Pesachim 66a - Hillel, le pesah et le chabbat, le couteau dans la laine

Pesachim 66a

Sougya : Rabbi Akiva retourne le kal va-homer de Rabbi Eliezer : l'aspersion, simple shevout, ne repousse pas le chabbat, la chehita, qui est une melakha, encore moins. Rabbi Eliezer répond par be-mo'ado, en son temps, en semaine comme le chabbat.

Rabbi Akiva pose alors la règle : une melakha faisable dès la veille ne repousse pas le chabbat ; la chehita du quatorze, oui. La Guemara raconte l'oubli des bene Beteira.

Hillel, monté de Babel, disciple de Chemaya et Avtalyon, prouve que le pesah repousse le chabbat : gezera shava de mo'ado avec le tamid, puis un kal va-homer par le karet, que les bene Beteira réfutent parce que le tamid est fréquent et tout brûlé. Ils le nomment nassi.

Le lendemain, le couteau oublié la veille voyage dans la laine de l'agneau ou entre les cornes du chevreau.

Que repousse le chabbat, la veille de Pessa'h ? Rabbi Akiva retourne le raisonnement. Rabbi Eliezer tient le verset. Rabbi Eliezer Be-mo'ado : en son temps en semaine et le chabbat La chehita du pesah repousse le chabbat Nombres 9, 2 Rabbi Akiva : ou l'inverse Hazaa : shevout seulement ne repousse pas le chabbat Chehita : melakha de la Torah à plus forte raison, non Eliezer : tu déracines le verset Règle de Rabbi Akiva Apporte un mo'ed, un temps fixé, comme celui de la chehita Faisable dès la veille transport, aspersion pas de mo'ed écrit ne repousse pas Impossible la veille chehita du 14 nissan le temps est fixé repousse le chabbat
Rabbi Akiva retourne le kal va-homer. La règle : faisable la veille, ou non.
Comment Hillel prouve que le pesah repousse le chabbat Deux preuves. Une réfutation. L'ordre réel, puis le reproche. Bene Beteira : le 14 tombe un chabbat La halakha leur a échappé. Ils appellent Hillel. 1. Gezera shava mo'ado du pesah mo'ado du tamid Le tamid repousse le chabbat Le pesah aussi Tradition : on ne l'invente pas 2. Kal va-homer Tamid : pas de karet et il repousse le chabbat Pesah : omission punie de karet à plus forte raison Chacun peut le tirer seul D'où le tamid ? mo'ado seul ne suffit pas sinon le pesah l'aurait déjà Verset : ola du chabbat outre l'ola du tamid. Nombres 28, 10 Pirka des bene Beteira Le tamid est tadir chaque jour, matin et soir et kalil : tout à l'autel Le pesah n'a pas ces deux traits Ordre, puis pourquoi les deux D'abord le kal va-homer ils le réfutent Ensuite la gezera shava elle tient, venue du Sinaï Hillel : la gezera shava, vous ne pouviez pas l'inventer. Le kal va-homer, vous auriez dû le tirer seuls. Réponse : kal va-homer pirka, on ne le tire pas.
Gezera shava, kal va-homer, pirka, et le reproche de Hillel aux bene Beteira.
Le couteau oublié la veille du chabbat L'apporter à la main était possible hier : cela ne repousse pas le chabbat. Pesah : agneau Il a de la laine couteau enfoncé dans la laine La bête porte le fer jusqu'à la azara Tela : tohavo be-tsimro Pesah : chevreau Poil seulement, la laine manque couteau entre les cornes Même trajet, autre pose Gedi : bein karnav Rachi : on ne peut pas le ficher dans le poil Pourquoi la bête peut porter cela Shevitat behemto : repos de la bête. Une charge habituelle est interdite. Rachi : pose hors de sa manière. Shevitat behemto vise la charge habituelle. Hillel voit l'acte, se souvient : ainsi de Chemaya et Avtalyon.
Le couteau voyage dans la laine de l'agneau, ou entre les cornes du chevreau.
1
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא, אוֹ חִלּוּף: מָה אִם הַזָּאָה שֶׁהִיא מִשּׁוּם שְׁבוּת — אֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת, שְׁחִיטָה שֶׁהִיא מִשּׁוּם מְלָאכָה — אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא תִּדְחֶה אֶת הַשַּׁבָּת?! אָמַר לוֹ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: עֲקִיבָא, עָקַרְתָּ מַה שֶּׁכָּתוּב בַּתּוֹרָה: ״בְּמוֹעֲדוֹ״, בֵּין בְּחוֹל בֵּין בְּשַׁבָּת.

Rabbi Akiva lui dit : ou bien l'inverse. Si l'aspersion (hazaa), qui relève d'une shevout (interdit rabbinique), ne repousse pas le chabbat, la chehita (abattage), qui relève d'une melakha (travail interdit par la Torah), n'est-il pas logique qu'elle ne repousse pas le chabbat ?

Rabbi Eliezer lui dit : Akiva, tu déracines ce qui est écrit dans la Torah : "en son temps" (be-mo'ado), en semaine comme le chabbat.

📜 Rachi (2)
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא אוֹ חִיֽלּוּף אוֹ אֲנִי אַחֲלִיף הַדִּין דִּפְשִׁיטָא לִי דְּהַזָּאָה מְעַכְּבָא וְיָלְפִינַן בְּקַל וָחֹוֽמֶר מִיֽנָּהּ לִשְׁחִיטָה שֶׁתְּעַכֵּב:
Ou bien l'inverse. Ou bien, moi, j'inverse le raisonnement. Car il est évident pour moi que l'aspersion empêche, et nous apprenons par kal va-homer (à fortiori), à partir d'elle, pour la chehita, qu'elle empêche.
בְּמוֹעֲדוֹ וְיַעֲשׂוּ בְנֵי יִשְׂרָאֵל אֶת הַפָּסַח בְּמוֹעֲדוֹ:
En son temps. "Les enfants d'Israël feront le pesah en son temps."
💡 Explication

Rabbi Akiva retourne le kal va-homer. L'hazaa, aspersion des eaux de purification, n'est qu'une shevout, et elle ne repousse pas le chabbat. La chehita, melakha de la Torah, à plus forte raison.

Rachi : l'aspersion est me'akevet, elle empêche d'offrir sans elle. Le raisonnement part d'elle. Rabbi Eliezer répond par Nombres 9, 2 : be-mo'ado, en son temps, vise le jour fixé, en semaine et le chabbat. Retirer la chehita du chabbat arrache ce verset.

2
אָמַר לוֹ: רַבִּי, הָבֵא לִי מוֹעֵד לְאֵלּוּ, כְּמוֹעֵד לִשְׁחִיטָה. כְּלָל אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: כָּל מְלָאכָה שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת — אֵינָהּ דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת. שְׁחִיטָה, שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתָהּ מֵעֶרֶב שַׁבָּת — דּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת.

Il lui dit : Rabbi, apporte-moi un temps fixé pour ceux-là, comme le temps fixé de la chehita. Rabbi Akiva a dit une règle : toute melakha qu'il est possible de faire la veille du chabbat ne repousse pas le chabbat.

La chehita, qu'il est impossible de faire la veille du chabbat, repousse le chabbat.

📜 Rachi (1)
הָבֵא לִי מוֹעֵד לְאֵלּוּ שֶׁיְּהֵא זְמַן קָבוּעַ לָהֶן כַּמָּה שֶׁקָּבוּעַ לִשְׁחִיטָה הִילְכָּךְ כֵּיוָן דְּלָא קְבִיעַ לְהוּ זִיֽמְנָא וּמָצֵי לְמֶיֽעְבַּד לְהוּ מֵאֶתְמוֹל לָא דָּחוּ וְהַזָּאָה נָמֵי לָאו מִגּוּפֵיֽהּ דְּפֶסַח הִיא וְלָא כְּתִיב בָּהּ מוֹעֵד:
Apporte-moi un temps fixé pour ceux-là. Qu'ils aient un temps fixé, autant qu'il est fixé pour la chehita. Par suite, puisqu'aucun temps ne leur est fixé et qu'on peut les faire dès la veille, ils ne repoussent pas. L'aspersion non plus ne vient pas du corps même du pesah, et "en son temps" n'est pas écrit à son sujet.
💡 Explication

Ceux-là : les actes dont Rabbi Eliezer voulait qu'ils suivent la chehita, porter l'animal, le faire venir de hors du teh'oum, et l'aspersion. Rabbi Akiva demande un mo'ed, un temps écrit, comme celui de la chehita.

La règle se coupe en deux. Faisable dès la veille : elle ne repousse pas le chabbat. Impossible la veille : la chehita du 14 nissan repousse le chabbat. Rachi ajoute : l'aspersion n'est pas le corps du pesah, et le mot mo'ed n'y est pas écrit.

