Sougya : L'amoud ouvre sur la fin de la mishna : celui qui a un rapport avec une nida est comme un impur par un mort. La comparaison vise les camps, et elle ne se reporte pas sur le dรฉbut de la mishna.
Une baraitha exclut le baal keri : on le compare au zav, parce que la touma sort de son corps, et un verset le renvoie de deux camps. La mishna du mihui des entrailles se partage entre Rav Houna, qui perce les boyaux, et Hiyya bar Rav, qui retire le mucus.
Le mot mehim ouvre ensuite les versets de l'avenir : les justes feront vivre les morts, la mort et la lumiรจre se lisent selon les personnes et les temps, et le verset ani amit va-ahaye parle d'un seul homme.
Celui qui a un rapport avec une nida est comme un impur par un mort. ร quel propos ?
Si l'on dit : ร propos de leur touma, pour celui-ci une touma de sept jours est รฉcrite, et pour celui-lร une touma de sept jours est รฉcrite.
La mishna vient de comparer le boel nida au tamei met. La question porte sur le point de la comparaison. La durรฉe est dรฉjร รฉcrite pour les deux : une touma de sept jours. Le rapprochement de la mishna a donc un autre emploi.
Tossefot notent une autre rรฉponse, celle de Yoma 6b. On pourrait garder la comparaison sur les sept jours, et lire la fin de la mishna comme une gravitรฉ propre au boel nida : le mishkav et le moshav, qui rendent impurs aliments et boissons.
C'est donc ร propos de leurs camps. Et puisque la fin porte sur leurs camps, le dรฉbut aussi porte sur leurs camps !
Peut-on comparer ? Celui-ci selon ce qu'il est, et celui-lร selon ce qu'il est.
La comparaison vise les mahanot. Le boel nida est renvoyรฉ du mรชme camp que le tamei met. On voudrait en tirer que le dรฉbut de la mishna, le baal keri comparรฉ ร l'impur par un sherets, parle lui aussi des camps.
Midi irya coupe le report. Chaque clause se lit selon son sujet. La fin enseigne les camps. Le dรฉbut reste sur son propre point.
On objecte : un metzora est plus grave qu'un zav, et un zav est plus grave qu'un impur par un mort. Est exclu le baal keri, car un impur par un mort est plus grave que lui.
La baraitha classe les renvois. Le metzora dรฉpasse le zav, le zav dรฉpasse le tamei met. Le baal keri est nommรฉ ร part : le tamei met est plus grave que lui. Rachi renvoie cette gravitรฉ aux camps, dรฉjร รฉtablie.
Que signifie "est exclu" ? N'est-ce pas : il est sorti de la catรฉgorie du zav et il est entrรฉ dans la catรฉgorie de l'impur par un mort, puisque l'impur par un mort est plus grave que lui, et qu'il est permis dans le camp des Leviim !
Lecture proposรฉe du mot yatza. Le baal keri quitte le zav et rejoint le tamei met. Or le tamei met, plus grave par la durรฉe, reste admis dans le mahane Leviya. On en tirerait que le baal keri y est admis aussi.
Non. Il est sorti du camp de l'impur par un mort, et il est entrรฉ dans le camp du zav.
Et bien que l'impur par un mort soit plus grave que lui (car il est permis) dans le camp des Leviim, on le compare ร ce ร quoi il ressemble.
Yatza le fait sortir du camp oรน le tamei met est encore admis, et le place avec le zav : il quitte le mahane Leviya. La durรฉe plus longue du tamei met ne dรฉcide pas le camp.
Le critรจre est la ressemblance. Ve-khรดl zav inclut le baal keri avec le zav. Ve-khรดl tamei inclut l'impur par un sherets avec le tamei met. Le baal keri ressemble au zav : la touma sort de son corps. Le tamei met, lui, a une touma de sept jours ; le baal keri, une toumat erev.
Un tanna a enseignรฉ devant Rav Yitshak bar Avdimi : "Il sortira en dehors du camp" : c'est le camp de la Chekhina. "Il n'entrera pas ร l'intรฉrieur du camp" : c'est le camp des Leviim.
De lร , pour le baal keri : il sort en dehors de deux camps.
Le verset est celui du baal keri (Devarim 23, 11). La baraitha coupe deux membres. "Il sortira en dehors du camp" vise le camp de la Chekhina. "Il n'entrera pas ร l'intรฉrieur du camp" vise le camp des Leviim. S'il est devenu impur dans l'azara, il quitte les deux.
Il lui a dit : tu ne l'as pas encore fait entrer, et dรฉjร tu l'as fait sortir. Autre version : tu ne l'as pas encore fait sortir, et dรฉjร tu l'as fait entrer.
