Pesachim 69a - Makhshirim, haza'a, et l'homme déjà apte

Pesachim 69a

Sougya : L'amoud répond au kal va-homer de Rav Ashi, en fin de 68b. Rabbi Eliezer tient qu'une shevout de mitsva pèse plus qu'une shevout de reshut : on n'en tire pas l'interdiction des préparatifs du pesah le chabbat.

Il compare les makhshirim d'après la shehita, qui repoussent déjà le chabbat, à ceux d'avant. Rabbi Akiva coupe la comparaison au moment de la shehita, puis une raison de zevah passoul est écartée parce qu'elle interdirait aussi l'abattage.

La mishna de la haza'a ouvre le débat entre le maître et l'élève : Oula parle d'une aspersion pour la terouma, Rabba montre qu'il s'agit du pesah, et l'enseignement de Rabbi Eliezer s'était déraciné. La haza'a reste interdite par une gezera de quatre amot, et seulement là où l'homme est déjà apte.

De là, l'eau chaude de la mila, puis l'objection de l'arel passible de karet.

Shevout de mitsva, shevout de reshut Réponse de Rabbi Eliezer au kal va-homer de Rav Ashi (68b). Yom tov Melakha de reshut permise okhel nefech, joie du jour La shevout qui va avec reste interdite La simha est reshut Chabbat Seule la melakha de mitsva est permise : shehita Rav Ashi : à plus forte raison la shevout qui va avec reste interdite Contre Rabbi Eliezer Rabbi Eliezer Une shevout de mitsva est plus forte qu'une shevout de reshut. Le kal va-homer ne se construit pas de l'une à l'autre. À Yom tov ils ont décrété la shevout. Au chabbat, pas de shevout qui écarte la mitsva.
Yom tov laisse passer la melakha de reshut et garde la shevout. Au chabbat, Rabbi Eliezer ne construit pas le kal va-homer.
Avant la shehita, ou après Le kal va-homer de Rabbi Eliezer, et les deux réponses de Rabbi Akiva. Avant la shehita Makhshirim couteau, trajet, yabelet La shehita n'a pas encore repoussé le chabbat Shehita be-mo'ado repousse le chabbat La mitsva du pesah est faite à ce moment Après la shehita Rachi : mihui des entrailles Ri : haktara des graisses on peut attendre la nuit Yerushalmi : emourim du public Rabbi Eliezer Si l'après repousse, alors que la mitsva est déjà faite, l'avant repousse aussi. Rabbi Akiva, première distinction L'après suit une shehita qui a déjà repoussé le chabbat. On n'en tire pas l'avant. Autre explication Zevah passoul : hillul du chabbat rétroactif Réfutation, dite d'abord Alors on n'abattrait pas non plus. Puis vient la distinction des temps. Ordre du débat 1. Risque d'un sacrifice passoul. 2. Réfutation : la shehita aussi. 3. Que m'importe si l'après repousse : la shehita a déjà repoussé le chabbat.
Après la shehita, la mitzva est faite et le chabbat déjà repoussé. Avant, non. Le risque de passoul est réfuté par la shehita elle-même.
Quelle haza'a le maître a-t-il enseignée ? Oula, puis l'objection de Rabba, puis l'oubli de l'enseignement. Oula Haza'a pour manger de la terouma La terouma elle-même ne repousse pas le chabbat Akiva objecte sur celle-là Eliezer croit entendre la haza'a du pesah Lecture écartée Rabba, une baraitha Tamei met septième jour Le jour est chabbat et erev pesah Mitsva, et shevout ne repousse pas Il répondait donc sur la haza'a du pesah Issue Haza'a du pesah enseigné par Eliezer L'enseignement s'est déraciné Akiva vient le rappeler par le kal va-homer Le dire en face : hors de la convenance Pourquoi cette haza'a ne repousse pas le chabbat L'acte est un tiltoul. Il devrait céder devant le pesah. Rabba : gezera, de crainte de quatre amot dans le reshut ha-rabim. Selon Eliezer, ce transport non plus : l'homme n'est pas encore apte, l'obligation du pesah ne pèse pas sur lui.
Oula : haza'a de terouma. Rabba : septième jour, erev pesah. L'enseignement s'était déraciné.
1
ורבי אליעזר, שבות דמצוה עדיף ליה.

Et Rabbi Eliezer : une shevout de mitsva à plus de poids pour lui.

📜 Rachi (1)
ורבי אליעזר אמר לך האי לאו קל וחומר הוא דשבות מצוה עדיפא משבות דרשות הלכך יום טוב דשמחתו רשות גזרו על שבות שלה אבל שבת דדחיית מלאכה שבו משום מצוה היא לא גזרו חכמים בה על השבות לדחות את המצוה:
Il te dit : il n'y a pas ici de kal va-homer. Une shevout de mitsva est plus forte qu'une shevout de reshut. C'est pourquoi, à Yom tov, dont la simha est reshut, ils ont décrété sur sa shevout. Mais au chabbat, où l'on écarte la melakha pour une mitsva, les Sages n'y ont pas décrété de shevout qui écarterait la mitsva.
💡 Explication

Fin de 68b : Rav Ashi construit un kal va-homer contre Rabbi Eliezer. À Yom tov, la melakha de reshut est permise, et la shevout qui l'accompagne reste interdite. Au chabbat, seule la melakha de mitsva est permise : à plus forte raison la shevout qui l'accompagne resterait interdite.

