Pesachim 85b - Sortir la viande du Pessah, et le seuil des portes

Pesachim 85b

Sougya : L'amoud achève l'interdit de faire sortir la viande du Pessa'h, Chemot 12:46. Le mot houza (au-dehors) étend l'interdit de maison à maison jusqu'à la havoura.

Rabbi Ami exige un soulèvement et une pose, sur le modèle de la hotzaa de Chabbat. Rabbi Abba bar Mammal objecte depuis les taureaux brûlés portés sur des perches, puis résout quand on les traîne.

La michna règle le membre sorti en partie, puis l'agaf de la porte. La Guemara départage les portes de Jérusalem et celles de l'azara, à cause des metzoraïm, et Rav retire la kedoucha des toits et des étages.

Sortir la viande du Pessa'h Chemot 12:46. Tu ne feras pas sortir de la maison de la viande au-dehors. De maison à maison Mot du verset : min ha-bayit La viande quitte une maison et entre dans une autre Interdit déjà lu dans le verset De havoura à havoura Mot en trop : houza, au-dehors Même maison, deux Pessa'h Deux groupes de convives Hors du lieu où il se mange 1. Akira Soulève dans A → 2. Hanakha Pose dans la havoura B → Passible Hotzaa achevée Rabbi Ami : comme Chabbat, tant que la viande n'est pas posée, la sortie n'est pas finie. Sans hanakha, il n'est pas passible.
Min ha-bayit interdit de maison à maison. Houza interdit de havoura à havoura. Rabbi Ami : passible seulement après akira et hanakha, comme la hotzaa de Chabbat.
L'agaf, et les deux lectures de la michna Épaisseur de la porte, du bord intérieur jusqu'au choc du battant. Dehors Au-delà du choc Agaf Épaisseur du montant Statut à trancher Dedans Depuis l'agaf vers l'intérieur Début de la michna De l'agaf vers le dedans compte comme le dedans Donc l'agaf lui-même compte comme le dehors Portes de Jérusalem Fin de la michna De l'agaf vers le dehors compte comme le dehors Donc l'agaf lui-même compte comme le dedans Portes de l'azara Jérusalem : l'épaisseur des portes n'a pas été sanctifiée. Les metzoraïm s'y abritent. Azara : l'épaisseur a été sanctifiée. Exception : la porte de Nikanor. Fenêtres et épaisseur du mur : comme le dedans. Toits et étages : sans kedoucha, dit Rav.
Le début de la michna laisse l'agaf comme le dehors : portes de Jérusalem, non sanctifiées. La fin le laisse comme le dedans : portes de l'azara, sanctifiées, sauf Nikanor.
Où s'arrête la kedoucha Pessa'h et kodachim kalim dans Jérusalem. Kodchei kodachim dans l'azara. Lieu Statut Intérieur de Jérusalem Kodachim kalim, dont le Pessa'h Portes de Jérusalem, l'agaf Sans kedoucha, abri des metzoraïm Fenêtres et épaisseur du mur Comme l'intérieur Toits et étages Sans kedoucha, selon Rav Portes de l'azara, l'agaf Kedoucha de l'azara Porte de Nikanor Sans kedoucha, pouces du metzora Le Pessa'h ne devient passoul que hors du mur de Jérusalem. Tossefot.
Kedoucha de Jérusalem et de l'azara. Les portes de Jérusalem et Nikanor restent ouverts aux metzoraïm. Rav : toits et étages sans kedoucha.
1
מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה מִנַּיִן? דְּתַנְיָא: ״לֹא תוֹצִיא מִן הַבַּיִת מִן הַבָּשָׂר חוּצָה״, אֵין לִי אֶלָּא מִבַּיִת לְבַיִת, מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״חוּצָה״ — חוּץ לַאֲכִילָתוֹ.

D'une havoura à une havoura, d'où le tient-on ? Car on enseigne : Tu ne feras pas sortir de la maison de la viande au-dehors.

Je n'ai que de maison à maison. D'une havoura à une havoura, d'où ?

L'Écriture dit : au-dehors, hors du lieu de sa consommation.

📜 Rachi (3)
מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה מְנָא לַן חֲבוּרָה שֶׁל שְׁנֵי פְּסָחִים בְּבַיִת אֶחָד:
Une havoura de deux Pessa'h dans une seule maison.
חוּצָה קְרָא יַתִּירָא הוּא לְמֵילַף חוּץ לַחֲבוּרַת אֲכִילָתוֹ:
C'est un verset en trop, pour apprendre : hors de la havoura où il se mange.
תֵּן חוּצָה לָא גָּרְסִינַן תֵּן:
Nous ne lisons pas ten (donne).
💡 Explication

Le verset, Chemot 12:46, dit déjà min ha-bayit : la viande du Pessa'h ne passe pas d'une maison à une autre. La baraita demande le second cas. Deux havourot, deux groupes inscrits chacun sur son Pessa'h, se trouvent dans la même maison.

Le mot houza (au-dehors) est en trop une fois la maison déjà dite. Il enseigne : hors du lieu où ce Pessa'h se mange, c'est-à-dire hors de sa havoura. Rachi écarte une leçon qui lirait ten houza.

2
אָמַר רַבִּי אַמִּי: הַמּוֹצִיא בְּשַׂר פֶּסַח מֵחֲבוּרָה לַחֲבוּרָה, אֵינוֹ חַיָּיב עַד שֶׁיַּנִּיחַ. הוֹצָאָה כְּתִיב בֵּיהּ כְּשַׁבָּת: מַה שַׁבָּת — עַד דְּעָבֵד עֲקִירָה וְהַנָּחָה, אַף הָכָא נָמֵי — עַד דְּעָבֵד עֲקִירָה וְהַנָּחָה.

Rabbi Ami a dit : celui qui fait sortir de la viande du Pessa'h d'une havoura à une havoura n'est passible qu'une fois qu'il l'a posée. Une hotzaa (sortie) est écrite à son sujet comme pour Chabbat.

De même que pour Chabbat, jusqu'à ce qu'il ait fait une akira (soulèvement) et une hanakha (pose), ici aussi, jusqu'à ce qu'il ait fait une akira et une hanakha.

