Pesachim 82b - Combustion des kodachim invalides et ibour tzoura

Pesachim 82b

Sougya : L'amoud poursuit la baraita ouverte en 82a : sang répandu, sang sorti hors des tentures. D'où tient-on qu'on brûle ces pesulim ?

Rabbi Chimon le lit dans le verset de la hatat, et la combustion a lieu dans l'azara. Pour tout pesul survenu dans le kodech, kodshei kodachim comme kodachim kalim, la halakha est une tradition.

Le verset de la chair impure reste nécessaire : la touma, qui existe aussi pour le houlin, aurait pu se régler par un enterrement. Selon le tanna de Rabba bar Avouh, même le pigoul attend l'ibour tzoura, par la gezera shava avon-avon avec le notar ; la hatat d'Aharon, brûlée le jour même, fut une horaat chaa.

La michna des propriétaires impurs ou morts est ensuite replacée : Rav Yossef met d'abord la dispute après la zerika, puis la reprend avant la zerika. Rabbi Yo'hanan l'étend aussi après la zerika, et il aligne Rabbi Yo'hanan ben Beroka sur Rabbi Nehemia : la hatat d'Aharon a été brûlée aussitôt à cause de l'aninut.

D'où vient l'obligation de brûler ? Pesul du sang, sortie, touma. Lieu : l'azara, ou la ville. Hatat Rabbi Chimon ba-kodech ba-ech tisaref Combustion dans l'azara Le verset vise d'abord cette offrande seule ve-khol Autres kodshei kodachim Emurim des kalim Même lieu : l'azara En règle, leur frontière est le parvis Viande des kalim Devenue impure Mangee dans la ville Brûlée dans la ville Cours ou toits Bois à eux Conclusion : tradition Tout pesul survenu dans le kodech se brûle. Kodachim kalim comme kodshei kodachim. Gemara gemiri la. Le verset ba-kodech enseigne le lieu : l'azara. Verset de la chair impure Lan, sang répandu, sang sorti, chehita de nuit : absents du houlin. La tradition suffit. Touma : elle invalide aussi le houlin. Sans le verset, un enterrement aurait suffi. Le verset enseigne : la touma des kodachim se brûle aussi.
Hatat : combustion dans l'azara. Ve-khol : autres kodshei kodachim et emurim des kalim, même lieu. Viande des kalim impure : dans la ville. Tradition : tout pesul du kodesh se brûle. Le verset de la chair impure vise la touma, qu'on aurait enterree.
Propriétaires impurs : avant ou après la zerika ? Michna : Tanna Kamma, ibour tzoura. Rabbi Yo'hanan ben Beroka : brûler aussitôt. Avant la zerika Après la zerika Rav Yossef première leçon Tout le monde brûle aussitôt Dispute la viande a été apte Rav Yossef reprise Dispute comme un pesul du corps Tout le monde ibour tzoura Rabbi Yo'hanan Dispute la viande n'a pas été apte Dispute aussi même si la viande a été apte Preuve de Rabbi Yo'hanan Rabbi Nehemia : la hatat d'Aharon a été brûlée à cause de l'aninut. L'aninut laisse le service valable. C'est comme un pesul d'après la zerika. On l'a brûlée aussitôt, sans ibour tzoura. Rabbi Nehemia et Rabbi Yo'hanan ben Beroka disent la même chose.
Rav Yossef, première leçon : dispute après la zerika, accord pour brûler aussitôt avant. Reprise : dispute avant, ibour tzoura après. Rabbi Yohanan : dispute aussi après la zerika, comme Rabbi Nehemia sur la hatat d'Aharon.
Le pigoul et l'ibour tzoura Tanna de Rabba bar Avouh. Gezera shava : avon, avon. Pigoul Pesul dans le corps Lévitique 7 avono tissa Mot avon Notar Lévitique 19 avono yissa Forme déjà passée Puis combustion Hatat d'Aharon Lévitique 10 avon ha-eda Brûlée le jour même Moche a concédé On apprend le pigoul du notar Le pigoul attend que sa forme passe, puis on le brûle. La hatat d'Aharon, pour les générations, exigerait aussi l'ibour tzoura. La combustion du jour même fut une horaat chaa.
Gezera shava avon-avon : le pigoul suit le notar et attend l'ibour tzoura. La hatat d'Aharon, brûlée le jour même, fut une horaat chaa.
1
נשפך דמה, יצא דמה חוץ לקלעים — דקיימא לן בשריפה, מנלן?

Son sang a été répandu, son sang est sorti hors des tentures : cas dont nous tenons qu'ils vont à la combustion. D'où le tenons-nous ?

📜 Rachi (3)
נשפך דמה דאין כאן זריקה ולא הותר הבשר:
Son sang a été répandu : il n'y a pas ici de zerika (projection), et la viande n'a pas été permise.
וכן יצא דמה דמהאי פנימה דלעיל נפקא דמיפסיל אף הדם ביציאה:
Et de même si son sang est sorti : de ce "à l'intérieur" vu plus haut, on dérive que le sang lui-même est invalide par la sortie.
דקיימא לן דכל הני בשריפה בכל הגמרא אנו מוצאין בכל פסולי קדשים יצאו לבית השריפה ומנלן מקרא:
Dont nous tenons que tous ceux-ci vont à la combustion : dans toute la Guemara, nous trouvons que tous les kodachim invalides sortent vers le lieu de combustion. Et d'où, d'un verset ?
💡 Explication

La phrase continue la baraita de 82a, après lan damo (le sang a passé la nuit). Deux pesulim de plus : le sang répandu, sans zerika possible, et le sang sorti hors des kelaim (tentures du parvis).