Rabbi Eliezer répond que les deux shevout ne se comparent pas dans ce sens. Une shevout faite pour une mitsva pèse plus qu'une shevout faite pour une reshut. Ils ont donc décrété à Yom tov. Au chabbat, ils n'ont pas placé une shevout qui ferait tomber la mitsva.

2
תניא אמר רבי אליעזר: ומה לי אם דחו מכשירי מצוה שלאחר שחיטה את השבת, דאיתעביד ליה מצוה — לא ידחו מכשירי מצוה שלפני שחיטה את השבת!

On enseigne. Rabbi Eliezer a dit : et que m'importe, si les makhshirim de mitsva d'après la shehita repoussent le chabbat, alors que la mitsva a déjà été faite pour lui : les makhshirim de mitsva d'avant la shehita ne repousseraient pas le chabbat !

📜 Rachi (2)
שלאחר שחיטה מיחוי קרביו ואע"ג דאיתעביד ליה צורך גבוה:
D'après la shehita : le mihui de ses entrailles, même lorsque le besoin du Ciel a déjà été fait pour lui.
לא ידחו כו' בתמיה למיעבד צורכי גבוה:
Ils ne repousseraient pas, etc. : sur le ton de l'étonnement, pour accomplir les besoins du Ciel.
💡 Explication

Makhshirim : les actes qui rendent la mitsva possible. Rabbi Eliezer les prend après la shehita. Rachi : le mihui des entrailles. La mitsva, le besoin du Ciel, est déjà faite, et pourtant ces actes repoussent le chabbat.

La phrase est une temia, une question d'étonnement. Si l'après repousse alors que la mitsva est derrière, l'avant, qui prépare encore la mitsva, repousse aussi.

3
אמר לו רבי עקיבא: דמה לי אם דחו מכשירי מצוה שלאחר שחיטה את השבת, שהרי דחתה שחיטה את השבת, תאמר ידחו מכשירי מצוה שלפני שחיטה את השבת — שלא דחתה שחיטה את השבת. דבר אחר: שמא ימצא זבח פסול, ונמצא מחלל את השבת למפרע.

Rabbi Akiva lui dit : que m'importe si les makhshirim de mitsva d'après la shehita repoussent le chabbat, puisque la shehita a déjà repoussé le chabbat. Irais-tu dire que les makhshirim de mitsva d'avant la shehita repoussent le chabbat, alors que la shehita n'a pas repoussé le chabbat.

Autre explication : peut-être le sacrifice se trouvera passoul, et l'on se trouvera avoir profane le chabbat rétroactivement.

📜 Rachi (1)
דמה לי כלומר דין הוא כן ומה לי לתמוה שהרי דחתה שחיטה כבר את שבת במצותה הלכך הואיל וניתנה לדחות כבר לא גזרו בה שוב על שבות הצריך:
Que m'importe : le din est bien celui-là, et qu'aurais-je à m'étonner ? Car la shehita a déjà repoussé le chabbat par sa mitsva. Dès lors, puisqu'on a déjà permis de repousser, ils n'ont plus décrété sur la shevout qui reste nécessaire.
🗂️ Tossefot (1)
אם דחו מכשירי מצוה שלאחר שחיטה השבת כו' פי' בקונטרס מיחוי קרביו ותימה לר"י מה ראיה מייתי דילמא שאני התם משום דלא אפשר למיעבד מאתמול ונראה לר"י דמכשירי מצוה שלאחר שחיטה דקאמר היינו הקטר חלבים דאפשר להמתין עד הלילה ודחי שבת וכן יש בירושלמי דקא אמר ר' אליעזר אימורי ציבור יוכיחו אע"פ שאפשר להמתין למוצאי שבת מה לי מכשירין שלאחר שחיטה כו' והא דפריך משחט נמי לא לשחוט אע"ג דשחיטה לא אפשר מ"מ פריך משום שכבר הוכיח שאין חילוק בין אפשר ללא אפשר מדשרינן הקטר חלבים:
Si les makhshirim de mitsva d'après la shehita repoussent le chabbat, etc. Explication de Rachi : le mihui des entrailles. Étonnement pour le Ri : quelle preuve apporte-t-il ? Peut-être que là-bas le cas est autre, parce qu'il est impossible de le faire la veille. Il paraît au Ri que les makhshirim de mitsva d'après la shehita dont il parle sont la haktara des graisses : il est possible d'attendre jusqu'à la nuit, et cela repousse le chabbat. De même dans le Yerushalmi, Rabbi Eliezer dit : les emourim du public le prouveront, bien qu'il soit possible d'attendre la sortie du chabbat. Que m'importe : les makhshirim d'après la shehita, etc. Et là où l'on objecte : l'abattage non plus, qu'on ne l'abatte pas, bien que la shehita soit un cas d'impossible, l'objection porte quand même, parce qu'il a déjà été prouvé qu'il n'y a pas de différence entre le possible et l'impossible, dès lors qu'on permet la haktara des graisses.
💡 Explication

Rabbi Akiva accepte le fait, et refuse la conséquence. Après la shehita, le chabbat a déjà été repoussé par la mitsva : on ne décrète plus sur la shevout qui reste. Avant la shehita, ce repoussement n'a pas encore eu lieu.