📜 Rachi (2)
עַד שֶׁיַּנִּיחַ בִּמְקוֹם חֲבוּרָה הָאַחֶרֶת:
À l'endroit de l'autre havoura.
דַּעֲבַד לֵיהּ עֲקִירָה וְהַנָּחָה כְּשַׁבָּת דְּבָעֵינַן עֲקִירָה וְהַנָּחָה דְּעַד שֶׁיַּנִּיחַ לֹא נִגְמְרָה מְלָאכָה וְגַבֵּי שַׁבָּת וְכָל חִיּוּבֵי חַטָּאת כְּתִיב בַּעֲשׂוֹתָהּ בְּעוֹשֶׂה אֶת כֻּולָּהּ וְלֹא בְּעוֹשֶׂה מִקְצָתָהּ (שַׁבָּת דַּף צב:) וְהַאי נָמֵי אע"ג דְּלָאו בַּר חַטָּאת הוּא הוֹצָאָה כִּי הָתָם בָּעֵינַן:
Comme pour Chabbat, où nous exigeons une akira et une hanakha, car tant qu'il n'a pas posé, la melakha n'est pas achevée. Au sujet de Chabbat et de toutes les obligations de hatat, il est écrit be'asota (quand il l'accomplit) : celui qui accomplit le tout, et non celui qui en accomplit une partie (Chabbat 92b). Ici aussi, bien qu'il ne soit pas passible d'une hatat, nous exigeons une hotzaa comme là-bas.
🗂️ Tossefot (1)
הוֹצָאָה כְּתִיב בֵּיהּ כְּשַׁבָּת פִּי' אַל יֵצֵא אִישׁ מִמְּקֹומוֹ וְהַייְנוּ אַל יוֹצִיא דְּהָא תְּחוּמִים דְּרַבָּנָן וַאֲפִילּוּ לָמֶ"ד תְּחוּמִין דְּאוֹרָיְיתָא הַייְנוּ מִדְּשַׁנִּי וְלֹא כָּתַב אַל יוֹצִיא אֲבָל לְדִידֵיהּ נָמֵי קְרָא בְּהוֹצָאָה מַייְרֵי כִּדְמַשְׁמַע סוֹף פּ"ק דְעֵירוּבִין (דַּף יז:) דְּתָנֵי רַבִּי חִייָּא לוֹקִין עַל תְּחוּמִין דְּבַר תּוֹרָה פִּי' מֵאֵל יֵצֵא וּפָרִיךְ לָאו שֶׁנִּיתַּן לְאַזְהָרַת מִיתַת ב"ד הוּא מַשְׁמַע דִּלְהוֹצָאָה נָמֵי אֲתָא וא"ת דִּבְרֵישׁ הַזּוֹרֵק (שַׁבָּת צו:) דְּרֵישׁ הוֹצָאָה מִוַּיִּכָּלָא הָעָם מֵהָבִיא וְאוֹמֵר ר"י דְּאִיצְטְרִיךְ חַד לְהוֹצָאָה דְּעָנִי וְחַד לְהוֹצָאָה דְּבַעַל הַבַּיִת וּמִשּׁוּם דְּהוֹצָאָה מְלָאכָה גָּרוּעַ הִיא אִיצְטְרִיךְ לְמִיכְתַּב בְּתַרְוַייְהוּ וּלְהָכִי חֲשִׁיב לְהוּ נַמֵּי בְּרֵישׁ מַסֶּכֶת שַׁבָּת (דַּף ב.) בָּתַרְתִּי לְפִי שֶׁכְּתוּבוֹת בִּשְׁנֵי מִקְרָאוֹת וּמַסִּיק אָבוֹת מַאי נִיהוּ יְצִיאוֹת יְצִיאוֹת תַּרְתֵּי הָוְויָן:
Explication : Un homme ne sortira pas de son lieu (Chemot 16:29), et cela a le sens de : il ne fera pas sortir. Car les tehoumim (limites du déplacement) sont d'ordre rabbinique. Même selon celui qui dit que les tehoumim sont de la Torah, c'est parce que le verset a changé sa formulation et n'a pas écrit al yotzi (il ne fera pas sortir). Selon lui aussi, le verset parle de la hotzaa, comme on le voit à la fin du premier chapitre d'Erouvin (17b). Rabbi Hiya enseigne : on inflige des coups pour les tehoumim d'après la Torah, à partir de al yetze (qu'il ne sorte pas). Et l'on objecte : c'est un interdit donné comme avertissement d'une mort prononcée par le tribunal. On en déduit que le verset vise aussi la hotzaa. Et si tu dis qu'au début de HaZorek (Chabbat 96b) on dérive la hotzaa de vayikhal haam mehavi (le peuple cessa d'apporter), le Ri dit : il a fallu un verset pour la hotzaa du pauvre, et un pour la hotzaa du maître de maison. Parce que la hotzaa est une melakha faible (geroua), il a fallu l'écrire dans les deux. C'est pourquoi, au début du traité Chabbat (2a), on la compte en deux, puisqu'elles sont écrites dans deux versets. Et l'on conclut : les avot (travaux principaux), que sont-ils ? Des yetziot (sorties). Et les yetziot sont deux.
💡 Explication

Rabbi Ami aligne la sortie du Pessa'h sur la hotzaa de Chabbat. La melakha n'est faite qu'avec deux actes : akira, on soulève dans la première havoura, et hanakha, on pose dans la seconde. Tant que la viande est encore en l'air, il n'est pas passible.

Rachi : le verset be'asota vise celui qui achève tout l'acte. Le Pessa'h ne relève pas d'une hatat, et l'on exige tout de même une hotzaa complète. Tossefot rattache le mot hotzaa au verset al yetze ish mi-mekomo, lu comme un interdit de faire sortir, et rappelle les deux yetziot du traité Chabbat : celle du pauvre et celle du maître de maison.

3
מֵתִיב רַבִּי אַבָּא בַּר מֶמֶל: הָיוּ סוֹבְלִים אוֹתָן בְּמוֹטוֹת, הָרִאשׁוֹנִים יָצְאוּ חוּץ לְחוֹמַת הָעֲזָרָה וְהָאַחֲרוֹנִים לֹא יָצְאוּ, הָרִאשׁוֹנִים מְטַמְּאִין בְּגָדִים וְהָאַחֲרוֹנִים אֵין מְטַמְּאִין בְּגָדִים. וְהָא לֹא נח?

Rabbi Abba bar Mammal objecte : s'ils les portaient sur des perches, les premiers sont sortis hors du mur de l'azara et les derniers ne sont pas sortis, les premiers rendent les vêtements impurs et les derniers ne rendent pas les vêtements impurs. Or, cela n'a pas reposé ?

