Pesachim 66b - Kodashim, orgueil, colère, et le pesah qui repousse la touma

Pesachim 66b

Sougya : La Guemara reprend le couteau posé sur l'animal le chabbat. Travailler avec des kodashim est écarté par la pratique de Hillel : on amène la bête en houlin, on la consacre dans la azara, et on l'abat aussitôt, sans intervalle où naisse une me'ila.

Consacrer reste interdit le chabbat, sauf une hova à temps fixé : le pesah le chabbat, la hagiga le Yom Tov. Le mehamer ki-le-ahar yad échappe à l'interdit de la Torah ; la shevout rabbinique demeure, et Hillel, qui a oublié si on la déracine pour une mitsva, laisse la chose à Israël.

Rav et Reish Lakish tirent de cet oubli, puis de Dévora, de Moché, d'Elisha et d'Eliav, que l'orgueil et la colère font partir la 'hokhma, la prophétie, ou la grandeur. Ensuite : d'où le tamid et le pesah repoussent la touma.

Rabbi Yo'hanan l'apprend de ish ish. Reish Lakish, de va-yeshalhu min ha-mahane.

Le couteau sur le pesah, le chabbat Trois objections. Trois réponses. La dernière reste ouverte. Hillel : houlin jusqu'à la chehita 1. Houlin hors de la azara pas encore kodech 2. Azara il entre avec la bête 3. Hekdesh il consacre sur place 4. Chehita semikha puis abattage 5. Me'ila aucun délai entre les deux Consacrer : mishna Beitsa Hekdesh, erakhin, herem terouma et maaser Interdit à Yom Tov à plus forte raison le chabbat Hova sans temps fixé Hova à temps fixé On l'abat aujourd'hui on peut consacrer aujourd'hui Pesah : le chabbat Hagiga : Yom Tov Rabbi Yo'hanan Mehamer : conduire une bête chargée Mehamer complet charge à sa manière interdit de la Torah Ki-le-ahar yad l'agneau ne porte pas pas d'interdit de la Torah Shevout interdit rabbinique Hillel a oublié
Hillel ferme l'intervalle. L'hekdesh à temps fixé passe. Le mehamer ki-le-ahar yad laisse une shevout.
Orgueil et colère : ce qui se retire Trois sentences. Chaque fois, un sage et un prophète, ou une grandeur. Rav : yohara l'orgueil Sage : Hillel il les pique puis il oublie la halakha du couteau Prophète : Dévora jusqu'à ce que je me lève Éveille-toi, Dévora la prophétie est partie Ce qui part 'hokhma, ou nevoua Juges 5, 7 et 5, 12 Reish Lakish : kaas la colère Sage : Moché il s'irrite contre les officiers Elazar dit la halakha Prophète : Elisha il refuse de voir le roi d'Israël Prenez-moi un joueur la main était partie Ce qui part 'hokhma, ou nevoua Nombres 31 ; II Rois 3 Rabbi Mani la colère fait descendre Eliav sa colère s'enflamme contre David Les autres frères Il n'a pas choisi jamais Eliav seul Je l'ai rejeté maintenant Jusqu'alors Il l'avait aimé I Samuel 16 et 17
Yohara et kaas : Hillel, Dévora, Moshe, Elisha. Eliav descend d'une grandeur déjà fixée.
D'où le tamid et le pesah repoussent la touma Le mot mo'ado lie les deux. La source de la touma se discute. Acquis : tamid et pesah repoussent le chabbat Chabbat Le pesah apprend du tamid gezera shava de mo'ado déjà établi, daf 66a Touma Le tamid apprend du pesah même gezera shava d'où le pesah lui-même ? Rabbi Yo'hanan ish ish ki yihye tamei Nombres 9, 10 Ish écarté au pesah sheni Tsibour offre en état de touma le particulier seul est repoussé Reish Lakish : peut-être aucune takana pour le public Reish Lakish : le camp Renvoyez du camp metsora, zav, tamei met Nombres 5, 2 Tamei met renvoyé zav et metsora : à plus forte raison Pourquoi les écrire ? Rachi : pour le cas où le tamei met reste la suite du raisonnement : 67a
Mo'ado dans les deux sens. Rabbi Yohanan : ish ish. Reish Lakish : le renvoi du camp.
1
והא קא עביד עבודה בקדשים! כהלל. דתניא, אמרו עליו על הלל: מימיו לא מעל אדם בעולתו. אלא מביאה חולין לעזרה ומקדישה, וסומך ידו עליה ושוחטה.

Mais voici qu'il accomplit un travail avec des kodashim (sacrifices consacrés) ! À la manière de Hillel.

Car on a enseigné : on a dit de Hillel : de ses jours, personne n'a commis de me'ila (usage d'un bien consacré) avec son olah (holocauste). Il l'amène plutôt en houlin (profane) dans la azara (cour du Temple), il la consacre, il appuie sa main sur elle et il l'abat.

📜 Rachi (3)
והא עביד מלאכה בקדשים ועובר משום לא תעבוד בבכור (דברים ט״ו:י״ט):
Mais il fait un travail avec des kodashim. Et il transgresse à cause de : tu ne travailleras pas avec le premier-né (Deutéronome 15, 19).
דעבדי כהלל דלא מקדשי לקרבנן עד דמייתי להו לעזרה:
Car ils agissent selon Hillel. Ils ne consacrent leurs korbanot qu'une fois qu'ils les ont amenés dans la azara.
לא מעל שלא היה שהות בין הקדישה לשחיטה שיבאו בה לידי מעילה:
Il n'a pas commis de me'ila. Il n'y avait pas d'intervalle entre la consécration et la chehita (abattage) pendant lequel on en serait venu à une me'ila.
🗂️ Tossefot (2)
והא קא עביד עבודה בקדשים כהלל בירושלמי מפרש בענין אחר דכל עבודה של צורך הקרבן אין בו מעילה ויליף מפרה כי היכי דלא חשיב עבודה מידי דלצרכה לפסלה ה"נ לא חשיב עבודה להתחייב במעילה ומייתי הא דתנן במסכת פרה (פ"ב מ"ג) רכב עליה ותלה בזנבה ועבר בה את הנהר קיפל עליה את המוסרה נתן טליתו עליה פסולה אבל קשרה במוסרה עשה לה סנדל בשביל שלא תחליק פירס טליתו עליה מפני הזבובים כשירה זה הכלל כל שהוא לצרכה כשירה:
Mais voici qu'il accomplit un travail avec des kodashim, selon Hillel. Dans le Talmud de Jérusalem, on l'explique autrement : tout travail nécessaire au korban ne comporte pas de me'ila. On l'apprend de la para (vache rousse) : de même que l'on ne compte pas comme travail ce qui est pour son besoin, au point de la rendre passoul (invalide), de même on ne compte pas comme travail ce qui obligerait à une me'ila. Et l'on cite ce qu'on enseigne dans le traité Para (chapitre 2, mishna 3) : il est monté sur elle, il a suspendu quelque chose à sa queue, il a traversé le fleuve avec elle, il a replié la longe sur elle, il a posé son talit sur elle : elle est passoul. Il l'a attachée par sa longe, il lui a fait une sandale pour qu'elle ne glisse pas, il a étendu son talit sur elle à cause des mouches : elle est kacher (valide). Voici la règle : tout ce qui est pour son besoin est kacher.
מביאה כשהיא חולין לעזרה בפ' המוכר את הספינה (ב"ב דף פא:) גבי קונה שתי אילנות פריך ליחוש דילמא לאו בכורים נינהו וקא מעייל חולין לעזרה ובהזרוע (חולין דף קל.) נמי דקאמר טעמא דכ' רחמנא זה הא לאו הכי ה"א חולין חייבין בחזה ושוק הא בעי תנופה והיכי ליעבד לינפינהו לפני ה' כתיב ואי מגוואי קא מעייל חולין לעזרה התם ודאי אסור שעושה בהן תנופה כדרך שעושה בקרבן אבל הכא שמכניס טלה חולין בעזרה ואינו עושה שום דבר שעושה בקרבנות שיראה כמקרי' חולין לגבוה שרי כדאשכחן בהקומץ רבה (מנחות דכ"א:) שהיו אוכלי' חולין בעזרה כדי לאכול מנחות על השבע:
Il l'amène alors qu'elle est houlin dans la azara. Dans le chapitre Ha-mokher et ha-sfina (Bava Batra 81b), au sujet de celui qui achète deux arbres, on objecte : craignons que ce ne soient pas des bikourim (premiers fruits), et qu'il fasse entrer des houlin dans la azara. Dans Ha-zeroa (Houlin 130a) aussi, on dit : la raison est que Rahmana a écrit "celui-ci" (zeh). Sans ce verset, on aurait dit que les houlin sont tenus à la poitrine et à la cuisse. Or ils exigent une tenoufa (présentation par balancement). Comment faire ? Qu'on les balance : il est écrit "devant Hachem". Si c'est de l'intérieur, on fait entrer des houlin dans la azara. Là, l'interdit est certain : on leur fait une tenoufa à la manière d'un korban. Ici, on fait entrer un agneau houlin dans la azara, et l'on n'accomplit aucun des actes que l'on accomplit pour les korbanot, actes par lesquels on aurait l'air d'offrir des houlin a la Hauteur : c'est permis. Ainsi nous trouvons dans Ha-kometz rabba (Menahot 21b) : on mangeait des houlin dans la azara, afin de manger les menahot (oblations) à satiété.
💡 Explication

