Pesachim 87a - De qui l'on mange le Pessah, et Hoshea devant Israël

Pesachim 87a

Sougya : La michna règle de quel Pessa'h l'on mange quand deux personnes ont abattu pour le même inscrit. La femme qui vit chez son mari mange du sien.

Au premier regel chez son père, elle choisit, si elle a clarifié au moment de la chehita. L'orphelin choisit entre ses tuteurs.

L'esclave de deux associés, et celui qui est moitié esclave, ne mangent pas du maître. La Guemara écarte la berera, puis accorde la michna et une baraita par la femme radoufa, empressée d'aller chez son père.

De là, l'amoud lit la kalla, Eilam, la Torah, les jeunes d'Israël, les quatre prophètes d'une même période, et l'ordre donné à Hoshea de prendre Gomer.

De quel Pessa'h mange-t-on ? Michna. Deux personnes ont abattu pour le même inscrit. Cas Présomption Elle mange Femme chez son mari Père et mari ont abattu Sa daat est sur le mari Tant qu'elle n'a rien déclaré Celui du mari Premier regel chez le père Elle n'est pas radoufa Doute : lequel lui agrée Elle clarifie à la chehita L'endroit choisi Sinon, ni l'un ni l'autre Orphelin Deux tuteurs ont abattu Chacun l'a compté sur le sien L'endroit qu'il veut Esclave de deux associés Même si un seul l'a compté L'autre part n'a pas permis Remède : les deux sont d'accord Ni l'un ni l'autre Moitié esclave moitié ben horin Le maître ne compte pas la part de liberté Pas celui du maître
Cinq cas de la michna : présomption, choix à la chehita, ou impossibilité de manger.
Michna et baraita : la femme radoufa Rachi. Radoufa : elle court annoncer son éloge chez son père. Michna : elle n'est pas radoufa Baraita : elle est radoufa Premier regel Doute Elle mange où elle veut si elle a clarifié à la chehita Premier regel Sûr : elle suit le père Elle mange de celui du père par présomption, sans déclaration Les regels suivants Sûr : la maison du mari lui est chère Elle mange de celui du mari À partir de là Doute Père ou mari, selon son choix Tossefot, Rabbeinou Tam : toute kalla est radoufa quand elle a été trouvée entière chez son beau-père. La michna vise alors celle qui ne l'est pas : elle n'y est pas allée, ou l'éloge est déjà annoncé.
Rachi accorde la michna et la baraita selon que la femme est radoufa ou non.
Hoshea : ce qu'il devait dire, ce qu'il a dit L'amoud s'arrête sur Gomer. La suite du nom est au daf suivant. Hachem à Hoshea : tes fils ont péché Il aurait dû dire Tes fils, fils de Tes favoris, fils d'Avraham, Its'hak, Yaakov. Il a dit Le monde entier est à Toi. Fais-les passer dans une autre nation. Ce que Hachem lui ordonne Prends une femme de débauche, engendre des fils de débauche. Ensuite : renvoie-la. S'il le peut, Je renverrai Israël. Hoshea 1, 3 : Gomer bat Divlayim Gomer : tous achèvent en elle leur union et leur désir. Le daf coupe sur le mot bat. Divlayim continue en 87b.
Hoshea n'a pas plaidé pour Israël. Hachem lui fait prendre Gomer, puis la renvoyer.
1
מתני׳ האשה בזמן שהיא בבית בעלה, שחט עליה בעלה ושחט עליה אביה — תאכל משל בעלה. הלכה רגל ראשון לעשות בבית אביה, שחט עליה אביה ושחט עליה בעלה — תאכל במקום שהיא רוצה.

Michna. La femme, tant qu'elle est dans la maison de son mari : si son mari a abattu pour elle et que son père a abattu pour elle, elle mange de celui de son mari.

Si elle est allée le premier regel (pèlerinage) l'accomplir dans la maison de son père, que son père a abattu pour elle et que son mari a abattu pour elle, elle mange à l'endroit qu'elle veut.

📜 Rachi (3)
מתני' האשה. תאכל משל בעלה דמסתמא דעתה לימנות על של בעלה כל זמן שלא פירשה שיהא דעתה בשל אביה:
Elle mange de celui de son mari : par présomption, sa daat (intention) est d'être comptée sur celui de son mari, tant qu'elle n'a pas déclaré que sa daat serait sur celui de son père.
רגל הראשון כך דרך הנשואות ללכת לבית אביהן רגל הראשון שאחר הנשואין:
Le premier regel : telle est la coutume des femmes mariées, d'aller dans la maison de leur père le premier regel après le mariage.
תאכל ממקום שהיא רוצה ובגמרא מוקי לה כשאינה רדופה לילך עד הנה לבית אביה תמיד הלכך מספקא לן בהי ניחא לה אלא אם כן פירשה:
Elle mange de l'endroit qu'elle veut : la Guemara l'établit pour celle qui n'est pas radoufa (empressée) d'aller toujours, jusqu'à présent, dans la maison de son père. Nous sommes donc dans le doute : lequel lui agrée, sauf si elle a déclaré.
🗂️ Tossefot (1)
מתני' האשה. מאי רוצה בשעת שחיטה ודווקא ביררה בשעת שחיטה אבל לא ביררה אינה אוכלת לא משל זה ולא משל זה אבל ברישא אפילו סתמא אוכלת משל בעלה:
Que signifie " elle veut ", au moment de la chehita : précisément si elle a choisi au moment de la chehita (abattage). Si elle n'a pas choisi, elle ne mange ni de celui-ci ni de celui-là. Dans le premier cas, même sans déclaration, elle mange de celui de son mari.
💡 Explication

Deux abattages pour une même femme. Tant qu'elle vit chez son mari, la daat présumée est la sienne : elle mange de son Pessa'h, même si le père a aussi abattu pour elle.

Le premier regel après le mariage, elle a coutume d'aller chez son père. Si elle n'est pas radoufa, le doute reste ouvert. Tossefot : le choix doit être fait à la chehita. Sans choix, elle ne mange d'aucun des deux. Ce second cas est celui que la Guemara va lire. Le premier cas, chez le mari, tient même sans déclaration.

2
יתום ששחטו עליו אפוטרופסין — יאכל במקום שהוא רוצה. עבד של שני שותפין לא יאכל משל שניהן. מי שחציו עבד וחציו בן חורין לא יאכל משל רבו.

Un orphelin pour qui les apotropsin (tuteurs) ont abattu : il mange à l'endroit qu'il veut. Un esclave de deux associés ne mange pas de celui des deux.

Celui qui est pour moitié esclave et pour moitié ben horin (homme libre) ne mange pas de celui de son maître.

📜 Rachi (3)
אפוטרופסין שהיו לו שנים והמנוהו זה על פסחו וזה על פסחו:
Des tuteurs : il en avait deux, celui-ci l'a compté sur son Pessa'h, et celui-là sur son Pessa'h.
לא יאכל משל שניהן לא מפסחו של זה ולא משל זה ואפילו המנהו האחד על פסחו מי נתן רשות לחלק האחר לימנות על זה ואין לו תקנה אלא א"כ רצו שניהן שימנה עם האחד:
Il ne mange pas de celui des deux : ni du Pessa'h de celui-ci, ni de celui de celui-là. Même si l'un l'a compté sur son Pessa'h, qui a donné permission à l'autre part d'être comptée sur celui-ci ? Il n'a de remède que si les deux ont voulu qu'il soit compté avec l'un d'eux.
לא יאכל משל רבו דמסתמא לא היה דעת רבו להימנות חלק החירות על פסחו:
Il ne mange pas de celui de son maître : par présomption, la daat de son maître n'était pas de compter la part de liberté sur son Pessa'h.
💡 Explication

L'orphelin suit le cas douteux de la femme : deux tuteurs l'ont inscrit, il mange où il veut.