📜 Rachi (1)
הָיוּ סוֹבְלִין אוֹתָם בְּמוֹטוֹת פָּרִים הַנִּשְׂרָפִי' כְּגוֹן פַּר וְשָׂעִיר יוה"כ וּפַר הֶעֱלֵם דָּבָר וּפַר כֹּהֵן מָשִׁיחַ הַנִּשְׂרָפִין חוּץ לֹג' מַחֲנוֹת וְיָלְפִינַן בְּסֵדֶר יוֹמָא בְּפֶ' שְׁנֵי שְׂעִירֵי (יוֹמָא דַּף סח.) לְהַלָּן בִּשְׁאָר פָּרִים הַנִּשְׂרָפִין אַתָּה נוֹתֵן לָהֶם ג' מַחֲנוֹת וְכָאן בְּיוֹם הַכִּפּוּרִים אַתָּה נוֹתֵן לָהֶם מַחֲנֶה אַחַת בִּתְמִיהַּ דִּכְתִיב יוֹצִיא אֶל מִחוּץ לַמַּחֲנֶה וְשָׂרַף וְגוֹ' אֶלָּא לוֹמַר לְךָ כֵּיוָן שֶׁיָּצְאוּ חוּץ לְמַחֲנֶה אַחַת מְטַמֵּא בְּגָדִים דְּהָא כְּתִיב וְהַשֹּׂורֵף אֹותָהּ יְכַבֵּס בְּגָדָיו אַלְמָא כְּשֶׁיּוֹצְאִין מִן הָעֲזָרָה מְטַמֵּא בְּגָדִים שֶׁעֲלֵיהֶם מִיָּד ואע"ג דְּלָא נָח וְהָכָא הוֹצָאָה כְּתִיבָא דִּכְתִיב וְהוֹצִיא אֶת הַפָּר וְגוֹ':
Les taureaux que l'on brûle, comme le taureau et le bouc de Yom Kippour, le taureau de la chose cachée (erreur du tribunal) et le taureau du kohen machiah (kohen oint), que l'on brûle hors des trois camps. On apprend dans l'ordre de Yoma, au chapitre des deux boucs (Yoma 68a) : là-bas, pour les autres taureaux que l'on brûle, tu leur assignes trois camps, et ici, à Yom Kippour, tu leur assignes un seul camp ? Car il est écrit : il le fera sortir hors du camp et il le brûlera. Plutôt, pour t'apprendre : dès qu'ils sont sortis hors d'un seul camp, cela rend les vêtements impurs, puisqu'il est écrit : celui qui la brûle lavera ses vêtements. Donc, quand ils sortent de l'azara, cela rend aussitôt impurs les vêtements qui sont sur eux, bien que la charge n'ait pas reposé. Et ici une hotzaa est écrite, puisqu'il est écrit : et il fera sortir le taureau.
💡 Explication

Les parim ha-nisrafim, taureaux et bouc brûlés hors du camp, rendent impurs les vêtements de ceux qui les portent, dès qu'ils franchissent un camp, le mur de l'azara. Sur une perche, les porteurs de tête sont déjà dehors, ceux de queue sont encore dedans : seuls les premiers rendent leurs vêtements impurs.

Rabbi Abba bar Mammal en fait une objection à Rabbi Ami. Le verset de ces taureaux parle aussi de hotzaa (ve-hotzi), et l'impureté commence avant toute hanakha. La charge est encore portée, elle n'a pas reposé.

🖼️ Schéma
Taureaux brûlés, portés sur des perches Dès la sortie de l'azara, les vêtements deviennent impurs. Yoma 68a. Derniers, encore dedans Ils n'ont pas franchi le mur Leurs vêtements restent purs Azara Premiers, déjà dehors Hors du mur de l'azara Leurs vêtements sont impurs Aussitôt, sans pose perche Objection, puis réponse de Rabbi Abba bar Mammal La charge n'a pas reposé. Comment la sortie est-elle déjà faite ? Réponse : on la traîne. Le Ri : dans les trois tefahim du sol, cela compte comme une pose.
Perche à cheval sur le mur de l'azara. Les premiers rendent leurs vêtements impurs aussitôt. La charge n'a pas reposé : c'est l'objection.
4
הוּא מוֹתֵיב לַהּ וְהוּא מְפָרֵק לַהּ, בְּנִגְרָרִין.

C'est lui qui objecte, et c'est lui qui résout : lorsqu'on les traîne.