Le couteau voyage sur l'animal, déjà kodech si on l'a consacré avant. Porter une charge avec lui est une avoda dans les kodashim. Rachi renvoie à Deutéronome 15, 19 : on ne fait pas travailler le premier-né.

Hillel ferme l'intervalle. La bête entre en houlin. L'hekdesh a lieu dans la azara. Semikha et chehita suivent aussitôt. Sans délai, pas de me'ila.

Tossefot citent le Yerushalmi : un acte pour le besoin du korban n'est pas une me'ila, sur le modèle de la para adouma. Ils distinguent aussi l'entrée de houlin : la tenoufa à la manière d'un korban est interdite ; amener l'agneau sans rite de korban est permis, comme le repas de houlin avant les menahot (Menahot 21b).

🖼️ Schéma
Aucun intervalle : pas de me'ila Houlin profane Azara il entre Hekdesh il consacre Chehita aussitôt Me'ila pas le temps Si la bête était déjà kodech, porter le couteau serait un travail avec des kodashim. Verset vise par Rachi : tu ne travailleras pas avec le premier-né. Yerushalmi, chez Tossefot : un travail pour le besoin du korban n'est pas une me'ila.
Houlin, azara, hekdesh, chehita : aucun délai, donc pas de me'ila.
2
פסח בשבת היכי מצי מקדיש ליה, והתנן: אין מקדישין ואין מעריכין ואין מחרימין ואין מגביהין תרומה ומעשרות. כל אלו ביום טוב אמרו, קל וחומר בשבת!

Le pesah, le chabbat, comment peut-il le consacrer ? Or on a enseigné : on ne consacre pas, on ne fait pas d'erakhin (évaluations votives), on ne fait pas de herem (biens voués à l'anathème), et on ne prélève pas la terouma ni les maaserot (dîmes).

Tout cela, on l'a dit pour Yom Tov ; kal va-homer (à plus forte raison) pour le chabbat !

📜 Rachi (1)
דתנן לא מקדישין וכו' במסכת ביצה והיאך הקדישו פסחיהן אלו בשבת:
Car nous avons enseigné : on ne consacre pas, etc. Dans le traité Beitsa. Et comment ceux-ci ont-ils consacré leurs pesahim le chabbat ?
💡 Explication

La pratique de Hillel déplace la difficulté. Si l'animal n'est consacré qu'une fois dans la azara, cette hakdasha tombe le chabbat, le 14 nissan.

La mishna de Beitsa interdit, à Yom Tov, l'hekdesh, les erakhin, le herem, le prélèvement de terouma et de maaser. Le chabbat, plus grave, est atteint par kal va-homer.

3
הני מילי בחובות שאין קבוע להן זמן. אבל בחובות שקבוע להן זמן — מקדישין. דאמר רבי יוחנן: מקדיש אדם את פסחו בשבת וחגיגתו ביום טוב.

Cela ne vise que les hovot (obligations) qui n'ont pas de temps fixe. Mais les hovot qui ont un temps fixe, on les consacre.

Car Rabbi Yo'hanan a dit : un homme consacre son pesah le chabbat, et sa hagiga (sacrifice de fête) à Yom Tov.

📜 Rachi (3)
הני מילי דאין מקדישין:
Cela ne vise que. Le fait qu'on ne consacre pas.
חובות הקבוע להן זמן לבו ביום שפיר דמי דהואיל ונשחטין היום יכול להקדישן היום:
Les hovot qui ont un temps fixe. Le jour même, c'est valable. Puisqu'on les abat aujourd'hui, on peut les consacrer aujourd'hui.
פסחו ליכא למימר ביום טוב דאין פסח קרב ביום טוב וחגיגה ליכא למימר בשבת:
Son pesah. Le dire pour Yom Tov est exclu : le pesah n'est pas offert à Yom Tov. La hagiga : le dire pour le chabbat est exclu.
💡 Explication

L'interdit de la mishna vise les hovot sans jour fixe. Une hova dont le jour est fixé se consacre ce jour-là, puisque la chehita a lieu le même jour.

Rabbi Yo'hanan coupe en deux, et Rachi dit pourquoi. Le pesah s'offre le 14, donc le chabbat quand le 14 tombe ce jour-là, et non un Yom Tov. La hagiga s'offre le Yom Tov, et non le chabbat.

4
והלא מחמר! מחמר כלאחר יד: מחמר כלאחר יד נמי נהי דאיסורא דאורייתא ליכא איסורא מדרבנן מיהא איכא.

Mais n'est-il pas mehamer (celui qui conduit une bête chargée) ? C'est un mehamer ki-le-ahar yad (d'une manière inhabituelle).

Un mehamer ki-le-ahar yad aussi : admettons qu'il n'y ait pas d'interdit de la Torah ; un interdit d'ordre rabbinique, en tout cas, il y en a un.

