Sougya : L'amoud achรจve Oula, au nom de Rabbi Elazar : des chelamim abattus la veille de yom tov ne remplissent ni la simha ni la hagiga. La zevicha doit tomber au temps de la joie, et une hova ne vient que du houlin.
La beraita de ve-hayita akh sameah semble l'appuyer pour la premiรจre nuit ; la Guemara la lit par la simha qui prรฉcรจde la derniรจre nuit. Rav Yossef objecte par la hagiga du quatorze, reportรฉe au quinze ; Rava, par les huit jours de simha, aboutit ร l'habit propre et au vin vieux.
Ravine rapporte l'autre leรงon de Rabbi Elazar : la simha est remplie, la hagiga non. Rav Kahana enseigne ensuite que les emourim de la hagiga du quinze sont passoul dรจs le premier matin.
Au temps de la simha (joie), et il n'y en a pas. Quant ร la hagiga : c'est une chose de hova (obligation), et toute chose de hova ne vient que du houlin (biens non consacrรฉs).
Fin de la phrase d'Oula au nom de Rabbi Elazar, en 70b. Des chelamim abattus la veille de yom tov laissent les deux comptes vides.
La simha demande une zevicha (abattage) au temps de la joie, le yom tov. La hagiga est une hova : elle vient du houlin, consacrรฉe pour elle, et non d'une consรฉcration dรฉjร faite.
Disons que ceci l'appuie. "Ve-hayita akh sameah" (et tu ne seras que joyeux) : pour inclure les nuits du dernier yom tov dans la simha.
Tu dis : les nuits du dernier yom tov. Ou bien : seulement les nuits du premier yom tov ?
Le verset dit : "akh (sameah)" : il retranche.
Ve-hayita akh sameah vient aprรจs "tu te rรฉjouiras en ta fรชte". Akh est un mi'out : il retranche une nuit. L'inclusion vise les nuits du dernier yom tov. L'autre lecture viserait les nuits du premier.
Rachi : la simha passe par l'akhila de chelamim. "Sept jours" รฉcrit deux fois sort le huitiรจme jour. Tossefot : dans l'autre lecture, le mi'out vise les nuits du dernier yom tov, les autres nuits restant dans le compte.
Quelle est la raison ? N'est-ce pas parce qu'il n'a rien avec quoi se rรฉjouir !
Lien proposรฉ avec Oula. Le mi'out tombe sur la premiรจre nuit : la veille, les chelamim ne sont pas abattus au temps de la simha.
Tossefot : le verset ve-zavakhta... ve-samakhta suffirait. Rรฉponse : ce verset viserait la hagiga du jour, qu'on abat le jour mรชme. La nuit, oรน l'on n'abat pas, il faut akh pour retrancher.
Non. Comme on en enseigne la raison : qu'as-tu vu, pour inclure les nuits du dernier yom tov et pour exclure les nuits du premier yom tov ?
J'inclus les nuits du dernier yom tov, qui a une simha avant lui, et j'exclus les nuits du premier yom tov, qui n'a pas de simha avant lui.
La beraita donne sa raison, hors de la thรจse d'Oula. La derniรจre nuit a des jours de simha devant elle. La premiรจre nuit n'en a aucun.
Rachi lit la nuit seule, le jour du huitiรจme restant dehors. Riva : la mishna compte hallel et simha pour huit, et les nuits n'y arrivent pas, la premiรจre รฉtant hors du compte. Le hallel a son principal de jour. Selon cette lecture, Chemini un dimanche laisserait sept jours pour tout le monde : la nuit du huit est la sortie du chabbat, et une zevicha du vendredi est passoul ร la tombรฉe de la nuit. Tossefot รฉtendent donc le dernier yom tov au jour comme ร la nuit.
Rav Yossef objecte : la hagiga du quatorze, on s'en acquitte au titre de la simha, et l'on ne s'en acquitte pas au titre de la hagiga. Pourquoi ?
Voici que nous exigeons la zevicha au temps de la simha, et il n'y en a pas ! Rav Idi bar Avin dit : c'est qu'il l'a retenue, et qu'il l'a abattue.
La beraita, dรฉjร vue avec ben Teima, fait compter la hagiga du quatorze pour la simha. Rav Yossef la lit sur un abattage du quatorze, donc hors du temps de la joie. Rav Idi bar Avin : il l'a retenue, et l'abattage tombe plus tard, au temps de la simha.
Rav Ashi dit : cela aussi se tient. Car si tu ne dis pas ainsi, cette baraitha, qui l'enseigne ?
Ben Teima. Or ben Teima, la lina (passage de la nuit) la rend passoul !
On en tire.
Rav Ashi tient le report de l'abattage. La baraitha est de ben Teima : la hagiga du quatorze se mange un jour et une nuit. Abattue le quatorze, la lina la rend passoul avant qu'elle serve de simha le jour de fรชte. L'abattage dont elle parle est celui qu'on a retardรฉ.
Rava objecte : le hallel et la simha, huit. Et si tu dis que nous exigeons la zevicha au temps de la simha, bien des fois tu ne la trouves que pour sept, par exemple quand le premier yom tov tombe un chabbat !
Rav Houna fils de Rav Yehouda dit : on le rรฉjouit par les boucs des regalim (fรชtes de pรจlerinage).
Mishna : hallel et simha, huit jours. Le premier yom tov un chabbat, on n'abat pas de chelamim de simha ce jour-lร , et la veille est hors du temps de simha selon Oula. Le compte tombe ร sept. Chemini, le mรชme chabbat, se couvre par la zevicha du vendredi, jour de fรชte.