Seconde voie, davar aher : le sacrifice peut se révéler passoul. Le chabbat aurait alors été profane lemafre'a, rétroactivement, sans mitsva.

Tossefot, le Ri : le mihui de Rachi pouvait difficilement se faire la veille, la preuve reste faible. Il lit donc l'après-shehita comme la haktara des graisses, possible jusqu'à la nuit, et qui repousse pourtant le chabbat. Le Yerushalmi va dans ce sens avec les emourim du public. Cette lecture sert aussi plus loin : puisqu'on ne distingue plus le possible de l'impossible, l'objection vaut aussi pour la shehita, qu'on ne peut pas reporter.

4
אי הכי — משחט נמי לא נשחט, שמא ימצא זבח פסול, ונמצא מחלל את השבת למפרע. אלא: הא אמר ליה ברישא ופרכיה, והדר אמר ליה הך דמה לי אם דחו.

S'il en est ainsi, qu'on n'abatte pas non plus, de crainte que le sacrifice se trouve passoul, et que l'on se trouve avoir profane le chabbat rétroactivement. Plutôt : ceci, il le lui a dit d'abord, et il le lui a réfuté ; puis il lui a dit : que m'importe s'ils repoussent.

📜 Rachi (2)
ברישא אמר ליה האי טעמא שמא ימצא זבח פסול:
D'abord : il lui a dit cette raison, de crainte que le sacrifice se trouve passoul.
ופרכיה ואמר ליה א"כ משחט נמי לא נשחוט:
Et il le lui a réfuté : il lui a dit, s'il en est ainsi, nous non plus nous n'abattrions pas.
💡 Explication

La crainte d'un zevah passoul prouverait trop. Elle interdirait aussi la shehita, que le verset be-mo'ado place même le chabbat.

L'ordre se remet donc ainsi. Rabbi Akiva a d'abord dit le risque de passoul. Rabbi Eliezer l'a réfuté par la shehita elle-même. Ensuite seulement, Rabbi Akiva a distingué l'après, où la shehita a déjà repoussé le chabbat, de l'avant.

5
השיב רבי עקיבא ואמר: הזאה תוכיח וכו׳. תניא, אמר לו רבי אליעזר: עקיבא, בשחיטה השבתני, בשחיטה תהא מיתתו. אמר לו: רבי, אל תכפירני בשעת הדין, כך מקובלני ממך: הזאה שבות היא, ואינה דוחה את השבת.

Rabbi Akiva répondit et dit : la haza'a le prouvera, etc. On enseigne.

Rabbi Eliezer lui dit : Akiva, par la shehita tu m'as raillé ; par la shehita sera ta mort. Il lui dit : Maître, ne me renie pas à l'heure du débat.

Ainsi je le tiens de toi : la haza'a est une shevout, et elle ne repousse pas le chabbat.

📜 Rachi (3)
בשחיטה השבתני דבר שחוק וגיחוך שאמרת או חילוף ומה אם הזאה שהיא שבות אינה דוחה שחיטה לא כל שכן שלא תדחה ובאת לעקור את מה שכתוב בו במועדו ויודע היית שאין זה ק"ו:
Une parole de raillerie et de rire, celle que tu as dite : ou le retournement. Si la haza'a, qui est une shevout, ne repousse pas, la shehita, à plus forte raison, ne repoussera pas. Et tu en viens à déraciner ce qui est écrit : be-mo'ado, en son temps. Et tu savais que ceci n'est pas un kal va-homer.
אל תכפירני אל תכפור במה שלימדתני הזאה אע"פ שהיא שבות אינה דוחה ולכך דנתי קל וחומר זה לפניך אע"פ שאינו כדאי אלא כדי שתשים אל לבך אחרי שבא זה לדון שחיטה מהזאה מכלל דבהזאה פשיטא ליה דלא דחיא מתוך כך תזכור מה שלימדתני דלא דחיא ותחזור בך ממה שאתה אומר ועליה אני דן:
Ne renie pas ce que tu m'as enseigné : la haza'a, bien qu'elle soit une shevout, ne repousse pas. C'est pour cela que j'ai mené ce kal va-homer devant toi, bien qu'il ne vaille pas, afin que tu y mettes ton attention. Dès lors que l'on en vient à tirer la shehita à partir de la haza'a, il en ressort que, pour la haza'a, il est acquis qu'elle ne repousse pas. Par là tu te rappelleras ce que tu m'as enseigné, qu'elle ne repousse pas, et tu reviendras sur ce que tu dis : c'est sur elle que je raisonne.
בשעת הדין בשעה זו שאנו דנין עליה:
À l'heure du débat : à cette heure où nous en discutons.
💡 Explication

La mishna citée : la haza'a, aspersion de l'eau de purification, prouve que la shevout ne repousse pas le chabbat. Akiva retourne le raisonnement. Shevout qui ne repousse pas : la shehita, qui est une melakha, encore moins.

Rabbi Eliezer y voit une raillerie. Le retournement déracinerait be-mo'ado, qui fixe la shehita à sa date, chabbat compris. Il dit que la mort d'Akiva sera par shehita. Akiva répond qu'il rapporte l'enseignement du maître : la haza'a est une shevout et ne repousse pas le chabbat. Le kal va-homer, même faible, doit faire revenir le maître sur son dire : c'est sur elle que je raisonne.

