Pesachim 82a - Le bois de la combustion, et le Pessah brûlé aussitôt

Pesachim 82a

Sougya : L'amoud règle d'abord où brûler un morceau de Pessa'h invalidé, et avec quel bois. Rav Hama bar Oukva oppose l'hôte, qui use du bois de la maarakha, au maître de maison, qui brûle chez lui ; Rav Pappa ne parle que de l'hôte, selon qu'il a pris la route ou non ; Rav Zevid, même avant le départ, traite l'hôte sans bois comme les avares.

Une baraita refuse deux mélanges du lieu et du bois : Rav Yossef y voit la honte de celui qui n'a pas de bois, Rava le soupçon d'un vol, et le même débat revient pour les kohanim impurs placés à la porte de l'orient. La michna dit ensuite qu'un Pessa'h sorti ou impur se brûle aussitôt, tandis que si les propriétaires sont impurs ou morts on laisse passer sa forme jusqu'au seize ; Rabbi Yo'hanan ben Beroka brûle aussi ce cas aussitôt, parce qu'il n'a pas de mangeurs.

La Guemara tient le verset de l'impur, et elle apprend le yotze du dialogue de Moché et d'Aharon ; elle demande encore le cas des kodachim kalim, et le sang qui a passé la nuit.

Où brûler, et avec quel bois ? Michna citée : devant la bira, bois de la maarakha. Notre michna : dans les cours, avec le bois de chacun. Rav Hama bar Oukva Ici : un hôte Il n'a pas de bois Bois de la maarakha Là : un maître de maison Son propre bois Notre michna vise le résident Rav Pappa Les deux cas : un hôte Il a pris la route Bois de la maarakha Il n'est pas parti Il ramasse le sien On ne le renvoie pas chercher du bois Rav Zevid Reprend Rav Hama Hôte / maître de maison Même avant le départ L'hôte sans bois Comme les avares Les tziknin brûlent devant la bira pour ce bois-là Rachi : "il a pris la route" enseigne le retour à Jérusalem. La règle du bois vaut même s'il n'est pas encore parti.
Rav Hama : hôte, bois de la maarakha ; maître de maison, son bois. Rav Pappa : les deux cas sont un hôte, selon qu'il a pris la route ou non. Rav Zevid : même avant le départ, l'hôte sans bois est traité comme les avares.
Deux demandes qu'on refuse Baraita. Le lieu et le bois ne se choisissent pas à part. Cours + bois de la maarakha On ne les écoute pas Il peut en rester Un autre usage serait une faute Devant la bira + leur bois On ne les écoute pas La raison reste à dire Deux réponses Rav Yossef : la honte Ne pas humilier celui qui n'a pas de bois Si chacun monte le sien, on voit qui prend celui du sanctuaire Rava : le soupçon Le surplus rentre à la maison Qui le voit croit à un vol de bois de la maarakha Écart : roseaux et branches de palmier Impropres à la maarakha : légers, ils brûlent trop vite Rava : le soupçon tombe, on peut les apporter Rav Yossef : la honte demeure, on refuse Même partage : kohanim impurs, porte de l'orient Rav Yossef : leur faire honte de la touma Rava : qu'on ne les croie pas partis à leur travail Écart : gens délicats, ou tresseur de cordes
On refuse les cours avec le bois de la maarakha, et la bira avec son propre bois. Rav Yossef : la honte. Rava : le soupçon. Écart : roseaux et branches de palmier. Même débat pour les kohanim impurs à la porte de l'orient.
Quand brûler le Pessa'h Michna. Le jour de fête, on ne brûle pas les kodachim. Sorti, ou devenu impur Passoul dans le corps de l'offrande Aussitôt : le 14. On n'attend pas le matin du 16. Propriétaires impurs, ou morts Passoul hors du corps : il n'a plus de mangeurs On laisse passer sa forme, une nuit Combustion le 16 Rabbi Yo'hanan ben Beroka Ce second cas aussi, aussitôt : il n'a pas de mangeurs L'impur : verset de Vayikra 7, 19. Le yotze : dialogue de Moché et d'Aharon. Sorti, ou sang entré à l'intérieur : voué à la combustion.
Pessah sorti ou impur : combustion aussitôt, le 14. Propriétaires impurs ou morts : on laisse passer la forme, combustion le 16. Rabbi Yohanan ben Beroka brûle aussi ce cas aussitôt.
1
חוזר ושורפו לפני הבירה מעצי המערכה!

Il revient et le brûle devant la bira, avec le bois de la maarakha.

📜 Rachi (1)
חוזר ושורפו כו' אלמא מיעוטו שנפסל מעצי המערכה נמי שרפינן:
On en déduit qu'une minorité invalidée, on la brûle aussi avec le bois de la maarakha.
💡 Explication

Fin de la michna citée au daf précédent. S'il n'est pas allé au-delà du point d'où l'on voit encore le sanctuaire, il revient brûler la viande de kodachim devant la bira, avec le bois de la maarakha.

Rachi en tire l'opposition avec notre michna. Même un miut (minorité) invalidé suit ce bois-là. Notre michna envoie le miut, et le notar, dans les cours, avec le bois de chacun.

