Pesachim 81b - L'impureté de l'abîme et la combustion du Pessah

Pesachim 81b

Sougya : L'amoud poursuit la question de Rav Yossef : la tumat ha-tehom (impureté de l'abîme) est-elle permise au kohen du tamid ? Le kal va-homer de Rabba est écarté, car on ne tire pas un kal va-homer d'une halakha à Moché du Sinaï.

Rava l'apprend par gezera shava (analogie de mots) de "moado". Les derachot de Rabbi Elazar, de Rabbi Yo'hanan et de Rech Lakich ne cadrent pas avec la baraita : la loi reste une tradition, et le verset n'est qu'une asmakhta.

Mar bar Rav Achi parle de l'agrément du tzitz avant ou après la zerika. La baraita du mort couché en travers du chemin fixe quand le passant est impur pour la teruma et pur pour le nazir et le Pessa'h.

La michna dit où brûler un Pessa'h impur ou un notar : devant la bira, pour faire honte, ou chez soi.

Qui doit connaître la touma pour quitter l'abîme ? Baraita : un seul homme, même au bout du monde, suffit à l'écarter. Rabbi Elazar Nazir : "alav" claire pour lui Reste un abîme tant que LUI ignore Un autre qui sait ne suffit pas La baraita dit le contraire Verset : appui seul Rabbi Yo'hanan Pessa'h : "lakhem" claire pour vous Reste un abîme tant que DEUX ignorent Le pluriel "vous" exige deux témoins La baraita : un seul au bout du monde Verset : appui seul Rech Lakish "kederekh" au grand jour Reste un abîme tant que TOUS ignorent Le chemin est public la touma doit l'être Un seul savant devrait encore compter Verset : appui seul Conclusion Tumat ha-tehom : halakha à Moché du Sinaï. Le verset n'est qu'une asmakhta.
Rabbi Elazar : l'abîme dure tant que l'homme lui-même ignore. Rabbi Yohanan : tant que deux ignorent. Rech Lakish : tant que tout le monde ignore. La baraita exige un seul homme au bout du monde. La loi est une halakha à Moïse du Sinaï, le verset une asmakhta.
Mort couché en travers du chemin Baraita. Teruma d'un côté, nazir et Pessa'h de l'autre. Aucune place pour passer Le corps tient toute la largeur Teruma : tame Nazir et Pessa'h : tahor Halakha : on projette le sang Il reste une place On a pu longer le corps Même la teruma : tahor Safek dans le reshut ha-rabim Un doute, au public, est pur Corps Entier : din ci-dessus Brisé, démembré : tahor Passage possible entre les membres Tombe Même brisé : tame Le kever réunit les morceaux Ohel sur tout le vide Marche À pied : il peut éviter contact et ohel Chargé ou monté : tame Il oscille, ou la bête Quelle touma Abîme ignoré de tous : tahor pour nazir et Pessa'h Connue : tame Où est l'abîme ? Personne, au bout du monde, ne l'a reconnu. Un seul qui sait : ce n'est plus un abîme. Paille, terre, cailloux : couvert. C'est un abîme. Eau, obscurité, fentes du roc : un regard peut voir. Ce n'est pas un abîme. Mort seulement.
Mort en travers du chemin, sans passage : teruma tame, nazir et Pessah tahor. Avec un passage : même la teruma est tahor. Corps démembré : tahor, sauf dans une tombe. Chargé ou monté : tame. Impureté connue : tame.
Où brûle-t-on le Pessa'h ? Michna. Bira : le sanctuaire. Maarakha : le bois de l'autel. Entier ou rov devenu impur Devant la bira Bois de la maarakha R. Yossi bar Hanina : afin de les humilier Miut impur et le notar Cours ou toits Leur propre bois Le peu, et le reste d'un Pessa'h pur Tziknin les avares Devant la bira Bois de la maarakha Pour profiter du bois de l'autel Tossefot : le tribunal a stipulé ce bois. Les avares, et l'hôte, sinon ils ne brûleraient pas.
Pessah entier ou en majorité impur : devant la bira, bois de la maarakha, pour humilier. Minorité impure et notar : chez soi, son bois. Les avares brûlent devant la bira pour user du bois de l'autel.
1
אינו דין שהותרה לו טומאת התהום!

N'est-il pas logique qu'on lui ait permis l'impureté de l'abîme ?

📜 Rachi (1)
אינו דין שהותרה לו טומאת התהום היתר גמור ואפילו איכא טהורין:
Une permission entière, même s'il y a des purs.
💡 Explication

Ce segment ferme le kal va-homer ouvert à la fin de 81a. Rabba : là où une impureté connue est interdite, pour le Pessa'h, la tumat ha-tehom est permise. À plus forte raison pour le kohen du tamid, là où une impureté connue est permise.

Rachi : la permission est entière. Elle vaut même lorsqu'il y a des kohanim purs.

2
אמרי: ומי דיינינן קל וחומר מהלכה? והתניא, אמר לו רבי אליעזר: עקיבא, עצם כשעורה הלכה, רביעית דם קל וחומר, ואין דנין קל וחומר מהלכה!

On dit : et tire-t-on un kal va-homer (a fortiori) d'une halakha ? Or on a enseigné : Rabbi Eliezer lui a dit : Akiva, un os de la taille d'un grain d'orge est une halakha, un quart de log de sang serait un kal va-homer, et l'on ne tire pas un kal va-homer d'une halakha.