🖼️ Schéma
Le kal va-homer retourne Akiva rapporte l'enseignement. Eliezer y voit une raillerie. Haza'a Shevout Ne repousse pas le chabbat Reçu du maître Retournement Si la shevout ne repousse pas la shehita, melakha, encore moins Rabbi Eliezer Raillerie Cela déracine be-mo'ado Mort par shehita Réponse d'Akiva Le kal va-homer est faible. Il doit te rappeler ton enseignement : la haza'a ne repousse pas, et tu retireras : c'est sur elle que je raisonne.
Haza'a, shevout, ne repousse pas. Akiva en tire la shehita. Eliezer y voit une raillerie.
6
וכי מאחר דהוא אגמריה, מאי טעמא קא הדר ביה? אמר עולא: רבי אליעזר כי אגמריה, הזאה דתרומה אגמריה — דתרומה גופה לא דחיא שבת.

Et puisque c'est lui qui le lui a enseigné, pourquoi revient-il là-dessus ? Oula a dit : lorsque Rabbi Eliezer le lui a enseigné, c'est la haza'a de la terouma qu'il lui a enseignée, car la terouma elle-même ne repousse pas le chabbat.

📜 Rachi (2)
ומאחר דאגמריה ר' אליעזר גופיה דלא דחיא מאי טעמא פריך ואמר עליה אני דן:
Puisque Rabbi Eliezer lui-même lui a enseigné qu'elle ne repousse pas, pourquoi objecte-t-il, et dit-il : c'est sur elle que je raisonne ?
הזאה דתרומה הבא להזות עליו ליטהר כדי לאכול תרומה אגמריה דלא דחיא שבת דהא הפרשת תרומה גופא לא דחיא שבת:
Haza'a de la terouma : celui qui vient pour qu'on l'asperge, afin de se purifier et de manger de la terouma. Il lui a enseigné qu'elle ne repousse pas le chabbat, car le prélèvement de la terouma lui-même ne repousse pas le chabbat.
🗂️ Tossefot (2)
הזאה דתרומה אגמריה ואית לן למימר דר' אליעזר הי' סבור דבהזאה דפסח קאמר ר"ע ולכך היה משיב ועליה אני דן שתהא מותרת דהשתא סבירא לן דהזאה דפסח דחיא שבת וקאמר ליה ר"ע זה חילוף שהיה סבור שר' אליעזר היה טועה במה שלמדו דאינה דוחה:
Il lui a enseigné la haza'a de la terouma. Et il faut dire que Rabbi Eliezer pensait que Rabbi Akiva parlait de la haza'a du pesah. C'est pourquoi il répondait : c'est sur elle que je raisonne, pour qu'elle soit permise. Car, à cette étape, on tient que la haza'a du pesah repousse le chabbat. Et Rabbi Akiva lui a dit ce retournement, parce qu'il pensait que Rabbi Eliezer se trompait sur ce qu'il lui avait enseigné, à savoir qu'elle ne repousse pas.
דתרומה גופה לא דחיא שבת וא"ת נילף דתידחי שבת מכל הנהו וי"ל משום דיכול לקיים מצות אכילת תרומה אחר השבת:
Car la terouma elle-même ne repousse pas le chabbat. Et si tu dis : apprenons qu'elle repousse le chabbat de tous ceux-là. On répond : parce qu'il peut accomplir la mitsva de manger de la terouma après le chabbat.
💡 Explication

La question : si Rabbi Eliezer a enseigné à Akiva que la haza'a ne repousse pas, pourquoi raisonne-t-il ensuite comme si elle repoussait ?

Oula sépare deux haza'ot. L'enseignement visait la haza'a qui permet de manger la terouma. Le prélèvement de la terouma ne repousse pas le chabbat, l'aspersion non plus. Tossefot ajoutent le quiproquo : Eliezer croit qu'Akiva parle de la haza'a du pesah, et, dans cette lecture, celle-là repousserait le chabbat. Akiva, lui, croit que le maître contredit son propre enseignement.

Seconde glose : on n'apprend pas la terouma des korbanot qui repoussent le chabbat. Manger la terouma peut attendre la sortie du chabbat.

7
רבי עקיבא נמי כי אותביה — הזאה דתרומה אותביה, שהיא מצוה והיא משום שבות! והוא סבר: הזאה דפסח קא מותיב ליה.

Rabbi Akiva aussi, lorsqu'il lui a objecté, lui a objecté par la haza'a de la terouma : c'est une mitsva, et elle relève d'une shevout ! Et lui pensait : c'est la haza'a du pesah qu'il lui objecte.

💡 Explication

Selon Oula, l'objection d'Akiva reste sur la terouma. Manger la terouma est une mitsva, la haza'a n'est qu'une shevout, et elle ne repousse pas le chabbat. De là, la shehita, melakha de la Torah, encore moins.

Rabbi Eliezer entend autre chose : une objection par la haza'a du pesah. D'où sa réponse, qu'il raisonne aussi sur elle.