Partout dans la Guemara, ces kodachim partent au beit ha-srefa (lieu de combustion). La question est le verset.

2
נפקא לן מדרבי שמעון. דתניא, רבי שמעון אומר: ״בקדש באש תשרף״ — לימד על חטאת ששריפתה בקודש.

Nous le dérivons de Rabbi Chimon. Comme on l'enseigne, Rabbi Chimon dit : "Dans le sanctuaire, au feu on le brûlera." Il a enseigné, au sujet de la hatat, que sa combustion a lieu dans le kodech.

📜 Rachi (1)
בקדש בעזרה:
Dans le sanctuaire : dans l'azara (parvis).
💡 Explication

Le verset est celui de la hatat (Lévitique 6:23) : ba-kodech ba-ech tisaref. Rabbi Chimon en tire le lieu : on brûle dans l'azara.

A ce stade, le verset n'a enseigne que cette hatat.

3
אין לי אלא זו בלבד, שאר פסולי קדשי קדשים ואימורי קדשים קלים מנין? תלמוד לומר: ״(וכל) ... בקדש ... באש תשרף״.

Je n'ai que celle-ci seule. Les autres pesulim des kodshei kodachim, et les emurim des kodachim kalim, d'où ?

Le verset dit : "(et tout) ... dans le sanctuaire ... au feu on le brûlera."

📜 Rachi (2)
פסולי שאר קדשים שמחיצתן בכשרותן בעזרה דכתיב בהן (ויקרא ו׳:ט׳) בחצר אהל מועד ואימורי קדשים קלים שנפסלו דבכשרותן היתה חומת העזרה מחיצתה דהא הקטרה בעו מנין שאף כשנפסלו תהא שם שריפתן ולהכי נקט אימורים דאי ניטמא בשרן של קדשים קלים דנאכל בכל העיר שריפתן נמי בכל העיר כדתנן שורפין אותו בחצרותיהן או על גגותיהן:
Pesulim des autres kodachim : dont la frontière, lorsqu'ils sont en règle, est l'azara, car il est écrit à leur sujet (Lévitique 6:9) : "dans la cour de la Tente d'assignation". Et les emurim des kodachim kalim qui ont été invalides : lorsqu'ils sont en règle, le mur de l'azara était leur frontière, puisqu'ils exigent la combustion sur l'autel. D'où tenons-nous que, même une fois invalides, leur combustion sera là ? C'est pour cela qu'il prend les emurim. Car si la viande des kodachim kalim est devenue impure, viande qui se mange dans toute la ville, leur combustion est aussi dans toute la ville, comme nous l'avons appris : on le brûle dans leurs cours ou sur leurs toits.
קדשים קלים דבעי שריפה כלל בשאר פסולין חוץ מטומאה מנלן ומטומאה ליכא למילף דשאני טומאה דפסלה אף בתרומה ומעשר:
Kodachim kalim : qu'ils exigent une combustion, d'une façon générale, pour les autres pesulim en dehors de la touma, d'où ? Et de la touma on ne peut pas apprendre, car la touma est autre : elle invalide même la terouma et le maaser.
💡 Explication

Le mot ve-khol (et tout) élargit. Entrent les autres kodshei kodachim invalides, et les emurim des kodachim kalim : en règle, leur frontière est l'azara, parce qu'on les brûle sur l'autel.

Rachi réserve la ville à la viande des kalim devenue impure : on la mange dans la ville, on la brûle dans les cours ou sur les toits. La seconde glose pose déjà la suite : pour les kalim, d'où une combustion dans les pesulim autres que la touma ? La touma invalide aussi terouma et maaser, on ne l'étend pas.

🖼️ Schéma
Où brûle-t-on, une fois le pesul survenu ? Frontière : l'azara Kodshei kodachim Emurim des kodachim kalim En règle : parvis, ou autel Pesul : combustion la ba-kodech ba-ech tisaref Frontière : la ville Viande des kodachim kalim Devenue impure En règle : mangée dans la ville Pesul : cours ou toits Michna déjà vue
Emurim et kodshei kodachim : frontière de l'azara, combustion dans l'azara. Viande des kodachim kalim devenue impure : frontière de la ville, combustion dans les cours ou sur les toits.
4
אשכחן קדשי קדשים, קדשים קלים מנלן? אלא: כל פסולו בקדש בשריפה, לא שנא קדשים קלים ולא שנא קדשי קדשים — גמרא גמירי לה, וחטאת דאהרן משום מעשה שהיה כך היה.

Nous avons trouvé les kodshei kodachim. Les kodachim kalim, d'où ?

Plutôt : tout ce dont le pesul a lieu dans le kodech va à la combustion, sans différence entre kodachim kalim et kodshei kodachim. On le tient par tradition.

Et la hatat d'Aharon, c'est parce que l'événement qui a eu lieu a été ainsi.

📜 Rachi (1)
הלכתא גמירי לה וחטאת דאהרן לא איצטריכא לפרושי בה שריפה באנינותה וביציאתה אלא מעשה שהיה הוא דאישתעי ולקמן פריך והבשר אשר יגע בכל טמא למה לי:
On le tient par halakha. Et la hatat d'Aharon n'avait pas besoin qu'on y expose la combustion dans son aninut et dans sa sortie : c'est l'événement qui a eu lieu que le verset raconte. Et plus loin on objecte : "et la chair qui touchera toute impureté", pourquoi en ai-je besoin ?
💡 Explication

Le verset a couvert les kodshei kodachim. Pour les kodachim kalim, la Guemara sort du verset : gemara gemiri la, tradition reçue. Tout pesul survenu dans le kodech se brûle, des deux côtés.

