Pesachim 81a - La ziva de Rabbi Yossi et le kohen du tamid

Pesachim 81a

Sougya : L'amoud poursuit la baraita de Rabbi Yossi : on a abattu et projeté pour une chomeret yom ke-neged yom, puis elle a vu. Elle ne mange pas le Pessa'h, et elle est exemptée du Pessa'h sheni.

La Guemara retire la preuve que le tzitz ferait agréer la tumat ha-tehom de ziva : de la Torah, la touma va de maintenant vers la suite, et le michkav rétroactif n'est que de-rabbanan. Rabbi Ochaya et Rabbi Yo'hanan règlent l'annulation d'une vue au septième jour.

On cherche ensuite comment une zava gemoura existe selon ce principe, puis si le kohen du tamid a la permission de l'abîme. Rabba l'obtient par un kal va-homer, dont la fin est sur 81b.

Pourquoi est-elle exemptée du Pessa'h sheni ? Chomeret yom : chehita et zerika, puis une vue. Rabbi Yossi. Première lecture À la chehita, c'était un safek. Tumat ha-tehom de ziva. Le tzitz fait agréer. Même si la vue, ensuite, révèle une touma certaine. D'où l'exemption du second. Elle ne mange pas : garde demain. Lecture retenue Mi-kan u-lehabba, de la Torah. Une partie du jour a compté. À la chehita, elle était pure. La vue nouvelle part de là. Le michkav le-mafre'a : din de-rabbanan seulement. Rabbanan : le-mafre'a, une ziva, tenue au Pessa'h sheni. Rabbi Ochaya confirme : le le-mafre'a de Rabbi Yossi est de-rabbanan. Rabbi Yo'hanan : une vue au septième n'annule même pas ce jour-là.
Première lecture : safek à la chehita, le tzitz fait agréer la tumat ha-tehom de ziva. Lecture retenue : mi-kan u-lehabba, elle était pure. Le michkav rétroactif est de-rabbanan. Les Rabbanan tiennent le-mafre'a et l'obligent au Pessah sheni.
Zava gemoura selon Rabbi Yossi Trois jours liés, sans shimour qui les sépare. Shofaat Le sang coule trois jours d'affilée, sans coupure. Aucun instant pur. Aucun compte ne démarre. Les trois vues sont une seule ziva. Deux bein ha-shemachot Vendredi soir : fin du vendredi et début de Chabbat. Samedi soir : fin de Chabbat et début du dimanche. Trois jours, aucun début pur. Une partie du jour ne vaut le tout qu'au début ou à la fin, pas au milieu.
Selon Rabbi Yossi, la zava gemoura se trouve si le sang coule trois jours sans coupure, ou sur deux bein ha-shemachot qui lient vendredi, Shabbat et dimanche.
Kohen du tamid : kal va-homer de Rabba Rav Yossef. La phrase s'achève sur 81b. Nazir et Pessa'h korban de particulier Touma connue : interdite. Tumat ha-tehom : permise. kal va-homer Tamid, toute l'année public, s'il n'y a pas de pur Touma connue : permise. Tumat ha-tehom : à plus forte raison ? Tossefot lit Rava et soulève le dayo : la touma connue n'est permise qu'à défaut de pur. L'objection retenue vaut même pour Rabbi Tarfon.
Rabba : là où la touma connue est interdite, l'abîme est permis. La ou la touma connue est permise, l'abîme à plus forte raison. La fin du kal va-homer est sur 81b.
1
בשני שלה, ואחר כך ראתה — אינה אוכלת, ופטורה מלעשות פסח שני.

À son second jour, et ensuite elle a vu : elle ne mange pas, et elle est exemptée de faire un Pessa'h sheni.

📜 Rachi (3)
בשני שלה עדיין ספק הוא שמא תראה יום זה ויצטרף עם אתמול ותראה גם מחר והוו להו שלשה והויא לה זבה גמורה ואם לא תראה תטהר לערב:
C'est encore un doute. Peut-être verra-t-elle ce jour-ci, cela se joindra à hier, et elle verra aussi demain : cela fera trois, et elle sera une zava gemoura (zava complète). Si elle ne voit pas, elle sera pure le soir.
אינה אוכלת שהרי צריכה להיות עוד מחר שומרת יום כנגד יום:
Car elle doit encore être, demain, chomeret yom ke-neged yom (garder un jour contre un jour).
ופטורה מלעשות פסח שני קס"ד כיון דבשעת שחיטה וזריקה ספק הוי מרצה ציץ מטומאת התהום דזיבה ואע"ג דאיגלאי מילתא למפרע שנטמאה ודאי בטומאת התהום:
On pensait d'abord : puisque au moment de la chehita et de la zerika c'était un doute, le tzitz fait agréer l'impureté de l'abîme venue de la ziva, même une fois le fait révélé pour le passé, qu'elle était impure de façon certaine d'une impureté de l'abîme.
💡 Explication

La baraita de Rabbi Yossi, commencée en 80b, vise une chomeret yom ke-neged yom. On a fait pour elle la chehita et la zerika à son second jour, après la tevila. Ensuite elle voit du sang.