8
מתיב רבה: השיב רבי עקיבא ואמר: הזאת טמא מת תוכיח, שחל שביעי שלו להיות בשבת, ובערב הפסח שהיא מצוה, והיא משום שבות — ואינה דוחה את השבת.

Rabba objecte : Rabbi Akiva répondit et dit : l'aspersion de l'impur par un mort le prouvera, lorsque son septième jour tombe un chabbat, et que c'est la veille de Pesah, car c'est une mitsva, et elle relève d'une shevout, et elle ne repousse pas le chabbat.

📜 Rachi (1)
הזאת טמא מת כו' אלמא דבהזאת פסח השיבו וקאמר אינה דוחה שבת אלמא דאגמריה ר' אליעזר דאינה דוחה מדפשיטא ליה כולי האי:
L'aspersion de l'impur par un mort, etc. C'est donc au sujet de la haza'a du pesah qu'il lui a répondu, et il dit qu'elle ne repousse pas le chabbat. C'est donc que Rabbi Eliezer lui a enseigné qu'elle ne repousse pas, puisqu'elle lui est évidente à ce point.
💡 Explication

Rabba lit une autre baraitha. Le cas est nommé : tamei met, son septième jour tombe un chabbat, et ce chabbat est erev pesah. L'aspersion permettrait le pesah. Elle est mitsva, elle n'est que shevout, et elle ne repousse pas le chabbat.

Akiva répond donc sur la haza'a du pesah, et la chose lui est évidente. Rachi : cette évidence vient de l'enseignement de Rabbi Eliezer. La lecture d'Oula, limitée à la terouma, ne tient plus.

9
אלא, וודאי הזאה דפסח אגמריה. וכי מאחר דאגמריה, מאי טעמא קא פריך ליה רבי אליעזר? רבי אליעזר גמריה איתעקר ליה, ואתא רבי עקיבא לאדכורי גמריה. ונימא ליה בהדיה! סבר, לאו אורח ארעא.

Plutôt : c'est bien la haza'a du pesah qu'il lui a enseignée. Et puisque il la lui a enseignée, pourquoi Rabbi Eliezer la lui conteste-t-il ?

L'enseignement de Rabbi Eliezer s'est déraciné, et Rabbi Akiva est venu le lui rappeler. Qu'il le lui dise explicitement !

Il a pensé : ce n'est pas orah ar'a, la conduite convenable.

📜 Rachi (1)
אלא ודאי הזאת פסח אגמריה ומאי גזירת שבות איכא בהזאה גזירה שמא יעבירנה בידו וכשהיה דן עליה עם ר' עקיבא שכח דבר זה מלמודו והכי נמי אמרינן בע"א בפרק כל הצלמים (עבודה זרה דף מו:) ר' אליעזר גמריה איעקר ליה ואתא ר' עקיבא לאדכוריה גמריה:
Et quelle gezera de shevout y a-t-il dans la haza'a ? Un décret : de crainte qu'il la transporte dans sa main. Lorsqu'il en discutait avec Rabbi Akiva, il a oublié ce point de son enseignement. Nous disons de même dans Avoda Zara, au chapitre Kol ha-tselamim (46b) : l'enseignement de Rabbi Eliezer s'est déraciné, et Rabbi Akiva est venu le lui rappeler.
💡 Explication

La baraitha de Rabba fixe l'enseignement : haza'a du pesah. Reste la question. Pourquoi le maître conteste-t-il ce qu'il a lui-même enseigné ?

It'akar : l'enseignement s'est déraciné, il l'a oublié. Akiva le ramène par le kal va-homer, sans le lui dire en face. Le dire ouvertement manquerait à orah ar'a. Rachi nomme déjà la gezera, développée au segment suivant, et le parallèle d'Avoda Zara 46b.

10
והזאה מאי טעמא לא דחיא שבת? מכדי טלטולי בעלמא הוא, תדחי שבת משום פסח! אמר רבה: גזירה שמא יטלנה ויעבירנה ארבע אמות ברשות הרבים.

Et la haza'a, pour quelle raison ne repousse-t-elle pas le chabbat ? Puisque ce n'est qu'un simple tiltoul, qu'elle repousse le chabbat à cause du pesah !

Rabba a dit : gezera, de crainte qu'il la prenne et la déplace de quatre amot dans le reshut ha-rabim.

🗂️ Tossefot (1)
שמא יעבירנה ארבע אמות וא"ת ואמאי חיישינן להכי הלא נושא מי חטאת טמא ויחזור ויטמא את המים ויש לומר דמעביר בכלי אבנים ובכלי גללים דלא מקבלי טומאה:
De crainte qu'il la déplace de quatre amot. Et si tu dis : pourquoi craindre cela ? Celui qui porte les mei hatat est impur, et il rendrait les eaux impures à leur tour. On répond : il les déplace dans un récipient de pierre ou un récipient de bouse, qui ne reçoivent pas la touma.
💡 Explication

La haza'a elle-même est un tiltoul : on déplace l'eau du récipient vers l'homme. Pour le pesah, ce maniement devrait être permis.

Rabba place l'interdit dans une gezera. On craint qu'il prenne le récipient et fasse quatre amot dans le reshut ha-rabim, melakha de la Torah.