L'esclave de deux associés n'a pas de Pessa'h. Une moitié de lui appartient à chacun. Même si l'un l'inscrit, l'autre moitié n'a pas été autorisée. Les deux doivent vouloir qu'il soit compté avec un seul.

Le moitié esclave, moitié ben horin : le maître est présumé n'avoir inscrit que la part d'esclavage. La part libre reste hors du compte. Il ne mange pas de celui du maître.

3
גמ׳ שמעת מינה יש ברירה? מאי רוצה — בשעת שחיטה.

Guemara. Tu en entends qu'il y a berera (clarification rétroactive) ?

Que signifie " elle veut " ? Au moment de la chehita.

📜 Rachi (2)
גמ' שמעת מינה יש ברירה קס"ד ממקום שהיא רוצה בשעת אכילה קאמר ואמרינן הוברר דשחיטה וזריקה דהאי פסח שפיר איזדריק עלה דהאי אתתא:
Tu en entends qu'il y a berera : nous pensions que cela parle de l'endroit qu'elle veut au moment de la consommation. Nous disons alors : il a été clarifié que la chehita et la zerika (aspersion) de ce Pessa'h ont bien porté sur cette femme.
בשעת שחיטה ששאלנו את פיה בשעת שחיטה ואמרה בזה אני רוצה:
Au moment de la chehita : nous lui avons demandé au moment de la chehita, et elle a dit : c'est celui-ci que je veux.
💡 Explication

Pour être du Pessa'h, il faut être inscrit avant l'abattage. Si " elle veut " voulait dire : elle choisit au moment de manger, la chehita et la zerika ne seraient siennes qu'après coup. Ce serait une berera.

La Guemara retire la question. " Elle veut " est le choix déjà dit à la chehita : on lui a demandé, elle a répondu. L'inscription est antérieure. On n'apprend rien sur la berera.

🖼️ Schéma
Yech berera ? Le choix est à la chehita Hava amina Elle choisit au moment de manger Chehita et zerika clarifiées après coup Difficulté On en tirerait qu'il y a berera Or la berera n'est pas tranchée Réponse On lui a demandé à la chehita Elle a dit : c'est celui-ci que je veux
Le choix au moment de manger ouvrirait la berera. Le texte le place à la chehita.
4
ורמינהו: אשה, רגל הראשון אוכלת משל אביה. מכאן ואילך, רוצה — אוכלת משל אביה, רוצה — משל בעלה.

On objecte. Une femme, le premier regel, mange de celui de son père.

À partir de là, si elle veut, elle mange de celui de son père ; si elle veut, de celui de son mari.

📜 Rachi (1)
אוכלת משל אביה מן הסתם:
Elle mange de celui de son père : par présomption.
💡 Explication

La baraita contredit la michna. Au premier regel, elle mange du père, sans choix. Ensuite, le choix reste ouvert, père ou mari.

La michna, elle, après le premier regel, la renvoie au mari. Rachi : le " de celui de son père " de la baraita est une présomption, sans déclaration.

5
לא קשיא: כאן, ברדופה לילך. כאן, בשאינה רדופה.

Pas de difficulté. Ici, pour celle qui est radoufa (empressée d'y aller).

Ici, pour celle qui n'est pas radoufa.

📜 Rachi (1)
מתניתין בשאינה רדופה לילך תמיד לבית אביה דבית בעלה חביב לה הלכך כל שאר הרגלים ודאי שייכא בתריה ורגל ראשון ספק וברייתא ברדופה הלכך רגל הראשון ודאי בתר אביה מכאן ואילך ספק:
La michna parle de celle qui n'est pas radoufa d'aller toujours dans la maison de son père, car la maison de son mari lui est chère. C'est pourquoi, à tous les autres regels, elle suit sûrement le mari, et le premier regel est un doute. La baraita parle de celle qui est radoufa. C'est pourquoi le premier regel suit sûrement le père, et à partir de là c'est un doute.
🗂️ Tossefot (1)
כאן ברדופה כאן בשאינה רדופה אור"ת דכל נשים רדופות הן להגיד בבית אביהן כשנמצאו שלימות בבית חמיהן והשתא מוקי מתני' בשאינה רדופה כגון שברגל הראשון שאחר חופה לא הלכה לבית אביה ומיירי מתני' ברגל שני לחופתה והוא ראשון להליכה שברגל שלפניו לא הלכה הלכך כיון שאינה רדופה ספק הוא דשמא גם בזה לא תלך וצריכה לברר אי נמי מתניתין מיירי ברגל ראשון לחופתה ואינה רדופה לפי שמיירי שכבר קודם הרגל הגידה שבחה בבית אביה ולכך הוי ספק אף ברגל ראשון ורישא דקתני תאכל משל בעלה ברגל שני להליכתה שכבר היתה בבית אביה ברגל שלפניו וברייתא ברדופה ברגל הראשון לחופתה ולהליכתה דודאי דעתה בשל אביה דהיא רדופה להגיד שבחה שנמצאת שלימה ומכאן ואילך דקתני היינו ברגל שני ועדיין לא הגידה שבחה דאז הוא ספק והלכה דקתני במתניתין לאו דוקא דאי דוקא כבר גילתה דעתה שרוצה בשל אביה א"נ אפילו הלכה כל זמן שלא ביררה ספק הוא אבל הלכה לעשות לא גרס ואי גרס צ"ל דלעשות לאו דווקא והשתא אתי שפיר הא דגרס דכתיב אז הייתי בעיניו כמוצאת שלום וגו' וגרס נמי וא"ר יוחנן דמייתי ראיה דסתם כלה רדופה להגיד שבחה:
Ici pour celle qui est radoufa, ici pour celle qui ne l'est pas. Rabbeinou Tam : toutes les femmes sont radoufot, empressées d'annoncer dans la maison de leur père, lorsqu'elles ont été trouvées entières dans la maison de leur beau-père. Dès lors on établit la michna pour celle qui n'est pas radoufa, par exemple : au premier regel après la houppa (le mariage), elle n'est pas allée dans la maison de son père. La michna parle du second regel après sa houppa, et c'est le premier de ses déplacements, car au regel d'avant elle n'y est pas allée. C'est pourquoi, puisqu'elle n'est pas radoufa, c'est un doute : peut-être, cette fois encore, n'ira-t-elle pas, et elle doit clarifier. Autre cas : la michna parle du premier regel après sa houppa, et elle n'est pas radoufa, parce qu'il s'agit du cas où, déjà avant le regel, elle a annoncé son éloge dans la maison de son père. C'est pourquoi c'est un doute même au premier regel. Le début, qui enseigne qu'elle mange de celui de son mari, vise le second regel de son déplacement, puisqu'elle a déjà été dans la maison de son père au regel d'avant. La baraita parle de celle qui est radoufa, au premier regel de sa houppa et de son déplacement : sûrement sa daat est sur celui de son père, car elle est radoufa d'annoncer son éloge, elle qui a été trouvée entière. " À partir de là ", c'est le second regel, et elle n'a pas encore annoncé son éloge : alors c'est un doute. " Elle est allée ", enseigné dans la michna, n'est pas au sens strict. Au sens strict, elle aurait déjà révélé sa daat, qu'elle veut celui de son père. Autre lecture : même si elle est allée, tant qu'elle n'a pas choisi, c'est un doute. Mais " elle est allée pour accomplir ", sa version ne le porte pas. S'il le lit, il faut dire que " pour accomplir " n'est pas au sens strict. Dès lors s'ajuste bien ce que le texte lit : il est écrit " alors j'étais à ses yeux comme une qui trouve la paix ", etc. Il lit aussi " et Rabbi Yo'hanan a dit ", qui apporte la preuve que, par présomption, une kalla (jeune mariée) est radoufa d'annoncer son éloge.
💡 Explication

Rachi répartit les deux textes. La michna : elle n'est pas radoufa, la maison du mari lui est chère. Premier regel, doute. Ensuite, sûr, elle suit le mari. La baraita : elle est radoufa. Premier regel, sûr, elle suit le père. Ensuite, doute.