Elle ne mange pas le Pessa'h : le lendemain elle garde encore un jour. Elle est pourtant exemptée du Pessa'h sheni. Première lecture : à l'abattage c'était un safek, une tumat ha-tehom de ziva, et le tzitz fait agréer.

🖼️ Schéma
Second jour de la chomeret yom Jour 1 Elle a vu Jour 2, matin Compte + tevila partie du jour Chehita, zerika Pessa'h pour elle R. Yossi : pure Ensuite Elle voit Rabbi Yossi, Torah Touma à partir de la vue. Exemptée du Pessa'h sheni. Ne mange pas : garde demain. Rabbanan La vue révèle une seule ziva. Safek au moment de la chehita. Tenue au Pessa'h sheni.
Jour 1, vue. Jour 2 : tevila, chehita, puis une nouvelle vue. Rabbi Yossi la tient pour pure à l'abattage. Les Rabbanan, pour douteuse.
2
מאי טעמא? לאו משום דמרצה ציץ? אמרי: לא, משום דקסבר רבי יוסי: מכאן ולהבא היא מטמאה.

Quelle est la raison ? N'est-ce pas parce que le tzitz fait agréer ?

Ils disent : non. C'est parce que Rabbi Yossi tient : elle rend impur à partir de maintenant et pour la suite.

📜 Rachi (1)
מכאן ולהבא היא מטמא שומרת יום כנגד יום שספרה קצת היום וטבלה טהורה מטומאה של אתמול וכי הדר חזיא בו ביום מטמאה מכאן ולהבא ותהיה מחר שומרת יום כנגד יום הלכך בזריקה ושחיטה טהורה מעלייתא הואי ורבנן פליגי עליה ואמרי דכי חזיא איגלאי מילתא למפרע דזיבה היא וחדא טומאה היא ובשעת שחיטה ספק הואי וחייבת בפסח שני ולקמיה פריך כיון דלר' יוסי כל חד וחד טומאה באנפי נפשיה הוא היאך מצטרפים לזיבה לעשות זבה גדולה:
Une chomeret yom ke-neged yom qui a compté une partie du jour et s'est immergée est pure de l'impureté d'hier. Si elle revoit le même jour, elle rend impur à partir de maintenant et pour la suite, et demain elle sera chomeret yom ke-neged yom. Dès lors, à la zerika et à la chehita, elle était pleinement pure. Les Sages divergent : quand elle voit, le fait se révèle pour le passé que c'est une ziva, et c'est une seule impureté. Au moment de la chehita c'était un doute, et elle est tenue au Pessa'h sheni. Plus loin on objecte : puisque selon Rabbi Yossi chaque vue est une impureté en soi, comment se joignent-elles pour faire une zava gedola ?
🗂️ Tossefot (2)
לאו משום דסבר דציץ מרצה תימה לרשב"א מנ"ל דילמא הא דפטורין היינו משום דסבר דנשים בשני רשות ואור"י דבהדיא מוכח לקמן סוף פרק האשה (דף צא:) דרבי יוסי סבר נשים בשני חובה:
Étonnement pour le Rachba : d'où le tient-on ? Peut-être cette exemption vient-elle de ce qu'il tient : les femmes, au second, c'est une rechout (faculté). Le RI répond : c'est prouvé explicitement plus loin, à la fin du chapitre HaIcha (91b), Rabbi Yossi tient que les femmes, au second, c'est une hova (obligation).
קסבר רבי יוסי מכאן ולהבא היא מטמאה פי' ואנן סבירא לן כרבנן דלמפרע מטמאה וא"ת כי ס"ד נמי דטעמא דרבי יוסי משום דסבר ציץ מרצה מאי פריך לימא דס"ל כרבנן וי"ל שלא רצה לעשות מחלוקת חדשה שלא מצינו תנאים חלוקים בכך אבל בלמפרע הוא מטמא מצינו תנאים בשילהי נדה (דף עב.) אמתני' דטבלה יום שלאחריו ושימשה:
Explication : et nous tenons comme les Rabbanan, qu'elle rend impur rétroactivement. Et si tu dis : même dans la première lecture, où la raison de Rabbi Yossi est qu'il tient que le tzitz fait agréer, que vient-on objecter ? Qu'on dise qu'il tient comme les Rabbanan. On peut répondre : on n'a pas voulu faire une mahloket nouvelle, car on ne trouve pas de tannaïm qui divergent sur ce point. Sur 'il rend impur rétroactivement', on trouve des tannaïm à la fin de Nida (72a), sur la michna de celle qui s'est immergée le lendemain et a eu des rapports.
💡 Explication

La Guemara écarte le tzitz. Rabbi Yossi tient mi-kan u-lehabba : la vue nouvelle ne remonte pas. Une partie du jour déjà comptée, avec la tevila, l'a purifiée de la vue d'hier. À la chehita elle était pure. D'où l'exemption.