3
גמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הֲלָכָה זוֹ נִתְעַלְּמָה מִבְּנֵי בְתִירָא. פַּעַם אַחַת חָל אַרְבָּעָה עָשָׂר לִהְיוֹת בְּשַׁבָּת, שָׁכְחוּ וְלֹא יָדְעוּ אִם פֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת אִם לָאו. אָמְרוּ: כְּלוּם יֵשׁ אָדָם שֶׁיּוֹדֵעַ אִם פֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת אִם לָאו? אָמְרוּ לָהֶם: אָדָם אֶחָד יֵשׁ שֶׁעָלָה מִבָּבֶל וְהִלֵּל הַבַּבְלִי שְׁמוֹ, שֶׁשִּׁיֽמֵּשׁ שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן, וְיוֹדֵעַ אִם פֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת אִם לָאו. שָׁלְחוּ וְקָרְאוּ לוֹ, אָמְרוּ לוֹ: כְּלוּם אַתָּה יוֹדֵעַ אִם הַפֶּסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת אִם לָאו? אָמַר לָהֶם: וְכִי פֶּסַח אֶחָד יֵשׁ לָנוּ בַּשָּׁנָה שֶׁדּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת? וַהֲלֹא הַרְבֵּה יוֹתֵר מִמָּאתַיִם פְּסָחִים יֵשׁ לָנוּ בַּשָּׁנָה שֶׁדּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת.

Guemara. Les Sages ont enseigné : cette halakha a échappé aux bene Beteira.

Une fois, le quatorze tomba un chabbat. Ils oublièrent, et ils ne surent pas si le pesah repousse le chabbat ou non.

Ils dirent : y a-t-il quelqu'un qui sache si le pesah repousse le chabbat ou non ? On leur dit : il y a un homme qui est monté de Babel, Hillel le Babylonien est son nom.

Il a servi les deux grands de la génération, Chemaya et Avtalyon, et il sait si le pesah repousse le chabbat ou non. Ils envoyèrent le chercher et l'appelèrent.

Ils lui dirent : sais-tu si le pesah repousse le chabbat ou non ? Il leur dit : n'avons-nous donc qu'un seul pesah dans l'année qui repousse le chabbat ?

N'avons-nous pas bien plus de deux cents pesahim dans l'année qui repoussent le chabbat ?

📜 Rachi (4)
גמ' הֲלָכָה זוֹ שֶׁפָּסַח דּוֹחֶה שַׁבָּת:
Guemara. Cette halakha : que le pesah repousse le chabbat.
בְּנֵי בְּתִירָה נְשִׂיאִים הָיוּ:
Les bene Beteira : ils étaient nessiim (chefs).
אָמַר לָהֶן הִלֵּל:
Il leur dit : Hillel.
וְכִי פֶּסַח אֶחָד יֵשׁ לָנוּ שֶׁדּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וַהֲלֹא יוֹתֵר מִמָּאתַיִם פְּסָחִים יֵשׁ לָנוּ שֶׁדּוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת כְּלוֹמַר יוֹתֵר מִמָּאתַיִם קָרְבָּנוֹ' יֵשׁ שֶׁדּוֹחִין שַׁבָּת בַּשָּׁנָה חֲמִשִּׁים שַׁבְּתוֹת הַשָּׁנָה בְּכָל שַׁבָּת וְשַׁבָּת אַרְבָּעָה כְּבָשִׂים שְׁנַיִם לִתְמִידִים וּשְׁנַיִם לְמוּסָפִין הֲרֵי מָאתַיִם לְבַד שַׁבָּת שֶׁבְּתוֹךְ פֶּסַח וּבְתוֹךְ הֶחָג שֶׁקְּרֵיֽבִין בָּהֶן מוּסְפֵי הַיּוֹם שִׁבְעַת טְלָאִים בְּפֶסַח וְאַרְבָּעָה עָשָׂר לְחַג:
N'avons-nous donc qu'un seul pesah qui repousse le chabbat ? N'avons-nous pas plus de deux cents pesahim qui repoussent le chabbat ? C'est-à-dire : il y a plus de deux cents korbanot qui repoussent le chabbat dans l'année. Cinquante chabbatot dans l'année. Chaque chabbat, quatre agneaux : deux pour les temidim (offrandes perpétuelles) et deux pour les moussafim (offrandes ajoutées). Voilà deux cents, sans compter le chabbat qui tombe pendant Pessa'h et pendant la fête, où l'on offre les moussafim du jour : sept agneaux à Pessa'h, et quatorze pour la fête.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אָדָם אֶחָד יֵשׁ, שֶׁעָלָה מִבָּבֶל, וְהִלֵּל הַבַּבְלִי שְׁמוֹ יֵשׁ לְדַקְדֵּק לָמָּה הֻוֽצְרְכוּ לוֹמַר ' עָלָה מִבָּבֶל ' יֹאמְרוּ יֵשׁ כָּאן אֶחָד שֶׁשִּׁמֵּשׁ שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר וְכוּ'? וְעוֹד יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת לָמָּה הֻוֽצְרְכוּ לוֹמַר וְהִלֵּל הַבַּבְלִי שְׁמוֹ יֹאמְרוּ 'וְהַלֵּל שְׁמוֹ' מֵאַחַר שֶׁכְּבָר אָמְרוּ עָלָה מִבָּבֶל? וְנִרְאֶה לִי בס"ד עַל פִּי מַה שֶּׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא (כְּתֻוֽבּוֹת עה. וְעוֹד) 'חַד מִנַּיְיֽהוּ דִּבְנֵי אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל כִּתְרֵי מִינַן' אָמְנָם 'חַד מִינָן מִבְּנֵי בָּבֶל דְּסָלֵיק לְהָתָם לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הָוֵי כִּתְרֵי מִנַּיְיֽהוּ', וְלָזֶה כִּוְּוֽנוּ לוֹמַר שֶׁעָלָה מִבָּבֶל לְכָאן וְאִם כֵּן וַדַּאי הוּא חָכָם גָּדוֹל דְּחַד מִבְּנֵי בָּבֶל כַּד סָלֵיק לְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל הָוֵי כִּתְרֵי מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל. וְאִם תֹּאמַר שֶׁמָּא זֶה הָיָה עִיֽקָּרוֹ מֵאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְיָרַד לְבָבֶל דֶּרֶךְ עֲרַאי וְעַתָּה עָלָה מִבָּבֶל לִמְקוֹמוֹ שֶׁבְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל? לְכָךְ אָמְרוּ וְהִלֵּל הַבַּבְלִי שְׁמוֹ שֶׁכָּךְ קוֹרִין אוֹתוֹ, נִמְצָא שֶׁהוּא מֵאַנְשֵׁי בָּבֶל מַמָּשׁ וְסָלֵיק לְכָאן. וְשׁוּב רָאִיתִי לְהָרַב עִיּוּן יַעֲקֹב זַ"ל שֶׁפֵּיֽרֵשׁ דִּקְדּוּק 'עָלָה מִבָּבֶל' כמ"ש אֲנָא עַבְדָּא, אַךְ דִּקְדּוּק שֶׁל 'הִלֵּל הַבַּבְלִי שְׁמוֹ' לֹא נִרְגָּשׁ בּוֹ וּבְדִבְרֵי נִתְיַיֽשֵּׁב שַׁפִּיר.
Il y a un homme, qui est monté de Babel, et Hillel le Babylonien est son nom. Il y a lieu de serrer le texte : pourquoi ont-ils eu besoin de dire "il est monté de Babel" ? Qu'ils disent : il y a ici quelqu'un qui a servi les deux grands de la génération, etc. Et encore, il faut objecter : pourquoi ont-ils eu besoin de dire "et Hillel le Babylonien est son nom" ? Qu'ils disent "et Hillel est son nom", puisqu'ils ont déjà dit qu'il est monté de Babel. Il me semble, avec l'aide du Ciel, d'après ce qu'ils ont dit dans la Guemara (Ketoubot 75a, et ailleurs) : "l'un d'eux, parmi les gens de la terre d'Israël, vaut deux des nôtres". Toutefois : "l'un des nôtres, parmi les gens de Babel, qui monte là-bas en terre d'Israël, vaut deux d'entre eux". C'est à cela qu'ils visaient, en disant qu'il est monté de Babel jusqu'ici. Dès lors, il est certainement un grand sage : l'un des gens de Babel, quand il monte en terre d'Israël, vaut deux de la terre d'Israël. Et si tu dis : peut-être son origine était la terre d'Israël, il était descendu à Babel de passage, et maintenant il est monté de Babel vers sa place en terre d'Israël ? C'est pour cela qu'ils ont dit "et Hillel le Babylonien est son nom", car c'est ainsi qu'on l'appelle. Il se trouve qu'il est des gens de Babel à proprement parler, et qu'il est monté ici. Ensuite j'ai vu le rav Iyun Yaakov, de mémoire bénie, qui a expliqué la précision "il est monté de Babel" comme on le dit au sujet de ana avda (moi, le serviteur). Mais la précision de "Hillel le Babylonien est son nom" n'a pas été remarquée chez lui, et dans mes paroles elle se résout bien.
שֶׁשִּׁמֵּשׁ שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר. קָשֶׁה לָמָּה הֻוֽצְרַךְ לַמִּנְיָן לוֹמַר שֶׁהָיוּ שְׁנַיִם וְגַם הָיוּ גְּדוֹלֵי הַדּוֹר, סַגִּי לוֹמַר שֶׁשִּׁמֵּשׁ שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן, וְהַכֹּל יוֹדְעִים שֶׁהָיוּ גְּדוֹלֵי הַדּוֹר? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּהָאוֹמֵר נִתְכַּוֵּוֽן לְהַרְבּוֹת בְּשִׁבְחוֹ לוֹמַר שֶׁשִּׁמֵּשׁ שְׁנַיִם בִּזְמַן אֶחָד וְלָא הֲוָה סַגִּי לֵיהּ בְּחַד וְאִיֽלּוּ אֲחֵרִים הַנִּמְצָאִים כָּאן אֲפִיֽלּוּ אֶת אֶחָד מֵהֶם לֹא שִׁיֽמֵּשׁ וְאָמַר גְּדוֹלֵי הַדּוֹר לוֹמַר כִּי שְׁנֵיהֶם שְׁקוּלִים הָיוּ בְּתוֹרָה שֶׁשְּׁנֵיהֶם גְּדוֹלֵי הַדּוֹר וְהוּא שִׁיֽמֵּשׁ אֶת שְׁנֵיהֶם מִסְּתָמָא יָדַע הַדִּין הַזֶּה, דְּאִם לֹא שָׁמְעוּ מִזֶּה וַדַּאי שָׁמְעוּ מִזֶּה.
Qui a servi les deux grands de la génération. Difficulté : pourquoi a-t-il eu besoin du nombre, pour dire qu'ils étaient deux, et aussi qu'ils étaient les grands de la génération ? Il suffisait de dire qu'il a servi Chemaya et Avtalyon, et tout le monde sait qu'ils étaient les grands de la génération. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que celui qui parle à voulu multiplier son éloge : il a servi deux en même temps, et un seul ne lui suffisait pas, alors que les autres qui se trouvent ici n'ont pas même servi l'un d'eux. Et il a dit "grands de la génération" pour dire que les deux étaient équivalents dans la Torah, que tous deux étaient les grands de la génération, et qu'il les a servis tous les deux. Selon toute vraisemblance, il connaissait cette halakha : s'il ne l'a pas entendue de celui-ci, il l'a certainement entendue de celui-là.
💡 Explication

