Sougya : L'amoud répond à la reprise de 67a : le sherets rend impur par ones (accident). Rav Houna enseigne que la première ré'iya (vision) d'un zav rend impure par ones.
La Guemara cherche la gravité du metzora sur le zav : peria (cheveux), périma (vêtements déchirés), et l'interdit des rapports. Le zav a le mishkav, le moshav, et le hesset d'un récipient de terre.
Le verset zav, ve-khôl zav inclut le baal keri, et le metzora est plus grave que lui. Selon Rabbi Natan, le zav exige la fermeture de l'orifice du membre, et le baal keri lui est comparé : l'objection du mashehou tombe.
Rabbi Yehouda garde le verset des renvois pour Rabbi Eliezer : au pesah offert en touma, le zav et le metzora qui entrent dans l'azara sont exempts du karet. La fin appuyé Rabbi Yo'hanan, le baal keri sort de deux camps, puis lit la mishna qui le compare au contact d'un sherets : la comparaison enseigne l'ones.
De cette manière, un zav devient lui aussi impur par ones, selon Rav Houna. Car Rav Houna a dit : la première ré'iya d'un zav rend impure par ones.
La page s'ouvre sur la réponse laissée en suspens. Le sherets rend impur par ones. De la même manière, le zav aussi : Rav Houna, la première ré'iya rend impure par ones. Cette première vision n'a qu'une toumat erev, touma jusqu'au soir, comme la shikhvat zera.
Rachi lit le verset de Vayikra 15, 32 : une seule ziva y est comptée. Deux visions feraient le zav de sept jours (Megilla 8a). La hekesh avec le keri, où aucune restriction n'est écrite, étend l'ones à cette première vision. Le zov et la shikhvat zera se distinguent par le blanc de l'œuf, mouzeret ou non.
Tossefot, le Rashba : le sherets reste plus grave par la mesure, une lentille, alors que selon Rabbi Natan le zav exige la hatimat pi ha-ama, au-delà d'un gris. Le Ri éparpille la lentille : réponse forcée. Autre voie : l'impur par un mort, dont la mesure est un kazayit, sert de preuve. Cette preuve ne reviendra pas plus bas, quand le baal keri objectera par le mashehou : l'impur par un mort ne sort que d'un camp, et là on veut deux camps pour le metzora, comme le baal keri.
Quelle est la gravité du metzora par rapport au zav ? C'est qu'il exige peria et périma, et qu'il est interdit au tashmish ha-mita.
Au contraire, le zav est plus grave : il rend impur le mishkav et le moshav, et il rend impur un récipient de terre par hesset.
Une fois l'ones du zav règle face au sherets, la Guemara monte d'un degré : metzora contre zav. Gravité du metzora : peria, périma, et l'interdit du tashmish ha-mita. Reprise : le zav rend impur mishkav et moshav, et un keli hères par hesset.
Rachi détaille. "Hors de sa tente" (Vayikra 14, 8) : la tente est la femme. Que l'interdit vise les jours du hehlot par kal va-homer, ou seulement les jours du compte (Moed Katan 7b), le zav reste libre pour les rapports. Le mishkav du zav est un av ha-touma : l'homme qui le touche rend impurs ses vêtements. Le mishkav du metzora, dans la Torat Kohanim, s'arrête aux aliments et aux boissons. Pour le récipient de terre, le contact du zav ne compte que depuis l'air intérieur. Le mot "qu'il touchera" ajoute le hesset : le déplacement suffit.
Tossefot. Le Ri demande pourquoi on omet la touma par entrée dans la tente. L'interdit des rapports suit l'avis où le mouhlat est interdit. On ne déplace pas la discussion vers les jours du compte : ce metzora-là est comme un impur par un sherets (Nega'im 14, 3) et ne sort pas du camp des Leviim. Peria et périma visent le mouhlat. Rav Moché de Pontoise : le verset qui exclut la femme metzora suppose qu'elle a un mishkav. Réponse : asmakhta. La hekesh "au mâle" n'est pas totale, sinon les camps aussi seraient égaux, et la sugya n'aurait plus de question. La mishna de Zavim 5, 6 qui parle de celui qui est porté vise les autres impurs, dit Rabbenou Tam, et non le metzora.
Le verset a dit "zav", "et tout zav", pour inclure le baal keri. Et le metzora est plus grave que le baal keri.
La reprise du mishkav bloque le kal va-homer du metzora sur le zav. Le verset répond par un élargissement : zav, ve-khôl zav, inclut le baal keri. Le baal keri sort donc de deux camps. Le metzora, plus grave que lui, n'avait pas besoin d'être écrit pour ce renvoi. Le mot en trop lui ouvre le troisième camp.
Et quelle est sa gravité ? Comme nous avons dit.
Au contraire : le baal keri est plus grave, car il rend impur par mashehou !
La gravité du metzora sur le baal keri, c'est celle déjà dite : peria, périma, rapports. Puisque le mot était en trop, il donne le troisième camp.
Reprise immédiate : le baal keri rend impur par mashehou, un grain de moutarde et moins (Niddah 40b). Le metzora a une mesure, le gris (Torat Kohanim). La quantité plus petite rend le baal keri plus grave, et le kal va-homer s'arrête.
Il tient comme Rabbi Natan. Car on a enseigné : Rabbi Natan dit au nom de Rabbi Yishmael : un zav a besoin d'une mesure comme la fermeture de l'orifice du membre, et les Sages ne lui ont pas concédé.
Et le baal keri est comparé au zav.
