Pesachim 75b - La braise appelée feu, et le jus qui revient sur le Pesah

Pesachim 75b

Sougya : L'amoud achève l'objection des taureaux brûlés : le verbe yisaref porte deux lois, la cendre du lieu et l'achèvement de la combustion. Ravina réécrit la baraïta des brûlures pour que la braise sorte du mot feu.

Rava oppose la baraïta du brasero de Kippour. Rav Chechet, Abaye et Rava en donnent trois lectures : braises mourantes, braises qui sifflent, flamme.

Rabbi Its'hak fixe l'écriture omemot avec un ayin. La michna règle le Pesah qui touche le tesson du four, le jus qui revient, la fleur de farine, l'huile de terouma et l'huile de maaser cheni.

La guemara ouvre le chaud tombé dans le chaud.

Braises de feu : trois lectures de la baraïta Vayikra 16, 12. À Kippour, le kohen prend un plein brasero sur l'autel. Rav Chechet Braises : mourantes ou sifflantes, au choix Feu : écarte les mourantes Braises : écarte la flamme seule On prend les sifflantes Le mot feu, seul, laisse la braise dehors Difficulté pour Rabbi Il a fallu écrire le mot braises Abaye Braises : on lirait seulement les mourantes Feu : les sifflantes entrent, elles sont feu Sans le second mot : flamme ou braise Braises : hors la flamme La braise qui siffle porte le nom de feu Rabbi est tenu On prend les lohachot braises au feu visible Rava Même début qu'Abaye La flamme d'huile est déjà écartée Cas visé : un tison moitié flamme À l'entrée, tout serait braise Dès la prise : des braises de feu Vayikra 16, 12 Le verset vise l'instant où l'on prend Omemot, braises au feu caché, s'écrit avec un ayin. Rabbi Its'hak : Ye'hezkel 31, 8, les cèdres ne l'ont pas obscurci.
Rav Chechet : la braise sort du mot feu. Abaye : la braise qui siffle est du feu. Rava : dès la prise, des braises, pas un tison.
Le brasero : dès la prise, des braises Rava. La flamme nue est déjà indigne d'un roi. Le verset vise le tison. 1. Prise Autel extérieur Déjà des lohachot braises au feu visible Le tison en flamme est écarté 2. Chemin La flamme tombe Un tison pris à moitié arriverait en braise seule Trop tard pour le verset 3. Entrée Lifnai ve-lifnim Saint des saints Le kal va-homer suffit contre la flamme d'huile Exigence du verset : à l'instant de la prise, gahalei ech, des braises de feu.
De l'autel extérieur au Saint des saints. La flamme d'huile est déjà indigne d'un roi. Le verset exige des braises à l'instant de la prise.
Trois contacts, trois épaisseurs Le Pesah doit être tseli ech, rôti au feu. La chaleur d'autre chose s'enlève. Touche le tesson Paroi du four déjà sans braises Cuit par la chaleur de la terre cuite On pèle klipa, la surface Jus qui revient Le jus tombe sur le tesson chaud La graisse revient et pénètre la viande On prélève netila, en épaisseur Jus sur la solet Fleur de farine brûlante Le jus est rôti par la farine Une poignée kemitsa, à brûler Verset : tu ne le mangeras que rôti au feu. Le rôti par autre chose s'ôte.
Tesson : on pèle. Jus revenu : on prélève en épaisseur. Jus sur la fleur de farine : on brûle une poignée.
1
״על שפך הדשן ישרף״! אמרי: ההוא ״ישרף״ מיבעי ליה לכדתניא: ״ישרף״ — אף על פי שאין שם דשן. ״ישרף״ — אף על פי שהצית האור ברובו.

"Sur le versement de la cendre, il sera brûlé" ! On dit : ce "il sera brûlé" est requis pour ce qu'enseigne la baraïta.

"Il sera brûlé" : même s'il n'y a pas de cendre là. "Il sera brûlé" : même si le feu a pris sur sa majeure partie.

📜 Rachi (3)
על שפך הדשן ישרף סיפא דההוא קרא דכתב בהו באש הוא:
Fin du verset dans lequel il est écrit : par le feu.
אע"פ שאין שם דשן דלא תימא אדשן קפיד רחמנא לשורפו על מקום שהיו מוציאין שם דשנו של מזבח החיצון כדכתיב (ויקרא ו׳:ד׳) והוציא את הדשן אל מחוץ למחנה ואם ניטל הדשן משם לא ישרפנו שם קמ"ל ישרף מכל מקום:
Pour que tu ne dises pas que le Miséricordieux tient à la cendre, et qu'on brûle à l'endroit où l'on sortait la cendre de l'autel extérieur, comme il est écrit : il sortira la cendre en dehors du camp. Si la cendre en a été retirée, on ne brûlerait pas là. Le verset vient apprendre : il sera brûlé, de toute façon.
אע"פ שהוצת האור ברובו יתעסקו בו עד שתגמר שריפה:
On s'en occupe jusqu'à ce que la combustion soit achevée.
💡 Explication

Suite de 75a. Chez les taureaux que l'on brûle, le verset finit par yisaref, il sera brûlé. Ce verbe semblait libre, comme chez la fille d'un kohen, pour inclure toute combustion qui vient du feu.

Réponse : ce yisaref porte déjà deux lois. La cendre de l'autel n'est pas une condition du lieu. Et quand le feu a pris sur la majeure partie, on mène la combustion jusqu'au bout. Le mot ech, en fin de verset, borne la combustion au feu.

