Pesachim 64b - Trois groupes, les portes, et la zerika du pesah

Pesachim 64b

Sougya : La mishna achève le rite du chabbat : sans bâtons, deux hommes suspendent le pesah bras contre épaule, puis on en sort les emourim et on les fait fumer. Les trois groupes attendent la nuit, sur le mont du Temple, dans le heil, et dans la azara, puis ils rôtissent.

Rabbi Its'hak exige trois groupes de trente, à cause de kahal, eda et Israël. Cinquante hommes suffisent par rotation.

Abaye et Rava se partagent la fermeture des portes : d'elles-mêmes, ou par la main de l'homme. La page nomme le pesah des écrasés, au temps de Hillel, et le pesah serré d'Agrippa, compté par les reins.

Puis la Guemara reprend le service du sang : rangées d'or et d'argent, chehita du zar, holakha, et la zerika du pesah, avec le yesod, apprise de l'ola.

Chabbat : suspendre, attendre, rôtir à la nuit Les bâtons de la mishna précédente ne se préparent pas. Rachi. Suspension Main sur l'épaule du collègue Sa main sur mon épaule Le pesah pend au bras par les tendons du jarret Puis : fendre, emourim, magis, autel Trois lieux, jusqu'à la nuit 1. Mont du Temple 2. Heil, devant le soreg 3. Reste à sa place La nuit : ils sortent et rôtissent Ordre du heil, selon Rachi Soreg côté extérieur Heil entre soreg et mur des femmes Azarat nashim début de la montée
Chabbat : suspension sans bâtons, puis trois lieux d'attente jusqu'à la nuit. Le heil est entre le soreg et le mur de la azarat nashim.
Kahal, eda, Israël : le doute de Rabbi Its'hak Chaque mot vaut dix. Les deux lectures doivent être couvertes. En une seule fois Kahal 10 + eda 10 + Israël 10 Trente présents ensemble Donc chaque groupe : 30 Moins de trente : la chehita manque cette lecture L'un après l'autre Trois groupes de dix qui se succèdent Donc trois groupes sont exigés même si chacun est petit Exigence qui couvre les deux Trois groupes de trente personnes chacun En une fois : les trente sont là. L'un après l'autre : les trois groupes sont là. Cinquante hommes suffisent aussi, par entrées et sorties de dix. À chaque vague, trente personnes se tiennent dans la azara.
Kahal, eda, Israël. En une fois : trente ensemble. L'un après l'autre : trois groupes. Les deux lectures exigent trois groupes de trente. Cinquante suffisent par rotation.
Ninelou ou noalin : s'appuyer sur le miracle Même mishna d'Eduyot sur Akavia. Chacun la lit selon sa leçon. Abaye : ninelou Les portes se ferment seules Acte miraculeux, Rachi Autant qui entrent, entrent On s'appuie sur le miracle Tant qu'elles restent ouvertes on laisse entrer Rava : noalin Des hommes ferment les portes au moment voulu On ne s'appuie pas sur le miracle On ferme à temps pour garder trois groupes Deux pesah nommés Pesah meoukhin Hillel : un vieillard écrasé Pesah meouvin Agrippa : le peuple est nombreux
Abaye : les portes se ferment seules, on s'appuie sur le miracle. Rava : on les ferme, on ne s'y appuie pas. Pesah meoukhin au temps de Hillel. Pesah meouvin sous Agrippa.
1
שחל להיות בשבת, מניח ידו על כתף חבירו, ויד חבירו על כתיפו, ותולה ומפשיט. קרעו, והוציא את אימוריו. נתנו במגיס, והקטירן על גבי המזבח.

qui tombe un chabbat, il pose sa main sur l'épaule de son collègue, et la main de son collègue sur son épaule, il suspend et il dépouille. Il l'a déchiré, et il en a sorti les emourim (parties offertes sur l'autel).

Il les a placés dans un magis (grande coupe), et il les a faits fumer sur l'autel.

📜 Rachi (3)
שחל להיות בשבת ואינו יכול לתקן המקלות:
Et il ne peut pas préparer les bâtons.
ידו על כתף חבירו ותולה אותו בגידי ארכובותיו בזרועו:
Et il le suspend par les tendons de ses jarrets, à son bras.
במגיס קערה:
Une coupe.
💡 Explication

La phrase continue Rabbi Eliezer, au feuillet précédent : le quatorze qui tombe un chabbat. Rachi : les bâtons minces, prévus pour suspendre le pesah, ne se préparent pas ce jour-là. Deux hommes posent chacun une main sur l'épaule de l'autre. La bête pend au bras, par les tendons du jarret.

On déchire la chair, on retire les emourim, on les met dans un magis, et on les fait fumer sur l'autel.

🖼️ Schéma
Chabbat : suspendre, attendre, rôtir à la nuit Les bâtons de la mishna précédente ne se préparent pas. Rachi. Suspension Main sur l'épaule du collègue Sa main sur mon épaule Le pesah pend au bras par les tendons du jarret Puis : fendre, emourim, magis, autel Trois lieux, jusqu'à la nuit 1. Mont du Temple 2. Heil, devant le soreg 3. Reste à sa place La nuit : ils sortent et rôtissent Ordre du heil, selon Rachi Soreg côté extérieur Heil entre soreg et mur des femmes Azarat nashim début de la montée
Deux épaules pour suspendre. Ensuite, trois lieux jusqu'à la nuit : mont du Temple, heil, place du troisième groupe.
2
יצתה כת הראשונה וישבה לה בהר הבית. שניה בחיל, והשלישית במקומה עומדת. חשיכה — יצאו וצלו את פסחיהן.

