Pesachim 85a - La moelle à la brisure, et l'impureté du yotze

Pesachim 85a

Sougya : L'amoud ouvre sur la réponse de Rech Lakich : la baraita vise l'os qui a un kezayit de viande à l'extérieur, et l'os dont le kezayit est la moelle, à l'intérieur, à l'endroit même de la brisure. Une baraita interdit de briser l'os à moelle comme l'os sans moelle.

La répétition de l'interdit au second Pessa'h écarte la piste où un aseh repousserait le lav. La michna du membre en partie sorti sert d'objection, puis le daf passe au décret qui rend les mains impures par le piggul et le notar.

La question du yotze reste en suspens pour les kodachim. Pour le Pessa'h, les Sages n'ont pas décrété : les gens du groupe sont zerizin.

Où se trouve le kezayit ? Rech Lakich : à l'endroit de la brisure. La moelle compte. Viande à l'extérieur Kezayit sur l'os à l'endroit brisé Interdit de briser Moelle à l'intérieur Pas de kezayit dehors Kezayit de moelle à la brisure Interdit de briser Manger la moelle est une akhila. Le kezayit placé ailleurs sur le membre ne suffit pas, selon cette lecture.
Rech Lakich : le kezayit est à la brisure, viande dehors ou moelle dedans.
L'os à moelle reste interdit Chemot 12:46, puis la répétition au second Pessa'h, Bamidbar 9:12 Piste écartée Manger la viande viserait la moelle. On briserait l'os à moelle : l'asseh repousserait le lav. L'interdit ne resterait que pour l'os sans moelle. | Verset du second Pessa'h Ils n'en briseront pas d'os. Le verset est en trop : selon tout le statut du Pessa'h couvre déjà la brisure. La répétition inclut l'os à moelle et l'os sans moelle. On ne brise ni l'un ni l'autre.
Le second Pessah répète l'interdit. L'os à moelle et l'os sans moelle sont couverts.
Mains impures : piggul, notar, yotze Décret rabbinique. Deux partages, puis la question du yotze. La raison Suspects : piggul, par inimitié On fatigue par l'immersion des mains Paresseux : notar On pousse à manger à temps La mesure Kezayit : comme l'interdit Kebeitza : comme la touma des aliments, de la Torah Le yotze a-t-il le même décret ? Le membre coupé : contact caché, ou morceau sous la mesure La baraita d'un groupe à l'autre : pur, et le lav se lit autrement Yotze du Pessa'h Pas de décret Les gens du groupe sont zerizin Yotze des kodachim La question reste ouverte Teiku
Piggul et notar rendent les mains impures. Le yotze du Pessah est exempt du décret. Les kodachim restent en teiku.
1
לֹא, הָכִי קָאָמַר: אֶחָד עֶצֶם שֶׁיֵּשׁ עָלָיו כְּזַיִת בָּשָׂר מִבַּחוּץ, וְאֶחָד עֶצֶם שֶׁאֵין עָלָיו כַּזַּיִת בָּשָׂר מִבַּחוּץ, וְיֵשׁ עָלָיו כַּזַּיִת בָּשָׂר מִבִּפְנִים בִּמְקוֹם שְׁבִירָה.

Non, voici ce qu'il dit : aussi bien un os qui a sur lui un kezayit (volume d'une olive) de viande à l'extérieur, qu'un os qui n'a pas sur lui un kezayit de viande à l'extérieur, et qui a sur lui un kezayit de viande à l'intérieur, à l'endroit de la brisure.

📜 Rachi (1)
לָא הָכִי קָאָמַר כּוּ' לְעוֹלָם אֲכִילָה בִּמְקוֹם שְׁבִירָה בָּעֵינַן וְאֶחָד עֶצֶם שֶׁאֵין עָלָיו כַּזַּיִת בָּשָׂר דְּקָאָמַר הָכִי קָאָמַר אֵין עָלָיו בָּשָׂר מִבַּחוּץ וְיֵשׁ בְּתוֹכוֹ מוֹחַ מִבִּפְנִים וּבִמְקוֹם שְׁבִירָה וְאַשְׁמְעִינַן דַּאֲכִילַת מוֹחַ אֲכִילָה הִיא:
En permanence, nous exigeons une consommation à l'endroit de la brisure. Et "un os qui n'a pas sur lui un kezayit de viande", dont il parle, voici ce qu'il dit : il n'y a pas sur lui de viande à l'extérieur, et il y a en lui de la moelle à l'intérieur, à l'endroit de la brisure. Et cela nous apprend que manger de la moelle est une consommation.
🗂️ Tossefot (1)
אֶחָד עֶצֶם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוֹחַ וְאֶחָד עֶצֶם שֶׁאֵין בּוֹ מֹוחַ הָכָא מַזְכִּיר שֶׁאֵינוֹ פָּשׁוּט קֹודֶם וְכֵן בְּפֶ' הַחוֹלֵץ (יְבָמוֹת מא.) כָּל הַנָּשִׁים לֹא יִנָּשְׂאוּ עַד ג' חֳדָשִׁים אֶחָד בְּתוּלוֹת וְאֶחָד אַלְמָנוֹת כו' תְּנָא נַמֵּי בְּרֵישָׁא בְּתוּלוֹת שֶׁאֵינוֹ פָּשׁוּט וְהֵיכָא דְּאִיכָּא פְּלֻוגְתָּא אוֹ קָאֵי אַקְּרָא דֶּרֶךְ לְהַזְכִּיר פָּשׁוּט קֹודֶם כְּהַהִיא דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה (דַּף כט:) דִּתְנַן אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר לֹא הִתְקִין רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי שֶׁיְּהוּ תּוֹקְעִין אֶלָּא בְּיַבְנֶה אָמְרוּ לוֹ א' יִבְנֶה כו' כְּלוֹמַר כְּמוֹ שֶׁפָּשׁוּט לְךָ שֶׁתּוֹקְעִים בְּיַבְנֶה כָּךְ כָּל מָקוֹם שֶׁיֵּשׁ ב"ד וְכֵן בְּבָבָא קַמָּא (דַּף נ:) אֶחָד בּוֹר אֶחָד שִׁיחַ וּמְעָרָה דְּקָאֵי אַקְּרָא דִּכְתִיב בּוֹר וְכֵן בְּסוֹטָה (דַּף מג.) אֶחָד הַבּוֹנֶה וְאֶחָד הַלּוֹקֵחַ כו' וְכֵן בפ"ק דְּסֻוכָּה (דַּף כ.) גַּבֵּי א' גְּדוֹלָה וְא' קְטַנָּה כו':
Ici, il mentionne d'abord le cas qui n'est pas simple. De même dans le chapitre HaCholetz (Yevamot 41a) : toutes les femmes ne se marieront pas avant trois mois, aussi bien les vierges que les veuves. Le tanna mentionne aussi en tête les vierges, cas qui n'est pas simple. Et là où il y a une discussion, ou là où l'enseignement s'appuie sur un verset, la manière est de mentionner d'abord le cas simple. Comme ce passage de Roch Hachana (29b), où nous avons appris : Rabbi Elazar a dit : Rabban Yo'hanan ben Zakkai n'a institué de sonner qu'à Yavne. Ils lui ont dit : une Yavne, et la suite. C'est-à-dire : de même qu'il est simple pour toi que l'on sonne à Yavne, ainsi tout lieu où il y a un beit din (tribunal). Et de même dans Bava Kama (50b) : aussi bien un puits, aussi bien une fosse et une caverne, car cela s'appuie sur le verset, où il est écrit "puits". Et de même dans Sota (43a) : aussi bien celui qui bâtit que celui qui achète, et la suite. Et de même dans le premier chapitre de Souka (20a), au sujet d'une grande et d'une petite, et la suite.
💡 Explication

