Sougya : Rav Ashi achรจve la lecture de la mishna : la hagiga du quatorze, qui vient avec le pesah, n'est pas une obligation de la Tora. Une hova ร temps fixe viendrait le chabbat, quand la part est abondante, et en touma.
Elle vient, quand la part est faible, pour que le pesah se mange sur la satiรฉtรฉ. Ben Teima la traite comme le pesah : un jour et une nuit, puis le verset "le sacrifice de la fรชte du pesah" รฉtend la comparaison au rรดti, ร l'espรจce, au sexe, ร l'รขge et aux inscrits.
Reste la shevirat etzem. La mishna du couteau et du kofitz semble trancher pour ben Teima.
La Guemara รฉcarte le chabbat, parce que la fin de la mishna en parle dรฉjร ร part.
Elle n'est pas une obligation. Car si l'on venait ร penser qu'elle est une obligation, elle viendrait le chabbat, elle viendrait dans le cas merubbe (quand la part de chacun est abondante), et elle viendrait en touma (impuretรฉ rituelle).
Fin de la phrase de Rav Ashi, en 69b. La mishna fait venir la hagiga du quatorze en semaine, en puretรฉ, et seulement quand la part de pesah est faible. Une hova de la Tora, ร temps fixe, suivrait le pesah jusque dans les trois cas que la mishna ferme.
Tossefot posent le statut. Riva lit la satiรฉtรฉ comme un dรฉcret rabbinique, pour รฉloigner la brisure de l'os. Le Ri oppose un enseignement de 71a, oรน la hagiga du quatorze a un verset et deux jours d'akhil a. La rรฉponse distingue les tannaim : celui de Hagiga 8a la tient rabbinique ; ben Teima et le tanna d'en bas la tiennent de la Tora, et pour eux elle repousse le chabbat.
Quand la part est faible, toutefois, pour quelle raison vient-elle ? Comme on l'enseigne : la hagiga qui vient avec le pesah se mange en premier, afin que le pesah soit mangรฉ sur la satiรฉtรฉ.
Le cas mu'at reste. La part de pesah, ร elle seule, laisse chacun affamรฉ. La hagiga passe devant. Le pesah arrive quand on est dรฉjร rassasiรฉ. Rachi : le plaisir fait que cette akhil a comptรฉ pour la mitsva.
Et elle se mange pendant deux jours, etc. Notre mishna n'est pas selon ben Teima.
Car on enseigne : ben Teima dit : la hagiga qui vient avec le pesah est comme le pesah, et elle ne se mange que pendant un jour et une nuit. Et la hagiga du quinze se mange pendant deux jours et une nuit.
La mishna donne ร la hagiga qui accompagne le pesah le temps d'un shelamim : deux jours et une nuit. Ben Teima coupe. Celle du quatorze suit le temps du pesah. Celle du quinze garde les deux jours.
Rachi rattache ces deux jours au verset de la fรชte, dans Hagiga 9a.
Et par la hagiga du quatorze on s'acquitte au titre de la simha (joie), et l'on ne s'en acquitte pas au titre de la hagiga.
Toujours ben Teima. La bรชte sรฉparรฉe pour le quatorze, gardรฉe et abattue le quinze, compte pour les shalmei simha. Elle ne compte pas pour la hovat hagiga du quinze.
Rachi donne la rรจgle du Sifri : une obligation vient des houlin. Les shalmei simha sont l'exception, inclus par "et tu te rรฉjouiras", y compris des nedarim et des nedavot, ร l'exclusion des oiseaux et des menahot. La hagiga du quinze, elle, exige une bรชte neuve, consacrรฉe pour elle.
Quelle est la raison de ben Teima ? Comme Rav l'enseigna ร Hiyya, son fils : "Et il ne restera pas jusqu'au matin le sacrifice de la fรชte du pesah." "Le sacrifice de la fรชte", c'est la hagiga.