Le premier groupe est sorti et s'est assis sur le mont du Temple. Le second, dans le heil.

Le troisième se tient à sa place. Il fait nuit : ils sont sortis et ont rôti leurs pesahim.

📜 Rachi (2)
וישבה לה בהר הבית בשבת קאמר שלא היו יכולין להוליך פסחיהן לבתיהן:
C'est du chabbat qu'il parle : ils ne pouvaient pas porter leurs pesahim a leurs maisons.
בחיל לפני הסורג הוא בין הסורג לחומת עזרת נשים בתחלת עליית ההר:
C'est devant le soreg : entre le soreg et le mur de la azarat nashim, au début de la montée de la montagne.
💡 Explication

Rachi lit cette attente comme une règle de chabbat : on ne porte pas les pesahim jusqu'aux maisons. Le premier groupe reste sur le Har ha-Bayit. Le second reste dans le heil, entre le soreg et le mur du parvis des femmes. Le troisième reste à sa place.

Dès qu'il fait nuit, tous sortent et rôtissent leurs pesahim.

3
גמ׳ אמר רבי יצחק: אין הפסח נשחט אלא בשלש כתות של שלשים שלשים בני אדם. מאי טעמא? ״קהל״ ו״עדה״ ו״ישראל״. מספקא לן אי בבת אחת אי בזה אחר זה,

Guemara. Rabbi Its'hak a dit : le pesah n'est égorgé qu'en trois groupes de trente, trente personnes.

Quelle est la raison ? Kahal, eda, et Israël.

Nous sommes dans le doute : est-ce en une seule fois, ou l'un après l'autre,

📜 Rachi (2)
גמ' שלשים בכל כת וכת קהל עשרה ועדה עשרה וישראל עשרה:
Trente dans chaque groupe : kahal, dix ; eda, dix ; Israël, dix.
מספקא ליה דילמא בבת אחת צוה לשוחטו ויהיו בה שלשים:
Peut-être l'ordre est-il de l'égorger en une seule fois, et qu'il y ait en elle trente personnes.
💡 Explication

Trois mots du verset, Exode 12, 6 : kahal, eda, Israël. Rachi donne dix personnes à chaque mot. Le doute porte sur la manière de les compter.

En une seule fois : les trente sont présents ensemble au moment de la chehita. L'un après l'autre : trois groupes de dix se succèdent. La phrase reste ouverte : la suite tranche en couvrant les deux lectures.

4
הלכך בעינן שלש כתות של שלשים שלשים בני אדם. דאי בבת אחת — הא איכא, ואי בזה אחר זה — הא איכא, הלכך בחמשין נמי סגיא, דעיילי תלתין ועבדי, עיילי עשרה ונפקי עשרה, עיילי עשרה ונפקי עשרה.

C'est pourquoi il nous faut trois groupes de trente, trente personnes. Car si c'est en une seule fois, les voilà ; et si c'est l'un après l'autre, les voilà.

C'est pourquoi, avec cinquante aussi, cela suffit : trente entrent et font le rite, dix entrent et dix sortent, dix entrent et dix sortent.

📜 Rachi (2)
או בזה אחר זה שלש כתות של עשרה עשרה הלכך שלש כתות בעינן דילמא בזה אחר זה קאמר ושל שלשים בעינן דילמא בבת אחת קאמר ואינו יכול לשוחטו בפחות משלשים:
Trois groupes de dix chacun. C'est pourquoi il nous faut trois groupes : peut-être parle-t-il de l'un après l'autre. Et il nous faut des groupes de trente : peut-être parle-t-il d'une seule fois. On ne peut l'égorger à moins de trente.
בנ' סגי עיילי שלשים ברישא ושוחטים פסחיהן ונפקי עשרה מינייהו ועיילי י' חדשים דאי בהדדי קאמר הא איכא ואי שלש כתות קאמר הא איכא:
D'abord, et ils égorgent leurs pesahim. Dix d'entre eux sortent, et dix nouveaux entrent. Si c'est ensemble qu'il parle, les voilà. Et s'il parle de trois groupes, les voilà.
💡 Explication

Les deux lectures restent ouvertes. On exige donc trois groupes de trente. La lecture simultanée a ses trente. La lecture successive a ses trois groupes.

Cinquante hommes y parviennent. Trente entrent et égorgent. Dix sortent, dix entrent : trente sont encore là, c'est un deuxième groupe. Même mouvement une fois encore : troisième groupe. Rachi précise l'ordre : d'abord la sortie des dix, puis l'entrée des dix nouveaux.

