Sougya : L'amoud ferme d'abord la sougya de la combustion immédiate. Rabba range Rabbi Yossi HaGelili avec Rabbi Yo'hanan ben Beroka : un pesul des propriétaires se brûle sans ibour tzoura.
Rabbi Yo'hanan sépare le sang et la chair, une même matière, des propriétaires. La michna nouvelle fixe le 16 nissan pour brûler les os, les giddim et le notar du Pessa'h, ou le 17 si le 16 est Chabbat.
La Guemara demande si un os qui a servi le notar suit son interdit, puis Rav Nahman bar Yitzhak explique pourquoi seuls les os du Pessa'h se brûlent.
Rabba ajoute : même Rabbi Yossi HaGelili. Comme on l'enseigne, Rabbi Yossi HaGelili dit : tout le passage ne parle que des taureaux qu'on brûle et des boucs qu'on brûle, pour brûler leurs pesulim dans la beit ha-bira, et pour poser un lo ta'asseh sur leur consommation.
Fin de la sougya de 82b. Rabba range Rabbi Yossi HaGelili avec Rabbi Yo'hanan ben Beroka : un pesul ba'alim (pesul des propriétaires) se brûle sans ibour tzoura (on n'attend pas que la forme passe, le lendemain).
Rabbi Yossi lit Lévitique 6:23 sur les seules hatat intérieures : taureaux et boucs qu'on brûle. Leur chair valide se brûle déjà hors des trois camps (Lévitique 4:12). Le verset ajoute deux dinim quand elles sont invalidées, par yotze (sortie) ou par touma : combustion à la beit ha-bira (sur le mont du Temple), et un lo ta'asseh sur la consommation.
Tossefot : le cas de Rabbi Yossi (sang entré avant la zerika) et celui de ben Beroka (après la zerika) semblent deux dinim. Rabba, comme Rabbi Yo'hanan, garde la même dispute aux deux temps.
Ils lui dirent : une hatat dont le sang est entré lifnei ve-lifnim, d'où ? Il leur dit : "Voici, on n'a pas apporté son sang dans le sanctuaire, à l'intérieur." On en déduit : si elle est sortie, ou bien si son sang est entré, elle va à la combustion.
Les Sages demandent la source d'une hatat extérieure dont le sang est entré lifnei ve-lifnim (dans le sanctuaire, à l'intérieur). Rabbi Yossi la tire de Lévitique 10:18, parole de Moche à Aharon. L'envers du verset : chair sortie, ou sang entré, combustion immédiate.
Il apprend les dorot (générations) depuis cette hatat. Rachi : les Sages refusent. On n'apprend pas les générations depuis une chaa (un moment). Pour eux, la parole de Moche vise ce jour-là. Les générations attendent un autre verset, et on n'en tire pas l'ibour tzoura.
Tossefot. Le Rachba : plus haut, la horaat chaa colle à une touma, pesul du corps, qu'on brûle aussitôt par logique. Ici le pesul est dans le sang, et la logique voudrait l'ibour tzoura. Le Ri : Moche a parlé du fait qu'ils n'ont pas mangé. La combustion sans ibour tzoura restait hors du din. La difficulté finale : plus haut, ces mêmes Sages apprennent pourtant du cas d'Aharon la combustion du yotze.
Et Rabbi Yo'hanan tient : le sang et la chair sont une seule chose. Les propriétaires sont une autre chose.
Rabbi Yo'hanan laisse Rabbi Yossi hors du compte de ben Beroka. Sang et chair sont une même matière : un pesul du sang est un pesul ba-guf, comme une chair devenue impure. Le pesul ba'alim est une autre matière. On a entendu Rabbi Yossi sur le sang. On ne l'a pas entendu sur les propriétaires.
Michna. Les os, les giddim et le notar, on les brûlera le seize.
Si le seize tombe un Chabbat, on les brûlera le dix-sept, parce qu'ils ne repoussent ni le Chabbat ni Yom Tov.