Les bene Beteira, nessiim selon Rachi, ont perdu la halakha : le pesah repousse-t-il le chabbat quand le 14 nissan tombe ce jour-là ? On leur nomme Hillel le Babylonien, qui a servi Chemaya et Avtalyon.

Hillel répond par un compte. Rachi : environ cinquante chabbatot, quatre agneaux chacun, deux temidim et deux moussafim, soit deux cents, plus les agneaux du moussaf de Pessa'h et de Souccot. Il les appelle pesahim : le mot vise ces korbanot qui repoussent déjà le chabbat.

Ben Yehoyada serre deux précisions. "Monté de Babel" : un Babylonien monte en terre d'Israël vaut deux sages de là-bas, d'après Ketoubot 75a. "Le Babylonien" écarte l'hypothèse d'un homme d'Israël descendu là-bas un moment. "Deux grands" : il les a servis ensemble, et l'un des deux lui aurait suffi pour tenir la halakha.

🖼️ Schéma
Plus de deux cents agneaux repoussent déjà le chabbat Rachi compte les korbanot de l'année. Hillel les appelle pesahim. 50 chabbatot environ, dans l'année x 4 agneaux = 200 Chaque chabbat 2 temidim matin et après-midi 2 moussafim du chabbat Nombres 28, 9-10 En plus Chabbat de Pessa'h 7 agneaux du jour Chabbat de Souccot 14 agneaux du jour Le mot de Hillel Un seul pesah dans l'année repousserait le chabbat ? Bien plus de deux cents le font déjà. Le pesah du 14 suit le même din.
Cinquante chabbatot, quatre agneaux : deux temidim, deux moussafim. Pessa'h et Souccot s'ajoutent.
4
אָמְרוּ לוֹ: מִנַּיִן לְךָ? אָמַר לָהֶם: נֶאֱמַר ״מוֹעֲדוֹ״ בְּפֶסַח, וְנֶאֱמַר ״מוֹעֲדוֹ״ בְּתָמִיד: מַה ״מוֹעֲדוֹ״ הָאָמוּר בַּתָּמִיד דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, אַף ״מוֹעֲדוֹ״ הָאָמוּר בְּפֶסַח דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת.

Ils lui dirent : d'où le tiens-tu ? Il leur dit : il est dit "en son temps" (mo'ado) au sujet du pesah, et il est dit "en son temps" au sujet du tamid.

De même que "en son temps" dit au sujet du tamid repousse le chabbat, de même "en son temps" dit au sujet du pesah repousse le chabbat.

📜 Rachi (1)
מַה מוֹעֲדוֹ הַנֶּאֱמָר בְּתָמִיד וּלְקַמֵּיֽהּ פָּרֵיךְ תָּמִיד גּוּפֵיֽהּ מְנָא לְהוּ:
De même que "en son temps" dit au sujet du tamid. Plus loin, on objecte : le tamid lui-même, d'où le tiennent-ils ?
🗂️ Tossefot (1)
מַה מוֹעֲדוֹ הָאָמוּר בַּתָּמִיד דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וּלְקַמָּן יָלֵיף מֵעַל עוֹלַת הַתָּמִיד תֵּימָא דְּבִשְׁמַעְתִּין לָא דְּרֵישׁ מִמַּשְׁמָעוּת דְּמוֹעֲדוֹ וְכֵן הָא דְּפֶסַח דָּחֵי טֻוֽמְאָה יָלְפִינַן לְקַמָּן מֵאִישׁ אִישׁ אִישׁ נִדְחֶה וְאֵין צִיֽבּוּר נִדְחִין וּבְתָמִיד יָלְפִינַן מג"ש דְּמוֹעֲדוֹ מוֹעֲדוֹ וּבְפֶרֶק כֵּיצַד צוֹלִין (לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף עז.) מַשְׁמַע דְּדָרֵיֽשׁ לָהּ מִמַּשְׁמָעוּת דְּמוֹעֲדוֹ דְּתַנְיָא וַיְדַבֵּר מֹשֶׁה אֶת מֹוֽעֲדֵי ה' מַה ת"ל לְפִי שֶׁלֹּא מָצִינוּ בְּכָל הַתּוֹרָה שֶׁנֶּאֱמַר בָּהֶן מוֹעֲדוֹ אֶלָּא בְּפֶסַח וְתָמִיד מוֹעֲדוֹ אֲפִי' בְּשַׁבָּת מוֹעֲדוֹ אֲפִילּוּ בְּטֻוֽמְאָה שְׁאָר קָרְבָּנוֹת מִנַּיִן מַשְׁמַע דְּמִמַּשְׁמָעוּת' דְּמוֹעֲדוֹ דְּרֵישׁ וְעוֹד דְּקָאָמַר הָתָם וּצְרִיכִי דְּאִי כְּתַב רַחֲמָנָא תָּמִיד שֶׁכֵּן תָּדִיר וְכָלִיל אֲבָל פֶּסַח לָא וְאִי כְּתִיב פֶּסַח שֶׁכֵּן כָּרֵת וְאִי מִגְּזֵיֽרָה שָׁוָה יָלְפִינַן מַה צָרִיךְ לִצְרִיכוּתָא הָא אִיֽצְטְרִיךְ מוֹעֲדוֹ דְּתָמִיד מִשּׁוּם טֻוֽמְאָה וּדְפֶסַח מִשּׁוּם שַׁבָּת אֶלָּא וַדַּאי מִמַּשְׁמָעוּתָא דְּמוֹעֲדוֹ דְּרֵישׁ וע"כ תַּנָּאֵי הִיא וְעוֹד בְּפָ' ר' יִשְׁמָעֵאל בִּמְנָחוֹת (דַּף עב.) דְּרֵישׁ שְׁתֵּי הַלֶּחֶם דְּדָחוּ שַׁבָּת מִתַּקְרִיב תַּקְרִיב אֲפִילּוּ בְּשַׁבָּת וַאֲפִילּוּ בְּטֻוֽמְאָה וּלְפִי שְׁמַעְתִּין מָצֵי לְמֵילַף בג"ש דְּמוֹעֲדוֹ מִפֶּסַח וְתָמִיד אוֹ מִמַּשְׁמָעוּתָא כְּמוֹ בְּכֵיצַד צוֹלִין (לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף עז.):
De même que "en son temps" dit au sujet du tamid repousse le chabbat. Plus loin, il l'apprend de "outre l'ola du tamid". Étonnement : dans notre sougya, il ne derache pas à partir du sens de "en son temps". De même, que le pesah repousse la touma (impureté), nous l'apprenons plus loin de "ish ish" : un particulier est écarté, et le public n'est pas écarté. Et pour le tamid, nous l'apprenons par gezera shava de "en son temps", "en son temps". Or dans le chapitre Keitsad Tsolin (plus loin, Pesachim 77a), il ressort qu'il derache cela à partir du sens de "en son temps". Car on enseigne : "Moché dit les temps fixés de Hachem." Que vient enseigner l'Écriture ? Parce que nous n'avons trouvé, dans toute la Torah, "en son temps" qu'au sujet du pesah et du tamid. "En son temps" : même le chabbat. "En son temps" : même en état de touma. Les autres korbanot, d'où ? Il ressort qu'il derache à partir du sens de "en son temps". Et encore, il dit là-bas : et ils sont nécessaires. Car si l'Écriture avait écrit le tamid, on dirait : parce qu'il est fréquent et tout brûlé ; mais le pesah, non. Et si le pesah était écrit, on dirait : parce qu'il y a karet. Et si nous l'apprenons par gezera shava, à quoi sert cette nécessité des deux versets ? Voici que "en son temps" du tamid est nécessaire à cause de la touma, et celui du pesah à cause du chabbat. Donc, à coup sûr, il derache à partir du sens de "en son temps". Il faut donc dire que c'est une mahloket de tanaim. Et encore, dans le chapitre de Rabbi Yishmael, à Menahot (72a), il derache que les deux pains repoussent le chabbat, de "takriv takriv" : on l'offrira, même le chabbat, et même en état de touma. Or, selon notre sougya, on pourrait l'apprendre par gezera shava de "en son temps", à partir du pesah et du tamid, ou à partir du sens, comme dans Keitsad Tsolin (plus loin, Pesachim 77a).
💡 Explication

