Pesachim 64a - Zivhi, l'akira, et les trois groupes du pesah

Pesachim 64a

Sougya : L'amoud s'ouvre sur deux baraithot qui se contredisent, sur la melika et sur la haktara. La Guemara les ramène toutes deux à Rabbi Shimon : le 14 nissan, seul le pesah ; pendant hol hamoed, les autres sacrifices aussi.

La haktara reste un différend de tannaim, selon qu'on la compare ou non à la chehita. Rabbi Yehouda lit zivhi comme le tamid.

Rabbi Shimon déplace le yod : zevah, le pesah, et zivhai, les autres sacrifices, selon qu'il y a ou non un zevah. Puis la mishna décrit le rite au Temple : trois groupes, relais du sang, hallel, chabbat, et la suspension des bêtes pour les dépouiller.

Deux baraithot, toutes deux Rabbi Shimon La melika suit le jour. La haktara reste un différend de tannaim. Melika : patour 14 nissan Première baraitha, qui exempte L'oiseau est cité, et de même les autres zevahim Ce jour-là, seul le pesah Melika : hayav Hol hamoed Fin de la seconde baraitha Shehita, zerika, melika, haza Même obligation que la chehita Début de la baraitha : le 14 Haktara : tannaim, selon Rabbi Shimon Hekesh à la chehita À cause de linat emourim La haktara entre dans l'interdiction Sans cet hekesh Le verset dit : chehita Zerika tirée de dam zivhi La haktara reste hors du verset
Melika : patour le 14 nissan, hayav pendant hol hamoed. Haktara : un tanna la compare à la chehita, un tanna s'en tient à la chehita et à la zerika.
Zivhi : Rabbi Yehouda et Rabbi Shimon Exode 23, 18 et Exode 34, 25. Le yod passe d'un mot à l'autre. Rabbi Yehouda Zivhi : le sacrifice qui M'est réservé C'est le tamid Hayav même pour le tamid si l'on tient du hamets Rabbi Shimon Zivhi, zivhi : deux versets On lit : zevah, et zivhai Zevah = le pesah Zivhai = les autres sacrifices 14 nissan : il y a zevah Le pesah est là Pas de hayav pour zivhai Les autres sacrifices sont exclus Moed : il n'y a pas de zevah Le temps du pesah est passé Hayav pour zivhai Tout sacrifice, avec du hamets Pesah pendant le moed : lishmo, patour. Shelo lishmo, hayav. Le stam reste à trancher : akira, ou pesah sheni.
Rabbi Yehouda : zivhi désigne le tamid. Rabbi Shimon : zevah le 14, zivhai le reste du temps, quand le pesah n'est plus là.
Le pesah dans la azara : trois groupes Kahal, eda, Israël. Exode 12, 6. Ordre d'un groupe 1. Entrée, jusqu'à remplir la azara 2. On ferme les portes 3. Tekia, teroua, tekia 4. Chehita, pendant le hallel 5. S'ils finissent : 2e lecture 6. Sortie. Le groupe suivant entre Trois fois de suite, même rite Chabbat : le même déroulement Rinçage de la azara : contre les Sages Trajet du sang Israël : chehita Cohen : reçoit dans le bassin Plein : vers l'autel, de main en main Vide : revient en sens inverse Une zerika, face au yesod Nord et ouest de l'autel Rangée d'argent, rangée d'or Bassins sans fond plat Sinon le sang se coagule Dépouille : crochets de fer aux murs et aux colonnettes. Sans place : bâton mince sur deux épaules, puis on suspend.
Trois groupes dans la azara. Sonnerie, hallel, relais du sang jusqu'au yesod, au nord et à l'ouest.
1
קשיא מליקה אמליקה, קשיא הקטרה אהקטרה!

Difficulté : la melika contredit la melika. Difficulté : la haktara contredit la haktara.

📜 Rachi (1)
קשיא מליקה אמליקה דס"ד בארבעה עשר קאמר וקתני דעבר אמליקה דומיא דשאר קרבנות ועוד דקא חשיב ליה כשחיטה:
Difficulté, melika contre melika. Car on aurait pensé qu'il parle du quatorze, et le texte enseigne qu'il transgresse pour la melika, à l'image des autres sacrifices. Et de plus, il la compte comme une chehita.
💡 Explication

Deux baraithot, déjà citées, se heurtent. L'une fait entrer dans l'interdiction celui qui brûle les parties sacrifiées, la haktara, et en sort celui qui pince la nuque de l'oiseau, la melika. L'autre baraitha renverse les deux avis.

Rachi lit d'abord la seconde comme visant le 14 nissan : on y transgresserait pour la melika comme pour les autres korbanot, et la melika y serait comptée au rang de la chehita.

2
ולטעמיך, תיקשי לך היא גופא. דקתני: לא אמרו אלא בפסח בלבד, והדר תני: אחד השוחט ואחד הזורק ואחד המולק ואחד המזה!

Et selon ton raisonnement, la baraitha elle-même te ferait difficulté. Car elle enseigne : ils n'ont dit cela que pour le pesah seul.

Et ensuite elle enseigne : aussi bien celui qui égorge, que celui qui fait la zerika, que celui qui fait la melika, que celui qui fait la haza.