Nouvelle michna. Trois choses à brûler le 16 nissan, Hol ha-Moed : les os qui gardent de la moelle, les giddim (tendons), le notar (chair du Pessa'h restée après son temps). Si le 16 est Chabbat, on attend le 17. La combustion ne repousse ni le Chabbat ni Yom Tov.
Rachi : l'os du Pessa'h ne se brise pas. La moelle qui y reste est du notar et se brûle. Les giddim : la Guemara demandera plus loin pourquoi on ne les mange pas. Le notar de chair vient d'un retard à manger. Invalidé dès le matin du 15, il attend tout de même la fin de Yom Tov.
Guemara. Rav Mari bar Avouh a dit au nom de Rabbi Yitzhak : les os des kodachim qui ont servi le notar rendent les mains impures, puisqu'ils sont devenus un basis pour une chose interdite.
Dirons-nous que ceci le soutient : les os, les giddim et le notar, on les brûlera pour le seize.
Rav Mari bar Avouh au nom de Rabbi Yitzhak : un os de kodachim qui a servi le notar rend les mains impures, comme le notar. Il est devenu un basis (support) d'une chose interdite. La michna, qui envoie ces os à la combustion le 16, semblerait le confirmer.
Rachi : la moelle est restée dans l'os hors de son temps, et l'os l'a portée. Le décret des mains impures est rappelé en Pessahim 120b, et la Guemara le ramènera en 85a.
Ces os, de quel cas s'agit-il ? Si tu dis qu'il n'y a pas de moelle en eux, pourquoi à la combustion ?
Qu'on les jette. C'est donc clair : il y a de la moelle en eux.
Sans moelle, l'os ne se brûle pas. Le verset ne brûle que ce qui se mange et qui a été laissé (Exode 12). Il y a donc de la moelle.
Rachi : ces os sont listés à part du notar, parce que, dès le départ, on ne peut pas les briser. La moelle devient notar par force. Leur place dans la michna est la combustion, dès l'origine.
Cela se tient, si tu dis que servir le notar est une chose : c'est pour cela qu'ils exigent la combustion. Mais si tu dis que servir le notar n'est pas une chose, pourquoi leur faut-il la combustion ?
Qu'on les brise, qu'on en retire leur moelle, qu'on la brûle, et qu'on les jette, eux. Déduis-en : servir le notar est une chose.
Si servir le notar compte, l'os suit la moelle et se brûle. Si cela ne compte pas, une fois le Pessa'h laissé et invalidé, l'interdit de briser ne jouerait plus : "en lui" viserait le valide. On briserait, on brûlerait la moelle seule, on jetterait l'os, et on épargnerait le bois.
La michna brûle les os entiers. On voudrait en déduire que servir le notar compte, et que l'os est devenu interdit comme ce qu'il porte.
On dit : non. En fait, je te dis : servir le notar n'est pas une chose.
Et il tient : "en lui", dans le valide, et même dans l'invalide.
Rejet de la preuve. Le tanna de la michna peut tenir que servir le notar ne compte pas. Il lit "en lui" comme la tournure du verset : l'interdit de briser vise le valide et même l'invalide. On ne peut pas ouvrir l'os pour en sortir la moelle. La combustion des os s'explique par cet interdit.
Tossefot écarte la gumarta (braise) : on chaufferait l'os pour faire couler la moelle sans le briser. L'os peut éclater. Le procédé est pénible.
Même dans l'invalide, cela te viendrait à l'esprit ? Or nous avons appris : mais celui qui laisse du reste dans le pur, et celui qui brise dans l'impur, n'encourt pas les quarante.
Pas de difficulté. Ici : il a eu une sha'at ha-kosher.
Là : il n'a pas eu de sha'at ha-kosher.
Difficulté, depuis une autre michna. Celui qui laisse du notar d'un Pessa'h pur, et celui qui brise l'os d'un Pessa'h impur, n'encourt pas les quarante. L'interdit de briser semblerait épargner l'invalide. Rachi : laisser du reste dans le pur, à plus forte raison dans l'impur. La raison des coups sera dite plus loin dans le chapitre.