Hillel pose une gezera shava. Le même mot, mo'ado, est écrit pour le pesah et pour le tamid. Le tamid repousse le chabbat. Le pesah aussi.

Rachi annonce la suite : d'où le tamid lui-même ? Tossefot comparent les lectures. Ici, le din ne sort pas du simple sens de mo'ado. À Pesachim 77a, une baraitha lit le mot : même le chabbat, même en touma. La tserikhouta, le fait que les deux versets soient nécessaires, va dans ce sens. Tossefot concluent à une mahloket de tanaim. À Menahot 72a, les deux pains sont appris de takriv ; notre sougya aurait pu passer par mo'ado.

5
וְעוֹד, קַל וָחֹוֽמֶר הוּא: וּמַה תָּמִיד שֶׁאֵין עָנוּשׁ כָּרֵת דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, פֶּסַח שֶׁעָנוּשׁ כָּרֵת — אֵינוֹ דִּין שֶׁדּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת.

Et encore, c'est un kal va-homer : si le tamid, dont l'omission n'est pas punie de karet, repousse le chabbat, le pesah, dont l'omission est punie de karet, n'est-il pas logique qu'il repousse le chabbat ?

🪔 Ben Yehoyada (1)
וְעוֹד, קַל וָחֹמֶר, וּמַה תָּמִיד שֶׁאֵין עָנוּשׁ כָּרֵת, דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת וְכוּ'. נִרְאֶה לִי לְפִי הַסָּלְקָא דַּעְתֵּיֽהּ שֶׁתֵּיֽרֵץ קַל וָחֹוֽמֶר אֲמַר לְהוּ בְּרֵישָׁא, נִרְאֶה הַאי וְעוֹד אֵינָהּ מִדִּבְרֵי הַלֵּל אֶלָּא דִּבְרֵי הַבָּרַיְיֽתָא, אֲבָל לְפִי הַמַּסְּקָנָא יֵשׁ לוֹמַר הַאי וְעוֹד הִיא מִדִּבְרֵי הִלֵּל. אָמְנָם יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת כֵּיוָן דְּקַל וְחֹוֽמֶר זֶה אִיֽצְטָרֵךְ לָמָּה הִזְכִּירוּ אוֹתוֹ בַּבָּרַיְיֽתָא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד לְלַמְּדֵנוּ שִׁבְחָן שֶׁל בְּנֵי בְּתֵירָא דְּאַף עַל גַּב דְּנִצְּחוּ אוֹתוֹ בָּזֶה הַקַּל וָחֹוֽמֶר שֶׁעָשָׂה עַל יְדֵי הַפִּרְכָא שֶׁעָשׂוּ שֶׁהוּא לֹא הִשִּׂיג הַפִּרְכָא הַזּוֹ מֵעַצְמוֹ עִם כָּל זֶה כִּיֽבְּדוּ אוֹתוֹ לְהַמְלִיכוֹ עֲלֵיהֶם.
Et encore, un kal va-homer : si le tamid, dont l'omission n'est pas punie de karet, repousse le chabbat, etc. Il me semble, selon la hava amina (première lecture) qui répond qu'il leur a dit le kal va-homer d'abord : ce "et encore" paraît venir des paroles de la baraitha, et non des paroles de Hillel. Mais selon la conclusion, on peut dire que ce "et encore" vient des paroles de Hillel. Toutefois, il faut objecter : puisque ce kal va-homer était nécessaire, pourquoi l'ont-ils mentionné dans la baraitha ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, pour nous enseigner l'éloge des bene Beteira. Bien qu'ils l'aient vaincu sur ce kal va-homer qu'il avait construit, par la pirka (réfutation) qu'ils ont faite, pirka qu'il n'avait pas atteinte de lui-même, malgré cela ils l'ont honoré, pour le faire régner sur eux.
💡 Explication

Deuxième preuve, en kal va-homer. Le tamid repousse le chabbat, et son omission n'est pas punie de karet. Le pesah, dont l'omission est punie de karet, à plus forte raison.

Ben Yehoyada lit le mot "et encore". Si Hillel a dit le kal va-homer d'abord, ce lien est celui de la baraitha. Selon la conclusion, où il le dit pour eux après la gezera shava, le mot peut être le sien. La baraitha garde un raisonnement ensuite réfuté, pour l'éloge des bene Beteira : ils ont trouvé la pirka, et ils l'ont quand même fait nassi.

6
מִיָּד הוֹשִׁיבוּהוּ בָּרֹאשׁ, וּמִיֽנּוּהוּ נָשִׂיא עֲלֵיהֶם, וְהָיָה דּוֹרֵשׁ כָּל הַיּוֹם כֻּוֽלּוֹ בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח. הִתְחִיל מְקַנְטְרָן בִּדְבָרִים. אָמַר לָהֶן: מִי גָּרַם לָכֶם שֶׁאֶעְלֶה מִבָּבֶל וְאֶהְיֶה נָשִׂיא עֲלֵיכֶם — עַצְלוּת שֶׁהָיְתָה בָּכֶם, שֶׁלֹּא שִׁמַּשְׁתֶּם שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר, שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן.

Aussitôt ils l'assirent en tête, et ils le nommèrent nassi sur eux. Il exposait toute la journée les halakhot du pesah.

Il se mit à les piquer par des paroles. Il leur dit : qui a causé que je monte de Babel et que je sois nassi sur vous ?

La paresse qui était en vous, de n'avoir pas servi les deux grands de la génération, Chemaya et Avtalyon.