📜 Rachi (1)
ה"ג ולטעמיך תיקשי לך היא גופא דקתני רישא לא אמרו אלא פסח בלבד אבל אשאר קרבנות לא מחייב והדר תני אחד המולק ואחד המזה:
Voici la leçon : et selon ton raisonnement, la baraitha elle-même te ferait difficulté. Car le début enseigne : ils n'ont dit cela que pour le pesah seul. Pour les autres sacrifices, il n'est pas hayav. Et ensuite elle enseigne : aussi bien celui qui fait la melika, que celui qui fait la haza.
💡 Explication

Si les deux textes parlaient du même cas, la seconde baraitha se contredirait en elle-même. Son début limite l'interdiction au pesah. Sa suite rend hayav la melika et la haza (aspersion du sang de l'oiseau), actes qui n'existent pas pour le pesah.

3
אלא: הא והא רבי שמעון. מליקה אמליקה לא קשיא: כאן — בארבעה עשר, כאן — בחולו של מועד. ואידי ואידי רבי שמעון היא.

Plutôt : celle-ci et celle-là sont Rabbi Shimon. Melika et melika ne font pas difficulté : ici, le quatorze ; ici, pendant hol hamoed.

Et l'une comme l'autre, c'est Rabbi Shimon.

📜 Rachi (2)
אלא הא והא תרוייהו הנך מתניתא רבי שמעון דמתני' דפטר אשאר קרבנות בארבעה עשר ומחייב עלייהו במועד:
Plutôt, celle-ci et celle-là. Ces deux baraithot sont toutes deux Rabbi Shimon de notre mishna, qui exempte pour les autres sacrifices le quatorze, et qui oblige pour eux pendant la fête.
מליקה אמליקה לא קשיא קמייתא דפטר בארבעה עשר קאי כדתני בה בהדיא ותנא עוף והוא הדין לשאר זבחים אלא משום דאורחיה לעכוביה בו ביום אחר התמיד נקט ליה ורישא דמתניתא בתרייתא דקתני נמי לא אמרו אלא פסח בלבד רבי שמעון אמרה ואארבעה עשר קאי ואחד השוחט כו' דסיפא בחולו של מועד קאמר ואשמעינן חיובא לזורק ולמולק כשוחט דלא תימא שחיטה דווקא:
Melika contre melika ne fait pas difficulté. La première, qui exempte, porte sur le quatorze, comme elle l'enseigne explicitement. Il a enseigné l'oiseau, et il en va de même pour les autres sacrifices. Seulement, parce qu'il est d'usage de le retenir ce jour-là après le tamid, il l'a mentionné. Et le début de la seconde baraitha, qui enseigne aussi : ils n'ont dit cela que pour le pesah seul, Rabbi Shimon l'a dite, et elle porte sur le quatorze. Et le passage : aussi bien celui qui égorge, etc., à la fin, parle de hol hamoed. Il nous apprend l'obligation pour celui qui fait la zerika et pour celui qui fait la melika, au même titre que pour celui qui égorge, afin qu'on ne dise pas : la shehita seulement.
🗂️ Tossefot (1)
הא והא רבי שמעון נראה לר"י דההיא קמייתא לא הוה מצי לאוקומי כרבנן משום דקתני בה אבל המולק את העוף בי"ד אינו עובר בולא כלום אמאי נקט עוף אי לאו דאתא למידק דווקא בי"ד אבל בחול המועד אפילו בעוף נמי מיחייב והיינו כר' שמעון ובקונטרס פי' לעיל טעם אחר אמאי נקט עוף:
Celle-ci et celle-là sont Rabbi Shimon. Il paraît au Ri que cette première baraitha ne pouvait pas être établie selon les Rabbins. Car elle enseigne : mais celui qui fait la melika de l'oiseau le 14 ne transgresse en rien. Pourquoi mentionner l'oiseau, si ce n'est pour faire préciser : le 14 seulement ; pendant hol hamoed, même pour un oiseau, il est hayav. Et c'est l'avis de Rabbi Shimon. Dans le commentaire, plus haut, une autre raison a été donnée pour la mention de l'oiseau.
💡 Explication

Les deux baraithot sont de Rabbi Shimon. La melika exemptée vise le 14 nissan : ce jour-là, l'interdiction ne porte que sur le pesah. La melika interdite vise hol hamoed : pendant la fête, les autres sacrifices entrent dans l'interdiction.

L'oiseau est nommé parce qu'on le retarde souvent après le tamid. La même loi vaut pour les autres zevahim. Tossefot : cette mention sert aussi à montrer que, à hol hamoed, l'oiseau lui-même rend hayav, ce qui est l'avis de Rabbi Shimon.

4
הקטרה אהקטרה נמי לא קשיא — תנאי היא. דאיכא דמקיש הקטרה לשחיטה, ואיכא מאן דלא מקיש.

Haktara et haktara ne font pas difficulté non plus : c'est un différend de tannaim. Il en est un qui compare la haktara à la chehita, et il en est un qui ne compare pas.