🖼️ Schéma
Cinquante hommes, trois vagues de trente Vague 1 30 entrent et égorgent 30 présents groupe de trente Vague 2 10 sortent 10 nouveaux entrent encore 30 présents deuxième groupe Vague 3 10 sortent 10 nouveaux entrent encore 30 présents troisième groupe Personnes au total : 30 + 10 + 10 = 50. Ensemble : trente sont là. Succession : trois groupes sont là.
Trois vagues. À chaque vague, trente personnes. Au total, cinquante hommes.
5
נכנסה כת ראשונה וכו׳. איתמר, אביי אמר: ננעלו תנן. רבא אמר: נועלין תנן.

Le premier groupe est entré, etc. Il a été enseigné : Abaye a dit : nous avons appris ninelou (elles se sont fermées).

Rava a dit : nous avons appris noalin (on ferme).

📜 Rachi (1)
ננעלין תנן מאליהן ומעשה נסים:
D'elles-mêmes, et c'est un acte miraculeux.
💡 Explication

La mishna du feuillet précédent dit que l'on ferme les portes de la azara. Abaye lit ninelou : les portes se sont fermées d'elles-mêmes. Rachi : miracle. Rava lit noalin : des hommes les ferment.

6
מאי בינייהו? איכא בינייהו למסמך אניסא. אביי אמר: ננעלו תנן, כמה דעיילו מעלו, וסמכינן אניסא. רבא אמר: נועלין תנן, ולא סמכינן אניסא.

Quelle est la différence entre eux ? Il y a entre eux de s'appuyer sur le miracle.

Abaye a dit : nous avons appris ninelou : autant qu'il en entre, qu'il en entre, et nous nous appuyons sur le miracle. Rava a dit : nous avons appris noalin, et nous ne nous appuyons pas sur le miracle.

📜 Rachi (1)
סמכינן אניסא וכל זמן שאין ננעלין מאליהן מניחין אותם ליכנס ולא חיישינן דלמא עיילי כולהו ואין כאן שלש כיתות:
Et tant qu'elles ne se ferment pas d'elles-mêmes, on les laisse entrer. Et nous ne craignons pas que tous entrent, et qu'il n'y ait plus ici trois groupes.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כמה דעילי, ניעול, וסמכינן אניסא. מקשים תנן (משנה אבות ה, ה) 'עשרה נסים נעשו לאבותינו בבית המקדש' ובכללם 'לא ארע קרי לכהן גדול ביום הכפורים'. ולפי זה אמאי מזמנין כהן אחר בערב כיפור, יסמכו אניסא דלא יארע לו קרי? ונראה לי התם איכא עוד חששא אחרת שמא לא יהיה מרוצה לשמים ויכנס וימות ובזה לא שייך לסמוך על הנס דהרי הוא מת מכח קדושת המקום שנכנס בו בהיותו אינו ראוי ולהכי מזמנין כהן אחר בשביל חשש זה וחשש זה.
Autant qu'il en entre, qu'il en entre, et nous nous appuyons sur le miracle. On objecte, d'après ce que nous avons appris (mishna Avot 5, 5) : dix miracles ont été faits pour nos pères dans le Temple, et parmi eux : aucun keri (émission qui rend impur) n'est arrivé au Cohen Gadol le jour de Kippour. Dès lors, pourquoi désigne-t-on un autre cohen la veille de Kippour ? Que l'on s'appuie sur le miracle, et qu'aucun keri ne lui arrive. Il me semble : là-bas, il y a encore une autre crainte, qu'il ne soit pas agréable au Ciel, qu'il entre et qu'il meure. Sur cela, il n'y a pas lieu de s'appuyer sur le miracle, car il meurt par la kedousha du lieu où il entre alors qu'il n'est pas apte. C'est pourquoi l'on désigne un autre cohen, pour cette crainte et pour cette crainte.
💡 Explication

La différence pratique : s'appuyer sur le miracle. Pour Abaye, on laisse entrer tant que les portes ne se ferment pas seules. Rachi : on ne craint pas que tout le monde entre d'un coup, au point qu'il ne reste plus trois groupes. Pour Rava, des hommes ferment à temps. On ne remet pas cette fermeture au miracle.

Ben Yehoyada rapproche ce principe du miracle d'Avot : pas de keri au Cohen Gadol à Kippour. La question : pourquoi un cohen suppléant, si l'on s'appuie sur ce miracle ? Réponse : une autre crainte reste, qu'il ne soit pas agréable au Ciel et qu'il meure en entrant, par la kedousha du lieu, parce qu'il n'est pas apte. Cette mort ne se couvre pas par le miracle. Le suppléant répond à l'une et à l'autre crainte.

🖼️ Schéma
Ninelou ou noalin : s'appuyer sur le miracle Même mishna d'Eduyot sur Akavia. Chacun la lit selon sa leçon. Abaye : ninelou Les portes se ferment seules Acte miraculeux, Rachi Autant qui entrent, entrent On s'appuie sur le miracle Tant qu'elles restent ouvertes on laisse entrer Rava : noalin Des hommes ferment les portes au moment voulu On ne s'appuie pas sur le miracle On ferme à temps pour garder trois groupes Deux pesah nommés Pesah meoukhin Hillel : un vieillard écrasé Pesah meouvin Agrippa : le peuple est nombreux
Abaye laisse entrer et s'appuie sur la fermeture miraculeuse. Rava fait fermer par des hommes.
7
והא דתנן, אמר רבי יהודה: חס ושלום שעקביא בן מהללאל נתנדה, שאין עזרה ננעלת על כל אדם בישראל בחכמה וביראת חטא כעקביא בן מהללאל. אביי מתרץ לטעמיה, ורבא מתרץ לטעמיה. אביי מתרץ לטעמיה: אין בעזרה בשעה שננעלה על כל אדם בישראל בחכמה וביראת חטא כעקביא בן מהללאל: רבא מתרץ לטעמיה: אין בעזרה בשעה שנועלין אותה על כל ישראל בחכמה וביראת חטא כעקביא בן מהללאל.