Les Rabbanan tiennent le-mafre'a : la vue nouvelle révèle une seule ziva. À la chehita c'était un doute, et elle doit le Pessa'h sheni.

Tossefot : on ne lui prête pas une mahloket inédite sur le tzitz. La mahloket mi-kan u-lehabba existe déjà en Nida. L'exemption ne vient pas non plus d'un statut de rechout des femmes au second : plus loin, Rabbi Yossi les y tient pour une hova.

3
והתניא, רבי יוסי אומר: זב בעל שתי ראיות ששחטו וזרקו עליו בשביעי שלו, ואחר כך ראה, וכן שומרת יום כנגד יום ששחטו וזרקו עליה בשני שלה, ואחר כך ראתה — הרי אלו מטמאין משכב ומושב למפרע,

Or on a enseigné : Rabbi Yossi dit : un zav qui a eu deux vues, pour qui l'on a abattu et projeté à son septième jour, et ensuite il a vu ; et de même une chomeret yom ke-neged yom, pour qui l'on a abattu et projeté à son second jour, et ensuite elle a vu : ceux-là rendent impurs le michkav et le mochav (couche et siège) rétroactivement,

📜 Rachi (2)
בעל שתי ראיות דאילו בעל ג' ראיות לא חזי למיכל לאורתא עד שיביא קרבנותיו בח' ובשמיני נמי לא מצי למינקט ומיתני ואח"כ ראה מטמא משכב ומושב למפרע דכיון דיצא מזיבה ראשונה לשעה שהיא ראויה לקרבן הויא לה הך זיבה אחריתי ומושב ומשכב שמאתמול לאחר טבילה ועד הנה טהורה למפרע אפילו טבלה בז' שחרית:
Car celui qui a eu trois vues n'est pas apte à manger le soir tant qu'il n'a pas apporté ses korbanot le huitième. Le huitième non plus, on ne peut pas le prendre pour enseigner : ensuite il a vu, il rend impurs michkav et mochav rétroactivement. Dès qu'il est sorti de la première ziva pour un moment où il est apte au korban, cette ziva-ci en est une autre. Le siège et la couche d'hier, après la tevila et jusqu'à maintenant, sont purs rétroactivement, même après une immersion le matin du septième.
משכבות ומושבות שלאחר טבילתו טמאין שהרי סתר מניינו והרי הוא כבתחלתו דכתיב (ויקרא ט״ו:י״ג) וספר לו שבעת ימים והרי אינן ומדקתני נמי בשומרת יום למפרע אלמא נמי למפרע מטמאה ואפ"ה פטר לה מפסח שני ש"מ טעמא משום דטומאת התהום הוי ומשכבות ומושבות רבותא נקט להו מפני שהן אב הטומאה לטמא אדם ובדבר זה זב חלוק משאר טמאין:
Ceux d'après sa tevila sont impurs, car il a annulé son compte, et le voici comme au début. Car il est écrit (Lévitique 15:13) : 'et il comptera pour lui sept jours', et ils n'y sont plus. Et puisqu'on enseigne aussi, pour la chomeret yom, 'rétroactivement', on en déduit qu'elle aussi rend impur rétroactivement. Et malgré cela, il l'exempte du Pessa'h sheni. Apprends-en que la raison est que c'est une impureté de l'abîme. Il a pris les michkavot et les mochavot pour la nouveauté : ils sont un av ha-touma (père d'impureté), aptes à rendre un homme impur. En cela le zav se distingue des autres impurs.
💡 Explication

Nouvelle baraita du même Rabbi Yossi. Un zav à deux vues, chehita à son septième, puis une vue. De même la chomeret yom. Ils rendent le michkav et le mochav impurs rétroactivement. Le segment suivant les exempte du Pessa'h sheni.

Le zav à trois vues ne sert pas d'exemple. Il ne mange le soir qu'après ses korbanot du huitième. Une vue nouvelle, une fois le compte achevé et l'heure du korban venue, ouvre une autre ziva. Le michkav d'après la tevila reste pur.

4
ופטורים מלעשות פסח שני.

et ils sont exemptés de faire un Pessa'h sheni.

💡 Explication

L'exemption du Pessa'h sheni, jointe à la touma rétroactive du michkav, semblait prouver que le tzitz fait agréer la tumat ha-tehom de ziva. La suite retire cette preuve.

5
אמרי: מאי, למפרע — מדרבנן.

Ils disent : que veut dire rétroactivement ? D'ordre rabbinique.

📜 Rachi (1)
מדרבנן אבל מדאורייתא לא מטמאו אלא מכאן ולהבא לא הזב בשביעי ולא שומרת יום בשני דמקצת יום עולה להן לספירתן הילכך לגבי פסח טהורין מעליא הוו:
De la Torah, ils ne rendent impur qu'à partir de maintenant et pour la suite, ni le zav au septième ni la chomeret yom au second. Une partie du jour leur compte pour leur compte. Dès lors, pour le Pessa'h, ils étaient pleinement purs.
💡 Explication

Le le-mafre'a de Rabbi Yossi est un din de-rabbanan. De la Torah, mi-kan u-lehabba : une partie du jour compte. Le zav au septième et la chomeret au second étaient purs pour le Pessa'h.