📜 Rachi (2)
מחמר לא קרי אלא בבהמה הנושאת משוי והוא מנהיגה קרי לי' מחמר ומוזהר עליו בפ' מי שהחשיך:
On appelle mehamer seulement la bête qui porte une charge, et lui qui la conduit. On l'appelle mehamer, et il en est mis en garde dans le chapitre Mi she-hehshikh.
כלאחר יד שאין דרך טלה לשאת משוי:
D'une manière inhabituelle. Porter une charge sort de la manière d'un agneau.
🗂️ Tossefot (2)
מחמר כלאחר יד הוא ה"מ לשנויי כשהוא מהלך מניחו עליו וכשהוא עומד נוטלו הימנו דכי האי גוונא שרי בריש מי שהחשיך (שבת ד' קנג.):
C'est un mehamer ki-le-ahar yad. On aurait pu répondre : quand il marche, il pose le couteau sur lui ; quand il s'arrête, il le lui retire. Un cas de ce genre est permis au début de Mi she-hehshikh (Chabbat 153a).
כלאחר יד נמי אסור מדרבנן הוי מצי למיפרך הלא משתמש בבעלי חיים דאסור מדרבנן:
Ki-le-ahar yad est aussi interdit par les rabbins. On aurait pu objecter : voici qu'il se sert d'un être vivant, ce qui est interdit par les rabbins.
💡 Explication

Mehamer : il conduit une bête qui porte. Rachi : le nom vise cette conduite, et l'avertissement est dans Chabbat, chapitre Mi she-hehshikh. Un agneau ne porte pas de charge : l'acte est ki-le-ahar yad.

La Torah ne l'interdit pas. La shevout rabbinique reste. Tossefot notent une autre réponse possible : poser le couteau seulement pendant la marche, comme en Chabbat 153a. Et une autre objection : l'usage d'un être vivant est déjà une shevout.

5
היינו דקא בעי מיניה: דבר שיש לו היתר מן התורה, ודבר שבות עומד לפניו, לעקרו כלאחר יד במקום מצוה מאי? אמר להן: הלכה זו שמעתי ושכחתי, אלא הניחו להן לישראל, אם אין נביאים הן — בני נביאים הן.

C'est précisément ce qu'on lui demanda : une chose qui a une permission de la Torah, et une chose de shevout (interdit rabbinique) se tient devant elle : la déraciner ki-le-ahar yad, là où il y a une mitsva, qu'en est-il ? Il leur dit : cette halakha, je l'ai entendue et je l'ai oubliée.

Mais laissez Israël : s'ils ne sont pas des prophètes, ils sont fils de prophètes.

📜 Rachi (2)
שיש לו היתר מן התורה כגון זה שאינו מחמר גמור אלא כלאחר יד ואין כאן אלא שבות ואפילו שבות דידיה לא חמיר כשאר שבות דכל כלאחר יד לא שכיחא:
Qui a une permission de la Torah. Comme celui-ci : le mehamer reste incomplet, il est ki-le-ahar yad, et il n'y a ici qu'une shevout. Et cette shevout elle-même pèse moins que les autres shevout, car tout acte ki-le-ahar yad est rare.
במקום מצוה כי האי גוונא דמעכב מפסח:
Là où il y a une mitsva. Un cas de ce genre, qui empêche le pesah.
🗂️ Tossefot (1)
הנח להו לישראל ואם תאמר והא במתניתין אסר שבות דרבנן כיון דאפשר לעשות מערב שבת ויש לומר שבות בהמתו קיל משבות עצמו:
Laisse-les a Israël. Et si tu dis : dans la mishna, il interdit une shevout rabbinique, dès lors qu'on peut la faire la veille du chabbat. On peut dire : la shevout de sa bête est plus légère que la shevout de sa propre personne.
💡 Explication

La question des bene Beteira, sur le daf précédent, est exactement celle-ci. L'acte est permis par la Torah. Une shevout le barre. Peut-on l'écarter ki-le-ahar yad, parce que le pesah est empêché ?

Rachi allège cette shevout : l'acte est rare. Tossefot comparent avec la mishna, qui interdit une shevout faisable dès la veille. Réponse : la shevout de la bête pèse moins que la shevout de l'homme.

Hillel a reçu la halakha et l'a oubliée. Il laisse Israël : bene neviim, fils de prophètes. Le récit du couteau dans la laine, au daf 66a, est la suite de cette parole.

🖼️ Schéma
Déraciner une shevout pour une mitsva Torah ki-le-ahar yad permis l'agneau ne porte pas Shevout interdit rabbinique il reste plus léger : bête, rare Mitsva le pesah est empêché sans le couteau question posée à Hillel Réponse de Hillel Il a entendu et oublié. Laissez Israël : fils de prophètes.
Permis par la Torah, barré par une shevout, au service d'une mitsva. Hillel a oublié.
6
אמר רב יהודה אמר רב: כל המתיהר, אם חכם הוא — חכמתו מסתלקת ממנו, אם נביא הוא — נבואתו מסתלקת ממנו. אם חכם הוא חכמתו מסתלקת ממנו — מהלל, דאמר מר התחיל מקנטרן בדברים, וקאמר להו: הלכה זו שמעתי ושכחתי. אם נביא הוא נבואתו מסתלקת ממנו — מדבורה, דכתיב: ״חדלו פרזון בישראל חדלו עד שקמתי דבורה שקמתי אם בישראל וגו׳״, וכתיב: ״עורי עורי דבורה עורי עורי דברי שיר וגו׳״.

Rav Yehouda a dit au nom de Rav : quiconque s'enfle d'orgueil, s'il est sage, sa sagesse se retire de lui ; s'il est prophète, sa prophétie se retire de lui. S'il est sage, sa sagesse se retire de lui : de Hillel.

Car le maître a dit : il se mit à les piquer par des paroles, et il leur dit : cette halakha, je l'ai entendue et je l'ai oubliée. S'il est prophète, sa prophétie se retire de lui : de Dévora.

Car il est écrit : "Les villageois ont cessé, ils ont cessé en Israël, jusqu'à ce que je me sois levée, moi, Dévora, que je me sois levée, mère en Israël, etc." Et il est écrit : "Éveille-toi, éveille-toi, Dévora, éveille-toi, éveille-toi, dis un chant, etc."