📜 Rachi (1)
תנאי היא הני תרתי סתמי תנאי היא ואליבא דרבי שמעון מר מקיש הקטרה לעבודת הדם הואיל וישנו בהלנת אימורין ומר לית ליה האי היקישא דשחיטה קאמר רחמנא וזריקה דמתרביא בהדיא מדם זבחי אבל הקטרה לא:
C'est un différend de tannaim. Ces deux textes anonymes sont un différend de tannaim, et selon Rabbi Shimon. Un maître compare la haktara au service du sang, puisqu'elle est sujette à linat emourim (laisser les parties sacrifiées jusqu'au lendemain). Et un maître n'a pas cet hekesh : Rahmana (le Clément) a dit la chehita, et la zerika, qui est incluse explicitement à partir de dam zivhi (le sang de Mon sacrifice). La haktara, non.
🗂️ Tossefot (1)
ואיכא דלא מקיש חלב לזבח ונהי דלא מקיש להקטרה לענין הכי מקיש דלא אמרינן אפילו אחד בסוף העולם דסברא הוא לאקושי להכי:
Et il en est un qui ne compare pas : le helev (graisse) au sacrifice. Et soit : il ne compare pas pour la haktara. Pour ceci, il compare : nous ne disons pas même un seul au bout du monde. Car il est logique de comparer pour cela.
💡 Explication

La haktara reste ouverte, à l'intérieur de l'avis de Rabbi Shimon. Un tanna fait un hekesh (comparaison) avec la chehita, parce que les emourim sont disqualifiés s'ils passent la nuit, linat emourim. L'autre tanna limite le verset à la chehita et à la zerika.

Tossefot : même le tanna qui refuse l'hekesh pour la haktara le maintient sur un autre point. L'interdiction ne s'étend pas au hamets de n'importe qui, jusqu'au bout du monde. Pour cela, la comparaison se fait par simple sevara.

5
רבי יהודה אומר: אף התמיד וכו׳. מאי טעמא דרבי יהודה? אמר לך: ״זבחי״ — זבח המיוחד לי, ומאי ניהו? תמיד.

Rabbi Yehouda dit : même le tamid, etc. Quelle est la raison de Rabbi Yehouda ?

Il te dit : zivhi, c'est le sacrifice qui M'est réservé. Et lequel est-ce ?

Le tamid.

💡 Explication

Le verset dit : tu n'égorgeras pas sur le hamets le sang de zivhi, Mon sacrifice. Rabbi Yehouda y lit le sacrifice qui n'est qu'à Hachem, celui du service fixe : le tamid. De là, l'obligation vise aussi le tamid, lorsqu'on tient du hamets.

6
רבי שמעון אומר: הפסח בארבעה עשר וכו׳. מאי טעמא דרבי שמעון? דכתיב ״זבחי״ ״זבחי״ תרי זמני, קרי ביה: ״זבח, זבחיי״.

Rabbi Shimon dit : le pesah le quatorze, etc. Quelle est la raison de Rabbi Shimon ?

Car il est écrit zivhi, zivhi, deux fois. On y lit : zevah, zivhai.

📜 Rachi (1)
זבחי זבחי תרי זימני תרי קראי כתיבי שקיל י' דחד מינייהו ושדי אאידך וקרי ביה זבח דהיינו פסח וקרי ביה זבחיי לשאר זבחים:
Zivhi, zivhi, deux fois. Deux versets sont écrits. On prend le yod de l'un et on le reporte sur l'autre. On lit zevah, c'est-à-dire le pesah. Et on lit zivhai, pour les autres sacrifices.
💡 Explication

Le mot zivhi revient dans deux versets, Exode 23, 18 et Exode 34, 25. Rabbi Shimon déplace le yod : un mot devient zevah, le pesah ; l'autre devient zivhai, Mes sacrifices, les autres offrandes. Les deux sont dans la loi, chacun à son moment.

7
למאי הלכתא פלגינהו רחמנא מהדדי ולא כתב ״זבחיי״? למימר: בזמן דאיכא זבח — לא מחייב אזבחיי. בזמן דליכא זבח — מחייב אזבחיי.

En vue de quelle halakha le Rahmana les a-t-Il séparés l'un de l'autre, et n'a-t-Il pas écrit zivhai ? Pour dire : au temps où il y a un zevah, on n'est pas hayav pour zivhai.

Au temps où il n'y a pas de zevah, on est hayav pour zivhai.

📜 Rachi (2)
ואמאי פלגינהו רחמנא ולא כתב זבחיי בחד קרא והכל במשמע בין בפסח בין בשאר זבחים:
Et pourquoi le Rahmana les a-t-Il séparés, et n'a-t-Il pas écrit zivhai dans un seul verset ? Le tout serait compris, le pesah comme les autres sacrifices.
לומר לך בזמן דאיכא זבח דהיינו פסח בארבעה עשר לא מחייב אשאר זבחים:
Pour te dire : au temps où il y a un zevah, c'est-à-dire le pesah le quatorze, on n'est pas hayav pour les autres sacrifices.
💡 Explication

Si la Thora avait écrit une seule fois zivhai, pesah et autres sacrifices auraient été visés ensemble, en tout temps. Les deux mots restent séparés pour fixer le calendrier.

Quand le zevah est là, le 14, jour du pesah, les autres sacrifices restent hors de l'interdiction. Quand ce zevah n'est plus là, pendant la fête, on est hayav pour zivhai, chaque sacrifice offert avec du hamets.

🖼️ Schéma
Pourquoi le verset sépare zevah et zivhai Il y a zevah Temps du pesah, le 14 Pas de hayav pour les autres Zivhai attend l'autre temps Il n'y a pas de zevah Pendant la fête Hayav pour zivhai Chaque sacrifice est visé
Deux temps chez Rabbi Shimon. Le 14, le pesah seul. Pendant la fête, les autres sacrifices.
8
ובמועד לשמו פטור וכו׳. טעמא דשלא לשמו, הא סתמא — פטור.

Et pendant la fête, pour son nom, il est patour, etc. La raison, c'est lorsqu'il l'a fait shelo lishmo.

Sans précision, il est patour.