📜 Rachi (1)
בְּנִגְרָרִין עַל גַּבֵּי קַרְקַע דְּאִיכָּא הַנָּחָה:
Sur le sol, de sorte qu'il y a une hanakha.
🗂️ Tossefot (1)
בְּנִגְרָרִין אוֹמֵר רִ"י דְּלָאו דַּוְקָא נִגְרָרִין אֶלָּא שֶׁיִּהְיוּ תּוֹךְ ג' לַקַּרְקַע דְּאַפֵּי' לְרַבָּנָן דר"ע דְּלֵית לְהוּ קְלוּטָה כְּמוֹ שֶׁהֻונְּחָה דָּמְיָא בְּזוֹרֵק בְּמַעֲבִיר תּוֹךְ ג' מוֹדוֹ דְּהָכֵי אָמְרִינַן בְּהַמּוֹצִיא יַיִן (שָׁם דַּף פ.) אָמַר רָבָא הוֹצִיא חֲצִי גְּרוֹגֶרֶת וְהִנִּיחָהּ וְחָזַר וְהוֹצִיא חֲצִי אַחֶרֶת דֶּרֶךְ עָלֶיהָ חַייָּב וּפָרִיךְ וְהָא אָמַר רָבָא תּוֹךְ שְׁלֹשָׁה לְרַבָּנַן צָרִיךְ הַנָּחָה עַל גַּבֵּי מַשֶּׁהוּ וּמְשַׁנֵּי לָא קַשְׁיָא כָּאן בְּזוֹרֵק כָּאן בְּמַעֲבִיר וְלָאו דַּוְקָא נְקַט הֵתֵם דֶּרֶךְ עָלֶיהָ דְּהוּא הַדִּין שֶׁלֹּא דָּרַךְ עָלֶיהָ תּוֹךְ ג' אֶלָּא נְקַט דֶּרֶךְ עָלֶיהָ דְּהַשְׁתָּא לֹא צָרִיךְ שֶׁיְּהֵא תּוֹךְ ג' רַק שֶׁיְּהֵא תּוֹךְ ג' דִּגְרוֹגֶרֶת מִיחַייַּב וְאִם תֹּאמַר אַכַּתִּי הֵיאַךְ רִאשׁוֹנִים מְטַמֵּא הָא בְּשַׁבָּת לָא הָוְיָא הוֹצָאָה כְּעִנְיָן זֶה הוֹאִיל וְאֶגֶד הַפָּר בְּיַד הָאַחֲרוֹנִים שֶׁבִּפְנִים כִּדְמוֹכַח בְּהַמַּצְנִיעַ (שָׁם דַּף צֵא:) וְי"ל דְּהָכָא מַיְירֵי שֶׁכָּל הַפָּר חוּץ לְחוֹמַת הָעֲזָרָה וַאֲפִילּוּ לְמָאֵן דְּאָמַר הָתָם אֶגֶד כְּלִי שְׁמֵיהּ אֶגֶד הנ"מ כְּלִי שֶׁיֵּשׁ לוֹ תּוֹךְ דְּאֵינוֹ חַייָּב אִם הוֹצִיא מִקְצָתוֹ שע"י מַה שֶּׁבִּפְנִים יָכוֹל לַהֲבִיאוֹ מִבִּפְנִים אֲבָל ע"י מְשִׁיכַת הַמּוֹט לֹא הָיוּ יְכוֹלִים הָאַחֲרוֹנִים לַהֲבִיאוֹ אֶצְלוֹ:
Le Ri dit : le cas vise une charge tenue dans les trois tefahim du sol. Même selon les Rabbins face à Rabbi Akiva, qui ne tiennent pas que ce qui est saisi en l'air équivaut à une pose pour le jet, ils l'admettent pour celui qui transporte dans les trois. Car nous disons dans HaMotzi Yayin (Chabbat 80a) : Rava a dit, celui qui a sorti une demi-grogeret (figue sèche), l'a posée, est revenu et a sorti une autre moitié par-dessus, est passible. Et l'on objecte : Rava a dit que, dans les trois, selon les Rabbins, il faut une pose sur un quelque chose. Et l'on répond : sans difficulté, ici c'est un jet, ici c'est un transport. Le même din vaut aussi hors du trajet par-dessus, dès qu'on est dans les trois. Il a cité par-dessus parce qu'alors il suffit d'être dans les trois de la grogeret, sans être dans les trois du sol, pour être passible. Et si tu dis : comment les premiers rendent-ils encore impur ? À Chabbat, une sortie de cette façon ne compterait pas, puisque le lien du taureau est dans la main des derniers qui sont à l'intérieur, comme on le voit dans HaMatzni'a (Chabbat 91b). On peut dire : ici, le taureau tout entier est hors du mur de l'azara. Même selon celui qui dit là qu'un lien d'ustensile s'appelle un lien, cela ne vaut que pour un ustensile qui a un creux (tokh) : il n'est pas passible s'il en a sorti une partie, car par ce qui reste à l'intérieur il peut le ramener de l'intérieur. Par la traction de la perche, les derniers ne pouvaient pas ramener le taureau vers eux.
💡 Explication

Rabbi Abba bar Mammal lève lui-même l'objection. Le cas de la baraita est celui où la charge traîne au sol : chaque avancée pose déjà la bête, il y a hanakha.

Le Ri élargit : il suffit que la charge soit dans les trois tefahim du sol. Pour un transport, les Rabbins accordent qu'à cette hauteur cela équivaut à une pose. Pour un jet, ils exigent une pose réelle. Le taureau est entièrement hors du mur. La perche que tiennent encore les derniers ne forme pas un lien d'ustensile capable de ramener la bête à l'intérieur.

5
מַתְנִי׳ אֵבֶר שֶׁיָּצָא מִקְצָתוֹ, חוֹתֵךְ עַד שֶׁמַּגִּיעַ לָעֶצֶם, וְקוֹלֵף עַד שֶׁמַּגִּיעַ לַפֶּרֶק, וְחוֹתֵךְ. וּבְמֻוקְדָּשִׁין — קוֹצֵץ בְּקוֹפִיץ, שֶׁאֵין בּוֹ מִשּׁוּם שְׁבִירַת הָעֶצֶם.

Michna. Un membre dont une partie est sortie : on coupe jusqu'à atteindre l'os, on détache jusqu'à atteindre l'articulation, et on coupe.

Et pour les autres offrandes consacrées : on tranche avec un kopitz (couperet), car il n'y a pas, pour elles, l'interdit de briser l'os.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' חוֹתֵךְ עַד שֶׁמַּגִּיעַ לָעֶצֶם כִּדְפָרֵישִׁית לְעֵיל:
Comme je l'ai expliqué plus haut.
וּבַמֻּוקְדָּשִׁים בִּשְׁאָר קָדָשִׁים שֶׁיָּצָא מֵהֶן מִקְצָת אֵבֶר:
Pour les autres kodachim dont une partie d'un membre est sortie.
קוֹצֵץ אֶת הַיּוֹצֵא בְּקוֹפִיץ:
Il tranche au kopitz la partie qui est sortie.
💡 Explication

La michna reprend le membre du Pessa'h sorti en partie, déjà vu au sujet de l'interdit de briser l'os. On coupe la viande à la limite, on la détache le long de l'os jusqu'à l'articulation, et l'on coupe au joint. L'os du Pessa'h reste entier.

Les autres kodachim n'ont pas cet interdit. La part sortie se tranche au kopitz, quitte à couper l'os.

🖼️ Schéma
Membre dont une partie est sortie On retire la part sortie sans briser l'os du Pessa'h. Partie sortie Hors de son lieu Os, jusqu'au joint On ne le brise pas Partie restée Elle se mange 1 Couper la viande jusqu'à l'os 2 Détacher la viande jusqu'à l'articulation 3 Couper au joint l'os reste entier Autres kodachim : on tranche au kopitz. Pas d'interdit de briser l'os.
Pessa'h : viande jusqu'à l'os, détacher jusqu'au joint, couper sans briser. Autres kodachim : kopitz.
6
מִן הָאֲגַף וְלִפְנִים — כְּלִפְנִים, מִן הָאֲגַף וְלַחוּץ — כְּלָחוֹץ. הַחַלּוֹנוֹת וְעֹובִי הַחוֹמָה — כְּלִפְנִים.

Depuis l'agaf vers l'intérieur, c'est comme l'intérieur. Depuis l'agaf vers l'extérieur, c'est comme l'extérieur.

Les fenêtres et l'épaisseur du mur, c'est comme l'intérieur.

