hamets suit l'objet, oรน qu'il soit. Pour le pain, qui doit recevoir une kedousha, il pourrait exiger le parvis, avec Reish Lakish.
Mais pour sanctifier le pain : il n'est sanctifiรฉ qu'ร l'intรฉrieur. Je dirais qu'il concรจde ร Rabbi Shimon ben Lakish que nous exigeons al au sens de ร cรดtรฉ.
S'il est ร l'intรฉrieur, il est sanctifiรฉ ; sinon, il n'est pas sanctifiรฉ. ร l'instar des kelei sharet.
C'est nรฉcessaire.
Suite de la hava amina. Pour le pain, Rabbi Yo'hanan concรจderait : kedousha seulement bifnim, dans l'azara. Dedans, le pain est sanctifiรฉ. Dehors, non. Modรจle de Rachi : les kelei sharet sanctifient ce qui entre en eux.
Tossefot lit ainsi la comparaison : les kelei sharet ne sanctifient leur contenu que s'ils sont eux-mรชmes dans l'azara. Zevahim 88a le dit en deux temps : de l'intรฉrieur, et dans le parvis.
L'objection de Souka : on pourrait laisser une cruche consacrรฉe hors de l'azara, lร oรน elle ne sanctifie pas, et รฉviter la lina de l'eau. Tossefot rรฉpond par un choix : cruche non consacrรฉe placรฉe dedans, plutรดt que cruche consacrรฉe laissรฉe dehors.
Et si on ne nous avait enseignรฉ que le cas de sanctifier le pain, j'aurais dit : c'est dans ce cas que Rabbi Shimon ben Lakish dit que nous exigeons al au sens de ร cรดtรฉ. S'il est ร l'intรฉrieur, il est sanctifiรฉ ; sinon, il n'est pas sanctifiรฉ.
Mais pour le hamets, il concรจde ร Rabbi Yo'hanan que nous n'exigeons pas al au sens de ร cรดtรฉ, car c'est une interdiction, et partout oรน elle se trouve, elle se trouve. C'est nรฉcessaire.
Sens inverse. Si l'on n'avait que le pain, on limiterait Reish Lakish ร la kedousha : dedans elle prend, dehors elle ne prend pas, comme un kli sharet. Pour le hamets, issour qui suit l'objet partout, il concรฉderait ร Rabbi Yo'hanan.
Les deux enseignements restent donc nรฉcessaires. Chacun empรชche de rรฉduire la mahloket ร un seul dossier.
Rav Oshaya a interrogรฉ Rabbi Ami : s'il n'en a pas, celui qui รฉgorge, et qu'il en a, l'un des membres de la havoura, qu'en est-il ? Il lui a dit : est-il รฉcrit "tu n'รฉgorgeras pas sur ton hamets" ?
Il est รฉcrit "tu n'รฉgorgeras pas sur du hamets".
Reish Lakish a dรฉjร dit, en 63a-63b, que le hamets d'un membre de la havoura suffit. Rachi : Rav Oshaya interroge justement ce point, qu'il n'a pas pour acquis. Il le pose ร Rabbi Ami.
Le shohet n'a pas de hamets. Un inscrit sur le mรชme pesah en a. Rabbi Ami lit le verset : il est รฉcrit al hamets, du hamets, et non "ton hamets". L'interdit ne se limite pas au hamets de celui qui รฉgorge.
Il lui a dit : s'il en est ainsi, mรชme pour quelqu'un au bout du monde ? Il lui a dit : le verset dit "tu n'รฉgorgeras pas" et "il ne restera pas".
"Tu n'รฉgorgeras pas sur du hamets" : ceux qui sont tenus ร son sujet ร cause de "il ne restera pas".
Rav Oshaya pousse la lecture. Si tout hamets compte, celui d'un homme au bout du monde compterait aussi. Rachi prรฉcise le cas qu'il vise : cet homme n'est pas de la havoura, il est pourtant dans l'azara, et l'on a fait hatra'a.
