Pesachim 67a - Pesah en touma, et les trois camps

Pesachim 67a

Sougya : L'amoud achève le pesah offert en état de touma. Abaye écarte la lecture de Reish Lakish sur le renvoi des zavim et des metzora'im.

Du verset ish ish ki yihye tamei la-nefech, il pose la règle : le particulier est écarté vers le second pesah ; le public offre en touma, et seulement pour la touma d'un mort. Rav Hisda enseigne ensuite qu'un metzora entre à l'intérieur de sa limite reste exempt de malkout : le verset a détaché l'interdit vers un commandement positif.

Une baraitha lui oppose quarante coups. La Guemara y voit une discussion de tanaim.

Rabbi Yehouda tire trois camps du pluriel de leurs camps. Rabbi Shimon les tire par kal va-homer, et garde badad yéshev pour le détachement.

La fin de l'amoud cherche la gravité du zav sur l'impur par un mort, puis sur l'impur par un sherets.

Pesah en touma : qui est écarté, qui offre ish écarte le particulier. la-nefech limite l'allégement du public à la touma d'un mort. Particulier (ish) Impur par un mort Chemin lointain Zav, metzora, rapport avec une nida ish ish inclut toute touma Écarte vers le pesah sheni Bamidbar 9. Il rattrape au second mois. Public (majorité) Pas de report au pesah sheni Touma d'un mort Ils offrent le pesah en touma Ziva, tsara'at, autres toumot Le public n'offre pas en touma Mishna : qui ne mange pas de ce pesah Zav, zava, nida, accouchée : ils n'en mangent pas. S'ils en ont mangé : exempts. Cette mishna ferme la piste où un zav mangerait avec le public impur par un mort. À quoi sert la-nefech Le mot limite l'allégement : touma d'un mort seulement. Il ne sert pas à retirer le zav et le metzora du pesah sheni.
Particulier au pesah sheni. Public en touma de mort seulement.
Trois camps : qui entre, qui est renvoyé Du plus intérieur au plus extérieur. Quarante coups là où l'entrée est interdite. Camp de la Chekhina Azara, cour du Temple Impur par un mort : interdit Zav, baal keri : interdit Metzora : interdit Un mort lui-même : interdit Entrée du metzora : karet au moins comme méhussar kappara Camp des Leviim Har ha-Bayit, hors de l'azara Impur par un mort : permis Un mort : permis Ossements de Yossef, avec Moché Zav, zava : interdit Baal keri : interdit Metzora : interdit Camp d'Israël La ville, dans les murs Impur par un mort : permis Zav : permis Metzora : interdit Renvoyé hors des murs Rav Hisda : exempt de coups Baraïtha : quarante coups Le metzora qui franchit sa limite Rav Hisda, avec Rabbi Shimon badad yéshev détache l'interdit vers un commandement positif Exempt de malkout Baraïtha, avec Rabbi Yehouda Le verset donne le 3e camp Il ne détache pas l'interdit Quarante coups
Trois camps, et le metzora : exempt selon Rav Hisda, quarante coups selon la baraitha.
Rabbi Shimon : d'où viennent le 2e et le 3e camp Chaque mot en trop donne un camp de plus. Puis la gravité est discutée. 1. Impur par un mort Le verset le dit Il est renvoyé 1er camp Camp de la Chekhina 2. Le mot zav À plus forte raison il serait déjà inclus 2e camp Camp des Leviim 3. Le mot metzora À plus forte raison il serait déjà inclus 3e camp Camp d'Israël La gravité qui porte le kal va-homer Zav, plus grave La touma sort de son corps Reprises Mort : hazaa, 3e et 7e jour Le verset ajoute ve-khôl tamei : l'impur par un sherets est renvoyé aussi. Zav plus grave que lui : touma du corps. Reprise : le sherets rend impur par ones. L'amoud s'arrête sur : ils disent. La réponse ouvre l'amoud suivant.
Rabbi Shimon : chaque nom en trop ouvre un camp. La gravité du zav est reprise.
1
אלא יש לך שעה שזבין ומצורעין משתלחין ואין טמאי מתים משתלחין, ואיזה זה — פסח הבא בטומאה.

Plutôt : tu as une heure où les zavim et les metzora'im sont renvoyés, et les impurs par un mort ne sont pas renvoyés. Et laquelle est-ce ?

Le pesah apporté en état de touma (impureté).

📜 Rachi (2)
אלמא יש לך שעה שזבין ומצורעין משתלחין מן העזרה וטמאי מתים נכנסים לתוכה:
Ainsi, tu as une heure où les zavim et les metzora'im sont renvoyés : hors de l'azara (cour du Temple), et les impurs par un mort y entrent.
בטומאה כשרוב ציבור טמאין במת עושין פסח בטומאה וזבין ומצורעין שבהן נדחין:
En état de touma : quand la majorité du public est impure par un mort, on fait le pesah en état de touma, et les zavim et les metzora'im qui sont parmi eux sont écartés.
💡 Explication

La page s'ouvre sur la lecture de Reish Lakish. Un mot en trop dans les versets du renvoi enseigne une heure où les zavim et les metzora'im sortent, tandis que l'impur par un mort reste. Rachi place cette sortie hors de l'azara.