Rech Lakich répond à l'objection venue de la fin du daf précédent. La baraita parle de deux os, et dans les deux le kezayit est à l'endroit de la brisure. L'un a ce kezayit en viande, à l'extérieur. L'autre n'a pas de viande dehors : le kezayit est la moelle, à l'intérieur, là où l'on brise.

Rachi : manger la moelle est une akhila (consommation). Tossefot note l'ordre de la baraita qui suit : on nomme d'abord le cas qui n'est pas simple, l'os à moelle. Quand l'enseignement est un débat ou qu'il s'appuie sur un verset, on nomme d'abord le cas simple.

2
וְהָתַנְיָא: ״וְעֶצֶם לֹא תִשְׁבְּרוּ בוֹ״ — אֶחָד עֶצֶם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוֹחַ, וְאֶחָד עֶצֶם שֶׁאֵין בּוֹ מֹוחַ. וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְאָכְלוּ אֶת הַבָּשָׂר בַּלַּיְלָה הַזֶּה״ — בְּבָשָׂר שֶׁעַל גַּבֵּי הָעֶצֶם.

Et on a enseigné dans une baraita : "et un os, vous n'en briserez pas en lui" : aussi bien un os qui a de la moelle, qu'un os qui n'a pas de moelle. Et comment j'établis "et ils mangeront la viande en cette nuit" ?

Dans la viande qui est sur l'os.

📜 Rachi (2)
וְהַתַּנְיָא בְּנִיחוּתָא דְּאָסַר לְשַׁבֵּר עֶצֶם שֶׁבְּתוֹכוֹ מוֹחַ וְלָא אָמְרִינַן לַיְתוֹ עֲשֵׂה דּוֹאֲכַלּוּ אֶת הַבָּשָׂר וְיִדְחֶה אֶת לֹא תַעֲשֶׂה דִּשְׁבִירָה:
Et on a enseigné : c'est dit comme un accord. Il est interdit de briser un os qui a de la moelle en lui. Et nous ne disons pas : que vienne le commandement positif de "et ils mangeront la viande", et qu'il repousse l'interdit de la brisure.
וּמָה אֲנִי מְקַייֵּם וְאָכְלוּ אֶת הַבָּשָׂר בְּבָשָׂר שֶׁעַל הָעֶצֶם אֲבָל מוֹחַ לֹא דְּלֵיכָּא לְאוֹקְמָה בְּמוֹחַ נָמֵי וְעַל יְדֵי גַּחֶלֶת דְּלָא מַצְרִיךְ לֵיהּ קְרָא מִילְּתָא דְּאָתֵי בַּהּ לִידֵי תַּקָּלָה דִּילְמָא פָּקַע:
Et comment j'établis "et ils mangeront la viande", dans la viande qui est sur l'os : mais la moelle, non. Car on ne peut pas l'établir aussi dans la moelle, et par le moyen d'une braise. Car le verset n'exige pas une chose par laquelle on en vient à un accident : peut-être que l'os éclatera.
💡 Explication

La baraita est dite comme un accord (benichuta) : briser un os qui contient de la moelle est interdit. On n'invoque pas l'asseh (commandement positif) de manger pour repousser le lav (interdit) de la brisure.

Le verset "ils mangeront la viande" (Chemot 12:8) s'accomplit avec la viande posée sur l'os. Rachi écarte la braise (gomeret) : le verset n'impose pas un procédé qui risque un accident, l'os peut éclater (pak'a).

3
אוֹ אֵינוֹ אֶלָּא בְּבָשָׂר שֶׁבְּתוֹךְ הָעֶצֶם, וּמָה אֲנִי מְקַיֵּים ״וְעֶצֶם לֹא תִשְׁבְּרוּ בוֹ״ — בְּעֶצֶם שֶׁאֵין בּוֹ מוֹחַ, אֲבָל בְּעֶצֶם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוֹחַ — שׁוֹבֵר וְאוֹכֵל. וְאַל תִּתְמַהּ, שֶׁהֲרֵי יָבֹא עֲשֵׂה וְיִדְחֶה לֹא תַעֲשֶׂה.

Ou bien : seulement dans la viande qui est à l'intérieur de l'os. Et comment j'établis "et un os, vous n'en briserez pas en lui" ?

Dans un os qui n'a pas de moelle. Mais un os qui a de la moelle, on le brise et on mange.

Et ne t'étonne pas : car un commandement positif viendra et repoussera un interdit.

💡 Explication

Lecture que le segment suivant écarte. "Ils mangeront la viande" viserait la moelle, la viande intérieure. L'interdit de shevirat ha-etzem (briser l'os) ne resterait que pour l'os sans moelle. L'os à moelle, on le briserait pour la manger : l'asseh repousse le lav.

4
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וְעֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בוֹ״ בְּפֶסַח שֵׁנִי, שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר, שֶׁהֲרֵי כְּבָר נֶאֱמַר ״כְּכָל חֻקַּת הַפֶּסַח יַעֲשׂוּ אֹתוֹ״ — הֱוֵי אוֹמֵר אֶחָד עֶצֶם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוֹחַ וְאֶחָד עֶצֶם שֶׁאֵין בּוֹ מֹוחַ.

Quand il dit "et un os, ils n'en briseront pas en lui" au sujet du second Pessa'h, ce qui n'avait pas à être enseigné, puisqu'il est déjà dit "selon tout le statut du Pessa'h, ils le feront", tu dois dire : aussi bien un os qui a de la moelle qu'un os qui n'a pas de moelle.

