Sougya : La Guemara ouvre la mishna du pesah abattu le chabbat pour un autre nom. Un to'eh (qui se trompe) enseignerait que l'akira par erreur est une akira.
Rabbi Avin sรฉpare : la reisha vise l'oker, la seifa le to'eh. Rav Yitshak bar Yossef le rรฉpรจte quarante fois auprรจs de Rabbi Abahou.
Le kal va-homer de Rabbi Eliezer rencontre la rรฉponse de Rabbi Yehoshoua, chose interdite ou permise, puis la ketsba des emourei tsibour. Les deux nourrissons mรจnent de Rabbi Ami ร la baraitha de Rabbi Hiya, puis ร la maison de Rabbi Yanai : le chabbat a-t-il รฉtรฉ donnรฉ pour รชtre repoussรฉ.
Guemara. De quoi s'agit-il ?
Si tu dis : d'un to'eh (qui se trompe) - tu en apprends que l'akira (retrait du nom) par erreur est une akira. Plutรดt : d'un oker (qui retire le nom).
La mishna, au daf prรฉcรฉdent, rend hayav celui qui abat le pesah le chabbat pour un autre nom. La Guemara demande le cas.
Un to'eh croit offrir un autre zevah. La mishna le rendrait hayav, donc l'akira par erreur compterait comme une akira. Ce point est un diffรฉrend d'amoraim, dit le Ri. La reisha vise donc un oker : il retire le nom en le sachant.
Dis la seifa : et tous les autres zevahim qu'on a abattus pour le nom du pesah, s'ils ne sont pas raouyim (aptes), il est hayav ; s'ils sont raouyim, Rabbi Eliezer rend hayav un hatat, et Rabbi Yehoshoua rend patour. Et s'il s'agit d'un oker, qu'importe qu'ils soient raouyim, qu'importe qu'ils ne soient pas raouyim ?
La seifa distingue raouy et non raouy. Rabbi Yehoshoua n'exempte que le raouy.
Pour un oker, cette distinction tombe. Il sait que la bรชte n'est pas un pesah. Il n'est pas un to'eh dans une mitsva. Rabbi Yehoshoua n'aurait pas de raison de le rendre patour.
Donc, c'est รฉvident : d'un to'eh. La reisha d'un oker, et la seifa d'un to'eh !
Rabbi Avin dit : oui, la reisha d'un oker et la seifa d'un to'eh.
La seifa force le to'eh. La reisha, elle, reste un oker, sinon l'akira par erreur serait tranchรฉe.
Rabbi Avin accepte le partage : deux cas dans une seule mishna. Rachi nomme les deux bouts : le pesah, puis les autres zevahim.
Rav Yitshak bar Yossef trouva Rabbi Abahou, qui se tenait dans une okhlosa (foule) de gens. Il lui dit : notre mishna, qu'est-ce ?
Il lui dit : la reisha d'un oker, et la seifa d'un to'eh. Il l'apprit de lui quarante fois, et elle lui parut comme posรฉe dans sa bourse.
Rabbi Abahou redit la mรชme coupe, dans la foule. Quarante rรฉpรฉtitions : la mishna est posรฉe dans la bourse, elle tient en mรฉmoire.
La seconde glose de Rachi prรฉpare la question qui suit. Reisha et seifa ne se comparent pas : oker d'un cรดtรฉ, to'eh de l'autre.
Nous avons appris. Rabbi Eliezer a dit : si le pesah, qui est permis pour son nom, quand on a changรฉ son nom, est hayav ; les zevahim, qui sont interdits pour leur nom, quand on a changรฉ leur nom, n'est-ce pas un din (a fortiori) qu'il soit hayav !
Et s'il en est ainsi, cela ne se ressemble pas : la reisha d'un oker, et la seifa d'un to'eh !
Le kal va-homer de Rabbi Eliezer met la reisha et la seifa dans le mรชme raisonnement. Si les cas diffรจrent, oker et to'eh, la comparaison tombe.
Rachi rรฉpond dรฉjร pour Rabbi Eliezer : chez lui, oker et to'eh se valent. Tossefot serre la formule de Rabbi Yehoshoua. Pour un oker, mรชme un shinoui vers une chose permise rend hayav.