Rabbeinou Tam part d'un autre point : toute femme est radoufa quand elle a été trouvée entière chez son beau-père, pour aller le dire chez son père. La michna ne peut donc viser une femme ordinaire. Ou bien elle n'est pas allée au premier regel après la houppa, et le " premier " de la michna est le premier déplacement, au second regel. Ou bien elle a déjà annoncé son éloge avant le regel, et même le premier regel après la houppa est un doute.

" Elle est allée " n'est pas au sens strict : un départ effectif aurait déjà montré qu'elle veut le père. La version de Rabbeinou Tam ne porte pas " pour accomplir ". Le verset qui suit, et Rabbi Yo'hanan, servent de preuve : une kalla, par présomption, est radoufa.

🖼️ Schéma
Rabbeinou Tam : qui est la femme de la michna ? Toute kalla est radoufa. La michna vise celle qui ne l'est plus. Lecture 1 Au premier regel après la houppa elle n'est pas allée chez son père La michna parle du second regel après la houppa C'est le premier déplacement Doute : peut-être n'ira-t-elle pas Lecture 2 Premier regel après la houppa Avant le regel, elle a déjà annoncé son éloge chez son père Elle n'est donc plus radoufa Doute, même à ce premier regel
Deux lectures de Rabbeinou Tam pour faire de la femme de la michna une femme qui n'est plus radoufa.
6
דכתיב: ״אז הייתי בעיניו כמוצאת שלום״, ואמר רבי יוחנן: ככלה שנמצאת שלימה בבית חמיה, ורדופה לילך להגיד שבחה בבית אביה. כדכתיב: ״והיה ביום ההוא נאם ה׳ תקראי אישי ולא תקראי לי עוד בעלי״, אמר רבי יוחנן: ככלה בבית חמיה, ולא ככלה בבית אביה.

Car il est écrit : Alors j'étais à ses yeux comme une qui trouve la paix. Et Rabbi Yo'hanan a dit : comme une kalla qui a été trouvée entière dans la maison de son beau-père, et qui est radoufa d'aller annoncer son éloge dans la maison de son père.

Comme il est écrit : Et il arrivera en ce jour-là, déclaration de Hachem, tu M'appelleras Ishi (mon homme), et tu ne M'appelleras plus Baali (mon maître). Rabbi Yo'hanan a dit : comme une kalla dans la maison de son beau-père, et non comme une kalla dans la maison de son père.

📜 Rachi (2)
כמוצאת שלום נתחבבתי עליו ונמצאתי שלימה לו:
Comme une qui trouve la paix : je lui suis devenue chère, et je me suis trouvée entière pour lui.
להגיד שבחה היאך מקובלת היא בבית חמיה:
Pour annoncer son éloge : comment elle est accueillie dans la maison de son beau-père.
💡 Explication

Le verset de Chir ha-Chirim 8, 10 fournit l'image de la femme radoufa. Rabbi Yo'hanan : la kalla trouvée entière chez son beau-père court l'annoncer chez son père. Rachi : " entière " veut dire devenue chère, trouvée entière pour lui. L'éloge, c'est la façon dont elle est accueillie.

Le second verset est Hoshea 2, 18. Ishi, mon homme : la kalla dans la maison du beau-père, où le lien avec le mari est proche. Baali, mon maître : la kalla encore dans la maison du père. L'amoud enchaîne sur Hoshea à partir de ce verset.

7
״אחות לנו קטנה ושדים אין לה״, אמר רבי יוחנן: זו עילם, שזכתה ללמוד, ולא זכתה ללמד.

Notre sœur est petite, et elle n'a pas de seins. Rabbi Yo'hanan a dit : c'est Eilam, qui a mérité d'apprendre, et n'a pas mérité d'enseigner.

📜 Rachi (3)
ושדים להניק אחרים:
Et des seins : pour allaiter les autres.
אין לה שאין הנאה ממנה:
Elle n'en a pas : car on n'en tire pas de profit.
זו עילם שהיה בה דניאל שנאמר (דניאל ח׳:ב׳) ואני (דניאל הייתי) בשושן אשר בעילם המדינה וזכה ללמוד ולא רבץ תורה בישראל אבל בבל גידלה עזרא הסופר דכתיב (עזרא ז׳:י׳) (הוא) הכין לבבו לדרוש (בתורת) [את תורת] ה' [ולעשות] וללמד בישראל חק ומשפט:
C'est Eilam : Daniel s'y trouvait, ainsi qu'il est dit (Daniel 8, 2) : et moi, j'étais à Shoushan, qui est dans la province d'Eilam. Il a mérité d'apprendre, et il n'a pas fait reposer la Torah en Israël. Mais Bavel a élevé Ezra le sofer (le scribe), ainsi qu'il est écrit (Ezra 7, 10) : il disposa son cœur à rechercher la Torah de Hachem, à la pratiquer et à enseigner en Israël le statut et le droit.
🪔 Ben Yehoyada (1)
"אחות לנו קטנה ושדים אין לה" (שיר השירים ח, ח) זו עילם, שזכתה ללמד ולא זכתה ללמד. קשה למה מכנה את דניאל בשם עירו יאמר 'זה דניאל'? ונראה לי דכנהו בשם עירו שנקראת עילם לשון התעלמות לרמוז כי חסרון זה שנתעלמה חכמתו בקרבו ולא גילה אותה חוצה ללמדה לאחרים. גם הכתוב דימהו לאשה שקראו 'אחות לנו קטנה ושדים אין לה' כי האשה נשפעת מבעלה אכילה ושתיה ואחר כך היא משפעת לבנה מדדיה חלב הנעשה מן אכילה ושתיה ולזה ידמה התלמיד חכם שנשפע תורה מרבו ואחר כך הוא משפיע לתלמידיו, אבל הלומד ואינו מלמד דומה לאשה קטנה שאין לה דדים להניק בהם ונמצא נשפעת ואינה משפעת.
" Notre sœur est petite, et elle n'a pas de seins " (Chir ha-Chirim 8, 8) : c'est Eilam, qui a mérité d'apprendre et n'a pas mérité d'enseigner. Difficulté : pourquoi désigne-t-il Daniel par le nom de sa ville ? Qu'il dise : c'est Daniel. Il me semble : il l'a désigné par le nom de sa ville, appelée Eilam, langue de he'alemout (dissimulation), pour faire allusion à ce manque : sa sagesse s'est dissimulée en lui, et il ne l'a pas révélée au-dehors pour l'enseigner à d'autres. Le verset aussi le compare à une femme, qu'il appelle notre sœur petite, sans seins. Car la femme reçoit de son mari nourriture et boisson, puis elle transmet à son fils, de ses seins, le lait fait de cette nourriture et de cette boisson. On compare à cela le talmid 'hakham qui reçoit la Torah de son maître, puis la transmet à ses disciples. Celui qui apprend et n'enseigne pas ressemble à une petite femme qui n'a pas de seins pour allaiter : elle reçoit, et elle ne transmet pas.
💡 Explication

Chir ha-Chirim 8, 8, verset voisin de celui de la kalla. Rabbi Yo'hanan : la sœur sans seins est Eilam. Elle a appris, elle n'allaite pas les autres.

