Pesachim 75a - Four balayé, braises et combustion de la fille du kohen

Pesachim 75a

Sougya : Le daf ferme d'abord le vinaigre : un vinaigre faible dès l'origine garde la kiyoha du fruit ; un vinaigre déjà employé l'a perdue, absorbée par le premier rôti. La mishna du gril est complétée : un askala perforé est permis, et Rabban Gamliel l'a fait faire à Tavi.

Un four chauffé avec de l'orla, puis balayé, où l'on cuit du pain : Rav Ada le permet. On compare au pesah rôti dans un four balayé, que le double tseli ech écarte, puis l'on distingue ce sur quoi la Torah est exigeante, le feu ou le bois interdit.

La suite demande si les braises sont du feu, du bois au métal, jusqu'à la fille du kohen : gezera shava des fils d'Aharon et belle mort de Rav Nahman fixent le plomb fondu, et l'ordre des mots sépare ce cas des taureaux brûlés.

Four allumé puis balayé : pesah et pain d'orla La chaleur reste dans les parois. Deux réponses maintiennent le pain permis. Pesah dans le four balayé Rabbi Yo'hanan : ceci n'est pas un tseli ech (rôti au feu) Le verset dit tseli ech deux fois Pain après un feu d'orla On balaye, on cuit le pain Rav Ada : le pain est permis Pas de shevah etsim dans le pain L'attaque Sans la répétition, on appellerait cette chaleur un tseli ech. Pour l'orla, aucun miout n'est écrit. Le pain devrait être interdit. Réponse 1 Révélé pour le pesah On l'apprend de là La chaleur résiduelle ne porte pas le nom de feu Pain permis Réponse 2, si tu veux Pesah : il tient au feu Même balayé, ce serait un tseli ech Orla : il tient au bois interdit Ce bois n'est plus dans le four Pain permis Rachi : la chaleur du four est un produit du feu. Un vêtement qu'on y pose brûle, et devient charbon et feu. Le double verset écarte ce produit pour le pesah seulement, dans la seconde réponse.
Four balayé. Rav Ada permet le pain. Deux réponses : on apprend du pesah, ou l'orla tient au bois déjà retiré.
Qu'est-ce qui porte le nom de feu ? Rabbi : les braises rôtissent le pesah. La baraita des negaim semble dire le contraire. Braise de bois Déjà du feu Aucun verset pour l'inclure Rabbi : tseli ech Feu Braise de métal Le ribouï mikve mikve vise ce métal chaud, pour la brûlure Inclus par le verset Plomb fondu Fille du kohen tisaref inclut toute combustion venue du feu Venu du feu Plomb natif Sorti du sol déjà chaud ba-ech l'écarte avar me-ikaro Exclu D'où vient la question Mikvat ech : sans le double mikve, braise, cendre, chaux, gipsis et l'eau chauffée au feu resteraient hors du mot ech. Réponse : le bois est déjà du feu. Le verset sert au métal.
Braise de bois : déjà du feu. Métal : inclus par mikve mikve. Plomb fondu : par tisaref. Plomb natif : exclu par ba-esh.
Fille du kohen : quelle combustion ? ba-ech tisaref. Gezera shava des fils d'Aharon, puis belle mort. ba-ech tisaref Bottes de sarments À plus forte raison, le feu lui-même Écarté : le corps brûlerait Eau bouillante Âme brûlée, corps intact Écartée : Rav Nahman Gezera shava shereifa / shereifa Fils d'Aharon : deux fils de feu, corps demeurant Mèche de plomb fondu Versée dans la bouche. Belle mort. Venue du feu. Sans la gezera shava, on reviendrait aux sarments, en grand nombre, pour une mort rapide. Le plomb natif reste exclu par ba-ech.
Sarments et eau bouillante écartés. Gezera shava et belle mort laissent la mèche de plomb fondu.
1
לקיוהא דפירא בעיניה. הכא — ליתא לקיוהא דפירא בעיניה.

la kiyoha (âcreté) du fruit dans son état propre. Ici, la kiyoha du fruit dans son état propre n'y est plus.

📜 Rachi (2)
לקיוהא דפירא איגדו"ר (איגרו"ר: חמיצות) טעם הפרי עומד בו שלא הוציאו ממנו כלום ואע"פ שהוחלש מאליו ונתקלקל טעמו מוציא דם שכחו בקרבו:
Kiyoha du fruit : aigreur, c'est-à-dire l'acidité. Le goût du fruit y demeure, car on n'en a rien extrait. Même s'il s'est affaibli de lui-même et que son goût s'est gâté, il fait sortir le sang : sa force est encore en lui.
הכא ליתא לקיוהא דפירא בעיניה שבלעו צלי הראשון:
Ici, la kiyoha du fruit dans son état propre n'y est plus : le premier rôti l'a absorbée.
💡 Explication

Fin de la réponse ouverte en 74b. Ameimar ne retrempe pas dans un vinaigre déjà employé. On lui oppose le vinaigre faible dès l'origine, dans lequel on trempe pourtant.

