Sougya : Rav Zevid achève la réponse ouverte en 83a : des os trouvés en tas, dont le dessus a la moelle extraite. Pour les kodachim, on tient que toute la moelle a été extraite et mangée avant le notar.
Pour le Pessa'h, l'interdit de bris d'os laisse craindre que la moelle soit restée : il faut tout vérifier. La michna brûle aussi les nerfs le seize.
Rav Hisda vise le gid hanashe selon Rabbi Yehouda, Rav Ashi la graisse de ce nerf, Ravina le nerf extérieur. Puis : pourquoi l'asse de "au feu vous le brûlerez" ne repousse-t-il pas l'interdit du travail de Yom Tov ?
Hizkiya donne un second matin, Abaye exclut l'holocauste d'un jour de semaine, Rava lit "cela seul" comme l'exclusion des actes préparatoires.
Lorsqu'on les a trouvés en tas distincts, et que certains d'entre eux ont la moelle extraite. Les os des kodachim, qui ne comportent pas d'interdit de bris d'os : il les aurait tous extraits et il en aurait mangé la moelle, et ils n'exigent pas la combustion.
La phrase continue Rav Zevid, ouvert à la fin de 83a. Rav Nahman bar Yitzhak parlait d'os déjà trouvés chaloutzim (moelle extraite). Rav Zevid parle de tas : on n'a vu que le dessus.
Sans interdit de shevirat ha-etsem (bris d'os), rien n'empêchait d'extraire toute la moelle avant qu'elle devienne notar. Le dessus extrait suffit pour le tas entier. On ne brûle pas.
Les os du Pessa'h, qui comportent un interdit de bris d'os : peut-être ceux-ci, il les a extraits, et ceux-là, il ne les a pas extraits, et ils exigent la combustion.
Le Pessa'h interdit de briser l'os. On a pu n'extraire que les os accessibles et laisser la moelle dans les autres. Cette moelle, une fois le temps passé, est du notar enfermé dans l'os : le tas exige la srefa (combustion).
Rachi, au segment précédent, en tire la vérification : pour le Pessa'h, on contrôle chaque os. Et le désaccord avec Rav Nahman porte sur les os déjà extraits : Rav Zevid refuse de brûler sur le seul doute que l'extraction ait eu lieu après l'interdit.
Rav Yehouda a dit au nom de Rav : tous les nerfs sont de la viande, sauf les nerfs du cou.
Nouveau fil. Un guid (nerf) ordinaire a le statut de bassar (viande) : on peut se faire compter dessus pour le groupe du Pessa'h, et en manger compte pour la mitsva.
Exception : les nerfs du cou, près de la partie large, trop durs. Rachi les traite comme du bois. Ils ne servent ni à l'inscription ni à l'acquittement.
Nous avons appris : les os, les nerfs et le notar seront brûlés le seize. Ces nerfs, dans quel cas ?
Si tu dis : des nerfs de viande, qu'on les mange. Et s'ils ont été laissés en trop, c'est le notar.
C'est donc évident : les nerfs du cou.
La michna (83a) brûle le seize trois choses : os, nerfs, notar. La Guemara cherche quels nerfs ont, dès l'origine, la combustion pour statut.
Des nerfs de viande se mangent. Des nerfs qu'on a simplement tardé à manger sont déjà le notar de la michna. Reste les nerfs du cou : durs, laissés, comptés avec les os.
Passe encore si tu dis qu'ils sont de la viande : c'est pour cela qu'ils exigent la combustion. Mais si tu dis qu'ils ne sont pas de la viande, pourquoi leur faudrait-il la combustion ?
Rav Hisda a dit : cela n'a été nécessaire que pour le gid hanashe, et selon Rabbi Yehouda.
Rav a exclu les nerfs du cou du statut de viande. S'ils sont quand même de la viande, le notar les atteint et la combustion se comprend. S'ils sont du bois, on les jette : la michna n'a pas à les brûler.
Rav Hisda déplace la michna. Les nerfs du cou restent hors viande. La mention vise le gid hanashe (nerf sciatique) selon Rabbi Yehouda : tendre, mangeable, et pourtant non mangé. Tosafot écarte une objection sur le goût : pour le feu, le statut de viande suffit, même si le goût n'est pas celui de la viande.
Comme on l'enseigne : Rabbi Yehouda dit : il ne s'applique qu'à un seul, et le raisonnement tranche pour celui de droite.
Baraïta. Pour Rabbi Yehouda, l'interdit du gid hanashe de la Tora ne vise qu'une cuisse. Le raisonnement (daat) désigne la droite.
Rachi lit déjà la suite : Rabbi Yehouda est fixé sur la droite. La michna brûle parce que les deux nerfs se sont mélangés après coup. Tout le monde distingue droite et gauche : la reconnaissance est là dès le début.
Alors, tranche au moins que Rabbi Yehouda est dans le doute. Car si c'était tranché et clair pour lui, celui qui est permis, qu'on le mange, et celui qui est interdit, qu'on le jette.
Pourquoi lui faudrait-il la combustion ?
La michna brûle ces nerfs. Si Rabbi Yehouda savait que l'interdit est à droite, la gauche se mangerait, et la droite, interdite par la Tora, se jetterait. La combustion n'aurait pas de place.
Rachi rappelle le problème de Houlin 90b. Daat peut être un indice de la Tora, la cuisse de droite, ou seulement une inclination. La michna, qui destine le nerf au feu dès le départ, servirait à prouver le doute : chaque nerf peut être le permis devenu notar, et aucun ne peut être mangé.