Et ce que nous avons appris : Rabbi Yehouda a dit : loin de nous qu'Akavia ben Mahalalel ait été mis au nidouy (écarté), car la azara ne se ferme pas sur tout homme d'Israël qui soit, en sagesse et en crainte du péché, comme Akavia ben Mahalalel. Abaye résout selon son avis, et Rava résout selon son avis.

Abaye résout selon son avis : il n'y a personne dans la azara, à l'heure où elle s'est fermée, sur tout homme d'Israël, en sagesse et en crainte du péché, comme Akavia ben Mahalalel. Rava résout selon son avis : il n'y a personne dans la azara, à l'heure où on la ferme, sur tout Israël, en sagesse et en crainte du péché, comme Akavia ben Mahalalel.

📜 Rachi (1)
חס ושלום כו' במסכת עדיות תנן ארבעה דברים העיד עקביא בן מהללאל כו' וקתני התם הוא היה אומר אין משקין לא את הגיורת ולא את המשוחררת אמרו לו מעשה בכרכמית שפחה שהיתה בירושלים והשקוה שמעיה ואבטליון אמר להם דוגמא השקוה דומין לה היו אותן שהשקוה ונידוהו אמר רבי יהודה חס ושלום שעקביא נתנדה שאין עזרה ננעלת כו' כשהיתה ננעלת על כל אדם בערבי פסחים שהקהל גדול ורב אין בהם אחד בחכמה וביראת חטא כעקביא:
Dans le traité Eduyot, on apprend : quatre choses qu'a témoignées Akavia ben Mahalalel, etc. Et l'on enseigne là : il disait : on ne fait pas boire ni la convertie ni l'affranchie. Ils lui ont dit : un fait, Karkemit, une servante qui était à Jérusalem, et Shemaya et Avtalyon lui ont fait boire. Il leur a dit : c'est un cas semblable qu'ils ont fait boire. Ceux qui l'ont fait boire lui étaient semblables. Et ils l'ont mis au nidouy. Rabbi Yehouda a dit : loin de nous qu'Akavia ait été mis au nidouy, car la azara ne se ferme pas, etc. Quand elle se fermait sur tout le monde, les veilles de Pessa'h, le rassemblement étant grand et nombreux, il n'y a parmi eux personne, en sagesse et en crainte du péché, comme Akavia.
💡 Explication

La mishna d'Eduyot dit que la azara ne se ferme pas sur un homme de la sagesse et de la crainte du péché d'Akavia. Rabbi Yehouda en tire qu'il n'a pas été mis au nidouy. Abaye garde le verbe ninela, elle s'est fermée. Rava garde noalin, on la ferme. Chacun fait tenir la phrase avec sa leçon.

Rachi rappelle le témoignage : Akavia refuse l'eau de la sota a la convertie et à l'affranchie. On lui oppose Karkemit, à qui Shemaya et Avtalyon ont fait boire. Il répond que ceux qui ont fait boire lui étaient semblables. Le nidouy suit cette parole. Les veilles de Pessa'h, la foule est dans la azara au moment de la fermeture : parmi elle, personne n'atteint Akavia.

8
תנו רבנן: מעולם לא נתמעך אדם בעזרה, חוץ מפסח אחד שהיה בימי הלל, שנתמעך בו זקן אחד, והיו קוראין אותו ״פסח מעוכין״.

Les Sages ont enseigné : jamais un homme n'a été écrasé dans la azara, hormis un pesah qui eut lieu aux jours de Hillel, où un vieillard fut écrasé, et on l'appelait pesah meoukhin (pesah des écrasés).

📜 Rachi (1)
פסח מעוכין על שם שנתמעך:
À cause de celui qui a été écrasé.
💡 Explication

La foule de la azara n'a écrasé personne, sauf une fois, aux jours de Hillel. Un vieillard a été écrasé. Ce pesah porte le nom de meoukhin, du verbe de l'écrasement.

9
תנו רבנן: פעם אחת ביקש אגריפס המלך ליתן עיניו באוכלוסי ישראל. אמר ליה לכהן גדול: תן עיניך בפסחים. נטל כוליא מכל אחד, ונמצאו שם ששים ריבוא זוגי כליות כפלים כיוצאי מצרים. חוץ מטמא ושהיה בדרך רחוקה. ואין לך כל פסח ופסח שלא נמנו עליו יותר מעשרה בני אדם. והיו קוראין אותו ״פסח מעובין״.

Les Sages ont enseigné : une fois, le roi Agrippa a voulu poser les yeux sur les foules d'Israël. Il dit au Cohen Gadol : pose les yeux sur les pesahim.

Il prit un rein de chacun, et l'on trouva là soixante myriades de paires de reins, le double de ceux qui sortirent d'Égypte, hors l'impur et celui qui était sur un chemin lointain. Et tu n'as aucun pesah sur lequel n'aient été inscrits plus de dix personnes.