📜 Rachi (2)
וְהָיָה יוֹשֵׁב וְדוֹרֵשׁ כְּדֶרֶךְ שֶׁהַנָּשִׂיא עוֹשֶׂה:
Et il était assis et il exposait. À la manière de ce que fait le nassi.
מְקַנְטְרָן לְשׁוֹן קְנִיטָה וְעִצָּבוֹן קונטנדי"ר (קונטרריי"ר: לְהַעֲלִיב) בְּלַעַ"ז:
Il les piquait. Langue de piqûre et de peine. Contredire (contrarier : offenser), en langue étrangère.
🪔 Ben Yehoyada (2)
מִי גָּרַם לָכֶם שֶׁאֶעְלֶה מִבָּבֶל, וְאֶהְיֶה נָשִׂיא עֲלֵיכֶם? עַצְלוּת שֶׁהָיְתָה בָּכֶם, שֶׁלֹּא שִׁמַּשְׁתֶּם שְׁנֵי גְּדוֹלֵי הַדּוֹר, שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן. נִרְאֶה לִי בס"ד גַּם דָּבָר זֶה אַף עַל פִּי שֶׁנִּרְאָה דֶּרֶךְ גַּבְהוּת ח"ו עִם כָּל זֶה הוּא אָמְרוּ מִצַּד עֲנָוָה שֶׁלּוֹ לוֹמַר אֲנִי אֵינִי כְּדַאי לִנְשִׂיאוּת וְרַק מִן הַשָּׁמַיִם רָצוּ לְהַעֲנִישׁ אֶתְכֶם בַּעֲבוּר עַצְלוּת שֶׁהָיְתָה בָּכֶם לְכָךְ גִּלְגְּלוֹ שֶׁאֲנִי הַקָּטָן וְאֵינִי רָאוּי אֶהְיֶה נָשִׂיא עֲלֵיכֶם, וְכִיֽוֵּן בָּזֶה לְשֵׁם שָׁמַיִם לְלַמֵּד מוּסָר לַשּׁוֹמְעִין שֶׁלֹּא יִתְעַצְּלוּ בְּשִׁמּוּשָׁהּ שֶׁל תּוֹרָה.
Qui a causé que je monte de Babel et que je sois nassi sur vous ? La paresse qui était en vous, de n'avoir pas servi les deux grands de la génération, Chemaya et Avtalyon. Il me semble, avec l'aide du Ciel : cette parole aussi, bien qu'elle paraisse une voie de hauteur, has ve-halila, il l'a dite du côté de son humilité, pour dire : je ne suis pas digne de la nessiout. Seulement, du Ciel, on a voulu vous punir à cause de la paresse qui était en vous. C'est pourquoi on a mené les choses de sorte que moi, le petit, qui ne suis pas digne, je sois nassi sur vous. Et il visait par là le-shem shamayim (en vue du Ciel), afin d'enseigner un moussar aux auditeurs, pour qu'ils ne se relâchent pas dans le shimush de la Torah (le service auprès des maîtres).
מִיָּד הוֹשִׁיבוּהוּ בָּרֹאשׁ, וּמִנָּוֵהוּ נָשִׂיא עֲלֵיהֶם. יֵשׁ לְדַקְדֵּק הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר מִיָּד מִנּוּהוּ נָשִׂיא עֲלֵיהֶם? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּמִנּוּי הַנָּשִׂיא צָרִיךְ שֶׁיִּהְיֶה בְּקִיֽבּוּץ חֲכָמִים בְּרֹוֽב מִנְיָן וְרֹוֽב בִּנְיָן וְזֶה לֹא הָיָה אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹתוֹ תֶּכֶף בְּאוֹתָהּ שָׁעָה אֶלָּא עַד שֶׁשָּׁלְחוּ וְקִבְצוּ כָּל הַחֲכָמִים, אַךְ לְפִי שָׁעָה מִיָּד הוֹשִׁיבוּהוּ בְּרֹאשׁ וְאַחַר שֶׁאָסְפוּ כָּל הַחֲכָמִים מִנּוּהוּ נָשִׂיא עֲלֵיהֶם . וְנִרְאֶה לִי דְּדָרְשׁוּ בִּדְרָשָׁה דְּרַבִּי מֵאִיר דְּדָרֵיֽשׁ בְּסוֹף הוֹרָיוֹת (הוֹרָיוֹת יג:) לְמִי נָאֶה לְמַלֵּל גְּבוּרוֹת ה'? לְמִי שֶׁיָּכוֹל לְהַשְׁמִיעַ כָּל תְּהִלָּתוֹ! וְרַבִּי מֵאִיר בָּא עַל יְדֵי זֶה בְּכֹחַ גָּדוֹל בְּעֻוֽבְדָּא דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל מִפְּנֵי שֶׁזְּקָנוֹ הִלֵּל נִתְמַנָּה לְנָשִׂיא עַל יְדֵי דְּרָשָׁה זוֹ. וְהָא דְּלֹא נִמְצָא אָדָם יוֹדֵעַ בְּדִין זֶה נִרְאֶה דְּמֵאַחַר שֶׁהָיוּ מִקָּדָשִׁים עַל פִּי הָרְאִיָּה הָיוּ מִשְׁתַּדְּלִים הַרְבֵּה שֶׁלֹּא יִהְיֶה עֶרֶב פֶּסַח בְּשַׁבָּת וַאֲפִיֽלּוּ אִם בְּהֶכְרֵחַ נִזְדַּמֵּן מִקֹּוֽדֶם וְיֵשׁ אָדָם שֶׁזּוֹכֵר עִם כָּל זֶה לֹא יָדַע הַטַּעַם לָמָּה דּוֹחֶה שַׁבָּת וּלְכָךְ בִּקְּשׁוּ לָדַעַת הַטַּעַם תְּחִלָּה כְּדֵי לַעֲשׂוֹת הַמַּעֲשֶׂה.
Aussitôt ils l'assirent en tête, et ils le nommèrent nassi sur eux. Il y a lieu de serrer : il aurait dû dire : aussitôt ils le nommèrent nassi sur eux. Il me semble, avec l'aide du Ciel, que la nomination du nassi doit se faire dans un rassemblement de sages, à la majorité du nombre (rov minyan) et à la majorité de la stature (rov binyan). Cela ne pouvait pas se faire sur l'heure, avant qu'ils envoient chercher et rassemblent tous les sages. Mais pour le moment, aussitôt ils l'assirent en tête, et après avoir rassemblé tous les sages, ils le nommèrent nassi sur eux. Et il me semble qu'ils ont derache selon la deracha de Rabbi Meir, qui derache à la fin de Horayot (Horayot 13b) : à qui sied-il de dire les hauts faits de Hachem ? À celui qui peut faire entendre toute Sa louange ! Et Rabbi Meir est venu par cela avec une grande force dans l'affaire de Rabban Gamliel, parce que son aïeul Hillel avait été nommé nassi par cette deracha. Et ceci, qu'on n'a pas trouvé un homme qui connaisse cette halakha : il me semble que, puisqu'ils sanctifiaient le mois selon la vision, ils s'efforçaient beaucoup pour que la veille de Pessa'h ne tombe pas un chabbat. Et même si, par nécessité, cela s'était présenté auparavant, et qu'il y avait un homme qui s'en souvenait, malgré cela il ne connaissait pas la raison pour laquelle le pesah repousse le chabbat. C'est pourquoi ils ont cherché d'abord à connaître la raison, afin de faire l'acte.
💡 Explication

Les bene Beteira le font asseoir en tête et le nomment nassi. Il expose les halakhot du pesah, puis il les pique : leur paresse dans le shimush de Chemaya et Avtalyon a fait monter un Babylonien au-dessus d'eux. Rachi glose le vieux français de mekanteran : piquer, offenser.

Ben Yehoyada lit la phrase du côté de l'humilité : Hillel se dit indigne, et le Ciel a arrangé cette nomination pour punir la paresse et enseigner le shimush. Deux verbes, "ils l'assirent" puis "ils le nommèrent" : le rov minyan et le rov binyan exigent d'abord de rassembler les sages. La deracha de Horayot 13b, dire les hauts faits de Hachem, désigne celui qui peut faire entendre toute la halakha. L'oubli s'explique aussi par le calendrier fixé sur la vision : on évitait que la veille de Pessa'h tombe un chabbat.

7
אָמְרוּ לוֹ: רַבִּי, שָׁכַח וְלֹא הֵבִיא סַכִּין מֵעֶרֶב שַׁבָּת, מַהוּ? אָמַר לָהֶן: הֲלָכָה זוֹ שָׁמַעְתִּי וְשָׁכַחְתִּי, אֶלָּא הַנַּח לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל, אִם אֵין נְבִיאִים הֵן — בְּנֵי נְבִיאִים הֵן.

Ils lui dirent : Rabbi, quelqu'un a oublié et n'a pas apporté de couteau la veille du chabbat, qu'en est-il ? Il leur dit : cette halakha, je l'ai entendue et je l'ai oubliée.

Mais laisse Israël : s'ils ne sont pas des prophètes, ils sont fils de prophètes.