📜 Rachi (3)
מהלכה כגון קבר טומאת התהום הלכה למשה מסיני בנזיר ועושה פסח:
Par exemple une tombe. L'impureté de l'abîme est une halakha à Moché du Sinaï, pour le nazir et celui qui fait le Pessa'h.
ומי דיינינן קל וחומר מהלכה והא טומאת התהום לא משום ספיקא מטמאין לה דנימא גלוי מילתא למפרע בעלמא היא השתא אפילו בודאי נטמאו נמי אלא בשעה שנטמא היתה טומאת התהום שלא הכיר בה אדם מעולם מטהרין ליה כדלקמן:
Or l'impureté de l'abîme, on ne la déclare pas impure à cause d'un doute, au point d'y voir seulement une mise au clair après coup. Même s'ils se sont rendus impurs de façon certaine : au moment où il s'est rendu impur, c'était une impureté de l'abîme qu'aucun homme n'avait jamais reconnue, et on le déclare pur, comme plus loin.
דר"א ור"ע במסכת נזיר דאמרינן התם רביעית דם אין הנזיר מגלח על מגעה ועל משאה וקאמר רבי עקיבא ק"ו ומה עצם כשעורה שאין מטמא (את כל) אדם באהל הנזיר מגלח על מגעה ועל משאה רביעית דם שמטמאה (את כל) אדם באהל אינו דין שהנזיר מגלח על מגעה ועל משאה אמר לו ר"א לר"ע עצם כשעורה שהנזיר מגלח על מגעה ומשאה הלכה למשה מסיני ואין כתוב בתורה ורביעית דם אתה בא ללמוד ממנה בק"ו ואין דנין ק"ו מהלכה אלא מדבר הכתוב בתורה:
Rabbi Eliezer et Rabbi Akiva, dans le traité Nazir. On dit là-bas : pour un quart de log de sang, le nazir ne se rase ni pour l'avoir touché ni pour l'avoir porté. Rabbi Akiva dit un kal va-homer : un os de la taille d'un grain d'orge, qui ne rend pas l'homme impur par la tente (ohel), et pourtant le nazir se rase pour l'avoir touché et pour l'avoir porté ; un quart de log de sang, qui rend l'homme impur par la tente, n'est-il pas logique que le nazir se rase pour l'avoir touché et pour l'avoir porté ? Rabbi Eliezer a dit à Rabbi Akiva : l'os de la taille d'un grain d'orge, pour lequel le nazir se rase au contact et au port, est une halakha à Moché du Sinaï, et il n'est pas écrit dans la Torah. Le quart de log de sang, tu viens l'apprendre de là par kal va-homer. Or l'on ne tire un kal va-homer d'une halakha ; on ne le tire que d'une chose écrite dans la Torah.
💡 Explication

La Guemara écarte le kal va-homer. La tumat ha-tehom est une halakha à Moché du Sinaï. On n'en dérive pas un a fortiori.

Preuve, dans Nazir : Rabbi Akiva veut que le nazir se rase pour un quart de log de sang, puisque déjà un os ke-seora (taille d'un grain d'orge), qui ne transmet pas l'ohel, l'y oblige. Rabbi Eliezer répond : cet os est une halakha reçue, absente du verset. On ne bâtit pas un kal va-homer sur elle.

Rachi : la tumat ha-tehom purifie même une impureté certaine, si personne ne la connaissait à l'heure du passage. Le din va au-delà d'un doute éclairci plus tard.

🖼️ Schéma
On ne tire pas un kal va-homer d'une halakha Os ke-seora Ne rend pas impur par ohel Le nazir se rase au contact et au port Halakha à Moché Reviit de sang Rend impur par ohel R. Akiva : à plus forte raison le nazir se rase R. Eliezer refuse Même obstacle : la tumat ha-tehom est une halakha. On n'en tire pas le kohen du tamid.
Os ke-seora : halakha à Moché, le nazir se rase. Quart de log de sang : Rabbi Eliezer refuse le kal va-homer. Même refus pour étendre la tumat ha-tehom au kohen du tamid.
3
אלא אמר רבא: יליף ״מועדו״ ״מועדו״ מפסח.

Plutôt, Rava a dit : il l'apprend par "moado", "moado", depuis le Pessa'h.

💡 Explication

Rava remplace le kal va-homer par une gezera shava : le même mot moado (son temps fixé) est écrit pour le Pessa'h et pour le tamid.

La permission de la tumat ha-tehom, acquise pour le Pessa'h, passe au tamid. C'est la réponse à Rav Yossef sur le kohen qui fait agréer l'offrande perpétuelle.

4
וטומאת התהום גופא היכא כתיבא? אמר רבי אלעזר, אמר קרא: ״וכי ימות מת עליו״ — במחוורת עליו.

Et l'impureté de l'abîme elle-même, où est-elle écrite ? Rabbi Elazar a dit : le verset dit "et si un mort meurt sur lui" : lorsqu'elle est claire pour lui.