6
ואף רבי אושעיא סבר מטמא למפרע מדרבנן. דתניא, רבי אושעיא אומר: אבל זב שראה בשביעי שלו — סותר את שלפניו. ואמר ליה רבי יוחנן: לא יסתור אלא יומו!

Et même Rabbi Ochaya tient qu'il rend impur rétroactivement d'ordre rabbinique. Car on a enseigné : Rabbi Ochaya dit : mais un zav qui a vu à son septième jour annule ce qui précède.

Et Rabbi Yo'hanan lui a dit : il n'annulera que son jour !

📜 Rachi (3)
אבל הרואה זוב כו' לא ידענו אהיכא קאי אבל:
Nous ne savons pas à quoi se rattache ce 'mais'.
סותר את שלפניו כל ספורין שספר וצריך לספור ז' אחרים:
Tous les comptes qu'il a comptés, et il doit compter sept autres.
וא"ל רבי יוחנן לא יסתור אלא יומו ויחזור ויספור יום א' והוינן אמילתיה דר' יוחנן מה נפשך אי למפרע מטמא דאין מקצת היום עולה לו ולא נגמרה ספירתו:
Il revient et compte un seul jour. Et l'on examine la parole de Rabbi Yo'hanan, de toute façon : s'il rend impur rétroactivement, une partie du jour ne lui compte pas, et son compte n'est pas achevé.
💡 Explication

Rabbi Ochaya : une vue au septième annule tout le compte. Il faut sept jours nouveaux. Rabbi Yo'hanan : elle n'annule que ce jour-là. Il compte un jour de plus. Rachi note que le 'mais' de la baraita n'a pas d'appui repéré.

7
ממה נפשך: אי קסבר למפרע הוא מטמא — אפילו כולהו נסתור. אי קסבר מכאן ולהבא הוא מטמא — יומו נמי לא נסתור! אלא אימא: לא יסתור ולא יומו.

De toute façon : s'il tient que c'est rétroactivement qu'il rend impur, même tous s'annuleraient. S'il tient que c'est à partir de maintenant et pour la suite qu'il rend impur, même son jour ne s'annulerait pas !

Plutôt, dis : il n'annulera pas, même pas son jour.

📜 Rachi (4)
כולהו נמי נסתור דכתיב וספר לו ז' ימים לטהרתו טהרה אחת לכולן שלא תהיה טומאה מפסקת ביניהן במס' נדה (דף לג:) ואם מנה לסירוגין כי הכא שיסתור יומו וישלימנו למחר נמצאת הפסקה ביניהם:
Car il est écrit : 'et il comptera pour lui sept jours pour sa purification', une seule purification pour tous, afin qu'une impureté ne les interrompe pas. Dans le traité Nida (33b). S'il compte par intervalles, comme ici, que son jour s'annule et qu'il le complète demain, il se trouve une interruption entre eux.
ואם מכאן ולהבא מטמא שעלתה לו מקצת היום וגמרו ספורין שלו:
Une partie du jour lui a compté, et ses comptes sont achevés.
יומו נמי לא לסתור אלא הרי הוא כראיה ראשונה של זיבה אחרת ואין בה אלא טומאת ערב ויטבול לערב ויטהר דקי"ל ראיה ראשונה של זב קרי בעלמא הוא במס' נדה (דף עב.):
Le voici comme une première vue d'une autre ziva, et il n'y a que l'impureté du soir. Il s'immerge, et le soir il est pur. Car nous tenons : la première vue d'un zav n'est qu'un keri (émission séminale). Dans le traité Nida (72a).
אלא ה"ק ר' יוחנן לא יסתור ולא יומו כלומר אפילו יומו לפי שכבר עלתה לו מקצת היום ככולו ושלמו ספורין שלו ויצא מכלל זיבה:
Voici ce que dit Rabbi Yo'hanan : il n'annulera pas, même pas son jour. Une partie du jour lui a déjà compté comme le tout, ses comptes sont achevés, et il est sorti du statut de ziva.
💡 Explication

Chaque lecture de la formule de Rabbi Yo'hanan mène à l'autre bout. Si la touma est le-mafre'a, une partie du jour ne compte pas, le compte n'est pas fini. Le verset exige sept jours d'une seule purification, sans coupure : tout le compte tombe. Si elle est mi-kan u-lehabba, la partie déjà propre a achevé les sept jours. La vue nouvelle est une première vue : touma du soir, comme un keri. Même ce jour-là reste debout.

Leçon retenue : il n'annule pas, même pas son jour. Une partie du jour a valu le jour entier. Il est sorti de la ziva.