La hatat d'Aharon, le huitième jour, raconte un fait. Elle ne vient pas fixer le din de la combustion pour l'aninut ni pour la sortie. Rachi annonce l'objection sur le verset de la chair impure.

5
ולתנא דבי רבה בר אבוה, דאמר: אפילו פיגול טעון עיבור צורה. מנא לן?

Et selon le tanna de l'école de Rabba bar Avouh, qui a dit : même le pigoul exige l'ibour tzoura. D'où le tenons-nous ?

📜 Rachi (2)
אפי' פיגול שפסולו בגופו טעון עיבור צורה והא דתנא דרבה בר אבוה לא איתפרש מהיכא:
Même le pigoul : dont le pesul est dans son corps, il exige l'ibour tzoura. Et cet enseignement du tanna de Rabba bar Avouh, on n'a pas exposé d'où il vient.
מנא ליה דבעי עיבור צורה פשיטא לן דטעמא משום דגמר עון עון מנותר כתיב בפיגול (שם ז) והנפש האוכלת ממנו עונה תשא וכתיב בנותר (שם יט) ואוכליו עונו ישא והאי קרא בנותר מוקמינן ליה בכריתות (דף ה.) בגזרה שוה כתיב כי את קודש ה' חילל וכתיב ושרפת את הנותר באש לא יאכל כי קודש הוא וגמר פיגול מנותר מה נותר כבר עובר צורתו אף פיגול צריך שתעובר צורתו ואדגמר מנותר ליגמרי' מחטאת דאהרן שנשרפה בו ביום דכתיב ביה נמי עון ואותה נתן לכם לשאת את עון העדה ומשה הודה להם דכתיב וייטב בעיניו:
D'où le tient-il : qu'il exige l'ibour tzoura. Il nous est évident que la raison est qu'il apprend avon, avon, depuis le notar. Il est écrit au sujet du pigoul (là, chapitre 7) : "et l'âme qui en mangera portera son iniquité". Et il est écrit au sujet du notar (là, chapitre 19) : "et ceux qui en mangent porteront leur iniquité". Et ce verset du notar, on l'établit à Keritot (5a) par une gezera shava : il est écrit "car il a profané le sacré de Hachem", et il est écrit "tu brûleras le reste au feu, on n'en mangera pas, car c'est du sacré". Il apprend le pigoul du notar : de même que le notar a déjà vu sa forme passer, de même le pigoul doit voir sa forme passer. Et puisqu'il apprend du notar, qu'il apprenne de la hatat d'Aharon, brûlée le jour même, car avon y est écrit aussi : "et Il vous l'a donnée pour porter l'iniquité de la communauté". Et Moche le leur a concédé, comme il est écrit : "et cela fut bon à ses yeux".
💡 Explication

Nouveau fil. Pour ce tanna, même le pigoul (pesul dans le corps de l'offrande, par une pensée invalidante) attend l'ibour tzoura : on laisse passer la forme, le lendemain, avant de brûler.

Rachi donne déjà la source, que la Guemara va dire : gezera shava avon / avon avec le notar. Et il pose l'objection : le même mot avon est écrit pour la hatat d'Aharon, brûlée le jour même.

6
יליף ״עון״ ״עון״ מנותר.

Il apprend avon, avon, depuis le notar.

💡 Explication

Réponse brève. Le pigoul (Lévitique 7:18) et le notar (Lévitique 19:8) partagent le mot avon. Le notar ne se brûle qu'une fois sa forme passée. Le pigoul suit.

7
ונילף ״עון״ ״עון״ מחטאת דאהרן! אמר לך: חטאת דאהרן כי האי גוונא נמי עיבור צורה לדורות בעיא, והתם — הוראת שעה היתה.

Et qu'on apprenne avon, avon, depuis la hatat d'Aharon ! Il te dirait : la hatat d'Aharon, dans un cas pareil, exige elle aussi l'ibour tzoura pour les générations.

Et là-bas, ce fut une horaat chaa.

📜 Rachi (1)
כי האי גוונא בין למאן דאמר בזבחים מפני אנינות נשרפה בין למאן דאמר מפני טומאה נשרפה לדורות בעיא עיבור צורה והוראת שעה היתה ששרפוה לבו ביום:
Dans un cas pareil : que l'on dise, à Zevahim, qu'elle a été brûlée à cause de l'aninut, ou que l'on dise qu'elle a été brûlée à cause de la touma, pour les générations elle exige l'ibour tzoura. Et ce fut une horaat chaa qu'on l'ait brûlée le jour même.
🗂️ Tossefot (1)
ונגמר עון עון מחטאת דאהרן תימה לרשב"א א"כ לישתוק מעון דפיגול וממילא נימא דישרף מיד וי"ל דבלאו הכי איצטריך למיכתב עון בפיגול דבפרק שני דזבחים (דף כח:) יליף בפיגול כרת עון עון מנותר:
Et qu'on apprenne avon, avon, depuis la hatat d'Aharon. Difficulté pour le Rachba : s'il en est ainsi, que le verset se taise de l'avon du pigoul, et de soi-même nous dirions qu'on le brûle aussitôt. On peut répondre : même sans cela, il fallait écrire avon au sujet du pigoul, car au deuxième chapitre de Zevahim (28b) on apprend pour le pigoul le karet, avon, avon, depuis le notar.
💡 Explication

L'objection : avon est aussi écrit pour la hatat d'Aharon, et Moche a admis la combustion du jour même. On pourrait en tirer un pigoul brûlé aussitôt.

