Sougya : L'amoud achรจve la coupe de sang mรชlรฉ. Le sang par lequel la vie sort expie ; l'autre sang n'expie pas.
Rabbi Yehouda maintient qu'un sang n'annule pas un sang : la part du pesah rรฉpandu reste apte ร la zerika. Il demande pourquoi on bouche la azara.
Les Sages y voient un รฉloge : les cohanim marchent dans le sang jusqu'aux genoux. La Guemara traite l'interposition, les vรชtements souillรฉs et la mesure du vรชtement, jusqu'aux banquettes.
Le chapitre Tamid nishhat se clรดt sur le port du pesah dans sa peau. La mishna Elu devarim liste ce qui, dans le pesah, repousse le chabbat.
Rabbi Eliezer, Rabbi Yehoshoua et Rabbi Akiva discutent les shevout : kal va-homer, yom tov, et aspersion du septiรจme jour.
Le sang par lequel la vie sort expie. Le sang par lequel la vie ne sort pas n'expie pas.
Plutรดt, Rabbi Yehouda suit son propre principe, car il dit : un sang n'annule pas un sang.
Le verset (Vayikra 17, 11) sรฉpare deux sangs. Le dam ha-nefech, celui par lequel la vie sort, expie. L'autre sang n'expie pas.
La coupe du sol contient les deux. Rabbi Yehouda rรฉpond par son principe : ein dam mevattel dam, un sang n'annule pas un sang. La part venue d'un pesah dont le sang s'est rรฉpandu reste apte ร la zerika. Chaque petite quantitรฉ qui atteint l'autel compte.
Rachi renvoie ร la mishna de Zevahim, chapitre Kol ha-zevahim she-nit'arvu. Lร , le tanna kamma traite le sang passoul comme de l'eau et exige l'apparence du sang. Rabbi Yehouda refuse ce bitul.
On enseigne : Rabbi Yehouda leur dit, aux Sages : selon vous, pourquoi bouche-t-on la azara ? Ils lui dirent : c'est un รฉloge pour les fils d'Aharon, qu'ils marchent dans le sang jusqu'ร leurs genoux.
Les Sages n'utilisent pas la coupe de Rabbi Yehouda. Il leur demande pourquoi, chaque veille de Pesah, on bouche la azara. Rachi : c'est le trou du mur, par oรน le sang du canal sort.
Leur rรฉponse : shevah, un รฉloge pour les fils d'Aharon. Les cohanim marchent dans le sang jusqu'aux arkuvot, les genoux. Rachi donne, en regard, la raison de Rabbi Yehouda : garder le sang pour la coupe.
Or cela fait interposition ! Il est humide, et il ne fait pas interposition.
Comme on l'enseigne : le sang, l'encre, le lait et le miel, secs, font interposition ; humides, ils n'en font pas.
Marcher dans le sang poserait une hatsitsa entre le pied et le dallage. L'avoda exige une station sur le sol (Zevahim 15b).
Le sang est lah, humide. La baraitha รฉnumรจre le sang, l'encre, le lait et le miel. Secs, ils font interposition. Humides, ils n'en font pas. Rachi : cette baraitha est dite pour la tevila.
Or leurs vรชtements se souillent ! Et l'on a appris : si ses vรชtements รฉtaient souillรฉs et qu'il a officiรฉ, son service est passoul.
Et si tu dis qu'ils relevaient leurs vรชtements, or on enseigne : middo bad, middo selon sa mesure, sans manque et sans surplus. Lors du transport des membres vers la rampe, ce qui n'est pas un service.
Le sang humide laisse passer le pied jusqu'au sol. Il souille les vรชtements. Un cohen dont les vรชtements sont souillรฉs, et qui officie : son avoda est passoul.
Relever le vรชtement se heurte ร middo (Vayikra 6, 3). Le vรชtement est kemiddato, ร sa mesure, sans manquer ni dรฉpasser. Rachi : il descend jusqu'au sol.
Rรฉponse de cette รฉtape : on relรจve le vรชtement en portant les membres vers le kevesh, la rampe, et ce portage n'est pas une avoda. La Guemara reprend ce point aussitรดt.
Et non ? Du fait que cela exige la kehuna, c'est un service !
Comme on l'enseigne : et le cohen prรฉsentera le tout ร l'autel, c'est le transport des membres vers la rampe. Plutรดt : lors du transport du bois vers le bรปcher, ce qui n'est pas un service.
Le portage des membres vers le kevesh exige un cohen. Ce qui exige la kehuna est une avoda. Le verset (Vayikra 1, 13), ve-hikriv ha-kohen, vise ce portage. Rachi : il parle des entrailles et des pattes.
Autre cas : porter le bois vers la maarakha, le bรปcher. Ce portage n'est pas une avoda. Lร , on peut relever le vรชtement.
Lors du transport des membres vers la rampe, et lors du transport du sang, comment marchent-ils donc ? Ils marchent sur des banquettes.
Le portage des membres et le portage du sang sont une avoda. On ne relรจve pas le vรชtement, et le sol est couvert de sang.
Ils marchent sur des itztaba, des banquettes maรงonnees. Rachi : elles comptent comme le dallage. La station exigรฉe par l'avoda reste une station sur le sol.
Comment suspend-on et dรฉpรจce-t-on, etc. Il l'ouvrait, il en retirait les emourim, il les plaรงait dans un magis pour les brรปler.
Dirait-on que lui-mรชme les brรปlait ? Dis : pour les brรปler sur l'autel.
La mishna : aprรจs la suspension et le dรฉpeรงage, on ouvre le pesah, on en retire les emourim, on les place dans un magis, pour les brรปler.