📜 Rachi (1)
וטומאת התהום שהותרה בנזיר ועושה פסח היכא כתיבא והך בעיא איבעיא בי מדרשא מקמי הא בעיא דרב יוסף ובשני דרב יוסף כבר איפשיטא הך מסקנא דלקמן דטומאת התהום גמרא גמירי לה משום הכי פרכינן לעיל ומי דיינינן ק"ו מהלכה:
Celle qui a été permise au nazir et à celui qui fait le Pessa'h, où est-elle écrite ? Cette question a été posée dans la maison d'étude avant la question de Rav Yossef. Du temps de Rav Yossef, la conclusion ci-dessous était déjà tranchée : l'impureté de l'abîme, on la tient par tradition. C'est pourquoi l'on objecte plus haut : et tire-t-on un kal va-homer d'une halakha ?
💡 Explication

La Guemara cherche le verset. Pour le nazir, Rabbi Elazar lit "sur lui" : la touma qui annule le nezirout est celle qui lui est claire. Une impureté que personne n'a mise au jour reste hors du verset : c'est l'abîme.

Rachi situe la question avant celle de Rav Yossef. À son époque, on tenait déjà que la loi est une tradition reçue. D'où l'objection du kal va-homer.

5
אשכחן נזיר. עושה פסח מנלן? אמר רבי יוחנן, אמר קרא: ״בדרך רחוקה לכם״ — במחוורת לכם.

Nous avons trouvé pour le nazir. Celui qui fait le Pessa'h, d'où le tenons-nous ?

Rabbi Yo'hanan a dit : le verset dit "sur un chemin lointain, pour vous" : lorsqu'elle est claire pour vous.

💡 Explication

Le verset du nazir ne couvre pas le Pessa'h. Rabbi Yo'hanan lit lakhem ("pour vous") : l'impureté qui renvoie au second Pessa'h est celle qui est claire pour vous. Le mot est au pluriel.

6
רבי שמעון בן לקיש אמר: כדרך. מה דרך — בגלוי, אף טומאה נמי — בגלוי.

Rabbi Chimon ben Lakich a dit : comme le chemin. De même que le chemin est au grand jour, de même l'impureté aussi est au grand jour.

💡 Explication

Rech Lakish s'appuie sur le mot derekh (chemin), voisin de l'impur dans le verset. Un chemin est découvert. La touma qui a le din du verset est découverte, elle aussi.

7
מיתיבי: אי זהו טומאת התהום? כל שלא הכיר בה אחד בסוף העולם. הכיר בה אחד בסוף העולם — אין זה טומאת התהום. לרבי אלעזר, דאמר: במחוורת עליו — עד דידע הוא.

On objecte : quelle est l'impureté de l'abîme ? Toute celle qu'aucune personne n'a reconnue, au bout du monde.

Si une personne l'a reconnue au bout du monde, ce n'est pas une impureté de l'abîme. Selon Rabbi Elazar, qui dit : lorsqu'elle est claire pour lui, ce serait jusqu'à ce que lui le sache.

📜 Rachi (2)
אי זהו טומאת התהום שהותרה לנזיר ועושה פסח:
Celle qui a été permise au nazir et à celui qui fait le Pessa'h.
במחוורת עליו שתהא ברורה לו:
Qu'elle lui soit claire.
💡 Explication

La baraita fixe un seuil unique : un seul homme, où qu'il soit, ôte à la touma le nom d'abîme.

Selon Rabbi Elazar, le verset "sur lui" laisserait l'abîme tant que l'intéressé lui-même ignore. Le savoir d'un autre, au bout du monde, ne compterait pas. La baraita dit l'inverse.

8
לרבי יוחנן, דאמר: ״לכם״, במחוורת לכם — עד דידעי בה תרין.

Selon Rabbi Yo'hanan, qui dit "pour vous", lorsqu'elle est claire pour vous : jusqu'à ce que deux la connaissent.

📜 Rachi (1)
לכם טמא לנפש או בדרך רחוקה לכם והאי לכם קאי נמי אטמא:
"Impur par une personne, ou sur un chemin lointain, pour vous." Et ce "pour vous" porte aussi sur "impur".
💡 Explication

Lakhem est un pluriel. Rabbi Yo'hanan exigerait donc deux personnes au courant. La baraita se contente d'une seule.

Rachi : "pour vous" qualifie aussi "impur par une personne", et pas seulement le chemin lointain.

9
לרבי שמעון בן לקיש, דאמר: כדרך — עד דידעי כולי עלמא.

Selon Rabbi Chimon ben Lakich, qui dit : comme le chemin, jusqu'à ce que tout le monde le sache.

📜 Rachi (1)
כי דרך טמא לנפש דומיא דדרך רחוקה הוא:
L'impur par une personne est à l'image du chemin lointain.
🗂️ Tossefot (1)
לריש לקיש דאמר כדרך עד דידעי בה כ"ע קשה לריב"א דבנזיר בסופו (דף סג.) איתא הך מסקנא ולא מייתי התם מילתיה דר' יוחנן ולא פריך נמי אלא לר"א וקאמר בשלמא למ"ד כדרך שפיר והיא מסוגיות החלוקות:
C'est difficile pour le Riva. À la fin de Nazir (63a) figure cette conclusion. On n'y cite pas la parole de Rabbi Yo'hanan. On n'objecte aussi que contre Rabbi Elazar, et l'on dit : cela se tient selon celui qui dit "comme le chemin". Ce sont des sougyot divergentes.
💡 Explication

Pour Rech Lakish, la touma doit être publique comme un chemin. L'abîme durerait tant que tout le monde l'ignore. Un seul savant, au bout du monde, laisserait encore l'abîme. La baraita, encore, dit l'inverse.