📜 Rachi (1)
הא סתמא פטור מלא תשחט דאמרינן כל כמה דלא עקר שם פסח מיניה הוא פסח ושחטו בשאר ימות השנה ופסול ושחיטה שאינה ראויה היא:
Sans précision, il est patour, de l'interdit lo tishhat (tu n'égorgeras pas). Car nous disons : tant qu'il n'a pas arraché de lui le nom de pesah, c'est un pesah. Il l'a égorgé le reste des jours de l'année, il est passoul, et c'est une chehita qui n'est pas apte.
🗂️ Tossefot (1)
טעמא שלא לשמו הא סתמא פטור ש"מ כו' זאת גירסת רש"י ואין נראה לר"ת דהא איכא למידק מרישא איפכא וגריס ר"ת הכי לשמו אמאי פטור שלמים לשם פסח קשחיט ש"מ בעי עקירה פירוש דאי לא בעי עקירה אפילו שחט לשמו כשר דשלמים לשם פסח כשר דהא מכשיר לעיל ר' יהושע שוחט אחרים לשמו:
La raison est shelo lishmo ; sans précision, il est patour ; on en entend, etc. Telle est la leçon de Rachi. Rabbenou Tam la rejette, car on peut tirer du début la déduction inverse. Rabbenou Tam lit ainsi : lishmo, pourquoi est-il patour ? Il égorge des shelamim au nom du pesah. On en entend qu'une akira est exigée. Explication : si l'akira n'était pas exigée, même égorgé lishmo ce serait kacher, car des shelamim au nom du pesah sont kacher. En effet, plus haut, Rabbi Yehochoua valide celui qui égorge d'autres offrandes lishmo.
💡 Explication

Chez Rabbi Shimon, pendant la fête : un pesah égorgé lishmo (en tant que pesah) laisse patour, car l'offrande est passoul. Egorgé shelo lishmo (sous un autre nom), il est hayav : il vaut alors comme shelamim.

Rachi en tire que le stam, sans parole, laisse patour. Tant que le nom de pesah reste, la chehita n'est pas apte, shehita she-eina reouya. Tossefot citent une autre leçon, celle de Rabbenou Tam, qui pose la question sur lishmo et en sort déjà l'exigence de l'akira.

9
אמאי? פסח בשאר ימות השנה שלמים הוי! שמעת מינה פסח בשאר ימות השנה בעי עקירה!

Pourquoi ? Le pesah, le reste des jours de l'année, est un shelamim.

On en entend : le pesah, le reste des jours de l'année, exige une akira.

📜 Rachi (1)
בעי עקירה ולא אמרינן סתמיה שלמים הוא ולשון בעיא הוא כלומר פשטינן לה מהכא או לא:
Il exige une akira. Et nous ne disons pas que, sans précision, c'est un shelamim. Et c'est une langue de question : en tirons-nous la décision d'ici, ou non ?
💡 Explication

Si, le reste de l'année, un pesah devenait shelamim de lui-même, le stam serait une chehita apte, et l'on serait hayav pour le hamets. La mishna ne rend hayav que le cas shelo lishmo. D'où la thèse : il faut une akira, arracher explicitement le nom de pesah.

Rachi maintient la phrase comme une be'aya (question) : décide-t-on ainsi à partir de cette mishna, ou non ?

10
אמר רבי חייא בר גמדא: נזרקה מפי חבורה, ואמרו: כגון שהיו בעלים טמאי מת, ונדחין לפסח שני, דסתמיה לשום פסח קאי.

Rabbi Hiya bar Gamda a dit : cela a été lancé de la bouche du groupe, et ils ont dit : par exemple lorsque les propriétaires étaient impurs d'un mort, et qu'ils sont renvoyés au pesah sheni, car sans précision il se tient au nom de pesah.

📜 Rachi (1)
מפי חבורה כולם הודו בדבר זה לאוקומי מתני' דמשמע דבעי למעקר שם פסח מיניה כגון שהיו בעליו טמאין בארבעה עשר דסתמיה לשם פסח שני קאי מש"ה בעי עקירה:
De la bouche du groupe. Tous ont reconnu ceci, pour établir la mishna, qui implique qu'il faut arracher d'elle le nom de pesah : par exemple lorsque ses propriétaires étaient impurs le quatorze. Sans précision, elle se tient au nom du pesah sheni. C'est pourquoi l'akira est exigée.
💡 Explication

Le groupe fixe le cas de la mishna. Les propriétaires sont temee met le 14 nissan, donc renvoyés au pesah sheni, le 14 iyar. Le stam de l'animal reste alors un pesah. Pour l'offrir autrement, il faut une akira.

La phrase du groupe répond à la question de Rachi : la mishna se lit dans ce cas, où le nom de pesah tient encore.

🖼️ Schéma
Pesah hors de son temps : faut-il une akira ? Arracher le nom de pesah pour qu'il vaille shelamim. Mishna Moed, lishmo : patour Shelo lishmo : hayav Donc stam : patour Leçon de Rachi Shehita non apte Question Le reste de l'année le pesah est shelamim Faut-il une akira ? Rachi : langue de question Tranche-t-on d'ici ? Le groupe Propriétaires temee met Renvoyés au pesah sheni Stam : au nom du pesah Rabbenou Tam lit autrement : lishmo, pourquoi patour ? Des shelamim au nom du pesah sont kacher. Donc l'akira est exigée.
Stam patour, question de l'akira, et réponse du groupe : propriétaires impurs, pesah sheni. En bas, la leçon de Rabbenou Tam.
11
מתני׳ הפסח נשחט בשלש כתות, שנאמר: ״ושחטו אותו כל קהל עדת ישראל״, קהל, ועדה, וישראל. נכנסה כת הראשונה, נתמלאה העזרה, נעלו דלתות העזרה, תקעו הריעו ותקעו,

Mishna. Le pesah est égorgé en trois groupes, car il est dit : ils l'égorgeront, toute la communauté de l'assemblée d'Israël.

