Sougya : L'amoud poursuit la thรจse de Rabbi Eliezer, ouverte en fin de 69a. Ce qui renvoie le particulier, le public l'accomplit en touma ; ce qui vaut pour le public vaut pour le particulier.
L'orla pรจse, avec karet ; la touma, non : on ne fait pas la haza'a, et le particulier est patour. Rav Houna objecte par le pesah sheni.
Une baraitha sur le karet du tamei sherets fait rรฉviser Rava : on รฉgorge pour lui, la haza'a ne sert qu'ร manger, et manger n'est pas indispensable. Rav Ada craint un pesah รฉgorgรฉ pas pour ses mangeurs.
Puis Rav tranche comme Rabbi Akiva, pour le pesah et pour la mila, et les deux dรฉcisions sont nรฉcessaires. La mishna suivante dit quand la hagiga du quatorze vient avec le pesah.
Et tout cas oรน le particulier est renvoyรฉ, le public l'accomplit en รฉtat de touma. Et toute chose qui vaut pour le public vaut pour le particulier.
Et toute chose qui ne vaut pas pour le public ne vaut pas pour le particulier.
Suite de Rabba, en fin de 69a. Rabbi Eliezer pose deux rรจgles liรฉes. Ce qui renvoie le particulier au pesah sheni, le public l'accomplit en touma. Ce qui vaut pour le public vaut pour le particulier, et ce qui ne vaut pas pour l'un ne vaut pas pour l'autre. La mitsva du pesah a รฉtรฉ dite pour Israรซl ensemble.
Rachi en tire la diffรฉrence entre haza'a et mila. On n'รฉgorge pas pour le tamei sherets ni pour le tamei met au septiรจme jour : ils sont renvoyรฉs. Donc le public, s'il le veut, accomplit en touma, et l'on ne lui dit pas de faire la haza'a. L'orla, elle, n'est pas renvoyรฉe : on dit de se circoncire, au public comme au particulier.
L'orla : si tout le public est arel, on leur dit : levez-vous, circoncisez-vous, et faites le pesah. Au particulier aussi, on lui dit : lรจve-toi, circoncis-toi, et fais le pesah.
Et s'il ne se circoncit pas et ne le fait pas, il est passible de karet.
Application ร l'orla. Le public arel n'accomplit pas le pesah tel quel : on lui ordonne la mila. La mรชme parole vaut pour le particulier. S'il reste arel et ne fait pas le pesah, il est passible de karet (retranchement).
Rachi dรฉveloppe le revers, du cรดtรฉ de la haza'a. Tant qu'on tient qu'on n'รฉgorge pas pour le tamei, l'aspersion ne pรจse pas, et le chabbat reste. Si l'on tenait qu'on รฉgorge pour lui, on ne pourrait plus autoriser le public ร rester en touma : on lui dirait de faire la haza'a, et elle pรจserait aussi sur le particulier, jusqu'ร repousser le chabbat, pour qu'il puisse manger.
La touma : si tout le public est tamei, on ne fait pas la haza'a sur eux ; ils accomplissent en รฉtat de touma. Le particulier aussi est patour.
Application ร la touma. Le public tamei n'est pas envoyรฉ ร la haza'a : il fait le pesah en touma. Donc le particulier aussi est patour de cette aspersion. Une haza'a qui ne pรจse pas ne repousse pas le chabbat.
L'arel doit se circoncire. Le tamei, dans cette thรจse, n'a pas ร se purifier pour que le pesah ait lieu.
Rav Houna fils de Rav Yehochoua dit ร Rava : et voici le pesah sheni, qui ne vaut pas pour le public et qui vaut pour le particulier ! Il lui dit : lร , c'est autre, car le public l'a dรฉjร fait au premier.
Rav Houna oppose le pesah sheni ร la rรจgle. Le public ne le fait pas, le particulier le fait. La rรจgle voudrait que ce qui ne vaut pas pour le public ne vaille pas pour lui.
Rava : le second n'existe ici que parce que le public a dรฉjร offert le premier, en touma. Rachi donne le cas oรน cette rรฉponse tombe : majoritรฉ de zavim. La touma de ziva n'est pas permise au public. Ce public-lร ne fait ni le premier ni le second, et la minoritรฉ tamei met est prise avec lui.
On objecte. On pourrait penser : il n'est passible de karet que celui qui รฉtait tahor et qui n'รฉtait pas sur un chemin lointain.
L'arel, le tamei sherets, et tous les autres temeim, d'oรน ? Le verset dit : ve-ha-ish.
La baraitha รฉlargit le karet. Le verset parle d'abord de celui qui รฉtait tahor et qui n'รฉtait pas en derekh rehouka (chemin lointain). Ve-ha-ish inclut l'arel, le tamei sherets, et les autres temeim qui peuvent encore se mettre en รฉtat.
Rachi prรฉcise le cercle : touma du soir, et tamei met dont le septiรจme jour est la veille de Pesah. Eux peuvent se rรฉparer ร temps. L'objection contre Rabbi Eliezer sort de lร , au segment suivant.