Réponse : pour les dorot (les générations), ce cas exigerait l'ibour tzoura. La combustion immédiate fut une horaat chaa (directive de l'heure). Rachi : que le motif ait été l'aninut ou la touma, le din des générations reste l'attente.

Tossefot : le mot avon du pigoul ne peut pas être retiré. Il sert à apprendre le karet du pigoul depuis le notar (Zevahim 28b). Une fois écrit, la gezera shava enseigne aussi l'ibour tzoura.

🖼️ Schéma
Le pigoul et l'ibour tzoura Tanna de Rabba bar Avouh. Gezera shava : avon, avon. Pigoul Pesul dans le corps Lévitique 7 avono tissa Mot avon Notar Lévitique 19 avono yissa Forme déjà passée Puis combustion Hatat d'Aharon Lévitique 10 avon ha-eda Brûlée le jour même Moche a concédé On apprend le pigoul du notar Le pigoul attend que sa forme passe, puis on le brûle. La hatat d'Aharon, pour les générations, exigerait aussi l'ibour tzoura. La combustion du jour même fut une horaat chaa.
Avon du pigoul avec avon du notar : on attend que la forme passé. Avon de la hatat d'Aharon : combustion le jour même, mais horaat chaa. Pour les générations, ibour tzoura.
8
השתא דאמרינן כל פסולי דקדש בשריפה, לא שנא דקדשי קדשים ולא שנא קדשים קלים, גמרא גמירי לה, ״בקדש ... באש תשרף״ למה לי? ההוא מבעי ליה ששריפתה בקדש.

Maintenant que nous disons : tous les pesulim du kodech vont à la combustion, sans différence entre ceux des kodshei kodachim et ceux des kodachim kalim, on le tient par tradition. "Dans le sanctuaire ... au feu on le brûlera", pourquoi en ai-je besoin ?

Celui-là est nécessaire pour enseigner que sa combustion a lieu dans le kodech.

📜 Rachi (1)
ששריפתן בקדש שצריך לשורפן בעזרה:
Que leur combustion a lieu dans le kodech : qu'il faut les brûler dans l'azara.
💡 Explication

La tradition a déjà dit qu'on brûle. Le verset ba-kodech ba-ech tisaref garde un rôle : le lieu. On brûle dans l'azara, pas n'importe où.

9
״והבשר אשר יגע בכל טמא לא יאכל באש ישרף״, למה לי?

"Et la chair qui touchera toute chose impure ne sera pas mangée, au feu on la brûlera", pourquoi en ai-je besoin ?

💡 Explication

Deuxième verset devenu disponible : Lévitique 7:19, la chair devenue tamea se brûle. Si la tradition couvre déjà tout pesul du kodech, que vient faire ce verset ?

10
ההוא, לגופיה איצטריך. סלקא דעתך אמינא כל פסולי דקדש, כגון: לן דמה, ונשפך דמה, ויצא דמה, ונשחטה בלילה, דבשריפה דליתנהו בחולין.

Celui-là est nécessaire pour lui-même. Il te serait venu à l'esprit de dire : tous les pesulim du kodech, par exemple : son sang a passé la nuit, son sang a été répandu, son sang est sorti, et il a été abattu de nuit, vont à la combustion, parce qu'ils n'existent pas pour le houlin.

💡 Explication

Hava amina. La tradition de combustion viserait les pesulim propres aux kodachim : lan du sang, sang répandu, sang sorti, chehita de nuit. Ces cas n'existent pas pour le houlin.

11
אבל נטמא, דבחולין נמי מפסיל, אימא הואיל ואיתעביד ביה עובדין דחול — אימא לא תיבעי שריפה, ותיסגי ליה בקבורה, קא משמע לן.

Mais s'il est devenu impur, ce qui s'invalide aussi pour le houlin, je dirais : puisqu'on lui a fait un acte de profane, je dirais qu'il n'exige pas la combustion, et que l'enterrement lui suffise. Il vient nous l'apprendre.

📜 Rachi (2)
מעשה חול שלא נזהרו ונטמאה נתחללה והוזלה בקדושתה:
Un acte de profane : on n'a pas pris garde, elle est devenue impure, elle a été profanée et avilie dans sa sainteté.
ותיסגי לה בקבורה לגונזה מן העין שלא יאכלוה כלבים:
Et l'enterrement lui suffirait : pour la cacher aux yeux, afin que les chiens ne la mangent pas.
🗂️ Tossefot (1)
אבל נטמא דאיתיה בחולין כו' תימה לרשב"א ניליף כולהו מטמא ואמאי צריך הלכתא ואומר ר"י דה"א מה שנוהג בחולין הוי חומרא הואיל ומעשה חול אתעביד ביה וא"ת ונילף קל וחומר מתרומה דבעי שריפה וי"ל דאיכא למיפרך מה לתרומה דאסורה לזרים תאמר בקדשים קלים דשרי. רשב"א:
Mais s'il est devenu impur, cas qui existe pour le houlin, etc. Difficulté pour le Rachba : apprenons-les tous depuis l'impur, et pourquoi faut-il une halakha ? Le RI dit : on aurait dit que ce qui se pratique pour le houlin est une houmera, puisqu'un acte de profane lui a été fait. Et si tu dis : apprenons un kal va-homer de la terouma, qui exige la combustion. On peut répondre : il y a à objecter. Ce qui vaut pour la terouma, interdite aux zarim, le diras-tu des kodachim kalim, qui leur sont permis ? Rachba.
💡 Explication

La touma invalide aussi de la viande ordinaire. On aurait traité le kodach devenu impur comme un objet déjà rabaissé, un maase hol, et un kevoura (enterrement, pour le soustraire aux chiens) aurait suffi. Le verset enseigne la combustion.