📜 Rachi (2)
עד שקמתי דבורה יוהרא שהיתה משפלת המנהיגים שלפניה ומתפארת לעצמה:
Jusqu'à ce que je me lève, moi, Dévora. Orgueil : elle rabaissait les conducteurs qui l'avaient précédée, et elle se glorifiait elle-même.
עורי עורי דבורה שנשתתקה מחמת סילוק נבואתה:
Éveille-toi, éveille-toi, Dévora. Elle s'était tuée, à cause du retrait de sa prophétie.
🪔 Ben Yehoyada (2)
כל המתיהר, אם חכם הוא, חכמתו מסתלקת ממנו. נראה לי הטעם כי פגם הגאוה בשם י"ה שהוא כמנין גאוה, וכמו שאמר רבינו האר"י ז"ל ואותיות י"ה הוא סוד חו"ב [חכמה ובינה] לכן חכמתו וכל שכן בינתו מסתלקת ממנו. והא דאמר 'ממנו' דסגי לומר חכמתו מסתלקת? נראה לי בס"ד לומר אין כל חכמתו מסתלקת אלא רק חכמתו באותו דבר שנתגאה בו בלבד היא מסתלקת וכמו הא דהלל שנעלם ממנו דבר בקרבן פסח עצמו. וכן הכוונה באומרו כל הכועס חכמתו מסתלקת ממנו כלומר מאותו דבר שנתכעס בו בלבד. אי נמי נקיט ממנו לומר שיהיה לו בזיון גדול בזה שזה הדבר הוא שגור ונזכר בפי תלמידיו גם כן ורק ממנו נשכח שבזה יהיה לו עגמת נפש יותר:
Quiconque s'enfle d'orgueil, s'il est sage, sa sagesse se retire de lui. Il me semble que la raison est celle-ci : l'atteinte de l'orgueil (gaava) porte sur le nom Yah, dont le compte est celui de gaava. Ainsi que l'a dit notre maître l'Ari, de mémoire bénie. Et les lettres yod-hé sont le sod (secret) de 'hokhma et bina (sagesse et intelligence). C'est pourquoi sa 'hokhma se retire de lui, et à plus forte raison sa bina. Et ceci qu'il a dit "de lui" (mimenou), alors qu'il suffisait de dire "sa sagesse se retire" : il me semble, avec l'aide du Ciel, de dire ceci : toute sa 'hokhma demeure ; seule se retire sa 'hokhma dans la chose dont il s'est enorgueilli. Ainsi pour Hillel : la chose du korban pesah lui-même lui a échappé. Et de même l'intention, quand on dit "quiconque se met en colère, sa sagesse se retire de lui" : de cette chose seule, celle pour laquelle il s'est mis en colère. Autre lecture : il prend "de lui" pour dire qu'il y aura pour lui une grande honte en ceci. Cette chose est courante, et elle est aussi rappelée dans la bouche de ses disciples ; de lui seul elle est oubliée. Par là, son chagrin est plus grand.
ואם נביא הוא, נבואתו מסתלקת ממנו, מדבורה. הקשה הרב פתח עינים ז"ל דהוה ליה להביא הוכחה משמואל דאמרו רבותינו ז"ל מפני שאמר 'אנכי הראה' (שמואל א' ט ,יט) טעה באליאב שאמר 'אך נגד ה' משיחו' (שמואל א' טז, ו) עיין שם. ונראה לי בס"ד דהתם לא אמר בפיו אלא בלבו דוקא וכמו שפירש רש"י ז"ל דאיך יאמר בפיו כן קודם שיאמר לו הקב"ה מאחר שהקב"ה אמר לו 'ומשחת לי את אשר אמר אליך' (שמואל א' טז, ג) דלכך פירש רש"י ז"ל שאמר בלבו דוקא וכן פרשו שאר מפרשים. ולפי זה הטעות שטעה לא היה בגילוי אלא בהסתר והעלם מה שאין כן דבורה סלוק נבואתה ממנה היה בגלוי שהוצרכה לומר ולבקש בפיה 'עורי עורי דבורה' (שופטים ה, יב) . או יובן בס"ד התם גבי שמואל לא היה טעות גמור דאיתא במדרש תנחומא (וכן בילקוט שמעוני שמואל א רמז קכד) וז"ל 'אך נגד ה' משיחו' אמר זה ראוי למלכות אפשר שמואל שנכתב עליו (שמואל א' ג, כ) 'כי נאמן שמואל לנביא לה'' היה טועה? אמר רבי יצחק לא טעה שמואל אלא שראה ולא כיוון אם מבתו או ממנו המלכות שנאמר ויקח לו רחבעם את אביחל בת אליאב בן ישי לכך אמר 'אך נגד ה' משיחו' עד כאן לשונו. נמצא לא היה זה העלם דבר וסילוק נבואה ממש אלא אדרבה שרתה עליו נבואה גם בדבר הזה שידע שהמלכות תהיה ממנו אלא שלא כיוון היטב מה שאין כן גבי דבורה היה סילוק נבואה לגמרי ממש. אי נמי יש לומר גבי דבורה מוכח טפי כי תכף כשאמרה 'שקמתי אם בישראל' (שופטים ה, ז) נסתלקה ממנה הנבואה כי תכף ומיד אמרה 'עורי עורי דבורה' (שופטים ה, יב) שזה הדבר מורה על סילוק הנבואה מה שאין כן גבי שמואל לאו מוכח כולי האי דאותה העלמה היה בעבור אותו הדיבור של 'אנכי הראה' כי היה זמן רב בין זה לזה ורק על פי הדרש אמרו שזה היה מחמת דיבור זה. אי נמי גבי דבורה הוה יוהרא טפי שבדבריה יש גנות לאחרים וכבוד לעצמה מה שאין כן באומרו 'אנכי הראה' אין כאן גנות של אחרים.
Et s'il est prophète, sa prophétie se retire de lui : de Dévora. Le rav Petah Einayim, de mémoire bénie, a objecté : il aurait dû apporter une preuve de Samuel. Nos maîtres ont dit : parce qu'il a dit "c'est moi le voyant" (I Samuel 9, 19), il s'est trompé au sujet d'Eliav, en disant "certes, devant Hachem est Son oint" (I Samuel 16, 6). Vois là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel : là, il l'a dit dans son cœur seulement, et non de sa bouche. Ainsi l'a expliqué Rachi, de mémoire bénie : comment l'aurait-il dit de sa bouche avant que le Saint, béni soit-Il, le lui dise, puisque le Saint, béni soit-Il, lui avait dit "tu oindras pour Moi celui que Je te dirai" (I Samuel 16, 3) ? C'est pourquoi Rachi explique qu'il l'a dit dans son cœur seulement. Les autres commentateurs l'expliquent de même. Selon cela, l'erreur qu'il a commise était dans le caché et dans le voile. Pour Dévora, le retrait de sa prophétie était au grand jour : elle a dû dire et demander de sa bouche "Éveille-toi, éveille-toi, Dévora" (Juges 5, 12). Autre lecture, avec l'aide du Ciel : là, pour Samuel, l'erreur n'était pas entière. On trouve dans le midrach Tanhuma (et de même dans le Yalkout Shimoni, I Samuel, signe 124), et voici ses mots : "Certes, devant Hachem est Son oint." Il a dit : celui-ci est digne de la royauté. Est-il possible que Samuel, sur qui il est écrit (I Samuel 3, 20) "car Samuel est fidèle comme prophète pour Hachem", se soit trompé ? Rabbi Yitshak a dit : Samuel ne s'est pas trompé. Il a vu, et il n'a pas visé juste : la royauté viendrait-elle de sa fille, ou de lui ? Car il est dit : Rehaboam prit pour lui Avihayil, fille d'Eliav fils de Yishai. C'est pourquoi il a dit "certes, devant Hachem est Son oint". Jusqu'ici ses mots. Il en ressort ceci : la prophétie reposait aussi sur lui en cette chose. Il savait que la royauté viendrait de lui. Le visé seul à manqué. Pour Dévora, le retrait de la prophétie était complet, à proprement parler. Autre lecture : pour Dévora, la preuve pèse plus. Aussitôt qu'elle a dit "je me suis levée, mère en Israël" (Juges 5, 7), la prophétie s'est retirée d'elle. Aussitôt, sur l'heure, elle a dit "Éveille-toi, éveille-toi, Dévora" (Juges 5, 12). Cette parole indique le retrait de la prophétie. Pour Samuel, la preuve pèse moins : un long temps séparait "c'est moi le voyant" de cet oubli. C'est par le derach seulement qu'ils ont rattaché l'un à l'autre. Autre lecture : pour Dévora, l'orgueil était plus grand. Dans ses paroles, il y a un blâme pour les autres et un honneur pour elle-même. Dans "c'est moi le voyant", le blâme d'autrui est absent.
💡 Explication

Yohara, l'orgueil. Rav : elle fait partir la 'hokhma du sage et la nevoua du prophète. Hillel a piqué les bene Beteira, puis il a oublié. Dévora a dit "jusqu'à ce que je me lève" (Juges 5, 7). Rachi : elle rabaisse les chefs d'avant et se glorifie. "Éveille-toi" (5, 12) montre qu'elle s'était tuée.