📜 Rachi (1)
שֶׁאֵין תַּלְמוּד לוֹמַר שֶׁלֹּא הֻוצְרַךְ לְלַמֵּד אִיסּוּר שְׁבִירָה:
Ce qui n'avait pas à être enseigné : il n'était pas besoin d'enseigner l'interdit de la brisure.
🗂️ Tossefot (1)
כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר וְעֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בוֹ בְּפֶסַח שֵׁנִי כו' בְּפֶ' דַּם חַטָּאת בִּזְבָחִים (דַּף צז:) יָלֵיף מֵהָכָא דְּאֵין עֲשֵׂה דּוֹחֶה ל"ת בְּקָדָשִׁים מִדְּכָתַב רַחֲמָנָא גַּבֵּי פֶּסַח וְעֶצֶם לֹא תִשְׁבְּרוּ בוֹ וְקָשֶׁה הֵיכִי יָלֵיף מִינָּהּ וְאַמַּאי נָמֵי צָרִיךְ קְרָא הָכָא הָא בְּעִידָּנָא דְּמִיעְקָר לָאו לָא מְקַייֵּם עֲשֵׂה וְעוֹד קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דְּהָכָא אֶפְשָׁר לְקַייֵּם שְׁנֵיהֶם עַל יְדֵי גּוּמַרְתָּא דְּהַשּׂוֹרֵף בַּעֲצָמוֹת אֵין בּוֹ מִשּׁוּם שְׁבִירַת עֶצֶם וְקַיְימָא לָן דְּהֵיכָא דְּיָכוֹל לְקַייֵּם שְׁנֵיהֶם לָא אָתֵי עֲשֵׂה וְדָחֵי ל"ת וְתֵירֵץ רַבֵּינוּ חַיִּים לְרַשְׁבָּ"א דִּלְרָבָא שֶׁפֵּירֵשׁ לְעֵיל בְּגוּמַרְתָּא דְּאָסוּר מִשּׁוּם הֶפְסֵד קָדְשִׁי' אָתֵי שַׁפִּיר:
Dans le chapitre Dam Hatat, dans Zevahim (97b), il apprend d'ici qu'un commandement positif ne repousse pas un interdit dans les kodachim, de ce que le Miséricordieux a écrit au sujet du Pessa'h : "et un os, vous n'en briserez pas en lui". Et c'est difficile : comment en tire-t-il un enseignement, et pourquoi aussi a-t-on besoin d'un verset ici, puisqu'à l'heure où l'interdit est déraciné on n'accomplit pas le commandement positif. Et c'est encore difficile pour le Rachba : ici il est possible d'accomplir les deux par une braise (gumarta), car celui qui brûle les os n'est pas soumis à l'interdit de briser un os. Et nous tenons que là où l'on peut accomplir les deux, un commandement positif ne vient pas repousser un interdit. Rabbeinou Haim a répondu au Rachba : selon Rava, qui a expliqué plus haut au sujet de la braise qu'elle est interdite à cause de la perte des kodachim (hefsed kodashim), cela s'arrange.
💡 Explication

Le second Pessa'h répète l'interdit, Bamidbar 9:12. La répétition est en trop : "selon tout le statut du Pessa'h" inclut déjà la brisure. Elle couvre donc l'os à moelle et l'os sans moelle.

Tossefot. Zevahim 97b dérive de ce verset qu'un asseh ne repousse pas un lav dans les kodachim. Difficulté : au moment où l'on déracine le lav, l'asseh n'est pas encore accompli, on mange après avoir brisé. Autre difficulté, le Rachba : la braise permettrait d'accomplir les deux, brûler l'os sans le briser. Rabbeinou Haim répond par Rava, plus haut : la braise est interdite à cause du hefsed kodashim (perte des offrandes).

5
מֵיתִיבִי: אֵבֶר שֶׁיָּצָא מִקְצָתוֹ, חוֹתֵךְ עַד מָקוֹם שֶׁמַּגִּיעַ לָעֶצֶם וְקוֹלֵף עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַפֶּרֶק, וְחוֹתֵךְ.

On objecte : un membre dont une partie est sortie, on coupe jusqu'à l'endroit où l'on atteint l'os, on épluche jusqu'à ce qu'on atteigne l'articulation, et on coupe.

📜 Rachi (5)
אֵבֶר שֶׁיָּצָא מִקְצָתוֹ וְצָרִיךְ לַחְתֹּוךְ אֶת הַיֹּוצֵא:
Un membre dont une partie est sortie : et il faut couper la partie sortie.
חוֹתֵךְ אֶת הַבָּשָׂר סָבִיב אינקרני"ר (אינקריני"ר: לַחֲרֹוץ (חָרִיץ)) :
On coupe : la viande tout autour, par une incision.
עַד שֶׁמַּגִּיעַ לָעֶצֶם וְקוֹלֵף הַבָּשָׂר שֶׁלֹּא יָצָא:
Jusqu'à ce qu'on atteigne l'os, et on épluche : la viande qui n'est pas sortie.
עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַפֶּרֶק שֶׁמִּתְחַבְּרִין שָׁם שְׁנֵי עֲצָמוֹת:
Jusqu'à ce qu'on atteigne l'articulation : là où deux os se rejoignent.
וְחוֹתֵךְ אֶת הַפֶּרֶק וּמַשְׁלִיךְ אֶת הָעֶצֶם שֶׁיֵּצֵא מִקְצָתוֹ וְיֹאכַל בָּשָׂר הַנִּקְלָף:
Et on coupe : l'articulation. On jette l'os dont une partie est sortie, et l'on mange la viande épluchée.
💡 Explication

Objection tirée de la michna du membre dont une partie est sortie hors de sa limite. On incise la viande jusqu'à l'os, on épluche la viande restée dedans jusqu'au perek (articulation), on coupe l'articulation. On mange la viande épluchée. On jette l'os et la partie sortie.

6
וְאִי אָמְרַתְּ אֵבֶר שֶׁאֵין עָלָיו כַּזַּיִת בָּשָׂר בְּמָקוֹם זֶה וְיֵשׁ בְּמָקוֹם אַחֵר אֵין בּוֹ מִשּׁוּם שְׁבִירַת הָעֶצֶם, לָמָּה לִי דְּקוֹלֵף עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַפֶּרֶק וְחוֹתֵךְ? נִקְלוֹף בֵּיהּ פֻּורְתָּא וְנִתְבְּרֵיהּ!