Du fait qu'il cherche un verset pour le tamei sherets, il tient : on n'รฉgorge pas et on ne fait pas la zerika pour un tamei sherets. Car si l'on รฉgorgeait et si l'on faisait la zerika pour un tamei sherets, pourquoi chercher un verset pour lui ?
Il est semblable au tahor. Il en ressort : bien qu'il ne soit pas apte, l'obligation pรจse sur lui ; et bien que la chose ne vaille pas pour le public, elle vaut pour le particulier.
Si l'on รฉgorgeait dรฉjร pour le tamei sherets, il serait comme un tahor : le karet le prendrait sans verset de plus. Le tanna cherche ve-ha-ish. Donc il tient ein shohtin ve-zorkin : on n'รฉgorge pas pour lui tant qu'il est tamei. Pourtant le karet le tient, bien qu'il ne soit pas apte. Et cela vaut pour le particulier, alors que le public, lui, accomplit en touma.
Les deux rรจgles de Rabbi Eliezer sont touchรฉes. Rachi : dรจs l'heure de la shehita, il peut encore tremper. Tossefot : une fois tevoul yom, on รฉgorge pour lui, le coucher du soleil venant seul.
Plutรดt, Rava a dit : Rabbi Eliezer tient qu'on รฉgorge et qu'on fait la zerika pour un tamei sherets, et il en est de mรชme pour un tamei met ร son septiรจme jour. La haza'a, pour quoi ?
Pour manger. Manger les pesahim n'est pas indispensable.
Rava lรขche la lecture prรฉcรฉdente. Rabbi Eliezer tient qu'on รฉgorge et qu'on fait la zerika pour le tamei sherets, et de mรชme pour le tamei met au septiรจme jour. La haza'a ne conditionne plus l'offrande. Elle ne sert qu'ร manger. Or l'akhilat pesahim n'est pas me'akevet : si le sang a รฉtรฉ projetรฉ pour lui et que la viande manque ensuite, il est quitte.
Rachi lit ish lefi okhlo comme une mitsva, non comme une condition. Tossefot resserrent : ici seulement, lร oรน il pouvait se mettre en รฉtat et ne l'a pas fait, manger n'empรชche pas. Un tamei complet reste comme le malade et le vieillard : pour lui, manger est indispensable. Et le verset, en Pesachim 61a et 78b, exige un homme apte ร manger.
Rav Ada bar Abba dit ร Rava : s'il en est ainsi, il se trouve que le pesah est รฉgorgรฉ pas pour ses mangeurs. Il lui dit : pas pour ses mangeurs, cela vise le malade et le vieillard, qui ne sont pas aptes.
Mais celui-ci est apte ; c'est une mise en รฉtat qu'il ne fait pas.
Rav Ada : si l'on รฉgorge pour un homme qui ne pourra pas manger, le pesah est shelo le-okhlav, passoul (Pesachim 61a). Rava rรฉserve ce passoul au holeh et au zaken, inaptes ร manger. Le tamei sherets, lui, est hazi : il lui manque le tikkun, la tevila ou la haza'a, non l'aptitude.
Rachi vise le septiรจme jour qui tombe un chabbat : on รฉgorge pour lui, sans haza'a ce jour-lร . Tossefot, par le Riva : l'arel aussi paraรฎt apte et non mis en รฉtat, et pourtant Rabbi Eliezer le tient dans le karet, donc au rang de ceux pour qui l'on n'รฉgorge pas. Rรฉponse : la mila est un acte qui manque dans son corps. On le compte shelo le-okhlav.
Une rรจgle, a dit Rabbi Akiva, etc. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : la halakha est selon Rabbi Akiva.
Et nous avons aussi appris, au sujet de la mila, dans le mรชme sens. Une rรจgle, a dit Rabbi Akiva : tout travail qu'il est possible de faire dรจs la veille du chabbat ne repousse pas le chabbat ; la mila, qu'il est impossible de faire dรจs la veille du chabbat, repousse le chabbat.
Et Rav Yehouda a dit au nom de Rav : la halakha est selon Rabbi Akiva.
La mishna citait le klal de Rabbi Akiva sur le pesah : le travail faisable la veille ne repousse pas le chabbat. Rav Yehouda au nom de Rav : la halakha est selon lui. La mรชme rรจgle est enseignรฉe pour la mila, et Rav tranche de mรชme.
Rachi donne deux exemples du travail reportable : apporter l'animal de hors du tehoum, couper la yabelet. Tossefot renvoient ร Sanhรฉdrin 51b pour l'objection qu'on ne pose pas ici : une halakha pour le Machiah, alors que ces travaux du pesah supposent le Temple.
Et c'est nรฉcessaire. Si l'on ne nous l'avait fait entendre qu'au sujet du pesah : lร , les makhshirim de la mitsva ne repoussent pas le chabbat, parce qu'on n'a pas conclu sur lui treize alliances.
Mais la mila, sur laquelle on a conclu treize alliances, je dirais qu'ils repoussent.
Les deux pesakim sont tserikhim. Entendre seulement le pesah laisserait ouverte la mila : treize britot y sont dites, dans Bereshit 17. On aurait dit que ses makhshirim repoussent le chabbat.