Tossefot inverse la question : pourquoi une tradition, si le verset de la touma pouvait tout enseigner ? Le RI : la combustion de la touma se lit comme une houmera liée à l'acte profane, on ne l'étend pas. Un kal va-homer depuis la terouma échoue : la terouma est interdite aux zarim, les kodachim kalim leur sont permis.

🖼️ Schéma
Quel pesul le verset de la touma vient-il enseigner ? Absents du houlin Sang passé la nuit Sang répandu, sang sorti Chehita de nuit Combustion : la tradition Touma Elle invalide aussi le houlin Acte de profane Hava amina : enterrement Le verset : on brûle Enterrer : cacher la viande, pour que les chiens ne la mangent pas.
Pesulim absents du houlin : la tradition suffit pour brûler. Touma, presente aussi dans le houlin : sans le verset, on aurait enterre.
12
נטמאו הבעלים או שמתו תעובר צורתן וכו׳. אמר רב יוסף: מחלוקת שנטמאו בעלים אחר זריקה, דאיתחזי בשר לאכילה. אבל נטמאו בעלים לפני זריקה, דלא איתחזי בשר לאכילה — דברי הכל ישרף מיד.

Si les propriétaires sont devenus impurs, ou s'ils sont morts, on fait passer leur forme, etc. Rav Yossef a dit : la dispute vise le cas où les propriétaires sont devenus impurs après la zerika, car la viande avait été rendue propre à être mangée.

Mais si les propriétaires sont devenus impurs avant la zerika, de sorte que la viande n'avait pas été rendue propre à être mangée, tout le monde convient qu'on brûle aussitôt.

📜 Rachi (2)
מחלוקת דקאמר תנא קמא פסולו מחמת דבר אחר הוא ובעי עיבור צורה כגון שנטמאו הבעלים אחר זריקת הדם דנעשו כל עבודות הדם בהכשר:
La dispute : le premier tanna dit que son pesul vient d'une autre chose et qu'il exige l'ibour tzoura. Par exemple, les propriétaires sont devenus impurs après la projection du sang, car tous les services du sang ont été faits en règle.
אבל נטמאו קודם זריקה דרחמנא דחייה לפסח שני נמצאת זריקה שלא בבעלים וה"ל פסולו בגופו דזריקה פסולה היא וישרף מיד בי"ד:
Mais s'ils sont devenus impurs avant la zerika : la Torah le renvoie au second Pessa'h. Il se trouve que la zerika est sans propriétaires, et c'est comme un pesul dans son corps, car la zerika est invalide. On le brûle aussitôt, le 14.
💡 Explication

Retour à la michna (82a). Propriétaires tame ou morts : le Tanna Kamma attend l'ibour tzoura et brûle le 16. Rabbi Yo'hanan ben Beroka brûle aussitôt, faute de mangeurs.

Rav Yossef, première leçon. La dispute ne vise que l'après-zerika : les services du sang sont valides, la viande a été apte, le pesul vient d'ailleurs. Avant la zerika, la projection du Pessa'h se fait sans propriétaires aptes : la Torah les renvoie à Pessa'h cheni. Tout le monde brûle aussitôt, le 14.

13
מיתיבי, זה הכלל: כל שפסולו בגופו — ישרף מיד. בדם ובבעלים — תעובר צורתו ויצא לבית השריפה.

On objecte. Ceci est la règle : tout ce dont le pesul est dans son corps, on le brûle aussitôt.

Dans le sang et dans les propriétaires, on fait passer sa forme, et il sort vers le lieu de combustion.

📜 Rachi (1)
בדם כגון נטמא הדם או נשפך לארץ:
Dans le sang : par exemple, le sang est devenu impur, ou il a été répandu à terre.
💡 Explication

Baraita, en forme de règle. Pesulo be-goufo (pesul dans le corps de l'offrande) : combustion immédiate. Pesul du sang ou des propriétaires : ibour tzoura, puis le beit ha-srefa.

Rachi : le sang impur, ou répandu à terre, est le modèle du pesul "dans le sang".

14
קתני בעלים דומיא דדם: מה דם לפני זריקה, אף בעלים לפני זריקה.

Il enseigne les propriétaires à la ressemblance du sang : de même que le sang, c'est avant la zerika, de même les propriétaires, c'est avant la zerika.

📜 Rachi (1)
מחלוקת לפני זריקה התם פליג ר' יוחנן בן ברוקה דחשיב ליה פסולו בגופו ותנא קמא סבר מ"מ לא בא פסול זה אלא מחמת דבר אחר ורבי יוחנן אמר אף לאחר זריקה נמי מחלוקת:
La dispute est avant la zerika. La, Rabbi Yo'hanan ben Beroka est en désaccord, car il tient cela pour un pesul dans le corps. Et le premier tanna tient que, de toute façon, ce pesul n'est venu qu'à cause d'une autre chose. Et Rabbi Yo'hanan a dit : même après la zerika, il y a aussi dispute.
💡 Explication

Le sang ne peut s'invalider, pour cette règle, qu'avant la zerika : une fois projeté, il a fait son office. La baraita met les propriétaires dans la même case.

Donc la règle "sang et propriétaires : ibour tzoura" parle de l'avant-zerika. Cela contredit la première leçon de Rav Yossef, qui placait la dispute après la zerika et l'accord sur une combustion immédiate avant la zerika. Rachi prépare déjà la reprise, et la position de Rabbi Yo'hanan.