🖼️ Schéma
À quoi sert le second verbe : il sera brûlé Même sans cendre Le lieu du versement reste valide si la cendre de l'autel en a été ôtée Même feu aux trois quarts Le feu a pris sur la majeure partie On mène la combustion au bout
Le verbe yisaref enseigne deux lois : brûler sans cendre sur place, et finir la combustion.
2
רבינא אמר, כרוך ותני: ״מכות אש״ — אין לי אלא שנכוה באש ובגחלת. נכוה ברמץ, בסיד רותח, ובגפסיס רותח, ובכל דבר הבא מחמת האור, לאיתויי חמי האור, מניין? תלמוד לומר: ״מכוה״ ״מכוה״ ריבה.

Ravina dit : groupe et enseigne. "Brûlures de feu" : je n'ai que le cas où l'on a été brûlé par le feu et par la braise.

Brûlé par la cendre chaude, par la chaux bouillante, par le plâtre bouillant, et par toute chose qui vient du feu, pour y inclure l'eau chauffée par le feu : d'où le sait-on ? Le verset dit : "brûlure", "brûlure", il a inclus.

📜 Rachi (1)
רבינא אמר הא דפרכת לעיל לר' מדאיצטריך מכוה מכוה לרבויי גחלת לא תיקשי דמתני' משבשתא היא וגחלת לאו מריבוייא דמכוה אתא לתנא אלא ממשמעותא דאש וכרוך ותני גחלת בהדי אש במשמעות דרישא אין לי אלא אש וגחלת כו' וריבוייא דמכוה מכוה לרמץ וסיד אתא:
L'objection faite plus haut à Rabbi, du fait qu'il faut "brûlure, brûlure" pour inclure la braise, tombe. Ce texte reçu est altéré. Pour le tanna, la braise relève du sens simple du mot feu. Groupe et enseigne : la braise va avec le feu dans le début. Je n'ai que le feu et la braise. L'inclusion de "brûlure, brûlure" vise la cendre chaude et la chaux.
💡 Explication

Ravina répond à l'attaque contre Rabbi (Yehouda ha-Nassi). Plus haut, on objectait : s'il faut un redoublement pour compter la braise comme du feu dans les lois de la brûlure, Rabbi ne peut plus dire que la braise est du feu pour le rôti du Pesah.

Kerokh ve-tani : on groupe la braise avec le feu dès la première phrase, par le sens du mot ech. Le redoublement mikhva, mikhva inclut le reste : la cendre chaude (remets), la chaux, le plâtre (gipsis), et l'eau chauffée au feu.

🖼️ Schéma
Ravina : groupe la braise avec le feu Texte reçu, à corriger Brûlure, brûlure servirait à inclure la braise Alors la braise sortirait du sens simple du mot feu Kerokh ve-tani Feu et braise, dès le début par le sens du mot ech Le redoublement inclut cendre, chaux, plâtre, eau
Ravina : la braise vient du mot feu. Brûlure, brûlure inclut cendre, chaux, plâtre et eau chaude.
3
רבא רמי. מי אמר רבי גחלים איקרו אש? ורמינהי: ״גחלי״ — יכול עוממות, תלמוד לומר: ״אש״. אי אש — יכול שלהבת, תלמוד לומר: ״גחלי״. הא כיצד? מביא מן הלוחשות. (אלמא גחלים לא איקרי אש!

Rava oppose. Rabbi a-t-il dit que les braises sont appelées feu ?

On lui oppose ceci. "Des braises" : on pourrait croire, des mourantes.

Le verset dit : "feu". Si c'est "feu" : on pourrait croire, une flamme.

Le verset dit : "des braises". Comment faire ?

Il apporte de celles qui sifflent. Il en ressort que les braises ne sont pas appelées feu.

📜 Rachi (1)
גחלי ולקח מלא המחתה גחלי אש וגו' (ויקרא ט״ז:י״ב) ואם נאמר גחלי ולא נאמר אש יכול גחלים עוממות כבויות אבל לא לוחשות בוערות דהנך לאו גחלים הוא סתמא אלא אש תלמוד לומר אש בתר גחלי להביא את הלוחשות אי נאמר אש ולא נאמר גחלי יכול שלהבת ולא גחלים לוחשות דלאו אש סתמא נינהו תלמוד לומר גחלי אש כי כתבינהו לתרוייהו משמע גחלים שיש להן אש:
"Des braises" : il prendra un plein brasero de braises de feu, etc. (Vayikra 16, 12). Si l'on disait "braises" sans "feu", on pourrait croire : des braises mourantes, éteintes, et laisser de côté celles qui sifflent et brûlent. Celles-là relèvent du feu, pas du nom de braises tout court. Le verset dit "feu" après "braises", pour amener celles qui sifflent. Si l'on disait "feu" sans "braises", on pourrait croire : la flamme, et laisser de côté les braises qui sifflent, car elles ne sont pas du feu tout court. Le verset dit "braises de feu". Puisqu'il écrit les deux, cela vise des braises qui ont du feu.
💡 Explication

Nouvelle attaque de Rava contre Rabbi. Le jour de Kippour, le kohen prend gahalei ech, des braises de feu, sur l'autel.

La baraïta équilibre les deux mots. "Braises" seules donneraient les omemot, braises mourantes, feu caché. "Feu" seul donnerait la chalevet, la flamme. On prend les lohachot, les braises qui sifflent, où le feu se voit. Dans cette lecture, le mot feu ne couvre pas la braise à lui seul.

4
אמרי:) והא גופא קשיא, אמרת: ״גחלי״ — יכול עוממות, אלמא לוחשות אש נינהו, אימא סיפא: אי אש — יכול שלהבת, תלמוד לומר: ״גחלי״, אלמא אפילו לוחשות לאו אש נינהו.

On dit : or ce passage lui-même fait difficulté. Tu as dit : "des braises", on pourrait croire, des mourantes.