Tossefot : le porteur des mei hatat, eaux de la vache rousse, est impur, et il rendrait l'eau impure. Pourquoi craindre un transport qu'il ne ferait pas ? Réponse : un récipient de pierre ou de bouse ne reçoit pas la touma, l'eau reste apte, la gezera a donc un objet.

🖼️ Schéma
Tiltoul, puis gezera des quatre amot L'acte de la haza'a Verser l'eau sur l'homme Tiltoul, sans melakha Il devrait céder au pesah Gezera de Rabba Il prend le récipient Quatre amot Reshut ha-rabim : melakha Tossefot Le porteur des mei hatat est impur, et il rendrait l'eau impure. Réponse : récipient de pierre ou de bouse, qui ne reçoit pas la touma.
L'aspersion est un tiltoul. La gezera vise les quatre amot dans le domaine public.
11
ולרבי אליעזר ניעבריה! דהא אמר רבי אליעזר: מכשירי מצוה דוחין את השבת! אמרי: הני מילי היכא דגברא גופיה חזי ורמי חיובא עליה. אבל הכא, דגברא גופיה לא חזי — לא רמי חיובא עליה.

Et selon Rabbi Eliezer, qu'on la déplace ! Car Rabbi Eliezer a dit : les makhshirim de mitsva repoussent le chabbat.

On répond : ces paroles valent là où l'homme lui-même est apte, et l'obligation pèse sur lui. Mais ici, où l'homme lui-même n'est pas apte, l'obligation ne pèse pas sur lui.

📜 Rachi (2)
דוחין את השבת אפי' מלאכה גמורה במס' שבת (דף קל.):
Ils repoussent le chabbat : même une melakha complète, dans le traité Chabbat (130a).
היכא דגברא חזי כגון להביא איזמל למילה דרך רשות הרבים שכבר התינוק ראוי למול אבל היכא דגברא לא חזי כגון האי טמא לא רמיא חיובא עליה ואין אלו מכשירי מצוה:
Là où l'homme est apte : par exemple, apporter un izmel pour la mila à travers le domaine public, car le nourrisson est déjà apte à être circoncis. Mais là où l'homme n'est pas apte, comme cet impur, l'obligation ne pèse pas sur lui, et ce ne sont pas des makhshirim de mitsva.
💡 Explication

Selon Rabbi Eliezer, les makhshirim repoussent même une melakha de la Torah. Le transport des quatre amot devrait donc être permis pour la haza'a du pesah.

La réponse serre une condition. L'homme doit déjà être hazi, apte, et l'obligation pèse alors sur lui. Rachi : apporter l'izmel pour un nourrisson déjà apte à la mila. Le tamei qui attend la haza'a n'est pas apte à manger le pesah. L'obligation ne pèse pas, et porter l'eau n'entre pas dans les makhshirim.

🖼️ Schéma
Makhshirim : l'homme doit déjà être apte Selon Rabbi Eliezer. Sinon l'obligation ne pèse pas. Gavra hazi Le nourrisson est déjà apte à la mila Apporter l'izmel par le reshut ha-rabim Melakha complète Chabbat 130a. L'obligation pèse. Les makhshirim repoussent Gavra lo hazi Tamei met, pas encore apte à manger le pesah Porter l'eau quatre amot L'obligation ne pèse pas Ce ne sont pas des makhshirim de mitsva
Izmel pour un nourrisson déjà apte. Eau d'aspersion pour un impur encore inapte.
12
אמר רבה: לדברי רבי אליעזר, קטן בריא — מחמין לו חמין להברותו ולמולו בשבת, דהא חזי ליה. קטן חולה — אין מחמין לו חמין להברותו ולמולו, דהא לא חזי ליה.

Rabba a dit : selon les paroles de Rabbi Eliezer, un petit bien portant, on lui chauffe de l'eau pour le fortifier et le circoncire le chabbat, car il est apte. Un petit malade, on ne lui chauffe pas d'eau pour le fortifier et le circoncire, car il n'est pas apte.

📜 Rachi (5)
אמר רבה לדברי רבי אליעזר דאמר כל היכא דגברא לא חזי ליכא חיובא עליה:
Rabba a dit, selon les paroles de Rabbi Eliezer, qui a dit : partout où l'homme n'est pas apte, il n'y a pas d'obligation sur lui.
קטן בריא דבלאו רחיצה ראוי למול:
Un petit bien portant : même sans lavage, il est apte à être circoncis.
מחמין לו חמין בשבת קודם מילה:
On lui chauffe de l'eau : le chabbat, avant la mila.
להברותו להיות בריא וחזק:
Pour le fortifier : afin qu'il soit sain et fort.
קטן חולה שכל זמן שלא ירחצוהו בחמין לא יראה למול ואם ירחצוהו יראה למילה:
Un petit malade : tant qu'on ne le lave pas à l'eau chaude, il ne paraît pas apte à être circoncis ; si on le lave, il paraît apte à la mila.
🗂️ Tossefot (1)
קטן בריא מחמין כו' דהא חזי דווקא לר' אליעזר יש חילוק בין חזי ללא חזי אבל ר' עקיבא אינו מחלק כלל דהא קאמר במתני' הזאה תוכיח:
Un petit bien portant, on chauffe, etc., car il est apte. Il n'y a de distinction entre apte et inapte que selon Rabbi Eliezer. Rabbi Akiva ne fait aucune distinction, puisqu'il dit dans la mishna : la haza'a le prouvera.
💡 Explication

Rabba applique la condition au cas de la mila. Le petit bari, bien portant, est déjà apte sans lavage : chauffer l'eau le chabbat pour le fortifier entre dans les makhshirim. Le petit holeh, malade, ne devient apte qu'une fois lavé : tant qu'il ne l'est pas, on ne chauffe pas.