Là-bas, la kiyoha du fruit est encore dans le liquide : rien n'en a été tiré. Ici, le premier rôti a absorbé cette âcreté. Ce vinaigre n'a plus la force d'extraire le sang.

🖼️ Schéma
Deux vinaigres Faible dès l'origine La kiyoha du fruit est encore en lui On n'en a rien extrait Il fait sortir le sang Déjà employé une fois Le premier rôti a absorbé la kiyoha Plus d'âcreté propre On n'y trempe plus
Vinaigre faible : la kiyoha demeure. Vinaigre déjà employé : le premier rôti l'a prise.
2
אין צולין את הפסח וכו׳. מעשה לסתור?! חסורי מיחסרא, והכי קתני: ואם אסכלא מנוקבת — מותר. ואמר רבי צדוק, מעשה ברבן גמליאל שאמר לטבי עבדו: צא וצלה לנו את הפסח על האסכלא מנוקבת.

On ne rôtit pas le pesah, etc. Un fait rapporté pour contredire ?

Il manque un membre, et voici ce que la mishna enseigne : si l'askala (gril) est perforé, c'est permis. Et Rabbi Tsadok a dit : il arriva que Rabban Gamliel dit à Tavi, son serviteur : Va, et rôtis-nous le pesah sur l'askala perforé.

📜 Rachi (1)
מנוקבת עשויה כבריחים כעין שלנו ויש חלל גדול בין בריח לבריח ונותן השפוד לרוחבו וכל הטלה נצלה באויר שבין שני בריחים שאין בשרו נוגע בברזל:
Perforé : fait de barres, à la manière des nôtres. Il y a un grand vide entre une barre et l'autre. On place la broche en travers, et tout l'agneau rôtit dans l'air entre deux barres, sa chair ne touchant pas le fer.
💡 Explication

La mishna a interdit de rôtir le pesah sur un gril, puis elle cite Rabban Gamliel qui le fait rôtir sur un gril. Un récit viendrait contredire la règle. La Guemara complète le texte : hasorei mehasera. Si l'askala est perforé, c'est permis. Le récit de Rabbi Tsadok vise ce gril-là.

Rachi : des barres espacées, la broche en travers. L'agneau cuit dans l'air. La chair ne touche pas le fer, qui aurait rôti par sa propre chaleur.

🖼️ Schéma
Askala perforé : la chair ne touche pas le fer agneau Barres de fer Grand vide entre elles Broche en travers L'air rôtit l'agneau Permis Rabban Gamliel à Tavi : rôtis-nous le pesah sur ce gril. Sans perforation, le fer cuirait la chair : la mishna l'interdit.
Barres écartées, broche en travers : l'agneau rôtit dans le vide, sans toucher le fer.
3
בעא מיניה רב חיננא בר אידי מרב אדא בר אהבה: תנור שהסיקו בקליפי ערלה וגרפו ואפה בו את הפת, לדברי האוסר, מהו? אמר ליה: הפת מותרת.

Rav Hinana bar Idi demanda à Rav Ada bar Ahava : un four qu'on a chauffé avec des pelures d'orla, qu'on a balayé, et dans lequel on a cuit le pain, selon l'avis de celui qui interdit, qu'en est-il ? Il lui dit : le pain est permis.

📜 Rachi (2)
לדברי האוסר בפרק כל שעה (פסחים כו:) רבי אומר הפת אסורה:
Selon l'avis de celui qui interdit : dans le chapitre Kol sha'a (Pesahim 26b), Rabbi dit : le pain est interdit.
מהו הכא אין שבח עצים בפת:
Qu'en est-il : ici, il n'y a pas de shevah etsim (bénéfice du bois) dans le pain.
🗂️ Tossefot (1)
וגרפו ואפה בו את הפת מהו תימה לריב"א מאי קבעי הא קתני סיפא בישלה ע"ג גחלים דברי הכל מותרת ואפי' למאן דמוקי התם בגחלים עוממות לא גרע חומו מחום חרס התנור שגרפו ותירץ ר"י שאני גחלים שאין חומן בא מחמת השלהבת אלא מחמת עצמן ועפרא בעלמא הן אבל חום התנור שגרפו מחמת חום שלהבת האבוקה בא שהוא איסור גמור הילכך מיבעי ליה ותימה לר"י כיון דהפת אסור כשאבוקה כנגדו וחום אבוקה אסור א"כ כשגרפו ואפה בו את הפת נמי יהא אסור הפת ופי' ר"י דאפילו כשאבוקה כנגדו לא אסור אלא מדרבנן ולא משמע כן בשמעתין וגם לא הוה שייך לפלוגי אי יש שבח עצים בפת אי לא ובירושלמי דייק כשהפסח נצלה בתנור והגחלים תחתיו הלא חום התנור כמו כן מבשלו והוי צלי מחמת דבר אחר ומפרש כי איכא אש האש נוצח כח התנור והתנור מצרף חום הגחלים שלא יתפזר:
Et on l'a balayé, et on y a cuit le pain, qu'en est-il ? Difficulté pour le Riva : que demande-t-il donc ? La fin enseigne : si on l'a fait cuire sur des braises, tous disent que c'est permis. Même selon celui qui place là des braises omemot (mourantes), leur chaleur ne vaut pas moins que la chaleur de la terre cuite du four qu'on a balayé. Le Ri répond : les braises sont autres. Leur chaleur ne vient pas de la flamme, elle vient d'elles-mêmes, et ce n'est que de la terre. La chaleur du four qu'on a balayé vient de la chaleur de la flamme du brasier, qui est un interdit entier. C'est pourquoi il pose la question. Difficulté pour le Ri : puisque le pain est interdit quand le brasier est en face de lui, et que la chaleur du brasier est interdite, le pain devrait aussi être interdit une fois le four balayé et le pain cuit dedans. Le Ri explique : même quand le brasier est en face, l'interdit n'est que d'ordre rabbinique. Or cela ne ressort pas ainsi de notre sugya. Il n'y aurait pas non plus lieu de distinguer s'il y a un shevah etsim dans le pain, ou s'il n'y en a pas. Le Yerushalmi relève : quand le pesah est rôti dans le four et que les braises sont sous lui, la chaleur du four ne le cuit-elle pas aussi, ce qui en ferait un tseli mehamat davar aher (rôti par autre chose) ? Il explique : quand il y a du feu, le feu l'emporte sur la force du four, et le four rassemble la chaleur des braises pour qu'elle ne se disperse pas.
💡 Explication