Tossefot placent la nรฉcessitรฉ sur Rav Yehouda, non sur les rรจgles de Rabbi Akiva elles-mรชmes. Celles-lร s'รฉclairent aussi par les havitin du cohen gadol (Menahot 96a). Le Rashba (Rabbeinou Shimshon) : sans le pesak sur la mila, on lirait Rav comme Rabbi Eliezer partout, et le pesak du pesah ne serait qu'une humra rabbinique. Les treize britot empรชcheraient de l'รฉtendre ร la mila.
Et si l'on ne nous l'avait fait entendre qu'au sujet de la mila : c'est lร que les makhshirim de mitsva ne repoussent pas le chabbat, car il n'y a pas de karet. Mais le pesah, oรน il y a un karet, je dirais qu'ils repoussent.
C'est nรฉcessaire.
L'autre branche. Entendre seulement la mila laisserait ouvert le pesah. Reporter la mila au lendemain n'entraรฎne pas le karet ce jour-lร . Manquer le pesah en son temps, si. On aurait dit que ses makhshirim repoussent le chabbat.
Rachi fixe le karet absent : il s'agit de ce jour, si l'on circoncit le lendemain. Les deux enseignements de Rav restent donc nรฉcessaires.
Mishna. Quand apporte-t-on une hagiga avec lui ?
Lorsqu'il vient en semaine, en รฉtat de tahara, et en quantitรฉ faible. Et lorsqu'il vient le chabbat, ou en quantitรฉ abondante, ou en รฉtat de touma, on n'apporte pas de hagiga avec lui.
Mishna nouvelle. La hagiga du quatorze vient avec le pesah ร trois conditions ensemble : hol (semaine), tahara, mouat (la part de chacun est petite). Chabbat, meroube (la part est large), ou touma : on ne l'apporte pas. Rachi : le pesah repousse le chabbat et la touma, la hagiga ne repousse pas le chabbat. En mouat, la havura mange la hagiga d'abord, pour que le pesah achรจve la satiรฉtรฉ et compte comme repas. En meroube, la havura est petite, le pesah suffit.
Le Roch enchaรฎne les pesakim du sefer, jusqu'aux deux plats. Rav Yossef : une viande en souvenir du pesah, une en souvenir de la hagiga. Quand Pesah tombe un dimanche, le quatorze est un chabbat. Une lecture : un seul plat. La hagiga n'a pas be-moado, elle ne repousse pas le chabbat ; apportรฉe la veille, elle est passoul par la lina ร la nuit du seder. Un second plat habituerait, au Temple rebรขti, ร offrir la hagiga le chabbat. Mรชme crainte que pour le 'hadach (Roch Hachana 30).
Yaakov d'Orlรฉans et Yehouda de Corbeil gardent deux plats : on aligne les nuits sur les jours, deux nuits et un jour valent deux jours et une nuit, la viande de vendredi tient jusqu'ร la nuit. Le Roch รฉcarte cette extension. Pour le pesah, ba-laila ha-zeh sort le jour de l'offrande du compte. La hagiga se mange dรจs le jour de l'offrande : ce jour compte, on n'allonge pas. Ravina : les deux plats peuvent รชtre un os et son bouillon.
La hagiga venait du menu bรฉtail, du gros bรฉtail, des agneaux et des chรจvres, des mรขles et des femelles, et elle se mange pendant deux jours et une nuit.
La hagiga a le rรฉgime d'un shelamim : tson ou bakar, mรขle ou femelle, agneaux ou chรจvres, consommรฉe deux jours et une nuit. Rachi marque la limite du pesah : jeune mรขle du menu bรฉtail seulement, ni gros bรฉtail ni femelle.
Guemara. Qu'est-ce que le tanna a enseignรฉ, pour qu'il enseigne la hagiga ?
Il a enseignรฉ qu'on le charge et qu'on l'apporte, et que cela ne repousse pas le chabbat ; et il enseigne aussi la hagiga, qui ne repousse pas le chabbat. Et voici ce qu'il dit : quand apporte-t-on une hagiga avec lui ?
Lorsqu'il vient en semaine, en รฉtat de tahara, et en quantitรฉ faible.
La question vise le lien avec la mishna prรฉcรฉdente. Elle a enseignรฉ la harkava (le charger, le porter) et la hava'a (l'apporter de hors du tehoum) : ni l'une ni l'autre ne repousse le chabbat. Dans la mรชme veine, la hagiga ne le repousse pas, mรชme sa shehita, dit Rachi.
La phrase de la mishna se relit ainsi : on apporte la hagiga avec le pesah lorsqu'il vient en semaine, en tahara, et en quantitรฉ faible.
Rav Ashi a dit : apprends-en ceci, la hagiga du quatorze.
Rav Ashi ouvre une dรฉduction : chema mina, apprends-en ceci, au sujet de la hagigat arbaa asar, la hagiga du quatorze nissan, celle qui vient avec le pesah. La phrase s'arrรชte ici, ร la fin de l'amoud.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).