15
אלא אי איתמר, הכי איתמר: מחלוקת שנטמאו בעלים לפני זריקה, דלא איתחזי בשר לאכילה, דהוה ליה כפסולו בגופו. אבל נטמאו בעלים לאחר זריקה, דאיתחזי בשר לאכילה — דברי הכל פסולו מחמת דבר אחר, ובעיא עיבור צורה.

Plutôt, si cela a été dit, voici comment cela a été dit. La dispute vise le cas où les propriétaires sont devenus impurs avant la zerika, car la viande n'avait pas été rendue propre à être mangée, de sorte que c'est comme un pesul dans son corps.

Mais si les propriétaires sont devenus impurs après la zerika, car la viande avait été rendue propre à être mangée, tout le monde convient que son pesul vient d'une autre chose, et qu'il exige l'ibour tzoura.

💡 Explication

Reprise de Rav Yossef. La dispute est avant la zerika : la viande n'a jamais été apte, Rabbi Yo'hanan ben Beroka la traite comme un pesul du corps et brûle aussitôt. Le Tanna Kamma y voit quand même un pesul venu d'ailleurs.

Après la zerika, accord : la viande a été apte, le pesul est extérieur, on attend l'ibour tzoura. C'est cette leçon que la baraita "à la ressemblance du sang" laisse tenir.

🖼️ Schéma
Propriétaires impurs : avant ou après la zerika ? Michna : Tanna Kamma, ibour tzoura. Rabbi Yo'hanan ben Beroka : brûler aussitôt. Avant la zerika Après la zerika Rav Yossef première leçon Tout le monde brûle aussitôt Dispute la viande a été apte Rav Yossef reprise Dispute comme un pesul du corps Tout le monde ibour tzoura Rabbi Yo'hanan Dispute la viande n'a pas été apte Dispute aussi même si la viande a été apte Preuve de Rabbi Yo'hanan Rabbi Nehemia : la hatat d'Aharon a été brûlée à cause de l'aninut. L'aninut laisse le service valable. C'est comme un pesul d'après la zerika. On l'a brûlée aussitôt, sans ibour tzoura. Rabbi Nehemia et Rabbi Yo'hanan ben Beroka disent la même chose.
Première leçon de Rav Yossef : dispute après la zerika. Reprise : dispute avant, accord sur l'ibour tzoura après. Rabbi Yo'hanan : dispute aussi après, comme la hatat d'Aharon brûlée aussitôt pour aninut.
16
ורבי יוחנן אמר: אף לאחר זריקה נמי מחלוקת. ואזדא רבי יוחנן לטעמיה, דאמר רבי יוחנן: רבי יוחנן בן ברוקה ורבי נחמיה אמרו דבר אחד, רבי יוחנן בן ברוקה הא דאמרן.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : même après la zerika, il y a aussi dispute. Et Rabbi Yo'hanan va selon son raisonnement, car Rabbi Yo'hanan a dit : Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Nehemia ont dit une même chose.

Rabbi Yo'hanan ben Beroka, c'est ce que nous avons dit.

🗂️ Tossefot (2)
לאחר זריקה מחלוקת פירוש אף לאחר זריקה דאי דוקא בדם ובבעלים מאן קתני לה:
Après la zerika, une dispute. L'explication : même après la zerika. Car si c'était seulement dans le sang et dans les propriétaires, qui l'enseignerait ?
רבי יוחנן בן ברוקה ורבי נחמיה אמרו דבר אחד וא"ת דילמא לעולם רבי נחמיה כרבנן ס"ל דבעו עיבור צורה וחטאת אהרן שנשרף מיד מפני אנינות הוראת שעה היתה דעדיין לא פירש להם עיבור צורה כדפירש בקונטרס ואומר רשב"א דלפי מה שפירש ר"י דסברא דפסול בעלים בעי עיבור צורה אתי שפיר דהכא לא שייך הוראת שעה היתה דאנינות הוי פסול בעלים ומסברא בעי עיבור צורה ולעיל דקאמר הוראת שעה היתה קסבר דמפני טומאה נשרפה:
Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Nehemia ont dit une même chose. Et si tu dis : peut-être, en fait, Rabbi Nehemia tient-il comme les Sages, qu'ils exigent l'ibour tzoura, et la hatat d'Aharon brûlée aussitôt à cause de l'aninut fut une horaat chaa, car on ne leur avait pas encore exposé l'ibour tzoura, comme l'explique Rachi. Le Rachba dit : selon ce qu'a explique le RI, a savoir que par un raisonnement le pesul des propriétaires exige l'ibour tzoura, cela se tient. Ici, "ce fut une horaat chaa" ne s'applique pas : l'aninut est un pesul des propriétaires, et par un raisonnement il exige l'ibour tzoura. Et plus haut, là où l'on dit que ce fut une horaat chaa, il tient qu'on l'a brûlée à cause de la touma.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan garde la dispute même après la zerika. Il s'appuie sur un rapprochement : Rabbi Yo'hanan ben Beroka et Rabbi Nehemia disent la même chose. L'avis de ben Beroka est celui de la michna : brûler aussitôt faute de mangeurs.

Tossefot tient le "même" : la formule vise aussi l'après-zerika. Limiter la dispute au seul cas "sang et propriétaires" laisserait cette clause sans tanna qui l'enseigne.

