Sougya : L'amoud règle d'abord où brûler un morceau de Pessa'h invalidé, et avec quel bois. Rav Hama bar Oukva oppose l'hôte, qui use du bois de la maarakha, au maître de maison, qui brûle chez lui ; Rav Pappa ne parle que de l'hôte, selon qu'il a pris la route ou non ; Rav Zevid, même avant le départ, traite l'hôte sans bois comme les avares.
Une baraita refuse deux mélanges du lieu et du bois : Rav Yossef y voit la honte de celui qui n'a pas de bois, Rava le soupçon d'un vol, et le même débat revient pour les kohanim impurs placés à la porte de l'orient. La michna dit ensuite qu'un Pessa'h sorti ou impur se brûle aussitôt, tandis que si les propriétaires sont impurs ou morts on laisse passer sa forme jusqu'au seize ; Rabbi Yo'hanan ben Beroka brûle aussi ce cas aussitôt, parce qu'il n'a pas de mangeurs.
La Guemara tient le verset de l'impur, et elle apprend le yotze du dialogue de Moché et d'Aharon ; elle demande encore le cas des kodachim kalim, et le sang qui a passé la nuit.
Il revient et le brûle devant la bira, avec le bois de la maarakha.
Fin de la michna citée au daf précédent. S'il n'est pas allé au-delà du point d'où l'on voit encore le sanctuaire, il revient brûler la viande de kodachim devant la bira, avec le bois de la maarakha.
Rachi en tire l'opposition avec notre michna. Même un miut (minorité) invalidé suit ce bois-là. Notre michna envoie le miut, et le notar, dans les cours, avec le bois de chacun.
Rav Hama bar Oukva a dit : pas de difficulté. Ici, un hôte.
Là, un maître de maison.
Rav Hama bar Oukva répartit les deux michnayot. L'akhsenai (hôte) n'a pas de bois à Jérusalem : il brûle avec le bois de la maarakha. C'est la michna citée. Le baal ha-bayit (maître de maison) brûle chez lui, avec son bois : c'est notre michna.
Rav Pappa a dit : l'un et l'autre visent un hôte. Ici, il a pris la route.
Là, il n'a pas pris la route.
Rav Pappa met les deux textes sur l'hôte. S'il a déjà pris la route (hehzik ba-derekh), on ne le renvoie pas chercher du bois : il use de la maarakha. S'il n'est pas parti, il ramasse le sien.
Rachi : la formule "et de même celui qui est sorti" montre que le cas est celui qui est déjà en chemin.
Rav Zevid a dit : en réalité, comme on l'avait dit au départ, ici un hôte, là un maître de maison. Et même s'il n'a pas pris la route, un hôte, puisqu'il n'en a pas, on l'a traité comme les avares.
Comme nous l'avons appris : les avares le brûlent devant la bira, afin de profiter du bois de la maarakha.
Rav Zevid revient à Rav Hama : hôte d'un côté, maître de maison de l'autre. Même avant le départ, l'hôte sans bois est traité comme les tziknin (avares), qui brûlent devant la bira pour user du bois de la maarakha.
Rachi : Rav Zevid explique Rav Hama et s'écarte de Rav Pappa. "Il a pris la route" apprend l'obligation de revenir, et la règle du bois vaut aussi pour celui qui n'est pas parti.
Tossefot, au nom du Riva : "en réalité" ne sert pas à gloser. Première lecture : Rav Hama et Rav Pappa vont ensemble, Rav Zevid s'écarte des deux. Seconde lecture : Rav Pappa et Rav Zevid lisent autrement la portée de Rav Hama.
Les Sages ont enseigné : s'ils sont venus le brûler dans leurs cours, et avec le bois de la maarakha, on ne les écoute pas. Devant la bira, et avec leur propre bois, on ne les écoute pas.
Baraita. Deux demandes sont refusées. Brûler dans les cours avec le bois de la maarakha. Brûler devant la bira avec son propre bois. Le lieu fixé et le bois fixé vont ensemble.
Soit : avec le bois de la maarakha, dans leurs cours, on ne les écoute pas, de peur qu'il en reste, et qu'ils en viennent par là à une faute. Mais devant la bira, avec leur propre bois, pourquoi non ?
Le premier refus s'explique. Emporter le bois de la maarakha chez soi : il peut en rester, et ce reste servirait à un autre usage.
Rachi : le profit permis, brûler les kodachim, ne comporte pas de meila (détournement du sacré). Le tribunal en a fait la condition, et c'est à cette condition qu'on consacre le bois. Le second refus, brûler devant la bira avec son bois, reste sans raison.
Rav Yossef a dit : afin de ne pas faire honte à celui qui n'en a pas. Rava a dit : à cause du soupçon.
Rav Yossef : si l'on peut monter son bois devant la bira, chacun voit qui prend celui du sanctuaire. Celui qui n'en a pas est humilié.
Rava : après la combustion, le surplus rentre à la maison. Qui le voit soupçonne un vol de bois de la maarakha. Rachi décrit ce regard.
Quelle différence y a-t-il entre eux ? Il y a entre eux celui qui apporte des roseaux et des branches de palmier, qui ne conviennent pas à la maarakha.
L'écart pratique (nafka mina) : des roseaux et des hariyot (branches de palmier), impropres à la pile de l'autel.
Rachi : tout le monde sait que ce bois-là n'est pas celui de la maarakha. Pour Rava, le soupçon tombe. Pour Rav Yossef, la honte de celui qui n'a pas de bois demeure.
On a appris là-bas : le chef du maamad plaçait les impurs à la porte de l'orient. Quelle est la raison ?