Rav Ika bar Hinena a dit : par exemple, lorsqu'ils ont été reconnus et qu'ensuite ils se sont mélangés.
La preuve tombe. Rabbi Yehouda peut être certain que l'interdit est à droite. Le cas de la michna est un mélange après reconnaissance : on ne sait plus lequel est lequel.
On ne mange aucun des deux, de crainte de l'interdit. On n'en jette aucun, de crainte de jeter le permis, sur lequel le notar a pris. Les deux vont au feu. Rachi, plus haut, précise que la reconnaissance va de soi : chacun distingue la droite de la gauche.
Rav Ashi a dit : cela n'a été nécessaire que pour la graisse du gid hanashe. Comme on l'enseigne : sa graisse est permise, et Israël sont saints et la traitent en interdit.
Autre lecture de la michna. La graisse du gid hanashe est permise par la Tora : le statut de viande, donc le notar, la concerne. L'usage d'Israël en interdit la consommation. On ne la mange pas, on ne la jette pas, on la brûle.
Elle a sa ligne à part : dès le départ elle va au feu, à cause de l'usage. Le notar de la michna désigne ce qu'on aurait pu manger. Tosafot signale Houlin 89a : si la michna appelle cette graisse "nerf", la preuve que le nerf lui-même donne du goût vacille. Il renvoie à son explication là-bas.
Ravina a dit : il s'agit du nerf extérieur, conformément à ce que Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel. Car Rav Yehouda a dit au nom de Chmouel : il y a deux nerfs.
L'intérieur, contigu à l'os, est interdit, et on est passible pour lui. L'extérieur, contigu à la viande, est interdit, et on n'est pas passible pour lui.
Troisième lecture. Chmouel distingue deux nerfs dans la cuisse. L'intérieur, le long de l'os, face à l'autre cuisse : interdit de la Tora, passible de malkot. L'extérieur, court, au bout du shofi, côté ouvert, dans la viande : interdit rabbinique, sans malkot.
La michna vise l'extérieur. La Tora le tient pour apte : le notar le saisit. L'interdit rabbinique empêche de le manger. On le brûle. Le verset "sur le creux de la cuisse" ne couvre que le nerf qui parcourt toute la cuisse.
Si le seize tombe, etc. Et pourquoi ?
Que vienne le commandement positif et qu'il repousse l'interdit.
Retour à la michna. Si le seize tombe un Chabbat, on brûle le dix-sept : la combustion ne repousse ni Chabbat ni Yom Tov. La question porte sur Yom Tov.
Règle générale : un asse (commandement positif) repousse un lo taasse (interdit). Ici, l'asse est "au feu vous le brûlerez". L'interdit est le travail de Yom Tov. Pourquoi ne brûle-t-on pas le jour de fête ?
Hizkiya a dit, et de même on enseigne dans la maison de Hizkiya. Le verset dit : "Vous n'en laisserez rien jusqu'au matin, et ce qui en restera jusqu'au matin, au feu vous le brûlerez." Le verset n'avait pas à dire "jusqu'au matin".
Que vient enseigner "jusqu'au matin" ? À lui donner un second matin pour sa combustion.
Le verset (Exode 12:10) dit deux fois ad boker, "jusqu'au matin". Le second est en trop. Hizkiya lui donne un office : la combustion attend un second matin, le 16, et non le matin de Yom Tov, le 15. Il n'y a donc pas d'asse à accomplir le jour de fête.
Tosafot : la nuit du 16 est déjà un jour de semaine, et le verset y retarde aussi le feu. La preuve que la combustion ne repousse pas Yom Tov se tire du premier matin, qui est fête. Le retard de la nuit a un parallèle : les shelamim cessent d'être mangés dans la nuit du troisième jour, et on ne les brûle que le jour (Pessahim 3a).
Abaye a dit : le verset dit : "L'holocauste de Chabbat, en son Chabbat", et non l'holocauste d'un jour de semaine à Chabbat, et non l'holocauste d'un jour de semaine à Yom Tov.
Abaye lit Nombres 28:10 : l'ola de Chabbat se brûle en son Chabbat. L'ola d'un jour de semaine ne monte ni à Chabbat ni à Yom Tov. Même la haktara sur l'autel ne repousse pas la fête. À plus forte raison la combustion d'un pesoul, simple mise au rebut.
Le Pessa'h est un korban de semaine : son sang a été projeté le 14. Rachi renvoie "il ne passera pas la nuit jusqu'au matin" au 14 qui tombe Chabbat (Pessahim 59b).
Tosafot oppose Yoma 46a et Chabbat 20a, où des membres de semaine restés se disposent même à Chabbat. Réponse de Rabbeinou Tam et du Riva : seulement une fois que le feu a pris. Ils sont alors le pain de l'autel, comme le korban du jour, d'après be-moado. Avant que le feu prenne, l'exclusion d'Abaye tient.
Rava a dit : le verset dit : "Cela seul sera fait pour vous." "Cela", et non ses actes préparatoires. "Seul",
Troisième réponse, coupée ici. Exode 12:16 permet à Yom Tov ce qui se mange : hou levado ye'asse lakhem, "cela seul sera fait pour vous".
Hou limite à l'aliment lui-même. Les makhshirim, actes qui rendent la chose possible et qui pouvaient être faits la veille, restent interdits. Levado ("seul") ouvre une exclusion que le daf suivant poursuit.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).