Rav Hinana bar Idi interroge Rav Ada bar Ahava. Le four a brûlé des pelures d'orla, on a retiré le combustible, le pain cuit par la chaleur des parois. Selon Rabbi, qui interdit le pain cuit directement à ce feu (Pesahim 26b), qu'en est-il ici ? Rav Ada : le pain est permis. Rachi : le shevah etsim, le bénéfice du bois, n'est pas dans ce pain.

Tossefot. Le Riva rapproche la cuisson sur braises, permise par tous. Le Ri sépare : la braise chauffe d'elle-même, simple terre. La paroi du four tient sa chaleur de la flamme, interdit entier. Le Yerushalmi, pour le pesah : tant que le feu est là, il l'emporte sur la chaleur du four, et le four garde groupée la chaleur des braises.

4
אמר ליה: והאמר רב חיננא סבא אמר רבי אסי אמר רבי יוחנן: תנור שהסיקו וגרפו וצלה בו את הפסח — אין זה צלי אש, שנאמר ״צלי אש ... צלי אש״, שתי פעמים.

Il lui dit : or Rav Hinana l'Ancien n'a-t-il pas dit que Rabbi Asi a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : un four qu'on a chauffé, qu'on a balayé, et dans lequel on a rôti le pesah, ceci n'est pas un tseli ech, puisqu'il est dit : tseli ech ... tseli ech, deux fois.

📜 Rachi (1)
צלי אש קרינא ביה וגבי עצי איסורא מיהא ניתסר דהתם לא כתיב מיעוטא:
Tseli ech : on l'appellerait ainsi. Et pour le bois interdit, on devrait en tout cas interdire, car là-bas aucun miout (restriction du verset) n'est écrit.
💡 Explication

Autre Rav Hinana, l'Ancien, au nom de Rabbi Asi au nom de Rabbi Yo'hanan. Un pesah rôti dans un four déjà balayé ne remplit pas tseli ech. Le verset le dit deux fois (Exode 12).

Rachi donne la pointe contre Rav Ada. Sans cette répétition, on appellerait la chaleur des parois un tseli ech. Pour le bois d'orla, aucun miout n'est écrit. Le pain devrait donc être interdit.

5
טעמא דגלי רחמנא ״צלי אש״ ״צלי אש״ שתי פעמים. הא לא גלי רחמנא, הוי אמינא צלי אש הוא.

La raison est que le Miséricordieux a révélé tseli ech, tseli ech, deux fois. S'il ne l'avait pas révélé, j'aurais dit : c'est un tseli ech.

💡 Explication

La Guemara formule l'attaque. Le pesah du four balayé sort du tseli ech seulement parce que le verset répète les mots. Sans cette révélation, cette cuisson porterait le nom de tseli ech. La chaleur laissée dans les parois suivrait alors le feu lui-même, et le pain d'orla serait interdit.

6
אמר ליה: גלי רחמנא התם, וילפינן מינה.

Il lui dit : le Miséricordieux l'a révélé là-bas, et nous l'apprenons de là.

💡 Explication

Première réponse de Rav Ada. La révélation est écrite au sujet du pesah, et on l'applique plus loin : la chaleur qui reste après le balayage ne porte pas le nom de feu. Le pain cuit ainsi reste permis.

7
ואי בעית אימא: התם טעמא דכתב רחמנא ״צלי אש״ שתי פעמים, הא לא כתב רחמנא ״צלי אש״ שתי פעמים, הוה אמינא: אאש קפיד רחמנא, ואפילו גרפו נמי — צלי אש הוא. אבל הכא, אעצים דאיסורא קא קפיד רחמנא, והא ליתנהו.

Et si tu veux, dis : là-bas, la raison est que le Miséricordieux a écrit tseli ech deux fois. S'il n'avait pas écrit tseli ech deux fois, j'aurais dit : le Miséricordieux tient au feu, et même si on l'a balayé, c'est encore un tseli ech.