🖼️ Schéma
Vue au septième jour : qu'annule-t-elle ? Rabbi Yo'hanan : seulement ce jour-là Si le-mafre'a Une partie du jour ne compte pas. Les sept jours sont une seule tahara. Tout le compte tombe. Si mi-kan u-lehabba La partie propre a achevé les sept. Vue nouvelle : première vue, keri. Même ce jour-là ne tombe pas. Leçon : il n'annule pas, même pas son jour. Une partie du jour a valu le jour entier. Il est sorti de la ziva.
Le-mafre'a : tout le compte tombe. Mi-kan u-lehabba : même le jour de la vue reste. Rabbi Yo'hanan est relu dans ce second sens.
8
ואמר ליה: רבי יוסי קאי כוותך. והא רבי יוסי אומר: מטמאין משכב ומושב למפרע! אלא לאו, שמע מינה: מטמא למפרע מדרבנן. שמע מינה.

Et il lui a dit : Rabbi Yossi se tient comme toi. Or Rabbi Yossi dit : ils rendent impurs michkav et mochav rétroactivement !

Plutôt, n'est-ce pas, apprends-en : il rend impur rétroactivement d'ordre rabbinique. Apprends-en.

📜 Rachi (3)
וא"ל ר' אושעיא לרבי יוחנן:
Rabbi Ochaya à Rabbi Yo'hanan.
ר' יוסי קאי כוותך דס"ל נמי מכאן ולהבא הוא מטמא מדפטר ליה לעיל מפסח שני אלמא קסבר ר' אושעיא למפרע דר' יוסי מדרבנן קאמר:
Il tient aussi que c'est à partir de maintenant et pour la suite qu'il rend impur, puisqu'il l'exempte plus haut du Pessa'h sheni. On en déduit que Rabbi Ochaya tient : le rétroactivement de Rabbi Yossi est dit d'ordre rabbinique.
והא ר' יוסי כו' מסקנא דמילתיה הוא ולא משום קשיא מייתי לה:
C'est l'aboutissement de sa parole. Il l'amène pour conclure, et la difficulté n'en est pas le motif.
💡 Explication

Rabbi Ochaya dit à Rabbi Yo'hanan : Rabbi Yossi va dans ton sens. L'exemption du Pessa'h sheni montre qu'à la chehita il était pur, donc mi-kan u-lehabba de la Torah. Le rétroactif du michkav reste un din de-rabbanan.

Rachi : cette reprise des mots de Rabbi Yossi fait partie de la parole de Rabbi Ochaya. Elle en est la conclusion.

9
ולרבי יוסי, השתא דאמר מכאן ולהבא הוא מטמא [למת] בלבד, למעוטי מאי?

Et selon Rabbi Yossi, maintenant qu'il a dit que c'est à partir de maintenant et pour la suite qu'il rend impur, 'pour un mort seulement', pour exclure quoi ?

📜 Rachi (2)
השתא דאמר מכאן ולהבא מטמא ולא משכחת טומא' התהום בזיבה:
Et l'on ne trouve pas d'impureté de l'abîme dans la ziva.
בלבד דקתני לעיל למעוטי מאי ע"כ למעוטי שרץ תוקמא ובכהן כדאמר לעיל דאילו בבעלים לא מהני שרץ וקאמר דבטומאת התהום דמת מיהא הותרה לו:
Ce qu'on enseigne plus haut, pour exclure quoi ? Nécessairement pour exclure le sheretz : la question reste posée. Et cela vise le kohen, comme on l'a dit plus haut. Car pour les propriétaires, le sheretz n'a pas d'effet. Et il dit qu'au moins l'impureté de l'abîme d'un mort lui a été permise.
💡 Explication

Selon Rabbi Yossi, la ziva ne produit pas de tumat ha-tehom : à la chehita il était pur. Le 'pour un mort seulement' de Rabbi Hiya n'écarte donc plus la ziva.

Rachi : ces mots écartent le sheretz, et la baraita vise le kohen. Chez les propriétaires, un sheretz n'a pas cet effet.

10
נפשוט מינה, דבכהן והותרה לו טומאת התהום.

Tranchons-en : c'est pour le kohen, et l'impureté de l'abîme lui a été permise.

💡 Explication

On voudrait ainsi répondre à Rami bar Hama, laissé ouvert en 80b : la tumat ha-tehom est permise au kohen.

11
אמרי: לעולם בבעלים ובפסח, וקסבר: אין שוחטין וזורקין על טמאי שרץ, ואיצטריך למעוטי.

Ils disent : en réalité, pour les propriétaires et pour le Pessa'h. Et il tient : on n'abat pas et on ne projette pas pour des impurs par un sheretz.

Et il fallait exclure ce cas.