Il en ressort que celles qui sifflent sont du feu. Dis la fin.

Si c'est "feu", on pourrait croire : une flamme. Le verset dit : "des braises".

Il en ressort que même celles qui sifflent ne sont pas du feu.

📜 Rachi (1)
הא גופא קשיא אמרת גחלי יכול עוממות ולא לוחשות מדלא משתמע ליה לוחשות מכלל דלוחשות לאו גחלים איקרו ומאי מיקרו ע"כ אש והדר תני אש שלהבת משמע ולא לוחשות:
Ce passage lui-même fait difficulté. Tu as dit : "braises, on pourrait croire, des mourantes", à l'exclusion des sifflantes. Puisque les sifflantes ne sont pas comprises dans ce mot, elles ne portent pas le nom de braises. Quel nom ont-elles ? Nécessairement, feu. Ensuite on enseigne que "feu" signifie la flamme, à l'exclusion des sifflantes.
💡 Explication

La baraïta se contredit. Au début, si "braises" pouvait viser les mourantes, les lohachot sont déjà du feu. À la fin, le mot "braises" écarte la flamme, et les lohachot elles-mêmes sortent du mot feu.

Les trois réponses qui suivent réécrivent la baraïta : Rav Chechet, Abaye, puis Rava.

5
ואמר רב ששת, הכי קתני: ״גחלי״ — יכול בין עוממות בין לוחשות, תלמוד לומר: ״אש״. אי אש — יכול שלהבת, תלמוד לומר: ״גחלי״, הא כיצד? מביא מן הלוחשות. מכל מקום גחלים לא איקרי אש, קשיא לרבי!

Et Rav Chechet dit : voici ce que le texte enseigne. "Des braises" : on pourrait croire, aussi bien des mourantes que des sifflantes.

Le verset dit : "feu". Si c'est "feu" : on pourrait croire, une flamme.

Le verset dit : "des braises". Comment faire ?

Il apporte de celles qui sifflent. En tout cas, les braises ne sont pas appelées feu.

Difficulté pour Rabbi.

📜 Rachi (4)
ואמר רב ששת גרסינן:
On a la leçon : Et Rav Chechet dit.
יכול בין עוממות בין לוחשות איזה שירצה דתרווייהו גחלי מיקרו ת"ל אש בתר גחלי לאפוקי עוממות:
On pourrait croire, aussi bien des mourantes que des sifflantes : celle qu'il veut, car les deux portent le nom de braises. Le verset dit "feu" après "braises", pour écarter les mourantes.
ואי אש בלא גחלי יכול שלהבת דודאי אש סתמא אין גחלים לוחשות במשמע תלמוד לומר גחלי אש להכי כתב תרווייהו:
Et si "feu" sans "braises", on pourrait croire : une flamme. Le feu tout court laisse dehors les braises qui sifflent. Le verset dit "braises de feu". C'est pour cela qu'il a écrit les deux.
מכל מקום לרבי קשיא דמדאיצטריך גחלי שמע מינה אש סתמא אין גחלת במשמע:
En tout cas, difficulté pour Rabbi. Du fait qu'il a fallu écrire "braises", on apprend que le feu tout court laisse dehors la braise.
💡 Explication

Rav Chechet ôte la contradiction interne. "Braises" aurait couvert les deux sortes. "Feu" écarte les omemot. "Braises" écarte la flamme seule. On prend les lohachot.

Rabbi reste en difficulté. Puisqu'il a fallu le mot braises à côté de feu, le mot ech à lui seul ne désigne pas une braise.

6
אמר אביי, תריץ הכי: ״גחלי״ — יכול עוממות ולא לוחשות, תלמוד לומר: ״אש״. אי אש, יכול רצה שלהבת — יביא, רצה גחלת — יביא, תלמוד לומר: ״גחלי״. הא כיצד? מביא מן הלוחשות.

Abaye dit : résous ainsi. "Des braises" : on pourrait croire, des mourantes, et pas des sifflantes.

Le verset dit : "feu". Si c'est "feu", on pourrait croire : s'il veut une flamme, il l'apporte ; s'il veut une braise, il l'apporte.

Le verset dit : "des braises". Comment faire ?

Il apporte de celles qui sifflent.

📜 Rachi (1)
אמר אביי תריץ הכי גחלי יכול עוממות ולא לוחשות ולוחשות לאו גחלי נינהו אלא אש תלמוד לומר אש דהיינו לוחשות אבל בסיפא לא תימא אי אש יכול שלהבת ולא גחלת אלא אי אש יכול רצה גחלים לוחשות רצה שלהבת בלא גחלים ותרווייהו אש מיקרו ת"ל גחלי אש למעוטי שלהבת גרידתא:
Abaye dit : résous ainsi. "Braises : on pourrait croire, des mourantes et pas des sifflantes." Les sifflantes portent le nom de feu. Le nom de braises ne les couvre pas. Le verset dit "feu" : ce sont les sifflantes. Pour la fin, Rachi écarte cette lecture : si "feu", une flamme, à l'exclusion de la braise. La lecture est : s'il veut des braises qui sifflent, il les apporte ; s'il veut une flamme sans braises, il l'apporte. Les deux portent le nom de feu. Le verset dit "braises de feu", pour écarter la flamme seule.
💡 Explication

Abaye retourne la lecture. Les lohachot portent le nom de feu. Le mot "braises" du début les aurait laissées dehors et n'aurait gardé que les mourantes. "Feu" les fait entrer.

Sans le mot "braises" à la fin, flamme et braise seraient au choix, puisque les deux sont du feu. "Braises" écarte la flamme seule. On prend des lohachot. Dans cette lecture, Rabbi tient : la braise est appelée feu.