Tossefot : dans Nazir 63a, on ne cite pas Rabbi Yo'hanan, on n'attaque que Rabbi Elazar, et l'on tient "comme le chemin" pour satisfaisant. Les deux sougyot restent distinctes.

10
אלא, טומאת התהום הלכתא גמירי לה, וקרא — אסמכתא בעלמא.

Plutôt, l'impureté de l'abîme, on la tient par tradition, et le verset n'est qu'un appui.

📜 Rachi (1)
אי זהו טומאת התהום שהותרה לנזיר ועושה פסח:
Celle qui a été permise au nazir et à celui qui fait le Pessa'h.
🗂️ Tossefot (1)
אלא לפני זריקה נמי מרצה ע"כ לפני זריקת שום דם דאם נזרק אפילו אחד מן הדמים ונטמא תנן בפרק ג' מינים (נזיר דף מז.) יביא שאר קרבנות ויטהר אפילו בטומאה ידועה אינו סותר נזירותו וריצוי דטומאת התהום דכולה שמעתין היינו שאינו סותר נזירותו כדפי' לעיל אי בנזיר כי ימות מת עליו כו' וקשה לר"י דבפר' בתרא דנזיר (דף סג.) תנן אם עד שלא גילח נודע לו אפילו טומאת התהום סותר ומוקי ליה ר' יוחנן בגמ' כר"א דאמר תגלחת מעכבת וא"כ נודע לו לפני זריקה נמי כיון דמעכבת אמאי אינו סותר ותירץ ר"י דהכא כיון שנשחט יש לו להשלים ומרצה ציץ על טומאת התהום ואינו סותר כאילו לאחר זריקה נטמא ולא דמי לקודם גילוח ואע"ג דגילוח הוה אחר זריקה כדתנן בג' מינים (שם דף מו.) גילח על זבח ונמצא פסול תגלחתו פסולה ואי גילוח הוא לפני זריקה יביא זבח אחר לרבנן אית להו דתגלחת לא מעכבא ולכך מרצה הכא לפני זריקה:
C'est forcément avant la projection d'aucun sang. Car si l'on a projeté même un seul des sangs et qu'il s'est rendu impur, on enseigne au chapitre Chelocha minim (Nazir 47a) : il apporte le reste des korbanot et se purifie. Même pour une impureté connue, cela n'annule pas son nezirout. Or l'agrément de l'impureté de l'abîme, dans toute cette sougya, c'est qu'il n'annule pas son nezirout, comme on l'a expliqué plus haut s'il s'agit du nazir : "si un mort meurt sur lui", etc. Et c'est difficile pour le RI. Au dernier chapitre de Nazir (63a), on enseigne : si on le lui a fait savoir avant qu'il se rase, même l'impureté de l'abîme annule. Rabbi Yo'hanan l'établit dans la Guemara selon Rabbi Eliezer, qui dit que la tiglachat (le rasage) est meakevet (indispensable). S'il en est ainsi, lorsqu'on le lui a fait savoir avant la projection aussi, puisque le rasage est indispensable, pourquoi cela n'annule-t-il pas ? Le RI a répondu : ici, puisqu'on a abattu, il doit achever. Le tzitz fait agréer l'impureté de l'abîme, et cela n'annule pas, comme s'il s'était rendu impur après la projection. Et ce cas ne ressemble pas à celui d'avant le rasage. Et bien que le rasage vienne après la projection, comme on enseigne dans Chelocha minim (là, 46a) : s'il s'est rasé sur un sacrifice et que celui-ci s'est trouvé passoul, son rasage est passoul. Et si le rasage avait lieu avant la projection, il apporterait un autre sacrifice. Selon les Sages, le rasage n'est pas meakev. C'est pourquoi, ici, il fait agréer avant la projection.
💡 Explication

Aucune des trois lectures du verset ne donne le seuil de la baraita : un seul homme au bout du monde. La tumat ha-tehom est donc une halakha reçue. Le verset cité n'est qu'une asmakhta (appui).

Tossefot, sur l'agrément avant la zerika, précise : il s'agit d'avant tout sang projeté. Dès qu'un sang l'est, même une impureté connue n'annule plus le nezirout (Nazir 47a). Le RI accorde cela avec Nazir 63a, où le savoir avant le rasage annule : une fois la bête abattue, on achève, et le tzitz couvre l'abîme.

11
אמר מר בר רב אשי: לא שנו אלא שנודע לו לאחר זריקה, דכי אזדריק דם — שפיר איזדריק, אבל נודע לו לפני זריקה — לא מרצה.

Mar bar Rav Achi a dit : on n'a enseigné cela que lorsqu'il l'a su après la projection. Car lorsque le sang a été projeté, il a été projeté valablement.

Mais s'il l'a su avant la projection, il ne fait pas agréer.

📜 Rachi (1)
לא שנו דציץ מרצה על טומאת התהום בנזיר ועושה פסח:
Que le tzitz fait agréer l'impureté de l'abîme, pour le nazir et celui qui fait le Pessa'h.
💡 Explication

Première leçon de Mar bar Rav Achi. Le tzitz (lame du Grand Prêtre) ne couvre la tumat ha-tehom que si l'on a su après la zerika. À l'heure du sang, l'homme ignorait encore : la projection était en règle.