Mais ici, le Miséricordieux tient au bois interdit, et ce bois n'est plus là.

📜 Rachi (1)
אאש קפיד רחמנא וחום התנור תולדת אש הוא ואם תתן בו בגד נשרף ונעשה פחם ואש:
Il tient au feu : la chaleur du four est un produit du feu. Si tu y mets un vêtement, il brûle et devient charbon et feu.
💡 Explication

Seconde réponse. On ne transporte pas la règle du pesah vers l'orla. Pour le pesah, la Torah tient au feu. Rachi : la chaleur du four est une tolda du feu. Un vêtement qu'on y met brûle. Même après le balayage, on aurait dit tseli ech. Le verset répète les mots pour écarter ce produit.

Pour l'orla, la Torah tient au bois interdit. Une fois balayé, ce bois n'est plus dans le four. Le pain est permis.

🖼️ Schéma
Sur quoi le verset est-il exigeant ? Pesah : le feu Chaleur des parois = produit du feu Même balayé : tseli ech D'où tseli ech écrit deux fois pour écarter ce produit Orla : le bois interdit Le verset tient au bois lui-même Après le balayage, il n'est plus là On n'apprend pas du pesah Le pain est permis
Pesah : exigence sur le feu, d'où le verset double. Orla : exigence sur le bois, déjà retiré.
8
תנו רבנן: חתכו, ונתנו על גבי גחלים. רבי אומר: אומר אני שזה צלי אש. רמי ליה רב אחדבוי בר אמי לרב חסדא: מי אמר רבי גחלים אש נינהו?

Nos maîtres ont enseigné : s'il l'a incisé et l'a placé sur des braises, Rabbi dit : je dis que ceci est un tseli ech. Rav Ahadvoi bar Ami objecta à Rav Hisda : Rabbi a-t-il dit que les braises sont du feu ?

📜 Rachi (1)
חתכו לפסח ולא הבדיל אלא חתכו בשנים ושלשה מקומות למהר צלייתו אינקרני"ר בלע"ז:
Il l'a incisé : le pesah. Il ne l'a pas séparé. Il l'a seulement entaillé en deux ou trois endroits pour hâter sa cuisson. En langue vulgaire : encrenir.
💡 Explication

Baraita. On entaille le pesah sans le débiter, pour hâter le rôti, et on le pose sur des braises. Rabbi (Yehuda ha-Nassi) l'appelle tseli ech. Les braises compteraient donc comme le feu.

Rav Ahadvoi bar Ami demande à Rav Hisda si Rabbi a bien dit cela. La baraita des negaim, juste après, réserve le nom de feu au feu lui-même, et n'atteint la braise que par un ribouï.

9
ורמינהו ״מכות אש״, אין לי אלא שנכוה באש, נכוה בגחלת, ברמץ, בסיד רותח, בגפסיס רותח, וכל דבר הבא מן האור, לאיתויי חמי האור, מניין? תלמוד לומר: ״מכוה״ ״מכוה״ ריבה.

Et on objecte : mikvat ech (brûlure de feu). Je n'ai que le cas où il a été brûlé par le feu.

Brûlé par une braise, par du remets (cendre chaude), par de la chaux brûlante, par du gipsis (gypse) brûlant, et par toute chose qui vient du feu, pour y inclure l'eau chauffée au feu, d'où ? Le verset dit : mikve, mikve.

Il a inclus.

📜 Rachi (3)
ברמץ אפר רותח:
Par du remets : de la cendre brûlante.
גפסיס מין סיד הוא:
Gipsis : c'est une espèce de chaux.
מניין שנידון משום מכוה ולא משום שחין ואף על פי שמכוה ושחין שוין בטומאתן נפקא מינה דחצי גריס מכת מכוה מחמת אור וחצי גריס מכת שחין שהוא לקות חום אחר שלא היה מחמת האור אין מצטרפין בהכל שוחטין (חולין דף ח.) מפרש:
D'où : pour qu'on le juge au titre de mikve, et non au titre de shehin (inflammation). Bien que mikve et shehin soient égaux dans leur impureté, la conséquence est celle-ci : un demi-gris de plaie de mikve due au feu, et un demi-gris de plaie de shehin, atteinte d'une autre chaleur, qui ne vient pas du feu, ne se joignent pas. C'est expliqué dans Kol ha-shohtin (Houlin 8a).
🗂️ Tossefot (2)
אין לי אלא שנכוה באש מניין כו' אע"ג דשחין ומכוה שוין לכל דבר דשחין ומכוה מטמאים בשבוע אחד בשיער לבן ובפשיון מ"מ נפקא מינה לענין צירוף דשחין ומכוה אין מצטרפין:
Je n'ai que le cas où il a été brûlé par le feu, d'où, etc. Bien que shehin et mikve soient égaux en tout point, puisque shehin et mikve rendent impur en une seule semaine, par un poil blanc et par le pission (l'extension), il reste une conséquence pour le tsirouf (la jonction) : shehin et mikve ne se joignent pas.
נכוה בגחלת בגפסיס כו' תימה מה בין גפסים רותח וסיד לחרסו של תנור דאמרינן לעיל טעמא דכתב רחמנא צלי אש שני פעמים הא לאו הכי צלי אש קרינא ביה והכא איצטריך סיד וגפסיס רותח ריבוייא אבל מאש לא הוה ידענא:
Brûlé par une braise, par du gipsis, etc. Difficulté : quelle différence entre le gipsis brûlant, la chaux, et le tesson du four ? Nous avons dit plus haut : la raison est que le Miséricordieux a écrit tseli ech deux fois ; sans cela, on l'appellerait tseli ech. Ici, la chaux et le gipsis brûlants exigent un ribouï. Du seul mot ech, on ne l'aurait pas su.
💡 Explication