Ben Yehoyada : gaava a le compte du nom Yah, sod de 'hokhma et de bina. "De lui" limite le retrait à la chose dont on s'est enorgueilli, comme l'oubli de Hillel sur le pesah lui-même. Le même mot dit aussi la honte : les disciples s'en souviennent, lui seul oublie.

Pourquoi Dévora, et non Samuel, qui dit "c'est moi le voyant" puis se trompe sur Eliav ? Quatre réponses. Samuel l'a dit dans le cœur. Le midrach : il a vu juste sur la descendance d'Eliav, et le détail seul à manqué. Le temps entre les deux paroles est long. L'orgueil de Dévora blâme les autres.

7
ריש לקיש אמר: כל אדם שכועס, אם חכם הוא — חכמתו מסתלקת ממנו, אם נביא הוא — נבואתו מסתלקת ממנו. אם חכם הוא חכמתו מסתלקת ממנו — ממשה, דכתיב: ״ויקצוף משה על פקודי החיל וגו׳״, וכתיב: ״ויאמר אלעזר הכהן אל אנשי הצבא הבאים למלחמה זאת חקת התורה אשר צוה ה׳ את משה וגו׳״, מכלל דמשה איעלם מיניה.

Reish Lakish a dit : tout homme qui se met en colère, s'il est sage, sa sagesse se retire de lui ; s'il est prophète, sa prophétie se retire de lui. S'il est sage, sa sagesse se retire de lui : de Moché.

Car il est écrit : "Moché s'irrita contre les officiers de l'armée, etc." Et il est écrit : "Elazar le cohen dit aux hommes de l'armée qui viennent à cette guerre : voici le statut de la Torah que Hachem a ordonné à Moché, etc." On en déduit que cela avait échappé à Moché.

🪔 Ben Yehoyada (1)
כל המתכעס חכמתו מסתלקת ממנו. נראה לי בס"ד דאיכא בזה מדה כנגד מדה על פי מה שכתב מהרש"א ז"ל בחידושי אגדות בכתובות פרק ב' שדרך הכועס עוצם וסוגר פיו שיניו ושפתיו זה על גבי זה והשוחק להפך , ולכן זה שכועס שסותם וסוגר פיו תסתלק חכמתו ונבואתו המתגלים בפתיחת פיו כי הנביא נקרא נביא מלשון 'ניב שפתים' (ישעיה נז, יט) וכן מי שאין לו חכמה סותם פיו מלדבר. או יובן בס"ד הטעם דתליא הא בהא דאמרו רבותינו ז"ל (זהר חלק ב' דף קפב:) ' כל הכועס אסור להסתכל בפניו ' וביארו המקובלים ז"ל הטעם משום דכוחות הרע הנבראים מעון הכעס נתלים ונאחזים בפני הכועס נמצא בפנים יהיה ההיכר של הכעסן כמו שנאמר (ישעיה ג, ט) 'הכרת פניהם ענתה בם'. גם ידוע ד'חכמת אדם תאיר פניו' (קהלת ח, א) וכמו שאמר רבי יהודה לאותה מטרוניתא שראתה פניו צהובין (נדרים מט:) וידוע ד אי אפשר לטוב ולרע לדור יחד במקום אחד ולכן כשכועס דאז נתלין כוחות הכעס הרעים בפניו יסתלק משם אור החכמה המתגלה שם ויצא גם מן המוח שלו וישאר ריקם. ואמרתי כעס במלוי כ" ף ע י " ן ס מ " ך תמצא אותיות המלוי צירוף פניכם לומר כוחות הכעס נאחזים ונתלים בפניכם! ולזה אמר 'ובעבור תהיה יראתו על 'פניכם' לבלתי תחטאו' (שמות כ, טז) כי יראתו היא חכמה שהיא בסוד 'דחילו' שיש לה יראה מן הכתר כנודע וכן כתיב 'הן יראת אד' היא חכמה' (איוב כח, כח) והיינו רוצה לומר יראתו היא כוחות החכמה תהיה תמיד על פניכם לבלתי תחטאו בעון הכעס. גם תחטאו לשון חסרון כי הכועס מסתלקת נפשו הקדושה מקרבו והוא חסרון גדול אליו וכנזכר בזוהר הקדוש על פי טורף נפשו באפו. ברם מקשים העולם והלא משה רבינו ע"ה היה נביא ואמאי נסתלקה חכמתו ולא נבואתו? ונראה לי בס"ד כי הסילוק צריך להיות תכף כדי שיהיה ניכר שהיה בעבור הכעס ואצל אלישע נזדמן דבר נבואה תכף וניכר בזה הסילוק אך אצל משה רבינו ע"ה לא נזדמן אותה שעה ממש צורך בדבר הנבואה, אך נזדמן ענין דבר חכמה. אי נמי נראה לי בס"ד גבי משה רבינו ע"ה לא אפשר להיות סילוק נבואה דאמרו רבותינו ז"ל כשאמר הקב"ה למשה רבינו ע"ה בסנה 'לכה ואשלחך אל פרעה' (שמות ג, י) אמר לו אני הולך בתנאי שכל מה שאבקש ממך תעשה לי ואמר לו הקב"ה הן כן אעשה חוץ מן המיתה ומן כניסה לארץ ישראל, נמצא הקב"ה נתן לו דיבור דכל מה שיבקש יתן ויעשה לו ואיך יבקש דבר בנבואה ולא יגיד לו?! לכך נענש בסלוק חכמה דוקא לפי שעה. או נראה לי בס"ד כי באותו סילוק חכמה לא הגיע פסידא לישראל כי אלעזר הגיד ההלכה תכף ומיד, אבל אי הוה סילוק נבואה הוה מגיע פסידא אותו עת לכל ישראל כי אין מי שיהיה תמורתו בנבואה ולא אפשר להיות זה על ידי אחר. אי נמי בסילוק החכמה לא היה בזה זלזול כל כך למשה רבינו ע"ה כי אלעזר הגיד ההלכה בשמו של משה רבינו ע"ה שאמר 'זאת חקת התורה אשר צוה ה' את משה' (במדבר לא, כא) מה שאין כן אי הוה סילוק נבואה הוה זלזול טפי ח"ו.
Quiconque se met en colère, sa sagesse se retire de lui. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'il y a ici mida ke-neged mida (mesure pour mesure), d'après ce qu'a écrit le Maharsha, de mémoire bénie, dans les Hidoushéi Aggadot, à Ketoubot, chapitre 2 : la manière de celui qui se met en colère est de fermer et de serrer sa bouche, ses dents et ses lèvres, les unes sur les autres. Celui qui rit fait l'inverse. C'est pourquoi celui qui se met en colère, qui bouche et ferme sa bouche : sa 'hokhma et sa prophétie se retirent, elles qui se révèlent par l'ouverture de la bouche. Car le navi (prophète) est appelé ainsi à partir de niv sefatayim (fruit des lèvres, Isaie 57, 19). De même, celui qui n'a pas de 'hokhma ferme sa bouche et cesse de parler. Autre lecture, avec l'aide du Ciel. La raison : l'une dépend de l'autre. Nos maîtres ont dit (Zohar, partie 2, 182b) : "Quiconque se met en colère, il est interdit de regarder son visage." Les mekoubalim, de mémoire bénie, ont expliqué : les forces du mal créées par la faute de la colère s'attachent et se saisissent du visage de celui qui se met en colère. Dès lors, sur le visage, paraît le signe de l'homme coléreux, comme il est dit (Isaie 3, 9) : "L'aspect de leur visage témoigne contre eux." On sait aussi : "la 'hokhma de l'homme éclaire son visage" (Qohelet 8, 1). Ainsi Rabbi Yehouda l'a dit à cette matrone qui voyait son visage jauni (Nedarim 49b). Il est impossible au bien et au mal d'habiter ensemble en un même lieu. C'est pourquoi, quand il se met en colère et que les forces mauvaises de la colère s'attachent à son visage, la lumière de la 'hokhma qui se révèle la se retire de là. Elle sort aussi de son cerveau, et il reste vide. Et j'ai dit : kaas (colère), en miloui (remplissage des lettres), kaf-pe, ayin-yod-noun, samekh-mem-kaf : tu trouves dans les lettres du miloui l'assemblage péneikhem (vos visages), pour dire : les forces de la colère se saisissent de vos visages. C'est à cela que vise le verset : "afin que Sa crainte soit sur vos visages, pour que vous ne fautiez pas" (Exode 20, 16). Car Sa crainte est la 'hokhma, dans le sod du dehilou (crainte), qui tient une crainte venant de la keter (couronne), comme on le sait. Et de même il est écrit : "Voici, la crainte de D.ieu est la 'hokhma" (Job 28, 28). C'est-à-dire : Sa crainte, les forces de la 'hokhma, sera toujours sur vos visages, afin que vous ne fautiez pas par la faute de la colère. "Vous fauterez" (téhétaou) a aussi le sens de hesroné (manque) : de celui qui se met en colère, sa nechama (âme) sainte se retire de son intérieur, et c'est pour lui un grand manque. Ainsi il est rappelé dans le Zohar ha-kadoch, d'après "il déchire son âme dans sa colère". Toutefois, le monde objecte : Moché notre maître, que la paix soit sur lui, était prophète. Pourquoi sa 'hokhma s'est-elle retirée, sa prophétie demeurant ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : le retrait doit être immédiat, afin qu'on voie qu'il venait de la colère. Chez Elisha, une parole de prophétie s'est présentée aussitôt, et le retrait y est visible. Chez Moché notre maître, que la paix soit sur lui, à cette heure même, un besoin de parole prophétique ne s'est pas présenté. Un sujet de 'hokhma s'est présenté. Autre lecture, il me semble, avec l'aide du Ciel : pour Moché notre maître, que la paix soit sur lui, un retrait de prophétie était impossible. Nos maîtres ont dit : quand le Saint, béni soit-Il, a dit à Moché notre maître, que la paix soit sur lui, au buisson : "Va, Je t'enverrai vers Pharaon" (Exode 3, 10), il Lui a dit : je pars à condition que tout ce que je Te demanderai, Tu le fasses pour moi. Et le Saint, béni soit-Il, lui a dit : oui, ainsi Je ferai, hors la mort et l'entrée en terre d'Israël. Dès lors, le Saint, béni soit-Il, lui a donné une parole : tout ce qu'il demandera, Il le lui donnera et le fera. Comment demanderait-il une chose en prophétie sans qu'Il la lui dise ? C'est pourquoi il a été puni par un retrait de 'hokhma seulement, et pour l'heure. Autre lecture, il me semble, avec l'aide du Ciel : dans ce retrait de 'hokhma, aucune perte n'est arrivée à Israël, car Elazar a dit la halakha aussitôt, sur l'heure. S'il y avait eu un retrait de prophétie, une perte serait arrivée à cette heure à tout Israël : personne n'était à sa place dans la prophétie, et la chose ne pouvait pas passer par un autre. Autre lecture : dans le retrait de la 'hokhma, le mépris envers Moché notre maître, que la paix soit sur lui, restait limité, car Elazar a dit la halakha en son nom, puisqu'il a dit : "Voici le statut de la Torah que Hachem a ordonné à Moché" (Nombres 31, 21). S'il y avait eu un retrait de prophétie, le mépris aurait été plus grand, has ve-halila.
💡 Explication