S'il savait déjà avant de projetér, Mar bar Rav Achi refuse l'agrément. La suite reprend cette limite.

12
מיתיבי: המוצא מת מושכב לרחבו של דרך, לתרומה — טמא. לנזיר ועושה פסח — טהור. וכל טמא וטהור — להבא הוא.

On objecte : celui qui trouve un mort couché dans la largeur du chemin, pour la teruma il est impur ; pour le nazir et celui qui fait le Pessa'h, il est pur. Et tout "impur" et "pur" vise l'avenir.

📜 Rachi (3)
מושכב לרחבו של דרך והוא עבר שם וא"א שלא נגע שם או הסיט או האהיל:
Et il est passé là, et il est impossible qu'il n'y ait pas touché, ou qu'il ne l'ait pas déplacé, ou qu'il n'ait pas fait tente.
לתרומה לאכול בתרומה:
Pour manger de la teruma.
טמא דלא הותרה בו טומאת התהום ואילו לאורכו של דרך אפי' טומאת התהום אין כאן:
Car l'impureté de l'abîme ne lui a pas été permise. Tandis que dans la longueur du chemin, il n'y a même pas d'impureté de l'abîme.
🗂️ Tossefot (2)
וטמא וטהור לכתחלה הוא ודווקא לפני זריקה אבל לפני שחיטה לא כמו שהביא בקונטרס במתני' מתוספתא:
Et précisément avant la projection, mais non avant l'abattage, comme le commentaire l'a cité sur la michna, depuis la Tossefta.
המוצא מת מושכב כו' בפ' בתרא דנזיר (דף סה.) דייק על ההיא משנה דהתם המוצא פרט למצוי מת פרט להרוג מושכב פרט ליושב וקשה לריב"א דהכא ביושב אתי שפיר טפי מבמושכב דבמושכב לא הוי כולי האי טומאת התהום אם קברוהו שם וי"ל דמושכב נקט בשביל תרומה שהוא תופס כל רוחב הדרך ואי אפשר שלא יאהיל או יסיט אבל יושב לא דאיכא למימר שמא לא האהיל כנגדו:
Au dernier chapitre de Nazir (65a), on précise sur la michna de là-bas : "celui qui trouve" exclut ce qui se trouve déjà là ; "un mort" exclut un tué ; "couché" exclut un assis. Et c'est difficile pour le Riva : ici, "assis" irait mieux que "couché". Car un couché, s'ils l'ont enterré là, n'est pas à ce point une impureté de l'abîme. On peut dire : il a pris "couché" à cause de la teruma. Il occupe toute la largeur du chemin, et il est impossible qu'on ne fasse pas tente ou qu'on ne déplace. Un assis, non : on peut dire que peut-être il n'a pas fait tente en face de lui.
💡 Explication

La baraita appelle le passant tahor pour le nazir et le Pessa'h. Or "impur" et "pur", dans une baraita, fixent le din pour la suite : on s'en sert pour agir, et pas seulement une fois le sang déjà projeté.

Cela gêne la limite de Mar bar Rav Achi. Rachi : le corps en travers rend le contact, le hessèt (déplacement) ou l'ohel inévitables. Pour la teruma, la tumat ha-tehom n'a pas été permise. Couchée dans la longueur du chemin, la situation d'abîme ne se pose même pas.

Tossefot : cet "avenir" est l'avant-zerika, et il exclut l'avant-chehita. Le mort est dit "couché" pour la teruma : il barre toute la largeur.

13
אלא אי איתמר, הכי איתמר: אמר מר בר רב אשי: לא תימא נודע לו לאחר זריקה הוא דמרצה, אבל נודע לו לפני זריקה — לא מרצה, אלא אפילו נודע לו לפני זריקה — מרצה.

Plutôt, si cela a été dit, voici comment cela a été dit. Mar bar Rav Achi a dit : ne dis pas que c'est seulement lorsqu'il l'a su après la projection qu'il fait agréer, mais que s'il l'a su avant la projection il ne fait pas agréer.

Plutôt, même s'il l'a su avant la projection, il fait agréer.

💡 Explication

La leçon est reformulée. Le tzitz fait agréer la tumat ha-tehom même lorsque l'homme l'a sue avant la zerika.

"Tahor" de la baraita vise bien l'avenir : nazir et homme du Pessa'h gardent leur offrande en règle.

🖼️ Schéma
Mar bar Rav Achi : quand le tzitz fait-il agréer ? Su après la zerika Le sang a été projeté alors qu'il ignorait Le tzitz fait agréer Première leçon Su avant la zerika Le tzitz ne fait pas agréer Cette leçon est reprise Reprise, d'après la baraita "Tahor" vise l'avenir : on agit avec ce din, avant la projection. Même su avant la zerika, le tzitz fait agréer.
Première leçon : le tzitz n'agrée que si l'on a su après la zerika. La baraita, qui dit "pur" pour l'avenir, fait reprendre : même un savoir avant la projection, le tzitz fait agréer.
14
גופא. המוצא מת מושכב לרחבו של דרך, לתרומה — טמא, לנזיר ועושה פסח — טהור.

Le corps du texte. Celui qui trouve un mort couché dans la largeur du chemin : pour la teruma, impur ; pour le nazir et celui qui fait le Pessa'h, pur.