Tossefot limitent la distinction à Rabbi Eliezer. Rabbi Akiva, dans la mishna, prouve par la haza'a qu'une shevout de mitsva ne repousse pas, sans partager l'apte et l'inapte.

13
אמר רבא: ואי בריא הוא למה ליה חמין להברותו? אלא אמר רבא: הכל חולין הן אצל מילה, אחד קטן בריא ואחד קטן חולה אין מחמין לו חמין להברותו ולמולו בשבת, דהא לא חזי.

Rava a dit : et s'il est bien portant, pourquoi lui faut-il de l'eau chaude pour le fortifier ? Plutôt, Rava a dit : tous sont malades au regard de la mila.

Le petit bien portant comme le petit malade, on ne lui chauffe pas d'eau pour le fortifier et le circoncire le chabbat, car il n'est pas apte.

📜 Rachi (1)
הכל אצל מילה חולין הן כל זמן שלא נרחצו בחמין ואפילו לרבי אליעזר צריך להיות לו מחמי חמין מערב שבת:
Tous sont malades au regard de la mila : tant qu'ils n'ont pas été lavés à l'eau chaude. Même selon Rabbi Eliezer, il faut que l'eau chaude ait été chauffée dès la veille du chabbat.
🗂️ Tossefot (1)
לא שנא חלש ולא שנא בריא אין מחמין לו חמין כו' וכי אמר רבי אליעזר דמכשירי מילה דחו שבת ה"מ היכא שהוחמו חמין מערב שבת דחזי:
Pas de différence entre le faible et le bien portant, on ne lui chauffe pas d'eau, etc. Et lorsque Rabbi Eliezer a dit que les makhshirim de la mila repoussent le chabbat, ces paroles valent là où l'eau a été chauffée dès la veille du chabbat, car alors il est apte.
💡 Explication

Rava reprend le petit bien portant. S'il est déjà fort, l'eau chaude ne sert pas à le fortifier. Il en conclut que, pour la mila, tout nourrisson est holeh tant qu'il n'a pas été lavé. On ne chauffe donc le chabbat ni pour l'un ni pour l'autre.

Rachi : l'eau doit venir de la veille. Tossefot précisent le cas où Rabbi Eliezer permet les makhshirim de la mila : l'eau est déjà chaude avant le chabbat, et l'enfant est alors hazi.

🖼️ Schéma
Eau chaude avant la mila, le chabbat Rabba distingue. Rava met tous les nourrissons du côté inapte. Rabba, petit bien portant Apte même sans lavage On chauffe pour le fortifier puis on circoncit Selon les paroles d'Eliezer Akiva, lui, ne distingue pas Rabba, petit malade Sans eau chaude il n'est pas apte à la mila On ne chauffe pas L'obligation ne pèse pas tant qu'il reste inapte Rava S'il est bien portant, pourquoi le fortifier ? Tous sont malades au regard de la mila. On ne chauffe ni pour l'un ni pour l'autre. L'eau vient de la veille du chabbat. Eliezer ne permet les makhshirim de la mila que là où l'enfant est déjà apte.
Rabba chauffe pour le bien portant. Rava : tous sont malades au regard de la mila.
14
איתיביה אביי: ערל שלא מל ענוש כרת, דברי רבי אליעזר. והא הכא דגברא גופיה לא חזי, וקתני ענוש כרת, אלמא: רמי חיובא עליה!

Abaye lui objecte : un arel qui ne s'est pas circoncis est passible de karet, paroles de Rabbi Eliezer. Or ici, l'homme lui-même n'est pas apte, et l'on enseigne qu'il est passible de karet.

Il en ressort : l'obligation pèse sur lui !

📜 Rachi (2)
איתיביה אביי ערל גדול שלא מל ערב הפסח:
Abaye lui objecte, un arel : un adulte qui ne s'est pas circoncis la veille de Pesah.
ענוש כרת בשביל שהיה ראוי לתקן מו' שעות מזמן דשחיטת הפסח ולמעלה ולא ניתקן ולא דמי לטמא ושהיה בדרך רחוקה שאין יכולין לתקן באותן שש שעות ומיקמי הכי לא רמיא חיובא עלייהו אלמא אע"ג דלא חזיא רמיא מצוה עליה היכא דאפשר למיתקן והזאה נמי תדחה שבת דהא מצוה רמיא עליה ליתקן לכך ואי קשיא הא דקיימא לן (לקמן פסחים דף צב.) הפורש מן הערלה כפורש מן הקבר וצריך הזאה שלישי ושביעי ואפילו מל אינו ראוי הא אוקמינן לההיא בערל נכרי שנתגייר בפרק האשה:
Passible de karet : parce qu'il était en mesure de se mettre en règle dès la sixième heure, dès l'heure de la shehita du pesah et au-delà, et il ne s'est pas mis en règle. Il ne ressemble pas à l'impur, ni à celui qui était sur un chemin lointain, lesquels ne peuvent pas se mettre en règle pendant ces six heures ; et avant cela, l'obligation ne pèse pas sur eux. Il en ressort : même là où il n'est pas apte, la mitsva pèse sur lui dès lors qu'il peut se mettre en règle. Et la haza'a aussi devrait repousser le chabbat, puisque la mitsva pèse sur lui de se mettre en règle pour cela. Et si l'on objecte ce que nous tenons (plus loin, Pesachim 92a) : celui qui se sépare de l'orla est comme celui qui se sépare d'une tombe, il lui faut une haza'a le troisième jour et le septième, et même une fois circoncis il n'est pas apte. Nous établissons ce cas sur un arel non juif qui s'est converti, dans le chapitre Ha-isha.
💡 Explication