"Le pesah", selon son sens propre. Et le Rahmana (la Tora) a dit : "il ne restera pas".
Le verset nomme deux choses sous un seul interdit de lina (laisser jusqu'au matin). Zevah hag dรฉsigne la hagiga. Ha-pesah garde son sens, le korban pesah. Les deux s'arrรชtent au matin. D'oรน le temps court de ben Teima.
On leur a posรฉ la question : selon ben Teima, se mange-t-elle rรดtie, ou ne se mange-t-elle pas rรดtie ? Quand le Rahmana l'a comparรฉe au pesah, c'รฉtait pour la lina ; pour le rรดti, non.
Ou bien peut-รชtre n'y a-t-il aucune diffรฉrence ?
Le hekesh est acquis pour la lina. La question porte sur le tzali. Soit le verset ne rapproche que le temps. Soit le rapprochement emporte aussi la faรงon de manger.
Viens entendre : cette nuit-ci, tout est rรดti. Et Rav Hisda a dit : ce sont lร les paroles de ben Teima.
On en apprend.
La question de la nuit du seder, dans la mishna de la fin du traitรฉ : cette nuit, tout est rรดti. Rav Hisda l'attribue ร ben Teima. La hagiga du quatorze entre dans ce "tout". Elle se mange rรดtie, comme le pesah.
On leur a posรฉ la question, selon ben Teima : vient-elle du gros bรฉtail, ou ne vient-elle pas du gros bรฉtail ? Vient-elle des femelles, ou ne vient-elle pas des femelles ?
Vient-elle ร l'รขge de deux ans, ou ne vient-elle pas ร l'รขge de deux ans ?
Trois รฉcarts possibles avec le pesah, qui est un mรขle du menu bรฉtail, dans sa premiรจre annรฉe. La hagiga ordinaire accepte le gros bรฉtail, la femelle, et la bรชte de deux ans. Ben Teima les ferme-t-il aussi ?
Quand le Rahmana l'a comparรฉe au pesah, c'รฉtait pour ce qui relรจve de l'akhil a (consommation) ; pour tout le reste, non. Ou bien peut-รชtre n'y a-t-il aucune diffรฉrence.
Mรชme charniรจre qu'au rรดti. Rachi : l'interdit de laisser jusqu'au matin parle dรฉjร de la durรฉe de l'akhil a. L'espรจce, le sexe et l'รขge sont hors de ce cercle, sauf si le hekesh est total.
Viens entendre : la hagiga qui vient avec le pesah est comme le pesah. Elle vient du menu bรฉtail, et elle ne vient pas du gros bรฉtail.
Elle vient des mรขles, et elle ne vient pas des femelles. Elle vient dans sa premiรจre annรฉe, et elle ne vient pas ร l'รขge de deux ans.
Et elle ne se mange que pendant un jour et une nuit. Et elle ne se mange que rรดtie.
Et elle ne se mange que pour ses menouyim (personnes inscrites sur elle).
La baraitha rรฉpond d'un bloc. Chaque clause du pesah passe ร la hagiga du quatorze : espรจce, sexe, รขge, temps, tzali, et menouyim. Le cercle dรฉpasse l'akhil a.
De qui as-tu entendu qu'il tient ce raisonnement ? De ben Teima.
On en apprend que nous exigeons toutes les choses. On en apprend.
Le signe qui dรฉsigne l'auteur, pour Rachi, est le temps : un jour et une nuit. Seul ben Teima le tient. La baraitha รฉtant de lui, le "comme le pesah" emporte le reste. Le second "on en apprend" clรดt la sรฉrie ouverte plus haut.
On leur a posรฉ la question, selon ben Teima : y a-t-il en elle un interdit de brisure d'os, ou n'y a-t-il pas en elle d'interdit de brisure de l'os ? Bien que le Rahmana l'ait comparรฉe au pesah, le verset a dit : "en lui".
"En lui", et non dans la hagiga. Ou bien peut-รชtre ce "en lui" vient pour le cas kacher (valide), et non pour le cas passoul (invalide).