💡 Explication

La Guemara reprend la baraita pour elle-même, clause par clause. Le cas de départ : le mort barre le chemin. Teruma : tame. Nazir et Pessa'h : tahor.

15
במה דברים אמורים — שאין לו מקום לעבור. אבל יש מקום לעבור — אף לתרומה טהור.

Dans quel cas cela a-t-il été dit ? Lorsqu'il n'a pas de place pour passer.

Mais s'il a une place pour passer, même pour la teruma il est pur.

📜 Rachi (3)
שאין לו מקום לעבור שמחזיק וממלא את כל רוחב הדרך אף על גב דטומאת ודאי היא כיון דההיא שעתא דעבר עליה טומאת התהום הואי שלא היה שום אדם יודעו שם ואף לזה לא נודע עד שנשחטו קרבנותיו הלכה למשה מסיני היא שזורקין עליו את הדמים:
Il occupe et remplit toute la largeur du chemin. Bien que l'impureté soit certaine : à l'heure où il est passé sur lui, c'était une impureté de l'abîme, aucun homme ne le savait là, et même à celui-ci on ne l'a pas fait savoir avant que ses korbanot soient abattus. C'est une halakha à Moché du Sinaï que l'on projette les sangs pour lui.
אבל יש לו מקום לעבור אף לתרומה טהור דהוי ליה ספק טומאה ברשות הרבים וספיקו טהור:
Car c'est un doute d'impureté dans le domaine public, et son doute est pur.
בד"א דכי ממלא את כל הדרך טמא:
Que, lorsqu'il remplit tout le chemin, il est impur.
💡 Explication

Le din "teruma : tame" ne vise que le corps qui barre toute la largeur. Le passage a forcément touché, déplacé ou couvert.

S'il reste un passage, même la teruma est tahor : safek touma dans le reshut ha-rabim (domaine public), et ce doute est pur. Rachi : quand le chemin est barré, la touma est certaine, et c'est pourtant un abîme tant que personne ne savait. On projette le sang, halakha à Moché du Sinaï.

16
במה דברים אמורים — שמצאו שלם. אבל משובר ומפורק טהור, שמא בין הפרקים עבר. ובקבר, אפילו משובר ומפורק טמא, מפני שהקבר מצרפו.

Dans quel cas cela a-t-il été dit ? Lorsqu'il l'a trouvé entier.

Mais s'il est brisé et démembré, il est pur : peut-être est-il passé entre les articulations. Et dans une tombe, même brisé et démembré, il est impur, parce que la tombe le réunit.

📜 Rachi (1)
שהקבר מצרפו שכל הקבר מטמא באהל ואפילו ריקן שבו דכתיב (במדבר יט) או בקבר:
Toute la tombe rend impur par la tente, même l'espace vide qui s'y trouve, car il est écrit (Nombres 19) : "ou dans une tombe".
🗂️ Tossefot (1)
ובקבר אפי' כו' וא"ת היכי שייכא טומאת התהום בקבר והלא נודע כשקברוהו שם ואיכא למימר כגון שנפל בקבר ומת והא דפי' בקונטרס שהקבר מצרפו משום דכתיב או בקבר אין נראה לר"י דשמא קרא מיירי בקבר מכוסה ומשום הכי נמי הקבר מצרפו משום אהל שהכיסוי מביא את הטומאה עליו:
Et si l'on demande : comment l'impureté de l'abîme s'applique-t-elle à une tombe ? Ne l'a-t-on pas sue au moment où on l'y a enterré ? On peut dire : par exemple, il est tombé dans une tombe et il est mort. Et ce que le commentaire a expliqué, que la tombe le réunit parce qu'il est écrit "ou dans une tombe", ne paraît pas juste au RI. Peut-être le verset parle-t-il d'une tombe couverte. C'est pour cela aussi que la tombe le réunit, à cause de la tente : la couverture amène l'impureté sur lui.
💡 Explication

Corps entier : le din précédent. Corps brisé et démembré : tahor, car le passant a pu passer entre les membres, sans contact ni ohel.

Dans un kever (tombe), les morceaux sont réunis. Passer sur la tombe, même sur un vide, transmet l'ohel. Rachi le tire de "ou dans une tombe". Tossefot : l'abîme se conçoit s'il est tombé dans la tombe et y est mort, sans enterrement connu. Le RI rattache la réunion au couvercle, qui fait tente.

17
במה דברים אמורים — במהלך ברגליו, אבל טעון או רכוב — טמא, לפי שמהלך ברגליו אפשר שלא יגע ולא יאהיל, אבל טעון או רכוב אי אפשר שלא יגע ולא יאהיל.

Dans quel cas cela a-t-il été dit ? Pour celui qui marche à pied.

Mais s'il est chargé ou monté, il est impur. Car celui qui marche à pied, il est possible qu'il ne touche pas et qu'il ne fasse pas tente.

Mais un chargé ou un monté, il est impossible qu'il ne touche pas et qu'il ne fasse pas tente.

📜 Rachi (3)
בד"א דמשובר ומפורק טהור:
Que, brisé et démembré, il est pur.
טעון משוי על כרחו הולך נע ונד לכאן ולכאן ומאהיל על צדדיו:
Une charge. Malgré lui, il va en oscillant d'un côté et de l'autre, et il fait tente sur ses côtés.
בד"א דנזיר ועושה פסח טהור:
Que le nazir et celui qui fait le Pessa'h sont purs.
💡 Explication

Le tahor du corps démembré vise le marcheur à pied, qui peut enjamber les intervalles.