Rachi nomme Daniel, à Shoushan d'Eilam (Daniel 8, 2). Il a appris, il n'a pas fait reposer la Torah en Israël. Bavel, à l'inverse, a élevé Ezra, qui cherche, pratique et enseigne (Ezra 7, 10).

Le Ben Yehoyada lit le nom Eilam comme he'alemout, dissimulation : la sagesse de Daniel est restée en lui. Le talmid 'hakham reçoit de son maître comme la femme reçoit de son mari, puis il transmet. Apprendre sans enseigner, c'est recevoir sans allaiter.

8
״אני חומה ושדי כמגדלות״, אמר רבי יוחנן: ״אני חומה״ — זו תורה, ״ושדי כמגדלות״ — אלו תלמידי חכמים. ורבא אמר: ״אני חומה״ — זו כנסת ישראל, ״ושדי כמגדלות״ — אלו בתי כנסיות ובתי מדרשות.

Je suis un rempart, et mes seins sont comme des tours. Rabbi Yo'hanan a dit : " Je suis un rempart ", c'est la Torah.

" Et mes seins sont comme des tours ", ce sont les talmidei hakhamim. Et Rava a dit : " Je suis un rempart ", c'est la Knesset Israël.

" Et mes seins sont comme des tours ", ce sont les batei knesset (synagogues) et les batei midrach (maisons d'étude).

📜 Rachi (2)
ושדי אלו ת"ח המניקין אחרים כשדיים הללו:
Et mes seins, ce sont les talmidei hakhamim : qui allaitent les autres, comme ces seins.
כמגדלות שמגינין על הדור:
Comme des tours : car ils protègent la génération.
🪔 Ben Yehoyada (1)
"אני חומה", זו תורה. נראה לי בס"ד כי תורה שבכתב חמשה ספרים ותורה שבעל פה ששה סדרים הרי ה " ו וידוע מה שאמר התנא (משנה אבות ו, ה) התורה נקנית ב מ " ח מעלות הרי אותיות חומה. לזה אמר אני חומה זו תורה גם היא חומה ששומרת האדם מן החטא ומן היצר הרע כמו החומה שעושין אותה לשמור. ' ושדי כמגדלות ', אלו תלמידי חכמים כמו המגדל הוא מסויים וניכר ונראה לכל כן התלמידי חכמים. גם אמר 'כמגדלות' חלק התיבה לשתים וקרי בה 'מך גדלות' שהוא עניו ומך, ומחמת כן יזכה לגדלות ד'מאן דאיהו זעיר, איהו רב'. ועוד אמר ' אני חומה ' זו כנסת ישראל דכתיב (ירמיהו לא, כא) 'נקבה תסובב גבר' ולכן כנסת ישראל שהוא סוד נוקבא נקראת חומה על שם הכתוב 'נקבה תסובב גבר', 'ושדי כמגדלות' אלו בתי כנסיות ובתי מדרשות שמשפיעים כמו השדים.
" Je suis un rempart ", c'est la Torah. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la Torah écrite compte cinq livres, la Torah orale six ordres, cela fait les lettres he et vav. On connaît ce qu'a dit le Tana (Michna Avot 6, 5) : la Torah s'acquiert par quarante-huit degrés, lettres mem et het. Voilà les lettres de homa (rempart). C'est pourquoi il a dit : je suis un rempart, c'est la Torah. Elle est aussi un rempart qui garde l'homme du péché et du yetser ha-ra (mauvais penchant), comme le rempart que l'on bâtit pour garder. " Et mes seins sont comme des tours " : ce sont les talmidei hakhamim. Comme la tour est marquée, reconnaissable, visible de tous, ainsi les talmidei hakhamim. Il a dit aussi " comme des tours " : il coupe le mot en deux et y lit makh gedoulout, celui qui est humble et pauvre, makh, et qui par là mérite la grandeur. Car celui qui est petit, celui-là est grand. Il a dit encore : " je suis un rempart ", c'est la Knesset Israël, ainsi qu'il est écrit (Yirmeya 31, 21) : la femelle entourera l'homme. C'est pourquoi la Knesset Israël, qui est le sod de la noukva (aspect réceptif), est appelée rempart, d'après le verset : la femelle entourera l'homme. " Et mes seins sont comme des tours " : ce sont les synagogues et les maisons d'étude, qui transmettent comme les seins.
💡 Explication

Même verset, première moitié, Chir ha-Chirim 8, 10. Rabbi Yo'hanan : le rempart est la Torah, les tours sont les talmidei hakhamim. Rachi : ils allaitent, et la tour protège la génération.

Rava : le rempart est la Knesset Israël, les tours sont les synagogues et les maisons d'étude.

Le Ben Yehoyada assemble les lettres de homa : cinq livres et six ordres font he et vav ; quarante-huit degrés (Avot 6, 5) font mem et het. Il coupe aussi migdalot en makh et gedoulout : l'humble reçoit la grandeur. Pour Rava, la Knesset Israël entoure, comme le verset " la femelle entourera l'homme ".

🖼️ Schéma
Je suis un rempart, mes seins comme des tours Chir ha-Chirim 8, 10. Deux lectures. Rabbi Yo'hanan Rempart : la Torah Tours : les talmidei hakhamim Ils allaitent les autres et protègent la génération Rava Rempart : Knesset Israël Tours : synagogues et maisons d'étude Là, Israël est nourri
Rabbi Yo'hanan lit la Torah et les sages. Rava lit Israël, les synagogues et les maisons d'étude.
9
אמר רב זוטרא בר טוביה אמר רב, מאי דכתיב: ״אשר בנינו כנטעים מגדלים בנעוריהם בנותינו כזוית מחטבות תבנית היכל״,

Rav Zoutra bar Tovia a dit au nom de Rav : que signifie ce qui est écrit : Nos fils sont comme des plants, grands dans leur jeunesse, nos filles comme des angles, taillées à la forme d'un Heikhal.

📜 Rachi (1)
כנטיעים נטיעות יונקות שלא נתקלקלו עדיין ולא אירע בהן שבר:
Comme des plants : de jeunes plants qui tètent, qui ne se sont pas encore gâtés, et auxquels aucun accident n'est arrivé.
💡 Explication

Rav, transmis par Rav Zoutra bar Tovia, ouvre Tehilim 144, 12. Le verset est cité en entier. L'explication vient au segment suivant.

Rachi prépare " comme des plants " : des jeunes pousses encore saines, sans gât, sans accident. C'est l'image des jeunes gens qui n'ont pas goûté le péché.

10
״אשר בנינו כנטעים״ — אלו בחורי ישראל שלא טעמו טעם חטא. ״בנותינו כזוית״ — אלו בתולות ישראל שאוגדות פתחיהן לבעליהן. וכן הוא אומר: ״ומלאו כמזרק כזוית מזבח״, איבעית אימא מהכא: ״מזוינו מלאים מפיקים מזן אל זן״,

" Nos fils sont comme des plants " : ce sont les jeunes hommes d'Israël qui n'ont pas goûté le goût du péché. " Nos filles comme un angle " : ce sont les vierges d'Israël qui lient leur ouverture pour leur mari.