Dis plutรดt : "en dehors du camp" : c'est le camp des Leviim. "Il n'entrera pas ร l'intรฉrieur du camp" : c'est le camp de la Chekhina.
Rav Yitshak barre l'ordre de la baraitha. Interdire l'entrรฉe dans le camp des Leviim suppose qu'il s'y trouve dรฉjร . Or le premier membre ne l'y a pas encore placรฉ : il l'a seulement fait sortir du camp de la Chekhina. L'autre version renverse les verbes, le dรฉfaut reste le mรชme.
Lecture corrigรฉe. "En dehors du camp" est le camp des Leviim : il en sort. "Il n'entrera pas dans le camp" est le camp de la Chekhina. Un seul camp รฉcrit n'aurait renvoyรฉ que celui qui se tient dans le camp de la Chekhina. Deux camps รฉcrits renvoient aussi du camp des Leviim.
Ravina objecte : dis que l'un et l'autre visent le camp de la Chekhina, pour qu'il transgresse ร son sujet un commandement positif et un interdit ! S'il en est ainsi, que le verset dise : "Il sortira en dehors du camp, et il n'entrera pas ร l'intรฉrieur".
Pourquoi "le camp" ? On en dรฉduit : pour lui donner un autre camp.
Ravina garde un seul camp, celui de la Chekhina. Le premier membre serait un asse, sortir. Le second, un lo taase, ne pas entrer.
Le mot rรฉpรฉtรฉ ha-mahane reste alors sans emploi. Il donne un second camp. Rachi formule la mรชme coupe avec le verbe du renvoi : "ils renverront du camp, et il n'entrera pas ร l'intรฉrieur", et le verset s'arrรชterait lร .
Et le mihui de ses entrailles, etc. Qu'est-ce que le mihui de ses entrailles ?
Rav Houna a dit : il les perce avec un couteau. (Rav) Hiyya bar Rav a dit : le mucus des intestins qui sort sous la pression du couteau.
Nouvelle mishna : le mihui kravav du korban pesah รฉcarte le chabbat. Rav Houna : on perce les boyaux pour faire sortir le contenu, sinon il se corrompt avant la nuit. Rachi donne deux langues. L'une est dissoudre un dรฉchet mou. L'autre est percer, comme timhe pour le souvenir d'Amalek.
Hiyya bar Rav vise la shirka, la lymphe collรฉe ร la paroi, qui sort quand on presse avec le couteau. Pour lui, mihui nomme une matiรจre vile. La suite du daf en cherche le mot dans le verset.
Rabbi (Eliezer) a dit : quelle est la raison de Hiyya bar Rav ? Car il est รฉcrit : "Et les ruines des mรฉhim, des รฉtrangers les mangeront".
D'oรน le voit-on ? Comme Rav Yossef traduit : "Et les biens des mรฉchaรฏm, les justes en hรฉriteront".
Rabbi Eliezer rattache la shirka au mot mรฉhim (Isaie 5, 17). Rav Yossef traduit : les justes hรฉriteront des biens des resha'im. Le mot dรฉsigne donc une chose vile. C'est la langue de mihui selon Hiyya bar Rav.
"Et des agneaux paรฎtront selon leur parole." Menashya bar Yirmeya a dit au nom de Rav : comme il a รฉtรฉ parlรฉ ร leur sujet. Qu'est-ce que "comme il a รฉtรฉ parlรฉ ร leur sujet" ?
Abaye a dit : "Et les ruines des mรฉhim, des รฉtrangers les mangeront." Rava lui a dit : soit. Si c'รฉtait รฉcrit "ruines", ce serait comme tu dis.
Maintenant que c'est รฉcrit "et les ruines", il dit une autre chose.
Le dรฉbut du mรชme verset : ve-ra'ou kevasim kedavram. Rav, par Menashya bar Yirmeya : ke-mรฉdoubar bam, comme la promesse dite ร leur sujet. Les agneaux sont Israรซl, dit Rachi.
Abaye place cette promesse dans la fin du verset : les justes, jusqu'ici comme des gerim, mangeront. Rava barre cette lecture par le vav de ve-haravot. Sans le vav, la fin expliquerait le dรฉbut. Avec le vav, c'est une seconde parole.
Ben Yehoyada : les agneaux visent Israรซl, brebis dispersรฉe, dans le sod des hasadim. Les chรจvres visent les nations, dans les gevurot. Chabbat 77b : les chรจvres passent devant, puis les brebis, comme la lumiรจre aprรจs l'obscuritรฉ. De lร , Yaakov saisit le talon d'Essav.