Kahal, eda, et Israël. Le premier groupe est entré.

La azara s'est remplie. On a fermé les portes de la azara.

On a sonné, on a fait la teroua, et on a sonné.

📜 Rachi (1)
מתני' הפסח נשחט בשלש כיתות פסחי צבור בין שהצבור מועטין ויכולין לישחט כולן בבת אחת מצוה ליחלק לשלש כיתות זו אחר זו:
Mishna. Le pesah est égorgé en trois groupes. Les pesahim de la communauté : même si la communauté est peu nombreuse et qu'ils pourraient tous être égorgés d'un seul coup, c'est une mitsva de se partager en trois groupes, l'un après l'autre.
💡 Explication

Trois mots du verset, Exode 12, 6 : kahal (communauté), eda (assemblée), Israël. Chacun fonde un groupe. On remplit la azara (parvis), on ferme les portes, puis la sonnerie du korban : tekia, teroua, tekia.

Rachi : même un public peu nombreux, qui tiendrait en une seule fois, se divise. La division est une mitsva, groupe après groupe.

12
הכהנים עומדים שורות שורות, ובידיהם בזיכי כסף ובזיכי זהב. שורה שכולה כסף כסף, ושורה שכולה זהב זהב, לא היו מעורבין. ולא היו לבזיכין שוליים, שמא יניחום ויקרש הדם.

Les cohanim se tiennent rangée par rangée, et dans leurs mains des bassins d'argent et des bassins d'or. Une rangée toute d'argent, argent ; une rangée toute d'or, or.

Elles n'étaient pas mélangées. Et les bassins n'avaient pas de fond, de peur qu'on les pose et que le sang se coagule.

📜 Rachi (4)
בזיכי זהב ובזיכי כסף כפות גדולות לקבל בהן הדם:
Bassins d'or et bassins d'argent : de grandes coupes, pour y recevoir le sang.
שכולה כסף כו' בגמ' מפרש טעמא:
Toute d'argent, etc. La Guemara en explique la raison.
ולא היו לבזיכין שוליים רחבין מלמטה אלא חדין תחתיהם כדי שלא יוכלו לישב על הקרקע:
Et les bassins n'avaient pas de fond, large en bas. Ils étaient pointus en dessous, afin de ne pas pouvoir reposer sur le sol.
שמא יניחום כהנים על גבי קרקע עד שיקבלו דם אחר מחמת שהן מרובין וישכחום ויקרוש הדם ולא יהא ראוי לזרוק:
De peur qu'on les pose : les cohanim, sur le sol, jusqu'à ce qu'ils reçoivent un autre sang, parce qu'ils sont nombreux. Ils les oublieraient, le sang se coagulerait, et il ne serait plus apte à être jeté.
🪔 Ben Yehoyada (1)
משנה. הפסח נשחט בשלש כתות. נראה לי בס"ד הטעם כנגד ג' מדרגות של קדושת ישראל שהם כהנים לוים ישראלים, ותקעו והריעו ותקעו כנגד ג' אבות, תקיעה כנגד אברהם שהוא חסד ותרועה כנגד יצחק שהוא גבורה ותקיעה כנגד יעקב שהוא קו הרחמים התפארת הנוטה כלפי חסד. והכהנים עומדים שורות של כסף כנגד משה רבינו ע"ה שהוא בנצח שהוא בקו החסד, ושורות של זהב כנגד אהרון שהוא בהוד שהוא בקו הגבורה. ובזה יתורץ דקדוק אחר מה שאמרו 'שכלה כסף, כסף' וסגי לומר בקיצור 'שורה כולה כסף ושורה כולה זהב'? ובזה ניחא דהכי קאמר שורה שכלה כסף הנה זו היא כסף רוצה לומר כנגד קו הנצח שהוא בסוד כסף ושורה שכלה זהב הנה היא זהב רוצה לומר כקו ההוד שהוא בסוד זהב. ומה שאמרו ולא היו מערבים נראה עיקר הפירוש בזה כמו שנאמר ב'הון עשיר' (משלי י, טו) דרוצה לומר 'כל' שורות של כסף היו עומדין זה בצד זה ולא היו מעורבין שורה של כסף בתוך שורות של זהב או להפך, וזה פשוט. וצריך להבין בשלמא שלשה כיתות רמיזי בקרא אבל הלל היכא רמיז? ונראה לי בס"ד ע דה ק הל י שראל, ס"ת הלל .
Mishna. Le pesah est égorgé en trois groupes. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la raison correspond aux trois degrés de la kedousha d'Israël, qui sont cohanim, leviim et israelim. Ils ont sonné, ils ont fait la teroua, et ils ont sonné : en face des trois patriarches. La tekia en face d'Avraham, qui est hesed (bonté). La teroua en face d'Yitshak, qui est gevoura (rigueur). La tekia en face de Yaakov, qui est la ligne de la miséricorde, tiferet (harmonie), laquelle incline vers le hesed. Et les cohanim se tiennent en rangées d'argent, en face de Moché Rabbenou, paix sur lui, qui est dans netsa'h (victoire), lequel est sur la ligne du hesed ; et des rangées d'or, en face d'Aharon, qui est dans hod (splendeur), lequel est sur la ligne de la gevoura. Par là se résout une autre précision. Ils ont dit : toute d'argent, argent. Il aurait suffi de dire brièvement : une rangée toute d'argent et une rangée toute d'or. Par là, cela s'éclaircit. Voici ce que le texte dit : une rangée qui est toute argent, celle-ci est argent, c'est-à-dire en face de la ligne de netsa'h, qui est dans le sod (sens mystique) de l'argent ; et une rangée qui est toute or, celle-ci est or, c'est-à-dire comme la ligne de hod, qui est dans le sod de l'or. Et ce qu'ils ont dit : ils ne mélangeaient pas. L'explication principale paraît ici comme il est dit au sujet de hon ashir, la fortune du riche (Michlei 10, 15), c'est-à-dire kol, tous : toutes les rangées d'argent se tenaient l'une à côté de l'autre, et l'on ne mélangeait pas une rangée d'argent à l'intérieur des rangées d'or, ni l'inverse. Et cela est simple. Il faut comprendre. Soit : les trois groupes sont alludés dans le verset. Le hallel, où est-il allude ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : eda, kahal, Israël. Les lettres finales, sofei tevot, forment hallel.
💡 Explication