Cette heure est le pesah fait quand la majorité du public est impure par un mort. On l'offre en touma. Les zavim et les metzora'im de ce public sont nidhin : ils sont écartés de ce pesah.

2
אמר אביי: אי הכי, לימא נמי: יאמר זב וטמאי מתים, ואל יאמר מצורע, ואני אומר: זב משתלח, מצורע — לא כל שכן. אלא: יש לך שעה שמצורעין משתלחין, ואין זבין וטמאי מתים משתלחין, ואיזה זה — פסח הבא בטומאה.

Abaye dit : s'il en est ainsi, qu'il dise aussi : qu'il dise zav et impurs par un mort, et qu'il ne dise pas metzora. Et je dirai : un zav est renvoyé, un metzora, à plus forte raison.

Plutôt : tu as une heure où les metzora'im sont renvoyés, et les zavim et les impurs par un mort ne sont pas renvoyés. Et laquelle est-ce : le pesah apporté en état de touma.

📜 Rachi (2)
מצורע חמור מזב לקמן מפרש חומריה:
Un metzora est plus grave qu'un zav. Plus bas, il explique sa gravité.
ואיזה זה כו' בתמיה:
Et laquelle est-ce, etc. Sur le ton de l'étonnement.
💡 Explication

Abaye presse la méthode. Si un nom en trop enseigne une heure à part, le mot metzora est lui aussi en trop : le zav, moins grave, suffit, et le metzora suit par kal va-homer. Le mot en trop enseignerait une heure où seuls les metzora'im sont renvoyés.

Rachi lit et laquelle est-ce sur le ton de l'étonnement. La gravité du metzora sur le zav sera dite plus bas, au moment des camps.

3
וכי תימא הכי נמי, והתנן: פסח הבא בטומאה לא יאכלו ממנו זבים וזבות נדות ויולדות, ואם אכלו — פטורין.

Et si tu dis : il en est bien ainsi. Or n'avons-nous pas enseigné : le pesah apporté en état de touma, les zavim, les zavot, les nidot et les accouchées n'en mangeront pas ; et s'ils en ont mangé, ils sont exempts.

📜 Rachi (1)
לא יאכלו ממנו דכי דייקינן איש נדחה ואין ציבור נדחין בטמא נפש הוא דדייקינן גבי איש כי יהיה טמא לא כתיב אלא לנפש ובדידה דייקינן איש ולא ציבור אלמא מהתם יליף דאי מוישלחו כדר"ל זב נמי לישתרי:
Ils n'en mangeront pas. Car, lorsque nous précisons : un particulier est écarté et le public n'est pas écarté, c'est au sujet de l'impur par une âme que nous le précisons. Au sujet de : un homme, lorsqu'il sera impur, il n'est écrit que : pour une âme. Et c'est de là que nous précisons : un particulier, et non le public. Ainsi, c'est de là qu'il l'apprend. Car si c'était de : ils renverront, comme Reish Lakish, un zav aussi serait permis.
💡 Explication

La mishna barre la piste où un zav mangerait de ce pesah. Zav, zava, nida et yoledet (accouchée) n'en mangent pas. S'ils en ont mangé, ils sont exempts : la suite de l'étude y lit l'exemption du karet.

Rachi fixe la source. La précision particulier écarté, public non écarté sort du verset de l'impur par une âme, la-nefech. Si elle sortait de vi-shalchu (ils renverront), comme Reish Lakish, le zav serait permis lui aussi.

4
אלא אמר אביי: לעולם מקרא קמא. אם כן, ניכתוב רחמנא: ״איש איש כי יהיה טמא״, ״לנפש״ למה לי?

Plutôt, Abaye dit : en fait, du premier verset. S'il en est ainsi, que Rahamana (la Torah) écrive : "un homme, un homme, lorsqu'il sera impur".

"Pour une âme", pourquoi me le faut-il ?

📜 Rachi (1)
אלא לעולם מקרא קמא וכדדייקינן איש נדחה ואין ציבור נדחין ודקשיא לך אימא ציבור כלל לא א"כ דדיוקא דממעטינן ציבור מהאי דינא לחומרא ממעטינן למאי הילכתא כתב לנפש למעוטי זבין ומצורעין לכתוב טומאה סתם דנשמע דבכל טומאות יחיד נדחה לשני וציבור לית להו תקנתא דע"כ לנפש למעוטי זבין ומצורעין אתא ולאחמורי עלייהו ואי לגבי ציבור לא מחמירו עלייהו ולמימר דבטומאת מת הוא דאין ציבור נדחין אלא עושין פסחיהן בטומאה אבל בטומאת זיבה וצרעת אפילו ציבור נמי נדחין לגבי מאן מחמיר עלייהו וכ"ת לגבי יחיד מחמיר עלייהו וקאמר טמא נפש הוא דאית ליה תשלומין לשני אבל זב ומצורע אפי' נטהר בשני לית לי' תקנתא בתשלומין והתניא יכול לא יהו חייבין לפסח שני אלא טמא נפש כו':
Plutôt, en fait, du premier verset. Et comme nous précisons : un particulier est écarté, et le public n'est pas écarté. Et ce qui te fait difficulté : dis que le public n'y est pas du tout. S'il en est ainsi, que la précision par laquelle nous excluons le public de cette loi, nous l'excluons pour une sévérité : pour quelle halakha a-t-il écrit "pour une âme", afin d'exclure les zavim et les metzora'im ? Qu'il écrive une touma sans autre précision. On entendrait que, dans toutes les toumot, le particulier est écarté vers le second pesah, et que le public n'a pas de réparation. Car, de force, "pour une âme" vient exclure les zavim et les metzora'im, et pour être sévère à leur égard. Et si, à l'égard du public, on n'est pas sévère à leur égard, pour dire que c'est dans la touma d'un mort que le public n'est pas écarté, mais qu'ils font leur pesah en état de touma, tandis que dans la touma de ziva et de tsara'at même le public est écarté aussi : à l'égard de qui est-il sévère envers eux ? Et si tu dis : à l'égard du particulier il est sévère envers eux, et il dit : c'est l'impur par une âme qui a des tashloumin (rattrapage) pour le second pesah, mais un zav et un metzora, même s'il s'est purifié pour le second, n'ont pas de réparation par des tashloumin. Or n'a-t-on pas enseigné : on pourrait penser qu'ils ne sont tenus au second pesah que l'impur par une âme, etc.
💡 Explication