2
אמר רב חמא בר עוקבא: לא קשיא, כאן — באכסנאי. כאן — בבעל הבית.

Rav Hama bar Oukva a dit : pas de difficulté. Ici, un hôte.

Là, un maître de maison.

📜 Rachi (1)
כאן באכסנאי שאין לו עצים שורפו מעצי המערכה ומתני' בבעל הבית:
Qui n'a pas de bois : il le brûle avec le bois de la maarakha. Et notre michna vise un maître de maison.
💡 Explication

Rav Hama bar Oukva répartit les deux michnayot. L'akhsenai (hôte) n'a pas de bois à Jérusalem : il brûle avec le bois de la maarakha. C'est la michna citée. Le baal ha-bayit (maître de maison) brûle chez lui, avec son bois : c'est notre michna.

3
רב פפא אמר: הא והא באכסנאי, כאן — שהחזיק בדרך, כאן — שלא החזיק בדרך.

Rav Pappa a dit : l'un et l'autre visent un hôte. Ici, il a pris la route.

Là, il n'a pas pris la route.

📜 Rachi (1)
שהחזיק בדרך לא הטריחוהו לחזר על עצים כדקתני וכן מי שיצא אלמא בהחזיק בדרך עסקינן:
On ne l'a pas astreint à chercher du bois, comme l'enseigne : "et de même celui qui est sorti". On traite donc de celui qui a pris la route.
💡 Explication

Rav Pappa met les deux textes sur l'hôte. S'il a déjà pris la route (hehzik ba-derekh), on ne le renvoie pas chercher du bois : il use de la maarakha. S'il n'est pas parti, il ramasse le sien.

Rachi : la formule "et de même celui qui est sorti" montre que le cas est celui qui est déjà en chemin.

4
רב זביד אמר: לעולם כדאמר מעיקרא — כאן באכסנאי כאן בבעל הבית, ואף על גב דלא החזיק בדרך, אכסנאי כיון דלית ליה עשאוהו כציקנין. דתנן: הציקנין שורפין אותו לפני הבירה בשביל ליהנות מעצי המערכה.

Rav Zevid a dit : en réalité, comme on l'avait dit au départ, ici un hôte, là un maître de maison. Et même s'il n'a pas pris la route, un hôte, puisqu'il n'en a pas, on l'a traité comme les avares.

Comme nous l'avons appris : les avares le brûlent devant la bira, afin de profiter du bois de la maarakha.

📜 Rachi (1)
רב זביד כרב חמא מוקים לה ואדרב פפא פליג ויהיב טעמא למילתיה דרב חמא דכיון דלית ליה עצים שם עשאוהו כציקנין והחזיק בדרך דקתני מתני' לאשמועינן חזרה נקט לה ולא משום עצים דהוא הדין ללא החזיק:
Il l'établit comme Rav Hama, et il est en désaccord avec Rav Pappa. Il donne la raison de la parole de Rav Hama : puisqu'il n'a pas de bois là-bas, on l'a traité comme les avares. Et "il a pris la route", que la michna enseigne, il l'a dit pour nous apprendre le retour, et non à cause du bois : il en va de même s'il n'a pas pris la route.
🗂️ Tossefot (1)
רב זביד אמר לעולם כדאמר מעיקרא פי' בקונטרס דרב זביד לא פליג אדרב חמא בר עוקבא ואינו אלא מפרש טעמו וקשה לריב"א דלא מצינו בשום מקום שיאמר לעולם כו' כדי לפרש ונראה לו דרב חמא בר עוקבא ורב פפא לא פליגי דרב חמא בר עוקבא מוקי כאן באכסנאי כאן בבע"ה ואידי ואידי בהחזיק בדרך אבל בלא החזיק אפי' אכסנאי הוי כבע"ה אלא דלא איירי בה ורב פפא מוקי אידי ואידי . באכסנאי ולא פליג אדרב חמא בר עוקבא ורב זביד פליג אתרווייהו וקסבר אכסנאי שלא החזיק עשאוהו כציקנין אי נמי רב פפא ורב זביד פליגי אליבא דרב חמא בר עוקבא רב פפא סבר דרב חמא בר עוקבא איירי בהחזיק אבל בלא החזיק הוי אכסנאי כבעל הבית ורב זביד סבר דאכסנאי אפי' לא החזיק עשאוהו כציקנין ודוקא נקט רב חמא בר עוקבא בעל הבית:
Le commentaire explique que Rav Zevid n'est pas en désaccord avec Rav Hama bar Oukva : il ne fait qu'exposer sa raison. Cela fait difficulté au Riva. On ne trouve nulle part un "en réalité" dit seulement pour expliquer. Il lui paraît que Rav Hama bar Oukva et Rav Pappa ne sont pas en désaccord. Rav Hama bar Oukva établit : ici un hôte, là un maître de maison, et les deux cas visent celui qui a pris la route. S'il n'a pas pris la route, même un hôte est comme un maître de maison ; simplement, il n'en traite pas. Rav Pappa établit les deux cas sur un hôte, et il n'est pas en désaccord avec Rav Hama bar Oukva. Rav Zevid est en désaccord avec tous les deux : un hôte qui n'a pas pris la route, on l'a traité comme les avares. Autre lecture : Rav Pappa et Rav Zevid sont en désaccord sur l'avis de Rav Hama bar Oukva. Rav Pappa tient que Rav Hama bar Oukva parle de celui qui a pris la route, mais que, s'il ne l'a pas prise, l'hôte est comme un maître de maison. Rav Zevid tient qu'un hôte, même s'il n'a pas pris la route, on l'a traité comme les avares. Et Rav Hama bar Oukva a visé le maître de maison à dessein.
💡 Explication