Les cohanim forment une chaîne, de l'abattage jusqu'à l'autel. Argent et or restent chacun dans sa rangée. Les bassins, bezikhin, sont pointus en dessous : posés à terre, le sang se figerait et ne serait plus apte à la zerika.

Ben Yehoyada lit les trois groupes comme les trois degrés d'Israël, cohanim, leviim, israelim, et les trois sonneries comme les trois patriarches : hesed, gevoura, tiferet. L'argent vise netsa'h, Moché ; l'or vise hod, Aharon. Les lettres finales de eda, kahal, Israël donnent hallel.

🖼️ Schéma
Rangées de cohanim, bassins sans fond plat Deux rangées, sans mélange Argent Argent Or Or De la chehita jusqu'à l'autel Une rangée entière d'un seul métal Le bassin ne se pose pas Pointé en dessous Posé, on l'oublierait Le sang se coagule
Rangée d'argent, rangée d'or, sans mélange. Le bassin est pointu : il ne reste pas posé, le sang ne se coagule pas.
13
שחט ישראל, וקבל הכהן. נותנו לחבירו, וחבירו לחבירו. ומקבל את המלא, ומחזיר את הריקן. כהן הקרוב אצל המזבח זורקו זריקה אחת כנגד היסוד.

L'Israël égorge, et le cohen reçoit. Il le donne à son collègue, et son collègue à son collègue.

Il reçoit le plein, et il rend le vide. Le cohen proche de l'autel le jette d'un seul jet, face au yesod.

📜 Rachi (6)
שחט ישראל אם ירצה שהשחיטה כשירה בזרים בכל הקרבנות:
L'Israël a égorgé : s'il le veut. Car la chehita est kacher faite par des zarim (non-cohanim), pour tous les sacrifices.
וקיבל כהן הדם בבזך מצואר הטלה:
Et le cohen a reçu : le sang, dans le bassin, au cou de l'agneau.
נותנו לחבירו שהרי בשורה הן עומדים עד המזבח:
Il le donne à son collègue : car ils se tiennent en rangée jusqu'à l'autel.
מקבל את המלא מיד הנותנו לו ומחזיר את הריקן שחזר אליו מיד כהן הזורק:
Il reçoit le plein : de la main de celui qui le lui donne. Et il rend le vide, qui lui est revenu de la main du cohen qui fait la zerika.
זריקה אחת בבזך עצמו זורק ולא מתנה באצבע שאין לך קרבן טעון אצבע אלא חטאת לבדה כדכתיב באצבעו:
Un seul jet : il jette avec le bassin lui-même, et il n'applique pas avec le doigt. Car tu n'as de korban qui exige le doigt que la hatat seule, comme il est écrit : avec son doigt.
כנגד היסוד ברוחות שבמזבח שהיה יסוד תחתיהן וזורק לזקיפתו של מזבח והוא נופל ליסוד ולפי שאין היסוד מקיף את המזבח אלא את הצפון ואת המערב כדתנן במסכת מדות (פ"ג משנה א) לכך הוצרך לומר כנגד היסוד:
Face au yesod : sur les côtés de l'autel sous lesquels il y avait un soubassement. Il jette vers la face verticale de l'autel, et le sang tombe sur le yesod. Comme le yesod n'entoure l'autel que au nord et à l'ouest, ainsi que l'enseigne le traité Middot (ch. 3, mishna 1), il a fallu dire : face au yesod.
💡 Explication

La chehita est kacher par un Israël. Recevoir le sang et faire la zerika revient au cohen. Le bassin plein avance vers l'autel ; le bassin vide revient.

Une seule projection, avec le bassin, vers la face qui a un yesod : le nord et l'ouest. Le doigt est réservé à la hatat.

🖼️ Schéma
Relais du sang jusqu'au yesod Israël chehita Cohen reçoit Cohen transmet Près de l'autel une zerika Yesod N'et O Sens du plein : vers l'autel. Sens du vide : retour. Le jet se fait avec le bassin, sans le doigt. Le doigt est réservé à la hatat. Le sang touche la face de l'autel et tombe sur le yesod.
De l'Israël au cohen, puis de main en main, jusqu'à une zerika face au yesod, nord et ouest.
14
יצתה כת ראשונה, ונכנסה כת שניה. יצתה שניה, נכנסה שלישית. כמעשה הראשונה כך מעשה השניה והשלישית. קראו את ההלל. אם גמרו — שנו, ואם שנו — שלשו, אף על פי שלא שלשו מימיהם. רבי יהודה אומר: מימיהם של כת שלישית לא הגיעו ל״אהבתי כי ישמע ה׳״, מפני שעמה מועטין.