📜 Rachi (4)
מִן הָאֲגַף וְלִפְנִים כְּלִפְנִים אָגַף קָרֵי כָּל מָקוֹם הֲגָפַת הַדֶּלֶת שֶׁהוּא חוֹפֵף וְנוֹקֵשׁ שָׁם כְּשֶׁסּוֹגְרוֹ דְּהַיְינוּ מִשְּׂפַת הַפְּנִימִית שֶׁל עֹובִי הַפֶּתַח עַד מְקוֹם הַנְּקִישָׁה שֶׁקּוֹרִין רב"ץ (שְׂפַת הַפֶּתַח (הַשֶּׁטַח, בִּמְזוּזַת הַפֶּתַח, שֶׁעָלָיו מְגִיפִים אֶת הַדֶּלֶת)) :
On appelle agaf tout l'endroit où la porte se rabat, là où elle couvre et frappe quand on la ferme, c'est-à-dire depuis le bord intérieur de l'épaisseur de l'ouverture jusqu'au lieu du choc, qu'on appelle rebetz (le bord de l'ouverture, la surface du montant sur laquelle on rabat la porte).
מִן הָאֲגַף וְלִפְנִים דְּהַייְנוּ תּוֹךְ הָעִיר מַמָּשׁ כְּלִפְנִים וְאוֹכְלִין שָׁם קָדָשִׁים קַלִּים:
C'est-à-dire vraiment à l'intérieur de la ville : comme l'intérieur, et l'on y mange les kodachim kalim.
מִן הָאֲגַף וּלְחוּץ כְּלַחוּץ דְּהַייְנוּ מְקוֹם הַנְּקִישָׁה וַאֲגַף עַצְמוֹ לָא יָדְעִי' הַשְׁתָּא אִי כְּלִפְנִים אִי כְּלַחוּץ וּבַגְּמָרָא מְפָרֵשׁ לֵיהּ:
C'est-à-dire le lieu du choc. L'agaf lui-même, nous ne savons pas encore s'il compte comme l'intérieur ou comme l'extérieur. La Guemara l'explique.
הַחַלּוֹנוֹת שֶׁבְּחוֹמַת יְרוּשָׁלַיִם וְעֹובִי רֹאשׁ הַחוֹמָה בַּגֹּובַהּ כְּלִפְנִים ואע"ג דִּבְעֹובִי הַשְּׁעָרִים לָא אֲמָרָן הָכִי הָתָם כְּדִמְפָרֵשׁ טַעְמָא בַּגְּמָרָא מִפְּנֵי הַמְצֹורָעִים:
Celles qui sont dans le mur de Jérusalem, et l'épaisseur du sommet du mur, en hauteur, comme l'intérieur. Pour l'épaisseur des portes, nous n'avons pas dit ainsi : là-bas, comme la Guemara en donne la raison, à cause des metzoraïm.
💡 Explication

L'agaf est la bande du montant où le battant se ferme, du bord intérieur jusqu'au point où la porte frappe. En deçà, vers la ville, c'est le dedans : on y mange les kodachim kalim. Au-delà du choc, c'est le dehors.

La michna ne dit pas encore le statut de l'agaf lui-même. Rachi laisse la question à la Guemara. Les fenêtres et l'épaisseur du mur comptent comme le dedans. L'épaisseur des portes suivra une autre règle, à cause des metzoraïm.

7
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: וְכֵן לִתְפִלָּה. וּפְלִיגָא דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי. דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: אֲפִילּוּ מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל אֵינָהּ מַפְסֶקֶת בֵּין יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם.

Guemara. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : et de même pour la tefila.

Et cela diverge de Rabbi Yehochoua ben Levi. Car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : même une cloison de fer ne sépare pas entre Israël et leur Père qui est aux cieux.

📜 Rachi (2)
גְּמ' וְכֵן לִתְפִלָּה הָעוֹמֵד מִן הָאֲגַף וְלִפְנִים מִצְטָרֵף לַעֲשָׂרָה וְהָעוֹמֵד חוּץ לַפֶּתַח אֵין מִצְטָרֵף:
Celui qui se tient depuis l'agaf vers l'intérieur se joint aux dix, et celui qui se tient hors de l'ouverture ne se joint pas.
אֵינָהּ מַפְסֶקֶת שֶׁאֵין הֶפְסֵק לִפְנֵי הַמָּקוֹם שֶׁהַכֹּל גָּלוּי וְיָדוּעַ לְפָנָיו וְאֵין סְתִימָה לְפָנָיו:
Il n'y a pas de séparation devant le Lieu (HaMakom) : tout est découvert et connu devant Lui, et il n'y a pas d'obstruction devant Lui.
🗂️ Tossefot (1)
וְכֵן לִתְפִלָּה פֵּי' בַּקּוּנְטְרֵס לְעִנְיַן צֵירוּף וְאֵין נִרְאֶה דִּבְאֵלּוּ נֶאֱמָרִין (סוֹטָה דַּף לח:) מַשְׁמַע סֻוגְיָא דִּגְמָרָא דַּהֲלָכָה כַּר' יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי דְּאָמַר אַפֵּי' מְחִיצָה שֶׁל בַּרְזֶל אֵינָהּ מַפְסֶקֶת וּבְפֶרֶק כָּל גַּגּוֹת (עֵירוּבִין צב:) מַשְׁמַע סְתָמָא דִּגְמָרָא דִּמְחִיצָּה מַפְסֶקֶת לְצֵירוּף דְּקָאָמַר ט' בַּקְּטַנָּה וְאֶחָד בַּגְּדוֹלָה אֵין מִצְטָרְפִין וּלְעִנְיַן שׁוֹפָר וּמְגִילָּה נָמֵי לָא מָצֵית לְפָרֵשׁ דִּתְנַן בְּהֶדְיָא בְּפֶ' רָאוּהוּ ב"ד (ר"ה דַּף כז: וְשָׁם) הָיָה עוֹבֵר אֲחוֹרֵי בֵּית הַכְּנֶסֶת אוֹ שֶׁהָיָה בֵּיתוֹ סָמוּךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְשָׁמַע קוֹל שׁוֹפָר אוֹ מְגִילָּה אִם כִּווֵּן לִבּוֹ יָצָא וְנִרְאֶה לר"י דְּהָכָא מַיְירֵי לְעִנְיַן לַעֲנוֹת יָחִיד קְדֻושָּׁה וִיהֵא שְׁמֵיהּ רַבָּא מְבָרֵךְ דְּאֵין מְחִיצָּה מַפְסֶקֶת לְרִיבָּ"ל וּלְרַב יְהוּדָה מַפְסֶקֶת כֵּיוָן דְּהָוֵי דָּבָר שֶׁצָּרִיךְ עֲשָׂרָה וְכִי הֵיכִי דְּלָא מִצְטָרֵף לָא נָפֵיק יְדֵי חוֹבָה אֲבָל שׁוֹפָר לָא בָּעֵי עֲשָׂרָה:
Rachi explique : au sujet du tsirouf (réunir dix pour la tefila). Cela ne paraît pas. Dans Elou Neemarim (Sota 38b), la sougya indique que la halakha suit Rabbi Yehochoua ben Levi, qui a dit : même une cloison de fer ne sépare pas. Au chapitre Kol Gagot (Erouvin 92b), le texte simple de la Guemara indique qu'une cloison sépare pour le tsirouf, puisqu'il dit : neuf dans la petite cour et un dans la grande ne se joignent pas. On ne peut pas non plus l'expliquer du chofar et de la meguila. On enseigne explicitement au chapitre Raouhou Beit Din (Roch Hachana 27b) : s'il passait derrière la synagogue, ou si sa maison touchait la synagogue, et qu'il a entendu le son du chofar ou de la meguila, s'il a dirigé son cœur, il est quitte. Il paraît au Ri qu'il s'agit ici, pour un particulier, de répondre à la kedoucha et à yehe chemeh rabba mevarakh. Selon Rabbi Yehochoua ben Levi, une cloison ne sépare pas. Selon Rav Yehouda, elle sépare, puisque c'est une parole qui exige dix : de même qu'il ne se joint pas, il ne sort pas de son obligation. Le chofar, lui, n'exige pas dix.
💡 Explication