Rabbi Ami referme par le verset. Lo tishhat et lo yalin sont dans le mรชme pasuk. L'interdit du hamets vise ceux que vise "il ne restera pas jusqu'au matin". Les membres de la havoura sont dans bal totiru sur la viande. Un รฉtranger ne l'est pas.
Rav Papa a dit : par consรฉquent, le cohen qui fait brรปler le helev transgresse un lav, puisqu'il est inclus dans la lina des emourim.
Rav Papa tire la consรฉquence. Le cohen qui fait la haktara du helev est dans la linat emurin, laisser les parties ร brรปler jusqu'au matin. Il entre donc dans lo tishhat, mรชme s'il ne mangera pas le pesah.
Rachi fixe l'heure : pas de hamets chez la havoura ร la chehita, du hamets chez le cohen ร la haktara. La zerika รฉtait dรฉjร incluse par la Mekhilta, ร partir du mot sang. La haktara suit la juxtaposition avec lo yalin. Le verset des emourim : le helev de la fรชte ne restera pas jusqu'au matin.
Une baraitha est enseignรฉe conformรฉment ร Rav Papa : celui qui รฉgorge le pesah sur du hamets transgresse un lav. Quand ?
Lorsqu'il appartient ร celui qui รฉgorge, ou ร celui qui fait la zerika, ou ร l'un des membres de la havoura. S'il appartenait ร quelqu'un au bout du monde, on n'est pas tenu ร son รฉgard.
Que ce soit celui qui รฉgorge, celui qui fait la zerika, ou celui qui fait brรปler : hayav. Mais celui qui fait la melika d'un oiseau le quatorze ne transgresse rien.
La baraitha confirme Rav Papa. Hayav : shohet, zorek, membre de la havoura, et aussi le maktir. Le hamets d'un homme au bout du monde : ein zakuk lo, on n'a pas ร en tenir compte.
Exception citรฉe : la melika d'un oiseau le 14. Rachi : c'est l'oiseau du mehussar kapara, offert aprรจs le tamid pour pouvoir manger le pesah le soir. Le 14, les autres zevahim ne portent pas lo tishhat. L'oiseau est l'exemple courant : zav, zava, yoledet, metsora pauvre. La baraitha sera lue selon Rabbi Shimon, qui rend hayav pour les autres zevahim pendant la fรชte, et non le 14.
Et l'on oppose : celui qui รฉgorge le pesah sur du hamets transgresse un lav. Rabbi Yehouda dit : le tamid aussi.
Ils lui ont dit : on n'a dit cela que pour le pesah seul. Quand ?
Lorsqu'il y en a pour celui qui รฉgorge, ou pour celui qui fait la zerika, ou pour l'un des membres de la havoura. S'il y en avait pour quelqu'un au bout du monde, on n'est pas tenu ร son รฉgard.
Deuxiรจme baraitha, introduite par veraminhi, on oppose. Le dรฉbut rejoint la premiรจre : pesah sur du hamets, lav ; propriรฉtaire = shohet, zorek, ou membre ; le bout du monde ne compte pas.
Rabbi Yehouda ajoute le tamid. On lui rรฉpond : l'interdit n'a รฉtรฉ dit que pour le pesah. L'opposition avec la baraitha de Rav Papa se joue dans la suite, sur les avodot.
Que ce soit celui qui รฉgorge, celui qui fait la zerika, celui qui fait la melika, ou celui qui fait la haza'a : hayav. Mais celui qui prรฉlรจve le komets de la minha ne transgresse pas un lav.
Celui qui fait brรปler les emourim ne transgresse pas un lav.
Ici l'opposition devient nette. Cette baraitha rend hayav le molek et le mazzeh, l'aspersion du sang de l'oiseau. Elle rend patour le komets de la minha, et le maktir des emourim.
La baraitha prรฉcรฉdente faisait l'inverse sur deux points : maktir hayav, molek du 14 patour. Rachi : le kemitsa n'a pas le statut de chehita. La haktara des emourim reste hors du lav, pour le pesah le 14 comme pour les autres zevahim pendant la fรชte. La seifa, qui รฉtend l'interdit ร d'autres korbanot, sera opposรฉe ร la reisha "le pesah seul".
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).