Et on l'appelait pesah meouvin (pesah serré, le peuple étant nombreux).

📜 Rachi (1)
פסח מעובין עב על שם שהעם רב:
Épais, à cause de ce que le peuple était nombreux.
💡 Explication

Agrippa veut voir l'ampleur d'Israël. Le Cohen Gadol compte les pesahim par un rein de chaque bête. Le compte annonce : soixante ribo de paires de reins, le double des sortis d'Égypte. Ce compte laisse dehors le tame et celui qui est en chemin lointain.

Chaque pesah a plus de dix inscrits. Le nom meouvin vient de l'épaisseur de la foule, comme le dit Rachi.

10
נטל כוליא? הא בעי אקטורה! דהדר מקטיר להו. והכתיב: ״והקטירו״, שלא יערב חלביו של זה בזה!

Il a pris un rein ? Mais il doit le faire fumer !

Il les fait fumer ensuite. Or il est écrit : ve-hiktito (et il le fera fumer), pour qu'on ne mélange pas les graisses de celui-ci avec celui-là !

📜 Rachi (1)
והקטירו משמע לבדן שלא יערב חלבים של קרבן זה בחלבים של קרבן אחר:
Cela implique : à part, pour qu'on ne mélange pas les graisses de ce korban avec les graisses d'un autre korban.
💡 Explication

Le rein est un emour : il doit monter sur l'autel. Première réponse : on le brûle après le compte. Le verset au singulier, ve-hiktito, sépare les graisses d'un korban de celles d'un autre. Rachi : on ne mélange pas deux korbanot.

11
דהדר מקטיר להו חדא חדא. והתניא ״והקטירם״, שיהא כולו כאחד! אלא: תפיסה בעלמא, דשקיל מינייהו עד דיהבין ליה מידי אחרינא.

Il les fait fumer ensuite un par un. Or on a enseigné : ve-hiktiram (et il les fera fumer), pour que le tout soit ensemble !

Plutôt : une simple saisie. Il en prend jusqu'à ce qu'on lui donne autre chose.

📜 Rachi (2)
שיהא כולו כאחד כל האימורין של קרבן:
Tous les emourim du korban.
תפיסה בעלמא תופס כוליא ומראה לשליח והוא נותן פול או אבן כנגדה:
Il saisit un rein, il le montre à l'envoyé, et celui-ci donne une fève ou une pierre en regard.
💡 Explication

Brûler les reins un par un se heurte à ve-hiktiram : les emourim d'un même korban fument ensemble. Rachi : tout l'ensemble des emourim de ce korban.

La conclusion est une tefisa, une saisie brève. Le cohen montre le rein. L'envoyé pose une fève ou une pierre pour le compte. Le rein retourne avec les emourim de sa bête.

🖼️ Schéma
Le rein compté, puis rendu à ses emourim 1. Compter Un rein par pesah Il doit fumer 2. Ensemble Ve-hiktito singulier Pas de mélange entre korbanot 3. Un par un Ve-hiktiram pluriel Emourim d'un korban ensemble 4. Tefisa Saisie brève Fève ou pierre Le rein revient à ses emourim Le cohen saisit le rein, le montre à l'envoyé. L'envoyé pose une fève ou une pierre en regard. Rachi. Le compte se fait sur cet objet. Le rein est brûlé avec son korban.
Compter par le rein. Le singulier sépare les korbanot. Le pluriel unit les emourim d'un korban. La saisie brève tranche.
12
כהנים עומדין שורות וכו׳. מאי טעמא? אילימא דילמא שקלי דדהבא ומעיילי דכספא — הכי נמי, דילמא שקלי בר מאתן ומעיילי בר מאה! אלא, דהכי שפיר טפי.

Les cohanim se tiennent en rangées, etc. Quelle est la raison ?

Si tu dis : de peur qu'ils prennent de l'or et qu'ils mettent de l'argent. Ici aussi : de peur qu'ils prennent un de deux cents et qu'ils mettent un de cent !

Plutôt : ainsi, c'est plus beau.

📜 Rachi (2)
מאי טעמא שורה שכולה כסף כסף:
Une rangée qui est toute d'argent, argent.
אי נימא דילמא כשהוא מחזיר הריקן ומקבל המלא זימנין דמחזיר ריקן של זהב ומקבל מלא של כסף והוה ליה מורידין בקודש:
Quand il rend le vide et reçoit le plein, il arrive qu'il rende un vide d'or et reçoive un plein d'argent, et ce serait descendre dans le kodech.
💡 Explication

La mishna sépare la rangée d'argent et la rangée d'or. Première raison, écartée : empêcher qu'un cohen rende un bassin d'or et reçoive un bassin d'argent. Rachi place l'échange au moment où le vide revient et où le plein est reçu. Ce serait moridin ba-kodech, descendre dans la sainteté.

La Guemara répond que le même échange existe dans une rangée toute d'or : un bassin de deux cents contre un bassin de cent. La raison retenue : une rangée d'un seul métal est plus belle.

