Sougya : Le daf ouvre sur le verset de Rabbi Elazar ben Matya : un seul ne fait pas pencher le public. Rabbi Chimon traite une tribu impure comme un kahal : elle fait le premier en impuretรฉ, les autres en puretรฉ.
Rabbi Yehouda, avec le mรชme principe, aboutit ร moitiรฉ et moitiรฉ, et comme un sacrifice du public ne se divise pas, tous font en impuretรฉ. ร la moitiรฉ exacte, si un tanna ferme les deux issues, Rav rend un pur impur par un sheretz, Oula envoie un pur sur un chemin lointain.
Un rov de zavim laisse le miut impur par un mort sans premier et sans second. Un rov impur par un mort ouvre, pour les zavim, le dรฉbat du tashloum : Rav Houna le refuse, Rav Adda l'accorde.
Tu ne pourras pas sacrifier le Pessa'h dans l'une de tes portes.
Suite de Rabbi Elazar ben Matya, au daf prรฉcรฉdent. Le verset est Devarim 16, 5. Be-ehad, dans l'une, se lit : ร cause d'un seul.
Un yahid ne fait pas pencher le tzibbur vers la touma. Rachi : sa shehita ne doit pas faire aboutir ce penchant.
Rabbi Chimon dit : mรชme une seule tribu impure, et toutes les autres tribus pures, ceux-ci font pour eux-mรชmes et ceux-lร font pour eux-mรชmes. Quelle est la raison de Rabbi Chimon ?
Il tient : une seule tribu est appelรฉe kahal (communautรฉ).
Rabbi Chimon sรฉpare les groupes. La tribu impure fait le premier en touma, pour elle. Les tribus pures font le premier en puretรฉ, pour elles.
Une tribu porte le nom de kahal. Rachi le tire du verset dit ร Yaakov alors que Binyamin n'รฉtait pas nรฉ : chaque tribu dรฉjร nรฉe est un public. On ne la renvoie pas au second.
Rabbi Yehouda dit : mรชme une seule tribu impure, et toutes les autres tribus pures, qu'ils fassent en impuretรฉ, car un sacrifice du public ne se divise pas. Rabbi Yehouda tient : une seule tribu est appelรฉe kahal.
Ils se trouvent moitiรฉ et moitiรฉ, et un sacrifice du public ne se divise pas : tous font en impuretรฉ.
Rabbi Yehouda part du mรชme point : une tribu est un kahal. Une tribu impure et le reste, lui aussi un kahal, font moitiรฉ et moitiรฉ.
Un korban tzibbur ne se divise pas. On ne laisse pas un Pessa'h en puretรฉ ร cรดtรฉ d'un Pessa'h en touma. Tous font en impuretรฉ. Rachi : les purs aussi, s'ils veulent l'offrir.
On a rapportรฉ : Israรซl รฉtait moitiรฉ purs et moitiรฉ impurs. Rav a dit : on rend l'un d'eux impur par un sheretz (rampant).
Cas des amoraรฏm. Israรซl est exactement moitiรฉ pur et moitiรฉ impur. Rav fait rendre un pur impur par un sheretz.
Rachi donne le but : obtenir un rov d'impurs, pour que tous fassent le premier en touma.
Et pourquoi ? Que ceux-ci fassent pour eux seuls et ceux-lร pour eux seuls, puisque Rav a dit : ceux-ci font pour eux-mรชmes, et ceux-lร font pour eux-mรชmes !
On dit : ici, de quoi s'agit-il ? Par exemple, les impurs dรฉpassaient les purs d'un seul.
Objection : ร moitiรฉ exacte, Rav lui-mรชme laisse chacun faire pour soi. Pourquoi rendre quelqu'un impur ?
Rรฉponse proposรฉe : les impurs dรฉpassent d'un. Rachi : les purs ne sont alors pas aptes au premier. Le partage, chacun pour soi, vise la moitiรฉ exacte.
S'il en est ainsi, ils sont une majoritรฉ d'impurs : que tous fassent en impuretรฉ ! Il tient comme Rabbi Elazar ben Matya, qui a dit : l'individu ne fait pas pencher le public vers l'impuretรฉ.
S'il en est ainsi, notre objection revient ร sa place : que ceux-ci fassent pour eux seuls, et ceux-lร pour eux seuls !
Un impur de plus ferait un rov. Tous feraient alors en touma.
Rav se rรจgle sur Rabbi Elazar ben Matya : cet individu ne fait pas pencher le public. On retombe sur moitiรฉ et moitiรฉ, et l'objection revient : chacun pour soi.