Abaye revient au premier verset, celui de Rabbi Yo'hanan : ish ish ki yihye tamei la-nefech. Le mot ish porte déjà : le particulier est écarté, le public ne l'est pas. Reste le mot la-nefech.

Rachi déplie la fourche. Si l'exclusion du public était une humra, le public n'aurait aucun pesah, la-nefech servirait à exclure zav et metzora pour les aggraver. Sur le public, cette sévérité ne tient pas avec l'allègement d'offrir en touma. Sur le particulier, la baraitha donne le pesah sheni au zav et au metzora. Le mot cherche donc un autre office.

5
וכי תימא האי ״לנפש״ להכי הוא דאתא: הטמא מת הוא דנדחה לפסח שני, אבל שאר טמאין לא. והתניא: יכול לא יהו עושין פסח שני אלא טמאי מתים ושהיה בדרך רחוקה, זבין ומצורעין ובועלי נדות מניין? תלמוד לומר: ״איש איש״, ״לנפש״ דכתב רחמנא למה לי?

Et si tu dis : ce "pour une âme" vient pour ceci : c'est l'impur par un mort qui est écarté vers le second pesah, mais les autres impurs, non. Or n'a-t-on pas enseigné : on pourrait penser qu'ils ne font le second pesah que les impurs par un mort et celui qui était sur un chemin lointain.

Les zavim, les metzora'im, et ceux qui ont eu un rapport avec une nida, d'où ? Le verset dit : "un homme, un homme".

"Pour une âme", que Rahamana a écrit, pourquoi me le faut-il ?

📜 Rachi (1)
ת"ל איש איש כי יהיה טמא משמע כל טומאה מדלא כתיב לנפש ברישא א"נ איש כי יגע במת ש"מ למידרשי' באנפיה נפשיה הוא לנפש למה לי אלא ע"כ מיעוטא דציבור לאקולי אתא ולמימרא דאין נדחין אלא עושין בטומאה ומש"ה לנפש למימר דבטומאת מת הוא דאקיל עלייהו אבל זיבה וצרעת לא:
Le verset dit : un homme, un homme. "Lorsqu'il sera impur" implique toute touma, puisque "pour une âme" n'est pas écrit au début. Autre version : "un homme, lorsqu'il touche un mort". On apprend à l'exposer pour lui-même : c'est déjà "pour une âme". Pourquoi me faut-il "pour une âme" ? Plutôt, de force, l'exclusion du public vient pour alléger, et pour dire qu'ils ne sont pas écartés, mais qu'ils font le pesah en état de touma. Et c'est pourquoi "pour une âme" : pour dire que c'est dans la touma d'un mort que l'on allège à leur égard, mais la ziva et la tsara'at, non.
💡 Explication

Piste suivante : la-nefech limiterait le pesah sheni à l'impur par un mort. La baraitha l'écarte. Ish ish inclut zav, metzora et boël nida, à côté de l'impur par un mort et de celui qui était sur un derekh rehoka (chemin lointain).

Rachi en tire la conséquence. L'exclusion du public est un allègement : il offre en touma. La-nefech borne cet allègement à la touma d'un mort. Ziva et tsara'at restent dehors.

6
אלא הכי קאמר: איש נדחה לפסח שני, ואין ציבור נדחה לפסח שני, אלא עבדי בטומאה. וכי עבדי ציבור בטומאה — בטמא מת, אבל שאר טומאות — לא עבדי.

Plutôt, voici ce qu'il dit : un particulier est écarté vers le second pesah, et le public n'est pas écarté vers le second pesah, mais ils font le pesah en état de touma. Et lorsque le public fait le pesah en état de touma, c'est pour l'impur par un mort ; mais les autres toumot, ils ne le font pas.

💡 Explication

La règle tient en deux clauses. Le particulier est nidhe : il va au pesah sheni. Le public n'y est pas reporté : il offre le premier pesah en touma.

Cette touma est celle du mort. Pour les autres toumot, le public n'offre pas en touma. Le mot la-nefech fait cette limite.