📜 Rachi (1)
אין שוחטין וזורקין על טמא שרץ ואשמעינן דטומא' התהום נמי דחיא ליה:
Et il nous apprend que l'impureté de l'abîme, elle aussi, l'écarte.
💡 Explication

La Guemara maintient les propriétaires du Pessa'h. Selon l'avis qu'on n'abat pas pour un tamei sheretz, le sheretz connu l'écarte déjà. Il fallait dire que le sheretz de l'abîme l'écarte aussi. Le 'seulement un mort' a donc un objet, sans passer par le kohen.

12
אלא לרבי יוסי, זבה גמורה היכי משכחת לה?

Mais selon Rabbi Yossi, une zava gemoura (zava complète), comment la trouve-t-on ?

📜 Rachi (1)
היכי משכחת לה כיון דאית ליה מקצת היום עולה לה לספירתה ומכאן ולהבא מטמאה הו"ל כל יומא טומאה באנפי נפשה:
Puisqu'il tient qu'une partie du jour lui compte pour son compte, et qu'elle rend impur à partir de maintenant et pour la suite, chaque jour est une impureté en soi.
💡 Explication

Difficulté sur mi-kan u-lehabba. Dès qu'une partie du jour est propre, ce jour compte à part. Trois vues ne se joignent plus. Où trouve-t-on une zava gemoura, qui exige trois jours liés ?

13
בשופעת. אי בעית אימא: כגון שראתה כל שני בין השמשות.

Chez celle qui coule sans interruption. Si tu veux, dis : par exemple, elle a vu pendant les deux bein ha-shemachot (crépuscules) tout entiers.