Rav, transmis par Rav Yehouda, transporte la règle de l'agaf à la tefila. Rachi : dedans, on complète le minyan ; hors de l'ouverture, on ne se joint pas. Rabbi Yehochoua ben Levi : une cloison, même de fer, ne fait pas écran entre Israël et leur Père qui est aux cieux.

Tossefot, au nom du Ri, lit autrement. Le tsirouf est déjà tranché ailleurs : une cloison empêche de réunir dix. Le chofar et la meguila s'entendent à travers un mur, si l'on dirige son cœur. La discussion vise la réponse d'un particulier à la kedoucha et à yehe chemeh rabba, paroles qui exigent dix.

8
הָא גוּפָא קַשְׁיָא, אָמַרְתָּ: מִן הָאֲגַף וְלִפְנִים — כְּלִפְנִים, הָא אָגַף עַצְמוֹ — כְּלָחוֹץ. אֵימָא סֵיפָא: מִן הָאֲגַף וְלַחוּץ — כְּלָחוֹץ. הָא אָגַף עַצְמוֹ — כְּלִפְנִים!

Ceci même est difficile. Tu as dit : depuis l'agaf vers l'intérieur, c'est comme l'intérieur.

Donc l'agaf lui-même est comme l'extérieur. Dis la fin : depuis l'agaf vers l'extérieur, c'est comme l'extérieur.

Donc l'agaf lui-même est comme l'intérieur.

📜 Rachi (1)
אָגַף עַצְמוֹ עֹובִי הַשַּׁעַר מִן הַנְּקִישָׁה וְלִפְנִים:
L'épaisseur de la porte, depuis le lieu du choc vers l'intérieur.
💡 Explication

Les deux phrases de la michna se renvoient l'une à l'autre. Si seul l'espace depuis l'agaf vers le dedans compte comme le dedans, l'agaf lui-même reste dehors. Si seul l'espace depuis l'agaf vers le dehors compte comme le dehors, l'agaf lui-même reste dedans.

Rachi précise l'objet du doute : l'épaisseur de la porte, entre le choc du battant et le bord intérieur.

9
לָא קַשְׁיָא: כָּאן — בְּשַׁעֲרֵי עֲזָרָה, כָּאן — בְּשַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַיִם.

Il n'y a pas de difficulté : ici, aux portes de l'azara ; ici, aux portes de Jérusalem.

📜 Rachi (2)
שַׁעֲרֵי עֲזָרָה נִתְקַדֵּשׁ עָובְייָן בִּקְדֻושַּׁת עֲזָרָה חוּץ מִשַּׁעַר נִיקָּנוֹר מִפְּנֵי הַמְצֹורָע שֶׁעוֹמֵד שָׁם בְּעוֹדוֹ מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים וּמַכְנִיס מִשָּׁם בְּהוֹנוֹתָיו לָעֲזָרָה מְצֹורָע מִשְׁתַּלֵּחַ חוּץ לְשָׁלֹשׁ מַחֲנוֹת כִּדְאָמְרִינַן בְּאֵלּוּ דְּבָרִים (לְעֵיל פְּסָחִים סז.):
Leur épaisseur a été sanctifiée de la kedoucha de l'azara, sauf la porte de Nikanor, à cause du metzora qui s'y tient tant qu'il est mehussar kapara (en attente de ses korbanot) et qui introduit de là ses pouces dans l'azara. Le metzora est renvoyé hors des trois camps, comme nous le disons dans Elou Devarim (plus haut, Pessahim 67a).
שַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַיִם אָגַף עַצְמוֹ כִּלְחוּץ שֶׁלֹּא נִתְקַדֵּשׁ עָובְייָן:
L'agaf lui-même est comme l'extérieur : leur épaisseur n'a pas été sanctifiée.
💡 Explication

Les deux phrases parlent de deux lieux. La fin, qui laisse l'agaf comme le dedans, vise les portes de l'azara : leur épaisseur a la kedoucha du parvis, sauf Nikanor. Le début, qui laisse l'agaf comme le dehors, vise les portes de Jérusalem : leur épaisseur n'a pas été sanctifiée.

Rachi donne déjà la raison, que les segments suivants citent : le metzora, exclu des camps, doit pouvoir se tenir dans ces ouvertures.

10
דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: מִפְּנֵי מַה לֹא נִתְקַדְּשׁוּ שַׁעֲרֵי יְרוּשָׁלַיִם? מִפְּנֵי שֶׁמְּצֹורָעִין מְגִינִּין תַּחְתֵּיהֶן, בַּחַמָּה מִפְּנֵי הַחַמָּה, וּבַגְּשָׁמִים מִפְּנֵי הַגְּשָׁמִים.

Car Rabbi Chemouel bar Rav Yitzhak a dit : pourquoi les portes de Jérusalem n'ont-elles pas été sanctifiées ? Parce que les metzoraïm s'abritent sous elles, au soleil contre le soleil, et sous la pluie contre la pluie.

