Sougya : L'amoud s'ouvre sur deux baraithot qui se contredisent, sur la melika et sur la haktara. La Guemara les ramène toutes deux à Rabbi Shimon : le 14 nissan, seul le pesah ; pendant hol hamoed, les autres sacrifices aussi.
La haktara reste un différend de tannaim, selon qu'on la compare ou non à la chehita. Rabbi Yehouda lit zivhi comme le tamid.
Rabbi Shimon déplace le yod : zevah, le pesah, et zivhai, les autres sacrifices, selon qu'il y a ou non un zevah. Puis la mishna décrit le rite au Temple : trois groupes, relais du sang, hallel, chabbat, et la suspension des bêtes pour les dépouiller.
Difficulté : la melika contredit la melika. Difficulté : la haktara contredit la haktara.
Deux baraithot, déjà citées, se heurtent. L'une fait entrer dans l'interdiction celui qui brûle les parties sacrifiées, la haktara, et en sort celui qui pince la nuque de l'oiseau, la melika. L'autre baraitha renverse les deux avis.
Rachi lit d'abord la seconde comme visant le 14 nissan : on y transgresserait pour la melika comme pour les autres korbanot, et la melika y serait comptée au rang de la chehita.
Et selon ton raisonnement, la baraitha elle-même te ferait difficulté. Car elle enseigne : ils n'ont dit cela que pour le pesah seul.
Et ensuite elle enseigne : aussi bien celui qui égorge, que celui qui fait la zerika, que celui qui fait la melika, que celui qui fait la haza.
Si les deux textes parlaient du même cas, la seconde baraitha se contredirait en elle-même. Son début limite l'interdiction au pesah. Sa suite rend hayav la melika et la haza (aspersion du sang de l'oiseau), actes qui n'existent pas pour le pesah.
Plutôt : celle-ci et celle-là sont Rabbi Shimon. Melika et melika ne font pas difficulté : ici, le quatorze ; ici, pendant hol hamoed.
Et l'une comme l'autre, c'est Rabbi Shimon.
Les deux baraithot sont de Rabbi Shimon. La melika exemptée vise le 14 nissan : ce jour-là, l'interdiction ne porte que sur le pesah. La melika interdite vise hol hamoed : pendant la fête, les autres sacrifices entrent dans l'interdiction.
L'oiseau est nommé parce qu'on le retarde souvent après le tamid. La même loi vaut pour les autres zevahim. Tossefot : cette mention sert aussi à montrer que, à hol hamoed, l'oiseau lui-même rend hayav, ce qui est l'avis de Rabbi Shimon.
Haktara et haktara ne font pas difficulté non plus : c'est un différend de tannaim. Il en est un qui compare la haktara à la chehita, et il en est un qui ne compare pas.
La haktara reste ouverte, à l'intérieur de l'avis de Rabbi Shimon. Un tanna fait un hekesh (comparaison) avec la chehita, parce que les emourim sont disqualifiés s'ils passent la nuit, linat emourim. L'autre tanna limite le verset à la chehita et à la zerika.
Tossefot : même le tanna qui refuse l'hekesh pour la haktara le maintient sur un autre point. L'interdiction ne s'étend pas au hamets de n'importe qui, jusqu'au bout du monde. Pour cela, la comparaison se fait par simple sevara.
Rabbi Yehouda dit : même le tamid, etc. Quelle est la raison de Rabbi Yehouda ?
Il te dit : zivhi, c'est le sacrifice qui M'est réservé. Et lequel est-ce ?
Le tamid.
Le verset dit : tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de zivhi, Mon sacrifice. Rabbi Yehouda y lit le sacrifice qui n'est qu'à Hachem, celui du service fixe : le tamid. De là, l'obligation vise aussi le tamid, lorsqu'on tient du hamets.
Rabbi Shimon dit : le pesah le quatorze, etc. Quelle est la raison de Rabbi Shimon ?