Baraita de la mikve, la brûlure de nega (Lévitique 13). Le mot ech, à lui seul, vise le feu. Braise, cendre chaude, chaux, gipsis, et l'eau chauffée au feu n'entrent que par la répétition mikve, mikve.

Rachi et Tossefot : mikve et shehin suivent les mêmes règles d'impureté, une semaine, poil blanc, extension. Ils ne se joignent pas pour atteindre un gris. Un demi-gris de chaque reste insuffisant (Houlin 8a).

Seconde glose : pour le pesah, la chaleur du tesson de four aurait porté le nom de feu sans le verset double. Ici, chaux et gipsis ont besoin d'un ribouï. Tossefot laisse la question ouverte.

10
טעמא דרבי רחמנא ״מכוה״ ״מכוה״, הא לא רבי רחמנא ״מכוה״ ״מכוה״, גחלים לאו אש נינהו!

La raison est que le Miséricordieux a inclus par mikve, mikve. S'il n'avait pas inclus par mikve, mikve, les braises ne seraient pas du feu.

🗂️ Tossefot (1)
הא לאו הכי גחלת לא איקרי אש נראה לרשב"א דהוה מצי למימר גלי רחמנא במכוה וגמרינן מיניה ולא איצטריך לשנויי בע"א אלא משום לשון אחרון דלעיל מיהו תימה אמאי לא משני דרבי איירי בגחלים לוחשות והכא לא איצטריך לרבויי אלא עוממות דלא איקרי אש כדמוכח בסמוך וי"ל נהי דגחלת דקרא היינו עוממות סתם גחלת דמשנה ודברייתא הוי לוחשות:
Sinon, une braise ne porterait pas le nom de feu. Il paraît au Rashba qu'on aurait pu dire : le Miséricordieux l'a révélé au sujet de la mikve, et nous l'apprenons de là. Il n'était pas besoin de répondre autrement, si ce n'est à cause de la dernière formulation, plus haut. Reste une difficulté : pourquoi ne répond-on pas que Rabbi parle de braises loheshot (encore vives), et qu'ici le verset n'a à inclure que les braises omemot (mourantes), qui ne portent pas le nom de feu, comme la suite le montre ? On peut dire : soit, la braise du verset désigne les braises mourantes. Une braise sans autre précision, dans la mishna et dans la baraita, désigne les braises vives.
💡 Explication

Conséquence tirée contre Rabbi. Si le double mikve est nécessaire, alors, sans lui, la braise resterait hors du mot feu. Rabbi, lui, appelle les braises un tseli ech.

Tossefot, le Rashba : on aurait pu répondre comme plus haut, "révélé là, et on l'apprend de là". La seconde formulation du four, qui sépare les exigences, empêche cette réponse trop large. Autre piste écartée : Rabbi viserait les braises vives, et le verset les braises mourantes. Réponse : la braise du verset est la braise mourante. Dans la mishna et la baraita, une braise sans précision est vive.

11
אמר ליה: גחלת של עץ לא איצטריך קרא לרבויי. כי איצטריך קרא לגחלת של מתכת.

Il lui dit : une braise de bois, le verset n'a pas besoin de l'inclure. Là où le verset est nécessaire, c'est pour une braise de métal.

💡 Explication

Réponse de Rav Hisda. La braise de bois est déjà du feu : Rabbi peut l'appeler tseli ech. Le ribouï mikve, mikve sert à la braise de métal, un métal chauffé au rouge, que le mot ech, seul, n'aurait pas inclus.

12
וגחלים של מתכת לאו אש הוא? והא גבי בת כהן, דכתיב: ״באש תשרף״. ואמר רב מתנה: פתילה של אבר היו עושין לה!

Et une braise de métal ne serait-elle pas du feu ? Or, au sujet de la fille d'un kohen, il est écrit : ba-ech tisaref.

Et Rav Matna a dit : on lui faisait une mèche de plomb.

📜 Rachi (1)
פתילה של אבר מתיכו וזורקו לתוך פיה:
Une mèche de plomb : on le fait fondre et on le jette dans sa bouche.
💡 Explication

Nouvelle attaque. Le métal chaud serait déjà du feu. La fille d'un kohen est brûlée, ba-ech tisaref (Lévitique 21). Rav Matna : on lui prépare une petila de plomb, fondu, versé dans la bouche. Le plomb fondu remplirait donc le mot feu.