🖼️ Schéma
Pourquoi une rangée d'un seul métal Raison écartée Or rendu, argent reçu descente dans le kodech Même souci dans l'or seul : bassin de 200, bassin de 100 La rangée unique ne l'empêche pas Raison retenue Ainsi, c'est plus beau Rangée toute d'argent Rangée toute d'or Un seul aspect par rangée
L'échange or contre argent, puis 200 contre 100, ne justifie pas la rangée unique. La raison retenue est la beauté de la rangée.
13
ולא היו לבזיכין שוליים וכו׳. תנו רבנן: כל הבזיכין שבמקדש לא היו להן שוליים, חוץ מבזיכי לבונה של לחם הפנים — שמא יניחום ויפרוס הלחם.

Et les bezikhin n'avaient pas de fond, etc. Les Sages ont enseigné : tous les bezikhin du Temple étaient sans fond, sauf les bezikhin de levona (encens) du le'hem ha-panim (pains de proposition), de peur qu'on les pose et que le pain se fende.

📜 Rachi (1)
חוץ מבזיכי לבונה של לחם הפנים שהיו מניחין אותן אצל הלחם על השולחן והתקינו להם מושב שוליים רחב כדי שלא יסמכו על הלחם שאצלם ויפרסו דופנותיו שהיה עשוי דפנות כמין תיבה פרוצה שני רוחותיה:
On les posait auprès du pain, sur la table. On leur a ménagé un siège, un fond large, afin qu'on ne les appuie pas sur le pain qui est à côté d'eux et qu'on n'en fende pas les parois. Il était fait de parois, comme une caisse ouverte sur deux de ses côtés.
💡 Explication

Les bezikhin du Temple sont sans fond plat, pour que le sang ne repose pas. Exception : les coupes de levona posées avec le le'hem ha-panim. Celles-là ont un fond large.

Rachi : le pain a des parois, comme une caisse ouverte de deux côtés. Une coupe pointue, appuyée dessus, fendrait ces parois. Le fond large évite cet appui.

14
שחט ישראל וקבל הכהן וכו׳. לא סגיא דלאו ישראל?! היא גופא קא משמע לן, דשחיטה בזר כשירה. וקבל הכהן. הא קמשמע לן, מקבלה ואילך מצות כהונה.

L'Israël a égorgé, et le cohen a reçu, etc. Faut-il que ce soit un Israël ?

C'est cela même que le texte enseigne : la chehita par un zar (non-cohen) est kacher. Et le cohen a reçu.

Voici ce que le texte enseigne : depuis la kabala (réception du sang) et au-delà, c'est une mitsva de kehouna.

📜 Rachi (1)
מקבלה ואילך כו' דכתיב ושחט את בן הבקר והקריבו בני אהרן וגו' ואמר מר במסכת חגיגה (דף יא.) והקריבו זו קבלת הדם לימד על הקבלה שטעונה כהונה:
Car il est écrit : il égorgera le fils du gros bétail, et les fils d'Aharon l'offriront, etc. Et le maître a dit dans le traité Hagiga (11a) : ve-hikrivou, c'est la réception du sang. Cela enseigne sur la kabala qu'elle exige la kehouna.
💡 Explication

La question : la mishna exige-t-elle un Israël pour la chehita ? Elle enseigne le contraire de cette exigence de cohen : la chehita faite par un zar est kacher.

La suite, le cohen reçoit, ouvre la part des cohanim. Depuis la kabala, le service est une mitsva de kehouna. Rachi : Lévitique 1, 5, ve-hikrivou vise la réception du sang, d'après Hagiga 11a.

🖼️ Schéma
Quatre services du sang, et l'ordre des bassins Chehita kacher par un zar Kabala mitsva de kehouna Holakha de main en main Zerika face au yesod Plein d'abord Dès que le plein est tendu on ne passe pas la mitsva Vide ensuite Le retour du bassin vide vient après la réception
Chehita du zar, puis kabala, holakha et zerika des cohanim. Le plein est reçu avant le retour du vide.
15
נותנו לחבירו. שמעת מינה הולכה שלא ברגל — הויא הולכה! דילמא הוא נייד פורתא. ואלא מאי קא משמע לן? הא קמשמע לן: ״ברב עם הדרת מלך״.

Il le donne à son collègue. On en entend : une holakha (transport du sang) sans le pied est une holakha !

Peut-être se déplace-t-il un peu. Mais alors, que nous enseigne-t-on ?

Voici ce qu'on nous enseigne : dans la multitude du peuple est la splendeur du roi.

📜 Rachi (2)
שמעת מינה הולכה שלא ברגל כי הא הויא הולכה ופלוגתא היא בשילהי פרק קמא דזבחים (דף יד:) ארבע עבודות נאמרו בדם שחיטה וקבלה והולכה וזריקה קבלה והולכה מוהקריבו נפקי בשילהי פרק קמא דחגיגה ומאי אשמעינן מתניתין דאיכפל למיתני סדר הולכתן היאך אי לאו הא אתא לאשמעינן:
Comme celle-ci, c'est une holakha. Et c'est un différend à la fin du premier chapitre de Zevahim (14b). Quatre services ont été dits au sujet du sang : chehita, kabala, holakha et zerika. Kabala et holakha sortent de ve-hikrivou, à la fin du premier chapitre de Hagiga. Et que nous enseigne la mishna, qui s'est étendue à enseigner l'ordre de leur transport, et comment, sinon que c'est cela qu'elle vient enseigner ?
ברב עם הדרת מלך שהיו כולן עסוקין בעבודה:
Car tous étaient occupés au service.
💡 Explication

Passer le bassin de main en main, sans marcher jusqu'à l'autel, semblait prouver qu'une holakha sans le pied compte comme holakha. Rachi rappelle les quatre services du sang, et le différend de Zevahim 14b.