Kaas, la colère, chez Reish Lakish, a le même effet que la yohara chez Rav. Preuve pour le sage : Moché s'irrite contre les officiers (Nombres 31, 14). Ensuite Elazar enseigne "le statut de la Torah que Hachem a ordonné à Moché" (31, 21). La halakha avait échappé à Moché.

Ben Yehoyada donne deux raisons. Mida ke-neged mida, d'après le Maharsha : la colère ferme la bouche, et la 'hokhma comme la nevoua sortent par la bouche. Le navi vient de niv sefatayim. Ensuite, le visage : les forces de la colère s'y attachent (Zohar II, 182b), et la lumière de la 'hokhma, qui éclaire le visage (Qohelet 8, 1), s'en va. Le miloui de kaas assemble peneikhem, vos visages.

Objection du monde : Moché était prophète, et c'est sa 'hokhma qui est partie. Quatre réponses. Le retrait suit ce qui se présente sur l'heure. Une parole donnée au buisson empêche un retrait de nevoua. Israël n'a rien perdu, Elazar a parlé aussitôt. Et Elazar a parlé au nom de Moché.

8
אם נביא הוא נבואתו מסתלקת ממנו — מאלישע, דכתיב: ״לולי פני יהושפט מלך יהודה אני נושא אם אביט אליך ואם אראך וגו׳״, וכתיב: ״ועתה קחו לי מנגן והיה כנגן המנגן ותהי עליו יד ה׳ וגו׳״.

S'il est prophète, sa prophétie se retire de lui : d'Elisha. Car il est écrit : "Si je ne portais le visage de Yehoshafat, roi de Yehouda, je ne te regarderais pas et je ne te verrais pas, etc." Et il est écrit : "Et maintenant, prenez-moi un joueur.

Et ce fut, tandis que le joueur jouait, la main de Hachem fut sur lui, etc."

📜 Rachi (2)
קחו לי מנגן להעביר כעסו שכעס על יהורם:
Prenez-moi un joueur. Pour faire passer sa colère, celle qu'il avait eue contre Yehoram.
ותהי עליו יד מכלל דאסתלק:
Et la main fut sur lui. On en déduit qu'elle s'était retirée.
💡 Explication

Suite de Reish Lakish, pour le prophète. Elisha parle au roi d'Israël, Yehoram : sans le visage de Yehoshafat, il ne le regarderait pas (II Rois 3, 14). Rachi : la colère vise Yehoram.

Ensuite il demande un ménaguen, un joueur (3, 15). "La main de Hachem fut sur lui" implique, pour Rachi, qu'elle s'était retirée. Le jeu la ramène.

9
אמר רבי מני בר פטיש: כל שכועס, אפילו פוסקין עליו גדולה מן השמים — מורידין אותו. מנלן? מאליאב, שנאמר: ״ויחר אף אליאב בדוד ויאמר למה [זה] ירדת ועל מי נטשת מעט הצאן ההנה במדבר אני ידעתי את זדנך ואת רוע לבבך כי למען ראות המלחמה ירדת״. וכי אזל שמואל לממשחינהו, בכלהו כתיב: ״לא בזה בחר ה׳״, ובאליאב כתיב: ״ויאמר ה׳ אל שמואל אל תביט אל מראהו ואל גבה קומתו כי מאסתיהו״, מכלל דהוה רחים ליה עד האידנא.