Rav Zevid revient à Rav Hama : hôte d'un côté, maître de maison de l'autre. Même avant le départ, l'hôte sans bois est traité comme les tziknin (avares), qui brûlent devant la bira pour user du bois de la maarakha.

Rachi : Rav Zevid explique Rav Hama et s'écarte de Rav Pappa. "Il a pris la route" apprend l'obligation de revenir, et la règle du bois vaut aussi pour celui qui n'est pas parti.

Tossefot, au nom du Riva : "en réalité" ne sert pas à gloser. Première lecture : Rav Hama et Rav Pappa vont ensemble, Rav Zevid s'écarte des deux. Seconde lecture : Rav Pappa et Rav Zevid lisent autrement la portée de Rav Hama.

5
תנו רבנן: באו לשורפו בחצרותיהן ומעצי המערכה — אין שומעין להן. לפני הבירה ומעצי עצמן — אין שומעין להן.

Les Sages ont enseigné : s'ils sont venus le brûler dans leurs cours, et avec le bois de la maarakha, on ne les écoute pas. Devant la bira, et avec leur propre bois, on ne les écoute pas.

📜 Rachi (1)
באו לשורפו כו' כדמפרש טעמא:
Comme la raison en est expliquée ensuite.
💡 Explication

Baraita. Deux demandes sont refusées. Brûler dans les cours avec le bois de la maarakha. Brûler devant la bira avec son propre bois. Le lieu fixé et le bois fixé vont ensemble.

6
בשלמא מעצי המערכה בחצרותיהן אין שומעין להן — דילמא פיישן מינייהו, ואתו בהו לידי תקלה. אלא לפני הבירה מעצי עצמן, מאי טעמא לא?

Soit : avec le bois de la maarakha, dans leurs cours, on ne les écoute pas, de peur qu'il en reste, et qu'ils en viennent par là à une faute. Mais devant la bira, avec leur propre bois, pourquoi non ?

📜 Rachi (1)
לידי תקלה ליהנות מהן הנאה אחרת והנאה זו אין בו מעילה דתנאי ב"ד הוא ועל מנת כן מקדישין אותו:
En tirer un autre profit. Et ce profit-ci ne comporte pas de meila, car c'est une condition du tribunal, et c'est à cette condition qu'on le consacre.
💡 Explication

Le premier refus s'explique. Emporter le bois de la maarakha chez soi : il peut en rester, et ce reste servirait à un autre usage.

Rachi : le profit permis, brûler les kodachim, ne comporte pas de meila (détournement du sacré). Le tribunal en a fait la condition, et c'est à cette condition qu'on consacre le bois. Le second refus, brûler devant la bira avec son bois, reste sans raison.

7
רב יוסף אמר: שלא לבייש את מי שאין לו. רבא אמר: מפני החשד.

Rav Yossef a dit : afin de ne pas faire honte à celui qui n'en a pas. Rava a dit : à cause du soupçon.

📜 Rachi (1)
משום חשד שלאחר שריפתן מחזירין מותר העצים לתוך ביתן והרואה חושדן בגונבי עצי המערכה ונהנין מהן:
Après leur combustion, ils rapportent le surplus de bois chez eux, et celui qui les voit les soupçonne de voler le bois de la maarakha et d'en profiter.
💡 Explication

Rav Yossef : si l'on peut monter son bois devant la bira, chacun voit qui prend celui du sanctuaire. Celui qui n'en a pas est humilié.

Rava : après la combustion, le surplus rentre à la maison. Qui le voit soupçonne un vol de bois de la maarakha. Rachi décrit ce regard.

8
מאי בינייהו? איכא בינייהו דאייתי קני וחריותא, דלא חזי למערכה.

Quelle différence y a-t-il entre eux ? Il y a entre eux celui qui apporte des roseaux et des branches de palmier, qui ne conviennent pas à la maarakha.

📜 Rachi (1)
קני וחריות' קנים וחריות של דקל הכל יודעים שאינם מעצי המערכה לפי שקלים הם ונשרפין מהר ואין אש המערכה מתקיימ' בהן ומשום חשד ליכא אבל משום בושת איכא:
Des roseaux et des branches de palmier. Tout le monde sait qu'ils ne viennent pas du bois de la maarakha, car ils sont légers et brûlent vite, et le feu de la maarakha ne se maintient pas en eux. Du côté du soupçon, il n'y a rien. Du côté de la honte, il y a.
💡 Explication

L'écart pratique (nafka mina) : des roseaux et des hariyot (branches de palmier), impropres à la pile de l'autel.