Le hekesh est large. L'interdit "vous ne briserez pas d'os en lui" peut encore exclure la hagiga. L'autre lecture rรฉserve bo au pesah kacher face au pesah passoul. Dans cette lecture, la hagiga du quatorze reste sous l'interdit, par le hekesh.
Viens entendre : un couteau trouvรฉ le quatorze, on abat avec lui aussitรดt. Le treize, on l'immerge de nouveau.
Un kofitz (couperet), que ce soit ce jour-ci ou ce jour-lร , on l'immerge de nouveau.
La mishna distingue l'outil de la shehita et l'outil des os. Le couteau du quatorze est prรฉsumรฉ immergรฉ dรจs le treize : sans erev shemesh, il resterait inutilisable pour le pesah. Le kofitz, mรชme trouvรฉ le quatorze, doit รชtre immergรฉ. Rachi : le pesah n'a pas de brisure d'os, donc le propriรฉtaire pouvait attendre la fin du jour, pour le lendemain.
Selon qui ? Si tu dis : les Sages.
En quoi le couteau est-il diffรฉrent, pour qu'on l'immerge, parce qu'il convient au pesah ? Le kofitz aussi : il convient ร la hagiga.
Selon les Sages, l'os de la hagiga du quatorze se brise. Le kofitz sert donc dรจs le quatorze, comme le couteau sert au pesah. Le propriรฉtaire l'aurait immergรฉ la veille, pour l'erev shemesh. La mishna, qui fait immerger le kofitz trouvรฉ le quatorze, ne se lit pas selon eux.
Rachi ajoute la hazaka : en foule de fรชte, un couteau tombe et se trouve le jour mรชme. On ne le traite pas comme perdu depuis longtemps.
Mais alors, c'est l'avis de ben Teima. Et l'on en apprend qu'il y a en elle un interdit de brisure de l'os.
La mishna du kofitz se range sous ben Teima. Le quatorze, ni le pesah ni la hagiga ne donnent d'os ร briser. Le couperet peut attendre. Celui qui le trouve l'immerge par doute. La lecture "bo exclut la hagiga" recule.
Non. En rรฉalitรฉ, ce sont les Sages, et par exemple dans le cas oรน il vient un chabbat.
Rejet. La mishna peut rester celle des Sages. Le cas visรฉ est un quatorze qui tombe chabbat : pas de hagiga avec le pesah. Le kofitz ne sert pas ce jour-lร . Nul ne l'a immergรฉ d'avance. On n'en tire pas l'interdit de l'os selon ben Teima.
Mais du fait que la fin enseigne : si le quatorze tombe un chabbat, on abat avec lui aussitรดt ; et le quinze, on abat avec lui aussitรดt. Un kofitz trouvรฉ attachรฉ ร un couteau est comme le couteau.
On en dรฉduit que le dรฉbut ne traite pas d'un chabbat.
La fin de la mรชme mishna parle dรฉjร du quatorze qui tombe chabbat, du quinze, et du kofitz attachรฉ au couteau. Le dรฉbut, qui fait immerger le kofitz les deux jours, parle donc d'un jour de semaine.
Rachi lit la fin : le kofitz du chabbat a รฉtรฉ immergรฉ dรจs vendredi, parce que le yom tov d'aprรจs en aura besoin, et qu'on n'immerge pas le chabbat. Il en tire, pour le dรฉbut, l'interdit de l'os sur la hagiga du quatorze.
Tossefot : "on immerge de nouveau" peut attendre aprรจs le yom tov. Les dates 13 et 14 disent le jour oรน l'outil a รฉtรฉ trouvรฉ, pas le jour de la tevila.
Mais alors, dans le cas oรน il vient
La phrase s'arrรชte au bord de l'amoud. Elle reprend aprรจs le rejet : le dรฉbut de la mishna ne parle pas du chabbat. La suite ouvre 70b.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).