🖼️ Schéma
Abaye : du premier verset à la règle ish ish Particulier écarté Public non écarté Le mot suffit déjà la-nefech Pourquoi ce mot ? Piste : limiter le sheni au mort Baraitha Zav, metzora et boël nida font le sheni Règle Public en touma de mort seulement Autres : non Deux clauses. Le particulier va au second pesah. Le public y va en touma, et le mot la-nefech borne cette touma au mort. Ziva et tsara'at : même le public reste écarté, il n'offre pas en touma.
ish donne le partage particulier / public. la-nefech borne la touma du public au mort.
7
אמר רב חסדא: מצורע שנכנס לפנים ממחיצתו פטור, שנאמר: ״בדד ישב מחוץ למחנה מושבו״.

Rav Hisda dit : un metzora qui est entré à l'intérieur de sa limite est exempt, car il est dit : "il demeurera à l'écart ; hors du camp sera sa demeure".

📜 Rachi (2)
לפנים ממחיצתו מחיצה שנאסר ליכנס בה דהיינו לפני' מחומת כל ערי ישראל כדאמר לקמן מצורע משתלח חוץ למחנה ישראל:
À l'intérieur de sa limite : une limite où il lui est interdit d'entrer, c'est-à-dire en deçà du rempart de toutes les villes d'Israël, comme on le dit plus bas : un metzora est renvoyé hors du camp d'Israël.
פטור ממלקות דלא יטמאו את מחניהם:
Exempt : des coups, pour : ils ne rendront pas impurs leurs camps.
💡 Explication

Nouvelle halakha, sur les mêmes versets de renvoi. Rav Hisda : un metzora qui franchit sa mehitsa est patour de malkout. Le verset est Vayikra 13, 46 : badad yéshèv mihouts la-mahane môshavo.

Rachi : la limite est le rempart des villes d'Israël, le camp d'Israël. Les coups dont il est exempt sont ceux de ve-lo yetam'ou et mahaneihem (Bamidbar 5, 3).

8
״בדד ישב״ — לבדו ישב. ״מחוץ למחנה מושבו״, הכתוב נתקו לעשה.

"Il demeurera à l'écart" : il demeurera seul. "Hors du camp sera sa demeure" : le verset l'a détaché vers un commandement positif.