Et si tu dis : un membre qui n'a pas sur lui un kezayit de viande à cet endroit, et qui en a à un autre endroit, n'est pas soumis à l'interdit de briser l'os, pourquoi dois-je éplucher jusqu'à l'articulation et couper ? Épluchons-en un peu, et brisons-le !

📜 Rachi (1)
נִקְלַף בָּהּ פֻּורְתָּא בִּמְקוֹם שְׁבִירָה סָבִיב:
Qu'on épluche un peu sur lui : à l'endroit de la brisure, tout autour.
💡 Explication

Si l'interdit tombe dès que le kezayit manque à l'endroit brisé, même quand il se trouve ailleurs sur le membre, un petit épluchage suffirait : on briserait là où il ne reste plus de viande. La michna exige d'aller jusqu'à l'articulation.

7
אַבַּיֵּי אָמַר: מִשּׁוּם פָּקַע. רָבִינָא אָמַר: בְּקוּלִית.

Abaye a dit : à cause de l'éclatement (pak'a). Ravina a dit : dans une kulit.

📜 Rachi (2)
מִשּׁוּם פָּקַע שֶׁמָּא יִפְקַע וְיִשָּׁבֵר תַּחַת הַבָּשָׂר כְּשֶׁיַּכֶּה עַל מָקוֹם הַקִּלּוּף:
À cause de l'éclatement : de peur qu'il n'éclate et ne se brise sous la viande, quand on frappe l'endroit épluché.
בְּקוּלִית רדונדי"ל שֶׁל הַיָּד דְּיֵשׁ בּוֹ מוֹחַ מִתּוֹכוֹ לָא מְהַנְּיָא לֵיהּ קְלִיפָה:
Dans une kulit : l'os rond du membre antérieur, qui a de la moelle à l'intérieur. L'épluchage ne lui sert de rien.
💡 Explication

Deux réponses. Abaye : en frappant l'endroit épluché, l'os peut éclater (pak'a) plus loin, sous la viande, là où le kezayit est encore présent.

Ravina : la michna parle d'une kulit, os rond et creux, plein de moelle. Éplucher la viande extérieure laisse la moelle à l'endroit de la brisure. Briser reste interdit.

🖼️ Schéma
Membre dont une partie est sortie 1. Partie sortie Interdite 2. Couper la viande jusqu'à l'os 3. Éplucher jusqu'à l'articulation 4. Couper le perek manger la viande épluchée Abaye : pak'a Un petit épluchage, puis un coup : l'os peut éclater sous la viande Ravina : kulit Os creux, moelle à l'intérieur Éplucher ne retire pas le kezayit
On va jusqu'à l'articulation. Abaye craint l'éclatement. Ravina parle d'une kulit pleine de moelle.
8
תְּנַן הָתָם: הַפִּיגּוּל וְהַנּוֹתָר (וְהַטָּמֵא) מְטַמְּאִין אֶת הַיָּדַיִם. רַב הוּנָא וְרַב חִסְדָּא. חַד אָמַר: מִפְּנֵי חָשְׁדִי כְּהֻונָּה. וְחַד אָמַר: מִפְּנֵי עַצְלֵי כְּהֻונָּה.

Nous avons appris là-bas : le piggul (sacrifice invalidé par une intention impropre) et le notar (reste après le temps de consommation) (et le tamei) rendent les mains impures. Rav Houna et Rav Hisda.

L'un a dit : à cause des kohanim suspects. Et l'un a dit : à cause des kohanim paresseux.

📜 Rachi (3)
מְטַמְּאִין אֶת הַיָּדַיִם מִדְּרַבָּנָן:
Ils rendent les mains impures : par décret rabbinique.
חַד אָמַר מִשּׁוּם חֲשֵׁדֵי כְהֻונָּה שֶׁחֲשׁוּדִין לְפַגֵּל קָרְבָּן מִשּׁוּם אֵיבָה גָּזְרוּ עַל הַפִּיגּוּל שֶׁיְּטַמֵּא אֶת הַיָּדַיִם כְּדֵי שֶׁיְּהֵא זֶה צָרִיךְ לְהַטְבִּיל יָדָיו קֹודֶם שֶׁיִּגַּע בַּקֹּודֶשׁ וְיַטְרִיחוּהוּ:
L'un a dit, à cause des kohanim suspects : ils sont suspects de rendre un korban piggul par inimitié. Ils ont décrété sur le piggul qu'il rende les mains impures, afin que celui-ci doive immerger ses mains avant de toucher un kodach, et qu'on le fatigue.
וְחַד אָמַר מִשּׁוּם עֲצֵלֵי כְהֻונָּה הַמִּתְעַצְּלִים בַּאֲכִילַת קָדָשִׁים גָּזְרוּ טֻומְאָה עַל הַנּוֹתָר כְּדֵי לְהַטְרִיחוֹ עֲלֵיהֶם:
Et l'un a dit, à cause des kohanim paresseux : ceux qui se montrent paresseux dans la consommation des kodachim. Ils ont décrété l'impureté sur le notar, afin de lui imposer une peine à leur sujet.
💡 Explication

Michna de la fin du traité. Le piggul et le notar rendent les mains impures, miderabbanan (par décret des Sages), Rachi le dit. Le texte porte aussi, entre parenthèses, le tamei.

Rav Houna et Rav Hisda. L'un rattache le décret aux chashdei kehuna, kohanim suspects, qui rendraient un korban piggul par inimitié : on les fatigue par une immersion des mains avant de toucher le kodach. L'autre le rattache aux atzlei kehuna, kohanim paresseux, qui laissent passer l'heure de manger.

9
מַר מַתְנֵי אַפִּיגּוּל, וּמַר מַתְנֵי אַנּוֹתָר. מַאן דְּמַתְנֵי אַפִּיגּוּל — מִשּׁוּם חָשְׁדִי כְּהֻונָּה. וּמַאן דְּמַתְנֵי אַנּוֹתָר — מִשּׁוּם עַצְלֵי כְּהֻונָּה.

L'un enseigne au sujet du piggul, et l'un enseigne au sujet du notar. Celui qui enseigne au sujet du piggul : à cause des kohanim suspects.

Et celui qui enseigne au sujet du notar : à cause des kohanim paresseux.

