Sougya : Le daf ferme d'abord le vinaigre : un vinaigre faible dès l'origine garde la kiyoha du fruit ; un vinaigre déjà employé l'a perdue, absorbée par le premier rôti. La mishna du gril est complétée : un askala perforé est permis, et Rabban Gamliel l'a fait faire à Tavi.
Un four chauffé avec de l'orla, puis balayé, où l'on cuit du pain : Rav Ada le permet. On compare au pesah rôti dans un four balayé, que le double tseli ech écarte, puis l'on distingue ce sur quoi la Torah est exigeante, le feu ou le bois interdit.
La suite demande si les braises sont du feu, du bois au métal, jusqu'à la fille du kohen : gezera shava des fils d'Aharon et belle mort de Rav Nahman fixent le plomb fondu, et l'ordre des mots sépare ce cas des taureaux brûlés.
la kiyoha (âcreté) du fruit dans son état propre. Ici, la kiyoha du fruit dans son état propre n'y est plus.
Fin de la réponse ouverte en 74b. Ameimar ne retrempe pas dans un vinaigre déjà employé. On lui oppose le vinaigre faible dès l'origine, dans lequel on trempe pourtant.
Là-bas, la kiyoha du fruit est encore dans le liquide : rien n'en a été tiré. Ici, le premier rôti a absorbé cette âcreté. Ce vinaigre n'a plus la force d'extraire le sang.
On ne rôtit pas le pesah, etc. Un fait rapporté pour contredire ?
Il manque un membre, et voici ce que la mishna enseigne : si l'askala (gril) est perforé, c'est permis. Et Rabbi Tsadok a dit : il arriva que Rabban Gamliel dit à Tavi, son serviteur : Va, et rôtis-nous le pesah sur l'askala perforé.
La mishna a interdit de rôtir le pesah sur un gril, puis elle cite Rabban Gamliel qui le fait rôtir sur un gril. Un récit viendrait contredire la règle. La Guemara complète le texte : hasorei mehasera. Si l'askala est perforé, c'est permis. Le récit de Rabbi Tsadok vise ce gril-là.
Rachi : des barres espacées, la broche en travers. L'agneau cuit dans l'air. La chair ne touche pas le fer, qui aurait rôti par sa propre chaleur.
Rav Hinana bar Idi demanda à Rav Ada bar Ahava : un four qu'on a chauffé avec des pelures d'orla, qu'on a balayé, et dans lequel on a cuit le pain, selon l'avis de celui qui interdit, qu'en est-il ? Il lui dit : le pain est permis.
Rav Hinana bar Idi interroge Rav Ada bar Ahava. Le four a brûlé des pelures d'orla, on a retiré le combustible, le pain cuit par la chaleur des parois. Selon Rabbi, qui interdit le pain cuit directement à ce feu (Pesahim 26b), qu'en est-il ici ? Rav Ada : le pain est permis. Rachi : le shevah etsim, le bénéfice du bois, n'est pas dans ce pain.
Tossefot. Le Riva rapproche la cuisson sur braises, permise par tous. Le Ri sépare : la braise chauffe d'elle-même, simple terre. La paroi du four tient sa chaleur de la flamme, interdit entier. Le Yerushalmi, pour le pesah : tant que le feu est là, il l'emporte sur la chaleur du four, et le four garde groupée la chaleur des braises.
Il lui dit : or Rav Hinana l'Ancien n'a-t-il pas dit que Rabbi Asi a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : un four qu'on a chauffé, qu'on a balayé, et dans lequel on a rôti le pesah, ceci n'est pas un tseli ech, puisqu'il est dit : tseli ech ... tseli ech, deux fois.
Autre Rav Hinana, l'Ancien, au nom de Rabbi Asi au nom de Rabbi Yo'hanan. Un pesah rôti dans un four déjà balayé ne remplit pas tseli ech. Le verset le dit deux fois (Exode 12).
Rachi donne la pointe contre Rav Ada. Sans cette répétition, on appellerait la chaleur des parois un tseli ech. Pour le bois d'orla, aucun miout n'est écrit. Le pain devrait donc être interdit.
La raison est que le Miséricordieux a révélé tseli ech, tseli ech, deux fois. S'il ne l'avait pas révélé, j'aurais dit : c'est un tseli ech.
La Guemara formule l'attaque. Le pesah du four balayé sort du tseli ech seulement parce que le verset répète les mots. Sans cette révélation, cette cuisson porterait le nom de tseli ech. La chaleur laissée dans les parois suivrait alors le feu lui-même, et le pain d'orla serait interdit.
Il lui dit : le Miséricordieux l'a révélé là-bas, et nous l'apprenons de là.
Première réponse de Rav Ada. La révélation est écrite au sujet du pesah, et on l'applique plus loin : la chaleur qui reste après le balayage ne porte pas le nom de feu. Le pain cuit ainsi reste permis.