Car il est écrit zivhi, zivhi, deux fois. On y lit : zevah, zivhai.
Le mot zivhi revient dans deux versets, Exode 23, 18 et Exode 34, 25. Rabbi Shimon déplace le yod : un mot devient zevah, le pesah ; l'autre devient zivhai, Mes sacrifices, les autres offrandes. Les deux sont dans la loi, chacun à son moment.
En vue de quelle halakha le Rahmana les a-t-Il séparés l'un de l'autre, et n'a-t-Il pas écrit zivhai ? Pour dire : au temps où il y a un zevah, on n'est pas hayav pour zivhai.
Au temps où il n'y a pas de zevah, on est hayav pour zivhai.
Si la Thora avait écrit une seule fois zivhai, pesah et autres sacrifices auraient été visés ensemble, en tout temps. Les deux mots restent séparés pour fixer le calendrier.
Quand le zevah est là, le 14, jour du pesah, les autres sacrifices restent hors de l'interdiction. Quand ce zevah n'est plus là, pendant la fête, on est hayav pour zivhai, chaque sacrifice offert avec du hamets.
Et pendant la fête, pour son nom, il est patour, etc. La raison, c'est lorsqu'il l'a fait shelo lishmo.
Sans précision, il est patour.
Chez Rabbi Shimon, pendant la fête : un pesah égorgé lishmo (en tant que pesah) laisse patour, car l'offrande est passoul. Egorgé shelo lishmo (sous un autre nom), il est hayav : il vaut alors comme shelamim.
Rachi en tire que le stam, sans parole, laisse patour. Tant que le nom de pesah reste, la chehita n'est pas apte, shehita she-eina reouya. Tossefot citent une autre leçon, celle de Rabbenou Tam, qui pose la question sur lishmo et en sort déjà l'exigence de l'akira.
Pourquoi ? Le pesah, le reste des jours de l'année, est un shelamim.
On en entend : le pesah, le reste des jours de l'année, exige une akira.
Si, le reste de l'année, un pesah devenait shelamim de lui-même, le stam serait une chehita apte, et l'on serait hayav pour le hamets. La mishna ne rend hayav que le cas shelo lishmo. D'où la thèse : il faut une akira, arracher explicitement le nom de pesah.
Rachi maintient la phrase comme une be'aya (question) : décide-t-on ainsi à partir de cette mishna, ou non ?
Rabbi Hiya bar Gamda a dit : cela a été lancé de la bouche du groupe, et ils ont dit : par exemple lorsque les propriétaires étaient impurs d'un mort, et qu'ils sont renvoyés au pesah sheni, car sans précision il se tient au nom de pesah.
Le groupe fixe le cas de la mishna. Les propriétaires sont temee met le 14 nissan, donc renvoyés au pesah sheni, le 14 iyar. Le stam de l'animal reste alors un pesah. Pour l'offrir autrement, il faut une akira.
La phrase du groupe répond à la question de Rachi : la mishna se lit dans ce cas, où le nom de pesah tient encore.
Mishna. Le pesah est égorgé en trois groupes, car il est dit : ils l'égorgeront, toute la communauté de l'assemblée d'Israël.
Kahal, eda, et Israël. Le premier groupe est entré.
La azara s'est remplie. On a fermé les portes de la azara.
On a sonné, on a fait la teroua, et on a sonné.
Trois mots du verset, Exode 12, 6 : kahal (communauté), eda (assemblée), Israël. Chacun fonde un groupe. On remplit la azara (parvis), on ferme les portes, puis la sonnerie du korban : tekia, teroua, tekia.
Rachi : même un public peu nombreux, qui tiendrait en une seule fois, se divise. La division est une mitsva, groupe après groupe.
Les cohanim se tiennent rangée par rangée, et dans leurs mains des bassins d'argent et des bassins d'or. Une rangée toute d'argent, argent ; une rangée toute d'or, or.
Elles n'étaient pas mélangées. Et les bassins n'avaient pas de fond, de peur qu'on les pose et que le sang se coagule.