Rav Houna : les boucs de hatat du public, un par jour. Hatat extรฉrieure, elle se mange. Korban public fixe, il repousse le chabbat.
Rava dit : deux rรฉponses en la matiรจre. L'une : les boucs des regalim se mangent crus, ils ne se mangent pas rรดtis, et il n'y a pas de simha dans le cru.
Et encore : les cohanim mangent, et Israรซl, avec quoi se rรฉjouissent-ils ? Plutรดt, Rav Papa dit : on le rรฉjouit par un habit propre et du vin vieux.
Deux refus. Le rรดti ne repousse pas le chabbat : ce jour-lร , le bouc se mange cru, et la simha manque dans cette viande. La hatat extรฉrieure est aux cohanim. Israรซl reste sans elle.
Rav Papa donne un autre mode : habit propre et vin vieux, quand l'abattage de simha manque.
Quand Ravine vint, il dit que Rabbi Elazar a dit : des chelamim qu'on a abattus la veille de yom tov, on s'en acquitte au titre de la simha, et l'on ne s'en acquitte pas au titre de la hagiga. On s'en acquitte au titre de la simha : nous n'exigeons pas la zevicha au temps de la simha.
Et non au titre de la hagiga : c'est une chose de hova, et toute chose de hova ne vient que du houlin.
Autre version, par Ravine, du mรชme Rabbi Elazar. Les chelamim de la veille comptent pour la simha : l'akhila au temps de la joie suffit, la zevicha peut la prรฉcรฉder. Ils ne comptent pas pour la hagiga : une hova vient du houlin.
On objecte : "Ve-hayita akh sameah", pour inclure les nuits du dernier yom tov dans la simha. Tu dis : pour inclure les nuits du dernier yom tov.
Ou bien : seulement pour inclure les nuits du premier yom tov ? Le verset dit : "akh" : il retranche.
La mรชme beraita, cette fois contre Ravine. S'il suffisait d'abattre la veille, la premiรจre nuit aurait de quoi se rรฉjouir. Le verset, lui, la laisse dehors.
Quelle est la raison ? N'est-ce pas parce qu'il n'a rien avec quoi se rรฉjouir !
Non. Comme il est enseignรฉ : qu'as-tu vu, pour inclure les nuits du dernier yom tov et pour exclure les nuits du premier yom tov ?
J'inclus les nuits du dernier yom tov, qui a une simha avant lui, et j'exclus les nuits du premier yom tov, qui n'a pas de simha avant lui.
Mรชme issue que plus haut. L'appui tombe. La beraita inclut la derniรจre nuit, une simha la prรฉcรจde, et elle exclut la premiรจre nuit, aucune simha ne la prรฉcรฉdant.
Rav Kahana dit : d'oรน tient-on, pour les emourim (parts mises ร l'autel) de la hagiga du quinze, qu'ils sont rendus passoul par la lina ? Car il est dit : "La graisse de Ma fรชte ne passera pas la nuit jusqu'au matin." Et reshit (le premier) lui est juxtaposรฉ, pour dire que ce matin est le premier matin.
Nouveau sujet. Les emourim de la hagiga du quinze sont passoul par la lina dรจs le premier matin. La chair, elle, se mange encore tout le lendemain.
Le mot reshit du verset voisin, les prรฉmices, se lit avec ce matin : le premier matin. Tossefot : la mรชme source vaut pour tous les emourim.
Rav Yossef l'attaque : la raison, c'est qu'il a รฉcrit "reshit". S'il n'avait pas รฉcrit "reshit", j'aurais dit : quel est ce boker ?
Le second matin. Y a-t-il chose dont la chair soit passoul dรจs le soir, et les emourim jusqu'au matin ?
Rav Yossef lit l'argument ร rebours. Sans reshit, boker serait le second matin. Hagiga abattue le quinze : la chair est passoul ร la nuit qui suit le seize. Les emourim resteraient kacher jusqu'au matin du dix-sept, donc au-delร de la chair.
Abaye lui dit : pourquoi pas ? Voici le pesah selon Rabbi Elazar ben Azarya : la chair est passoul pour lui dรจs minuit, et les emourim jusqu'au matin !
Abaye montre un cas oรน la chair tombe avant les emourim. Pour Rabbi Elazar ben Azarya, l'akhila du pesah, de la Tora, s'arrรชte ร minuit. Les emourim restent jusqu'au matin. Rachi รฉcrit Eliezer et renvoie ร Pesachim 120b.
Rava dit : voici ce qui faisait difficultรฉ ร Rav Yossef. Y a-t-il chose telle que, lร oรน le tanna, pour la chair, n'a pas besoin de "reshit", Rav Kahana, pour les emourim, a besoin de "reshit" ?
Rava nomme la difficultรฉ, ร cรดtรฉ de l'objection dรฉjร dite. Le tanna d'en bas lit boker, pour la chair, comme le premier matin, sans le mot reshit. Les emourim ont une kedoucha plus grave. Rav Kahana, pour eux, demande pourtant reshit pour le mรชme premier matin.
Qu'est-ce ? Comme il est enseignรฉ : "Il ne passera pas la nuit, de la chair que tu abattras le soir, le premier jour, jusqu'au matin."
Source du tanna. Rachi la place sur la hagiga du quatorze, abattue avec le pesah, le soir. Le soir du premier yom tov laisserait le mot "soir" sans portรฉe : ces abattages occupent toute la journรฉe. La suite de la beraita est en 71b.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).