Et ainsi il dit : Ils se rempliront comme le bassin, comme les angles de l'autel. Si tu veux, dis-le d'ici : Nos angles sont pleins, ils fournissent d'espèce en espèce.

📜 Rachi (2)
שאוגדות פתחיהן לבעליהן סותמות פתחיהן עד שמזדקקות לבעליהן ואינן נבעלות לאחרים לשון אחר שמגידות פתחיהן של נדה לבעליהן לפרוש מהן ואע"פ שתאוותן רבה:
Qui lient leur ouverture pour leur mari : elles ferment leur ouverture jusqu'à ce qu'elles s'unissent à leur mari, et elles ne sont pas possédées par d'autres. Autre langue : elles déclarent à leur mari l'ouverture de leur nida, pour qu'il s'en écarte, bien que leur désir soit grand.
וכן הוא אומר ומלאו כמזרק כזויות מזבח מה זויות דהתם כתיב בהו ומלאו הכא נמי בנותינו כזויות על ידי שמתמלאות תאוה ואין נזקקות אלא עד שיבואו בעליהן:
Et ainsi il dit : ils se rempliront comme le bassin, comme les angles de l'autel. De même que les angles, là-bas, ont l'écrit " ils se rempliront ", ici aussi " nos filles comme des angles ", parce qu'elles se remplissent de désir et ne s'unissent qu'au moment où leurs maris viennent.
🗂️ Tossefot (1)
כזויות מזבח מה להלן דם אף כאן דם נדות:
Comme les angles de l'autel : là-bas, du sang ; ici aussi, le sang des nidot.
🪔 Ben Yehoyada (3)
אלו בחורי ישראל שלא טעמו טעם חטא. נראה לי בס"ד יש רואה קרי מחמת הרהור זה 'טעם חטא ' אבל קרי שלא מחמת הרהור אלא מחמת טורח או רבוי אכילה או מצד חולי אין בו טעם חטא וזה לא יבצר גם מבחורי ישראל. ויליף מן 'מגדלים בנעוריהם' (תהלים קמד, יב) רוצה לומר אף על פי שעתה הם מגדלים שנעשו גדולים בשנים עם כל זה כאילו הם עודם בנעוריהם רוצה לומר קטנים שאין להם הרהורים רעים.
Ce sont les jeunes hommes d'Israël qui n'ont pas goûté le goût du péché. Il me semble, avec l'aide du Ciel : il y a celui qui voit un keri (émission) à cause d'un hirhour (pensée). Cela, c'est le goût du péché. Une émission qui vient d'une fatigue, d'un excès de nourriture ou d'une maladie, et non d'une pensée, n'a pas le goût du péché. Cela non plus n'est pas épargné aux jeunes hommes d'Israël. Il l'apprend de " grands dans leur jeunesse " (Tehilim 144, 12). Cela veut dire : bien qu'à présent ils soient grands, devenus grands en années, ils sont encore comme dans leur jeunesse, c'est-à-dire des petits, sans mauvaises pensées.
"בנותינו כזויות מחטבות" (תהלים קמד, יב) , אלו בנות ישראל שאוגדות פתחיהן לבעליהן. פירוש אין נזקקין בשעת ווסתן ואם ראתה כתם אינה תולה לומר שמא ישבתי במקום דם ונתלכלכתי אלא אוסרת עצמה ופורשת מבעלה ודריש 'מחטבות' לשון הבדלה והפרשה על דרך מה שאמר במאמר (ברכות ו.) 'אתם עשיתוני חטיבה אחת בעולם אף אני אעשה אתכם חטיבה אחת' שהוא מלשון 'חוטב עצים' שישראל נחטבים ונבדלים משאר אומות וכן 'מחטבות' לשון הבדלה שנבדלים מבעליהם. או 'מחטבות' לשון חשיבות שיש לאשה חשיבות בענין זה של פריסת נדה שהיא נאמנת יותר משאר דברים דכתיב (ויקרא טו, כח) וספרה לה.
" Nos filles comme des angles, taillées " (Tehilim 144, 12) : ce sont les filles d'Israël qui lient leur ouverture pour leur mari. Explication : elles ne s'unissent pas au temps de leur veset (date de nida). Si elle a vu un ketem (tache), elle ne le suspend pas en disant : peut-être me suis-je assise en un lieu de sang et me suis-je souillée. Elle s'interdit elle-même et se sépare de son mari. Il interprète mehoutavot dans la langue de la havdala (séparation), à la manière de l'enseignement (Berakhot 6a) : Vous avez fait de Moi une hatiba, une pièce distincte, dans le monde, Moi aussi Je ferai de vous une hatiba. Cela vient de la langue de hotev etsim, celui qui coupe le bois : Israël est taillé et séparé des autres nations. De même mehoutavot est une langue de séparation : elles se séparent de leurs maris. Ou bien mehoutavot est une langue d'importance : la femme a une importance dans cette matière de la périsha (retrait) de nida, car elle est crue plus que dans les autres matières, ainsi qu'il est écrit (Vayikra 15, 28) : et elle comptera pour elle.
וכן הוא אומר: (זכריה ט, טו) "ומלאו כמזרק כזוית מזבח". פירוש כמו המזרק שאין מקבלים בו אלא רק המתקבל לשם בעליו ולא לשם אדם אחר וכן זויות מזבח אין זורקין שם אלא דם המתקבל לשם בעליו ולא דם פיגול כן הם אין מקבלים בפתחיהן אלא זרע של בעליהן ולא זרע אדם אחר שהוא זרע פיגול. והא דאמר ואי בעית אימא מהכא : (תהלים קמד, יג) 'מזוינו מלאים' ניחא ליה בהאי קרא טפי מפני שהוא כתוב אצל אותו הפסוק עצמו של 'בנותינו כזויות' אך לישנא קמא הוה ניחא ליה בפסוק 'כמזרק' דמשמע מיניה האי עניינא טפי מאותו פסוק.
Et ainsi il dit (Zekharya 9, 15) : Ils se rempliront comme le bassin, comme l'angle de l'autel. Explication : comme le bassin, où l'on ne reçoit que ce qui est reçu au nom de son propriétaire, et non au nom d'un autre homme. De même, aux angles de l'autel, on n'asperge que le sang reçu au nom de son propriétaire, et non un sang de pigoul. Ainsi elles ne reçoivent dans leur ouverture que la semence de leur mari, et non la semence d'un autre homme, qui est une semence de pigoul. Et ce qu'il a dit : si tu veux, dis-le d'ici (Tehilim 144, 13), " nos angles sont pleins ". Ce verset lui agrée davantage, parce qu'il est écrit à côté du verset même de " nos filles comme des angles ". La première langue, elle, lui agréait dans le verset " comme le bassin ", car ce sujet s'y entend davantage que dans l'autre verset.
💡 Explication

Plants : les jeunes hommes qui n'ont pas goûté le péché. Rachi : des pousses encore saines. Angle : les vierges qui lient leur ouverture à leur mari. Rachi donne deux langues. Elles ferment jusqu'au mari. Ou elles déclarent la nida pour qu'il s'écarte, malgré le désir.

La preuve que l'angle désigne le plein vient de Zekharya 9, 15 : " ils se rempliront comme les angles de l'autel ". Autre preuve, le verset voisin, Tehilim 144, 13. Tossefot serre le rapprochement : là-bas le sang de l'autel, ici le sang de nida.