Le premier groupe est sorti, et le second groupe est entré. Le second est sorti, le troisième est entré.

Comme l'acte du premier, ainsi l'acte du second et du troisième. Ils ont lu le hallel.

S'ils ont fini, ils répètent. S'ils ont répété, ils font une troisième fois, bien que, de leurs jours, ils n'aient jamais fait de troisième fois.

Rabbi Yehouda dit : de tous leurs jours, le troisième groupe n'est pas parvenu à : Ahavti ki yishma Hachem, parce que ses gens sont peu nombreux.

📜 Rachi (5)
כך מעשה השניה ושלישית הכל כאשר אמרנו:
Ainsi l'acte du second et du troisième : tout, comme nous l'avons dit.
קראו את ההלל אכל כיתות קאי:
Ils ont lu le hallel : cela porte sur tous les groupes.
אם גמרו שנו כשהיו מתחילין לשחוט מתחילין לקרות ואם רבו הפסחים ומשך זמן שחיטתן עד שגמרו ועדיין רבים שוחטין חוזרין וקורין שניה:
S'ils ont fini, ils répètent. Quand ils commençaient à égorger, ils commençaient à lire. Si les pesahim étaient nombreux et que le temps de leur chehita se prolongeait jusqu'à ce qu'ils aient fini, et qu'il en restait encore beaucoup en train d'égorger, ils recommencent et lisent une seconde fois.
ואם שנו ועדיין לא גמרה שחיטת פסחי אותה כת שילשו וכן השניה וכן השלישית ואע"פ שלא אירע מעולם ששילשו לפי שהיו שם כהנים מרובין ומהירין במלאכתן:
Et s'ils ont répété : et que la chehita des pesahim de ce groupe n'était pas encore finie, ils font une troisième fois. De même le second, de même le troisième. Bien que cela ne soit jamais arrivé qu'ils fassent une troisième fois, parce qu'il y avait là beaucoup de cohanim, rapides dans leur travail.
לא הגיעו לאהבתי אפילו פעם ראשון:
Ils ne sont pas parvenus à Ahavti : même la première fois.
🗂️ Tossefot (1)
קראו את ההלל פי' לוים דתניא בתוספתא ישראל שוחטין את פסחיהן ולוים קוראים את ההלל קשה לר"י דאמרינן בפ' אין נערכין בערכין (יא.) ובכיצד מברכין (ברכות לה. ושם) אין אומרים שירה אלא על היין והכא חזינן דאיכא שירה בלא נסכים וכן היו מקדשין העזרות בב' תודות ובשיר ואומר ר"י דה"פ אין אומרים שירה בשעת הקרבת קרבן אלא על היין דמשמח א-להים ואנשים דריש ליה ועיקר שתיה ושמחה היינו בשעת אכילה ודומיא דהכי נמי לגבוה בשעת הקרבת קרבן קאמר דאין אומר שירה אלא על היין אבל שלא בשעת הקרבה היו אומרים שירה שלא על היין בכמה דוכתי:
Ils ont lu le hallel. Explication : les leviim. Car il est enseigné dans la Tossefta : les Israélites égorgent leurs pesahim, et les leviim lisent le hallel. C'est difficile pour le Ri. Car nous disons au chapitre Ein Ne'arakhin, dans Arakhin (11a), et dans Keitzad Mevarkhin (Berakhot 35a, et là) : on ne dit le shir (chant) que sur le vin. Et ici nous voyons qu'il y a un shir sans nesakhim (libations). De même, on inaugurait les cours avec deux todot (offrandes de reconnaissance) et avec le shir. Le Ri dit : voici l'explication. On ne dit le shir, au moment de l'offrande d'un korban, que sur le vin. Car il fait une derasha du verset : le vin qui réjouit D.ieu et les hommes. Et l'essentiel de la boisson et de la joie, c'est à l'heure du repas. À cette image, pour le Ciel aussi, à l'heure de l'offrande du korban, il dit qu'on ne dit le shir que sur le vin. Mais hors de l'heure de l'offrande, on disait le shir sans vin, en plusieurs endroits.
💡 Explication

Chaque groupe lit le hallel pendant les chehitot. S'ils finissent avant les bêtes, ils reprennent, jusqu'à une troisième lecture. Cette troisième lecture n'a pas eu lieu : les cohanim étaient nombreux et rapides.

Rabbi Yehouda : le troisième groupe, peu nombreux, n'atteint pas, dès la première fois, le verset Ahavti ki yishma Hachem (Tehilim 116, 1). Tossefot, d'après la Tossefta : les Israël égorgent, les leviim lisent. Le Ri accorde ce shir sans vin avec la règle : au moment du korban, le shir va avec le vin ; hors de ce moment, le shir se dit sans vin.