Et si tu veux, dis : là-bas, la raison est que le Miséricordieux a écrit tseli ech deux fois. S'il n'avait pas écrit tseli ech deux fois, j'aurais dit : le Miséricordieux tient au feu, et même si on l'a balayé, c'est encore un tseli ech.
Mais ici, le Miséricordieux tient au bois interdit, et ce bois n'est plus là.
Seconde réponse. On ne transporte pas la règle du pesah vers l'orla. Pour le pesah, la Torah tient au feu. Rachi : la chaleur du four est une tolda du feu. Un vêtement qu'on y met brûle. Même après le balayage, on aurait dit tseli ech. Le verset répète les mots pour écarter ce produit.
Pour l'orla, la Torah tient au bois interdit. Une fois balayé, ce bois n'est plus dans le four. Le pain est permis.
Nos maîtres ont enseigné : s'il l'a incisé et l'a placé sur des braises, Rabbi dit : je dis que ceci est un tseli ech. Rav Ahadvoi bar Ami objecta à Rav Hisda : Rabbi a-t-il dit que les braises sont du feu ?
Baraita. On entaille le pesah sans le débiter, pour hâter le rôti, et on le pose sur des braises. Rabbi (Yehuda ha-Nassi) l'appelle tseli ech. Les braises compteraient donc comme le feu.
Rav Ahadvoi bar Ami demande à Rav Hisda si Rabbi a bien dit cela. La baraita des negaim, juste après, réserve le nom de feu au feu lui-même, et n'atteint la braise que par un ribouï.
Et on objecte : mikvat ech (brûlure de feu). Je n'ai que le cas où il a été brûlé par le feu.
Brûlé par une braise, par du remets (cendre chaude), par de la chaux brûlante, par du gipsis (gypse) brûlant, et par toute chose qui vient du feu, pour y inclure l'eau chauffée au feu, d'où ? Le verset dit : mikve, mikve.
Il a inclus.
Baraita de la mikve, la brûlure de nega (Lévitique 13). Le mot ech, à lui seul, vise le feu. Braise, cendre chaude, chaux, gipsis, et l'eau chauffée au feu n'entrent que par la répétition mikve, mikve.
Rachi et Tossefot : mikve et shehin suivent les mêmes règles d'impureté, une semaine, poil blanc, extension. Ils ne se joignent pas pour atteindre un gris. Un demi-gris de chaque reste insuffisant (Houlin 8a).
Seconde glose : pour le pesah, la chaleur du tesson de four aurait porté le nom de feu sans le verset double. Ici, chaux et gipsis ont besoin d'un ribouï. Tossefot laisse la question ouverte.
La raison est que le Miséricordieux a inclus par mikve, mikve. S'il n'avait pas inclus par mikve, mikve, les braises ne seraient pas du feu.
Conséquence tirée contre Rabbi. Si le double mikve est nécessaire, alors, sans lui, la braise resterait hors du mot feu. Rabbi, lui, appelle les braises un tseli ech.
Tossefot, le Rashba : on aurait pu répondre comme plus haut, "révélé là, et on l'apprend de là". La seconde formulation du four, qui sépare les exigences, empêche cette réponse trop large. Autre piste écartée : Rabbi viserait les braises vives, et le verset les braises mourantes. Réponse : la braise du verset est la braise mourante. Dans la mishna et la baraita, une braise sans précision est vive.
Il lui dit : une braise de bois, le verset n'a pas besoin de l'inclure. Là où le verset est nécessaire, c'est pour une braise de métal.
Réponse de Rav Hisda. La braise de bois est déjà du feu : Rabbi peut l'appeler tseli ech. Le ribouï mikve, mikve sert à la braise de métal, un métal chauffé au rouge, que le mot ech, seul, n'aurait pas inclus.
Et une braise de métal ne serait-elle pas du feu ? Or, au sujet de la fille d'un kohen, il est écrit : ba-ech tisaref.
Et Rav Matna a dit : on lui faisait une mèche de plomb.
Nouvelle attaque. Le métal chaud serait déjà du feu. La fille d'un kohen est brûlée, ba-ech tisaref (Lévitique 21). Rav Matna : on lui prépare une petila de plomb, fondu, versé dans la bouche. Le plomb fondu remplirait donc le mot feu.
Là, c'est autre, car le verset dit : ba-ech tisaref. Tisaref vient inclure toutes les combustions qui viennent du feu.
Le cas de la fille du kohen est à part. Le verset ne s'arrête pas à ba-ech. Il ajoute tisaref, qui inclut toute combustion venue du feu, au-delà du feu lui-même. Le plomb fondu entre par ce mot, sans que tout métal chaud s'appelle feu dans les autres domaines.