📜 Rachi (2)
מַר מַתְנֵי טַעְמָא דִּידִי' חָשְׁדִי אַפִּיגּוּל וּמַר מַתְנֵי טַעְמָא דִּידֵיהּ עַצְלֵי אַנּוֹתָר:
L'un enseigne : sa raison, les suspects, au sujet du piggul. Et l'un enseigne sa raison, les paresseux, au sujet du notar.
מַר מַתְנֵי בֵּין פִּיגּוּל בֵּין נוֹתָר בִּכְזַיִת גְּזוּר רַבָּנָן דְּלִיטַמְּאוּ:
L'un enseigne : aussi bien le piggul que le notar, les Sages ont décrété qu'ils rendent impur à partir d'un kezayit.
🗂️ Tossefot (1)
מִשּׁוּם חָשְׁדִי כְּהֻונָּה וא"ת כְּמוֹ כֵן לֹא יָחוּשׁוּ לַעֲשׂוֹת בְּטוֹמֵא' י"ל דְּאַף לָרְשָׁעִים חֲמִירָא לְהוּ טֻומְאָה כִּדְאָמְרִינַן בְּיוֹמָא (דַּף כג.) לְלַמֶּדְךָ שֶׁחֲמוּרָה עֲלֵיהֶן טָהֳרַת כֵּלִים יוֹתֵר מִשְּׁפִיכוּת דָּמִים:
À cause des kohanim suspects. Et si tu dis : de même, ils agiraient sans crainte en état d'impureté. On peut dire : même pour les coupables, l'impureté est grave à leurs yeux, comme nous disons dans Yoma (23a), pour t'apprendre que la pureté des ustensiles est plus grave à leurs yeux que le sang versé.
💡 Explication

Chaque raison se pose sur son cas. Le piggul naît d'une intention : c'est le terrain des kohanim suspects. Le notar naît du retard : c'est le terrain des kohanim paresseux.

Tossefot : s'ils sont suspects d'inimitié, on craindrait aussi qu'ils servent en état de touma. Même les coupables tiennent la touma pour grave. Yoma 23a : la pureté des ustensiles leur pèse plus que le sang versé.

10
מַר מַתְנֵי כַּזַּיִת, וּמַר מַתְנֵי כַּבֵּיצָה. מַאן דְּמַתְנֵי כַּזַּיִת — כְּאִיסּוּרוֹ. וּמַאן דְּמַתְנֵי כַּבֵּיצָה — כְּטֻומְאָתוֹ.

L'un enseigne un kezayit, et l'un enseigne un kebeitza (volume d'un œuf). Celui qui enseigne un kezayit : comme son interdit.

Et celui qui enseigne un kebeitza : comme son impureté.

📜 Rachi (2)
כְּאִיסּוּרוֹ כְּשִׁיעוּר אִיסּוּר אֲכִילָתוֹ שֶׁהוּא חַיָּיב עָלָיו בִּכְזַיִת:
Comme son interdit : comme la mesure de l'interdit de le manger, mesure pour laquelle on est coupable à partir d'un kezayit.
כְּטֻומְאָתוֹ כְּשִׁיעוּר טֻומְאַת אֳוכָלִים דְּאוֹרָייְתָא בְּכַבֵּיצָה:
Comme son impureté : comme la mesure de l'impureté des aliments selon la Torah, à partir d'un kebeitza.
💡 Explication

Second partage, sur la mesure. Kezayit : comme l'interdit, on est coupable pour avoir mangé du piggul ou du notar à partir d'un kezayit. Kebeitza : comme la touma des aliments. De la Torah, un aliment rend impur à partir d'un volume d'œuf.

11
אִיבַּעְיָא לְהוּ: יוֹצֵא גְּזַרוּ רַבָּנַן טֻומְאָה אוֹ לָא? מִי אָמְרִינַן: נוֹתָר דִּגְזַרוּ טֻומְאָה דְּאָתֵי לְאִיעֲצוֹלֵי בֵּיהּ, אֲבָל יוֹצֵא, אַפּוֹקֵי בְּיָדַיִם לָא מַפְּקִי לֵיהּ בְּיָדַיִם, לֹא גְּזַרוּ בֵּיהּ רַבָּנַן טֻומְאָה, אוֹ דִּילְמָא לָא שְׁנָא.

On a posé la question : le yotze (ce qui est sorti de sa limite), les Sages ont-ils décrété l'impureté, ou non ? Disons-nous : le notar, ils ont décrété l'impureté, parce qu'on en vient à être paresseux à son sujet.

Mais le yotze, le sortir avec les mains, on ne le sort pas avec les mains : les Sages n'ont pas décrété l'impureté à son sujet. Ou bien peut-être qu'il n'y a pas de différence.

💡 Explication

Question : le yotze, viande de kodach sortie de sa limite, a-t-il reçu le même décret de touma ? Piste d'exemption : le notar appelle un décret, car la paresse suffit à le produire. Le yotze demande un geste, on ne le sort pas de ses mains. Piste inverse : le décret couvre toute viande de kodach invalidée, sans distinction.

12
תָּא שְׁמַע: אֵבֶר שֶׁיָּצָא מִקְצָתוֹ חוֹתֵךְ עַד שֶׁמַּגִּיעַ לָעֶצֶם, וְקוֹלֵף עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַפֶּרֶק, וְחוֹתֵךְ. וְאִי אָמְרַתְּ גְּזַרוּ בֵּיהּ רַבָּנַן טֻומְאָה, כִּי חָתֵיךְ לֵיהּ מַאי הָוֵי? הָא קָמִטְּמָא לֵיהּ!

Viens et entends : un membre dont une partie est sortie, on coupe jusqu'à ce qu'on atteigne l'os, on épluche jusqu'à ce qu'on atteigne l'articulation, et on coupe. Et si tu dis qu'ils ont décrété l'impureté à son sujet, quand on le coupe, qu'est-ce que cela fait ?

Il le rend impur !

📜 Rachi (1)
הָא קָא מִיטַּמֵּי פְּנִימִי מֵחֲמַת מַגָּעוֹ שֶׁל יוֹצֵא הַמְחֻובָּר לוֹ:
Voici qu'elle devient impure : la partie intérieure, à cause du contact de la partie sortie qui lui est jointe.
💡 Explication

Preuve proposée par la même michna. Si la partie sortie rendait impur par le décret, la coupure ne sauverait pas le reste : le contact rendrait impure la viande restée à l'intérieur, Rachi le dit.

13
טֻומְאַת סְתָרִים הִיא, וְטֻומְאַת סְתָרִים לָא מְטַמְּיָא.

C'est une impureté de lieu caché, et une impureté de lieu caché ne rend pas impur.

