Sougya : L'amoud achève l'interdit de faire sortir la viande du Pessa'h, Chemot 12:46. Le mot houza (au-dehors) étend l'interdit de maison à maison jusqu'à la havoura.
Rabbi Ami exige un soulèvement et une pose, sur le modèle de la hotzaa de Chabbat. Rabbi Abba bar Mammal objecte depuis les taureaux brûlés portés sur des perches, puis résout quand on les traîne.
La michna règle le membre sorti en partie, puis l'agaf de la porte. La Guemara départage les portes de Jérusalem et celles de l'azara, à cause des metzoraïm, et Rav retire la kedoucha des toits et des étages.
D'une havoura à une havoura, d'où le tient-on ? Car on enseigne : Tu ne feras pas sortir de la maison de la viande au-dehors.
Je n'ai que de maison à maison. D'une havoura à une havoura, d'où ?
L'Écriture dit : au-dehors, hors du lieu de sa consommation.
Le verset, Chemot 12:46, dit déjà min ha-bayit : la viande du Pessa'h ne passe pas d'une maison à une autre. La baraita demande le second cas. Deux havourot, deux groupes inscrits chacun sur son Pessa'h, se trouvent dans la même maison.
Le mot houza (au-dehors) est en trop une fois la maison déjà dite. Il enseigne : hors du lieu où ce Pessa'h se mange, c'est-à-dire hors de sa havoura. Rachi écarte une leçon qui lirait ten houza.
Rabbi Ami a dit : celui qui fait sortir de la viande du Pessa'h d'une havoura à une havoura n'est passible qu'une fois qu'il l'a posée. Une hotzaa (sortie) est écrite à son sujet comme pour Chabbat.
De même que pour Chabbat, jusqu'à ce qu'il ait fait une akira (soulèvement) et une hanakha (pose), ici aussi, jusqu'à ce qu'il ait fait une akira et une hanakha.
Rabbi Ami aligne la sortie du Pessa'h sur la hotzaa de Chabbat. La melakha n'est faite qu'avec deux actes : akira, on soulève dans la première havoura, et hanakha, on pose dans la seconde. Tant que la viande est encore en l'air, il n'est pas passible.
Rachi : le verset be'asota vise celui qui achève tout l'acte. Le Pessa'h ne relève pas d'une hatat, et l'on exige tout de même une hotzaa complète. Tossefot rattache le mot hotzaa au verset al yetze ish mi-mekomo, lu comme un interdit de faire sortir, et rappelle les deux yetziot du traité Chabbat : celle du pauvre et celle du maître de maison.
Rabbi Abba bar Mammal objecte : s'ils les portaient sur des perches, les premiers sont sortis hors du mur de l'azara et les derniers ne sont pas sortis, les premiers rendent les vêtements impurs et les derniers ne rendent pas les vêtements impurs. Or, cela n'a pas reposé ?
Les parim ha-nisrafim, taureaux et bouc brûlés hors du camp, rendent impurs les vêtements de ceux qui les portent, dès qu'ils franchissent un camp, le mur de l'azara. Sur une perche, les porteurs de tête sont déjà dehors, ceux de queue sont encore dedans : seuls les premiers rendent leurs vêtements impurs.
Rabbi Abba bar Mammal en fait une objection à Rabbi Ami. Le verset de ces taureaux parle aussi de hotzaa (ve-hotzi), et l'impureté commence avant toute hanakha. La charge est encore portée, elle n'a pas reposé.
C'est lui qui objecte, et c'est lui qui résout : lorsqu'on les traîne.
Rabbi Abba bar Mammal lève lui-même l'objection. Le cas de la baraita est celui où la charge traîne au sol : chaque avancée pose déjà la bête, il y a hanakha.
Le Ri élargit : il suffit que la charge soit dans les trois tefahim du sol. Pour un transport, les Rabbins accordent qu'à cette hauteur cela équivaut à une pose. Pour un jet, ils exigent une pose réelle. Le taureau est entièrement hors du mur. La perche que tiennent encore les derniers ne forme pas un lien d'ustensile capable de ramener la bête à l'intérieur.
Michna. Un membre dont une partie est sortie : on coupe jusqu'à atteindre l'os, on détache jusqu'à atteindre l'articulation, et on coupe.
Et pour les autres offrandes consacrées : on tranche avec un kopitz (couperet), car il n'y a pas, pour elles, l'interdit de briser l'os.
La michna reprend le membre du Pessa'h sorti en partie, déjà vu au sujet de l'interdit de briser l'os. On coupe la viande à la limite, on la détache le long de l'os jusqu'à l'articulation, et l'on coupe au joint. L'os du Pessa'h reste entier.
Les autres kodachim n'ont pas cet interdit. La part sortie se tranche au kopitz, quitte à couper l'os.
Depuis l'agaf vers l'intérieur, c'est comme l'intérieur. Depuis l'agaf vers l'extérieur, c'est comme l'extérieur.
Les fenêtres et l'épaisseur du mur, c'est comme l'intérieur.
L'agaf est la bande du montant où le battant se ferme, du bord intérieur jusqu'au point où la porte frappe. En deçà, vers la ville, c'est le dedans : on y mange les kodachim kalim. Au-delà du choc, c'est le dehors.