Rabbi Mani bar Patish a dit : quiconque se met en colère, même si l'on a décrété pour lui une grandeur depuis les cieux, on l'en fait descendre. D'où le tenons-nous ?

D'Eliav. Car il est dit : "La colère d'Eliav s'enflamma contre David, et il dit : pourquoi donc es-tu descendu, et auprès de qui as-tu laissé ce peu de brebis, les voilà, dans le désert ?

Moi, je connais ton insolence et la méchanceté de ton cœur, car c'est pour voir la guerre que tu es descendu." Et quand Samuel alla pour les oindre, chez tous il est écrit : "Hachem n'a pas choisi celui-ci." Et chez Eliav il est écrit : "Hachem dit à Samuel : ne regarde pas son aspect ni la hauteur de sa taille, car Je l'ai rejeté." On en déduit qu'Il l'avait aimé jusqu'à maintenant.

📜 Rachi (1)
לא בחר משמע מעולם אבל מאסתיהו משמע השתא מאסתיהו מפני שהוא רגזן מאסו מכלל שמתחלה נבחר ואע"ג דהאי מעשה דמשיחה קדים לרגזנות מיהו לא מצינו בו דופי אלא זה בלבד ומפני שגלוי לפניו שהוא רגזן מאסו:
Il n'a pas choisi. Cela implique : jamais. Mais "Je l'ai rejeté" implique : maintenant Je l'ai rejeté, parce qu'il est coléreux. On l'a rejeté. On en déduit qu'au début il avait été choisi. Et bien que cet acte de l'onction précède la colère, nous n'avons trouvé en lui qu'un seul défaut, celui-ci. Et parce qu'il est révélé devant Lui qu'il est coléreux, Il l'a rejeté.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כל אדם שכועס, אפלו פוסקין לו גדלה מן השמים, מורידין אותו. הקשה הרי"ף ז"ל הרי משה ואלישע יוכיחו שלא הורידום מגדולתם ולא הוה סילוק אלא לשעה? ונראה לי בס"ד דאין כונת הגמרא מעיקרא לומר על אליאב דאם לא היתה זאת עמו הוא היה מולך דזה ידוע דהמלכות לא שייכה אלא לדוד המלך ע"ה מששת ימי בראשית מצד שרשו ובחינתו, ורק כונת הגמרא לומר דאם לא היה דבר זה באליאב היה נקרא ראוי למלכות על דרך שאמרו בגמרא יצאה בת קול ואמרה יש כאן אחד שראוי שתשרה עליו שכינה כמשה אלא שאין דורו ראוי וכן הספידו על רב הונא ראוי רבינו שתשרה עליו שכינה אלא שבבל גרמה לו וכן לולי הכעס שנמצא באליאב היו אומרים עליו ראוי היה למלכות אלא שזכה בה דוד מששת ימי בראשית ועל ידי הכעס ירד מגדולה זו של ראוי הנזכר יען דרחמנא לא אמר לשמואל ראוי זה למלכות ורק כבר נתתיה לאחיו וזכה בה אלא אמר לו כי מאסתיהו לשון זה מורה דגם מצד עצמו אינו ראוי למלכות אף על פי שלא זכה בה אחיו והיינו טעמא מחמת שהיה בו כעס נמצא אינו ראוי מצד עצמו.
Tout homme qui se met en colère, même si l'on décrète pour lui une grandeur depuis les cieux, on le fait descendre. Le Rif, de mémoire bénie, a objecté : voici que Moché et Elisha le prouvent. On ne les a pas fait descendre de leur grandeur, et le retrait n'a été que pour une heure. Il me semble, avec l'aide du Ciel : l'intention de la Guemara, dès le principe, n'est pas de dire qu'Eliav aurait régi si cette chose n'avait pas été avec lui. Que la royauté n'appartienne qu'à David le roi, que la paix soit sur lui, depuis les six jours de la création, du côté de sa racine et de son rang : cela est connu. L'intention est de dire : si cette chose n'avait pas été en Eliav, on l'aurait appelé digne de la royauté. À la manière de ce qu'on a dit dans la Guemara : une bat kol est sortie et a dit : il y a ici quelqu'un qui est digne que la Chekhina repose sur lui comme sur Moché, seulement sa génération n'en est pas digne. Et de même on a fait l'éloge funèbre de Rav Houna : notre maître était digne que la Chekhina repose sur lui, seulement Babel en a été la cause. De même, sans la colère qui se trouvait en Eliav, on aurait dit de lui : il était digne de la royauté, seulement David en a mérité depuis les six jours de la création. Par la colère, il est descendu de cette grandeur, celle d'être dit digne. En effet, Rahmana n'a pas dit à Samuel : celui-ci est digne de la royauté, et Je l'ai déjà donnée à son frère, qui en a mérité. Il lui a dit : "car Je l'ai rejeté." Cette langue enseigne que, de son propre côté aussi, la royauté lui est fermée, même dans le cas où son frère n'en aurait pas mérité. Et la raison : la colère qui était en lui. Dès lors, de son propre côté, il est indigne.
💡 Explication

Rabbi Mani bar Patish ajoute un degré. La colère fait descendre une gedoula déjà fixée depuis les cieux. Preuve : Eliav, dont la colère s'enflamme contre David (I Samuel 17, 28).

À l'onction (I Samuel 16), les frères ont "Il n'a pas choisi". Eliav a "Je l'ai rejeté". Rachi lit le premier comme un jamais, le second comme un maintenant. Inférence de la Guemara : jusqu'alors Il l'aimait. L'onction précède pourtant la scène de colère. Rachi : le seul défaut connu est celui-là, et il était révélé d'avance.

Le Rif objecte : Moché et Elisha n'ont pas perdu leur grandeur, le retrait fut d'une heure. Ben Yehoyada répond : la page parle d'être raouy, digne, comme la bat kol sur la Chekhina et l'éloge de Rav Houna. "Je l'ai rejeté" ferme la royauté du côté d'Eliav lui-même.

🖼️ Schéma
Deux formules, à l'onction des fils de Yishai Les autres frères Il n'a pas choisi celui-ci Rachi : jamais I Samuel 16, 8 Eliav Je l'ai rejeté Rachi : maintenant, parce qu'il est coléreux I Samuel 16, 7 Inférence : jusqu'à ce moment, Il l'avait aimé. L'onction précède la colère contre David. Le seul défaut connu est celui-là.
Lo bahar : jamais. Me'astiv : maintenant. Eliav avait été aimé.
10
אשכחן תמיד ופסח דדחו שבת, דדחו טומאה מנא לן? אמרי: כי היכי דיליף פסח מתמיד לענין שבת, הכי נמי יליף תמיד מפסח לענין טומאה.

Nous avons trouvé que le tamid et le pesah repoussent le chabbat. Qu'ils repoussent la touma (impureté rituelle), d'où le tenons-nous ?

On dit : de même que l'on apprend le pesah à partir du tamid au sujet du chabbat, de même l'on apprend le tamid a partir du pesah au sujet de la touma.