Rava a dit plutรดt : comme Rav Hananel l'a dit au nom de Rav. Car Rav Hananel a dit au nom de Rav : les justes sont destinรฉs ร faire vivre les morts.
Il est รฉcrit ici : "Et des agneaux paรฎtront selon leur parole." Et il est รฉcrit lร -bas : "Ils paรฎtront au Bashan et au Gilad, comme aux jours d'autrefois."
La promesse du dรฉbut se lit ailleurs. Rav Hananel, au nom de Rav : ร l'avenir, les tsadikim feront vivre les morts. Le mot ve-ra'ou ici et le mot yir'ou lร -bas (Mikha 7, 14) font une gezera shava.
Rachi nomme dรฉjร ceux dont il a รฉtรฉ parlรฉ : Eliyahou et Elisha. Le segment suivant pose les noms sur Bashan et Gilad.
Le Bashan : c'est Elisha, qui vient du Bashan. Car il est dit : "Et Ya'ani et Shafat au Bashan." Et il est รฉcrit : "Ici est Elisha fils de Shafat, qui versait l'eau sur les mains d'Eliyahou." Le Gilad : c'est Eliyahou.
Car il est dit : "Eliyahou le Tishbite, d'entre les habitants de Gilad, dit, etc."
La gezera shava pose deux noms. Bashan : Elisha, car Shafat son pรจre est nommรฉ au Bashan (I Chroniques 5, 12), et Elisha ben Shafat versait l'eau sur les mains d'Eliyahou. Gilad : Eliyahou le Tishbite, habitant de Gilad. Ce qu'ils ont fait, faire vivre des morts, les justes le feront.
Ben Yehoyada demande pourquoi Elisha passe avant Eliyahou. Le Maharsha : Elisha en a fait vivre deux. Le Ben Ich Haรฏ : Eliyahou commence et finit ange ; Elisha est un homme ne d'une femme, et la nouveautรฉ y est plus grande. Son fils Yaakov : la clef des pluies et le mรฉrite du monde portent le miracle d'Eliyahou ร Tsarfat ; chez Elisha, la nouveautรฉ est la sienne. Ye'hezkel, ร Doura, prophรฉtise le retour ร la vie ; il ne fait pas vivre lui-mรชme.
Rabbi Shmouel bar Nahmani a dit au nom de Rabbi Yonathan : les justes sont destinรฉs ร faire vivre des morts. Car il est dit : "Des vieillards et des vieilles s'assiรฉront encore sur les places de Yerushalayim, chacun son bรขton ร la main, ร cause du grand nombre des jours." Et il est รฉcrit : "Tu poseras mon bรขton sur le visage du garรงon."
Autre source, Rabbi Yonathan. Le bรขton ร la main des vieillards (Zรฉcharie 8, 4) est le bรขton d'Elisha posรฉ sur le visage de l'enfant (II Rois 4, 29). Rachi : c'est le fils de la Shounamit, qu'Elisha a fait vivre. Le bรขton de l'avenir fera le mรชme office.
Ben Yehoyada rattache ce mรฉrite au tri d'aujourd'hui : รฉtincelles de saintetรฉ sorties de la klipa, et รฉtincelles d'รขmes en gilgoul dans le dotzem, inanimรฉ, vรฉgรฉtal, animal, parlant. Le verset de I Chroniques 16, 35 dit alors : nous louons Celui qui fait vivre les morts, et nous aussi nous les ferons vivre. La mem fermรฉe vaut 600 : cinq lettres, 120 arrangements, 600 lettres, compte d'Eliyahou et d'Elisha dans kedavram.
Oula a opposรฉ des versets. Il est รฉcrit : "Il engloutit la mort pour toujours." Et il est รฉcrit : "Car le jeune de cent ans mourra" !
Il n'y a pas de difficultรฉ : ici, pour Israรซl ; lร , pour les nations. Et que font les nations lร -bas ?
Car il est รฉcrit : "Des รฉtrangers se tiendront et feront paรฎtre vos troupeaux, et des fils de l'รฉtranger seront vos laboureurs et vos vignerons."
Deux versets d'Isaie. "Il engloutit la mort pour toujours" (25, 8) : Rachi, l'ange de la mort est englouti et ne domine plus. "Le jeune de cent ans mourra" (65, 20) parle encore d'une mort, aprรจs une longue vie.
Oula partage les personnes. Le premier verset vise Israรซl. Le second vise les nations. Elles sont lร -bas : des รฉtrangers feront paรฎtre, laboureront et garderont les vignes (Isaie 61, 5).
Rav Hisda a opposรฉ des versets. Il est รฉcrit : "La lune sera confuse, et le soleil aura honte." Et il est รฉcrit : "La lumiรจre de la lune sera comme la lumiรจre du soleil, et la lumiรจre du soleil sera sept fois comme la lumiรจre des sept jours" !