La michna ne dit pas encore le statut de l'agaf lui-même. Rachi laisse la question à la Guemara. Les fenêtres et l'épaisseur du mur comptent comme le dedans. L'épaisseur des portes suivra une autre règle, à cause des metzoraïm.
Guemara. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : et de même pour la tefila.
Et cela diverge de Rabbi Yehochoua ben Levi. Car Rabbi Yehochoua ben Levi a dit : même une cloison de fer ne sépare pas entre Israël et leur Père qui est aux cieux.
Rav, transmis par Rav Yehouda, transporte la règle de l'agaf à la tefila. Rachi : dedans, on complète le minyan ; hors de l'ouverture, on ne se joint pas. Rabbi Yehochoua ben Levi : une cloison, même de fer, ne fait pas écran entre Israël et leur Père qui est aux cieux.
Tossefot, au nom du Ri, lit autrement. Le tsirouf est déjà tranché ailleurs : une cloison empêche de réunir dix. Le chofar et la meguila s'entendent à travers un mur, si l'on dirige son cœur. La discussion vise la réponse d'un particulier à la kedoucha et à yehe chemeh rabba, paroles qui exigent dix.
Ceci même est difficile. Tu as dit : depuis l'agaf vers l'intérieur, c'est comme l'intérieur.
Donc l'agaf lui-même est comme l'extérieur. Dis la fin : depuis l'agaf vers l'extérieur, c'est comme l'extérieur.
Donc l'agaf lui-même est comme l'intérieur.
Les deux phrases de la michna se renvoient l'une à l'autre. Si seul l'espace depuis l'agaf vers le dedans compte comme le dedans, l'agaf lui-même reste dehors. Si seul l'espace depuis l'agaf vers le dehors compte comme le dehors, l'agaf lui-même reste dedans.
Rachi précise l'objet du doute : l'épaisseur de la porte, entre le choc du battant et le bord intérieur.
Il n'y a pas de difficulté : ici, aux portes de l'azara ; ici, aux portes de Jérusalem.
Les deux phrases parlent de deux lieux. La fin, qui laisse l'agaf comme le dedans, vise les portes de l'azara : leur épaisseur a la kedoucha du parvis, sauf Nikanor. Le début, qui laisse l'agaf comme le dehors, vise les portes de Jérusalem : leur épaisseur n'a pas été sanctifiée.
Rachi donne déjà la raison, que les segments suivants citent : le metzora, exclu des camps, doit pouvoir se tenir dans ces ouvertures.
Car Rabbi Chemouel bar Rav Yitzhak a dit : pourquoi les portes de Jérusalem n'ont-elles pas été sanctifiées ? Parce que les metzoraïm s'abritent sous elles, au soleil contre le soleil, et sous la pluie contre la pluie.
Le metzora reste hors de Jérusalem. Les portes, laissées sans kedoucha, lui servent d'abri : à l'ombre quand il fait soleil, au sec quand il pleut. S'abriter là ne le fait pas entrer dans la ville sainte.
Et Rabbi Chemouel bar Rav Yitzhak a dit : pourquoi la porte de Nikanor n'a-t-elle pas été sanctifiée ? Parce que les metzoraïm s'y tiennent et y introduisent les pouces de leurs mains.
La porte de Nikanor, à l'orient de l'azara, reste sans la kedoucha du parvis. Le huitième jour, le metzora est guéri, rasé, immergé, et le soleil du septième s'est couché. Il est encore mehussar kapara : entrer dans l'azara lui vaudrait le karet. Il se tient dans la porte et avance ses pouces. Le kohen y pose le sang de l'acham, qui doit rester dans l'azara.
Rachi laisse deux lectures de l'entrée partielle. Tossefot : la michna n'a pas à séparer Nikanor des autres portes de l'azara, parce qu'elle parle du Pessa'h, invalidé seulement hors du mur de Jérusalem.
Les fenêtres et l'épaisseur du mur, etc. Rav a dit : les toits et les étages n'ont pas été sanctifiés.
Est-ce ainsi ? Rav n'a-t-il pas dit, au nom de Rabbi Hiya : un kezayit de Pessa'h, et le Hallel fend le toit.
La michna compte fenêtres et épaisseur du mur comme le dedans. Rav ajoute : les toits et les étages n'ont pas reçu la kedoucha, ni ceux de Jérusalem pour les kodachim kalim, ni ceux des chambres de l'azara pour les kodchei kodachim.
La Guemara oppose à Rav un dicton qu'il rapporte lui-même au nom de Rabbi Hiya : les havourot étaient si nombreuses que chacun n'avait qu'un kezayit de Pessa'h, et le Hallel dit sur ce repas semblait fendre les toits. L'amoud s'arrête sur cette question.
Tossefot relie l'épaisseur du mur à la sanctification de Chevouot 15b, les deux todot que l'on faisait marcher. La kedoucha suivait l'intention du beit din. Autre lecture, plus loin dans la Guemara : cette épaisseur est le bar shura, où la marche de sanctification peut passer.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).