La question porte sur celui qui agit. Celui qui dรฉpรจce est un zar. Rachi : les cohanim ne dรฉpรจcent pas les kodashim kalim, et mรชme le dรฉpeรงage de l'ola est kacher par un zar (Yoma 26b). Un zar ne fait pas la haktara.
La leรงon retenue : pour les brรปler sur l'autel. Il dรฉpose les emourim dans le magis jusqu'ร l'arrivรฉe de celui qui est apte. Tossefot gardent la leรงon qui objecte sur le magas lui-mรชme, et Rabbeinou Tam sรฉpare la minha, dรฉjร dans le keli sharet pour y รชtre sanctifiรฉe, du magis.
Le premier groupe sortait, etc. Un tanna enseigne : chacun place son pesah dans sa peau et le rejette derriรจre lui.
Rav Ilaish dit : ร la maniรจre des tayyaot.
Le premier groupe quitte la azara. Chacun met son pesah dans sa peau et le rejette derriรจre lui, pour le porter jusqu'ร la maison.
Rav Ilaish nomme cette faรงon : tayyaot. Rachi : la maniรจre des marchands ismaรฉlites.
Hadran alakh Tamid nishhat : nous reviendrons vers toi, chapitre Tamid nishhat.
Formule de clรดture du chapitre Tamid nishhat, cinquiรจme chapitre de Pesahim. La mishna suivante ouvre le chapitre Elu devarim.
Mishna. Voici les actes qui, pour le pesah, repoussent le chabbat : son abattage (shehita), la projection de son sang (zerika), le curage de ses entrailles (mihouy), et la combustion de ses graisses (haktara).
Mais son rรดtissage et le rinรงage de ses entrailles ne repoussent pas le chabbat. Le porter sur l'รฉpaule, l'amener de hors du tehoum, et couper sa verrue (yabelet) ne repoussent pas le chabbat.
Rabbi Eliezer dit : ils repoussent.
Veille de Pesah un chabbat. Quatre actes repoussent le chabbat : shehita, zerika, mihouy des entrailles, haktara des graisses. Shehita et zerika se font de jour (Vayikra 7, 38). Le mihouy รฉvite que les entrailles se corrompent.
Le rรดtissage et la hadaha, le rinรงage des entrailles, peuvent attendre la nuit.
Trois shevout ne repoussent pas le chabbat : porter l'animal sur l'รฉpaule ร travers le reshut ha-rabim, l'amener de hors du tehoum, couper la yabelet. On pouvait les faire la veille. Rabbi Eliezer dit qu'ils repoussent. Tossefot : le dรฉpeรงage de la peau, le Ri le range dans la haktara des graisses. Le dรฉpeรงage habituel s'arrรชte ร la poitrine.
Rabbi Eliezer dit : n'est-ce pas un raisonnement ? Si la shehita, qui est ร titre de melakha, repousse le chabbat, ces actes, qui sont ร titre de shevout, ne repousseraient-ils pas le chabbat ?
Rabbi Yehoshoua lui dit : le yom tov le prouve. On y a permis ce qui est ร titre de melakha, et ce qui est ร titre de shevout y est interdit.
Rabbi Eliezer pose un kal va-homer. La shehita est une melakha, une des avot melakhot, et elle repousse le chabbat pour le pesah. Porter l'animal, franchir le tehoum, couper la verrue ne sont qu'une shevout.
Rabbi Yehoshoua rรฉpond par le yom tov. Shehita et cuisson, av melakha d'okhel nefech, y sont permises au particulier. Apporter de hors du tehoum un aliment qu'on pouvait prรฉparer la veille y reste interdit. Rachi : les tehoumim sont d'ordre rabbinique.
Rabbi Eliezer lui dit : qu'est-ce lร , Yehoshoua ? Quelle preuve un reshut fournit-il pour une mitsva ?
Rabbi Akiva rรฉpondit et dit : l'aspersion le prouve. Elle est ร titre de mitsva, elle est ร titre de shevout, et elle ne repousse pas le chabbat.
Toi aussi, ne t'รฉtonne pas de ces actes : bien qu'ils soient ร titre de mitsva et ร titre de shevout, ils ne repoussent pas le chabbat.
Rabbi Eliezer รฉcarte la preuve. Le yom tov de Rabbi Yehoshoua vise un reshut, le repas du particulier. Le pesah est une mitsva, besoin du gavoha.
Rabbi Akiva apporte la haza'a. Le septiรจme jour d'un tamei met tombe un chabbat, veille de Pesah. Sans aspersion, pas de pesah : c'est une mitsva. L'acte n'est qu'une shevout. Il a l'apparence de metaken gavra, remettre un homme en รฉtat. Elle ne repousse pas le chabbat. Porter, le tehoum et la verrue suivent la mรชme rรจgle.
Tossefot : pour Rabbi Eliezer, les makhshirim d'okhel nefech faisables la veille du yom tov sont interdits. L'objection cite Chabbat 137b, oรน sa permission dรฉpasse celle de Rabbi Yehouda. Le Ri borne cette permission ร la mishmeret, peu semblable ร une melakha.
Rabbi Eliezer lui dit : c'est d'elle aussi que je tire le raisonnement. Si la shehita, qui est ร titre de melakha, repousse le chabbat, l'aspersion, qui est ร titre de shevout, n'est-il pas logique qu'elle repousse le chabbat ?
Rabbi Eliezer applique le mรชme kal va-homer ร la haza'a. La shehita, melakha, repousse le chabbat. L'aspersion, shevout, doit aussi le repousser, et laisser l'homme faire son pesah.
L'amoud s'arrรชte sur cette rรฉponse. Rabbi Eliezer reprend la haza'a dans son propre raisonnement.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).