Il n'y a pas de difficultรฉ : ici, pour le monde ร venir ; lร , pour les jours du Mashiah.
Autre paire. La lune confuse et le soleil honteux (Isaie 24, 23) : ils n'รฉclairent plus. La lune comme le soleil, et le soleil sept fois comme la lumiรจre de sept jours (Isaie 30, 26) : leur lumiรจre augmente. Rav Hisda partage les temps. La honte est le monde ร venir, oรน il ne reste que l'รฉclat de la Chekhina. L'augmentation est les jours du Mashiah.
Rachi compte. Shiv'atayim vaut 49. "Comme la lumiรจre de sept jours" multiplie encore par sept. Le surplus sur la lumiรจre d'aujourd'hui est 343.
Ben Yehoyada lit 343 comme geshem, la matรฉrialitรฉ. Le surplus du soleil tient tant qu'il y a du geshem, aux jours du Mashiah. Au monde ร venir, stav, 481, emporte la force de Lilith avec son inclusif, et le geshem s'en va. On marche dans la lumiรจre de Hachem.
Et selon Shmouel, qui a dit : il n'y a entre ce monde et les jours du Mashiah que l'asservissement aux royaumes, seulement, que peut-on dire ? L'un et l'autre visent le monde ร venir.
Et il n'y a pas de difficultรฉ : ici, dans le camp de la Chekhina ; lร , dans le camp des justes.
Shmouel tient que les jours du Mashiah ne diffรจrent de ce monde que par le shiboud malkhouyot, l'asservissement aux royaumes. Le verset de la lumiรจre augmentรฉe ne peut donc pas viser ces jours-lร .
Les deux versets restent au monde ร venir. La honte du soleil et de la lune est le camp de la Chekhina. La lumiรจre augmentรฉe est le camp des tsadikim.
Rava a opposรฉ des versets. Il est รฉcrit : "Moi, Je fais mourir et Je fais vivre." Et il est รฉcrit : "J'ai frappรฉ, et Moi, Je guรฉrirai." Dรจs lors qu'Il fait vivre, guรฉrir va de soi, ร plus forte raison !
Le Saint, bรฉni soit-Il, a dit plutรดt : celui que Je fais mourir, Je le fais vivre, comme celui que J'ai frappรฉ, Je le guรฉris.
Un seul verset, Devarim 32, 39, en deux membres. Si "Je fais vivre" rend la vie aux morts, "Je guรฉrirai" semble dรฉjร inclus, par kal va-homer.
Rachi donne la lecture qu'il faut รฉcarter : Je fais mourir les uns, Je nourris les vivants, Je crรฉe les nouveau-nรฉs. Le second membre ferme cette lecture. On ne guรฉrit que celui qui a รฉtรฉ frappรฉ. De mรชme, celui que Il fait mourir, Il le fait vivre.
Ben Yehoyada ajoute le temps des verbes : avenir au dรฉbut, passรฉ ร la fin. De Son cรดtรฉ, le retour ร la vie se compte comme la guรฉrison, chose habituelle. "Merveilleux" ne l'est qu'ร nos yeux (Tehilim 118, 23).
Nos maรฎtres ont enseignรฉ : "Moi, Je fais mourir et Je fais vivre." On pourrait penser : la mort pour l'un, et la vie pour l'autre, selon la maniรจre dont le monde se conduit. Le verset enseigne : "J'ai frappรฉ, et Moi, Je guรฉrirai." De mรชme que la blessure et la guรฉrison sont en un seul, de mรชme la mort et la vie sont en un seul.
De lร , une rรฉponse ร ceux qui disent : il n'y a pas de rรฉsurrection des morts ร partir de la Torah. Autre explication : d'abord, celui que Je fais mourir, Je le fais vivre ; et ensuite, celui que J'ai frappรฉ, Je le guรฉris.
La baraitha reprend le mรชme verset. Yakhol : la mort pour l'un, la naissance pour un autre, comme le monde va. Talmud lomar : "J'ai frappรฉ, et Je guรฉrirai." Blessure et guรฉrison visent un seul. Mort et vie visent un seul. De lร , une rรฉponse ร ceux qui disent qu'il n'y a pas de tehiyat ha-metim dans la Torah.
L'autre explication garde l'ordre des membres. D'abord Il fait vivre ceux qu'Il a fait mourir, encore avec leur blessure. Ensuite Il guรฉrit. Rachi : ils reviennent boiteux, aveugles, muets, puis ils guรฉrissent, comme le boiteux qui bondit (Isaie 35, 6).
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).