13
שאני התם, דאמר קרא: ״באש תשרף״, ״תשרף״ — לרבות כל שריפות הבאות מן האש.

Là, c'est autre, car le verset dit : ba-ech tisaref. Tisaref vient inclure toutes les combustions qui viennent du feu.

📜 Rachi (1)
תשרף כל מיני שריפה משמע מדלא כתיב באש ונשתוק:
Tisaref : cela vise toutes les espèces de combustion, puisqu'il n'est pas écrit ba-ech pour s'arrêter là.
💡 Explication

Le cas de la fille du kohen est à part. Le verset ne s'arrête pas à ba-ech. Il ajoute tisaref, qui inclut toute combustion venue du feu, au-delà du feu lui-même. Le plomb fondu entre par ce mot, sans que tout métal chaud s'appelle feu dans les autres domaines.

14
וכל שכן אש עצמה. ונקיף לה חבילי זמורות ונקלה! אתיא ״שריפה״ ״שריפה״ מבני אהרן. מה להלן — שריפת נשמה וגוף קיים, אף כאן — שריפת נשמה וגוף קיים.

Et à plus forte raison le feu lui-même. Entourons-la de bottes de sarments et brûlons-la.

On le tire par gezera shava, shereifa shereifa, des fils d'Aharon. Comme là-bas : combustion de l'âme, le corps demeurant.

De même ici : combustion de l'âme, le corps demeurant.

📜 Rachi (2)
וכ"ש אש לשון קושיא הוא:
Et à plus forte raison le feu : c'est formulé comme une question.
בני אהרן שריפת נשמה וגוף קיים הוא בסנהדרין (דף נב.) כמין ב' חוטין של אש נכנסו להן בחוטמיהן:
Les fils d'Aharon, c'est une combustion de l'âme et le corps demeurant : à Sanhédrin 52a, comme deux fils de feu sont entrés dans leurs narines.
💡 Explication

Si tisaref inclut des combustions venues du feu, le feu lui-même convient à plus forte raison. Proposition : l'entourer de havilei zemorot, des bottes de sarments.

On l'écarte par gezera shava : le mot shereifa est rapproché de la mort des fils d'Aharon. Rachi, Sanhédrin 52a : deux fils de feu entrent dans leurs narines. L'âme brûle, le corps demeure. Il en va de même pour la fille du kohen.

15
ונעביד לה חמי האור? משום דרב נחמן, דאמר רב נחמן: אמר קרא: ״ואהבת לרעך כמוך״, ברור לו מיתה יפה.

Et si on lui faisait de l'eau chauffée au feu ? C'est à cause de Rav Nahman.

Rav Nahman a dit que le verset dit : ve-ahavta le-re'akha kamokha, choisis-lui une belle mort.

📜 Rachi (1)
חמי האור רותחין דהוי נמי שריפת נשמה וגוף קיים:
Eau chauffée au feu : de l'eau bouillante. C'est aussi une combustion de l'âme, le corps demeurant.
💡 Explication

L'eau bouillante brûlerait aussi l'intérieur et laisserait le corps. Rav Nahman l'écarte. Le verset ve-ahavta le-re'akha kamokha demande, lors d'une mise à mort, de choisir une mitah yafa, une belle mort.

16
וכי מאחר דאיכא רב נחמן, גזירה שוה למה לי? אמרי: אי לאו גזירה שוה, הוה אמינא: שריפת נשמה וגוף קיים — לאו שריפה היא. ואי משום דרב נחמן — ניפוש לה חבילי זמורות טובא, כי היכי דתמות בעגלא, קא משמע לן.

Et puisqu'il y a Rav Nahman, pourquoi ai-je besoin de la gezera shava ? On dit : sans la gezera shava, j'aurais dit : une combustion de l'âme, le corps demeurant, n'est pas une combustion.

Et du fait de Rav Nahman, on multiplierait pour elle beaucoup de bottes de sarments, afin qu'elle meure vite. Cela nous l'enseigne.

📜 Rachi (3)
גזירה שוה מבני אהרן למה לי תיפוק מהכא דלא מקפינן חבילי זמורות דהא ברור ליה מיתה יפה בעינן:
Gezera shava : celle des fils d'Aharon, pourquoi m'est-elle nécessaire ? Qu'on le tire d'ici : on ne l'entoure pas de bottes de sarments, puisqu'il nous faut lui choisir une belle mort.
אי לאו גזירה שוה הוה אמינא על כרחך אש ממש כגון להקיף חבילי זמורות בעינן דאילו שריפת נשמה וגוף קיים לאו שריפה היא וקרא שריפה אצרכה ואי משום דרב נחמן דבעינן מיתה יפה ה"א נפיש לה חבילים טובא ירבו לה היסק גדול שתמות מהר:
Sans la gezera shava, j'aurais dit : de force, il nous faut un feu véritable, par exemple l'entourer de bottes de sarments. Une combustion de l'âme, le corps demeurant, n'est pas une combustion, et le verset exige une combustion. Et du fait de Rav Nahman, qui exige une belle mort, j'aurais dit : on multiplie pour elle beaucoup de bottes, on lui fait un grand feu, pour qu'elle meure vite.
קא משמע לן גזירה שוה דשריפת נשמה וגוף קיים נמי שריפה היא וכיון דשריפה היא אהני דרב נחמן לאפוקי זמורות ורותחין:
Cela nous l'enseigne : par la gezera shava, une combustion de l'âme, le corps demeurant, est elle aussi une combustion. Et puisqu'elle est une combustion, l'enseignement de Rav Nahman sert à écarter les sarments et l'eau bouillante.
💡 Explication