Rav Yossef a dit : afin de leur faire honte. Rava a dit : à cause du soupçon.
Même débat, autre michna, traité Tamid. Le chef du maamad fait tenir les kohanim temeim à la porte de l'orient, chaque matin. Rav Yossef : pour leur faire honte d'avoir manqué de garde, alors que le service du lendemain leur incombait. Rava : pour qu'on ne les croie pas restés à leur métier.
Tossefot : la michna vise aussi la touma de kéri. Pour le RI, la porte est celle de la ezrat nachim (cour des femmes). Le tevoul yom est écarté à partir de là, et non de tout le camp des Leviim, comme le montre Kelim 1, 8.
Quelle différence y a-t-il entre eux ? Il y a entre eux les gens délicats, ou encore celui qui tresse des cordes.
Écart entre la honte et le soupçon. Les mefounakim (gens délicats) ne travaillent pas : personne ne croit qu'ils ont lâché le service pour un métier. Rachi : Rava n'a pas à les placer à la porte ; Rav Yossef, si, pour la honte.
Même écart pour celui qui tresse des cordes : métier léger, gain faible. On ne le soupçonne pas d'avoir manqué l'avoda pour si peu.
Michna. Le Pessa'h qui est sorti, ou qui est devenu impur, sera brûlé aussitôt.
Si les propriétaires sont devenus impurs, ou s'ils sont morts, on laisse passer sa forme, et on le brûle le seize. Rabbi Yo'hanan ben Beroka dit : celui-ci aussi sera brûlé aussitôt, parce qu'il n'a pas de mangeurs.
Michna nouvelle. Deux passoul. Le Pessa'h sorti de sa limite, ou devenu tame : combustion aussitôt, le 14. Rachi : on n'attend pas le matin du 16, le temps d'une nuit qui fait passer la forme. Le jour de fête, la combustion reste interdite.
Si les propriétaires sont impurs ou morts, le passoul est hors du corps : plus de mangeurs. On laisse passer la forme (ibour tzoura), et on brûle le 16. Rabbi Yo'hanan ben Beroka brûle aussi ce cas aussitôt, pour la même raison : personne pour le manger.
Guemara. Soit, pour l'impur, il est écrit : "Et la chair qui touchera toute impureté ne sera pas mangée, au feu elle sera brûlée." Mais celui qui est sorti, d'où le tenons-nous ?
L'impur a son verset, Vayikra 7, 19 : la chair qui a touché une impureté se brûle. Le yotze, la chair sortie de sa limite, n'a pas encore de source.
Car il est écrit : "Voici, son sang n'a pas été apporté dans le sanctuaire, à l'intérieur." Moché dit à Aharon : pourquoi n'avez-vous pas mangé le hatat ? Peut-être son sang est-il entré lifnai ve-lifnim (dans le lieu le plus intérieur).
Il lui dit : non.
La Guemara ouvre le dialogue de Moché et d'Aharon, Vayikra 10, 18, au sujet du hatat qu'ils n'ont pas mangé. Première question de Moché : le sang est-il entré lifnai ve-lifnim, dans le Heikhal ? Aharon répond non.
Rachi : le verset de la chair impure, au segment précédent, vise les kodachim kalim. Si le sang était entré pour la kappara (expiation) dans le Heikhal, le hatat était passoul, et le brûler était en règle (Vayikra 6, 23).
Tossefot demandent si "elle sera brûlée" veut dire aussitôt, sans ibour tzoura. Le RI et le Rachba séparent ce que Moché a concédé, le passoul du sang, et le yotze.
Il lui dit : peut-être est-elle sortie hors de sa mehitsa (limite) ? Il lui dit : non, elle était dans le kodech.
Il lui dit : si elle était dans le kodech, et "voici, son sang n'a pas été apporté dans le sanctuaire, à l'intérieur", pourquoi ne l'avez-vous pas mangée ? On en déduit que si elle est sortie, ou encore si son sang est entré à l'intérieur, elle est vouée à la combustion.
Seconde question : la chair est-elle sortie hors de sa mehitsa, l'azara ? Aharon : elle était dans le kodech. Moché reprend alors le verset : le sang n'est pas entré à l'intérieur, pourquoi ne pas l'avoir mangée ?
L'inférence : si elle sort, ou si le sang entre à l'intérieur, elle est vouée à la combustion. C'est la source du yotze, et celle du hatat dont le sang a été porté dedans.
Rachi lit la question de la sortie dans le mot "à l'intérieur", qui est en trop. Tossefot : le RI la lit dans "vous la mangerez dans le kodech", et la Torat Kohanim dans "dans le lieu du kodech".
Soit, pour l'impur, le Miséricordieux l'a révélé pour les kodachim kalim, à plus forte raison pour les kodchei kodachim. Mais pour celui qui est sorti, nous l'avons trouvé pour les kodchei kodachim ; les kodachim kalim, d'où ?
Et en outre, ce que l'on enseigne : son sang a passé la nuit,
L'impur est écrit pour les chelamim, donc pour les kodachim kalim. Kal va-homer : les kodchei kodachim, plus graves, suivent.
Le yotze n'a été lu que sur le hatat, kodchei kodachim. Le Pessa'h est kodachim kalim : la source manque encore. La phrase s'ouvre sur une autre baraita, lan damo : le sang a passé la nuit. Rachi : le sang est passoul au coucher du soleil (Zevahim 56a).
Tossefot : le mot en trop "et la chair" sert, à Pessahim 24b, à inclure le bois et l'encens. Sans le kal va-homer, on l'aurait lu comme un ajout des kodachim kalim qui n'exigent pas d'hekhsher (ce qui rend apte à l'impureté).
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).