La Guemara écarte la preuve : le cohen bouge peut-être un peu les pieds. Ce que la rangée enseigne : berov am hadrat melekh, la splendeur du roi dans la multitude. Rachi : tous sont occupés à l'avoda.

16
קבל את המלא ומחזיר את הריקן וכו׳. אבל איפכא לא — מסייע ליה לרבי שמעון בן לקיש, דאמר רבי שמעון בן לקיש: אין מעבירין על המצות.

Il reçoit le plein et rend le vide, etc. Mais l'inverse, non.

Cela appuie Rabbi Shimon ben Lakish, car Rabbi Shimon ben Lakish a dit : on ne passe pas par-dessus les mitsvot.

📜 Rachi (1)
אבל איפכא מחזיר את הריקן ברישא לא דמכי מושיט ליה האי מיד בעי לקבולי דאין מעבירין על המצוה מאחר שבאת לידו:
Il rend d'abord le vide : non. Car dès que celui-ci le lui tend, il doit aussitôt recevoir, puisqu'on ne passe pas par-dessus la mitsva des lors qu'elle est arrivée à sa main.
💡 Explication

L'ordre de la mishna est fixé : recevoir le bassin plein, puis rendre le vide. L'ordre inverse est exclu. Cela appuie Reish Lakish : ein maavirin al ha-mitsvot, on ne passe pas par-dessus les mitsvot.

Rachi : dès que le collègue tend le plein, la mitsva est dans la main. On la fait avant de rendre le vide.

17
כהן הקרוב אצל המזבח וכו׳. מאן תנא פסח בזריקה? אמר רב חסדא: רבי יוסי הגלילי היא.

Le cohen proche de l'autel, etc. Quel est le tanna pour qui le pesah se fait par zerika (projection) ?

Rav Hisda a dit : c'est Rabbi Yosse ha-Gelili.

📜 Rachi (1)
מאן תנא פסח בזריקה למרחוק ולא בשפיכה בנחת מקריב הכלי לכותל המזבח דאיכא למאן דאמר בפרק בתרא (דף קכא.) פסח בשפיכה ורבי ישמעאל היא דמפיק ליה מודם זבחיך ישפך במסכת זבחים בפרק בית שמאי אין לך קרבן שצריך מתנה באצבע אלא חטאת בלבד אבל כל שאר קרבנות מתן דם על ידי זריקת כל הכלי:
De loin, et non par une shefikha (versement) tranquille, en approchant le récipient du mur de l'autel. Car il y a un avis, au dernier chapitre (121a), pour qui le pesah se fait par shefikha, et c'est Rabbi Yishmael, qui le tire de : et le sang de tes sacrifices sera versé. Dans le traité Zevahim, chapitre Beit Shammai : tu n'as de korban qui exige une application au doigt que la hatat seule. Tous les autres korbanot : le don du sang se fait par la projection de tout le récipient.
💡 Explication

La mishna dit que le cohen proche de l'autel jette le sang d'un seul jet. Rav Hisda attribue cette zerika, jet de loin, à Rabbi Yosse ha-Gelili.

Rachi oppose Rabbi Yishmael : le pesah se fait par shefikha, versement contre le mur, tiré de : et le sang de tes sacrifices sera versé. Le doigt reste à la hatat. Les autres korbanot projettent le sang avec tout le récipient.

18
דתניא, רבי יוסי הגלילי אומר: ״את דמם תזרוק על המזבח ואת חלבם תקטיר״ — ״דמו״ לא נאמר, אלא ״דמם״. ״חלבו״ לא נאמר, אלא ״חלבם״. למד על בכור ומעשר ופסח, שהן טעונין מתן דמים ואימורין לגבי מזבח.

Car on a enseigné : Rabbi Yosse ha-Gelili dit : Tu jetteras leur sang sur l'autel, et tu feras fumer leur graisse. Damo (son sang) n'est pas dit ; damam (leur sang) est dit.

Helbo (sa graisse) n'est pas dit ; helbam (leur graisse) est dit. On apprend, pour le bekhor, le maaser et le pesah, qu'ils exigent le don des sangs et des emourim sur l'autel.

📜 Rachi (2)
דמו לא נאמר בבכור כתיב אך בכור שור וגו':
C'est au sujet du bekhor qu'il est écrit : toutefois le premier-né du bœuf, etc.
אלא דמם אלמא אחריני נמי מישתמעי לימד על הפסח ומעשר בהמה שלא מצינו להם מתן דמים בתורה אלא כאן וכתיב תזרק ולא כתיב תשפך:
On voit que d'autres aussi sont entendus. On apprend pour le pesah et le maaser behemot, dont nous ne trouvons le don des sangs dans la Tora qu'ici. Et il est écrit : tu jetteras. Et il n'est pas écrit : tu verseras.
💡 Explication

Le verset, Nombres 18, 17, parle du bekhor. Les pluriels damam et helbam englobent deux autres : le maaser et le pesah. Tous trois exigent le sang et les emourim sur l'autel.