Pour Rabbi Eliezer, il n'y a pas de diffรฉrence. Pour Rabbi Yehoshoua, pour qui il y a une diffรฉrence, qu'il distingue ainsi !
La Guemara accorde le point ร Rabbi Eliezer : oker et to'eh se valent chez lui. Elle demande pourquoi Rabbi Yehoshoua ne rรฉpond pas par cette coupure, et rรฉpond par interdit et permis.
Tossefot : mรชme toute la mishna en to'eh, Rabbi Yehoshoua parle le-divrei Rabbi Eliezer. Pour lui, la reisha est hayav dรจs qu'il n'y a pas de mitsva faite, mรชme vers une chose permise. Le pesah, lui, a reรงu le chabbat pour รชtre repoussรฉ, s'il est abattu pour son nom. Le nourrisson d'aprรจs le chabbat, non.
Voici ce qu'il lui dit. Pour moi, cela ne se ressemble pas : la reisha d'un oker, et la seifa d'un to'eh.
Pour toi : non. Si tu l'as dit du pesah, dont on a changรฉ le nom vers une chose interdite, le diras-tu des zevahim, dont on a changรฉ le nom vers une chose permise ?
Le-didi : Rabbi Yehoshoua sรฉpare oker et to'eh. Le-didakh : mรชme pour Rabbi Eliezer, le pesah va vers une chose interdite, les autres zevahim vers une chose permise, le pesah du chabbat.
Tossefot serre l'objection du Rashba. La rรฉponse tient par le double รฉcart : deux gri'out d'un cรดtรฉ, deux tivout de l'autre. Un seul รฉcart, permis contre interdit, ne suffirait pas chez Rabbi Eliezer.
Rabbi Eliezer lui dit : les emourei tsibour (korbanot prescrits au public) le prouveront. Ils sont permis pour leur nom, et celui qui abat pour leur nom est hayav.
Rabbi Yehoshoua lui dit : non. Si tu l'as dit des emourei tsibour, c'est qu'ils ont une ketsba (nombre fixe) ; le diras-tu du pesah, qui n'a pas de ketsba ?
Les emourei tsibour repoussent le chabbat pour leur nom, comme le pesah. Qui abat une autre bรชte pour leur nom est pourtant hayav. Changer vers une chose permise peut donc obliger un hatat.
Rabbi Yehoshoua rรฉpond par la ketsba. Les sacrifices publics ont un nombre fixe. On ne s'y trompe pas. Le pesah n'a pas de nombre : un agneau dans l'azara peut passer pour un pesah perdu.
Est-ce ร dire que partout oรน il y a une ketsba, Rabbi Yehoshoua rend hayav ? Or les nourrissons : ils ont une ketsba.
Et nous avons appris : celui qui avait deux nourrissons, l'un ร circoncire aprรจs le chabbat et l'un ร circoncire le chabbat, et qui a oubliรฉ et a circoncis celui d'aprรจs le chabbat le chabbat, est hayav.
La ketsba des nourrissons est claire : un seul ร circoncire le chabbat. Pourtant le cas citรฉ ici est hayav, et Rabbi Yehoshoua l'accorde.
Rachi donne la raison de ce hayav : le temps du nourrisson d'aprรจs le chabbat n'est pas venu. To'eh dans une mitsva, et pas de mitsva faite. Le segment suivant apporte le cas oรน la mitsva est faite, et oรน Rabbi Yehoshoua exempte.
L'un ร circoncire la veille du chabbat, et l'un ร circoncire le chabbat, et il a oubliรฉ et a circoncis celui de la veille du chabbat le chabbat : Rabbi Eliezer rend hayav un hatat, et Rabbi Yehoshoua rend patour.
Suite de la mishna de la mila. Le nourrisson de la veille รฉtait malade ou empรชchรฉ. Sa mila, hors du huitiรจme jour, ne repousse pas le chabbat. La circoncire le chabbat accomplit pourtant la mitsva.
Rabbi Eliezer rend hayav. Rabbi Yehoshoua rend patour : to'eh dans une mitsva, et mitsva faite. Rachi ramรจne les zevahim : abattus pour un autre nom, ils restent kasher. Qui abat pour les temidim du tsibour a fait une mitsva pour le premier zevah, malgrรฉ la ketsba.