Les deux enseignements ont chacun leur office. Sans la gezera shava, brûler l'âme en laissant le corps ne remplirait pas le mot shereifa. On reviendrait aux sarments. Rav Nahman, seul, demanderait d'en mettre beaucoup, pour une mort rapide.

La gezera shava enseigne que cette combustion intérieure est une shereifa. Dès lors, Rav Nahman écarte les sarments et l'eau bouillante. Reste la mèche de plomb fondu.

🖼️ Schéma
Pourquoi la gezera shava, puisque Rav Nahman est déjà là ? Sans gezera shava Combustion de l'âme, corps demeurant : hors du mot shereifa Il faut un feu véritable Beaucoup de sarments Rav Nahman : mort rapide Avec la gezera shava Cette combustion intérieure est une shereifa Rav Nahman écarte sarments et eau bouillante Reste le plomb fondu Belle mort, corps intact
Sans gezera shava : sarments en nombre. Avec elle : le plomb fondu, belle mort, corps intact.
17
ואלא ״באש״ למה לי? לאפוקי אבר מעיקרו.

Alors, ba-ech, à quoi me sert-il ? À exclure le plomb dès son origine.

📜 Rachi (2)
אלא באש למה לי כיון דסופינו לרבות כל שריפות:
Alors, ba-ech, à quoi me sert-il : puisque nous finissons par inclure toutes les combustions.
אבר מעיקרו שמוציאין אותו מן הקרקע רותח הוא בלא תולדת אש:
Le plomb dès son origine : on le sort du sol, il est brûlant, sans être un produit du feu.
🗂️ Tossefot (1)
למעוטי אבר מעיקרו הקשה ה"ר יוסף נימא באש פרט תשרף כלל ונעשה כלל מוסף על הפרט ורבי כל מילי ואפילו אבר מעיקרו דלא דמי לפרט וי"ל דכלל דתשרף קאי אפרט כלומר במה תשרף באש הלכך לא מרבינן מתשרף אלא דומיא דאש דקאי עילויה והוי כלל הצריך לפרט דאמרינן בכיסוי הדם (חולין דף פח:) דאין דנין אותו בכלל ופרט ריב"א. והקשה רבינו יעקב דאורלינ"ש אמאי איצטריך קרא למעוטי אבר מעיקרו הא שמעינן ליה מדאיצטריך לא תבערו למעוטי שאין שריפת בת כהן דוחה שבת מכלל דאין יכול לשורפה באבר מעיקרו דאי יכול לשורפה בו א"כ פשיטא דלא דחיא שבת כיון דיכול לעשות בלא דחיית שבת ואומר ר"י דלא פירכא היא כלל דאיצטריך קרא היכא דליכא אבר מעיקרו דאי לא תימא הכי תיקשי אמאי איצטריך קרא דלא דחי שבת כיון שיכול להרתיח פתילה של אבר מערב שבת: [ועיין תוס' יבמות ו: ד"ה טעמא]:
Pour exclure le plomb dès son origine. Rav Yossef objecte : disons que ba-ech est un prat (particulier) et tisaref un kelal (général). On a alors un kelal ajouté au prat, et il inclut toute chose, même le plomb dès son origine, qui ne ressemble pas au particulier. On peut répondre : le kelal de tisaref se rapporte au prat. Autrement dit : par quoi sera-t-elle brûlée ? Par le feu. On n'inclut donc, à partir de tisaref, que ce qui ressemble au feu sur lequel ce mot porte. C'est un kelal qui a besoin du prat. Nous disons dans Kissoui ha-dam (Houlin 88b) qu'on ne le traite pas selon les règles du kelal ou-prat. C'est le Riva. Rabbeinou Yaakov d'Orléans objecte : pourquoi le verset est-il nécessaire pour exclure le plomb dès son origine ? On le sait déjà de ce que lo teva'arou est nécessaire pour enseigner que la combustion de la fille du kohen ne repousse pas le Chabbat. Il en ressort qu'on ne peut pas la brûler avec du plomb dès son origine. Si on le pouvait, il serait évident que cela ne repousse pas le Chabbat, puisqu'on peut l'exécuter sans repousser le Chabbat. Le Ri dit : l'objection ne porte pas. Le verset est nécessaire là où il n'y a pas de plomb dès son origine. Si tu ne dis pas cela, la même question se pose : pourquoi faut-il un verset pour dire que cela ne repousse pas le Chabbat, puisqu'on peut chauffer une mèche de plomb dès la veille du Chabbat ? Voir Tossefot Yevamot 6b, dibour ha-mathil Taama.
💡 Explication

Si tisaref inclut déjà toute combustion venue du feu, le mot ba-ech a encore un office : écarter l'avar me-ikaro, le plomb dès son origine, chaud en sortant du sol, sans passer par le feu.