Les cohanim forment une chaîne, de l'abattage jusqu'à l'autel. Argent et or restent chacun dans sa rangée. Les bassins, bezikhin, sont pointus en dessous : posés à terre, le sang se figerait et ne serait plus apte à la zerika.
Ben Yehoyada lit les trois groupes comme les trois degrés d'Israël, cohanim, leviim, israelim, et les trois sonneries comme les trois patriarches : hesed, gevoura, tiferet. L'argent vise netsa'h, Moché ; l'or vise hod, Aharon. Les lettres finales de eda, kahal, Israël donnent hallel.
L'Israël égorge, et le cohen reçoit. Il le donne à son collègue, et son collègue à son collègue.
Il reçoit le plein, et il rend le vide. Le cohen proche de l'autel le jette d'un seul jet, face au yesod.
La chehita est kacher par un Israël. Recevoir le sang et faire la zerika revient au cohen. Le bassin plein avance vers l'autel ; le bassin vide revient.
Une seule projection, avec le bassin, vers la face qui a un yesod : le nord et l'ouest. Le doigt est réservé à la hatat.
Le premier groupe est sorti, et le second groupe est entré. Le second est sorti, le troisième est entré.
Comme l'acte du premier, ainsi l'acte du second et du troisième. Ils ont lu le hallel.
S'ils ont fini, ils répètent. S'ils ont répété, ils font une troisième fois, bien que, de leurs jours, ils n'aient jamais fait de troisième fois.
Rabbi Yehouda dit : de tous leurs jours, le troisième groupe n'est pas parvenu à : Ahavti ki yishma Hachem, parce que ses gens sont peu nombreux.
Chaque groupe lit le hallel pendant les chehitot. S'ils finissent avant les bêtes, ils reprennent, jusqu'à une troisième lecture. Cette troisième lecture n'a pas eu lieu : les cohanim étaient nombreux et rapides.
Rabbi Yehouda : le troisième groupe, peu nombreux, n'atteint pas, dès la première fois, le verset Ahavti ki yishma Hachem (Tehilim 116, 1). Tossefot, d'après la Tossefta : les Israël égorgent, les leviim lisent. Le Ri accorde ce shir sans vin avec la règle : au moment du korban, le shir va avec le vin ; hors de ce moment, le shir se dit sans vin.
Comme son acte en semaine, ainsi son acte le chabbat, sauf que les cohanim rincent la azara, contre la volonté des Sages. Rabbi Yehouda dit : il y avait une coupe qu'on remplissait du sang du mélange.
On le jetait d'un seul jet sur l'autel. Et les Sages ne l'ont pas suivi.
Le chabbat, le rite reste celui du jour de semaine. Les cohanim ajoutent un rinçage du dallage : ils bouchent le canal, l'eau couvre le marbre, puis ils rouvrent l'orifice. Les Sages s'opposent à ce rinçage le chabbat.
Rabbi Yehouda : avant ce rinçage, une coupe de dam ha-taarovet, le sang mélangé tombé sur le sol, est jetée une fois sur l'autel. Les Sages refusent. Rachi renvoie la raison à la Guemara.
Comment suspend-on et dépouille-t-on ? Des crochets de fer étaient fixés dans les murs et dans les piliers ; c'est à ceux-là qu'on suspend et qu'on dépouille.
Quiconque n'a pas de place pour suspendre et dépouiller : il y avait là de minces bâtons lisses. Il en pose un sur son épaule et sur l'épaule de son collègue, il suspend et il dépouille.
Rabbi Eliezer dit : le quatorze
Deux façons de suspendre le pesah pour le hefchet (la dépouille). Des ankelaot, crochets de fer, aux murs et aux colonnettes de la maison d'abattage. À défaut de place : un bâton mince, écorce retirée, sur deux épaules.
La phrase de Rabbi Eliezer s'arrête ici, sur les mots : le quatorze. La suite est au feuillet 64b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).