Sougya : La mishna du couteau et du kofitz se termine sur le nassi goses le treize. Un seul safek suffit ร immerger le couteau.
Deux sefeikot laissent le kofitz non immergรฉ. Yehouda ben Dortai s'รฉloigne au sud : la hagiga, selon lui, repousse le chabbat, par le verset du menu bรฉtail et du gros bรฉtail.
Rav Ashi refuse de suivre les perushim. Le mรชme verset enseigne, pour Rav Nahman, que le motar du pesah est offert en shelamim.
Les Rabbins excluent la hagiga du chabbat par ve-hagotem : sept, alors que les jours sont huit. Abaye rรฉpond ร Ravin.
Oula ouvre les shelamim abattus la veille du yom tov.
Dans le cas merubbe (le pesah abondant pour la havura). D'oรน le savent-ils ?
Dernier mot de 70a, repris ici. Le cas proposรฉ : merubbe, havura petite, part de pesah large, pas de hagiga du quatorze, donc pas de kofitz immergรฉ d'avance.
La question d'oรน le savent-ils vise le treize. L'inscription reste ouverte jusqu'ร la chehita. Le propriรฉtaire immergerait le kofitz, de peur d'une hagiga et d'une brisure d'os.
Mais alors, dans le cas oรน il vient en touma (impuretรฉ). En fin de compte, d'oรน le savent-ils ?
Second cas. Pesah en touma de la majoritรฉ : pas de hagiga du quatorze avec lui, donc le kofitz n'รฉtait pas requis pour ses os.
Mรชme question, au moment de la tevila (immersion) des couteaux, le treize. Rachi ajoute le trouveur pur : il immerge quand mรชme le kofitz pour la hagiga du quinze, qui ne vient pas en touma.
C'est que le nassi est mort. Le nassi est mort quand ?
Si tu dis qu'il est mort le treize : le couteau, pourquoi l'immerger ? Mais alors, il est mort le quatorze.
Quelle diffรฉrence entre le couteau, qu'il immerge, et le kofitz, qu'il n'immerge pas ?
Rรฉponse : le nassi est mort. Tout Israรซl doit s'occuper de son enterrement, et la communautรฉ devient impure.
Mort le treize : immerger le couteau ne sert plus, il redeviendra impur. Le trouveur pur ne peut pas non plus le tenir pour pur et abattre avec lui le yom tov.
Mort le quatorze : le treize, on l'ignorait. Le propriรฉtaire a donc immergรฉ le kofitz avec le couteau. La mishna, qui les sรฉpare, n'est pas encore expliquรฉe.
On n'en a besoin que lร oรน le nassi est goses (agonisant) le treize. Le couteau, qui a un seul safek (doute), il l'immerge.
Le kofitz, qui a deux sefeikot (doutes), il ne l'immerge pas.
Le cas qui fait la mishna : le nassi est goses le treize. On ne sait pas s'il mourra. Rachi รฉcarte la leรงon qui ajouterait sa mort le quatorze. Le doute suffit.
Couteau, un safek. S'il vit, le pesah se fait en tahara et le couteau pur est requis. On immerge.
Kofitz, deux sefeikot. S'il meurt, pas de hagiga le quatorze ni le quinze. S'il vit, la havura peut rester petite : pas de hagiga du quatorze. La hagiga du quinze peut encore รชtre prรฉparรฉe par une tevila le quatorze. On n'immerge pas le kofitz le treize.
On enseigne : Yehouda ben Dortai s'est sรฉparรฉ, lui et Dortai son fils, et il est allรฉ s'รฉtablir dans le sud. Il a dit : si Eliyahou vient et dit ร Israรซl : pourquoi n'avez-vous pas offert la hagiga le chabbat, que lui rรฉpondront-ils ?
Je m'รฉtonne de deux grands de la gรฉnรฉration, Chemaya et Avtalion, qui sont de grands sages et de grands darshanim (expositeurs), et qui n'ont pas dit ร Israรซl : la hagiga repousse le chabbat.
Nouvelle sougya. Yehouda ben Dortai quitte les sages avec son fils et s'installe dans le sud, loin de Yerushalayim, pour ne pas รชtre tenu au pรจlerinage.
Rachi : il tient la hagiga pour une hova, mรชme quand le pesah est abondant. Son reproche vise Chemaya et Avtalion : ils n'ont pas enseignรฉ que la hagiga repousse le chabbat. La question d'Eliyahou resterait sans rรฉponse.
Rav a dit : quelle est la raison de ben Dortai ? Car il est รฉcrit : Tu sacrifieras le pesah pour Hachem ton D.ieu, du menu bรฉtail et du gros bรฉtail.
Or le pesah ne vient que des agneaux et des chรจvres ! Dรจs lors : menu bรฉtail, c'est le pesah ; gros bรฉtail, c'est la hagiga.
Et le Rahmana (la Tora) a dit : tu sacrifieras le pesah !
Rav donne le verset de ben Dortai. Le pesah est agneau ou chรจvre. Tzon dรฉsigne le pesah, bakar la hagiga, et ou-zavahta les fait abattre ensemble. La hagiga suit donc le pesah jusque sur le chabbat.