📜 Rachi (2)
בשופעת כל שלשה רצופין דלא הוה לה מניינא כלל:
Les trois jours d'affilée, sans qu'elle ait eu de compte du tout.
אי נמי ברואה שני בה"ש דכל תחלות הימים היו בטומאה דאין כאן ספירה כלל ובשני בין השמשות סגי דאיכא טומאת ג' ימים רצופין כגון בה"ש של ע"ש יש כאן סוף ערב שבת ותחלת שבת ובין השמשות של מחר שהוא סוף השבת ותחלת א' בשבת הרי ג' ימים רצופין ואין כאן תחלת יום טהור שיעלה לספירה ולפי הדברים למ"ד מקצת היום ככולו תחלת הלילה עולה לספירתה וא"צ עלות השחר מדאיצטריך למנקט בין השמשות ולא נקט משכחת לה בשרואה בלילות:
Tous les débuts des jours ont été en impureté : il n'y a ici aucun compte. Deux bein ha-shemachot suffisent, car il y a une impureté de trois jours d'affilée. Par exemple, le bein ha-shemachot de la veille de Chabbat : fin du vendredi et début de Chabbat. Et le bein ha-shemachot du lendemain : fin de Chabbat et début du dimanche. Voici trois jours d'affilée. Il n'y a pas de début de jour pur qui monterait au compte. D'après cela, selon celui qui dit qu'une partie du jour vaut comme le tout, le début de la nuit monte à son compte, et l'on n'a pas besoin du lever de l'aube. Car il a fallu prendre le bein ha-shemachot, et il n'a pas dit : on la trouve chez celle qui voit la nuit.
🗂️ Tossefot (1)
אי נמי כגון ראתה שני ימים בין השמשות מדלא משני ברואה בלילות משמע דספירת לילה הויא ספירה וכן פי' בקונטרס וקשה לריב"א דתנן פ' שני דמגילה (דף כ.) וכן שומרת יום כנגד יום לא תטבול עד הנץ החמה ומסיק בגמ' קמ"ל כיון דבעי שימור שימור ביממא הוא וכן בשילהי נדה (דף עב.) אמר ושוין ברואה תוך י"א יום וטבלה לערב ושמשה שמטמאים משכב ומושב וחייבין בקרבן משמע אפילו לא ראתה אח"כ ומשום דבלילה לא חשיב שימור וי"ל דודאי ספירת לילה לא הויא ספירה ומ"מ לא מצי לאוקמא ברואה בלילות משום דכיון דסבר רבי יוסי מקצת היום שספרה בשביעי הוי ככולו ה"ה אם פסקה בחצי היום שיעלה לה שימור סוף הנשאר לכך מוקי בשופעת שלא היה סוף היום בטהרה א"נ ברואה שני בין השמשות וליכא למימר שיעלה לה אמצע היום שימור דלא אמר מקצת היום ככולו אלא או תחלתו או סופו אבל אמצע לא וכן איתא בהדיא בנזיר בפ"ב (דף טו.) דקאמר ורבי יוסי זבה גמורה היכי משכחת לה כיון דחזאי פלגא דיומא אידך פלגא סליק לה שימור ומשני כגון דחזאי תלתא יומי סמוך לשקיעת החמה דלא הוה שהות ביום דסליק לה ממנינא ותלתא יומי לאו דווקא דראיה שלישית לא חיישינן שתהא סמוך לשקיעת החמה מאחר שכבר ראתה שני ימים סמוך לשקיעת החמה ובשלישי תראה באיזו שעה שתהיה בלילה ובלבד שתראה קודם היום שלא יעלה לה שימור תחלת יום ג' וא"ת והא אמרינן בפרק בנות כותים (נדה דף לג.) דכותית יום שפוסקת סופרתו למנין שבעה הא רבי יוסי נמי סבר הכא סוף היום ככולו וי"ל דלא אמר סוף היום ככולו בתחלת חשבון אלא דוקא בסוף חשבון כי הכא כגון זב בשביעי או שומרת יום כנגד יום שאין לה למנות יותר וסוף חשבון מסוף חשבון אית לן למילף ולא מתחלת חשבון ואשכחן חילוק בין תחלת חשבון לסוף חשבון בפ"ק דר"ה (דף י.) דנדה עולה לה סוף היום בתחלתה ואין תחלת היום עולה לה בסופה אע"ג דהתם הוי איפכא מסברתנו:
Du fait qu'on ne répond pas par le cas de celle qui voit la nuit, on entend que le compte de la nuit est un compte. Le commentaire (Rachi) l'explique ainsi. C'est difficile pour le Riva. Car la michna enseigne au deuxième chapitre de Meguila (20a) : de même, une chomeret yom ke-neged yom ne s'immerge qu'au nets ha-hama (lever du soleil). Et la Guemara conclut : cela nous apprend que, puisqu'il faut un shimour (garde), le shimour se fait de jour. De même, à la fin de Nida (72a) : ils s'accordent, pour celle qui voit dans les onze jours, s'est immergée le soir et a eu des rapports, qu'ils rendent impurs michkav et mochav et qu'ils sont tenus à un korban. On entend : même si elle n'a pas vu ensuite. Car la nuit ne compte pas comme shimour. On peut répondre : le compte de la nuit n'est pas un compte. On ne peut pourtant pas poser le cas sur celle qui voit la nuit. Puisque Rabbi Yossi tient qu'une partie du jour qu'elle a comptée au septième vaut comme le tout, de même, si elle a cessé au milieu du jour, le shimour de la fin qui reste lui comptera. C'est pourquoi on pose le cas sur celle qui coule, où la fin du jour n'a pas été en pureté. Ou bien sur celle qui voit deux bein ha-shemachot. Et l'on ne dira pas que le milieu du jour lui monte comme shimour : il n'a dit 'une partie du jour vaut comme le tout' que pour le début ou pour la fin. Le milieu, non. C'est explicite dans Nazir, chapitre 2 (15a) : et selon Rabbi Yossi, une zava gemoura, comment la trouve-t-on ? Puisqu'elle a vu la moitié du jour, l'autre moitié lui monte comme shimour. On répond : par exemple elle a vu trois jours près du coucher du soleil, sans qu'il reste dans le jour un délai qui lui monte du compte. Et 'trois jours' n'est pas au sens strict. Pour la troisième vue, on n'exige pas qu'elle soit près du coucher, dès lors qu'elle a déjà vu deux jours près du coucher. Au troisième, elle verra à l'heure que ce soit dans la nuit, pourvu qu'elle voie avant le jour, afin que le shimour du début du troisième jour ne lui monte pas. Et si tu dis : or on dit au chapitre Benot Koutim (Nida 33a) que la Koutit, le jour où elle cesse, elle le compte dans les sept. Or Rabbi Yossi tient aussi ici que la fin du jour vaut comme le tout. On peut répondre : il réserve 'la fin du jour vaut comme le tout' à la fin du compte, comme ici, un zav au septième, ou une chomeret yom ke-neged yom, qui n'a plus à compter. Au début du compte, il ne le dit pas. La fin du compte s'apprend de la fin du compte. On trouve une distinction entre le début du compte et la fin du compte au premier chapitre de Roch Hachana (10a) : pour une nida, la fin du jour lui compte à son début, et le début du jour ne lui compte pas à sa fin. Là, la règle va dans l'autre sens que notre raisonnement.
💡 Explication

Deux cas où aucun shimour ne s'intercale. Shofaat : le sang coule trois jours d'affilée, sans instant pur. Deux bein ha-shemachot : le crépuscule du vendredi touche la fin du vendredi et le début de Chabbat, celui du samedi touche la fin de Chabbat et le début du dimanche. Trois jours se suivent, et aucun début de jour pur ne monte au compte.

Tossefot borne le miut ha-yom ke-koulo (une partie du jour vaut le tout) : la partie vaut le tout au début ou à la fin du jour, et, pour Rabbi Yossi, à la fin d'un compte déjà en cours, le septième du zav ou le jour de la chomeret. Le milieu du jour, et le début d'un compte de sept, suivent une autre règle.