Le chargé oscille sous le fardeau et couvre les côtés. Le monté ne choisit pas sa ligne. Contact ou ohel devient inévitable : il est tame. Rachi relie aussi ce "dans quel cas" au tahor du nazir et de l'homme du Pessa'h, détaillé ensuite.

18
במה דברים אמורים — בטומאת התהום, אבל בטומאה ידועה — טמא:

Dans quel cas cela a-t-il été dit ? Pour l'impureté de l'abîme.

Mais pour une impureté connue, il est impur.

📜 Rachi (1)
אבל בטומאה הידועה שידעו שאדם נקבר שם:
Qu'ils savaient qu'un homme était enterré là.
💡 Explication

Le tahor du nazir et du Pessa'h ne vaut que pour la tumat ha-tehom. Une touma connue, même si ce passant-là l'ignorait, le laisse tame. Rachi : on savait qu'un homme était enterré à cet endroit.

19
ואי זה היא טומאת התהום — כל שלא הכיר בה אחד בסוף העולם. אבל הכיר בה אחד בסוף העולם — אין זה טומאת התהום.

Et quelle est l'impureté de l'abîme ? Toute celle qu'aucune personne n'a reconnue, au bout du monde.

Mais si une personne l'a reconnue au bout du monde, ce n'est pas une impureté de l'abîme.

💡 Explication

La baraita redit sa définition. Le seuil est un seul connaisseur, où qu'il se trouve. C'est cette phrase qui a écarté les trois lectures du verset.

20
מצאו טמון בתבן, בעפר, ובצרורות — הרי זה טומאת התהום. במים, באפילה, בנקיקי הסלעים — אין זה טומאת התהום. ולא אמרו טומאת התהום אלא למת בלבד.

S'il l'a trouvé caché dans la paille, dans la terre et dans les cailloux, c'est une impureté de l'abîme. Dans l'eau, dans l'obscurité, dans les fentes des rochers, ce n'est pas une impureté de l'abîme.

Et l'on n'a dit l'impureté de l'abîme que pour un mort seulement.

📜 Rachi (2)
טמון בעפר בתבן ובצרורות טומאה מכוסה מכל אדם היא זו שמא גל אבנים או עפר או תבן נפל עליו ולא הכירו בו בני אדם מעולם אבל מים ואפילה ונקיקי הסלעים אין זו הטומאה מכוסה ונעלמה שהמציץ יכול לראות ולא גמירי הלכתא אלא בטומאה שהיא בתהום המכוסה מן הכל:
C'est une impureté couverte pour tout homme. Peut-être un amas de pierres, de terre ou de paille est tombé sur lui, et les hommes ne l'ont jamais reconnu. Mais l'eau, l'obscurité et les fentes des rochers : cette impureté n'est pas couverte et cachée, car celui qui jette un regard peut voir. Et l'on n'a reçu la halakha que pour une impureté qui est dans l'abîme, couverte de tous.
ולא אמרו דהותרה טומאת התהום אלא במת בלבד:
Que l'impureté de l'abîme n'a été permise que pour un mort.
🗂️ Tossefot (1)
מצאו טמון בתבן כו' משום דלפי מה שמצאנוהו עכשיו לא היה ראוי להכיר לאחד בסוף העולם אבל במים ראוי להכיר:
Parce que, d'après la façon dont nous l'avons trouvé maintenant, il n'était pas à même d'être reconnu par une personne au bout du monde. Mais dans l'eau, il est à même d'être reconnu.
💡 Explication

On juge l'abîme d'après l'endroit. Paille, terre, cailloux : un éboulis a pu le couvrir sans que personne ne l'ait vu. Eau, noir, fentes : le lieu laisse voir, un passant a pu le reconnaître.

La permission ne s'étend qu'au mort. Rachi : la tradition vise une touma enfouie, soustraite à tout regard. Tossefot : on part de l'état où on le trouve aujourd'hui.

🖼️ Schéma
Selon l'endroit où l'on trouve le mort Tumat ha-tehom Paille Terre Cailloux Couvert : un amas a pu tomber Pas un abîme Eau Obscurite Fentes des rochers Un regard peut voir La permission ne vise qu'un mort.
Paille, terre, cailloux : impureté couverte, c'est l'abîme. Eau, obscurité, fentes : un regard suffit, ce n'est pas l'abîme. La permission ne vaut que pour un mort.
21
מתני׳ נטמא שלם או רובו — שורפין אותו לפני הבירה מעצי המערכה. נטמא מיעוטו והנותר — שורפין אותו בחצרותיהן או על גגותיהן מעצי עצמן. הציקנין שורפין אותו לפני הבירה בשביל ליהנות מעצי המערכה.

Michna. S'il est devenu impur en entier ou en sa majeure partie, on le brûle devant la bira, avec le bois de la maarakha.

Si sa minorité est devenue impure, et le reste, on le brûle dans leurs cours ou sur leurs toits, avec leur propre bois. Les avares le brûlent devant la bira, afin de profiter du bois de la maarakha.