Deuxième glose : on pourrait lire Rabbi Nehemia comme les Sages, et traiter la combustion immédiate d'Aharon comme une horaat chaa, l'ibour tzoura n'ayant pas encore été dit. Le Rachba, d'après le RI : l'ibour tzoura d'un pesul des propriétaires est une sevara. L'aninut est précisément ce pesul. Une sevara vaut déjà, on ne la suspend pas par une horaat chaa. La horaat chaa dite plus haut vise le cas où l'on brûle pour touma.

17
רבי נחמיה מאי היא? דתניא, רבי נחמיה אומר: מפני אנינות נשרפה זו, לכך נאמר ״כאלה״.

Rabbi Nehemia, qu'est-ce ? Comme on l'enseigne, Rabbi Nehemia dit : c'est à cause de l'aninut qu'on a brûlé celle-ci.

C'est pourquoi il est dit : "comme celles-ci".

📜 Rachi (2)
מפני אנינות נשרפה חטאת דאהרן שהיו אוננין ואסורין לאכול בקדשים דכתיב (דברים כ״ו:י״ד) לא אכלתי באוני ממנו ואתו קדשים בקל וחומר ממעשר:
On l'a brûlée à cause de l'aninut : la hatat d'Aharon. Ils étaient onenim, et interdits de manger des kodachim, comme il est écrit (Deutéronome 26:14) : "je n'en ai pas mangé dans mon deuil". Et les kodachim viennent par un kal va-homer depuis le maaser.
לכך נאמר כאלה ותקראנה אותי כאלה שאני אונן והיאך הייתי אוכל קדשים למשה נצטוה לאמר להם קחו את המנחה הנותרת מאשי ה' ואכלוה באנינות והיה סבור שאף החטאת תאכל באנינות כמנחה ואמר לו אהרן שמא לא שמעת אלא במנחה זו שהיא קדשי שעה ליום שמיני של מלואים נצטוית אותה מנחה ואף אני מודה לך בשעיר נחשון ושעיר של יום דכתיב (ויקרא ט׳:ג׳) ואל בני ישראל תדבר לאמר קחו שעיר עזים לחטאת שהם קדשי שעה חובה ליום ואכילתן [מותר] לאונן אבל חטאת זו שעיר ר"ח הוא וקדשי דורות הן ואסורין לאונן ור' יהודה פליג עלה התם ואמר מפני טומאה נשרפה שנטמאת באונס והאי כאלה דריש ליה אמאי דקאמר משה לאהרן שמא מתוך צערך פשעת בה ונטמאת וקאמר ליה אהרן למשה כך אני בעיניך שאני מבזה קדשי קדשים אלמלי קראוני כאלה וכאלה לא הייתי מבזה אותן:
C'est pourquoi il est dit "comme celles-ci" : "et il m'est arrivé comme celles-ci", que je suis onen, et comment aurais-je mangé des kodachim ? Moche avait reçu l'ordre de leur dire : prenez la minha qui reste des offrandes par le feu de Hachem, et mangez-la dans l'aninut. Il pensait que la hatat aussi se mangerait dans l'aninut, comme la minha. Aharon lui dit : peut-être n'as-tu entendu que pour cette minha, qui est un kodshei chaa, car pour le huitième jour des milouim on t'a ordonné cette minha. Et moi aussi, je te concède le bouc de Nahshon et le bouc du jour, comme il est écrit (Lévitique 9:3) : "et aux enfants d'Israël tu parleras, en disant : prenez un bouc de chèvres pour hatat". Ce sont des kodshei chaa, une obligation du jour, et leur consommation est permise à l'onen. Mais cette hatat est le bouc de Roch Hodech. Ce sont des kodshei dorot, et ils sont interdits à l'onen. Rabbi Yehouda est en désaccord là-dessus, et il dit : on l'a brûlée à cause de la touma, car elle est devenue impure par accident. Et ce "comme celles-ci", il le rattache à ce que Moche dit à Aharon : peut-être, du fait de ta peine, as-tu été négligent envers elle, et est-elle devenue impure. Aharon dit à Moche : est-ce ainsi que je suis à tes yeux, que je mépriserais des kodshei kodachim ? Même si de tels événements et d'autres m'étaient arrivés, je ne les aurais pas méprisés.
💡 Explication

La baraita de Rabbi Nehemia : la hatat d'Aharon, le jour de la mort de Nadav et Avihou, a été brûlée pour aninut. Le mot ka-eleh (comme celles-ci) dit l'événement : je suis onen.

Rachi sépare trois offrandes. La minha des milouim : Moche ordonne de la manger en aninut, c'est un kodshei chaa. Le bouc de Nahshon et le bouc du jour : Aharon concède, obligation du jour, permise à l'onen. Le bouc de Roch Hodech : kodshei dorot, interdit à l'onen, d'où la combustion. L'interdit des kodachim pour l'onen sort du maaser (Deutéronome 26:14) par kal va-homer.

Rabbi Yehouda lit autrement : combustion pour une touma accidentelle. Ka-eleh répond alors au soupçon de négligence, et Aharon refuse d'avoir méprisé les kodshei kodachim.

🖼️ Schéma
Huitième jour : que mange un onen ? Rabbi Nehemia. Rachi sur ka-eleh. Minha des milouim Kodshei chaa Moche : mangez-la dans l'aninut Permise à l'onen Ordre du jour Bouc de Nahshon et bouc du jour Kodshei chaa Obligation du jour Aharon concède L'onen peut manger Bouc de Roch Hodech Kodshei dorot Interdit à l'onen Brûle Rabbi Nehemia : aninut Rabbi Yehouda : touma Ka-eleh : de tels événements me sont arrives, je suis onen. Les kodachim s'interdisent à l'onen par kal va-homer depuis le maaser.
Minha des milouim et boucs du jour : kodshei chaa, l'onen peut manger. Bouc de Roch Hodech : kodshei dorot, interdit à l'onen, brûlé. Rabbi Nehemia dit l'aninut, Rabbi Yehouda la touma.
18
והא אנינות כלאחר זריקה הויא, וכי אשתרוף — לאלתר (נשתרוף).