Le Ben Yehoyada distingue le keri qui vient d'un hirhour, goût du péché, et le keri de fatigue, de nourriture ou de maladie. " Grands dans leur jeunesse " : grands en années, encore comme des petits sans mauvaises pensées. Sur mehoutavot : retrait au veset, et refus de suspendre un ketem. Le mot est lu comme séparation, ou comme importance de la femme crue sur sa nida.

🖼️ Schéma
Tehilim 144, 12 : fils, filles, forme du Heikhal Comme des plants Jeunes hommes sans goût du péché Plants encore sains Comme un angle Vierges d'Israël liées à leur mari L'angle est ce qui se remplit Forme d'un Heikhal Les uns et les autres comptés comme si le Heikhal était bâti
Plants, angle, forme du Heikhal : le verset compte les jeunes gens et les vierges ensemble.
11
״מחטבות תבנית היכל״ — אלו ואלו מעלה עליהן הכתוב כאילו נבנה היכל בימיהן.

" Taillées à la forme d'un Heikhal " : les uns et les autres, le verset les compte comme si un Heikhal avait été bâti de leur temps.

📜 Rachi (1)
כאילו נבנה היכל בימיהן דהכי משמע מחוטבות בבנין היכל תבנית לשון בנין:
Comme si un Heikhal avait été bâti de leur temps : car tel est le sens de mehoutavot, dans la construction du Heikhal. Tavnit est une langue de construction.
🪔 Ben Yehoyada (1)
כאלו נבנה היכל בימיהן. נראה לי בס"ד הטעם כי שם אדנ"י נקרא היכל כי הוא היכל לשם הוי"ה בסוד (חבקוק ב, כ) וה' בהיכל קדשו הס מפניו כל הארץ 'הס' מספר שם 'אדני' [65] . וידוע כי בחטא אדם וחוה נפגם אות דל"ת דשם א ד נ"י ונשאר אנ " י וזה הפגם נתקן לאט בכל דור ודור ולכן בזכות שהם שומרים הדלת שלהם לבלתי יכניסו שם אבר איש זר וכן הבחורים שומרים דלת שלהם לבלתי יוציא ממנו זרע לבטלה באשה נכריה הנה הם מתקנים מדה כנגד מדה באות דל"ת דשם אדנ"י הנקרא היכל שהוא נתקן לאט לאט בכל דור ודור, ולכך מעלה עליהן הכתוב כאלו נבנה היכל שהוא שם אדנ"י בימיהן רוצה לומר נבנה בתיקון אות דל"ת. או יובן אין השכינה שורה אלא על משפחות מיוחסות שבישראל כנזכר בגמרא דקידושין (קידושין סט:) ומכח השראת שכינה בהם כתיב בהו (ירמיה ז, ד) 'היכל ה' המה' וכאשר הבחורים והבתולות שומרים עצמן מן הזנות יהיה יחוס ואז יזכו להשראת שכינה עליהם ונמצא כאלו נבנה היכל העיקרי בימיהם דהא הכתוב קראם 'היכל ה' המה'.
Comme si un Heikhal avait été bâti de leur temps. Il me semble, avec l'aide du Ciel, la raison. Le nom aleph-dalet-noun-yod est appelé Heikhal, car il est le Heikhal du nom de Hachem, dans le sod (Habakouk 2, 20) : Hachem est dans le Heikhal de Sa sainteté, silence devant Lui, toute la terre. Has, le compte de ce nom, 65. On sait que, par le péché d'Adam et de Hava, la lettre dalet de ce nom a été atteinte, et il est resté aleph-noun-yod. Cette atteinte se répare peu à peu, en chaque génération. C'est pourquoi, par le mérite qu'elles gardent leur porte, pour n'y pas faire entrer le membre d'un homme étranger, et que les jeunes hommes gardent leur porte, pour n'en pas faire sortir une semence en vain auprès d'une femme étrangère, ils réparent mesure pour mesure la lettre dalet de ce nom, appelé Heikhal, qui se répare peu à peu en chaque génération. C'est pourquoi le verset les compte comme si un Heikhal, qui est ce nom, avait été bâti de leur temps : bâti dans la réparation de la lettre dalet. On peut aussi entendre : la Chekhina ne réside que sur les familles de yihus (lignée) en Israël, comme il est rappelé dans la Guemara de Kiddouchin (Kiddouchin 69b). Du fait de la résidence de la Chekhina en elles, il est écrit à leur sujet (Yirmeya 7, 4) : le Heikhal de Hachem, ce sont eux. Quand les jeunes hommes et les vierges se gardent de la zenout, il y a un yihus, et alors ils méritent la résidence de la Chekhina sur eux. On les trouve alors comme si le Heikhal principal avait été bâti de leur temps, puisque le verset les a appelés : le Heikhal de Hachem, ce sont eux.
💡 Explication

La fin du verset réunit les jeunes hommes et les vierges. Mehoutavot tavnit heikhal : le verset les compte comme si le Heikhal avait été bâti de leur temps. Rachi : tavnit est un mot de construction, et mehoutavot vise le bâtiment du Heikhal.

Le Ben Yehoyada relie Heikhal au nom dont le compte est has, 65, dans Habakouk 2, 20. La lettre dalet, la porte, a été atteinte par le péché d'Adam et de Hava. Garder sa porte, pour la vierge et pour le jeune homme, répare cette lettre mesure pour mesure. Autre lecture : la Chekhina réside sur les familles de yihus (Kiddouchin 69b). Se garder de la zenout maintient le yihus, et le verset de Yirmeya 7, 4 les appelle Heikhal de Hachem.

12
״דבר ה׳ אשר היה אל הושע וגו׳ בימי עזיהו יותם אחז יחזקיה מלך יהודה״. בפרק אחד נתנבאו ארבעה נביאים, וגדול שבכולן הושע, שנאמר: ״תחלת דבר ה׳ בהושע״. וכי בהושע דבר תחלה? והלא ממשה עד הושע כמה נביאים! אמר רבי יוחנן: תחלה לארבעה נביאים שנתנבאו באותו הפרק, ואלו הן: הושע, ישעיה, עמוס ומיכה.

Parole de Hachem qui fut à Hoshea, etc., aux jours d'Ouzia, de Yotam, d'Ahaz et de Hizkiya, roi de Yehouda. Dans une même période ont prophétisé quatre prophètes, et le plus grand de tous est Hoshea, ainsi qu'il est dit : Le commencement de la parole de Hachem fut en Hoshea.

Est-ce à Hoshea qu'Il a parlé en premier ? Depuis Moché jusqu'à Hoshea, combien de prophètes !

Rabbi Yo'hanan a dit : le premier des quatre prophètes qui ont prophétisé dans cette période. Les voici : Hoshea, Yeshaya, Amos et Mikha.

