Sougya : L'amoud ouvre sur le sang de l'ola : il se verse au yesod, le socle de l'autel, là où ce socle existe, nord et ouest, et une seule coudée à l'est et au sud. Puis la mishna : le troisième groupe du pesah est appelé paresseux ; trois groupes restent obligatoires, et chacun devait se presser pour être parmi les premiers.
Le rinçage de la azara le chabbat est opposé à Rabbi Eliezer, pour qui balayer et arroser sont une melakha ; Rav Ashi le maintient contre les Sages, selon Rabbi Natan, car une shevout non indispensable n'est pas permise au Temple. Rabbi Yehouda remplit une coupe du sang répandu, pour un korban dont tout le sang aurait coulé ; la discussion porte sur la réception dans un keli, la zerizout des cohanim, et le dam hatamtzit.
Et l'ola elle-même, d'où le tenons-nous ? Le verset dit : vers le yesod de l'autel de l'ola.
Il en ressort que l'ola exige un yesod.
La sougya précédente rattache d'autres korbanot au yesod à partir de l'ola. Reste à fonder l'ola elle-même.
Dans le hatat du nassi (Vayikra 4, 25), le sang restant va vers le yesod de l'autel de l'ola. Le mot ola dépasse le besoin du verset : il enseigne le lieu du sang de l'ola.
Le socle longe tout le nord et tout l'ouest. À l'est, une seule coudée, du côté du nord. Au sud, une seule coudée, du côté de l'ouest. Le sang qui exige le yesod se verse sur ces parties-là.
Le premier groupe sortait, etc. On enseigne : elle est appelée le groupe paresseux.
Mais on ne peut se passer de cette disposition. Que pouvaient-ils faire ?
Le dibour hamatchil reprend la mishna : le premier groupe sort, le second entre, puis le troisième. Elle, la troisième ket, est appelée atzlanit, le groupe paresseux.
L'objection : trois groupes sont exigés. Le dernier n'avait pas d'autre place. La réponse vient au segment suivant.
Même ainsi, ils auraient dû se presser. Comme on l'enseigne : Rabbi dit : le monde ne peut se passer ni de parfumeur ni de tanneur.
Heureux celui dont le métier est parfumeur, malheur à celui dont le métier est tanneur. Et le monde ne peut se passer ni de garçons ni de filles.
Heureux celui dont les enfants sont des garçons, malheur à celui dont les enfants sont des filles.
La place du dernier groupe reste obligatoire. Chacun devait pourtant se presser pour ne pas s'y trouver.
Rabbi aligne deux nécessités. Le monde à besoin du bassam (parfumeur) et du boursi (tanneur), des garçons et des filles. Dans chaque couple, un lot est dit heureux, l'autre pénible. Une place requise peut donc rester celle qu'on évite.
Comme son acte en semaine, etc. Contre la volonté de qui ?
Rav Hisda dit : contre la volonté de Rabbi Eliezer. Car si c'était les Sages, ils disent que c'est une shevout, et il n'y a pas de shevout dans le Temple.
La mishna dit le rinçage de la azara le chabbat shelo birtson hakhamim, contre la volonté des Sages. Rav Hisda demande de qui.
Selon les Sages, arroser le sol est une shevout (interdit rabbinique). Une shevout ne s'applique pas au Temple : ils autoriseraient le rinçage. L'opposition de la mishna vise donc Rabbi Eliezer, pour qui cet acte est une melakha, passible d'un hatat.
Rachi : une fois le tsorekh gavoah accompli, le service de l'autel n'a plus besoin de ce rinçage. L'interdit de la Thora reste en vigueur.
De quoi s'agit-il ? Comme on l'enseigne : celui qui trait, celui qui fait cailler et celui qui fait le fromage, à la mesure d'une figue sèche.
Celui qui balaye, celui qui arrose le sol et celui qui détache des rayons de miel : par inadvertance le chabbat, il est passible d'un hatat ; volontairement un jour de fête, il reçoit les quarante. Paroles de Rabbi Eliezer.
Voici la baraitha de Rabbi Eliezer. Traire, faire cailler, faire le fromage : dès une grogeret (figue sèche). Balayer, arroser, détacher un rayon de miel : shogeg le chabbat, un hatat ; mezid le yom tov, les quarante coups.
Rachi sépare les listes. Les trois actes du lait sont des toladot : mefarek (extraire), borer (trier), boneh (construire). Balayer et arroser visent, pour Rabbi Eliezer, ashvuyei gumot, aplanir les creux du sol. Rodeh se lit par le verset du rayon de miel.