7
אמר רבה: רצה גחלת — יביא, רצה שלהבת — יביא. שלהבת בלא גחלת היכי משכחת לה? כגון דשפייה למנא משחא ואתלי ביה נורא. ההוא למה לי קרא למעוטי, השתא לפני מלך בשר ודם אין עושין כן, לפני מלך מלכי המלכים הקדוש ברוך הוא לא כל שכן!

Rabba dit : s'il veut une braise, il l'apporte ; s'il veut une flamme, il l'apporte. Une flamme sans braise, où la trouve-t-on ?

Par exemple, il a enduit un ustensile d'huile et y a allumé le feu. Ce cas, pourquoi me faut-il un verset pour l'écarter ?

Déjà devant un roi de chair et de sang, on ne fait pas ainsi. Devant le Roi des rois des rois, le Saint, béni soit-Il, à plus forte raison.

💡 Explication

Rabba presse la lecture d'Abaye. Le verset écarterait une flamme sans braise. Le cas existe : de l'huile étalée sur un ustensile, puis le feu.

Un tel feu ne se porte pas devant un roi. Le kal va-homer suffit à l'écarter devant le Saint, béni soit-Il. Le verset n'a donc pas à l'exclure. Rava va remplacer cette lecture.

8
אלא אמר רבא, תריץ הכי: ״גחלי״ — יכול עוממות ולא לוחשות, תלמוד לומר: ״אש״. אי אש — יכול יביא מחצה גחלת ומחצה שלהבת, אדעייל לגואי הוי כוליה גחלת — תלמוד לומר: ״ולקח מלא המחתה גחלי אש מעל המזבח״, משעת לקיחה ניהוי גחלים.

Mais Rava dit : résous ainsi. "Des braises" : on pourrait croire, des mourantes, et pas des sifflantes.

Le verset dit : "feu". Si c'est "feu", on pourrait croire : il apporte moitié braise et moitié flamme ; le temps d'entrer à l'intérieur, le tout est devenu braise.

Le verset dit : "Il prendra un plein brasero de braises de feu, de dessus l'autel." Dès l'instant de la prise, que ce soient des braises.

📜 Rachi (2)
מחצה גחלת ומחצה שלהבת כגון אוד שהוצת האור ברובו יטול ממזבח החיצון דבין גחלת ובין שלהבת מיקרו אש וכי מטי התם ממזבח החיצון לפני ולפנים הוה ליה כולה גחלת דאילו לעיולי הכי לא איצטריך מיעוטא דלפני מלך בשר ודם אין מביאין אוד בשלהבתו מפני שמעלה עשן וכי איצטריך מיעוטא לשעת לקיחה איצטריך:
Moitié braise et moitié flamme : par exemple un tison dont le feu a pris sur la majeure partie. Il le prendrait sur l'autel extérieur. Braises et flamme portent le nom de feu. Le temps d'arriver de l'autel extérieur jusqu'au Saint des saints, le tout serait braise. Pour entrer de cette façon, l'exclusion est inutile : devant un roi de chair et de sang on n'apporte pas un tison dans sa flamme, parce qu'il fait monter de la fumée. L'exclusion est requise pour l'instant de la prise.
ת"ל כו' משעת לקיחה להוי גחלי אש ואין שלהבת משמע גחלי אש:
Le verset enseigne, etc. Dès l'instant de la prise, que ce soient des braises de feu. "Braises de feu" laisse la flamme dehors.
🗂️ Tossefot (1)
תלמוד לומר ולקח וגו' משעת לקיחה בעינן דניהוי גחלים וא"ת אפילו לא כתיב ולקח אלא גחלי אש ידעינן דניהוי גחלים בשעת לקיחה דלעיולי לגיו לא איצטריך דשמעינן ליה מק"ו ומה לפני מלך כו' וע"כ מוקמינן ליה לשעת לקיחה וי"ל דודאי לא צריך קרא משום הכי אלא דאי אפשר לכתוב בע"א אלא ולקח:
Le verset dit : Il prendra, etc. Dès l'instant de la prise, nous exigeons que ce soient des braises. Tu peux objecter : même sans le mot "il prendra", avec seulement "braises de feu", nous saurions qu'elles doivent être des braises à l'instant de la prise. Les faire entrer à l'intérieur n'appelle pas d'exclusion : on l'apprend d'un kal va-homer, devant un roi, etc. On place donc forcément cette loi à l'instant de la prise. Réponse : un verset n'est certes pas requis pour cette raison. Il est impossible d'écrire le verset autrement que par "il prendra".
💡 Explication

Rava garde le début d'Abaye : "feu" inclut les braises qui sifflent. Il change ce que le verset vient écarter.

Le cas visé est un oud, un tison, moitié braise et moitié flamme, pris sur l'autel extérieur. En arrivant lifnai ve-lifnim, au Saint des saints, la flamme serait tombée et il ne resterait que de la braise. Le verset exige des braises dès la prise.

Tossefot : le mot "il prendra" n'ajoute pas une source. La phrase ne peut pas s'écrire sans ce verbe. L'exigence "dès la prise" se lit dans "braises de feu".

9
איבעיא להו: אוממות או עוממות? אמר רבי יצחק: ״ארזים לא עממהו בגן א-להים״.