📜 Rachi (2)
בימי עוזיהו כו' משום דאיירי בכנסת ישראל בלשון אשה הנשאת לבעל כדאמרן כמוצאת שלום נקט נמי להא דהושע דכתיב ביה תקראי אישי כדדריש לקמיה:
Aux jours d'Ouzia, etc. : parce qu'il traite de la Knesset Israël dans la langue d'une femme mariée à son mari, comme nous l'avons dit, " comme une qui trouve la paix ", il prend aussi cet enseignement de Hoshea, où il est écrit " tu M'appelleras Ishi ", comme il l'interprète plus loin.
ארבעה נביאים לקמיה מפרש להו ובכולהו כתב בהו בימי עוזיהו יותם אחז יחזקיה שכולן החלו להינבא בימי עוזיהו וקיפחו חיי ארבעה מלכים:
Quatre prophètes : plus loin il les explique. En chacun il est écrit : aux jours d'Ouzia, de Yotam, d'Ahaz, de Hizkiya. Tous ont commencé à prophétiser aux jours d'Ouzia, et ils ont traversé la vie de quatre rois.
🗂️ Tossefot (1)
בימי עוזיהו נתנבאו ד' נביאים אע"ג דבמיכה לא כתיב ביה עוזיהו אלא בימי יותם אחז יחזקיהו מ"מ כיון דכתיב קרא סתם י"ל שבתחלת מלכות יותם נתנבא ואז היה עדיין עוזיהו חי אלא שנתנגע ומלך יותם בנו תחתיו בימיו:
Aux jours d'Ouzia : quatre prophètes ont prophétisé. Bien que chez Mikha il ne soit pas écrit Ouzia, seulement aux jours de Yotam, d'Ahaz et de Hizkiya. Malgré cela, puisque le verset est écrit sans autre précision, on peut dire qu'il a prophétisé au commencement du règne de Yotam. Ouzia était encore en vie : il avait été frappé, et Yotam son fils régnait à sa place de son vivant.
🪔 Ben Yehoyada (1)
תחלה לארבעה נביאים שנתנבאו באותו הפרק. נראה לי לכך בהושע שהיה ראשון לארבעה כתיב (הושע א, א) 'אשר היה' בטעם רביע וכן במיכה שהיה סוף הארבעה כתיב (מיכה א, א) 'אשר היה' בטעם רביע המורה על ארבע מה שאין כן ביואל [יואל א, א 'אשר היה'] ועמוס [עמוס א, א 'אשר היה'] וכן ביחזקאל [יחזקאל א, א 'היה היה'] וירמיה [ירמיה א, א 'אשר היה'] לא כתיב אשר היה בטעם רביע. ובצפניה כתיב (צפניה א, א) אשר היה בטעם רביע על שהיה ראש לארבע אחרים שהם צפניה חגי זכריה מלאכי.
Le premier des quatre prophètes qui ont prophétisé dans cette période. Il me semble : c'est pourquoi, chez Hoshea, qui était le premier des quatre, il est écrit (Hoshea 1, 1) acher haya avec le taam (accent) revia. De même chez Mikha, qui était le dernier des quatre, il est écrit (Mikha 1, 1) acher haya avec le taam revia, qui indique le quatre. Il en va autrement de Yoel (Yoel 1, 1, acher haya) et d'Amos (Amos 1, 1, acher haya). De même chez Ye'hezkel (Ye'hezkel 1, 1, haya haya) et chez Yirmeya (Yirmeya 1, 1, acher haya), il n'est pas écrit acher haya avec le taam revia. Chez Tsephanya il est écrit (Tsephanya 1, 1) acher haya avec le taam revia, parce qu'il était le premier de quatre autres : Tsephanya, Hagaï, Zekharya et Malakhi.
💡 Explication

Le verset de Hoshea sur Ishi amène l'ouverture du livre, Hoshea 1, 1. Quatre prophètes dans une période : Hoshea, Yeshaya, Amos, Mikha. Hoshea est le plus grand, car le verset dit " commencement de la parole ". Rabbi Yo'hanan : commencement parmi ces quatre, puisque depuis Moché les prophètes sont nombreux.

Rachi : le lien avec ce qui précède est la Knesset Israël parlée comme une femme mariée. Tossefot : Mikha ne nomme pas Ouzia. Il a prophétisé au début de Yotam, Ouzia encore vivant, déjà frappé, Yotam régnant de son vivant.

Le Ben Yehoyada relève le taam revia, accent du quatre, sur acher haya chez Hoshea, premier, et chez Mikha, dernier. Le même accent chez Tsephanya marque un autre groupe de quatre : Tsephanya, Hagaï, Zekharya, Malakhi.

🖼️ Schéma
Quatre prophètes, une période Hoshea est le premier des quatre, pas le premier depuis Moché. Hoshea Le premier Commencement de la parole Amos Deux ans avant le tremblement Yeshaya Le jour du tremblement Ouzia est frappé Mikha Yotam juge déjà Le verset tait le nom d'Ouzia
Hoshea ouvre la période. Amos et Yeshaya entourent le tremblement. Mikha parle quand Yotam juge déjà.
13
אמר לו הקדוש ברוך הוא להושע: בניך חטאו. והיה לו לומר: בניך הם, בני חנוניך הם, בני אברהם יצחק ויעקב, גלגל רחמיך עליהן. לא דיו שלא אמר כך, אלא אמר לפניו: רבונו של עולם, כל העולם שלך הוא, העבירם באומה אחרת.

Le Saint, béni soit-Il, dit à Hoshea : Tes fils ont péché. Il aurait dû dire : Ce sont Tes fils, ce sont les fils de Tes favoris, les fils d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov, fais rouler Ta miséricorde sur eux.

Il ne lui a pas suffi de ne pas le dire. Il a dit devant Lui : Maître du monde, le monde entier est à Toi, fais-les passer dans une autre nation.