💡 Explication

Le metzora reste hors de Jérusalem. Les portes, laissées sans kedoucha, lui servent d'abri : à l'ombre quand il fait soleil, au sec quand il pleut. S'abriter là ne le fait pas entrer dans la ville sainte.

11
וְאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: מִפְּנֵי מַה לֹא נִתְקַדְּשָׁה שַׁעַר נִקָּנוֹר? מִפְּנֵי שֶׁמְּצֹורָעִין עוֹמְדִין שָׁם וּמַכְנִיסִין בְּהוֹנוֹת יָדָם.

Et Rabbi Chemouel bar Rav Yitzhak a dit : pourquoi la porte de Nikanor n'a-t-elle pas été sanctifiée ? Parce que les metzoraïm s'y tiennent et y introduisent les pouces de leurs mains.

📜 Rachi (2)
מִפְּנֵי מַה לֹא נִתְקַדְּשָׁה שַׁעַר נִיקָּנוֹר בִּקְדֻושַּׁת עֲזָרָה וְהוּא שַׁעַר הַמִּזְרָחִית שֶׁל עֲזָרָה:
De la kedoucha de l'azara. C'est la porte orientale de l'azara.
עוֹמְדִין שָׁם בְּיוֹם שְׁמוֹנָה לִימֵי סִפְרוֹ לְאַחַר שֶׁנִּתְרַפֵּא וְגִלַּח וְטָבַל וְהֶעֱרִיב שִׁמְשׁוֹ בַּשְּׁבִיעִי וְעוֹדֶנּוּ מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים וְתַנְיָא בְּהַקּוֹמֵץ (מְנָחוֹת כז.) מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים שֶׁנִּכְנַס לָעֲזָרָה עָונְשׁוֹ כָּרֵת וְנָפְקָא לָן מֵעוֹד טֻומְאָתוֹ בּוֹ וּמַכְנִיס יָדָיו מִשָּׁם לָעֲזָרָה לָתֵת עֲלֵיהֶן מִדַּם הָאָשָׁם שֶׁאִילּוּ מוֹצִיאוֹ לַחוּץ הָיָה נִפְסָל בְּיוֹצֵא וּבִיאָה בְּמִקְצָת לָאו שְׁמָהּ בִּיאָה לְעָונְשׁוֹ עַל כָּךְ אִי נָמֵי שְׁמָהּ בִּיאָה וּגְזֵירַת הַכָּתוּב הִיא וְהֶעֱמִיד הַכֹּהֵן הַמְטַהֵר אֵת הָאִישׁ הַמִּיטַּהֵר לִפְנֵי ה' וְגוֹ' (וַיִּקְרָא י״ד:י״א):
Le huitième jour de ses jours de compte, après qu'il a guéri, s'est rasé, s'est immergé, et que le soleil du septième jour s'est couché, alors qu'il est encore mehussar kapara. On enseigne dans HaKometz (Menahot 27) : un mehussar kapara qui entre dans l'azara a pour peine le karet. Nous le dérivons de od toumato bo (sa touma est encore en lui). Il introduit ses mains de là dans l'azara, pour qu'on y pose du sang de l'acham. Si on sortait ce sang, il deviendrait passoul comme yotse. Une entrée partielle ne s'appelle pas une entrée, pour la peine encourue. Autre lecture : elle s'appelle une entrée, et c'est un décret de l'Écriture : le kohen qui purifie placera l'homme qui se purifie devant Hachem, etc. (Vayikra 14:11).
🗂️ Tossefot (1)
לֹא נִתְקַדְּשָׁה שַׁעַר נִיקָּנוֹר וא"ת אִם כֵּן בְּשַׁעֲרֵי עֲזָרָה גּוּפָהּ לִיפְלֹוג כָּאן בְּשַׁעַר נִיקָנוֹר כָּאן בִּשְׁאָר שְׁעָרִים וְי"ל דְּמַתְנִיתִין בְּפֶסַח קָאֵי שֶׁאֵינוֹ נִפְסָל אֶלָּא חוּץ לְחוֹמַת יְרוּשָׁלַיִם:
Et si tu dis : s'il en est ainsi, pour les portes de l'azara elles-mêmes, que la michna distingue, ici la porte de Nikanor, ici les autres portes. On peut dire : la michna traite du Pessa'h, qui ne devient passoul que hors du mur de Jérusalem.
💡 Explication

La porte de Nikanor, à l'orient de l'azara, reste sans la kedoucha du parvis. Le huitième jour, le metzora est guéri, rasé, immergé, et le soleil du septième s'est couché. Il est encore mehussar kapara : entrer dans l'azara lui vaudrait le karet. Il se tient dans la porte et avance ses pouces. Le kohen y pose le sang de l'acham, qui doit rester dans l'azara.

Rachi laisse deux lectures de l'entrée partielle. Tossefot : la michna n'a pas à séparer Nikanor des autres portes de l'azara, parce qu'elle parle du Pessa'h, invalidé seulement hors du mur de Jérusalem.

🖼️ Schéma
Porte de Nikanor, huitième jour du metzora Porte orientale de l'azara. Son intérieur n'a pas la kedoucha de l'azara. Dans la porte Le metzora se tient là Encore mehussar kapara pouces Dans l'azara On pose sur les pouces le sang de l'asham Le sang reste dedans : sorti, il serait yotse Entrer tout entier : karet Rachi : une entrée partielle ne compte pas comme une entrée pour la peine. Autre lecture : elle compte, et le verset fixe qu'il se tient devant Hachem.
Le metzora reste dans la porte de Nikanor. Ses pouces entrent dans l'azara pour le sang de l'acham.
12
הַחַלּוֹנוֹת וָעֳובִי הַחוֹמָה וְכוּ׳. אָמַר רַב: גַּגִּין וַעֲלִיּוֹת לֹא נִתְקַדְּשׁוּ. אֵינִי?! וְהָאָמַר רַב מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא ״כְּזֵיתָא פִּסְחָא, וְהַלֵּילָא פָּקַע אִיגָּרָא״.

Les fenêtres et l'épaisseur du mur, etc. Rav a dit : les toits et les étages n'ont pas été sanctifiés.

Est-ce ainsi ? Rav n'a-t-il pas dit, au nom de Rabbi Hiya : un kezayit de Pessa'h, et le Hallel fend le toit.