📜 Rachi (1)
וּמְשַׁנֵּי טֻומְאַת בֵּית הַסְּתָרִים הִיא כָּל מַגַּע חִיבּוּר בֵּית הַסְּתָרִים שֶׁאֵין מְקוֹם מַגָּעוֹ נִרְאֶה וְטֻומְאָה בֵּית הַסְּתָרִים נָפְקָא לָן בְּמַסֶּכֶת נִדָּה דְּלָא מִיטַּמְּיָא מִוְּיִדָּיו לֹא שָׁטַף בַּמַּיִם בְּפֶ' יוֹצֵא דֹּופֶן (נִדָּה דַּף מג.) דְּבָעֵינַן נְגִיעָה בְּיָדַיִם שֶׁהֵן בְּגָלוּי:
Et il répond : c'est une impureté de lieu caché. Tout contact d'une jonction est un lieu caché, car l'endroit du contact n'est pas visible. Et l'impureté d'un lieu caché, nous la tirons dans le traité Nidda : elle ne transmet pas, du verset "et ses mains, il ne les a pas rincées dans l'eau", dans le chapitre Yotze Dofen (Nidda 43a), car nous exigeons un contact par les mains, qui sont à découvert.
🗂️ Tossefot (1)
טֻומְאַת בֵּית הַסְּתָרִים הִיא וא"ת הַתֵּינַח לְר' יוֹסֵי אֶלָּא לְר' מֵאִיר דִּפְלִיג עָלֶיהָ וּמַיְיתִי לָהּ בְּפָ' בְּהֵמָה הַמְקַשָּׁה (חֻולִּין עב:) דְּאִית לֵיהּ דִּמְטַמֵּא מַאי אִיכָּא לְמֵימַר וי"ל דְּקַייְמָא לָן כְּר' יוֹסֵי לְגַבֵּי ר' מֵאִיר:
C'est une impureté de lieu caché. Et si tu dis : cela se tient selon Rabbi Yossi, mais selon Rabbi Meir, qui est en débat avec lui, et on le cite dans le chapitre Behema HaMaksheh (Houlin 72b), qui tient que cela rend impur, que peut-on dire ? On peut dire que nous tenons comme Rabbi Yossi face à Rabbi Meir.
💡 Explication

Le contact se fait sous la chair. C'est une touma de beit ha-setarim (impureté d'un lieu caché). Elle ne se transmet pas. Rachi : on l'apprend de "ses mains, il ne les a pas rincées dans l'eau", Nidda 43a. Il faut un contact par les mains, à découvert.

Tossefot : Rabbi Meir, Houlin 72b, tient que cette touma se transmet. La halakha suit Rabbi Yossi.

🖼️ Schéma
Contact sous la chair : lieu caché Partie sortie yotze Partie restée dedans dans la limite contact caché sous la chair Touma de beit ha-setarim : elle ne se transmet pas. Selon Ravina, la jonction d'aliments ne compte pas : on répond par la mesure.
La partie sortie touche la partie intérieure sous la chair. Lieu caché : la touma ne passe pas.
14
וּלְרָבִינָא דְּאָמַר: חִיבּוּרֵי אֳוכָלִין — לָאו חִיבּוּר הוּא, וּכְמַאן דְּמִפַּרְתִּי דָּמֵי, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? הָא קָנָגַע בַּהֲדָדֵי וְקָא מְטַמֵּא! אֶלָּא: לְמָאֵן דְּמַתְנֵי כַּזַּיִת — דְּלֵית בֵּיהּ כַּזַּיִת. וּמַאן דְּמַתְנֵי כַּבֵּיצָה — דְּלֵית בֵּיהּ כַּבֵּיצָה.

Et selon Ravina, qui a dit : les jonctions d'aliments ne sont pas une jonction, et c'est comme des choses séparées, que peut-on dire ? Ils se touchent l'un l'autre, et cela rend impur !

Plutôt : selon celui qui enseigne un kezayit, c'est qu'il n'y a pas en lui un kezayit. Et selon celui qui enseigne un kebeitza, c'est qu'il n'y a pas en lui un kebeitza.

📜 Rachi (2)
וּלְרָבִינָא דְּאָמַר בְּפֶרֶק בְּהֵמָה הַמְקַשָּׁה (חֻולִּין דַּף עג.) לְגַבֵּי מַגַּע חִיבּוּר דָּאֳוכָלִים כְּמַאן דְּמִפַּרְתִּי דָּמוֹ וְלָא הָוֵי חִיבּוּר וְלֹא מַגַּע בֵּית הַסְּתָרִים מִיקְּרֵי:
Et selon Ravina qui a dit : dans le chapitre Behema HaMaksheh (Houlin 73a), au sujet d'un contact de jonction d'aliments, ils sont comme séparés. Il n'y a pas de jonction, et on ne parle pas d'un contact de lieu caché.
דְּלֵית בֵּיהּ כַּזַּיִת בְּאוֹתוֹ קְצָת:
Il n'y a pas en lui un kezayit : dans cette petite partie.
🗂️ Tossefot (1)
וּלְרָבִינָא דְּאָמַר חִיבּוּרֵי אֳוכָלִין כְּמַאן דְּמִפַּרְתִי כּוּ' וְא"ת בְּלֹא רָבִינָא כֵּיוָן דס"ד דְּאִיכָּא שִׁיעוּר לְטַמּוֹיֵי בְּמַה שֶׁיָּצָא לַחוּץ הֲוָה מָצֵי לְאַקְשׁוּיֵי דְּמַסְּקִינַן בְּפֶרֶק בְּהֵמָה הַמְקַשָּׁה (שָׁם) דְּמוֹדֶה ר' יוֹסֵי בְּשָׁלֹשׁ עַל שָׁלֹשׁ הַבָּאוֹת מִבֶּגֶד גָּדוֹל דְּבִשְׁעַת פְּרִישָׁתוֹ מֵאָבִיו מְקַבֵּל טֻומְאָה מֵאָבִיו וה"נ הָכָא וְי"ל דְּאִיכָּא לְאוֹקוֹמֵהּ בְּנִיתָּזוֹת בְּכָל כֹּחָן וְכֵן מְשַׁנֵּי בְּפֶ' אָמְרוּ לוֹ (כְּרִיתוֹת ט:) גַּבֵּי אֵבֶר הַמְדֻולְדָּל בְּאָדָם טָהוֹר מִיהוּ הָכָא כֵּיוָן שֶׁאֵינוֹ חוֹתֵךְ הָעֶצֶם אֶלָּא חוֹתֵךְ סְבִיבוֹ' הָעֶצֶם אֵינוֹ יָכוֹל לְהַתִּיז בְּכָל כֹּחוֹ וּבַיְּרוּשַׁלְמִי מוּקֵי בְּחוֹתֵךְ וּמַשְׁלִיךְ בִּמְעַט מְעַט:
Et selon Ravina qui a dit : les jonctions d'aliments sont comme séparées, et la suite. Et si tu dis : même sans Ravina, puisque dans notre hypothèse il y a une mesure pour rendre impur dans ce qui est sorti dehors, on aurait pu objecter. Car nous concluons dans le chapitre Behema HaMaksheh (là-bas) que Rabbi Yossi convient, au sujet de trois sur trois qui proviennent d'un grand vêtement, qu'au moment où il se sépare de son origine il reçoit l'impureté de son origine. Et de même ici. On peut dire qu'on peut l'établir dans le cas où elles sont projetées de toute leur force. Et ainsi il répond dans le chapitre Amrou Lo (Keritot 9b), au sujet d'un membre pendant chez l'homme : il est pur. Cependant ici, puisqu'il ne coupe pas l'os mais coupe autour de l'os, il ne peut pas projeter de toute sa force. Et dans le Yerouchalmi, on l'établit ainsi : il coupe et il jette peu à peu.
💡 Explication