Or l'aninut est comme après la zerika. Et lorsqu'on l'a brûlée, on l'a brûlée aussitôt.

📜 Rachi (1)
הכי גרסינן והא אנינות כלאחר זריקה היא שאפי' מתו נדב ואביהוא לפני זריקה אין הזריקה נפסלת בכך דחטאת לא דמיא לפסח דעיקרו לאכילה דאילו חטאת לא חיישינן לאוכלין דידה דלכפרה אתיא ואכל ישראל שהיו ראוין ואם מפני שהקריבוה באנינות ונפסלה דאונן שעבד חילל לא הדיוטים הקריבוה כי אם אהרן עצמו וקיימא לן (יומא דף יג:) כהן גדול מקריב אונן ואינו אוכל והכי אמרינן בזבחים (דף קא.) ודרשינן הן היום הקריבו דקאמר ליה משה לאהרן דילמא באנינות אקריבתיה ופסלתיה ועל כן שרפתם אותה א"ל אהרן הן היום וכי הם היום הקריבו דפסל בהו אנינות אני הקרבתי דלא פסלא בי אנינות ושריפה מיד הואי בלא עיבור צורה ומדקאמר ר' יוחנן דר' נחמיה ור' יוחנן בן ברוקה אמרו דבר אחד אלמא ס"ל דפלוגתא דמתניתין אף כשנטמאו לאחר זריקה דעבודות דם נעשו בהכשר ואפילו הכי ישרף מיד מפני שאין מי שיאכלנו כי חטאת דאהרן לא היה לה פסול אחר אלא שלא היו לה אוכלין וספרים כתב בהן והא אנינות לאחר זריקה הואי וקשיא לי מנלן הא הלא לא נתפרשו בפרשה אלא עבודות של קרבנות שמיני אבל קרבנות של ר"ח לא נתפרשו בה ועוד מדקא מהדר ליה אהרן וכי הן הקריבו והלא אני הקרבתי מכלל דקודם זריקה הואי אנינות:
Voici la leçon : or l'aninut est comme après la zerika. Car même si Nadav et Avihou sont morts avant la zerika, la zerika n'est pas invalidée par là. Une hatat ne ressemble pas au Pessa'h, dont l'essentiel est la consommation. Pour une hatat, nous ne nous soucions pas de ses mangeurs : elle vient pour l'expiation, et tout Israël apte pouvait manger. Et si l'on dit : on l'a offerte dans l'aninut et elle a été invalidée, car un onen qui a officié a profané. Des kohanim ordinaires ne l'ont pas offerte : Aharon lui-même l'a offerte. Et nous tenons (Yoma 13b) qu'un kohen gadol offre en étant onen, et qu'il ne mange pas. C'est ainsi que nous disons à Zevahim (101a). Nous dérivons "ils ont offert en ce jour", ce que Moche dit à Aharon : peut-être l'as-tu offerte dans l'aninut et l'as-tu invalidée, et c'est pour cela que vous l'avez brûlée. Aharon lui dit : "en ce jour". Est-ce eux qui ont offert en ce jour, de sorte que l'aninut les invalide ? C'est moi qui ai offert, et l'aninut ne m'invalide pas. Et la combustion a eu lieu aussitôt, sans ibour tzoura. Puisque Rabbi Yo'hanan dit que Rabbi Nehemia et Rabbi Yo'hanan ben Beroka ont dit une même chose, il en ressort qu'il tient ceci : la dispute de la michna vaut même lorsqu'ils sont devenus impurs après la zerika, car les services du sang ont été faits en règle, et même ainsi on brûle aussitôt, parce qu'il n'y a personne pour le manger. Comme la hatat d'Aharon : elle n'avait pas d'autre pesul, sinon qu'elle n'avait pas de mangeurs. Dans des livres il est écrit : "or l'aninut a eu lieu après la zerika". Et cela me fait difficulté : d'où tenons-nous cela ? Dans la section n'ont été détaillés que les services des korbanot du huitième jour, mais les korbanot de Roch Hodech n'y ont pas été détaillés. Et encore : de la réponse d'Aharon, "est-ce eux qui ont offert, alors que c'est moi qui ai offert", il ressort que l'aninut a eu lieu avant la zerika.
💡 Explication

C'est le chaînon. L'aninut laisse l'offrande en règle : elle empêche les propriétaires de manger, à la manière d'un pesul après une zerika valide. On a pourtant brûlé aussitôt. Rabbi Nehemia rejoint donc Rabbi Yo'hanan ben Beroka, et Rabbi Yo'hanan étend la dispute à l'après-zerika.

Rachi précise pourquoi la zerika reste valide même si les fils sont morts avant. Le Pessa'h a pour essentiel d'être mangé. La hatat vient pour la kapara : tout Israël apte peut manger, et le kohen gadol officie en étant onen (Yoma 13b). Le verset "ils ont offert en ce jour" le dit : Aharon a offert, l'aninut ne l'invalide pas.

Sur la leçon de certains livres, "l'aninut fut après la zerika", Rachi résiste. La section ne détaille pas les services du bouc de Roch Hodech. La réponse d'Aharon montre que l'aninut précédait l'offrande. D'où la leçon retenue : aninut comme après la zerika.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).