Sougya : L'amoud achève le pesah offert en état de touma. Abaye écarte la lecture de Reish Lakish sur le renvoi des zavim et des metzora'im.
Du verset ish ish ki yihye tamei la-nefech, il pose la règle : le particulier est écarté vers le second pesah ; le public offre en touma, et seulement pour la touma d'un mort. Rav Hisda enseigne ensuite qu'un metzora entre à l'intérieur de sa limite reste exempt de malkout : le verset a détaché l'interdit vers un commandement positif.
Une baraitha lui oppose quarante coups. La Guemara y voit une discussion de tanaim.
Rabbi Yehouda tire trois camps du pluriel de leurs camps. Rabbi Shimon les tire par kal va-homer, et garde badad yéshev pour le détachement.
La fin de l'amoud cherche la gravité du zav sur l'impur par un mort, puis sur l'impur par un sherets.
Plutôt : tu as une heure où les zavim et les metzora'im sont renvoyés, et les impurs par un mort ne sont pas renvoyés. Et laquelle est-ce ?
Le pesah apporté en état de touma (impureté).
La page s'ouvre sur la lecture de Reish Lakish. Un mot en trop dans les versets du renvoi enseigne une heure où les zavim et les metzora'im sortent, tandis que l'impur par un mort reste. Rachi place cette sortie hors de l'azara.
Cette heure est le pesah fait quand la majorité du public est impure par un mort. On l'offre en touma. Les zavim et les metzora'im de ce public sont nidhin : ils sont écartés de ce pesah.
Abaye dit : s'il en est ainsi, qu'il dise aussi : qu'il dise zav et impurs par un mort, et qu'il ne dise pas metzora. Et je dirai : un zav est renvoyé, un metzora, à plus forte raison.
Plutôt : tu as une heure où les metzora'im sont renvoyés, et les zavim et les impurs par un mort ne sont pas renvoyés. Et laquelle est-ce : le pesah apporté en état de touma.
Abaye presse la méthode. Si un nom en trop enseigne une heure à part, le mot metzora est lui aussi en trop : le zav, moins grave, suffit, et le metzora suit par kal va-homer. Le mot en trop enseignerait une heure où seuls les metzora'im sont renvoyés.
Rachi lit et laquelle est-ce sur le ton de l'étonnement. La gravité du metzora sur le zav sera dite plus bas, au moment des camps.
Et si tu dis : il en est bien ainsi. Or n'avons-nous pas enseigné : le pesah apporté en état de touma, les zavim, les zavot, les nidot et les accouchées n'en mangeront pas ; et s'ils en ont mangé, ils sont exempts.
La mishna barre la piste où un zav mangerait de ce pesah. Zav, zava, nida et yoledet (accouchée) n'en mangent pas. S'ils en ont mangé, ils sont exempts : la suite de l'étude y lit l'exemption du karet.
Rachi fixe la source. La précision particulier écarté, public non écarté sort du verset de l'impur par une âme, la-nefech. Si elle sortait de vi-shalchu (ils renverront), comme Reish Lakish, le zav serait permis lui aussi.
Plutôt, Abaye dit : en fait, du premier verset. S'il en est ainsi, que Rahamana (la Torah) écrive : "un homme, un homme, lorsqu'il sera impur".
"Pour une âme", pourquoi me le faut-il ?
Abaye revient au premier verset, celui de Rabbi Yo'hanan : ish ish ki yihye tamei la-nefech. Le mot ish porte déjà : le particulier est écarté, le public ne l'est pas. Reste le mot la-nefech.
Rachi déplie la fourche. Si l'exclusion du public était une humra, le public n'aurait aucun pesah, la-nefech servirait à exclure zav et metzora pour les aggraver. Sur le public, cette sévérité ne tient pas avec l'allègement d'offrir en touma. Sur le particulier, la baraitha donne le pesah sheni au zav et au metzora. Le mot cherche donc un autre office.
Et si tu dis : ce "pour une âme" vient pour ceci : c'est l'impur par un mort qui est écarté vers le second pesah, mais les autres impurs, non. Or n'a-t-on pas enseigné : on pourrait penser qu'ils ne font le second pesah que les impurs par un mort et celui qui était sur un chemin lointain.
Les zavim, les metzora'im, et ceux qui ont eu un rapport avec une nida, d'où ? Le verset dit : "un homme, un homme".
"Pour une âme", que Rahamana a écrit, pourquoi me le faut-il ?