Rachi : tout le monde sait que ce bois-là n'est pas celui de la maarakha. Pour Rava, le soupçon tombe. Pour Rav Yossef, la honte de celui qui n'a pas de bois demeure.

9
תנן התם: ראש המעמד היה מעמיד את הטמאין על שער המזרח. מאי טעמא? אמר רב יוסף: כדי לביישן. רבא אמר: מפני החשד.

On a appris là-bas : le chef du maamad plaçait les impurs à la porte de l'orient. Quelle est la raison ?

Rav Yossef a dit : afin de leur faire honte. Rava a dit : à cause du soupçon.

📜 Rachi (4)
תנן התם במסכת תמיד:
Dans le traité Tamid.
ראש המעמד הממונה על כך מעמיד את הטמאים של בית אב בכל בקר בשער המזרחי כניסת כל אדם להר הבית:
Le préposé à cela place les impurs du beit av, chaque matin, à la porte orientale, entrée de toute personne au mont du Temple.
כדי לביישן שלא נזהרו מלטמא והרי העבודה של מחר היתה מוטלת עליהן והיה להן ליזהר:
Ils ne se sont pas gardés de devenir impurs. Or le service du lendemain leur incombait, et ils avaient à se garder.
משום חשד שלא יחשדום שמפני מלאכתן הן נחדלין מלבוא לעבוד עבודה ומעמידן שם כדי שיראו אותם בני אדם ויודעין שמחמת טומאה הם חדילין ואיידי דאיירי לעיל בהך פלוגתא דמפני החשד נקט לה להא:
Afin qu'on ne les soupçonne pas de s'abstenir de venir faire le service à cause de leur travail. Il les place là pour que les gens les voient et sachent que c'est à cause de l'impureté qu'ils s'abstiennent. Et puisque l'on traitait plus haut de ce débat, "à cause du soupçon", il a cité celui-ci.
🗂️ Tossefot (1)
היה מעמיד את הטמאים בשער המזרח אפילו בטומאת קריין מיירי ונראה לר"י דהאי שער המזרח היינו שער עזרת נשים ואע"ג דאמר בפ"ק דיבמות (דף ז:) ובכמה דוכתי דטבול יום אינו נכנס במחנה לויה לא בכל מחנה לויה קאמר אלא מעזרת נשים ולפנים דהכי מוכח במסכת כלים (פ"א מ"ח) דקתני התם עזרת נשים מקודשת ממנה שאין טבולי יום נכנסין לשם:
Même d'une impureté de kéri il est question. Il paraît au RI que cette porte de l'orient est la porte de la cour des femmes. Et bien qu'il soit dit au premier chapitre de Yevamot (7b), et en plusieurs endroits, qu'un tevoul yom n'entre pas dans le camp des Leviim, il ne vise pas tout le camp des Leviim, seulement depuis la cour des femmes et en deçà. C'est ce que montre le traité Kelim (1, 8), qui enseigne : la cour des femmes est plus sainte que la zone qui la précède, en ce que les tevoulei yom n'y entrent pas.
💡 Explication

Même débat, autre michna, traité Tamid. Le chef du maamad fait tenir les kohanim temeim à la porte de l'orient, chaque matin. Rav Yossef : pour leur faire honte d'avoir manqué de garde, alors que le service du lendemain leur incombait. Rava : pour qu'on ne les croie pas restés à leur métier.

Tossefot : la michna vise aussi la touma de kéri. Pour le RI, la porte est celle de la ezrat nachim (cour des femmes). Le tevoul yom est écarté à partir de là, et non de tout le camp des Leviim, comme le montre Kelim 1, 8.

10
מאי בינייהו? איכא בינייהו מפנקי, אי נמי דקא גדיל שישורא.

Quelle différence y a-t-il entre eux ? Il y a entre eux les gens délicats, ou encore celui qui tresse des cordes.

📜 Rachi (2)
מפנקי הכל יודעין שבטילים הן מן המלאכה ואין מניחין עבודה מפני מלאכתן דהני משום חשד ליכא ואין צריך להעמידם שם ולמאן דאמר כדי לביישן צריך:
Tout le monde sait qu'ils sont oisifs, sans travail, et qu'ils ne quittent pas le service pour leur ouvrage. Pour ceux-là, le soupçon ne joue pas, et il n'est pas besoin de les placer là. Pour celui qui dit : afin de leur faire honte, il le faut.
אי נמי דקגדיל שישורא מפשילי חבלים שהיא אומנות קלה ושכרה מעט ואין בני אדם חשודין שיחדלו מלבוא לעבודה מפני ביטול מלאכה זו:
Des tresseurs de cordes : c'est un métier léger, et son salaire est faible. On ne soupçonne pas les gens de manquer le service pour la perte de ce travail.
💡 Explication

Écart entre la honte et le soupçon. Les mefounakim (gens délicats) ne travaillent pas : personne ne croit qu'ils ont lâché le service pour un métier. Rachi : Rava n'a pas à les placer à la porte ; Rav Yossef, si, pour la honte.