🖼️ Schéma
Hallel pendant la chehita de chaque groupe 1re lecture On commence avec la chehita Groupe 3 : s'arrête avant Ahavti 2e lecture Si le hallel est fini et qu'on égorge encore On reprend depuis le début 3e lecture Prévue si besoin Jamais arrivée Cohanim nombreux et rapides Rabbi Yehouda : le 3e groupe est peu nombreux. Il n'atteint pas Ahavti, même une fois.
Une lecture, puis une seconde si la chehita dure. La troisième n'a jamais eu lieu. Le troisième groupe n'atteint pas Ahavti.
15
כמעשהו בחול כך מעשהו בשבת, אלא שהכהנים מדיחים את העזרה שלא ברצון חכמים. רבי יהודה אומר: כוס היה ממלא מדם התערובת, זרקו זריקה אחת על גבי המזבח. ולא הודו לו חכמים.

Comme son acte en semaine, ainsi son acte le chabbat, sauf que les cohanim rincent la azara, contre la volonté des Sages. Rabbi Yehouda dit : il y avait une coupe qu'on remplissait du sang du mélange.

On le jetait d'un seul jet sur l'autel. Et les Sages ne l'ont pas suivi.

📜 Rachi (2)
אלא שהכהנים מדיחין העזרה שאמת המים מהלכת בעזרה וכשהן רוצין להדיח העזרה פוקקין את נקב יציאתה והמים פושטין והולכין על גדותיה ומדיחין את כל העזרה שרצפה של שיש היתה כולה ואחר כך פותחין הנקב והמים יוצאים ובערב הפסח מתוך שהדמים מרובים היו מדיחין אותה והכהנים היו מדיחין אותה בשבת שלא ברצון חכמים:
Sauf que les cohanim rincent la azara. Car un canal d'eau traverse la azara. Quand ils veulent la rincer, ils bouchent l'orifice de sa sortie. L'eau se répand, avance sur ses bords, et rince toute la azara, dont le dallage était entièrement de marbre. Ensuite ils ouvrent l'orifice, et l'eau sort. La veille de Pessa'h, comme les sangs étaient abondants, on la rinçait. Et les cohanim la rinçaient le chabbat, contre la volonté des Sages.
מדם התערובות המוטל על הרצפה וטעמא מפרש בגמרא:
Du sang du mélange : celui qui gît sur le dallage. Et la raison est expliquée dans la Guemara.
💡 Explication

Le chabbat, le rite reste celui du jour de semaine. Les cohanim ajoutent un rinçage du dallage : ils bouchent le canal, l'eau couvre le marbre, puis ils rouvrent l'orifice. Les Sages s'opposent à ce rinçage le chabbat.

Rabbi Yehouda : avant ce rinçage, une coupe de dam ha-taarovet, le sang mélangé tombé sur le sol, est jetée une fois sur l'autel. Les Sages refusent. Rachi renvoie la raison à la Guemara.

16
כיצד תולין ומפשיטין? אונקליות של ברזל היו קבועים בכתלים ובעמודים שבהן תולין ומפשיטין. כל מי שאין לו מקום לתלות ולהפשיט — מקלות דקים וחלקים היו שם, מניח על כתפו ועל כתף חבירו, ותולה ומפשיט. רבי אליעזר אומר: ארבעה עשר

Comment suspend-on et dépouille-t-on ? Des crochets de fer étaient fixés dans les murs et dans les piliers ; c'est à ceux-là qu'on suspend et qu'on dépouille.

Quiconque n'a pas de place pour suspendre et dépouiller : il y avait là de minces bâtons lisses. Il en pose un sur son épaule et sur l'épaule de son collègue, il suspend et il dépouille.

Rabbi Eliezer dit : le quatorze

📜 Rachi (4)
אונקליות מסמרים שראשיהן כפופין למעלה קרוק"ש (ווים, אנקולים) בלע"ז:
Crochets : des clous dont la tête est recourbée vers le haut, appelés crochets en langue vernaculaire.
בעמודין אלו עמודין קטנים הרבה וקרויין ננסין כדאמרינן במס' תמיד (פ"ג משנה ה') דתנן בית המטבחיים היה לצפונו של מזבח ועליו שמונה עמודין וקרויין ננסין וקורות של ארז על גביהן ואונקליות של ברזל היו קבועין בהן ושלשה סדרים שבהן תולין ומפשיטין:
Dans les piliers : ce sont des piliers très petits, appelés nansin (colonnettes). Comme nous le disons dans le traité Tamid (ch. 3, mishna 5), où l'on enseigne : la maison d'abattage était au nord de l'autel. Sur elle, huit piliers, appelés nansin, des poutres de cèdre au-dessus d'eux, et des crochets de fer y étaient fixés, et trois rangées sur lesquelles on suspend et on dépouille.
קבועים בעזרה במקום בית המטבחיים:
Fixés : dans la azara, à l'emplacement de la maison d'abattage.
חלקין מחולקין מפוצלות קליפתן:
Lisses : fendus, leur écorce enlevée.
💡 Explication

Deux façons de suspendre le pesah pour le hefchet (la dépouille). Des ankelaot, crochets de fer, aux murs et aux colonnettes de la maison d'abattage. À défaut de place : un bâton mince, écorce retirée, sur deux épaules.

La phrase de Rabbi Eliezer s'arrête ici, sur les mots : le quatorze. La suite est au feuillet 64b.

🖼️ Schéma
Suspendre le pesah pour le dépouiller Crochets de fer Fixés aux murs et aux colonnettes (nansin) Maison d'abattage, nord de l'autel Tamid : huit piliers, trois rangées Sans place au crochet Bâton mince, écorce retirée Sur son épaule et celle du collègue On y suspend, puis on dépouille Rabbi Eliezer : suite au 64b
Crochets fixés, ou bâton sur deux épaules. La maison d'abattage est au nord de l'autel.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).