Piste suivante : la-nefech limiterait le pesah sheni à l'impur par un mort. La baraitha l'écarte. Ish ish inclut zav, metzora et boël nida, à côté de l'impur par un mort et de celui qui était sur un derekh rehoka (chemin lointain).
Rachi en tire la conséquence. L'exclusion du public est un allègement : il offre en touma. La-nefech borne cet allègement à la touma d'un mort. Ziva et tsara'at restent dehors.
Plutôt, voici ce qu'il dit : un particulier est écarté vers le second pesah, et le public n'est pas écarté vers le second pesah, mais ils font le pesah en état de touma. Et lorsque le public fait le pesah en état de touma, c'est pour l'impur par un mort ; mais les autres toumot, ils ne le font pas.
La règle tient en deux clauses. Le particulier est nidhe : il va au pesah sheni. Le public n'y est pas reporté : il offre le premier pesah en touma.
Cette touma est celle du mort. Pour les autres toumot, le public n'offre pas en touma. Le mot la-nefech fait cette limite.
Rav Hisda dit : un metzora qui est entré à l'intérieur de sa limite est exempt, car il est dit : "il demeurera à l'écart ; hors du camp sera sa demeure".
Nouvelle halakha, sur les mêmes versets de renvoi. Rav Hisda : un metzora qui franchit sa mehitsa est patour de malkout. Le verset est Vayikra 13, 46 : badad yéshèv mihouts la-mahane môshavo.
Rachi : la limite est le rempart des villes d'Israël, le camp d'Israël. Les coups dont il est exempt sont ceux de ve-lo yetam'ou et mahaneihem (Bamidbar 5, 3).
"Il demeurera à l'écart" : il demeurera seul. "Hors du camp sera sa demeure" : le verset l'a détaché vers un commandement positif.
Deux expositions. Bâdad : il demeure seul, à l'écart même des autres impurs. Mihouts la-mahane môshavo : le verset détache l'interdit vers un positif, nitko la-asseh. Un lav ha-nitak la-asseh ne porte pas la malkout : le positif de ressortir répare l'entrée.
Rachi : un positif existe déjà, vi-shalchu min ha-mahane. Celui-ci sert donc au détachement. "Tous les jours où l'atteinte est en lui" : tous ses jours, s'il est entré, il ressort, sans autre peine. Même lecture que "tous ses jours" de celui qui a forcé une naara, Makkot 15a : amod ve-hahzèr. Zav et impur par un mort restent sous l'interdit.
Tossefot, Ri et Riva, refusent la comparaison avec "il ne pourra pas la renvoyer". Ici le positif sort le metzora de l'interdit commun à tous les impurs. Le détachement vaut pour le troisième camp. Au camp de la Chekhina, il reste passible de karet, au moins comme un méhussar kappara. Zevahim 32b peut se lire ainsi, et peut se ranger du côté de Rabbi Yehouda, qui ne fait pas de ce verset un détachement.
On lui objecta : un metzora qui est entré à l'intérieur de sa limite, à quarante. Des zavim et des zavot qui sont entrés à l'intérieur de leur limite, à quarante.
Et un impur par un mort a le droit d'entrer dans le camp des Leviim.
Une baraitha objecte à Rav Hisda. Metzora qui entre : quarante coups. Zav et zava qui entrent : quarante. L'impur par un mort peut entrer dans le camp des Leviim.
Rachi place les limites. Tous les impurs sortent de l'azara. Le zav et le baal keri sortent aussi du Har ha-Bayit, camp des Leviim. Le metzora sort aussi du camp d'Israël, toute la ville. Tossefot : le Riva retire de la version "ceux qui ont eu un rapport avec une nida". Plus bas, le boël nida est comme l'impur par un mort pour les camps, et la Tosefta n'a pas ces mots. Notre ligne lit zavim et zavot.
Et ils n'ont pas dit cela de l'impur par un mort seulement, mais même d'un mort lui-même, car il est dit : "Moché prit les ossements de Yossef avec lui". "Avec lui" : dans sa limite.
La baraitha va plus loin. L'impur par un mort entre dans le camp des Leviim, et un mort lui-même aussi. "Moché prit les ossements de Yossef avec lui" : imo place le cercueil dans la limite de Moché.
Rachi : Moché était Levi. Sa place est le camp des Leviim. Les ossements y étaient donc avec lui.
C'est une discussion de tanaim. Car on a enseigné : "il demeurera à l'écart" : il demeurera seul, afin que d'autres impurs ne siègent pas avec lui.
On pourrait penser que les zavim et les impurs par un mort sont renvoyés vers un seul camp. Le verset dit : "et ils ne rendront pas impurs leurs camps", pour donner un camp à celui-ci et un camp à celui-là.