Tossefot. La lecture de Rachi, hagiga du quatorze, force ben Teima ร ne pas la faire repousser le chabbat, sinon l'รฉtonnement de Rav Ashi devant les perushim serait trop fort. Cela heurte Rav Ashi plus haut, et la rรจgle de Yoma 50a sur le temps fixe. Le Ri dรฉplace la sougya sur la hagiga du quinze. Le temps fixe de Yoma vise un seul jour. Le quinze a des tashloumim. Ben Dortai, lui, refuse ces tashloumim par le hekesh au pesah, et tient la hagiga du quatorze hors de la Tora.
Rav Ashi a dit : et nous, pour la raison des perushim (ceux qui se sont sรฉparรฉs), allons-nous nous lever et nous sรฉparer ? Le verset vient plutรดt pour ce que dit Rav Nahman.
Car Rav Nahman a dit au nom de Rabba bar Avouh : d'oรน tient-on que le motar ha-pesah (surplus du pesah) est offert en shelamim (sacrifice de paix) :
Rav Ashi ferme la voie de ben Dortai. On ne construit pas une deracha pour suivre ceux qui ont quittรฉ les sages.
Le verset reste pour Rav Nahman au nom de Rabba bar Avouh : le motar ha-pesah est offert en shelamim, pendant le mo'ed ou aprรจs. Rachi : la bรชte retrouvรฉe aprรจs qu'une autre a servi, ou l'argent restรฉ quand les agneaux ont baissรฉ.
car il est dit : Tu sacrifieras le pesah pour Hachem ton D.ieu, du menu bรฉtail et du gros bรฉtail. Le pesah vient-il du gros bรฉtail ?
Or le pesah ne vient que des agneaux et des chรจvres ! Dรจs lors, le surplus du pesah sera pour une chose qui vient du menu bรฉtail et du gros bรฉtail.
Suite de la preuve. Le gros bรฉtail ne peut pas รชtre le pesah lui-mรชme. Le surplus est renvoyรฉ vers un korban qui accepte les deux bรฉtails : les shelamim. Rachi : mรขle ou femelle, menu ou gros.
Et les Rabbins, pour quelle raison ne repousse-t-elle pas le chabbat ? C'est bien un korban tzibbur !
Retour aux Rabbins. Une hagiga qui vient en rassemblement, ร temps fixe, devrait repousser le chabbat comme un korban tzibbur. Rachi vise aussi la hagiga du quinze.
Tossefot notent le vocabulaire. Temoura 14a liรฉ le chabbat au korban public. Yoma 50a le lie au temps fixe, mรชme pour un particulier. Hagiga 6a appelle celle-ci korban yahid. Le Rachba demande un verset, comme pour le pesah et le tamid en 77a. Le Ri inclut la hagiga dans les korbanot de fin de Pinhas, lร oรน ve-hagotem est รฉcrit.
Rabbi Ila a dit au nom de Rabbi Yehouda ben Safra, le verset dit : Vous le cรฉlรฉbrerez en fรชte pour Hachem, sept jours dans l'annรฉe. Sept ?
Ils sont huit ! De lร , pour la hagiga : elle ne repousse pas le chabbat.
Rabbi Ila au nom de Rabbi Yehouda ben Safra. Ve-hagotem oto est รฉcrit pour Soukot. Les reports courent les sept jours et Chemini Atseret : huit jours.
Le verset compte sept. Le jour qui manque est le chabbat. Aucune hagiga ne le repousse. Huit jours d'offrande ne se trouvent jamais.
Quand Ravin vint, il dit : j'ai dit devant mes maรฎtres : parfois tu ne trouves que six, par exemple quand le premier yom tov de la fรชte tombe un chabbat. Abaye dit : Avin Takla dirait-il pareille chose ?
Huit, tu ne le trouves pas du tout. Sept, cela se trouve dans la plupart des annรฉes.
Ravin : si le premier jour de Soukot est chabbat, Chemini Atseret l'est aussi. Deux chabbatot, six jours seulement pour la hagiga. Le verset, qui dit sept, semblerait trop large.
Abaye รฉcarte la question. Avin Takla, dit Rachi, enterrait ses fils. Huit ne se trouve jamais : huit jours de suite contiennent un chabbat. Sept se trouve la plupart des annรฉes, quand un seul chabbat tombe dans les huit jours. Le verset parle de ce cas majoritaire.
Oula a dit que Rabbi Elazar a dit : des shelamim qu'on a abattus la veille du yom tov, on ne s'en acquitte ni au titre de la simha (joie), ni au titre de la hagiga. Au titre de la simha, car il est รฉcrit : Tu sacrifieras... et tu te rรฉjouiras.
Il nous faut la zviha
Oula au nom de Rabbi Elazar. Des shelamim abattus erev yom tov ne comptent ni pour la simha ni pour la hagiga. Pour la simha, le verset joint la zviha et la joie : l'abattage doit tomber ร l'heure de la joie. La phrase s'arrรชte ici et continue en 71a.
Le Ri inclut mรชme une bรชte consacrรฉe dรจs le dรฉbut pour la hagiga du quinze. Une obligation vient des houlin, et l'heure de la chehita suit. Preuve : si la veille comptait, on trouverait encore huit jours, et la deracha de sept tomberait. Riva note que le verset est celui du mont รval. Rรฉponse : partout, la zviha est exigรฉe au moment de la simha.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).