Tossefot règle le shiur du lait, gorgée ou grogeret, puis le statut du balayage : intention d'aplanir, dallage de la azara, et balayage distingué de l'arrosage.
Et les Sages disent : l'un comme l'autre n'est interdit qu'à titre de shevout.
Ehad ze ve-ehad ze : le chabbat et le yom tov. Pour les Sages, balayer, arroser et détacher le miel restent une shevout.
Rachi borne la phrase à ces trois actes. Traire, cailler et faire le fromage restent, pour tous, des dérivés d'une av melakha.
Rav Ashi dit : tu peux même dire : contre la volonté des Sages, et c'est selon Rabbi Natan. Comme on l'enseigne : Rabbi Natan dit : une shevout indispensable, ils l'ont permise ; une shevout qui n'est pas indispensable, ils ne l'ont pas permise.
Rav Ashi garde le sens ordinaire de la mishna : le rinçage se fait contre les Sages. La mishna suit alors Rabbi Natan.
Rabbi Natan coupe la shevout du Temple en deux. Indispensable au rite : permise. Superflue : elle reste interdite. Le pesah peut être offert sans rincer le dallage. Ce rinçage est une shevout she-eina tserikha.
Rabbi Yehouda dit : il y avait une coupe qu'on remplissait, etc. On enseigne : Rabbi Yehouda dit : il y avait une coupe qu'on remplissait du sang du mélange, afin que, si le sang de l'un d'eux se répandait, celle-ci se trouve le rendre kacher.
Le sang de nombreux pesahim se mélange sur le dallage : dam ha-taarovot. Rabbi Yehouda en remplit une coupe et la jette sur l'autel.
Le cas vise : tout le sang d'un korban a coulé avant la zerika. La coupe en contient une part. La jeter rend ce korban kacher.
Ils lui dirent, à Rabbi Yehouda : or il n'a pas été reçu dans un récipient ! D'où le savent-ils ?
En fait, voici ce qu'ils lui disaient : peut-être n'a-t-il pas été reçu dans un récipient ? Il leur dit : moi non plus, je n'ai parlé que d'un sang qui a été reçu dans un récipient.
Les Sages avaient dit : ce sang n'a pas été reçu dans un keli. La Guemara refuse la certitude : ils ne peuvent que dire peut-être.
Rabbi Yehouda borne son décret au sang déjà reçu dans un récipient, puis répandu. Rachi : sans réception, la zerika est sans effet (Zevahim 15a). Le Ri lit l'objection comme l'interdit de faire monter un sang passoul. S'il est déjà monté, on ne le redescend pas.
D'où le sait-il ? Les cohanim sont zerizim (vigilants).
S'ils sont zerizim, pourquoi se répand-il ? À cause de leur zerizout, tandis qu'ils agissent, il se répand.
Comment Rabbi Yehouda sait-il que le sang du sol a d'abord été reçu ? Réponse : les cohanim sont zerizim. On ne craint pas un oubli de la réception dans le keli.
Nouvelle question : des zerizim ne laissent pas couler le sang. Réponse : la zerizout elle-même, la course vers l'autel, fait échapper le sang des mains. Rachi signale une seconde version de l'échange, et retient la première.
Mais le dam hatamtzit n'y est-il pas mélangé ? Rabbi Yehouda suit son propre avis, car il dit : le dam hatamtzit est un sang à part entière.
Comme on l'enseigne : le dam hatamtzit est sous le coup d'une azhara ; Rabbi Yehouda dit : sous le coup du karet.
Le dam hatamtzit est le sang qui s'écoule après le jet de la vie, le dam ha-nefech. Il se mélange, sur le sol, au sang des pesahim. Le sang d'un seul korban y devient minoritaire : la zerika ne sauverait plus rien, s'il est annulé.
Rabbi Yehouda tient ce sang pour un sang véritable. La baraitha : le tanna kamma, un lav (azhara, coups) ; Rabbi Yehouda, le karet. Rachi : le verset du karet vise le sang de la vie. Cinq interdits sont écrits sur le sang ; l'excédent vise, pour le tanna kamma, le dam hatamtzit.
Or Rabbi Elazar n'a-t-il pas dit : Rabbi Yehouda convient, en matière de kappara, qu'il n'expie pas, puisqu'il est dit : car c'est le sang qui, par la vie, expie,
L'amoud s'arrête sur l'objection. Rabbi Elazar rapporte que Rabbi Yehouda lui-même exclut le dam hatamtzit de la kappara. Le verset (Vayikra 17, 11) attache l'expiation au sang de la vie.
Rachi : ce sang n'est pas apte à la zerika. La réponse de la Guemara est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).