On a demandé : omemot avec un alef, ou omemot avec un ayin ? Rabbi Its'hak dit : "Les cèdres ne l'ont pas obscurci, dans le jardin de D.ieu"

📜 Rachi (1)
ארזים לא עממוהו לא הכהו את מראיתו לפי שהיה נאה מכל אילנות ועל חירם מלך צור נאמר:
"Les cèdres ne l'ont pas obscurci" : ils n'ont pas terni son aspect, car il était plus beau que tous les arbres. Le verset est dit sur Hiram, roi de Tyr.
💡 Explication

Question de graphie. Omemot s'écrit-il avec un alef ou avec un ayin ? Rabbi Its'hak tranche par Ye'hezkel 31, 8 : le verbe est écrit avec un ayin. La racine veut dire obscurcir, cacher. Les braises omemot sont celles dont le feu est caché.

Rachi : les cèdres n'ont pas terni l'éclat de cet arbre, plus beau que tous. La parabole vise Hiram, roi de Tyr.

🖼️ Schéma
Omemot : alef ou ayin ? אוממות avec un alef lecture écartée עוממות avec un ayin Ye'hezkel : obscurcir
Omemot s'écrit avec un ayin, comme le verbe obscurcir en Ye'hezkel 31, 8.
10
מתני׳ נגע בחרסו של תנור — יקלוף את מקומו. נטף מרוטבו על החרס וחזר אליו — יטול את מקומו. נטף מרוטבו על הסולת — יקמוץ את מקומו.

Michna. Si le Pesah a touché le tesson du four, on pèle l'endroit.

Si un peu de son jus a goutté sur le tesson et est revenu sur lui, on prélève l'endroit. Si un peu de son jus a goutté sur la fleur de farine, on enlève une poignée de l'endroit.