Rachi : le verbe est tizrok, tu jetteras. Le verset ne dit pas tishpokh, tu verseras. D'où la zerika, et non la shefikha, pour ces trois-là.

19
מנלן דטעונין יסוד? אמר רבי אלעזר: אתיא ״זריקה״ ״זריקה״ מעולה. כתיב הכא: ״את דמם תזרוק על המזבח״, וכתיב התם: ״וזרקו בני אהרן הכהנים את דמו על המזבח סביב״, מה עולה טעונה יסוד — אף פסח נמי טעון יסוד.

D'où tenons-nous qu'ils exigent le yesod (soubassement) ? Rabbi Elazar a dit : cela vient par zerika, zerika, de l'ola.

Il est écrit ici : Tu jetteras leur sang sur l'autel. Et il est écrit là-bas : Les fils d'Aharon, les cohanim, jetteront son sang sur l'autel, tout autour.

De même que l'ola exige le yesod, le pesah aussi exige le yesod.

🗂️ Tossefot (1)
אתיא זריקה זריקה מעולה בפ' איזהו מקומן (זבחים נז.) פריך ונילף מעולה מה עולה שתים שהן ארבע אף פסח כו' ומשני אמר אביי למה לי למיכתב סביב בעולה סביב בחטאת הוו להו שני כתובין הבאין כאחד ואין מלמדין וקשה לר"י דנהי דלא ילפינן משני כתובין הבאין כאחד במה מצינו מדלא כתב בחד מינייהו בכור ומעשר ופסח דאיכא גזירה שוה נילף שפיר מעולה דאין גזירה שוה למחצה ואומר ר"י דע"כ אשם וחטאת דכתיב בהו סביב דאמרינן התם דהוו שני כתובים ושלשה כתובים ילפינן בג"ש מעולה או עולה ילפא מינייהו והשתא אתי שפיר הא דמסיק הוו להו שני כתובים הבאין כאחד דלמעוטי דלא נילף בגזירה שוה אתו דדומיא דכתב בהו סביב קא ממעט דאית בהו גזירה שוה כדפרישי':
Dans le chapitre Eizehou Mekoman (Zevahim 57a), on objecte : que l'on apprenne de l'ola. De même que l'ola est deux applications qui en font quatre, le pesah aussi, etc. On répond. Abaye a dit : pourquoi écrire saviv pour l'ola, saviv pour la hatat ? Ce sont deux versets qui viennent comme un seul, et ils n'enseignent pas. Difficulté pour le Ri. Admettons que l'on n'apprenne pas, par bameh matsinou (analogie : que trouvons-nous), de deux versets qui viennent comme un seul. Puisque ce n'est pas écrit dans l'un d'eux, le bekhor, le maaser et le pesah, et qu'il y a une gezera shava (analogie de mots), on apprendrait bien de l'ola, car une gezera shava ne se prend pas à moitié. Le Ri dit : force est que l'acham et la hatat, où saviv est écrit, et dont nous disons là-bas qu'ils sont deux écrits, et trois écrits, s'apprennent par gezera shava depuis l'ola, ou bien l'ola s'apprend depuis eux. Dès lors s'éclaire ce qu'il conclut : ce sont deux versets qui viennent comme un seul. Ils viennent pour exclure, afin que l'on n'apprenne pas par gezera shava. Il exclut le cas semblable, celui où saviv est écrit, et où il y a une gezera shava, comme je l'ai expliqué.
💡 Explication

Le sang du pesah doit toucher une face qui a un yesod. Rabbi Elazar l'apprend par gezera shava : le mot zerika ici, Nombres 18, 17, et le mot zerika de l'ola, Lévitique 1, 11. L'ola exige le yesod. Le pesah l'exige aussi.

Tossefot rapportent l'objection de Zevahim 57a. La même analogie pourrait porter aussi shtayim she-hen arba, deux jets qui comptent pour quatre côtés. Abaye l'arrête : saviv est écrit pour l'ola et pour la hatat. Deux versets qui disent la même loi n'étendent pas cette loi plus loin.

Le Ri demande pourquoi la gezera shava, qui ne se coupe pas en deux, ne porterait pas quand même les quatre côtés sur le pesah, puisque saviv n'est pas écrit pour le pesah. Il répond que ces deux versets viennent bloquer la gezera shava pour les offrandes où saviv est écrit.

🖼️ Schéma
Damam : bekhor, maaser, pesah, puis le yesod Bekhor nommé dans le verset Nombres 18, 17 Maaser entre par le pluriel damam, helbam Pesah entre par le pluriel tizrok : zerika Yesod gezera shava zerika / zerika De l'ola au pesah Ici : tu jetteras leur sang sur l'autel. Là-bas, l'ola : les fils d'Aharon jetteront son sang, tout autour. L'ola exige le yesod. Le pesah exige le yesod. Abaye : saviv de l'ola et saviv de la hatat ne portent pas les quatre côtés.
Le pluriel damam joint bekhor, maaser et pesah. Zerika et zerika portent le yesod de l'ola au pesah.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).