Même écart pour celui qui tresse des cordes : métier léger, gain faible. On ne le soupçonne pas d'avoir manqué l'avoda pour si peu.

11
מתני׳ הפסח שיצא או שנטמא — ישרף מיד. נטמאו הבעלים או שמתו — תעובר צורתו, וישרף בששה עשר. רבי יוחנן בן ברוקה אומר: אף זה ישרף מיד לפי שאין לו אוכלין.

Michna. Le Pessa'h qui est sorti, ou qui est devenu impur, sera brûlé aussitôt.

Si les propriétaires sont devenus impurs, ou s'ils sont morts, on laisse passer sa forme, et on le brûle le seize. Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : celui-ci aussi sera brûlé aussitôt, parce qu'il n'a pas de mangeurs.

📜 Rachi (2)
מתני' הפסח שנטמא או שיצא ישרף מיד בארבעה עשר ואין צריך להשהותו עד הבוקר של ששה עשר שתעובר צורתו דהיינו לילה אחד ומיהו בי"ט לא מצי שריף ליה כדיליף לקמן (פסחים דף פג:) דאין שורפין קדשים בי"ט:
Le quatorze. Et il n'est pas besoin de le laisser jusqu'au matin du seize pour que sa forme passe, c'est-à-dire une nuit. Toutefois, le jour de fête, il ne peut pas le brûler, comme on l'apprend plus bas (Pessahim 83b) : on ne brûle pas les kodachim le jour de fête.
נטמאו הבעלים או שמתו דאין פסולו בגופו אלא מחמת דבר אחר שאין לו אוכלין:
Car son invalidité n'est pas dans son corps : elle tient à autre chose, il n'a pas de mangeurs.
💡 Explication

Michna nouvelle. Deux passoul. Le Pessa'h sorti de sa limite, ou devenu tame : combustion aussitôt, le 14. Rachi : on n'attend pas le matin du 16, le temps d'une nuit qui fait passer la forme. Le jour de fête, la combustion reste interdite.

Si les propriétaires sont impurs ou morts, le passoul est hors du corps : plus de mangeurs. On laisse passer la forme (ibour tzoura), et on brûle le 16. Rabbi Yo'hanan ben Beroka brûle aussi ce cas aussitôt, pour la même raison : personne pour le manger.

🖼️ Schéma
Quand brûler le Pessa'h Michna. Le jour de fête, on ne brûle pas les kodachim. Sorti, ou devenu impur Passoul dans le corps de l'offrande Aussitôt : le 14. On n'attend pas le matin du 16. Propriétaires impurs, ou morts Passoul hors du corps : il n'a plus de mangeurs On laisse passer sa forme, une nuit Combustion le 16 Rabbi Yo'hanan ben Beroka Ce second cas aussi, aussitôt : il n'a pas de mangeurs L'impur : verset de Vayikra 7, 19. Le yotze : dialogue de Moché et d'Aharon. Sorti, ou sang entré à l'intérieur : voué à la combustion.
Sorti ou impur : aussitôt, le 14. Propriétaires impurs ou morts : ibour tzoura, le 16. Rabbi Yo'hanan ben Beroka brûle aussi ce second cas aussitôt.
12
גמ׳ בשלמא טמא, כתיב: ״והבשר אשר יגע בכל טמא לא יאכל באש ישרף״. אלא יוצא מנלן?

Guemara. Soit, pour l'impur, il est écrit : "Et la chair qui touchera toute impureté ne sera pas mangée, au feu elle sera brûlée." Mais celui qui est sorti, d'où le tenons-nous ?

📜 Rachi (1)
גמ' בשלמא נטמא טעון שריפה:
Il exige la combustion.
💡 Explication

L'impur a son verset, Vayikra 7, 19 : la chair qui a touché une impureté se brûle. Le yotze, la chair sortie de sa limite, n'a pas encore de source.

13
דכתיב: ״הן לא הובא את דמה אל הקדש פנימה״. אמר לו משה לאהרן: מדוע לא אכלתם את החטאת? שמא נכנס דמה לפני ולפנים. אמר לו: לאו.

Car il est écrit : "Voici, son sang n'a pas été apporté dans le sanctuaire, à l'intérieur." Moché dit à Aharon : pourquoi n'avez-vous pas mangé le hatat ? Peut-être son sang est-il entré lifnai ve-lifnim (dans le lieu le plus intérieur).

Il lui dit : non.