📜 Rachi (1)
נתקו לעשה ואע"ג דלאו בתר לאו כתיב ע"כ לנתוקי לאוי אתא דקי"ל לאו שניתק לעשה אין לוקין עליו דאי לאטעוניה עשה ול"ת הא כתב ביה עשה אחרינא וישלחו מן המחנה אבל זבין וטמאי מתים לא נתקו לעשה ואע"ג דעשה יתירי כתיבי כל חד וחד למילתיה מדריש בספרי ועוד דבהאי כתיב כל ימי אשר הנגע בו וגו' משמע כל ימיו בבדד ישב קאי דאם עבר ונכנס יחזור ויצא ואין בו עונש אחר כדדרשינן כל ימיו דאונס את הנערה במס' מכות (דף טו.) כל ימיו בעמוד והחזר קאי ומנתקינא ליה ללאוי:
Il l'a détaché vers un commandement positif. Et bien qu'il ne soit pas écrit après l'interdit, de force il vient détacher son interdit. Car nous tenons : un interdit détaché vers un commandement positif, on ne reçoit pas de coups pour lui. Car s'il venait lui charger un commandement positif et un interdit, voici qu'un autre commandement positif est déjà écrit à son sujet : et ils renverront hors du camp. Mais les zavim et les impurs par un mort n'ont pas été détachés vers un commandement positif. Et bien que des commandements positifs en trop soient écrits, chacun est exposé pour son sujet dans le Sifrei. Et encore, dans celui-ci il est écrit : tous les jours où l'atteinte est en lui, etc. Cela implique que tous ses jours il se tient dans : il demeurera à l'écart. S'il a transgressé et qu'il est entré, il retourne et sort, et il n'y a pas en lui d'autre peine. Comme nous exposons "tous ses jours" au sujet de celui qui a forcé une jeune fille, dans le traité Makkot (15a) : "tous ses jours" se tient sur "lève-toi et fais revenir", et nous détachons son interdit.
🗂️ Tossefot (1)
הכתוב נתקו לעשה פי' בקו' דכתיב כל ימי אשר הנגע בו משמע דניתוק לאו הוא כל ימיו בדד ישב שאם עבר ונכנס יחזור ויצא ואין בו עונש אחר כמו לא יוכל לשלחה כל ימיו וקשה לר"י דאם כן ה"ל לאיתויי רישיה דקרא בספרים ועוד הקשה ריב"א דלא דמי דלא יוכל לשלחה כל ימיו משמע דליכא לאו אלא כשמשלחה כל ימיו אבל הכא לא משמע מקרא הכי ואור"י דהאי נתקו לעשה לא הוי כשאר לאו הניתק לעשה שהעשה כתוב אחר הלאו בסמוך משמע שלתקן הלאו בא כמו לא תותירו ממנו והנותר וגו' (שמות י״ב:י׳) וכמו לא תקח האם על הבנים שלא תשלח (דברים כ״ב:ו׳-ז׳) אלא ה"פ הכתוב נתקו לעשה דכיון דכל הטמאים היו בכלל ולא יטמאו את מחניהם ופרט במצורע בפני עצמו עשה אתא להוציאו מכלל האחרים לנתקו מן הלאו וליתנו בעשה אבל היכא שאינו כתוב הלאו אלא על דבר אחד לא מנתקינן את הלאו בעשה אלא הוי בלאו ועשה וקשה דבעל קרי נמי לא לילקי אם נכנס לפנים ממחיצתו שהכתוב נתקו לעשה דכתיב ויצא אל מחוץ למחנה וי"ל דהכא בחד קרא איכא תרי עשה בדד ישב מחוץ למחנה מושבו והאי ניתוק עשה נראה דלא מהני אלא במחנה שלישית דלא גרע מזב הואיל ואיכא לאוקמי ניתוק למחנה שלישי' ובמחנה שכינה חייב כרת דלא גרע ממחוסר כפורים וכן משמע בפ' כל הפסולים (זבחים דל"ב:) דקאמר ואי ביאה במקצת שמה ביאה היכי מעייל ידיה לבהונות אידי ואידי עשה שיש בו כרת הוא א"ל ומטונך הואיל והותר לצרעתו הותר לקריו ואיכא למידחי דההיא כרבי יהודה דלא חשיב ליה לקמן ניתוק לעשה:
L'explication dans le commentaire : puisqu'il est écrit "tous les jours où l'atteinte est en lui", cela implique que c'est un détachement de l'interdit. Tous ses jours il demeurera à l'écart : s'il a transgressé et qu'il est entré, il retourne et sort, et il n'y a pas en lui d'autre peine, comme "il ne pourra pas la renvoyer, tous ses jours". Et c'est difficile pour le Ri : s'il en est ainsi, il aurait fallu apporter le début du verset dans les livres. Et encore, le Riva a objecté que la comparaison ne tient pas. Car "il ne pourra pas la renvoyer, tous ses jours" implique qu'il n'y a d'interdit que lorsqu'il la renvoie, tous ses jours. Ici, le verset n'implique pas cela. Et le Ri a répondu : ce "il l'a détaché vers un commandement positif" n'est pas comme les autres interdits détachés vers un commandement positif, où le positif est écrit après l'interdit, tout à côté, ce qui implique qu'il vient réparer l'interdit. Comme "tu n'en laisseras rien jusqu'au matin, et le reste..." (Shemot 12, 10), et comme "tu ne prendras pas la mère sur les petits... tu renverras" (Devarim 22, 6-7). Voici plutôt le sens. Le verset l'a détaché vers un commandement positif, parce que tous les impurs étaient dans l'ensemble de "et ils ne rendront pas impurs leurs camps", et qu'il a détaillé le metzora à part. Un commandement positif vient le sortir de l'ensemble des autres, pour le détacher de l'interdit et le placer dans un commandement positif. Mais là où l'interdit n'est écrit que sur une seule chose, nous ne détachons pas l'interdit par le positif : cela reste un interdit et un positif. Et c'est difficile : un baal keri, lui non plus, ne devrait pas recevoir de coups s'il est entré à l'intérieur de sa limite, car le verset l'a détaché vers un positif, puisqu'il est écrit : "il sortira vers l'extérieur du camp". Et l'on peut dire : ici, dans un seul verset, il y a deux positifs, "il demeurera à l'écart, hors du camp sera sa demeure". Et ce détachement par le positif paraît ne servir que pour le troisième camp, car il ne vaut pas moins qu'un zav, dès lors qu'on peut faire porter le détachement sur le troisième camp. Et dans le camp de la Chekhina, il est passible de karet, car il ne vaut pas moins qu'un méhussar kappara. Et c'est aussi ce qui ressort au chapitre Kol ha-pesoulim (Zevahim 32b), où il dit : et si une entrée partielle s'appelle entrée, comment fait-il entrer ses mains pour les pouces ? L'un et l'autre est un positif qui comporte un karet. Il lui a dit : et selon ton raisonnement, dès lors qu'on a permis pour sa tsara'at, on a permis pour son keri. Et l'on peut écarter cela : ce passage suit Rabbi Yehouda, qui plus bas ne compte pas cela comme un détachement vers un positif.
💡 Explication

Deux expositions. Bâdad : il demeure seul, à l'écart même des autres impurs. Mihouts la-mahane môshavo : le verset détache l'interdit vers un positif, nitko la-asseh. Un lav ha-nitak la-asseh ne porte pas la malkout : le positif de ressortir répare l'entrée.

Rachi : un positif existe déjà, vi-shalchu min ha-mahane. Celui-ci sert donc au détachement. "Tous les jours où l'atteinte est en lui" : tous ses jours, s'il est entré, il ressort, sans autre peine. Même lecture que "tous ses jours" de celui qui a forcé une naara, Makkot 15a : amod ve-hahzèr. Zav et impur par un mort restent sous l'interdit.

Tossefot, Ri et Riva, refusent la comparaison avec "il ne pourra pas la renvoyer". Ici le positif sort le metzora de l'interdit commun à tous les impurs. Le détachement vaut pour le troisième camp. Au camp de la Chekhina, il reste passible de karet, au moins comme un méhussar kappara. Zevahim 32b peut se lire ainsi, et peut se ranger du côté de Rabbi Yehouda, qui ne fait pas de ce verset un détachement.