📜 Rachi (3)
גַּגִּין וַעֲלִיּוֹת לֹא נִתְקַדְּשׁוּ בֵּין גַּגֵּי יְרוּשָׁלַיִם בִּקְדֻושַּׁת יְרוּשָׁלַיִם לְקָדָשִׁים קַלִּים בֵּין גַּגֵּי לִשְׁכוֹת הָעֲזָרָה בִּקְדֻושַּׁת עֲזָרָה לִקְדֻושַּׁת קָדְשֵׁי קָדָשִׁים:
Aussi bien les toits de Jérusalem, pour la kedoucha de Jérusalem et les kodachim kalim, que les toits des chambres de l'azara, pour la kedoucha de l'azara et les kodchei kodachim.
כְּזֵיתָא פִּסְחָא חֲבוּרוֹת גְּדוֹלוֹת הָיוּ נִמְנִין עַד שֶׁלֹּא הָיָה הַפֶּסַח מַגִּיעַ לְכָל אֶחָד כִּי אִם כַּזַּיִת מִן הַפֶּסַח:
De grandes havourot s'inscrivaient, au point que le Pessa'h n'arrivait à chacun que pour un kezayit.
וְהַלֵּילָא פָּקַע אִיגָּרָא לְקוֹל הֲמֻולַּת הֶהָמוֹן מֵהַהַלֵּל דּוֹמִין כְּאִילּוּ הֲגַגִּין מִתְבַּקְּעִים שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים הַהַלֵּל עַל הַפֶּסַח כְּדִתְנַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף צה.) הָרִאשׁוֹן טָעוּן הַלֵּל עַל אֲכִילָתוֹ:
Au bruit du tumulte de la foule qui dit le Hallel, on dirait que les toits se fendent. Ils disaient le Hallel sur le Pessa'h, comme la michna l'enseigne plus loin (Pessahim 95a) : le premier Pessa'h exige le Hallel lors de sa consommation.
🗂️ Tossefot (1)
הַחַלּוֹנוֹת וְעֹובִי הַחוֹמָה כְּלִפְנִים בפ"ב דִּשְׁבוּעוֹת (דַּף טו:) פְּלִיגִי כֵּיצַד מְהַלְּכִים שְׁתֵּי תּוֹדוֹת שֶׁהָיוּ מְקַדְּשִׁין בָּהֶם חַד אָמַר זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ וְחַד אָמַר זוֹ אַחַר זוֹ מַשְׁמַע הָתָם דְּמִבִּפְנִים הָיוּ מְהַלְּכִין דְּפָרִיךְ בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר זוֹ אַחַר זוֹ אַמְּטוּ לְהָכִי פְּנִימִית נֶאֱכֶלֶת שֶׁכְּבָר קִדְּשָׁה רִאשׁוֹנָה אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כּוּ' וְאִי מִבַּחוּץ הָיוּ מְהַלְּכִין הֵיכִי קָאָמַר דְּקִדְּשָׁה רִאשׁוֹנָה חוּץ לַחוֹמָה וְהָא דְּקָאָמַר הָתָם לְמַאן דְּאָמַר זוֹ כְּנֶגֶד זוֹ פְּנִימִית הַךְ דִּמְקָרְבָה לַחוֹמָה אע"ג דְּמִבִּפְנִים הָיוּ מְהַלְּכִים קָרֵי לָהּ פְּנִימִית שֶׁהִיא לְצַד חוּץ יְרוּשָׁלַיִם מִפְּנֵי שֶׁהָיְתָה בֵּין ב"ד וּבֵין הַחוֹמָה אִי נָמֵי דִּמְקָרְבָה לְחוֹמַת עֲזָרוֹת קָאָמַר וְהָא דְּקָתָנֵי הָכָא שֶׁנִּתְקַדְּשָׁה עֹובִי הַחוֹמָה הַקִּידּוּשׁ הָיָה תָּלוּי בְּדַעַת ב"ד וְקִדְּשָׁה שַׁפִּיר עֹובִי הַחוֹמָה וְחַלּוֹנוֹת אִי נָמֵי לְמָאֵן דְּמַסְּקִינַן בַּגְּמָרָא עֹובִי הַחוֹמָה בְּבַר שׁוּרָא אָתֵי שַׁפִּיר דִּלְשָׁם וַדַּאי יְכוֹלִים לֵילֵךְ וּלְקַדֵּשׁ:
Au chapitre 2 de Chevouot (15b), ils divergent sur la marche des deux todot avec lesquelles on sanctifiait. L'un dit : l'une en face de l'autre. L'autre dit : l'une derrière l'autre. On en déduit là-bas qu'ils marchaient à l'intérieur. Car l'on objecte : soit, selon celui qui dit l'une derrière l'autre, c'est pour cela que l'intérieure se mange, la première ayant déjà sanctifié. Mais selon celui qui dit l'autre avis. S'ils marchaient à l'extérieur, comment dire que la première a sanctifié hors du mur ? Et ce qu'on dit là-bas selon celui qui dit l'une en face de l'autre : l'intérieure, c'est celle qui est proche du mur. Bien qu'ils marchent à l'intérieur, il l'appelle intérieure, celle du côté extérieur de Jérusalem, parce qu'elle se trouvait entre le beit din et le mur. Ou bien il veut dire celle qui est proche du mur des azarot. Et ce qu'on enseigne ici, que l'épaisseur du mur a été sanctifiée : la sanctification dépendait de l'intention du beit din, et l'on a bien sanctifié l'épaisseur du mur et les fenêtres. Ou bien, selon la conclusion de la Guemara, l'épaisseur du mur désigne le bar shura (mur bas en avant de la muraille) : cela se tient, car là on peut marcher et sanctifier.
💡 Explication

La michna compte fenêtres et épaisseur du mur comme le dedans. Rav ajoute : les toits et les étages n'ont pas reçu la kedoucha, ni ceux de Jérusalem pour les kodachim kalim, ni ceux des chambres de l'azara pour les kodchei kodachim.

La Guemara oppose à Rav un dicton qu'il rapporte lui-même au nom de Rabbi Hiya : les havourot étaient si nombreuses que chacun n'avait qu'un kezayit de Pessa'h, et le Hallel dit sur ce repas semblait fendre les toits. L'amoud s'arrête sur cette question.

Tossefot relie l'épaisseur du mur à la sanctification de Chevouot 15b, les deux todot que l'on faisait marcher. La kedoucha suivait l'intention du beit din. Autre lecture, plus loin dans la Guemara : cette épaisseur est le bar shura, où la marche de sanctification peut passer.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).