📜 Rachi (2)
דכתיב והבשר וגו' וגבי קדשים קלים כתיב:
Et c'est écrit au sujet des kodachim kalim.
שמא נכנס דמה אל הקודש לכפר בהיכל ונפסלה כדכתיב (ויקרא ו׳:כ״ג) וכל חטאת אשר יובא מדמה וגו' א"כ הוא יפה עשיתם ששרפתם:
Dans le kodech, pour faire kappara dans le Heikhal, et elle a été invalidée, comme il est écrit (Vayikra 6, 23) : "et tout hatat dont on apporterait de son sang, etc." S'il en est ainsi, vous avez bien fait de le brûler.
🗂️ Tossefot (1)
בשלמא נטמא דכתיב והבשר אין לפרש דאמיד דקתני במתניתין קאי דכיון דכתיב בקרא ישרף אית לן למימר דהיינו מיד בלא עיבור צורה דאי בעיבור לישתוק קרא מיניה ואנא ידענא דישרף דהוה ליה נותר מדאמר לקמן ורבה מוסיף אף ר"י הגלילי דתניא כו' אבל לרבנן דילפי מכל חטאת אשר יובא מדמה וגו' בעי עיבור צורה אע"ג דכתיב ישרף אלמא מישרף לא משמע מיד מיהו יש לדחות דההוא ישרף מוקמינן לשריפת' בקודש ואינו מיותר אך יש להביא ראיה מדקאמר בסמוך לן דמה נשפך דמה או שיצא חוץ לקלעים מנלן והתם לא בעי בע"כ מנלן שהם מיד בשריפה דהתנן בדם ובבעלים תעובר צורתו אלא מנלן בשריפה קאמר ושריפה דמיד מסברא נפקא לן ולא מקרא וא"ת ואמאי צריך קרא בפסול הדם דכיון דצריך עיבור צורה פשיטא דישרף משום נותר ואור"י דאיצטריך דלא ליעבד ליה קבורה קודם שיהיה נותר אי נמי הוה אמינא אפי' כשיהיה נותר לא ישרף דנותר שהיה ראוי לאכילה קודם שניתותר דוקא ישרף כדמשמע לא תותירו אלא תאכלוהו אבל קשה דהיכי יליף יוצא בשריפה מחטאת דאהרן דהא ע"כ לא הודה להן משה על השריפה דחטאת שנכנס דמה לפנים דפסולו בדם בעי עיבור צורה והם שרפוה מיד אלא ה"ק להו הא אם הובא יפה עשו שלא אכלוהו דהכי כתיב רישיה דקרא מדוע לא אכלתם ומיהו נראה לרשב"א דמצינו למימר דאמיד בעי מנא לן וכולה שמעתין מסקא אליבא דר' יוחנן דסבירא ליה לקמן דפסול הדם הוי פסולו בגופו דחשיב דם ובשר חדא מילתא ובפסול בעלים דוקא קתני מתניתין דבעי עיבור צורה ושפיר מייתי השתא מחטאת דאהרן דמשה הודה להן אם נכנס דמה לפנים שפיר עבוד דשרפוה ולן דמה נמי קבעי מנלן דמיד אך קשה על זה כיון דמסברא לא הוה אמרינן דישרף מיד אלא בעיבור צורה אי לאו דמסיק דהלכתא גמירי לה מאי קאמר ולרבה בר אבוה דאפי' פיגול בעי עיבור צורה מנלן לימא דלא גמירי הלכתא ומה צריך גזירה שוה אלא ודאי דפסולו בגופו ישרף מיד סברא הוא ובדם ובבעלים דבעי עיבור צורה נמי סברא:
On ne peut pas rapporter cela au "aussitôt" qu'enseigne la michna. Puisque le verset écrit "elle sera brûlée", il faudrait dire que c'est aussitôt, sans ibour tzoura. S'il s'agissait de l'ibour tzoura, que le verset se taise : je saurais qu'on la brûle, puisqu'elle devient notar, d'après ce qui est dit plus bas : "et Rabba ajoute même Rabbi Yossi ha-Gelili, comme on l'enseigne, etc." Mais selon les Rabbins, qui apprennent de "tout hatat dont on apporterait de son sang, etc." qu'il faut l'ibour tzoura, alors même que "elle sera brûlée" est écrit : on en tire que "elle sera brûlée" ne dit pas "aussitôt". On peut écarter cela : ce "elle sera brûlée", on l'établit pour la combustion dans le kodech, et il n'est pas en trop. On peut toutefois apporter une preuve de ce qui est dit juste après : "son sang a passé la nuit, son sang a été répandu, ou il est sorti hors des tentures, d'où ?" Là, il ne demande pas forcément d'où l'on tient qu'ils sont brûlés aussitôt, car nous avons appris : pour le sang et pour les propriétaires, on laisse passer la forme. Il dit "d'où" au sujet de la combustion. Et la combustion qui est aussitôt, nous la tenons d'un raisonnement, et non d'un verset. Si l'on demande : pourquoi un verset pour le passoul du sang ? Puisqu'il faut l'ibour tzoura, il va de soi qu'on le brûle à cause du notar. Le RI répond : il a fallu ce verset pour qu'on ne lui fasse pas de kevoura (ensevelissement) avant qu'il soit notar. Ou encore, j'aurais dit : même lorsqu'il sera notar, on ne le brûlera pas. Seul est brûlé un notar qui était apte à être mangé avant de le devenir, comme le montre "vous n'en laisserez pas de reste, vous le mangerez". Mais c'est difficile : comment apprend-on la combustion du yotze depuis le hatat d'Aharon ? Car Moché ne leur a pas concédé la combustion du hatat dont le sang est entré à l'intérieur : le passoul est dans le sang, il exige l'ibour tzoura, et eux l'ont brûlé aussitôt. Voici plutôt ce qu'il leur dit : si le sang avait été apporté, ils ont bien fait de ne pas le manger, car ainsi est écrit le début du verset : "pourquoi n'avez-vous pas mangé". Le Rachba estime toutefois qu'on peut dire : c'est "aussitôt" qu'il demande d'où on le tient, et toute la sougya conclut selon Rabbi Yo'hanan, qui tient plus bas que le passoul du sang est un passoul dans le corps, car il compte le sang et la chair comme une seule chose. La michna n'enseigne l'ibour tzoura que pour le passoul des propriétaires. Il est donc juste d'amener maintenant le hatat d'Aharon : Moché leur a concédé que, si son sang était entré à l'intérieur, ils ont bien fait de le brûler. Pour "son sang a passé la nuit" aussi, il demande d'où, pour l'aussitôt. Mais ceci est difficile. Puisque, par raisonnement, nous n'aurions pas dit qu'on le brûle aussitôt, mais avec l'ibour tzoura, si ce n'est qu'il conclut que la halakha est reçue : que dit-il ? Et selon Rabba bar Avouha, pour qui même le pigoul exige l'ibour tzoura, d'où ? Disons qu'ils n'ont pas reçu la halakha. Et à quoi sert la gezera shava ? C'est donc certain : qu'un passoul dans le corps soit brûlé aussitôt, c'est un raisonnement. Et pour le sang et les propriétaires, qu'il faille l'ibour tzoura, c'est aussi un raisonnement.
💡 Explication