📜 Rachi (2)
דדחו טומאה מנא לן הואיל ומועדו לא משמע (להו) מנא לן דדחו ואנן קיימא לן דדחו טומאה בכיצד צולין (דף עו:):
Qu'ils repoussent la touma, d'où le tenons-nous ? Puisque mo'ado (en son temps) ne l'implique pas. D'où tenons-nous qu'ils repoussent ? Et nous tenons pour établi qu'ils repoussent la touma, dans Keitsad tsolin (76b).
פסח אקרי קרבן ציבור דאתי בכנופיא באידך פירקין (דף עו:):
Le pesah est appelé korban tsibour (sacrifice du public), car il vient en rassemblement. Dans l'autre chapitre (76b).
💡 Explication

Retour à la halakha, après l'aggada. Le tamid et le pesah repoussent le chabbat : c'est acquis. La touma du public, d'où ?

La gezera shava de mo'ado marche dans les deux sens. Le pesah reçoit le chabbat depuis le tamid. Le tamid reçoit la touma depuis le pesah. Rachi : dans cette page, mo'ado à lui seul ne l'enseigne pas. Le din est tenu pour acquis dans Keitsad tsolin, 76b. Le pesah compte comme korban tsibour : il vient bi-kenoufia, en rassemblement.

11
ופסח גופיה מנא לן? אמר רבי יוחנן: דאמר קרא ״איש איש כי יהיה טמא לנפש״. איש נדחה לפסח שני, ואין ציבור נידחין לפסח שני, אלא עבדי בטומאה.

Et le pesah lui-même, d'où le tenons-nous ? Rabbi Yo'hanan a dit : car le verset dit : "Un homme, un homme, lorsqu'il sera impur par un mort." Un homme est écarté vers le pesah sheni (second pesah).

Le public n'est pas écarté vers le pesah sheni. Ils le font en état de touma.

🗂️ Tossefot (1)
ואין ציבור נדחין תימה דהכא לא ממעטינן מאיש אלא רוב ישראל ובפ"ק דסנהדרין (דף יז:) דרשינן והוצאת את האיש ההוא איש ואשה אתה מוציא לשעריך ואי אתה מוציא כל העיר כולה לשעריך ואיכא דממעט התם שבט וי"ל דשאני התם דמצינו שחלק בעיר הנדחת א"נ טובא איש ואשה כתיבי התם:
Et le public n'est pas écarté. Étonnement : ici, de "ish" (un homme), nous n'excluons que la majorité d'Israël. Et dans le premier chapitre de Sanhédrin (17b), nous derashons : "tu feras sortir cet homme" : un homme et une femme, tu les fais sortir vers tes portes, et tu ne fais pas sortir la ville entière vers tes portes. Et il y en a qui excluent la une tribu. On peut dire : là, c'est autre, car nous trouvons qu'Il a distingué la ville écartée (ir ha-nidahat). Autre réponse : "un homme" et "une femme" sont écrits là-bas de nombreuses fois.
💡 Explication

D'où le pesah lui-même repousse la touma ? Rabbi Yo'hanan lit Nombres 9, 10 : ish ish. Le yahid impur par un mort est renvoyé au pesah sheni. Le tsibour ne l'est pas : il offre en touma.

Tossefot comparent avec Sanhédrin 17b. Là, "ish" exclut la ville entière, et certains une tribu. Ici, le mot n'écarte que le cas du public, face au particulier. Deux réponses : la ir ha-nidahat a sa loi à part ; et là-bas, ish et isha sont écrits plusieurs fois.

12
אמר ליה רבי שמעון בן לקיש לרבי יוחנן: אימא, איש נדחה לפסח שני, ציבור לית להו תקנתא לא בפסח ראשון ולא בפסח שני!

Rabbi Shimon ben Lakish dit à Rabbi Yo'hanan : dis plutôt : un homme est écarté vers le pesah sheni ; le public n'a pas de takana (réparation), ni au premier pesah, ni au pesah sheni !

💡 Explication

Reish Lakish refuse la preuve. De "ish", on apprend le renvoi du particulier au pesah sheni. On peut lire le silence sur le tsibour autrement : aucune takana, ni le 14 nissan, ni le 14 iyar.

Le verset, dans cette lecture, ne dit pas que le public offre en touma. Il faut une autre source. C'est l'objet du segment suivant.

13
אלא אמר רבי שמעון בן לקיש, מהכא: ״וישלחו מן המחנה כל צרוע וכל זב וכל טמא לנפש״, יאמר טמאי מתים ואל יאמר זבין ומצורעין, ואני אומר: אם טמאי מתים, משתלחין, זבין ומצורעין — לא כל שכן?

Plutôt, Rabbi Shimon ben Lakish a dit, d'ici : "Ils renverront hors du camp tout metsora (lépreux), tout zav, et tout impur par un mort." Qu'il dise les impurs par un mort, et qu'il ne dise pas les zavim et les metsora'im. Et je dirais : si les impurs par un mort sont renvoyés, les zavim et les metsora'im, à plus forte raison !

📜 Rachi (1)
זבין ומצורעין חמורין מטמאי מתים שהרי טומאה יוצאה עליהן מגופן אלא על כרחיך כי איצטריך זב ומצורע להיכא דאין טמא מת משתלח איצטריך:
Les zavim et les metsora'im. Ils sont plus graves que les impurs par un mort, car la touma sort sur eux de leur corps. Force est donc ceci : là où le verset a eu besoin du zav et du metsora, c'est là où l'impur par un mort n'est pas renvoyé.
🗂️ Tossefot (1)
אלא אמר ריש לקיש וישלחו מן המחנה תימה לרשב"א לדריש לקיש הניחא לרבי יהודה אלא לרבי שמעון דאמר לקמן דלהכי כתב רחמנא טמא מת זב ומצורע לפי שחלוקים בשילוח מחנות פסח דדחי טומאה מנא ליה:
Plutôt, Reish Lakish a dit : ils renverront hors du camp. Étonnement pour le Rashba (Rabbeinou Shimshon) : pour Reish Lakish, cela se tient selon Rabbi Yehouda. Mais selon Rabbi Shimon, qui dit plus loin que Rahmana a écrit l'impur par un mort, le zav et le metsora parce qu'ils diffèrent dans le renvoi des camps : le pesah qui repousse la touma, d'où le tient-il ?
💡 Explication

Reish Lakish quitte "ish ish" et prend Nombres 5, 2 : on renvoie du camp le metsora, le zav et le tamei met. Le tamei met suffisait. Un kal va-homer y ajouterait zav et metsora, dont la touma sort du corps, comme le dit Rachi.

Le verset les écrit quand même. Rachi en tire le cas visé : la où le tamei met n'est pas renvoyé. Le surplus du verset garde zav et metsora. La page s'arrête sur la question ; la suite du din est au daf suivant.

Tossefot, au nom du Rashba : la preuve va pour Rabbi Yehouda. Pour Rabbi Shimon, les trois catégories sont écrites parce que les camps d'où on les renvoie diffèrent. Dans cette lecture, d'où le pesah repousse-t-il la touma ?

🖼️ Schéma
Pourquoi écrire zav et metsora ? Nombres 5, 2. Le kal va-homer semblait suffire. Tamei met touma du dehors le verset le renvoie le cas le plus léger Kal va-homer si le léger est renvoyé le grave l'est aussi donc le verset est de trop Zav, metsora touma de leur corps plus graves Rachi À quoi sert le surplus ? Au cas où le tamei met n'est pas renvoyé. Là le zav et le metsora restent écrits.
Tamei met renvoyé : zav et metsora à plus forte raison. Le surplus vise le cas où le tamei met reste.
✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).