Et à plus forte raison le feu lui-même. Entourons-la de bottes de sarments et brûlons-la.
On le tire par gezera shava, shereifa shereifa, des fils d'Aharon. Comme là-bas : combustion de l'âme, le corps demeurant.
De même ici : combustion de l'âme, le corps demeurant.
Si tisaref inclut des combustions venues du feu, le feu lui-même convient à plus forte raison. Proposition : l'entourer de havilei zemorot, des bottes de sarments.
On l'écarte par gezera shava : le mot shereifa est rapproché de la mort des fils d'Aharon. Rachi, Sanhédrin 52a : deux fils de feu entrent dans leurs narines. L'âme brûle, le corps demeure. Il en va de même pour la fille du kohen.
Et si on lui faisait de l'eau chauffée au feu ? C'est à cause de Rav Nahman.
Rav Nahman a dit que le verset dit : ve-ahavta le-re'akha kamokha, choisis-lui une belle mort.
L'eau bouillante brûlerait aussi l'intérieur et laisserait le corps. Rav Nahman l'écarte. Le verset ve-ahavta le-re'akha kamokha demande, lors d'une mise à mort, de choisir une mitah yafa, une belle mort.
Et puisqu'il y a Rav Nahman, pourquoi ai-je besoin de la gezera shava ? On dit : sans la gezera shava, j'aurais dit : une combustion de l'âme, le corps demeurant, n'est pas une combustion.
Et du fait de Rav Nahman, on multiplierait pour elle beaucoup de bottes de sarments, afin qu'elle meure vite. Cela nous l'enseigne.
Les deux enseignements ont chacun leur office. Sans la gezera shava, brûler l'âme en laissant le corps ne remplirait pas le mot shereifa. On reviendrait aux sarments. Rav Nahman, seul, demanderait d'en mettre beaucoup, pour une mort rapide.
La gezera shava enseigne que cette combustion intérieure est une shereifa. Dès lors, Rav Nahman écarte les sarments et l'eau bouillante. Reste la mèche de plomb fondu.
Alors, ba-ech, à quoi me sert-il ? À exclure le plomb dès son origine.
Si tisaref inclut déjà toute combustion venue du feu, le mot ba-ech a encore un office : écarter l'avar me-ikaro, le plomb dès son origine, chaud en sortant du sol, sans passer par le feu.
Tossefot. Rav Yossef voudrait un kelal ajouté au prat, qui inclurait même ce plomb. Réponse du Riva : tisaref se lit avec ba-ech. On n'inclut que ce qui ressemble au feu. C'est un kelal qui a besoin du prat (Houlin 88b).
Rabbeinou Yaakov d'Orléans : lo teva'arou, qui enseigne que cette combustion ne repousse pas le Chabbat, montrerait déjà qu'on ne se sert pas du plomb natif. Le Ri écarte l'objection : le verset reste nécessaire quand ce plomb manque. Sinon, chauffer la mèche dès la veille du Chabbat rendrait le verset inutile du même coup.
Rabbi Yirmeya dit à Rabbi Zeira : et partout où il est écrit ba-ech tisaref, est-ce pour inclure toutes les combustions qui viennent du feu ? Or, au sujet des taureaux brûlés, il est écrit à leur sujet : ve-saraf oto al etsim ba-ech.
Et une baraita enseigne : ba-ech, et non dans de la chaux brûlante, ni dans du gipsis brûlant.
Rabbi Yirmeya généralise, et s'arrête. Si ba-ech tisaref inclut toute combustion venue du feu, pourquoi les parim ha-nisrafim, les taureaux brûlés, exigent-ils le feu, à l'exclusion de la chaux brûlante et du gipsis brûlant ?
Tossefot : tisaref est le riboui. Le verset aurait pu dire ba-ech tamout, au feu elle mourra, et s'arrêter au feu lui-même.
Il lui dit : est-ce comparable ? Là-bas, il est écrit ba-ech, puis tisaref, pour inclure toutes les combustions qui viennent du feu.
Ici, il est écrit ve-saraf oto al etsim ba-ech : le mot ech est à la fin, pour dire que le feu, oui, et qu'une autre chose, non.
Rabbi Zeira sépare par l'ordre des mots. Chez la fille du kohen, ba-ech vient d'abord, tisaref ensuite : le second mot élargit à toute combustion venue du feu.
Chez les taureaux, ve-saraf vient d'abord, et ech ferme le verset. Rachi : shereifa, en tête, viserait toutes les combustions. Le mot ech, après, ne retient que le feu. Chaux et gipsis restent dehors.
Là-bas aussi, une shereifa est écrite à la fin, puisqu'il est écrit :
L'objection reste ouverte. Pour les taureaux aussi, un mot de shereifa se trouve à la fin du verset. La citation commence ici et continue au daf 75b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).