La Guemara ouvre le dialogue de Moché et d'Aharon, Vayikra 10, 18, au sujet du hatat qu'ils n'ont pas mangé. Première question de Moché : le sang est-il entré lifnai ve-lifnim, dans le Heikhal ? Aharon répond non.

Rachi : le verset de la chair impure, au segment précédent, vise les kodachim kalim. Si le sang était entré pour la kappara (expiation) dans le Heikhal, le hatat était passoul, et le brûler était en règle (Vayikra 6, 23).

Tossefot demandent si "elle sera brûlée" veut dire aussitôt, sans ibour tzoura. Le RI et le Rachba séparent ce que Moché a concédé, le passoul du sang, et le yotze.

14
אמר לו: שמא חוץ למחיצתה יצתה? אמר לו: לאו, בקודש היתה. אמר לו: אי בקודש היתה ו״הן לא הובא את דמה אל הקדש פנימה״, מדוע לא אכלתם אותה? מכלל דאי נפקא, אי נמי עייל דמה לפנים — בת שריפה היא.

Il lui dit : peut-être est-elle sortie hors de sa mehitsa (limite) ? Il lui dit : non, elle était dans le kodech.

Il lui dit : si elle était dans le kodech, et "voici, son sang n'a pas été apporté dans le sanctuaire, à l'intérieur", pourquoi ne l'avez-vous pas mangée ? On en déduit que si elle est sortie, ou encore si son sang est entré à l'intérieur, elle est vouée à la combustion.

📜 Rachi (1)
שמא חוץ למחיצתה חוץ לעזרה יצאת ומקרא יתירא דרשי לה דלא איצטריך פנימה אלא הכי בעא מינייהו ברישא שמא יצאתה ולא היתה פנימה ואם כן הוא יפה עשיתם ששרפתם פנימה היתה ולא יצאת הא למדנו שאם יצאת היה לו לשורפה:
Elle est sortie hors de l'azara. Et il interprète un verset en trop, car "à l'intérieur" n'était pas nécessaire. Voici plutôt ce qu'il leur a demandé d'abord : peut-être est-elle sortie, et elle n'était pas à l'intérieur. Et s'il en est ainsi, vous avez bien fait de la brûler. Elle était à l'intérieur, et elle n'est pas sortie. Nous apprenons ainsi que, si elle était sortie, il aurait fallu la brûler.
🗂️ Tossefot (1)
בקדש היתה רש"י פירש דדריש מפנימה וכן ר"ח ולר"י נראה דדריש מאכל תאכלו אותה בקודש ובתורת כהנים דריש מבמקום הקדש:
Rachi explique qu'on interprète à partir de "à l'intérieur", et de même Rabbeinou Hananel. Au RI, il paraît qu'on interprète à partir de "vous la mangerez dans le kodech". Et dans la Torat Kohanim, on interprète à partir de "dans le lieu du kodech".
💡 Explication

Seconde question : la chair est-elle sortie hors de sa mehitsa, l'azara ? Aharon : elle était dans le kodech. Moché reprend alors le verset : le sang n'est pas entré à l'intérieur, pourquoi ne pas l'avoir mangée ?

L'inférence : si elle sort, ou si le sang entre à l'intérieur, elle est vouée à la combustion. C'est la source du yotze, et celle du hatat dont le sang a été porté dedans.