📜 Rachi (3)
מַהוּ הֲבָאַת סַכִּין אֵינָהּ דּוֹחָה דְּהָא אֶפְשָׁר לְמֶיֽעְבַּד מֵאֶתְמוֹל וּמַה יַעֲשֶׂה:
Qu'en est-il ? Apporter le couteau ne repousse pas le chabbat, puisqu'on peut le faire dès la veille. Que fera-t-il ?
שָׁמַעְתִּי וְשָׁכַחְתִּי לְקַמָּן מְפָרֵשׁ טַעְמָא:
Je l'ai entendue et je l'ai oubliée. Plus loin, on en explique la raison.
בְּנֵי נְבִיאִים הֵן וְתִרְאוּ מַה יַעֲשׂוּ:
Ils sont fils de prophètes. Et vous verrez ce qu'ils feront.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אָמְרוּ לוֹ: רַבִּי, שָׁכַח וְלֹא הֵבִיא סַכִּין מֵעֶרֶב שַׁבָּת. אַף עַל גַּב דְּגַם הוּא שָׁכַח דָּבָר זֶה וַהֲרֵי גַּם הוּא אֵינוֹ יָכוֹל לְהַשְׁמִיעַ כָּל תְּהִלָּתוֹ מִכָּל מָקוֹם דָּבָר זֶה שָׁאנֵי מִשּׁוּם דְּלָא בָּעוּ מִיֽנֵּיֽהּ דָּבָר הַנִּצְרָךְ לַמַּעֲשֶׂה דְּשֶׁמָּא לֹא יִהְיֶה שִׁכְחָה לְשׁוּם אָדָם מַה שֶׁאֵין כֵּן שְׁאֵלַת פֶּסַח דּוֹחֶה שַׁבָּת הָיְתָה צְרִיכָה לְמַעֲשֶׂה, וְעוֹד שְׁאֵלָה זוֹ דְּשָׁכַח וְלֹא הֵבִיא הִיא צֹוֽרֶךְ יָחִיד מַה שֶׁאֵין כֵּן הַךְ שְׁאֵלַת רַבִּים וְאָוְוֽשָׁא מִיֽלְּתָא אִם נִנְעָלִין בָּהּ שַׁעֲרֵי תְּשׁוּבָה. וְעוֹד הָתָם אִיהוּ יָדַע וְכוּלְּהוּ לָא יָדְעִי אֲבָל כָּאן אִם הוּא לֹא יָדַע גַּם אִינְהוּ לָא יָדְעִי וְאִם כֵּן עֲדַיִיֽן אֵין בָּהֶם מִי שֶׁיּוּכַל לְהַשְׁמִיעַ כָּל תְּהִלָּתוֹ כָּמוֹהוּ. וְעוֹד הָכָא הֵשִׁיב 'שָׁמַעְתִּי וְשָׁכַחְתִּי' וְאֵין זֶה גְּנַאי וְחִסָּרוֹן כָּל כָּךְ כִּי אֶפְשָׁר שֶׁיִּזְכֹּוֽר אַחַר כָּךְ, וְכַאֲשֶׁר הָיָה כֵּן בֶּאֱמֶת שֶׁזָּכַר אַחַר כָּךְ, אֲבָל גַּבֵּי פֶּסַח דּוֹחֶה שַׁבָּת, דִּין זֶה לֹא לְמָדוּהוּ וְלֹא שָׁמְעוּ טַעְמוֹ כְּלָל, וְזֶה חִסָּרוֹן גָּדוֹל. וְעַיֵּיֽן לְעֵיל בְּהָא דְּלָא פָּסְקוּ אַנְשֵׁי אֱמוּנָה מִיְּרוּשָׁלַםִ דְּקָאָמַר הַגְּמָרָא הֲוָה לֵיֽהּ לְמֵימַר גְּמַר וּשְׁכַח דְּזֶה עָדִיף מִמִּי שֶׁלֹּא לָמַד כְּלָל? דְּשִׁכְחָה חֲשִׁיב אֹוֽנֶס! אִי נָמֵי בְּשָׁכַח סַכִּין אֵין בָּזֶה עִיֽכּוּב דְּאֶפְשָׁר שֶׁיִּקַּח סַכִּין מֵחֲבֵיֽרוֹ אוֹ יִקַּח סַכִּין מִן בֵּית הַמִּקְדָּשׁ ודו"ק.
Ils lui dirent : Rabbi, quelqu'un a oublié et n'a pas apporté de couteau la veille du chabbat. Bien que lui aussi ait oublié cette chose, et que lui non plus ne puisse faire entendre toute Sa louange, cette chose-ci est autre, parce qu'ils ne lui ont pas demandé une chose nécessaire pour l'acte : peut-être n'y aura-t-il d'oubli chez personne. Il en va autrement de la question si le pesah repousse le chabbat : elle était nécessaire pour l'acte. Et encore, cette question, "il a oublié et n'a pas apporté", est le besoin d'un particulier. Il en va autrement de cette question-là, qui est celle du public, et l'affaire s'ébruite si les portes de la réponse s'y ferment. Et encore, là-bas, lui savait, et eux tous ne savaient pas. Mais ici, si lui ne savait pas, eux non plus ne savaient pas. Dès lors, il n'y a encore parmi eux personne qui puisse faire entendre toute Sa louange comme lui. Et encore, ici il a répondu : "j'ai entendu et j'ai oublié". La honte et le manque n'y sont pas si grands, car il est possible qu'il se souvienne ensuite, et c'est bien ainsi que ce fut en vérité : il se souvint ensuite. Mais au sujet de "le pesah repousse le chabbat", cette halakha, ils ne l'avaient pas apprise, et ils n'en avaient pas du tout entendu la raison, et c'est un grand manque. Et vois plus haut, là où les hommes de confiance n'ont pas cessé à Jérusalem, et où la Guemara dit : il aurait dû dire "il a appris et il a oublié", car cela vaut mieux que celui qui n'a pas étudié du tout, l'oubli comptant comme un ones (contrainte). Ou bien : si l'on a oublié le couteau, il n'y a pas là d'empêchement, car il peut prendre un couteau de son compagnon, ou prendre un couteau du Temple. Et serre le texte.
אִם אֵין נְבִיאִים הֵם, בְּנֵי נְבִיאִים הֵם. פֵּיֽרוּשׁ רְאוּיָם לִנְבוּאָה וְאִם כֵּן אֵינוֹ רָחוֹק שֶׁיִּהְיוּ מְכַוְּוֽנִים בְּדָבָר זֶה עַל הָאֱמֶת בְּרוּחַ הַקֹּוֽדֶשׁ דֶּרֶךְ אַקְרַאי, וְכַאֲשֶׁר הָיָה דְּכִוְּוֽנוּ הָאֱמֶת מֵאֲלֵיהֶם וְהוּא 'רָאָה מַעֲשֶׂה וְנִזְכַּר הֲלָכָה' פֵּיֽרוּשׁ רָאָה מַעֲשֶׂה אַחַת דְּהַיְיֽנוּ תְּחִיבַת סַכִּין בְּצֶמֶר הַכֶּבֶשׁ אוֹ תְּחִיבַת סַכִּין בְּקַרְנוֹת הַגְּדִי וְנִזְכַּר הֲלָכָה כְּמוֹ שֶׁהִיא שֶׁהוֹרוּ שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן עַל הַסַּכִּין כֵּן דְּאִם כֶּבֶשׁ הוּא בְּצַמְרוֹ וְאִם גְּדִי הוּא בֵּין קַרְנָיו.
S'ils ne sont pas des prophètes, ils sont fils de prophètes. Explication : ils sont aptes à la prophétie. Dès lors, il n'est pas éloigné qu'ils visent juste, en cette chose, sur la vérité, par le roua'h ha-kodech (esprit de sainteté), de manière occasionnelle. Et c'est ainsi que ce fut : ils ont visé la vérité d'eux-mêmes. Et c'est : "il vit l'acte et se souvint de la halakha". Explication : il vit un acte, à savoir enfoncer le couteau dans la laine de l'agneau, ou enfoncer le couteau dans les cornes du chevreau, et il se souvint de la halakha telle qu'elle est, que Chemaya et Avtalyon avaient instruite ainsi au sujet du couteau : si c'est un agneau, dans sa laine ; si c'est un chevreau, entre ses cornes.
💡 Explication

La question suit la règle de Rabbi Akiva. Apporter le couteau était faisable la veille : cela ne repousse pas le chabbat. Que fait-on si on l'a oublié ? Hillel a entendu la halakha et l'oubliée. Il laisse agir Israël : fils de prophètes.

Rachi : on verra ce qu'ils font. Ben Yehoyada sépare cet oubli de l'oubli des bene Beteira. Ici, la question n'est pas encore nécessaire à l'acte du public ; Hillel répond qu'il a entendu et oublié, et il se souvient ensuite. Là-bas, la halakha du pesah n'avait pas été apprise du tout. "Fils de prophètes" : aptes à viser juste, un moment, par le roua'h ha-kodech. Hillel reconnaît ensuite la halakha de Chemaya et Avtalyon.

8
לְמָחָר, מִי שֶׁפִּסְחוֹ טָלֶה — תּוֹחֲבוֹ בְּצַמְרוֹ, מִי שֶׁפִּסְחוֹ גְּדִי — תּוֹחֲבוֹ בֵּין קַרְנָיו. רָאָה מַעֲשֶׂה וְנִזְכַּר הֲלָכָה, וְאָמַר: כָּךְ מְקֻוֽבְּלַנִי מִפִּי שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן.

Le lendemain, celui dont le pesah était un agneau l'enfonça dans sa laine ; celui dont le pesah était un chevreau l'enfonça entre ses cornes. Il vit l'acte et se souvint de la halakha, et il dit : ainsi ai-je reçu de la bouche de Chemaya et Avtalyon.

📜 Rachi (6)
לְמָחָר בְּאַרְבָּעָה עָשָׂר בַּשַּׁבָּת:
Le lendemain. Le quatorze, qui était chabbat.
שֶׁפִּסְחוֹ טָלֶה תָּחַב לוֹ בְּצַמְרוֹ אֶת הַסַּכִּין:
Celui dont le pesah était un agneau l'enfonça dans sa laine. Le couteau.
וּמִי שֶׁפִּסְחוֹ גְּדִי שֶׁאֵין לוֹ צֶמֶר אֶלָּא שֵׂיֽעָר שֶׁאֵין יָכוֹל לְתוֹחֲבוֹ בְּצַמְרוֹ תָּחַב לוֹ בֵּין קַרְנָיו וְאֵין זֶה מַשּׂאוֹי לַעֲבֹוֽר עָלָיו מִשּׁוּם שְׁבִיתַת בְּהֶמְתּוֹ דְּלָאו אוֹרְחֵיֽהּ בְּכִי הַאי מְלָאכָה וּבְעִנְיָן זֶה הֵבִיאוּ סַכִּינֵיהֶן:
Et celui dont le pesah était un chevreau. Il n'a pas de laine, seulement du poil, en quoi on ne peut pas l'enfoncer. Il le lui enfonça entre les cornes. Et ceci n'est pas une charge pour laquelle on transgresserait à cause du repos de sa bête, car telle n'est pas sa manière dans ce travail. Et de cette façon ils apportèrent leurs couteaux.
רָאָה הַלֵּל זֶה הַמַּעֲשֶׂה שֶׁעָשׂוּ:
Il vit. Hillel, cet acte qu'ils firent.
וְנִזְכַּר הָלְכָה כָּךְ שָׁמַעְתִּי:
Et il se souvint de la halakha. Ainsi ai-je entendu.
כָּךְ מִקּוֹבְלָנִי שֶׁכָּךְ הֲלָכָה כְּמוֹ שֶׁעָשׂוּ אֵלּוּ:
Ainsi ai-je reçu. Que la halakha est ainsi, comme ceux-ci ont fait.
💡 Explication

Le 14, chabbat. L'agneau porte le couteau dans la laine. Le chevreau, qui n'a que du poil, le porte entre les cornes. Hillel voit l'acte et se souvient : ainsi de Chemaya et Avtalyon.