🖼️ Schéma
Lav ha-nitak la-asseh : pourquoi le metzora est exempt Interdit Ils ne rendront pas impurs leurs camps Bamidbar 5, 3 Détachement badad yéshèv hors du camp, sa demeure Vayikra 13, 46 Suite S'il est entré, il ressort Le positif répare l'entrée Pas de malkout Zav et impur par un mort : l'interdit reste. Quarante coups. Tossefot : le détachement du metzora porte sur le 3e camp. Au camp de la Chekhina, karet.
L'interdit commun est détaché, pour le metzora, vers le positif de demeurer dehors.
9
איתיביה: מצורע שנכנס לפנים ממחיצתו — בארבעים. זבין וזבות שנכנסו לפנים ממחיצתן — בארבעים. וטמא מת מותר ליכנס למחנה לויה.

On lui objecta : un metzora qui est entré à l'intérieur de sa limite, à quarante. Des zavim et des zavot qui sont entrés à l'intérieur de leur limite, à quarante.

Et un impur par un mort a le droit d'entrer dans le camp des Leviim.

📜 Rachi (2)
זב מחיצתו הר הבית דאסור לכנס במחנה לויה כדלקמן שכל הטמאין אין משתלחין אלא מן העזרה לבדה חוץ מזב ובעל קרי שמשתלחין אף מהר הבית ומצורע משתלח אף ממחנה ישראל דהיינו כל העיר:
Zav : sa limite est le mont du Temple, car il lui est interdit d'entrer dans le camp des Leviim, comme plus bas. Car tous les impurs ne sont renvoyés que de l'azara seule, hormis le zav et le baal keri, qui sont renvoyés aussi du mont du Temple. Et le metzora est renvoyé aussi du camp d'Israël, c'est-à-dire toute la ville.
מחנה לויה כל הר הבית חוץ לחומת העזרה:
Camp des Leviim : tout le mont du Temple, hors du rempart de l'azara.
🗂️ Tossefot (1)
זבין ובועלי נדות שנכנסו כו' ריב"א לא גרס ובועלי נדות בהדי זבין דהא אמרינן לקמן בועל נדה כטמא מת למחנות ובתוספתא ליתיה:
Des zavim et de ceux qui ont eu un rapport avec une nida, qui sont entrés, etc. Le Riva ne lit pas "et ceux qui ont eu un rapport avec une nida" avec les zavim, car nous disons plus bas : celui qui a eu un rapport avec une nida est comme un impur par un mort pour les camps. Et cela ne figure pas dans la Tosefta.
💡 Explication

Une baraitha objecte à Rav Hisda. Metzora qui entre : quarante coups. Zav et zava qui entrent : quarante. L'impur par un mort peut entrer dans le camp des Leviim.

Rachi place les limites. Tous les impurs sortent de l'azara. Le zav et le baal keri sortent aussi du Har ha-Bayit, camp des Leviim. Le metzora sort aussi du camp d'Israël, toute la ville. Tossefot : le Riva retire de la version "ceux qui ont eu un rapport avec une nida". Plus bas, le boël nida est comme l'impur par un mort pour les camps, et la Tosefta n'a pas ces mots. Notre ligne lit zavim et zavot.

10
ולא טמא מת בלבד אמרו, אלא אפילו מת עצמו, שנאמר: ״ויקח משה את עצמות יוסף עמו״ — ״עמו״ במחיצתו!

Et ils n'ont pas dit cela de l'impur par un mort seulement, mais même d'un mort lui-même, car il est dit : "Moché prit les ossements de Yossef avec lui". "Avec lui" : dans sa limite.

📜 Rachi (1)
עמו ומשה לוי היה:
Avec lui : et Moché était un Levi.
💡 Explication

La baraitha va plus loin. L'impur par un mort entre dans le camp des Leviim, et un mort lui-même aussi. "Moché prit les ossements de Yossef avec lui" : imo place le cercueil dans la limite de Moché.

Rachi : Moché était Levi. Sa place est le camp des Leviim. Les ossements y étaient donc avec lui.

11
תנאי היא, דתניא: ״בדד ישב״ — לבדו ישב, שלא יהו טמאין אחרים יושבין עמו. יכול יהו זבין וטמאי מתים משתלחין למחנה אחת — תלמוד לומר: ״ולא יטמאו את מחניהם״, ליתן מחנה לזה ומחנה לזה, דברי רבי יהודה.

C'est une discussion de tanaim. Car on a enseigné : "il demeurera à l'écart" : il demeurera seul, afin que d'autres impurs ne siègent pas avec lui.

On pourrait penser que les zavim et les impurs par un mort sont renvoyés vers un seul camp. Le verset dit : "et ils ne rendront pas impurs leurs camps", pour donner un camp à celui-ci et un camp à celui-là.