Rachi lit la question de la sortie dans le mot "à l'intérieur", qui est en trop. Tossefot : le RI la lit dans "vous la mangerez dans le kodech", et la Torat Kohanim dans "dans le lieu du kodech".

🖼️ Schéma
Moché et Aharon : d'où brûle-t-on le yotze ? Vayikra 10, 18. Hatat du huitième jour de l'investiture. 1. Le sang est-il entré dans le Heikhal ? Moché : pourquoi n'avez-vous pas mangé le hatat ? Aharon : non ↓ 2. Est-il sorti hors de l'azara ? Moché : peut-être hors de sa limite Aharon : non, il était dans le kodech ↓ 3. Alors pourquoi ne l'avez-vous pas mangé ? Le sang n'a pas été porté à l'intérieur ↓ On en déduit S'il est sorti, ou si le sang est entré à l'intérieur il est voué à la combustion
Moché écarte le sang entré dans le Heikhal, puis la sortie hors de l'azara. Aharon nie les deux. On en déduit la combustion dans les deux cas.
15
בשלמא נטמא, גלי רחמנא בקדשים קלים, כל שכן בקדשי קדשים. אלא יוצא, אשכחן קדשי הקדשים, קדשים קלים מנלן? ותו, הא דתניא: לן דמה,

Soit, pour l'impur, le Miséricordieux l'a révélé pour les kodachim kalim, à plus forte raison pour les kodchei kodachim. Mais pour celui qui est sorti, nous l'avons trouvé pour les kodchei kodachim ; les kodachim kalim, d'où ?

Et en outre, ce que l'on enseigne : son sang a passé la nuit,

📜 Rachi (3)
נטמא והבשר אשר יגע וגו' גבי שלמים כתיב וכ"ש קדשי קדשים דחמירי:
"Et la chair qui touchera, etc." est écrit au sujet des chelamim, et à plus forte raison les kodchei kodachim, qui sont plus graves.
אלא יוצא בחטאת אשכחן וקדשים קלים מנלן דמצריך ליה תנא דמתניתין שריפה ליוצא דפסח:
Dans le hatat nous l'avons trouvé. Et les kodachim kalim, d'où ? Car le tanna de notre michna exige la combustion pour le yotze du Pessa'h.
לן דמה של בהמת קרבן דאמרינן בזבחים (דף נו.) מנין לדם שנפסל בשקיעת החמה שנא' ביום הקריבו את זבחו ביום שאתה זובח אתה מקריב כו':
De la bête du korban. Car nous disons dans Zevahim (56a) : d'où tient-on que le sang est invalidé au coucher du soleil ? Il est dit : "au jour où il offre son sacrifice". Le jour où tu l'abats, tu l'offres, etc.
🗂️ Tossefot (1)
בשלמא נטמא גלי רחמנא בקדשים קלים והוא הדין בקדשי קדשים וא"ת והא בהדיא בהאי קרא כתיבי קדשי קדשים ומאי קאמר והוא הדין כדדרשינן בכל שעה (לעיל פסחים כד:) והבשר לרבות עצים ולבונה ויש לומר דאי לאו הוא הדין הוה אמינא דאתא לרבות קדשים קלים דלא בעו הכשר ולא קדשי קדשים:
Soit, pour l'impur : le Miséricordieux l'a révélé pour les kodachim kalim, et il en va de même pour les kodchei kodachim. Si l'on objecte : les kodchei kodachim sont écrits explicitement dans ce verset, que signifie "il en va de même" ? Comme on l'interprète au chapitre Kol chaah (ci-dessus, Pessahim 24b) : "et la chair", pour inclure le bois et l'encens. On peut dire : sans ce "il en va de même", j'aurais dit qu'il vient inclure les kodachim kalim qui n'exigent pas d'hekhsher, et non les kodchei kodachim.
💡 Explication

L'impur est écrit pour les chelamim, donc pour les kodachim kalim. Kal va-homer : les kodchei kodachim, plus graves, suivent.

Le yotze n'a été lu que sur le hatat, kodchei kodachim. Le Pessa'h est kodachim kalim : la source manque encore. La phrase s'ouvre sur une autre baraita, lan damo : le sang a passé la nuit. Rachi : le sang est passoul au coucher du soleil (Zevahim 56a).

Tossefot : le mot en trop "et la chair" sert, à Pessahim 24b, à inclure le bois et l'encens. Sans le kal va-homer, on l'aurait lu comme un ajout des kodachim kalim qui n'exigent pas d'hekhsher (ce qui rend apte à l'impureté).

🖼️ Schéma
Jusqu'où va le verset ? Impur Vayikra 7, 19 écrit pour les chelamim kodachim kalim À plus forte raison les kodchei kodachim Sorti (yotze) Tenu pour le hatat kodchei kodachim Le Pessa'h est kodachim kalim D'où, pour eux ? Question encore ouverte Baraita : son sang a passé la nuit
L'impur passe des kodachim kalim aux kodchei kodachim. Le yotze est tenu pour le hatat ; pour les kodachim kalim, la source manque. Le sang qui a passé la nuit reste en question.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).