Abaye objecte à la condition de Rabba. Selon Rabbi Eliezer, un arel qui ne s'est pas circoncis est passible de karet pour le pesah. Tant qu'il est incirconcis, il n'est pas apte à en manger. Le karet montre pourtant que l'obligation pèse sur lui.

Rachi place la différence dans les six heures, à partir de la sixième heure, heure de la shehita. L'arel adulte peut encore se circoncire dans ce temps. Le tamei et l'homme du chemin lointain ne le peuvent pas, et avant ce temps l'obligation ne pèse pas. Là où l'on peut se mettre en règle, la mitsva pèse même si l'on n'est pas encore apte. De là, la haza'a du chabbat devrait elle aussi repousser le chabbat.

Rachi écarte une difficulté de plus loin, Pesachim 92a. Celui qui se sépare de l'orla est comme celui qui se sépare d'une tombe : haza'a du troisième et du septième jour, et la circoncision ne suffit pas. Ce cas vise un non-juif qui se convertit, au chapitre Ha-isha, et non l'arel israël qui se circoncit la veille de Pesah.

15
אמר רבה: קסבר רבי אליעזר, אין שוחטין וזורקין על טמא שרץ.

Rabba a dit : Rabbi Eliezer tient qu'on n'égorge pas et qu'on ne fait pas la zerika pour un impur par un sherets.

📜 Rachi (1)
הכי גרסינן אמר רבה קסבר ר' אליעזר אין שוחטין וזורקין על טמא שרץ:
Voici la leçon : Rabba a dit : Rabbi Eliezer tient qu'on n'égorge pas et qu'on ne fait pas la zerika pour un impur par un sherets.
🗂️ Tossefot (1)
שוחטין וזורקין כו' וא"ת אי שוחטי' וזורקי' על טמא שרץ אמאי כתב רחמנא טמא אינו עושה פסח פשיטא דהא כתיב איש לפי אכלו לעכב דבעינן גברא דחזי לאכילה כדמוכח בכיצד צולין (לקמן פסחים עח:) ונראה לרשב"א דאיצטריך לאשמעינן דחייב בפסח שני דלא נימא דמיפטר משום דשני תשלומין דראשון הוא דחזי בראשון חזי בשני דלא חזי בראשון לא חזי בשני כדאמר לקמן גבי חגיגה בכיצד צולין (לקמן פסחים פ.) אי נמי איצטריך למימרא דציבור עבדי בטומאה כדדרשינן איש כי יהיה טמא איש נדחה ואין ציבור נדחין:
On égorge et on fait la zerika, etc. Et si l'on dit : si l'on égorge et si l'on fait la zerika pour un impur par un sherets, pourquoi le verset écrit-il qu'un impur ne fait pas le pesah ? La chose est acquise, car il est écrit ish lefi okhlo, un homme selon ce qu'il mange, à titre indispensable : il nous faut un homme apte à manger, comme il est prouvé dans Keitsad tsolin (plus loin, Pesachim 78b). Il paraît au Rashba (Rabbeinou Shimshon) que le verset est nécessaire pour apprendre qu'il est tenu au second pesah. Sans ce verset, on dirait qu'il en est quitte, parce que le second est un tashlumin, un complément, du premier : qui était apte pour le premier est apte pour le second, qui n'était pas apte pour le premier n'est pas apte pour le second, comme il est dit plus loin au sujet de la hagiga, dans Keitsad tsolin (Pesachim 80a). Autre réponse : le verset est nécessaire pour dire que le public offre en état de touma, selon la derasha de ish ki yihyeh tamei : un homme est renvoyé, et le public n'est pas renvoyé.
💡 Explication

Rabba répond par une thèse de Rabbi Eliezer : on n'égorge pas le pesah, et on n'en fait pas la zerika, pour un tamei sherets. Rachi ne fait ici que fixer la leçon : c'est Rabba qui le dit. La suite du raisonnement est au daf suivant.

Tossefot prennent l'autre branche, celle où l'on égorgerait pour lui. Pourquoi le verset doit-il écrire qu'un impur ne fait pas le pesah ? Ish lefi okhlo exige déjà un homme apte à manger (Pesachim 78b). Le Rashba : le verset enseigne le pesah sheni. Sinon le second, tashlumin du premier, né tiendrait que pour qui était apte au premier, comme pour la hagiga (Pesachim 80a). Autre voie : ish ki yihyeh tamei, un particulier est renvoyé, le public offre en touma.

✉ Signaler une erreur de traduction

Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).