Voici le sens de sa parole : s'il y a un tanna qui tient comme le premier tanna, lequel a dit : moitiรฉ et moitiรฉ, ils ne font pas tous en impuretรฉ, et qui tient comme Rabbi Yehouda, lequel a dit : un sacrifice du public ne se divise pas, on rend l'un d'eux impur par un sheretz.
La baraita reste sur la moitiรฉ exacte. Rav vise un tanna qui rรฉunit deux avis.
Comme le tanna kamma : ร moitiรฉ, on ne fait pas tous en touma. Comme Rabbi Yehouda : le korban du public ne se divise pas. Ce tanna รฉcarte les deux issues. On rend un pur impur par un sheretz : les impurs passent rov, et tous font en touma.
Rachi nomme le motif du refus de diviser : un dรฉshonneur, visible dรจs que les purs se gardent des impurs.
Et Oula a dit : on envoie l'un d'eux sur un chemin lointain. Qu'on le rende impur par un sheretz !
Oula rรฉsout le mรชme blocage autrement : envoyer un pur sur un chemin lointain. Ceux qui restent sont un rov d'impurs, et tous font le premier en touma.
L'objection demande le sheretz de Rav, plus direct. Tossefot : il s'agit d'un pur. Le Riva voudrait รฉloigner un impur, pour laisser un rov de purs. Oula, en 93b, ne donne pas de chemin lointain ร l'impur. Le Ri ne retient pas cet appui ici, ou l'impur pourrait offrir s'il restait. Le Ri retient ceci : on veut le premier pour tous, et les impurs ne doivent pas partir au second.
Il tient : on รฉgorge et on asperge le sang pour un impur par un sheretz.
Oula tient qu'on fait la shehita et la zerika (aspersion) pour un tamei sheretz. Rachi : il est apte le soir, il mangera le Pessa'h.
Le rendre impur par un sheretz ne le sort pas du compte. Le procรฉdรฉ de Rav ne produit pas le rov cherchรฉ.
Qu'on le rende impur par un mort ! Tu le renvoies de sa hagiga.
Autre moyen : le rendre tamei met, impur par un mort. Sept jours : il sort du compte.
Oula refuse. On le renvoie de sa hagiga du lendemain. Rachi : l'impuretรฉ couvre les sept jours. Tossefot : cette hagiga a le din de l'olat reiya. Un impur en est exempt, il ne l'envoie pas. Le chemin lointain, lui, ne lui รดte pas la hagiga de la mรชme faรงon : les tehoumin sont rabbiniques, et l'inaptitude n'est pas dans son corps.
Maintenant aussi, tu le renvoies de son Pessa'h ! Il est possible qu'il le fasse au second.
Le chemin lointain le renvoie, cette fois, de son Pessa'h. Rรฉponse : il peut le faire au second.
La glose de Rachi, sur ce dibour, parle d'un autre rattrapage : la hagiga au septiรจme jour de Pessa'h, huitiรจme jour de l'impuretรฉ, chaque jour de la fรชte ayant un tashloum. La ligne suivante met cette voie en question.
Par un mort aussi : il est possible qu'il le fasse le septiรจme, qui est pour lui le huitiรจme !
Mรชme issue, en apparence, pour le mort. Impur dรจs la veille, le septiรจme jour de Pessa'h est son huitiรจme jour : il est pur, et la hagiga semble encore possible. C'est le cas que Rachi vient de dรฉcrire.
Oula tient : tous sont des tashloumin (complรฉments) du premier. Qui est apte le premier est apte pour tous, et partout oรน il n'est pas apte le premier, il n'est pas apte pour tous.
Oula ferme la voie. Les jours de la fรชte sont des tashloumin du premier seul. Rachi : ils ne se complรจtent pas entre eux. Mahloket ร Hagiga 9b.
Apte le premier jour, apte tous les jours. Inapte le premier jour, inapte ensuite. Le tamei met du premier jour n'a plus de hagiga de toute la fรชte. On ne le rend donc pas impur par un mort.
Rav Nahman leur a dit : allez et dites ร Oula : qui รฉcoute, pour arracher ses piquets et sa tente, et courir ?
Rav Nahman juge le procรฉdรฉ d'Oula impraticable. Qui acceptera d'arracher les piquets de sa tente et de courir ? Rachi : la voie de Rav, le sheretz, est prรฉfรฉrable.
Tossefot : si le chemin lointain commence au seuil de l'azara, sortir de la cour suffit, et l'objection tombe. Rav Nahman, qui admet la shehita pour un tamei sheretz, peut tenir autre chose sur les jours : ils ne sont pas des tashloumin du seul premier. On rend alors l'homme impur par un mort, et la hagiga reste possible plus tard.