📜 Rachi (6)
מתני' נגע בחרסו של תנור וכו' נגע הפסח בחרסו של תנור:
Le Pesah a touché le tesson du four.
יקלוף מן הפסח מקום שנגע בתנור כדמפרש בגמ' שנתבשל שם מחום התנור ולא צלי אש הוא כדאמרן לעיל משום שנאמר צלי אש צלי אש שני פעמים למעוטי תנור שגרפו וחרס הדפנות גרוף ועומד הוא:
On pèle, sur le Pesah, l'endroit qui a touché le four. Comme la guemara l'explique : là, il a cuit par la chaleur du four, et ce point n'est pas un rôti au feu. Comme on l'a dit plus haut : il est écrit "rôti au feu", "rôti au feu", deux fois, pour écarter un four dont on a retiré les braises. Le tesson des parois est déjà dégagé de ses braises.
נטף בתנור מרוטב על החרס:
Il a goutté, dans le four, du jus sur le tesson.
וחזר אליו שחזר שומן שנתחמם מן החרס ונבלע בפסח:
Et il est revenu sur lui : la graisse chauffée par le tesson est revenue et a été absorbée dans le Pesah.
יטול את מקומו דלא סגי ליה בקליפה אלא בנטילה יפה יפה בעובי דשומן נבלע בתוכו הרבה ואותו שומן מבושל מן החרס (היה):
On prélève l'endroit. Une pelure ne suffit pas. Il faut un vrai prélèvement, dans l'épaisseur : la graisse est largement absorbée à l'intérieur, et cette graisse a cuit par le tesson.
נטף מרוטבו על הסולת מפרש בגמ' בסולת רותחת דמטוי רוטבו מחום הסולת והוי צלי מחמת דבר אחר ואסור למיכליה לההוא רוטב שבתוך הסולת משום אל תאכלנו כי אם צלי אש הילכך יקמוץ את מקומו וישרוף אותו קומץ כשאר קדשים פסולין:
Un peu de son jus a goutté sur la fleur de farine. La guemara explique : sur de la fleur de farine brûlante. Son jus a été rôti par la chaleur de la farine. C'est un rôti par l'intermédiaire d'autre chose. Il est interdit de manger ce jus qui est dans la farine, à cause du verset : tu ne le mangeras que rôti au feu. On enlève donc une poignée de l'endroit, et on brûle cette poignée comme les autres kodachim devenus passoul.
🗂️ Tossefot (1)
יטול את מקומו ולא סגי ליה בקליפה לפי שהרוטב נבלע יותר בתוכו. ואם תאמר נגע בחרסו של תנור אמאי סגי ליה בקליפה הלא הרוטב שיש באותו כדי קליפה נבלע בפסח עד כדי שיטול את מקומו כמו נטף מרוטבו וחזר אליו וכל דבר הנאסר בצלי דקי"ל דאינו נאסר אלא כדי קליפה מחמת הרוטב שבו יאסור עד כדי שיטול את מקומו ואיכא לאוקמא בשאין רוטב כי אם מעט ומעט רוטב אינו אוסר כל כך כדאמרינן בגמ' שאני סיכה דמשהו עבדי לה:
On prélève l'endroit. Une pelure ne suffit pas, car le jus est absorbé plus avant à l'intérieur. Tu peux objecter : s'il a touché le tesson du four, pourquoi une pelure suffit-elle ? Le jus qui se trouve dans cette épaisseur de pelure s'absorbe dans le Pesah au point qu'il faudrait prélever l'endroit, comme lorsque son jus a goutté et est revenu sur lui. Tout ce qui est interdit dans un rôti, et dont nous tenons qu'il n'interdit qu'à épaisseur de pelure, interdirait, à cause du jus qui s'y trouve, jusqu'à l'épaisseur d'un prélèvement. On peut poser le cas où il n'y a que peu de jus. Un peu de jus n'interdit pas autant. Comme la guemara le dit : l'onction est à part, car on la fait avec une quantité infime.
⚖️ Rosh (1)
תנו רבנן אין לותתין את השעורין בפסח ואם לתתו נתבקעו אסורות לא נתבקעו מותרות ר' יוסי אומר שורן בחומץ וחומץ צומתן אמר שמואל אין הלכה כרבי יוסי אמר רב חסדא אמר מר עוקבא לא נתבקעו ממש אלא כל שאילו מניחן ע"פ חביות והן נתבקעות מאליהם. ר"ת גרס ע"פ האבוב. ושמואל אמר נתבקעו ממש עבד שמואל עובדא נתבקעו ממש. וכיון דלא אפסקא בהא הילכתא בהדיא לא כמר עוקבא ולא כשמואל עבדינן לחומרא כמר עוקבא דה"ל ספיקא דאורייתא והני מילי לענין מיכלינהו להנהו שערי בעינייהו אבל אי משתכחי בהדי בישולי ולא נתבקעו כיון דאיסור חמץ במשהו דרבנן הוא לא אסרינן לההוא בישולא דאשתכחן ביה תרי או תלתא שערי אא"כ נתבקעו כשמואל משום דה"ל ספיקא דרבנן ואזלינן לקולא. וי"א דהלכה כשמואל משום דמר עוקבא תלמיד דשמואל הוה וקי"ל דאין הלכה כתלמיד במקום רבו. ועוד דהא עביד שמואל עובדא ואי לאו דקים ליה דהלכתא הכי לא עביד עובדא ונ"ל דכ"ש אם נמצאת בעיסה או במצה לאחר אפייתה שמותרת אם לא נתבקעו ואפילו אם נתבקעו נראה לי דשרי דנתבקע לאו חמץ גמור הוא אלא קרוב להחמיץ. מדקאמר ר' יוסי שורן בחומץ וחומץ צומתן וחטה זו בקמח היתה ודבר ידוע שהחטה שהיא קשה אינו ממהרת להחמיץ כמו העיסה וכיון שהעיסה לא החמיצה כל שכן החטה. ולא חיישינן שמא היתה החטה במים לפי שרגילין ישראל לשמור יפה המים השמורים לשום מצה מחימוץ. וראיתי קצת מן המורים שאסרו אותה מצה ויש שאסרו כל המצות הנאפות בתנור עמה. ולא נהירא לי דאפילו אם היתה החטה חמץ למה תאסור כל המצות דהא דאמרינן חמץ במשהו היינו דוקא ע"י בישול שמתפשט החמץ בכל הקדירה וכל היכא דשאר איסורין אוסרין בנתינת טעם חמץ אוסר במשהו. אבל כזית חלב שנמצא בחררה אחת דבר ידוע הוא שאין איסור החלב מפעפע בכל החררה דאפייה לא הוי כבישול להתפשט הטעם בכל החררה אלא כדי קליפה או כדי נטילה כדאמרינן לקמן (פסחים דף עה:) נטף מרוטבו על החרס וחזר עליו נוטל את מקומו וכ"ש חטה אחת שאין יכולה בפליטתה להתפשט בכל המצה. וכן כתב ה"ר אליעזר ממי"ץ ואם נמצאת חטה על בשר מלוח או על בשר צלי או בתוך מצה רותחת חותך מקום פעפועו לפי אומד הדעת ואם ביום טוב אחרון של פסח מותר להשהותו עד אחר הפסח שהרי הוא ספק יו"ט ספק חול וכן יש בתשובות עד כאן. כתב בספר הרוקח סימן רפ"א ע"ש חטה שנמצאת בתרנגולת מלוחה ונמלחו עמה תרנגולת אחרות ושאלוני ולא אסרתי כי אם אותה שנמצאת עליה החטה כי נתרככה וחמץ במשהו. והוא הדין אם צלו תרנגולות הרבה בשפוד אחד ונמצאת חטה באחת מהן היא אסורה ושאר מותרות עד כאן. ואין דבריו נראין מה שאסר כל התרנגולת מלוחה שנמצאת בה החטה אלא כאשר כתב ה"ר אליעזר ממי"ץ שנוטל מקום פעפועו. אבל בתרנגולת צלויה שנמצאת בתוכה חטה בזה נראין דבריו שכולה אסורה לפי שכשמהפכין השפוד מתפשט הטעם בכל התרנגולת. ואם היה מעשה בא לידי הייתי אוסר כל התרנגולת שבשפוד הנוגעות זו בזו כי ע"י הפוך השפוד מתפשט מזו לזו וכי היכי דבשאר איסורין אם היה באיסור כדי ליתן טעם בכולן היינו אוסרין כולן הוא הדין נמי חמץ במשהו. אמר רבא בעל נפש לא ילתות כלומר מי שמדקדק עליו במצות לא ילתות ואפי' חיטין דשרירין. אמר רב נחמן מאן דציית ליה לאבא אכיל נהמא דעיפושא. דבי רב כהנא לתתי דבי רבה בר רב הונא לתתי. והאידנא שדרו ממתיבתא שאין אנו בקיאין בלתיתה הלכך לא שריא לן למילתתה. וחליטא ליכא בזמן הזה מאן דידע למיחלט הלכך אסור.