Paroles de Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (3)
תנאי היא דאיכא תנא דלא מייתי ליה קרא לעשה אלא ליתן לו מחנה שלישית:
C'est une discussion de tanaim. Car il y a un tanna qui n'amène pas ce verset pour un commandement positif, mais pour lui donner un troisième camp.
שלא יהו טמאין אחרים יושבין עמו כגון זבין וטמאי מתים למדנו לשלוחו של מצורע שהוא חמור מכולן:
Afin que d'autres impurs ne siègent pas avec lui : par exemple des zavim et des impurs par un mort. Nous avons appris le renvoi du metzora, qui est plus grave que tous.
יכול יהו זבין וטמאי מתים משתלחין למחנה אחת ת"ל ולא יטמאו את מחניהם תן מחנה לזה ומחנה לזה מדלא כתיב מחנה משמע מחנה לכל אחד ואחד והתם תרתי מחנות כתיבי וישלחו מן המחנה מחוץ למחנה תשלחום והאי מחוץ למחנה דמצורע ליתן לו מחנה שלישית:
On pourrait penser que les zavim et les impurs par un mort sont renvoyés vers un seul camp. Le verset dit : et ils ne rendront pas impurs leurs camps. Donne un camp à celui-ci et un camp à celui-là. Puisqu'il n'est pas écrit "camp" au singulier, cela implique un camp pour chacun. Et là-bas, deux camps sont écrits : ils renverront hors du camp ; hors du camp vous les renverrez. Et ce "hors du camp" du metzora vient lui donner un troisième camp.
💡 Explication

L'objection reste, parce que les tanaim divergent. Pour Rabbi Yehouda, badad yéshèv veut dire : il demeure seul, les autres impurs ne siègent pas avec lui. Cela enseigne déjà que le renvoi du metzora est le plus grave.

On aurait pu donner aux zavim et aux impurs par un mort un seul camp. Mahaneihem, au pluriel, donne un camp à chacun. Rachi : deux camps sont déjà écrits dans "ils renverront hors du camp" et "hors du camp vous les renverrez". Le "hors du camp" du metzora donne le troisième. Ce tanna ne lit pas le verset comme un détachement. Les coups restent. Rav Hisda suit l'autre tanna.

12
רבי שמעון אומר: אינו צריך, הרי הוא אומר: ״וישלחו מן המחנה כל צרוע וכל זב וכל טמא לנפש״, יאמר טמאי מת ואל יאמר טמאי זב, ואני אומר: טמאי מתים משתלחין, זבין — לא כל שכן. למה נאמר זב — ליתן לו מחנה שניה.

Rabbi Shimon dit : il n'en a pas besoin. Voici qu'il dit : "Ils renverront hors du camp tout tsaroua, tout zav, et tout impur par une âme." Qu'il dise les impurs par un mort, et qu'il ne dise pas les impurs par un zav.

Et je dirai : les impurs par un mort sont renvoyés, les zavim, à plus forte raison. Pourquoi le zav est-il dit ?

Pour lui donner un second camp.

📜 Rachi (2)
אינו צריך האי מחוץ למחנה ליתן לו מחנה שלישית להוציאו דכולהו מהתם נפקי דעל כרחך כולן חמורים זה מזה בטומאותיהן דאי כולהו שוו לענין מחנות לכתוב שילוח בקל ואנא ידענא כל שכן דחמור בעי שילוח ומדכתבינהו כולהו ש"מ שילוחו של זה לא כשילוחו של זה:
Il n'en a pas besoin : ce "hors du camp", pour lui donner un troisième camp afin de le faire sortir. Car tous sortent de là. Car, de force, tous sont plus graves les uns que les autres dans leurs toumot. Car s'ils étaient tous égaux pour les camps, qu'il écrive le renvoi au sujet du léger, et je saurais, à plus forte raison, que le grave a besoin d'un renvoi. Et puisqu'il les a tous écrits, on apprend que le renvoi de celui-ci n'est pas le renvoi de celui-là.
זב לא כ"ש לקמיה פריך מאי חומריה דזב מטמא מת:
Un zav, à plus forte raison. Plus loin, il objecte : quelle est la gravité du zav par rapport à l'impur par un mort ?
💡 Explication

Rabbi Shimon n'a pas besoin du pluriel. Le verset liste déjà tsaroua, zav et tamei la-nefech (Bamidbar 5, 2). Qu'il dise seulement l'impur par un mort : le zav suit par kal va-homer. Le mot zav donne donc un second camp.

Rachi : s'ils étaient égaux, la Torah écrirait le renvoi du plus léger, et le plus grave suivrait. Écrire les trois montre que le renvoi de l'un n'est pas le renvoi de l'autre. Le "à plus forte raison" sera demandé tout de suite : quelle gravité a le zav sur l'impur par un mort ?

13
ויאמר זב ואל יאמר מצורע, ואני אומר: זבין משתלחין, מצורעין לא כל שכן? למה נאמר מצורע — ליתן לו מחנה שלישית, כשהוא אומר ״בדד ישב״ — הכתוב נתקו לעשה.

Et qu'il dise zav, et qu'il ne dise pas metzora. Et je dirai : les zavim sont renvoyés, les metzora'im, à plus forte raison ?

Pourquoi le metzora est-il dit ? Pour lui donner un troisième camp.

Lorsqu'il dit "il demeurera à l'écart", le verset l'a détaché vers un commandement positif.

💡 Explication

Même mouvement, un degré au-dessus. Qu'il dise zav sans dire metzora : le metzora suit par kal va-homer. Le mot metzora donne le troisième camp, celui d'Israël, hors de la ville.

Bâdad yéshèv reste libre pour le détachement vers le positif. C'est le côté de Rav Hisda : le metzora qui entre ne reçoit pas la malkout.