Ravina, Houlin 73a : une jonction d'aliments ne compte pas comme jonction. Les morceaux sont comme séparés, leur contact est à découvert. Selon lui, la réponse du lieu caché ne couvre plus ce cas. Ils se touchent, et l'un rend l'autre impur.

Autre réponse, par la mesure. Selon l'avis du kezayit, la partie sortie n'atteint pas un kezayit. Selon l'avis du kebeitza, elle n'atteint pas un kebeitza. Sous la mesure, le décret ne s'applique pas. Rachi : dans cette petite partie.

Tossefot. Même selon Rabbi Yossi, au moment où un morceau se sépare d'une origine impure, il en reçoit la touma, comme un tissu de trois sur trois doigts coupé d'un grand vêtement. Ailleurs on répond par une projection de toute la force, Keritot 9b. Ici on coupe autour de l'os : on ne peut pas projeter ainsi. Le Yerouchalmi : on coupe et on jette peu à peu, chaque morceau reste sous la mesure.

15
תָּא שְׁמַע: הַמּוֹצִיא בְּשַׂר פֶּסַח מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא בְּלֹא תַעֲשֶׂה, טָהוֹר. מַאי לַָאו — טָהוֹר וְאָסוּר, דְּיוֹצֵא מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה כַּיּוֹצֵא חוּץ לִמְחִיצָתוֹ דָּמֵי, וּמִפְּסִיל, וַאֲפִילּוּ הָכִי קָתָנֵי טָהוֹר, אַלְמָא לָא גְּזַרוּ רַבָּנַן טֻומְאָה!

Viens et entends : celui qui sort de la viande du Pessa'h d'un groupe vers un autre groupe, bien que ce soit un interdit, elle est pure. N'est-ce pas : pure, et interdite.

Car ce qui sort d'un groupe vers un groupe est comparable à ce qui sort hors de sa limite, et cela l'invalide. Et même ainsi, on enseigne qu'elle est pure.

Donc les Sages n'ont pas décrété l'impureté.

📜 Rachi (3)
שֶׁיָּצָא מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה לְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ לֹא תַעֲשֶׂה דִּילֵיהּ:
Qui est sorti d'un groupe vers un groupe : plus bas, il explique l'interdit qui le concerne.
מַאי לַָאו טָהוֹר מִלְּטַמֵּא:
N'est-ce pas, pure : de rendre impur.
וְאָסוּר לֶאֱכֹול כִּשְׁאָר יוֹצֵא חוּץ לַמְּחִיצָּה דִּמְחִיצַּת פֶּסַח מְקוֹם אֲכִילָתוֹ הִיא וַאֲפִילּוּ הָכִי קָתָנֵי טָהוֹר:
Et interdite : à manger, comme le reste de ce qui sort hors de la cloison. Car la cloison du Pessa'h, c'est son lieu de consommation. Et même ainsi, on enseigne qu'elle est pure.
💡 Explication

Autre preuve, une baraita. Sortir la viande du Pessa'h d'une habura (groupe inscrit) à une autre est un lav, et la viande reste pure. Lecture proposée : pure, et interdite à la consommation. Passer d'un groupe à l'autre serait comme un yotze hors de sa mehitsa (cloison, lieu où l'on mange), ce qui invalide. La baraita dit pourtant "pure". Les Sages n'auraient pas décrété la touma sur ce yotze.

16
לֹא — טָהוֹר וּמֻותָּר, דְּיוֹצֵא מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה לָאו כַּיּוֹצֵא חוּץ לִמְחִיצָתוֹ דָּמֵי, וְלָא מִפְּסִיל.

Non : pure, et permise. Car ce qui sort d'un groupe vers un groupe n'est pas semblable à ce qui sort hors de sa limite, et cela ne l'invalide pas.

📜 Rachi (1)
לֹא טָהוֹר וּמֻותָּר דְּלָא פְּסוּל יוֹצֵא אִית בֵּיהּ אֲבָל יוֹצֵא חוּץ לַמְּחִיצָּה לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ דִּמְטַמֵּא:
Non, pure et permise : car il n'y a pas en elle l'invalidité du yotze. Mais ce qui sort hors de la cloison, je peux encore te dire qu'il rend impur.
💡 Explication

La preuve est écartée dans cette lecture. La viande est pure, et permise. Passer d'un groupe à l'autre ne reçoit pas l'invalidité du yotze hors de la mehitsa. Rachi : le vrai yotze, hors de la cloison, peut encore rendre impur. La baraita ne le tranche pas.

17
וְהָא קָא תָנֵי סֵיפָא: הָאוֹכְלוֹ הֲרֵי זֶה בְּלֹא תַעֲשֶׂה! בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר כְּבֵיצָה — דְּאִית בֵּיהּ כְּזַיִת וְלֵית בֵּיהּ כְּבֵיצָה, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כְּזַיִת, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?

Mais la fin enseigne : celui qui le mange, le voici dans un interdit ! Cela se comprend selon celui qui dit un kebeitza : il y a en lui un kezayit, et il n'y a pas en lui un kebeitza.

Mais selon celui qui dit un kezayit, que peut-on dire ?