On a rapportรฉ : leur majoritรฉ รฉtait des zavim, et leur minoritรฉ des impurs par un mort. Rav a dit : ces impurs par un mort ne font ni au premier ni au second.
Autre cas. Le rov est des zavim. Cette touma-lร ne cรจde pas pour le Pessa'h du public : Rachi, ils ne peuvent pas faire le premier. Le public ne fait donc pas le premier.
Le miut est impur par un mort. Rav : ces impurs-la ne font ni le premier ni le second.
Au premier ils ne font pas, car ils sont une minoritรฉ, et une minoritรฉ ne fait pas au premier. Au second non plus ils ne font pas.
Partout oรน le public fait au premier, l'individu fait au second. Partout oรน le public ne fait pas au premier, l'individu ne fait pas au second.
Au premier, un miut ne fait pas le Pessa'h en touma. Seul un rov de tamei met ouvre cette voie.
Au second, le yahid ne fait le second que lร oรน le public a fait le premier. Ici le public, rov de zavim, n'a pas fait le premier. Le miut impur par un mort reste sans Pessa'h.
Chmouel leur a dit : allez dire ร Abba : "Et les enfants d'Israรซl feront le Pessa'h en son temps", qu'en fais-tu ? Il leur a dit : allez lui dire : quand ils sont tous des zavim, qu'en fais-tu ?
Puisque c'est impossible, c'est impossible. Ici aussi, c'est impossible.
Chmouel fait demander ร Abba, le nom de Rav : que fais-tu du verset, Bamidbar 9, 2, ils feront le Pessa'h en son temps ? Le miut devrait avoir une voie.
Rav retourne la question. Quand tous sont des zavim, que fait-on du verset ? L'impossible reste impossible. Ici, mรชme rรฉponse.
On a rapportรฉ : leur majoritรฉ รฉtait des impurs par un mort, et leur minoritรฉ des zavim.
Cas inverse. Le rov est tamei met : le public fait le premier en touma. Le miut est des zavim : eux ne se joignent pas ร ce Pessa'h. La phrase continue.
Rav Houna a dit : il n'y a pas de tashloumin pour un Pessa'h qui vient en impuretรฉ. Et Rav Adda bar Ahava a dit : il y a des tashloumin pour un Pessa'h qui vient en impuretรฉ.
Les zavim se purifient avant le second. Ont-ils un tashloum ?
Rav Houna : un Pessa'h venu en touma n'a pas de rattrapage. Les zavim ne font pas le second, mรชme purs. Rav Adda bar Ahava : ce Pessa'h a un rattrapage. Ils font le second.
Dirons-nous qu'ils divergent sur ceci : celui qui dit qu'il n'y a pas de tashloumin pour un Pessa'h qui vient en impuretรฉ tient que la touma est dehouya (รฉcartรฉe sous contrainte) pour le public.
Lecture proposรฉe du dรฉbat. Rav Houna tient la touma dehouya pour le public : l'interdiction est รฉcartรฉe, et seulement ร grand-peine. Rachi le dit ainsi.
On ne met pas ce Pessa'h au rang d'un Pessa'h en puretรฉ. Les zavim, restรฉs dehors, ne sont pas renvoyรฉs au second.
Et celui qui dit qu'il y a des tashloumin pour un Pessa'h qui vient en impuretรฉ tient que la touma est houtara (permise) pour le public.
Rav Adda tient la touma houtara pour le public : permise de plein droit. Rachi : c'est un hetter, une permission.
Ce Pessa'h compte comme un Pessa'h en puretรฉ. Les zavim, empรชchรฉs au premier, sont renvoyรฉs au second.
On dit : non. Tous tiennent que la touma est dehouya pour le public, et ils divergent sur ceci : l'un tient.
Cette lecture est รฉcartรฉe. Tous peuvent tenir que la touma est dehouya pour le public. La divergence porte sur un autre point, et la phrase s'arrรชte sur : l'un tient. La suite est au daf suivant.
Tossefot rรฉsume dรฉjร l'issue. "Un homme, s'il est impur" vise l'individu seul, le public restant pur. Pour qui la touma est houtara, ce public porte encore le nom de pur. Conclusion retenue : tous tiennent dehouya. L'un renvoie au second la puretรฉ manquรฉe. L'autre renvoie aussi l'impuretรฉ. Le verset : l'homme est renvoyรฉ, le public fait, en puretรฉ comme en touma.
Texte hรฉbreu et aramรฉen vocalisรฉ : รฉdition numรฉrique William Davidson du Talmud Koren Noรฉ, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction franรงaise, notes et schรฉmas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).