La Guemara tient l'avis de Rabbi Natan, au nom de Rabbi Yishmael. Le zav n'est impur que si le flux suffit à fermer l'orifice du membre, hatimat pi ha-ama. Les Sages ne suivent pas cette mesure. Rachi : il l'apprend de "sa chair a fermé son flux" (Niddah 43b).
Le verset compare le baal keri au zav (Vayikra 15, 32). La même mesure s'applique. L'objection du mashehou tombe. Le metzora reste plus grave, et le mot écrit pour lui donne le troisième camp.
Tossefot, le Ri : ici le baal keri est impur au titre de la ré'iya, la vision elle-même. À Niddah 22a, Rav Houna traite celui qui voit un keri sur un copeau comme un contact, puisque la fermeture de l'orifice est exigée. À Niddah 42a, voir est un mashehou, toucher est une lentille. Ces deux passages divergent de notre sugya.
"Et tout tsaroua", pourquoi en ai-je besoin ? Puisqu'il est écrit "tout zav", il est écrit aussi "tout tsaroua".
Ve-khôl zav et ve-khôl tamei élargissent. Ve-khôl tsaroua semble en trop : le metzora est déjà nommé. Rachi pose la question sur ce "tout". Réponse : le verset aligne la formule, puisque "tout zav" est écrit.
Et Rabbi Yehouda : Rabbi Shimon a bien parlé ?
La Guemara se tourne vers Rabbi Yehouda. Rabbi Shimon a déjà tiré les trois renvois de ce verset, par le kal va-homer qu'on vient de tenir. Rachi : si la loi des shilouhim sort de là, l'autre verset reste sans emploi. La réponse vient tout de suite.
Il a besoin de celui-là pour ce qu'on a enseigné. Rabbi Eliezer dit : on pourrait penser que des zavim et des metzora'im se sont pressés et sont entrés dans l'azara, lors du pesah apporté en état de touma ; on pourrait penser qu'ils seraient passibles.
Le verset dit : "Ils renverront hors du camp tout tsaroua, tout zav, et tout impur par une âme." À l'heure où les impurs par un mort sont renvoyés, les zavim et les metzora'im sont renvoyés. Quand les impurs par un mort ne sont pas renvoyés, les zavim et les metzora'im ne sont pas renvoyés.
Rabbi Yehouda réserve le verset à la baraitha de Rabbi Eliezer. Si des zavim et des metzora'im forcent l'entrée de l'azara pendant le pesah offert en touma, on aurait pu les tenir pour passibles. Le verset les aligne sur l'impur par un mort.
Quand les impurs par un mort sont renvoyés, zavim et metzora'im le sont. Quand le pesah se fait en touma et que les impurs par un mort entrent, zavim et metzora'im ne sont pas renvoyés au sens du karet.
Rachi serre la halakha. L'exemption vise le karet. Dès le départ, l'entrée leur reste interdite. Tamei la-nefech seul fait que le public n'est pas écarté. Les autres toumot écartent. La hekesh ne leur ouvre pas l'azara. Elle leur retire le karet.
Le maître a dit : "zav", "et tout zav", pour inclure le baal keri. Cela aide Rabbi Yo'hanan.
Car Rabbi Yo'hanan a dit : les mehilot n'ont pas été sanctifiées, et le baal keri est renvoyé hors de deux camps.
La Guemara reprend le derach déjà dit. Zav, ve-khôl zav, inclut le baal keri. Cela appuyé Rabbi Yo'hanan sur le second point : le baal keri est renvoyé hors de deux camps, comme le zav. Rachi : c'est la baraitha, par la hekesh.
Le premier point de Rabbi Yo'hanan va avec : les mehilot, tunnels et cavernes sous l'azara, n'ont pas la sainteté de l'azara. Il a reçu les deux enseignements ensemble.
Tossefot oppose Zevahim 24a : David a sanctifié le sol jusqu'au tehom. Réponse reportée à Pesachim 86a : Rabbi Yo'hanan parle des tunnels ouverts vers le hol. Ouverts vers le kodech, ils sont kodech.
On objecte : le baal keri est comme le contact d'un sherets. Est-ce que cela ne vise pas leurs camps ?
Non : leurs toumot.
Une mishna met le baal keri au niveau de celui qui a touché un sherets. Si la comparaison vise les camps, le baal keri ne sortirait que d'un camp, comme l'impur par un sherets. Cela heurte Rabbi Yo'hanan, qui le renvoie de deux camps. Première réponse : la comparaison vise leur touma.
Leurs toumot ? Chez celui-ci une touma du soir est écrite, et chez celui-là une touma du soir est écrite !
Plutôt, cela vise leurs camps !
La piste "leurs toumot" ne tient pas si elle ne dit que la durée. La toumat erev est déjà écrite pour le sherets (Vayikra 11, 24) et pour le baal keri (Vayikra 15, 16). Rachi : le point aurait été qu'il n'est pas impur sept jours, comme le zav ou l'impur par un mort. Le verset le dit déjà. La Guemara ramène donc la comparaison vers les camps.
Non. En fait, cela vise leurs toumot.
Et voici ce que cela nous enseigne : le baal keri est comme le contact d'un sherets. De même que le contact d'un sherets rend impur par ones, de même le baal keri rend impur par ones.
La Guemara maintient la comparaison sur la touma, et elle lui donne un contenu que les versets ne disent pas : l'ones. Un sherets mort qui tombe rend impur sans intention. Le baal keri qui voit à cause du manger et du boire est impur de la même manière.
Les camps de Rabbi Yo'hanan restent en place : le baal keri sort de deux camps. La mishna enseigne l'accident.
On objecte :
Meitivei ouvre une nouvelle objection. Le texte de cette objection commence sur l'amoud suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).