Nos maîtres ont enseigné : on ne fait pas de letita (trempage) de l'orge à Pesah. Si on l'a trempée et que les grains se sont fendus, ils sont interdits. S'ils ne se sont pas fendus, ils sont permis. Rabbi Yossi dit : on les trempe dans le vinaigre, et le vinaigre les contracte. Chmouel dit : la halakha ne suit pas Rabbi Yossi. Rav Hisda dit au nom de Mar Oukba : la fente visée dépasse la fente réelle. Tout grain qui, posé sur l'ouverture d'une barrique, se fend de lui-même, entre dans ce cas. Rabbeinou Tam a la version : sur l'ouverture d'un tuyau. Chmouel dit : une fente réelle. Chmouel a jugé un cas selon la fente réelle. Sur ce point, la halakha n'a été tranchée explicitement ni comme Mar Oukba ni comme Chmouel. Nous pratiquons la rigueur de Mar Oukba, car le doute porte sur un interdit de la Torah. Cela vaut quand on mange ces orges telles quelles. Si elles se trouvent dans un mets cuit et qu'elles ne se sont pas fendues, l'interdit du hamets en mashehou (quantité infime) est rabbinique : nous laissons ce mets, où se trouvent deux ou trois orges, sauf si elles se sont fendues, comme Chmouel, car le doute est rabbinique et l'on va à l'indulgence. Certains disent que la halakha suit Chmouel, parce que Mar Oukba était l'élève de Chmouel, et nous tenons que la halakha ne suit pas l'élève face à son maître. De plus, Chmouel a agi en pratique. S'il n'avait pas tenu pour certaine cette halakha, il n'aurait pas agi. Il me semble qu'à plus forte raison, si un grain se trouve dans une pâte ou dans une matsa après la cuisson, elle est permise tant que les grains ne se sont pas fendus. Même s'ils se sont fendus, il me semble que c'est permis : un grain fendu en est au stade proche de la fermentation, en deçà du hamets achevé. On le voit de ce que dit Rabbi Yossi : on les trempe dans le vinaigre, et le vinaigre les contracte. Ce grain de blé était dans la farine. Il est connu que le blé, qui est dur, fermente moins vite que la pâte. Puisque la pâte n'a pas fermenté, le blé à plus forte raison. Nous ne craignons pas que le blé ait séjourné dans l'eau : Israël garde avec soin, loin de la fermentation, l'eau gardée destinée à la matsa. J'ai vu certains décisionnaires interdire cette matsa, et d'autres interdire toutes les matsot cuites dans le four avec elle. Cela ne me paraît pas fondé. Même si ce blé était du hamets, pourquoi interdirait-il toutes les matsot ? Le hamets en mashehou dont nous parlons passe par une cuisson en liquide, où le hamets se répand dans toute la marmite. Là où les autres interdits interdisent parce qu'ils donnent un goût, le hamets interdit en mashehou. Un kazayit de helev trouvé dans une galette : l'interdit du helev reste local, il ne traverse pas toute la galette. La cuisson au four laisse le goût sur une épaisseur de pelure, ou une épaisseur de prélèvement, là où la cuisson en liquide le répandrait partout. Comme nous le disons plus loin (Pesahim 75b) : son jus a goutté sur le tesson et est revenu sur lui, on prélève son endroit. À plus forte raison un seul grain de blé : son exsudat ne gagne pas toute la matsa. Ainsi a écrit rav Eliezer de Metz. Si un grain de blé se trouve sur de la viande salée, ou sur de la viande rôtie, ou dans une matsa brûlante, on coupe l'endroit de l'infiltration selon l'estimation. Au dernier jour de fête de Pesah, il est permis de le garder jusqu'après Pesah, car le jour est un doute : fête, ou jour ordinaire. Ainsi dans les responsa. Jusqu'ici. Il est écrit dans le Sefer ha-Rokeah, siman 281, voir là. Un grain de blé a été trouvé dans une poule salée, et d'autres poules ont été salées avec elle. On m'a interrogé. J'ai interdit seulement la poule sur laquelle le grain a été trouvé, car elle s'est ramollie, et le hamets vaut en mashehou. De même, si l'on rôtit beaucoup de poules sur une seule broche et qu'un grain se trouve dans l'une d'elles, celle-là est interdite, et les autres sont permises. Jusqu'ici. Là où il interdit toute la poule salée dans laquelle le grain se trouve, ses paroles ne me paraissent pas justes. On suit rav Eliezer de Metz : on retire l'endroit de l'infiltration. Pour une poule rôtie dans laquelle un grain se trouve, ses paroles me paraissent justes : elle est toute interdite, car en retournant la broche le goût se répand dans toute la poule. Si un cas m'était soumis, j'interdirais toutes les poules de la broche qui se touchent, car le retournement de la broche fait passer le goût de l'une à l'autre. Il en va comme pour les autres interdits : s'il y a dans l'interdit de quoi donner du goût dans chacune, on les interdit toutes. De même pour le hamets en mashehou. Rava dit : un baal nefech ne fait pas de letita. C'est-à-dire : celui qui est exigeant envers lui-même dans les mitsvot ne trempe pas, même le blé, qui est dur. Rav Nahman dit : celui qui écoute Abba mange un pain d'aifoussa (pain de mauvaise mouture). Dans la maison de Rav Kahana, on trempait. Dans la maison de Rabba bar Rav Houna, on trempait. De nos jours, la yechiva a fait savoir : nous ne sommes pas experts dans la letita. Il ne nous est donc pas permis de tremper. La halita (échaudage) : personne de nos jours ne sait échauder. Elle est donc interdite.
💡 Explication