📜 Rachi (3)
הֲרֵי זֶה בְלֹא תַעֲשֶׂה כִּדְאָמַר בְּפֶרֶק כָּל שָׁעָה (לְעֵיל פְּסָחִים כד.) לֹא יֹאכַל כִּי קֹדֶשׁ הֵם כָּל שֶׁבַּקֹּדֶשׁ פָּסוּל בָּא הַכָּתוּב לִיתֵּן לֹא תַעֲשֶׂה עַל אֲכִילָתוֹ אַלְמָא יוֹצֵא חֲשִׁיב לֵיהּ וְאַפֵּי' הָכִי קָתָנֵי טָהוֹר:
Le voici dans un interdit : comme il a été dit dans le chapitre Kol Sha'a (plus haut, Pesachim 24a) : "il ne mangera pas, car ils sont consacrés". Tout ce qui, dans le kodach, est invalidé, le verset vient placer un interdit sur sa consommation. Donc il le compte comme yotze. Et même ainsi, on enseigne qu'il est pur.
בִּשְׁלָמָא לְמָאֵן דְּמַתְנֵי אַפִּיגּוּל וְנוֹתָר כַּבֵּיצָה מָצֵי לְתָרוּצֵי דִּגְזוּר טֻומְאָה נָמֵי אַיּוֹצֵא וְהַאי דְּקָתָנֵי טָהוֹר בִּדְלֵיכָּא כַּבֵּיצָה:
Cela se comprend selon celui qui enseigne, au sujet du piggul et du notar, un kebeitza. On peut répondre qu'ils ont aussi décrété l'impureté sur le yotze, et ce qu'on enseigne "pur" vise le cas où il n'y a pas un kebeitza.
מַאי אִיכָּא לְמֵימַר מִדְּקָתָנֵי הָאוֹכְלוֹ בְּלֹא תַּעֲשֶׂה מִכְּלָל דְּאִיכָּא כַּזַּיִת:
Que peut-on dire : du fait qu'on enseigne "celui qui le mange" dans un interdit, il suit qu'il y a un kezayit.
💡 Explication

La fin de la baraita dit : celui qui la mange transgresse un lav. La viande est donc interdite. Rachi renvoie à Pesachim 24a : "il n'en mangera pas, car ils sont consacrés". Tout kodach invalidé reçoit un lav sur sa consommation. Ce passage compte donc cette viande comme yotze, et la baraita la dit pourtant pure.

Selon l'avis du kebeitza, on répond : il y a un kezayit, d'où le lav, et il n'y a pas un kebeitza, d'où l'absence de décret. Selon l'avis du kezayit, la fin implique cette mesure, et la viande devrait rendre les mains impures.

18
אֶלָּא: בְּיוֹצֵא בַּפֶּסַח לָא מִיבַּעְיָא לַן דְּלָא גְּזַרוּ רַבָּנַן טֻומְאָה, מַאי טַעְמָא — בְּנֵי חֲבוּרָה זְרִיזִין הֵן, וּמִזְהָר זְהִירִי בֵּיהּ. אֶלָּא, כִּי קָמִיבַּעְיָא לַן בְּיוֹצֵא בְּקָדָשִׁים, מַאי, תֵּיקוּ.

Plutôt : au sujet du yotze dans le Pessa'h, nous ne posons pas la question, car les Sages n'ont pas décrété l'impureté. Quelle est la raison ?

Les gens du groupe sont zélés (zerizin), et ils y veillent de près. Plutôt, quand nous posons la question, c'est au sujet du yotze dans les kodachim.

Qu'en est-il ? Cela reste en suspens (teiku).

📜 Rachi (1)
זְרִיזִין הֵן שֶׁיֵּשׁ רַבִּים וּמְזָרְזִים זֶה אֶת זֶה מִלְּהוֹצִיא וְלָא אִיצְטְרִיךְ לְאַחְמוֹרֵי עֲלַייְהוּ שֶׁלֹּא יָבוֹאוּ לִידֵי יְצִיאָה:
Ils sont zélés : car ils sont nombreux, et ils se stimulent l'un l'autre à ne pas sortir la viande. Et il n'a pas été besoin d'être sévère envers eux, pour qu'ils n'en viennent pas à la sortie.
🗂️ Tossefot (1)
דִּבְנֵי חֲבוּרָה זְרִיזִין הֵן כִּי קָמִיבַּעְיָא לָן יוֹצֵא דְּקָדָשִׁים וא"ת דִּבְפֶ' הַמּוֹצֵא תְּפִילִּין (עֵירוּבִין קג.) מַשְׁמַע אִיפְּכָא דְּקָאָמַר כֹּהֲנִים זְרִיזִין הֵן אָמְרִינַן בְּנֵי חֲבוּרָה זְרִיזִין הֵן לָא אָמְרִינַן וְתֵירֵץ רִ"י דְּלָא דָמֵי דְּגַבֵּי בְּנֵי חִבּוּר' שַׁיָּיךְ לְמִיגְזַר טְפֵי שֶׁמָּא יְחַתֶּה מִלְּגַבֵּי כֹּהֲנִים דְּהָא מִילְּתָא לָא שַׁייְכָא לְפֶסַח כְּלָל אֲבָל בְּמִידִי דְּשַׁייָּךְ לְפֶסַח כְּגוֹן יוֹצֵא זְרִיזִין בְּנֵי הַחֲבוּרָה יוֹתֵר מִכֹּהֲנִים:
Car les gens du groupe sont zélés. Quand nous posons la question, c'est le yotze des kodachim. Et si tu dis : dans le chapitre HaMotzi Tefillin (Erouvin 103a), l'inverse ressort, car il dit : les kohanim sont zélés, nous le disons ; les gens du groupe sont zélés, nous ne le disons pas. Le Ri a répondu : les cas diffèrent. Au sujet des gens du groupe, il y a plus lieu de décréter "de peur qu'il ne ratisse" que pour les kohanim, car cette chose ne concerne en rien le Pessa'h. Mais dans une chose qui concerne le Pessa'h, comme le yotze, les gens du groupe sont plus zélés que les kohanim.
💡 Explication

On retire les réponses précédentes pour le Pessa'h. Sur le yotze du Pessa'h, la question ne se pose pas : les Sages n'ont pas décrété la touma. Les gens du groupe sont zerizin : ils sont nombreux, ils se retiennent l'un l'autre. La question visait le yotze des autres kodachim. Elle reste sans réponse : teiku.

Tossefot confronte Erouvin 103a, où l'on dit que les kohanim sont zerizin, et où on ne le dit pas des gens du groupe. Le Ri : le décret "de peur qu'il ratisse les braises" (chema yechate) a plus de place pour les gens du groupe, car ce point ne touche pas le Pessa'h. Sur le yotze, qui touche le Pessa'h, les gens du groupe sont plus zélés que les kohanim.

19
וּמוֹצִיא בְּשַׂר פֶּסַח

Et celui qui sort de la viande du Pessa'h

💡 Explication

L'amoud s'arrête sur ces mots. La suite, sur la source de cet interdit, est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).