📜 Rachi (4)
מתני' נטמא שלם או רובו שורפין אותו לפני הבירה כל המקדש כולו קרי בירה ובגמרא מפרש טעמא:
Tout le sanctuaire est appelé bira. Et la Guemara en explique la raison.
נטמא מיעוטו וכן נותר של פסח טהור:
Et de même le notar d'un Pessa'h pur.
הציקנין עצרנין כלומר שהן צרי עין:
Des avares, c'est-à-dire qu'ils ont l'œil étroit.
שורפין אותו את מעט שנטמא ואת הנותר:
Le peu qui est devenu impur, et le notar.
🗂️ Tossefot (1)
נטמא רובו שורפין אותו לפני הבירה מעצי כו' נראה הטעם משום דלב בית דין מתנה עליהם לפי שהזקיקוהו לשורפו לפני הבירה כדי לביישו לא הטריחוהו להביא עצים משלו ויכול להנות משל הקדש וכן בציקנין התנו כמו כן ולא לכל דמתוך ציקנותן היו נמנעין מלשורפו ואתי לידי עבירה ודוקא בציקנין או באכסנאי כדאמרי' בגמרא דעשאוהו כציקנין אבל אדם אחר לא ואפילו למאן דלית ליה בפ"ק דשבועות (יא.) לב ב"ד מתנה עליהן ה"מ בקרבנות דקדישי קדושת הגוף אבל בקדושת דמים כולי עלמא מודו:
La raison paraît être que le cœur du tribunal en fait la condition. Puisqu'on l'a contraint à le brûler devant la bira afin de le faire honte, on ne l'a pas chargé d'apporter son bois, et il peut profiter de celui du hekdech. De même pour les avares, on a posé la même condition, et pas pour tout le monde : car, du fait de leur avarice, ils s'abstiendraient de le brûler et en viendraient à une faute. Et cela ne vise que les avares, ou un hôte, comme on le dit dans la Guemara, qu'on l'a traité comme les avares. Un autre homme, non. Et même selon celui qui ne tient pas, au premier chapitre de Chevouot (11a), que le cœur du tribunal en fait la condition : ces paroles ne visent que les korbanot qui ont une kedoucha du corps. Pour une kedoucha d'argent, tout le monde est d'accord.
💡 Explication

Nouvelle michna. Tout le Pessa'h, ou son rov (majorité), devenu impur : combustion devant la bira, le sanctuaire, avec le bois de la maarakha, la pile de l'autel.

Un miut (minorité) impur, et le notar (ce qui reste après le temps de consommation) : chacun brûle chez lui, bois à lui. Les tziknin, les avares, montent devant la bira pour user du bois de l'autel.

Tossefot : le bois du hekdech est ouvert par une condition du tribunal, lev beit din matne. On les a forcés à brûler en public ; on ne leur impose pas en plus leur bois. Même avis pour l'hôte. La discussion de Chevouot 11a porte sur la kedoucha du corps ; pour une kedoucha d'argent, l'accord est général.

22
גמ׳ מאי טעמא? אמר רבי יוסי בר חנינא: כדי לביישן.

Guemara. Quelle est la raison ?

Rabbi Yossi bar Hanina a dit : afin de les humilier.

💡 Explication

Pourquoi obliger la combustion devant la bira ? Rabbi Yossi bar Hanina : pour les humilier. Le rov devenu impur signe un manque de garde. La combustion est publique.

23
נטמא מיעוטו וכו׳. ורמינהו: וכן מי שיצא מירושלים ונזכר שיש בידו בשר קדש, אם עבר צופים — שורפו במקומו, ואם לאו —

"Si sa minorité est devenue impure", etc. Et l'on oppose : et de même, celui qui est sorti de Jérusalem et s'est souvenu qu'il a en main de la viande de kodachim, s'il a dépassé Tzofim, il la brûle sur place ; et sinon,

📜 Rachi (4)
גמ' וכן מי שיצא בפרק אלו עוברין:
Au chapitre Elou ovrin.
שיש בידו בשר קדש והרי הוא פסול ביוצא:
Et la voici passoul du fait qu'elle est sortie.
צופים מקום שיכול לראות משם הבירה ומשם והלאה אין יכול לראותו:
Un lieu d'où l'on peut voir la bira ; au-delà, on ne peut plus la voir.
שורפו במקומו לא הטריחוהו לחזור ולשורפו בירושלים הואיל וכבר נתרחק הרבה ואף על גב דקיימא לן בפרק כל שעה (פסחים דף כד.) דבמקום אכילת קדשים שם שריפתן מבקדש באש תשרף:
On ne lui a pas imposé de revenir la brûler à Jérusalem, puisqu'il s'est déjà beaucoup éloigné. Et bien que nous tenions, au chapitre Kol chaah (Pessahim 24a), qu'à l'endroit où l'on mange les kodachim, là on les brûle, d'après : dans le sanctuaire, au feu tu le brûleras.
💡 Explication

La Guemara oppose une autre michna, au chapitre Elou ovrin. De la viande de kodachim sortie de Jérusalem est passoul. Passé Tzofim, le point d'où l'on voit encore le sanctuaire, on la brûle sur place. La citation s'arrête sur "et sinon".

Rachi : on ne fait pas revenir celui qui est déjà loin. La règle générale reste : on brûle les kodachim là où on les mange, d'après le verset de la combustion dans le sanctuaire.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).