Trois contacts, trois épaisseurs. Le Pesah touche le tesson du four : la paroi, déjà dégagée de ses braises, cuit ce point par sa chaleur. On pèle (klipa).

Le jus tombe sur le tesson, chauffe, et revient sur la viande : la graisse pénètre. Une pelure ne suffit plus. On prélève en épaisseur (netila). Tossefot : s'il y a peu de jus au point de contact, la pelure suffit. L'onction, plus loin, se fait en quantité infime.

Le jus tombe sur la solet brûlante : ce jus est rôti par la farine. On retire une poignée (kemitsa) et on la brûle, comme un kodach passoul. Le Roch rattache à ce daf le grain de blé trouvé dans une matsa : au four, l'atteinte reste locale.

11
סכו בשמן תרומה, אם חבורת כהנים — יאכלו. אם של ישראל, אם חי הוא — ידיחנו. ואם צלי הוא — יקלוף את החיצון. סכו בשמן של מעשר שני — לא יעשנו דמים על בני חבורה, שאין פודין מעשר שני בירושלים.

S'il l'a enduit d'huile de terouma : si c'est un groupe de kohanim, ils le mangent. Si c'est un groupe d'Israël : s'il est cru, on le rince ; s'il est rôti, on pèle la couche extérieure.

S'il l'a enduit d'huile de maaser cheni, on n'en met pas le prix au compte des membres du groupe, car on ne rachette pas le maaser cheni à Jérusalem.

📜 Rachi (3)
אם חי ידיחנו דלא בלע:
S'il est cru, on le rince : il n'a pas absorbé.
צלי בעי קליפה משום דבלע:
Rôti : il faut une pelure, car il a absorbé.
אין מוכרין מעשר שני בירושלים ואפילו לאוכלו שם בקדושה דכי ירבה ממך הדרך ונתתה בכסף כתיב (דברים יד):
On ne vend pas le maaser cheni à Jérusalem, même pour le manger là dans sa sainteté. Il est écrit : quand le chemin sera trop long pour toi, tu le donneras contre de l'argent (Devarim 14).
🗂️ Tossefot (2)
ואם צלי הוא יקלוף את החיצון בכל ענין מיירי בין חם בין צונן דמתוך שהוא רך בולע אע"פ שאינו חם דודומיא דחי קתני:
S'il est rôti, on pèle l'extérieur. Le cas couvre tout : chaud ou froid. Comme la viande rôtie est tendre, elle absorbe même sans être chaude. Le texte la met en regard du cru.
לפי שאין מוכרין מעשר שני בירושלים פירש בקונטרס דכי ירבה ממך הדרך ונתתה בכסף כתיב וקשיא לר"י דהא קרא בפדיון מיירי שמוציאו מקדושתו ומחללו על דבר אחר אבל הכא אפילו לאוכלו בקדושתו כדפי' בקונטרס גופיה והכי נמי משמע לישנא דמוכרין מדלא קתני מחללין ויש ספרים שכתוב בהן שאין פודין אבל רש"י כתב שאין מוכרין ונראה לר"י דבירושלים גזרו מדרבנן מכירה אטו פדייה דאסור מן התורה ולרשב"א נראה דלא אסרו מכירה אלא משום בזיון מצוה כדתנן בריש מסכת מעשר שני (פ"א מ"א) שאין מוכרין אותו ואין ממשכנין אותו ואין שוקלין כנגדו:
Parce qu'on ne vend pas le maaser cheni à Jérusalem. Le kuntres explique : il est écrit "quand le chemin sera trop long pour toi, tu le donneras contre de l'argent". Difficulté pour le Ri. Ce verset parle du rachat : on le sort de sa sainteté et on le transfère sur autre chose. Ici, le kuntres lui-même vise même le fait de le manger dans sa sainteté. La tournure "on vend" va dans le même sens, puisque le texte ne dit pas "on transfère". Certains livres ont "on ne rachette pas". Rachi a écrit "on ne vend pas". Pour le Ri, à Jérusalem on a décrété, d'ordre rabbinique, l'interdiction de la vente, à cause du rachat, interdit par la Torah. Pour le Rachba, la vente n'a été interdite qu'à cause du mépris de la mitsva, comme la michna au début de Maaser cheni (chapitre 1, michna 1) : on ne le vend pas, on n'en prend pas de gage, et on ne pèse pas d'argent en face de lui.
💡 Explication

L'huile posée sur le Pesah suit celui qui a le droit de la manger. Terouma : un groupe de kohanim mange le tout. Un groupe d'Israël : cru, on rince, la viande n'a pas absorbé ; rôti, on pèle, elle a absorbé. Tossefot : le rôti absorbe même froid, parce qu'il est tendre.

Maaser cheni : on ne met pas le prix de cette huile au compte des membres. À Jérusalem, le maaser cheni se mange. Le texte dit : on ne le rachette pas. Rachi lit : on ne le vend pas, même pour une consommation dans la sainteté. Le Ri y voit un décret rabbinique, la vente interdite à cause du rachat. Le Rachba (Rabbeinou Chimchon) y voit un mépris de la mitsva.

🖼️ Schéma
Huile enduite sur le Pesah Huile de terouma Groupe de kohanim ils mangent Groupe d'Israël, cru on rince Groupe d'Israël, rôti on pèle l'extérieur Le cru n'absorbe pas. Le rôti absorbe. Huile de maaser cheni Pas de prix réclamé aux membres du groupe À Jérusalem, le maaser cheni se mange On ne le rachette pas Rachi lit : on ne le vend pas même pour le manger en sainteté
Terouma : les kohanim mangent, Israël rince le cru et pèle le rôti. Maaser cheni : pas de prix, pas de rachat à Jérusalem.
12
גמ׳ איתמר: חם לתוך חם — דברי הכל

Guemara. Il a été dit : du chaud dans du chaud, de l'avis de tous.

📜 Rachi (1)
גמ' חם לתוך חם בשר רותח לתוך חלב רותח או אחד של איסור ואחד של היתר:
Du chaud dans du chaud : de la viande bouillante dans du lait bouillant, ou bien l'un d'interdit et l'autre de permis.
💡 Explication

La michna du jus et de l'huile ouvre la règle du contact à chaud. La formule commence ici : ham be-tokh ham, du chaud tombé dans du chaud. Tous s'accordent. La phrase est coupée à la fin de l'amoud.

Rachi donne les deux couples visés. Viande bouillante et lait bouillant. Ou un aliment interdit et un aliment permis. L'objet de l'accord se lit sur le daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).