🖼️ Schéma
Deux kal va-homer, deux camps en plus Du mort vers le zav Le mort est renvoyé Le zav, à plus forte raison Pourquoi écrire zav ? Pour un second camp Du zav vers le metzora Le zav est renvoyé Le metzora, à plus forte raison Pourquoi écrire metzora ? Pour un troisième camp
Le mot zav ouvre le second camp. Le mot metzora ouvre le troisième.
14
מאי חומריה דזב מטמא מת? שכן טומאה יוצאה עליו מגופו. אדרבה: טמא מת חמור, שכן טעון הזאה שלישי ושביעי.

Quelle est la gravité du zav par rapport à l'impur par un mort ? C'est que la touma sort sur lui de son corps.

Au contraire : l'impur par un mort est plus grave, car il exige l'aspersion du troisième et du septième jour.

🗂️ Tossefot (1)
מאי חומרא דזב שכן טומאה יוצאה מגופו ה"ה דהוה מצי למימר שכן מטמא משכב ומושב וכלי חרס בהיסט כדלקמן אלא ניחא ליה למינקט חומרי דלא מצי למימר להו בסמוך גבי חומר בזב מבמצורע:
Quelle est la gravité du zav : c'est que la touma sort de son corps. Il aurait pu tout autant dire : car il rend impur ce sur quoi on se couche et ce sur quoi on s'assoit, et un récipient de terre par hesset (déplacement), comme plus bas. Mais il préfère prendre des gravités qu'il ne pourra pas dire tout de suite, au sujet de la gravité du zav par rapport au metzora.
💡 Explication

Le kal va-homer demande une humra. Gravité du zav sur l'impur par un mort : la touma sort de son corps. Reprise : l'impur par un mort exige la hazaa (aspersion) le troisième et le septième jour.

Tossefot : on aurait pu citer le mishkav, le moshav, et le hesset d'un récipient de terre. La Guemara choisit des gravités qu'elle ne pourra pas réemployer quand elle comparera le zav au metzora : ces autres gravités, le metzora les a aussi.

15
אמר קרא ״טמא״ ״וכל טמא״, לרבות טמא שרץ. וזב חמור מטמא שרץ.

Le verset a dit "impur", "et tout impur", pour inclure l'impur par un sherets. Et le zav est plus grave que l'impur par un sherets.

📜 Rachi (1)
לרבות טמא שרץ לשילוח והוא הדין לנוגע בנבילה וכל טמאי מגע וכיון דכתב רבוייא לטמאי מגע לא איצטריך למיכתב זב דחמיר מטמא שרץ שהרי טומאה יוצאה עליו מגופו זב אינו מטמא מחמת אונס אם ראה מחמת מאכל ומשתה או חולי או קפיצה כדאמר במסכת נדה בפרק בנות כותים (נדה דף לה.) מבשרו ולא מחמת אונסו ומשנינן כי האי גוונא זב טמויי נמי מטמא כגון טומאת טמאי שרץ שאינו אלא טומאת ערב:
Pour inclure l'impur par un sherets : pour le renvoi. Et il en va de même pour celui qui touche une nevela (bête morte), et pour tous les impurs par contact. Et dès lors qu'il a écrit une inclusion pour les impurs par contact, il n'était pas nécessaire d'écrire le zav, car il est plus grave que l'impur par un sherets, puisque la touma sort sur lui de son corps. Un zav ne devient pas impur par ones (accident) : s'il a vu à cause du manger et du boire, ou d'une maladie, ou d'un saut, comme on le dit dans le traité Niddah, au chapitre Benot Koutim (Niddah 35a) : "de sa chair", et non à cause de son accident. Et nous répondons ainsi : un zav rend lui aussi impur, à la façon de la touma de ceux qui sont impurs par un sherets, qui n'est qu'une touma du soir.
💡 Explication

Le verset dit tamei et ve-khôl tamei. Le surplus inclut l'impur par un sherets, et de même celui qui touche une nevela et tout impur par contact : eux aussi sont renvoyés. Dès lors, le mot zav n'était pas requis face à eux : le zav est plus grave, la touma sort de son corps.

Rachi écrit déjà la reprise et la réponse. Un flux dû à l'ones, manger, boire, maladie ou saut, ne fait pas un zav : mi-besaro, de sa chair, et non à cause de son accident (Niddah 35a). La réponse qu'il donne : le zav rend impur aussi sur le mode de la toumat erev, la touma jusqu'au soir, qui est celle de l'impur par un sherets.

16
ומאי חומריה? כדאמרן. אדרבה: שרץ חמור, שכן מטמא באונס! אמרי:

Et quelle est sa gravité ? Comme nous avons dit.

Au contraire : le sherets est plus grave, car il rend impur même par ones. Ils disent :

💡 Explication

La Guemara redemande la gravité : comme on l'a dit, la touma sort du corps. Reprise : le sherets rend impur même par ones, un contact accidentel. Le zav, lui, ne compte pas un flux venu d'un accident.

L'amoud s'arrête sur amrei, "ils disent". La réponse ouvre la page suivante. Rachi, sur le segment précédent, a déjà noté le sens de cette réponse : une touma du soir, commune au zav et à l'impur par un sherets.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).