Rabbi Ami dit : ici, de quoi s'agit-il ? Par exemple, il a d'abord circoncis celui de la veille du chabbat, le chabbat, alors qu'il y a celui du chabbat, dont il est tarud (occupรฉ).
Ici, par exemple, il a d'abord abattu les emourei tsibour.
Rabbi Ami limite le patour de Rabbi Yehoshoua. Les deux nourrissons sont encore lร . Il est tarud de celui dont le jour est le chabbat, et il circoncit l'autre d'abord.
Pour les emourei tsibour, le cas de la mishna est l'inverse. Il les a dรฉjร abattus. Plus rien ne l'occupe. Il est hayav.
S'il en est ainsi ? Rabbi Meir dit : mรชme celui qui abat pour le nom des emourei tsibour est patour, mรชme s'il a d'abord abattu les emourei tsibour.
Or on enseigne : Rabbi Hiya [de Avel Arav] dit que Rabbi Meir a dit : Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshoua n'ont pas divergรฉ sur celui qui avait deux nourrissons, l'un ร circoncire la veille du chabbat et l'un ร circoncire le chabbat, et qui a oubliรฉ et a circoncis celui de la veille du chabbat le chabbat, qu'il est hayav.
Si le patour tient au tarud, la suite de la mishna gรชne. Rabbi Meir exempte mรชme celui qui abat pour les emourei tsibour aprรจs qu'ils ont dรฉjร รฉtรฉ abattus.
La baraitha de Rabbi Hiya de Avel Arav, au nom de Rabbi Meir, serre l'autre bout. Sur le nourrisson de la veille circoncis le chabbat, les deux tannaim rendent hayav, mรชme quand la mitsva est faite. Le tarud de Rabbi Ami ne porte donc pas cette version.
Sur quoi ont-ils divergรฉ ? Sur celui qui avait deux nourrissons, l'un ร circoncire aprรจs le chabbat et l'un ร circoncire le chabbat, et qui a oubliรฉ et a circoncis celui d'aprรจs le chabbat le chabbat : Rabbi Eliezer rend hayav un hatat, et Rabbi Yehoshoua rend patour.
La baraitha inverse les cas de la mishna citรฉe plus haut. Accord sur hayav : nourrisson de la veille. Mahloket : nourrisson d'aprรจs le chabbat, et lร Rabbi Yehoshoua rend patour.
Rachi lit d'abord la reisha ainsi : il circoncit les deux, celui du chabbat d'abord. Aprรจs cela, plus de tirda. Le second, celui d'hier, le rend hayav, mรชme avec une mitsva faite. La seifa : il est encore tarud de celui du jour, et celui de demain lui est รฉchangรฉ.
Et peux-tu le concevoir ? Lร , oรน il n'a pas fait de mitsva, Rabbi Yehoshoua rend patour ; lร , oรน il fait une mitsva, il rendrait hayav ?
La lecture de Rachi, prise telle quelle, renverse le din. La seifa : pas de mitsva, car le temps n'est pas venu, et Rabbi Yehoshoua rend patour. La reisha : mitsva faite, et il rendrait hayav.
La Guemara refuse ce rapport. La maison de Rabbi Yanai, au segment suivant, dรฉplace la reisha.
On dit, dans la maison de Rabbi Yanai : la reisha, par exemple il a d'abord circoncis celui du chabbat la veille du chabbat,
La phrase s'arrรชte ici et continue au daf suivant. Rachi en donne dรฉjร le fil. Vendredi : il a circoncis par erreur celui dont le jour est le chabbat. Le chabbat, il croit encore que celui qui reste est celui du jour, et il le circoncit.
Hayav, malgrรฉ le tarud et malgrรฉ la mitsva faite : le chabbat n'a pas รฉtรฉ donnรฉ pour รชtre repoussรฉ auprรจs de ce nourrisson. La seifa est l'inverse : le chabbat รฉtait donnรฉ pour celui du jour. Patour, mรชme sans mitsva faite. Tossefot : chaque cรดtรฉ porte une rabouta. Les emourei tsibour suivent le cรดtรฉ oรน le chabbat a รฉtรฉ donnรฉ pour รชtre repoussรฉ.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).