Rachi : shevitat behemto, le repos de la bête, vise une charge selon sa manière. Cette pose sort de la manière de la bête. Les couteaux arrivent ainsi.

🖼️ Schéma
Le couteau oublié la veille du chabbat L'apporter à la main était possible hier : cela ne repousse pas le chabbat. Pesah : agneau Il a de la laine couteau enfoncé dans la laine La bête porte le fer jusqu'à la azara Tela : tohavo be-tsimro Pesah : chevreau Poil seulement, la laine manque couteau entre les cornes Même trajet, autre pose Gedi : bein karnav Rachi : on ne peut pas le ficher dans le poil Pourquoi la bête peut porter cela Shevitat behemto : repos de la bête. Une charge habituelle est interdite. Rachi : pose hors de sa manière. Shevitat behemto vise la charge habituelle. Hillel voit l'acte, se souvient : ainsi de Chemaya et Avtalyon.
Agneau : couteau dans la laine. Chevreau : couteau entre les cornes. Hillel reconnaît la halakha reçue.
9
אֲמַר מַר: נֶאֱמַר ״מוֹעֲדוֹ״ בְּפֶסַח, וְנֶאֱמַר ״מוֹעֲדוֹ״ בְּתָמִיד, מַה ״מוֹעֲדוֹ״ הָאָמוּר בַּתָּמִיד דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, אַף ״מוֹעֲדוֹ״ הָאָמוּר בַּפֶּסַח דּוֹחֶה שַׁבָּת. וְתָמִיד גּוּפֵיֽהּ מְנָלַן דְּדָחֵי שַׁבָּת? אִיֽלֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב בֵּיֽהּ ״בְּמוֹעֲדוֹ״ — פֶּסַח נָמֵי הָא כְּתִיב בֵּיֽהּ ״מוֹעֲדוֹ״!

Le maître a dit : il est dit "en son temps" au sujet du pesah, et il est dit "en son temps" au sujet du tamid. De même que "en son temps" dit au sujet du tamid repousse le chabbat, de même "en son temps" dit au sujet du pesah repousse le chabbat.

Et le tamid lui-même, d'où tenons-nous qu'il repousse le chabbat ? Si tu dis : parce qu'il est écrit à son sujet "en son temps" - au sujet du pesah aussi, voici qu'il est écrit "en son temps" !

📜 Rachi (1)
פֶּסַח נַמֵּי כְּתִיב בֵּיֽהּ בְּמוֹעֲדוֹ וְלָא שָׁמְעַת לִי' מִיֽנֵּיֽהּ וּמַתְמִיד יַלֶּפֶת לֵיהּ אֶלָּא עַל כָּרְחָיךְ מִדְּבָעֵית לְמֵילַף מִתָּמִיד לָא מִשְׁתְּמַע לְהוּ דְּחִיַּיֽת שַׁבָּת דְּאָמְרִי בְּמוֹעֲדוֹ דְּקָאָמַר בִּזְמַן הֶתֵּירָא קָאָמַר הָכָא בְּתָמִיד נָמֵי לָא מַשְׁמַע לְהוּ וּמְנָא לֵיֽהּ:
Au sujet du pesah aussi, il est écrit "en son temps". Et tu ne l'as pas appris de lui : tu l'apprends du tamid. Force est donc de dire : puisque tu dois l'apprendre du tamid, le repoussement du chabbat ne se laisse pas entendre pour eux. Ils disent : "en son temps", là où il le dit, c'est au temps où c'est permis qu'il le dit. Ici, pour le tamid aussi, cela ne se laisse pas entendre pour eux. Et d'où le tient-il ?
💡 Explication

La Guemara reprend la gezera shava et demande la source du tamid. Si mo'ado suffisait, le pesah l'aurait déjà, et Hillel n'aurait pas besoin de passer par le tamid.

Rachi formule leur lecture du mot : be-mo'ado parle du temps où l'offrande est permise. Le repoussement du chabbat ne sort pas du mot, ni pour le pesah, ni pour le tamid. Reste à trouver d'où Hillel le tient.

10
אֶלָּא ״מוֹעֲדוֹ״ לָא מַשְׁמַע לֵיֽהּ. הָכָא נָמֵי ״מוֹעֲדוֹ״ לָא מַשְׁמַע לֵיֽהּ. אֶלָּא אֲמַר קְרָא: ״עֹוֽלַת שַׁבַּת בְּשַׁבַּתּוֹ עַל עֹוֽלַת הַתָּמִיד״ — מִכְּלָל [עוֹלָה] דְּתָמִיד קָרְבָה בְּשַׁבָּת.

Plutôt : "en son temps" ne le lui indique pas. Ici aussi, "en son temps" ne le lui indique pas.

Plutôt, le verset dit : "l'ola du chabbat en son chabbat, outre l'ola du tamid" - on en tire que le tamid est offert le chabbat.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא אֲמַר קְרָא בְּמוּסָפִין עֹוֽלַת שַׁבַּת בְּשַׁבַּתּוֹ עַל עֹוֽלַת הַתָּמִיד לְבַד מֵעוֹלַת הַתָּמִיד אַלְמָא תָּמִיד נָמֵי דָּחֵי:
Plutôt, le verset dit. Dans les moussafim : "l'ola du chabbat en son chabbat, outre l'ola du tamid", en plus de l'ola du tamid. Donc le tamid aussi repousse le chabbat.
💡 Explication

Hillel ne lit pas le din dans le mot mo'ado, ni au pesah ni au tamid. Il le lit dans les moussafim, Nombres 28, 10 : l'ola du chabbat vient outre l'ola du tamid. Le tamid est donc offert le chabbat.

Ce din du tamid passe ensuite au pesah par la gezera shava. Rachi : "outre l'ola du tamid" veut dire en plus d'elle. Le tamid repousse le chabbat.

🖼️ Schéma
D'où le tamid repousse-t-il le chabbat ? Si mo'ado suffisait, Hillel n'aurait pas besoin du tamid pour le pesah. Piste écartée mo'ado est écrit au tamid mo'ado est écrit au pesah Le mot, pour eux, dit : au temps où c'est permis Verset retenu Ola du chabbat, en son chabbat outre l'ola du tamid Le tamid est offert le chabbat Nombres 28, 10. Moussafim. La gezera shava transporte ce din, du tamid vers le pesah.
mo'ado seul ne porte pas le din. Le verset des moussafim montre que le tamid est offert le chabbat.
11
אֲמַר מַר: וְעוֹד קַל וָחֹוֽמֶר, וּמַה תָּמִיד שֶׁאֵין עָנוּשׁ כָּרֵת דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת, פֶּסַח שֶׁעָנוּשׁ כָּרֵת — אֵינוֹ דִּין שֶׁדּוֹחָה אֶת הַשַּׁבָּת. אִיֽכָּא לְמִיֽפְרַךְ: מַה לְתָמִיד שֶׁכֵּן תָּדִיר וְכָלִיל. קַל וָחֹוֽמֶר אֲמַר לְהוּ בְּרֵישָׁא וּפַרְכוּהּ, וַהֲדַר אֲמַר לְהוּ גְּזֵיֽרָה שָׁוָה.

Le maître a dit : et encore, un kal va-homer. Si le tamid, dont l'omission n'est pas punie de karet, repousse le chabbat, le pesah, dont l'omission est punie de karet, n'est-il pas logique qu'il repousse le chabbat ?

On peut réfuter : qu'a le tamid de particulier ? Il est fréquent (tadir), et il est tout brûlé (kalil).

Le kal va-homer, il le leur a dit d'abord, et ils l'ont réfuté ; ensuite il leur a dit la gezera shava.

📜 Rachi (1)
אָמַר מָר וְעוֹד קַל וָחֹוֽמֶר כּוּ' וּפְרָכוּהָ מֵהָא פִּיֽרְכָא שֶׁכֵּן כָּלִיל שֶׁכֵּן תָּדִיר:
Le maître a dit : et encore, un kal va-homer, etc. Et ils l'ont réfuté. Par cette réfutation : parce qu'il est tout brûlé, parce qu'il est fréquent.
🗂️ Tossefot (1)
מַה לְתָמִיד שֶׁכֵּן תָּדִיר וְתֵיֽמַהּ וְנֵילַף מִבֵּינַיְיֽהוּ דְּתָמִיד וּמִילָה אוֹ מִשְּׁתֵּי הַלֶּחֶם (גְּרֵידָא) דְּדָחוּ שַׁבָּת:
Qu'a le tamid de particulier, qu'il est fréquent. Étonnement : apprenons-le de ce qui leur est commun, le tamid et la mila (circoncision), ou des deux pains seuls, qui repoussent le chabbat.
💡 Explication

La Guemara rouvre le kal va-homer. La pirka : le tamid a deux traits que le pesah n'a pas. Il est tadir, offert chaque jour. Il est kalil, consumé en entier sur l'autel. Le pesah se mange.