🖼️ Schéma
Deux crépuscules, trois jours Vendredi fin en touma Chabbat début et fin en touma Dimanche début en touma BHS 1 BHS 2 BHS 1 : fin du vendredi et début de Chabbat. BHS 2 : fin de Chabbat et début du dimanche. Aucun début de jour pur. Zava gemoura. Le milieu du jour ne monte pas comme shimour.
Deux bein ha-shemachot couvrent la fin du vendredi, Chabbat en ses deux bouts, et le début du dimanche.
14
בעי רב יוסף: כהן המרצה בתמיד, הותרה לו טומאת התהום או לא? אם תמצא לומר כהן המרצה בקרבנותיהן (של נזיר ועושה פסח) הותרה לו טומאת התהום, כהן המרצה בתמיד מאי? מי אמרינן כי גמירי טומאת התהום — בפסח, בתמיד לא גמירי. או דילמא יליף תמיד מפסח.

Rav Yossef a posé un problème : le kohen qui fait agréer le tamid, l'impureté de l'abîme lui a-t-elle été permise, ou non ? Si tu dis : le kohen qui fait agréer leurs korbanot (ceux du nazir et de celui qui fait le Pessa'h), l'impureté de l'abîme lui a été permise, le kohen qui fait agréer le tamid, qu'en est-il ?

Disons-nous : ce qu'on a reçu par tradition sur l'impureté de l'abîme, c'est pour le Pessa'h, et pour le tamid on ne l'a pas reçu ? Ou bien : on dérive le tamid du Pessa'h.

📜 Rachi (2)
בתמיד כל השנה ואליבא דמאן דאמר טומאה דחויה היא בציבור קבעי רב יוסף הכי אי איצטריך להדר אכהן טהור משום טומא' התהום אי לא ואליבא דמ"ד לקמן דטומאת התהום מרצי ציץ גבי נזיר ועושה פסח אפי' לכתחלה כגון שנודע לו לפני זריקה:
Toute l'année. Et selon celui qui dit que l'impureté est dehouya (écartée) pour le public, Rav Yossef posé ainsi la question : faut-il chercher un kohen pur à cause de l'impureté de l'abîme, ou non. Et selon celui qui dit plus loin que, pour le nazir et pour celui qui fait le Pessa'h, le tzitz fait agréer l'impureté de l'abîme même le-khatehila (d'emblée), par exemple s'il l'a su avant la zerika.
בקרבנותיהן דנזיר ועושה פסח:
Ceux du nazir et de celui qui fait le Pessa'h.
💡 Explication

Rav Yossef ouvre une autre question. Le kohen du tamid, toute l'année : la tumat ha-tehom lui est-elle permise ? On pose d'abord qu'elle l'est pour le kohen du nazir et du Pessa'h. Reste le tamid. La tradition a-t-elle été reçue pour le Pessa'h seul, ou le tamid s'en déduit ?

Rachi : la question suit l'avis que la touma du public est dehouya. On ne sert en impureté qu'à défaut d'un pur. Faut-il, pour l'abîme, chercher un kohen pur ?

15
אמר רבה, קל וחומר: ומה במקום שלא הותרה לו טומאה ידועה — הותרה לו טומאת התהום, מקום שהותרה לו טומאה ידועה —

Rabba a dit, un kal va-homer (a fortiori) : de même que là où une impureté connue ne lui a pas été permise, l'impureté de l'abîme lui a été permise, là où une impureté connue lui a été permise...

📜 Rachi (2)
במקום שלא הותרה לו טומאה ידועה כלל כגון נזיר ועושה פסח שהן קרבנות יחיד:
Du tout, par exemple le nazir et celui qui fait le Pessa'h, qui sont des korbanot de particulier.
מקום שהותרה לו טומאה ידועה היכא דליכא טהורין:
Là où il n'y a pas de purs.
🗂️ Tossefot (1)
אמר רבא ק"ו כו' מקום שהותרה לו טומאה ידועה אינו דין שהותרה לו טומאת התהום וא"ת ונימא דיו מה טומאה ידועה לא הותרה אלא היכא דלא אפשר ה"נ טומאת התהום וי"ל דעדיפא פריך אפילו לר' טרפון דלית ליה דיו היכא דמיפרך ק"ו (בב"ק ד' כה.):
Et si tu dis : qu'on dise dayo (il suffit). De même que l'impureté connue n'a été permise que là où c'est impossible, ainsi l'impureté de l'abîme. On peut répondre : l'objection retenue est plus forte. Elle vaut même selon Rabbi Tarfon, qui n'applique pas le dayo là où le kal va-homer se briserait (Bava Kama 25a).
💡 Explication

Rabba répond par un kal va-homer. Pour le nazir et le Pessa'h, korbanot de particulier, la touma connue est interdite, et la tumat ha-tehom est pourtant permise. Pour le tamid, là où aucun kohen pur n'est là, la touma connue est permise. La phrase s'interrompt ici. La suite, sur 81b, en tire la permission de l'abîme.

Tossefot, qui lit Rava, soulève le dayo : la touma connue n'est permise qu'en cas d'impossibilité. L'abîme appris par kal va-homer resterait dans la même limite. L'objection retenue est plus forte : elle vaut même pour Rabbi Tarfon, lequel écarte le dayo quand il briserait le kal va-homer.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).