Tossefot. Rav Yossef voudrait un kelal ajouté au prat, qui inclurait même ce plomb. Réponse du Riva : tisaref se lit avec ba-ech. On n'inclut que ce qui ressemble au feu. C'est un kelal qui a besoin du prat (Houlin 88b).

Rabbeinou Yaakov d'Orléans : lo teva'arou, qui enseigne que cette combustion ne repousse pas le Chabbat, montrerait déjà qu'on ne se sert pas du plomb natif. Le Ri écarte l'objection : le verset reste nécessaire quand ce plomb manque. Sinon, chauffer la mèche dès la veille du Chabbat rendrait le verset inutile du même coup.

18
אמר ליה רבי ירמיה לרבי זירא: וכל היכא דכתיב ״באש תשרף״, לרבות כל שריפות הבאות מחמת אש הוא? והא גבי פרים הנשרפים, דכתיב בהו: ״ושרף אתו על עצים באש״, ותניא: ״באש״ ולא בסיד רותח, ולא בגפסיס רותח?

Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zeira : et partout où il est écrit ba-ech tisaref, est-ce pour inclure toutes les combustions qui viennent du feu ? Or, au sujet des taureaux brûlés, il est écrit à leur sujet : ve-saraf oto al etsim ba-ech.

Et une baraita enseigne : ba-ech, et non dans de la chaux brûlante, ni dans du gipsis brûlant.

📜 Rachi (1)
וכל היכא דכתיב אש וכתב נמי שריפה בהדיה לרבויי כל שריפות אתא בתמיה:
Et partout où il est écrit ech : et qu'il a aussi écrit shereifa avec, cela viendrait-il inclure toutes les combustions ? C'est dit sur le ton de l'étonnement.
🗂️ Tossefot (1)
באש תשרף לרבות כל שריפות דתשרף ריבויא הוא דהוה מצי למיכתב באש תמות:
Ba-ech tisaref, pour inclure toutes les combustions : tisaref est un riboui, car le verset aurait pu écrire ba-ech tamout (au feu elle mourra).
💡 Explication

Rabbi Yirmeya généralise, et s'arrête. Si ba-ech tisaref inclut toute combustion venue du feu, pourquoi les parim ha-nisrafim, les taureaux brûlés, exigent-ils le feu, à l'exclusion de la chaux brûlante et du gipsis brûlant ?

Tossefot : tisaref est le riboui. Le verset aurait pu dire ba-ech tamout, au feu elle mourra, et s'arrêter au feu lui-même.

19
אמר ליה: הכי השתא?! התם כתיב ״באש״ והדר ״תשרף״ — לרבות כל שריפות הבאות מחמת האש. הכא כתיב ״ושרף אתו על עצים באש״ לבסוף ״אש״, למימרא דאש — אין, מידי אחרינא — לא.

Il lui dit : est-ce comparable ? Là-bas, il est écrit ba-ech, puis tisaref, pour inclure toutes les combustions qui viennent du feu.

Ici, il est écrit ve-saraf oto al etsim ba-ech : le mot ech est à la fin, pour dire que le feu, oui, et qu'une autre chose, non.

📜 Rachi (1)
הכא כיון דכתיב שריפה ברישא ומשמע כל שריפות והדר כתב אש משמע דוקא אש קאמר:
Ici : puisqu'il a écrit shereifa d'abord, ce qui vise toutes les combustions, et qu'ensuite il a écrit ech, cela vise le feu en particulier.
💡 Explication

Rabbi Zeira sépare par l'ordre des mots. Chez la fille du kohen, ba-ech vient d'abord, tisaref ensuite : le second mot élargit à toute combustion venue du feu.

Chez les taureaux, ve-saraf vient d'abord, et ech ferme le verset. Rachi : shereifa, en tête, viserait toutes les combustions. Le mot ech, après, ne retient que le feu. Chaux et gipsis restent dehors.

🖼️ Schéma
La place du mot ech Fille du kohen 1. ba-ech 2. tisaref Le second mot élargit Toute combustion venue du feu Le verset aurait pu dire : au feu elle mourra Taureaux brûlés 1. ve-saraf (brûlera) 2. ba-ech, à la fin Le mot feu restreint Ni chaux, ni gipsis brûlants Baraita : ba-ech, et non ces matières Objection, fin du daf : là-bas aussi, shereifa est écrite à la fin. La citation du verset s'ouvre en 75b.
Fille du kohen : tisaref élargit. Taureaux : ech, en fin de verset, ne retient que le feu.
20
התם נמי כתיבא שריפה לבסוף, דכתיב:

Là-bas aussi, une shereifa est écrite à la fin, puisqu'il est écrit :

💡 Explication

L'objection reste ouverte. Pour les taureaux aussi, un mot de shereifa se trouve à la fin du verset. La citation commence ici et continue au daf 75b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).