L'ordre se renverse par rapport à la baraitha. Hillel a dit d'abord le kal va-homer. Ils l'ont réfuté. Ensuite seulement, la gezera shava. Tossefot demandent pourquoi on n'apprend pas du point commun du tamid et de la mila, ou des deux pains seuls, qui repoussent le chabbat.

12
וְכִי מֵאַחַר דְּגָמַר גְּזֵיֽרָה שָׁוָה, קַל וָחֹוֽמֶר לָמָּה לִי? אֶלָּא לְדִידְהוּ קָאָמַר לְהוּ: בִּשְׁלָמָא גְּזֵיֽרָה שָׁוָה לָא גָּמְרִיתוּ, דְּאֵין אָדָם דָּן גְּזֵיֽרָה שָׁוָה מֵעַצְמוֹ. אֶלָּא קַל וָחֹוֽמֶר, דְּאָדָם דָּן מֵעַצְמוֹ, אִיֽבְּעַי לְכוּ לְמֵיֽדַן! אָמְרוּ לֵיהּ: קַל וָחֹוֽמֶר פְּרִיכָא הוּא.

Et puisqu'il a appris la gezera shava, pourquoi ai-je besoin du kal va-homer ? Plutôt, c'est à eux qu'il le disait.

Soit : la gezera shava, vous ne l'avez pas apprise, car nul ne tire une gezera shava de lui-même. Mais le kal va-homer, qu'un homme tire de lui-même, vous auriez dû le tirer !

Ils lui dirent : c'est un kal va-homer réfutable.

📜 Rachi (3)
וְכִי מֵאַחַר דִּגְמִיר מֵרַבּוֹתָיו שֶׁגְּזֵיֽרָה שָׁוָה זוֹ לְכָךְ בָּאָה דְּקַיְיֽמָא לַן אֵין אָדָם דָּן גְּזֵיֽרָה שָׁוָה מֵעַצְמוֹ אֶלָּא אִם כֵּן נִתְקַבְּלָה וּבָאָה מִסִּינַי דְּדִיֽלְמָא קְרָא לְמִיֽלְּתָא אַחֲרִיתִי אֲתָא וְכֵיוָן דְּהוּא כָּךְ קִיֽבֵּל הֲרֵי הוּא כְּמוֹ שֶׁנִּכְתַּב בְּגוּפוֹ בְּפֵיֽרוּשׁ וְלָמָּה לֵיהּ קַל וָחֹוֽמֶר שֶׁהוּא דְּבַר סְבָרָא מִדַּעְתּוֹ וּמִלִּבּוֹ:
Et puisqu'il a appris. De ses maîtres, que cette gezera shava vient pour cela. Car nous tenons : nul ne tire une gezera shava de lui-même, sauf si elle a été reçue et qu'elle vient du Sinaï, car le verset vient peut-être pour une autre chose. Et puisqu'il a ainsi reçu, c'est comme si c'était écrit en clair dans le corps du verset. Pourquoi lui faut-il un kal va-homer, qui est une chose de sevara (raisonnement), de son savoir et de son cœur ?
הָכִי קָאָמַר נְהִי דִּגְזֵיֽרָה שָׁוָה לָא גָּמְרִיתוּ מֵרַבּוֹתֵיכֶם גְּזֵיֽרָה שָׁוָה צְרִיכָא רַב דְּאֵין אָדָם דָּן גְּזֵיֽרָה שָׁוָה מֵעַצְמוֹ אֶלָּא אִם כֵּן לְמָדָהּ מֵרַבּוֹ אֶלָּא קַל וָחֹוֽמֶר כּוּ':
Voici ce qu'il dit. Soit : la gezera shava, vous ne l'avez pas apprise de vos maîtres. Une gezera shava exige un maître, car nul ne tire une gezera shava de lui-même, sauf s'il l'a apprise de son maître. Mais le kal va-homer, etc.
אָמְרוּ לוֹ קַל וָחֹוֽמֶר דְּאִית בֵּיֽהּ לָא דָּיְיֽנִינַן דִּפְרִיכָא הוּא כְּדַאֲמָרָן שֶׁכֵּן תָּדִיר:
Ils lui dirent : un kal va-homer. Celui qui porte une faille, nous ne le tirons pas, car il est réfutable, comme nous l'avons dit : parce qu'il est fréquent.
💡 Explication

La gezera shava, une fois reçue, suffit. Le kal va-homer sert de reproche. Une gezera shava ne se construit pas seul : le verset peut viser autre chose, et la tradition vient du Sinaï, par le maître. Un kal va-homer, lui, sort de la sevara. Les bene Beteira auraient dû le tirer.

Ils répondent : le raisonnement est pirka. Rachi retient la fréquence du tamid. On ne tire pas un kal va-homer qui se réfute.

🖼️ Schéma
Pourquoi le kal va-homer, si la gezera shava suffit ? Gezera shava Nul ne la tire de lui-même Il la tient de ses maîtres Kal va-homer Chacun le tire de sa sevara Vous auriez dû le faire Leur réponse Il est pirka tadir, et kalil On ne tire pas un raisonnement percé Hillel parle pour eux : le manque porte sur le kal va-homer, que l'on construit seul. La gezera shava, elle, exige un maître.
La gezera shava exige un maître. Le kal va-homer se tire seul, et ils le déclarent réfutable.
13
אֲמַר מַר: לְמָחָר מִי שֶׁפִּסְחוֹ טָלֶה — תּוֹחֵב לוֹ בְּצַמְרוֹ, גְּדִי — תּוֹחֵב לוֹ בֵּין קַרְנָיו.

Le maître a dit : le lendemain, celui dont le pesah est un agneau, il le lui enfonce dans la laine ; un chevreau, il le lui enfonce entre les cornes.

🗂️ Tossefot (1)
תּוֹחֵב לוֹ בְּצַמְרוֹ וא"ת וְהָא בָּעֵי כְּלִי שָׁרֵת כִּדְיָלְפִינַן בְּפָ' דַּם חַטָּאת (זְבָחִים דַּף צז:) וַיִּקַּח אֶת הַמַּאֲכֶלֶת וְיֵשׁ לוֹמַר שֶׁהִקְדִּישׁוּם הַשְׁתָּא מַשְׁמַע בִּשְׁמַעְתִּין דְּיֵשׁ אִיֽסּוּר רְשׁוּת הָרַבִּים בִּירוּשָׁלַיִם וְקָשֶׁה דְּאָמְרִינַן בְּפָ' קַמָּא דְּעֵירוּבִין (דַּף ו:) יְרוּשָׁלַיִם אִלְמָלֵא דַּלְתוֹתֶיהָ נִנְעָלוֹת בַּלַּיְלָה חַיָּיֽבִין עָלַי' מִשּׁוּם רְשׁוּת הָרַבִּים וְלָאו דַּוְקָא נִנְעָלוֹת אֶלָּא רְאוּיוֹת לִנְעֹוֽל כִּדְמַסִּיק הָתָם וְתֵיֽרֵץ רִ"י דְּהָכָא לְאַחַר שֶׁנִּפְרְצוּ בָּהּ פְּרָצוֹת וְכִי הַאי גַוְוֽנָא מְשַׁנֵּי בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּעֵירוּבִין (דַּף קא) אַמִּיֽלְּתָא אַחֲרִיתִי:
Il le lui enfonce dans la laine. Et si tu dis : voici qu'il faut des kelei sharet (ustensiles du service), comme nous l'apprenons dans le chapitre Dam Hatat (Zevahim 97b), "il prit le couteau". On peut dire qu'ils les ont consacrés à ce moment-là. Il ressort, dans notre sougya, qu'il y a un interdit de reshut ha-rabim (domaine public) à Jérusalem. Et c'est difficile, car nous disons dans le premier chapitre d'Erouvin (6b) : Jérusalem, si ses portes n'étaient pas verrouillées la nuit, on serait passible à son sujet à cause du domaine public. Et "verrouillées" n'est pas au sens étroit : aptes à être verrouillées, comme on conclut là-bas. Et le Ri (Rabbenou Yitshak) a répondu : ici, c'est après qu'on y eut ouvert des brèches. Et de cette façon on répond, dans le dernier chapitre d'Erouvin (daf 101), à propos d'une autre parole.
💡 Explication

La Guemara cite la fin de la baraitha, pour l'ouvrir. Tossefot posent deux questions sur le couteau fiché dans la laine.

Le couteau de la chehita doit être un keli sharet, ustensile du service, d'après Zevahim 97b et le verset "il prit le couteau". Réponse : ils les consacrent sur place. Ensuite, la page suppose un interdit de porter dans une reshut ha-rabim à Jérusalem. Erouvin 6b tient Jérusalem hors de ce statut tant que les portes peuvent se verrouiller. Le Ri situe le récit après des brèches dans les murs, comme en Erouvin 101.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).