Paroles de Rabbi Yehouda.
L'objection reste, parce que les tanaim divergent. Pour Rabbi Yehouda, badad yéshèv veut dire : il demeure seul, les autres impurs ne siègent pas avec lui. Cela enseigne déjà que le renvoi du metzora est le plus grave.
On aurait pu donner aux zavim et aux impurs par un mort un seul camp. Mahaneihem, au pluriel, donne un camp à chacun. Rachi : deux camps sont déjà écrits dans "ils renverront hors du camp" et "hors du camp vous les renverrez". Le "hors du camp" du metzora donne le troisième. Ce tanna ne lit pas le verset comme un détachement. Les coups restent. Rav Hisda suit l'autre tanna.
Rabbi Shimon dit : il n'en a pas besoin. Voici qu'il dit : "Ils renverront hors du camp tout tsaroua, tout zav, et tout impur par une âme." Qu'il dise les impurs par un mort, et qu'il ne dise pas les impurs par un zav.
Et je dirai : les impurs par un mort sont renvoyés, les zavim, à plus forte raison. Pourquoi le zav est-il dit ?
Pour lui donner un second camp.
Rabbi Shimon n'a pas besoin du pluriel. Le verset liste déjà tsaroua, zav et tamei la-nefech (Bamidbar 5, 2). Qu'il dise seulement l'impur par un mort : le zav suit par kal va-homer. Le mot zav donne donc un second camp.
Rachi : s'ils étaient égaux, la Torah écrirait le renvoi du plus léger, et le plus grave suivrait. Écrire les trois montre que le renvoi de l'un n'est pas le renvoi de l'autre. Le "à plus forte raison" sera demandé tout de suite : quelle gravité a le zav sur l'impur par un mort ?
Et qu'il dise zav, et qu'il ne dise pas metzora. Et je dirai : les zavim sont renvoyés, les metzora'im, à plus forte raison ?
Pourquoi le metzora est-il dit ? Pour lui donner un troisième camp.
Lorsqu'il dit "il demeurera à l'écart", le verset l'a détaché vers un commandement positif.
Même mouvement, un degré au-dessus. Qu'il dise zav sans dire metzora : le metzora suit par kal va-homer. Le mot metzora donne le troisième camp, celui d'Israël, hors de la ville.
Bâdad yéshèv reste libre pour le détachement vers le positif. C'est le côté de Rav Hisda : le metzora qui entre ne reçoit pas la malkout.
Quelle est la gravité du zav par rapport à l'impur par un mort ? C'est que la touma sort sur lui de son corps.
Au contraire : l'impur par un mort est plus grave, car il exige l'aspersion du troisième et du septième jour.
Le kal va-homer demande une humra. Gravité du zav sur l'impur par un mort : la touma sort de son corps. Reprise : l'impur par un mort exige la hazaa (aspersion) le troisième et le septième jour.
Tossefot : on aurait pu citer le mishkav, le moshav, et le hesset d'un récipient de terre. La Guemara choisit des gravités qu'elle ne pourra pas réemployer quand elle comparera le zav au metzora : ces autres gravités, le metzora les a aussi.
Le verset a dit "impur", "et tout impur", pour inclure l'impur par un sherets. Et le zav est plus grave que l'impur par un sherets.
Le verset dit tamei et ve-khôl tamei. Le surplus inclut l'impur par un sherets, et de même celui qui touche une nevela et tout impur par contact : eux aussi sont renvoyés. Dès lors, le mot zav n'était pas requis face à eux : le zav est plus grave, la touma sort de son corps.
Rachi écrit déjà la reprise et la réponse. Un flux dû à l'ones, manger, boire, maladie ou saut, ne fait pas un zav : mi-besaro, de sa chair, et non à cause de son accident (Niddah 35a). La réponse qu'il donne : le zav rend impur aussi sur le mode de la toumat erev, la touma jusqu'au soir, qui est celle de l'impur par un sherets.
Et quelle est sa gravité ? Comme nous avons dit.
Au contraire : le sherets est plus grave, car il rend impur même par ones. Ils disent :
La Guemara redemande la gravité : comme on l'a dit, la touma sort du corps. Reprise : le sherets rend impur même par ones, un contact accidentel. Le zav, lui, ne compte pas un flux venu d'un accident.
L'amoud s'arrête sur amrei, "ils disent". La réponse ouvre la page suivante. Rachi, sur le segment précédent, a déjà noté le sens de cette réponse : une touma du soir, commune au zav et à l'impur par un sherets.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).