Réponse par deux cas. Ici, les os de notre michna : le Pessa'h a eu une sha'at ha-kosher (heure où il était valide), puis il est devenu notar. L'interdit de briser demeure. Là : il n'a jamais eu cette heure.
Et quel tanna distingue entre celui qui a eu une sha'at ha-kosher et celui qui n'en a pas eu ? C'est Rabbi Yaakov.
Comme on l'enseigne : "Et un os, vous n'en briserez pas en lui." "En lui" : dans le valide, et non dans l'invalide. Rabbi Yaakov dit : il a eu une sha'at ha-kosher et il a été invalidé, il y a en lui l'interdit de briser l'os.
Il n'a pas eu de sha'at ha-kosher, il n'y a pas en lui l'interdit de briser l'os. Rabbi Chimon dit : l'un comme l'autre, il n'y a pas en lui l'interdit de briser l'os.
Le partage est celui de Rabbi Yaakov. Le Tanna Kamma lit "en lui" : le valide, hors de l'invalide. Rabbi Yaakov : sha'at ha-kosher puis pesul, briser reste interdit. Jamais valide, pas d'interdit. Rabbi Chimon : dès le pesul, pas d'interdit, que cette heure ait existé ou non.
Rachi : devenu impur avant la zerika, il n'a pas eu d'heure de validité. Tossefot : Rabbi Chimon semble répéter le Tanna Kamma. Le Ri : Rabbi Yaakov et Rabbi Chimon disputent la lecture de ce Tanna Kamma, sur le modèle de Sanhédrin 21a et de Bava Batra 28b.
On objecte : tous les os des kodachim n'exigent pas la combustion, sauf les os du Pessa'h, à cause de la takala. Ces os, de quel cas s'agit-il ?
Si tu dis qu'il n'y a pas de moelle en eux, pourquoi leur faut-il la combustion ? C'est donc clair : il y a de la moelle en eux.
Et s'il te vient à l'esprit que servir le notar est une chose, les os des kodachim, pourquoi n'exigent-ils pas la combustion ?
Baraita. Les os des kodachim ne se brûlent pas : on brise, on brûle la moelle, on jette l'os. Seuls les os du Pessa'h se brûlent, à cause de la takala (risque de faute) : on en viendrait à transgresser "vous n'en briserez pas".
S'il y a de la moelle, et si servir le notar comptait, les os des autres kodachim devraient se brûler aussi. Eux aussi ont porté une moelle restée. L'objection vise donc l'idée que le basis suivrait l'interdit du notar.
Rav Nahman bar Yitzhak dit : ici, de quoi s'agit-il ? Par exemple, il les a trouvés extraits.
Les os des kodachim, en qui il n'y a pas l'interdit de briser l'os : avant qu'ils ne deviennent du notar, il les a extraits. Ils n'ont pas été un service du notar, et ils n'exigent pas la combustion.
Rav Nahman bar Yitzhak place le cas sur des os déjà halutzim : ouverts, moelle retirée. Pour les kodachim, briser est permis. Le cours ordinaire : on a retiré la moelle avant le notar. L'os n'a pas servi une chose interdite. On le jette.
Rachi écrit "toute la michna". Le fil répond à la baraita citée : des os qu'on trouve déjà vidés.
Les os du Pessa'h, en qui il y a l'interdit de briser l'os : c'est après qu'ils sont devenus du notar qu'il les a extraits. Ils ont donc été un service du notar, et ils exigent la combustion.
Pour le Pessa'h, briser est interdit tant qu'il est valide. On n'a retiré la moelle qu'après le notar. L'os a donc servi le notar, et il se brûle.
Rachi lit cela comme Rabbi Chimon : une fois invalidé, l'interdit de briser est tombé, on a pu extraire. Tossefot : "à cause de la takala" veut dire qu'on n'a pas extrait avant l'interdit, à cause de la brisure. De là, la combustion.
Rav Zevid dit : ici, de quoi s'agit-il ? Par exemple
Rav Zevid ouvre une autre mise en place de la baraita : "ici, de quoi s'agit-il ? Par exemple". La phrase continue en 83b.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).