📜 Rachi (1)
לא דיו שלא אמר כן אתה למד ממה שאמר לו הקדוש ברוך הוא קח לך אשת זנונים ולא אמר כן לנביא אחר (מצאתי כאן הגה"ה מלשון רבינו ארבעה נביאים כולהו כתיב בהו בימי עוזיהו בר ממיכה דכתיב ביה יותם אחז יחזקיהו ובעמוס לא כתיב אלא עוזיהו ומיהו מיכה בימיו נתנבא אלא שכבר נתנגע ויותם בנו שופט על הארץ לפיכך לא נקרא על שמו אבל שלשה היו קודם שנצטרע בעמוס נאמר שנתים לפני הרעש וישעיה ביום הרעש דכתיב (ישעיהו ו׳:ד׳) וינועו אמות הספים שרעשו עליונים לשורפו ותחתונים לבולעו כמשפט קרח ועדתו שערערו על הכהונה ואותו היום נתנגע והושע קודם לכולן):
Il ne lui a pas suffi de ne pas dire ainsi : tu l'apprends de ce que le Saint, béni soit-Il, lui a dit : prends-toi une femme de débauche. Il n'a pas dit ainsi à un autre prophète. (J'ai trouvé ici une note, dans la langue de notre maître. Quatre prophètes : chez tous il est écrit " aux jours d'Ouzia ", sauf Mikha, chez qui il est écrit Yotam, Ahaz, Hizkiya. Chez Amos il n'est écrit qu'Ouzia. Toutefois Mikha a prophétisé de son vivant. Ouzia avait déjà été frappé, et Yotam son fils jugeait sur la terre : c'est pourquoi le verset ne porte pas son nom. Trois ont été avant qu'il ne soit atteint de tsaraat. Chez Amos il est dit : deux ans avant le tremblement. Yeshaya, le jour du tremblement, ainsi qu'il est écrit (Yeshaya 6, 4) : les montants des seuils tremblèrent. Ceux d'en haut ont tremblé pour le brûler, ceux d'en bas pour l'engloutir, selon le jugement de Korah et de son assemblée, qui ont contesté la kehouna (sacerdoce). Ce jour-là il a été frappé. Hoshea est antérieur à tous.)
🪔 Ben Yehoyada (1)
בניך הם, בני בחוניך הם, בני אברהם יצחק ויעקב הם, גלגל עליהם מדת רחמיך. נראה לי בס"ד הכוונה בניך הם ואב שמחל כבודו מחול דהלכה כרבי מאיר דסבר גם אם אין עושין רצונו של מקום קרויין 'בנים' (קידושין דף לו.) . ועוד בני בחוניך שבחנת אותם במדת האמונה שהאמינו אבותיהם, כך כשנכנסו למדבר שמם אלפים ורבבות ולא אמרו: מה נאכל ומה נשתה? וכבר הבטחתם שלא תשכח להם חסד זה דכתיב (ירמיה ב, ב) 'כה אמר ה' זכרתי לך חסד נעוריך אהבת כלולתיך לכתך אחרי במדבר בארץ לא זרועה', וגם עוד בני אברהם יצחק ויעקב הם שהבטחתם לתת לזרעם את הארץ לנחלה, ועוד הבטחתם שיהיו בניהם צדיקים ככוכבים, גלגל עליהם מדת רחמיך רמז בזה על שם אכדט"ם שהוא חילוף שם אלקים שהוא רחמים ואותיות המתחלפים הם כד"ט [13] שמספרם ל"ג לכן יתגלה שם זה ביום ל"ג לעומר כנודע. וידוע כל שם הוא כפול בחצוניות ופנימיות, לכן אמר גלגל עליהם רוצה לומר ג"ל וג"ל רמז לאותיות שם הנזכר יהיה עליהם וזהו מדת רחמיך . או יובן בס"ד הא דנקט לשון גלגל כי מן ג' ראשונות כח"ב [כתר, חכמה, בינה] נמשך רחמים גדולים כמו שאמרו בזוהר הקדוש על פסוק (ישעיה נד, ז) 'וברחמים גדלים אקבצך' ומן כח"ב יתגלגל שפע הרחמים לחג"ת [חסד, גבורה, תפארת] ומן חג"ת יתגלגל לנה"י [נצח, הוד, יסוד] ומשם למלכות שבה מושרשים ישראל. ואם היה אומר דברים אלו אז בטענת בני אברהם יצחק ויעקב היה מבטל גזרת הגלות מאחר שנשבע לתת את הארץ לבניהם ראוי דלא נפקי ממנה שזו הגזרה רמוזה ב'יזרעאל' ובטענת 'בניך' היה מבטל גזרה הרמוזה במאמר 'לא רחמה' (הושע א, ו) . ולכן אמר לו הקב"ה אחר כך מאחר שלא אמרת ג' טענות ההם לכך ' גזרתי עליהם שלש גזרות '. והא דאמר הושע העבירם באמה אחרת אין כונתו לומר שיאבדם אלא רוצה לומר תגלה אותם מארץ ישראל לארץ אחרת.
Ce sont Tes fils, ce sont les fils de Tes éprouvés, ce sont les fils d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov, fais rouler sur eux la mesure de Ta miséricorde. Il me semble, avec l'aide du Ciel. L'intention : ce sont Tes fils, et un père qui a renoncé à son honneur, l'honneur est renoncé. Car la halakha est comme Rabbi Meir, qui tient que même s'ils ne font pas la volonté du Lieu, ils sont appelés fils (Kiddouchin 36a). Et encore : les fils de Tes éprouvés, que Tu as éprouvés dans la mesure de la emouna à laquelle leurs pères ont cru. Ainsi, quand ils sont entrés au désert, ils étaient des milliers et des myriades, et ils n'ont pas dit : que mangerons-nous, que boirons-nous ? Tu leur as déjà promis de ne pas oublier pour eux ce 'hessed, ainsi qu'il est écrit (Yirmeya 2, 2) : Ainsi a dit Hachem : Je me suis souvenu pour toi du 'hessed de ta jeunesse, de l'amour de tes fiançailles, de ta marche derrière Moi au désert, dans une terre non semée. Et encore : ce sont les fils d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov, à qui Tu as promis de donner la terre en héritage à leur descendance. Tu leur as encore promis que leurs fils seraient des tsadikim comme les étoiles. Fais rouler sur eux la mesure de Ta miséricorde : il fait allusion au nom aleph-kaf-dalet-tet-mem, échange du nom Elokim, lequel est miséricorde. Les lettres échangées sont kaf, dalet, tet, au compte de 33. C'est pourquoi ce nom se révèle le jour du 33 de l'Omer, comme on le sait. On sait que tout nom est doublé, en extériorité et en intériorité. C'est pourquoi il a dit galgel : cela veut dire gal et gal, allusion aux lettres de ce nom, qu'il soit sur eux. Voilà la mesure de Ta miséricorde. On peut aussi entendre, avec l'aide du Ciel, pourquoi il a pris la langue galgal. Des trois premières, Keter, 'Hokhma, Bina, se tire une grande miséricorde, comme ils ont dit dans le Zohar ha-kadoch sur le verset (Yeshaya 54, 7) : et par de grandes miséricordes Je te rassemblerai. De Keter, 'Hokhma, Bina, l'influx de miséricorde roule vers 'Hessed, Gevoura, Tiferet. De là il roule vers Netsa'h, Hod, Yesod, et de là vers la Malkhout, où Israël est enraciné. S'il avait dit ces paroles, alors, par l'argument des fils d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov, il aurait annulé le décret de l'exil : puisqu'Il a juré de donner la terre à leurs fils, il convient qu'ils n'en sortent pas. Ce décret est visé dans Yizreel. Par l'argument " Tes fils ", il aurait annulé le décret visé dans la parole " elle n'a pas reçu de miséricorde " (Hoshea 1, 6). C'est pourquoi le Saint, béni soit-Il, lui a dit ensuite : puisque tu n'as pas dit ces trois arguments, J'ai décrété sur eux trois décrets. Et ce que Hoshea a dit, fais-les passer dans une autre nation : il demande de les exiler d'Erets Israël vers une autre terre. Il parle de l'exil. Il écarte l'idée de les faire périr.
💡 Explication

Hachem dit à Hoshea : tes fils ont péché. La défense attendue tient en trois noms : Tes fils, les fils de Tes favoris, les fils des pères, puis la miséricorde. Hoshea répond : le monde est à Toi, fais-les passer dans une autre nation.

Rachi : on le sait parce que Hachem lui ordonne de prendre une femme de débauche, ordre qu'Il n'a pas donné à un autre prophète. La note insérée dans Rachi date les quatre : Amos deux ans avant le tremblement, Yeshaya le jour même (Yeshaya 6, 4), jour où Ouzia est frappé pour avoir contesté la kehouna, Mikha ensuite, quand Yotam juge déjà. Hoshea est avant tous.

Le Ben Yehoyada développe les trois arguments : fils, même selon Rabbi Meir (Kiddouchin 36a) ; épreuve de la emouna au désert (Yirmeya 2, 2) ; serment fait aux pères. Galgel vise un nom de miséricorde, échange d'Elokim, dont les lettres déplacées comptent 33, jour du 33 de l'Omer, ou le roulement du shefa depuis Keter, 'Hokhma, Bina jusqu'à la Malkhout. Ces arguments auraient visé les décrets de Yizreel et de Lo Rouhama. Le " fais-les passer " de Hoshea vise l'exil hors d'Erets Israël.

14
אמר הקדוש ברוך הוא: מה אעשה לזקן זה? אומר לו: לך וקח אשה זונה והוליד לך בנים זנונים, ואחר כך אומר לו שלחה מעל פניך. אם הוא יכול לשלוח — אף אני אשלח את ישראל. שנאמר: ״ויאמר ה׳ אל הושע לך קח לך אשת זנונים וילדי זנונים״, וכתיב: ״וילך ויקח את גמר בת דבלים״, ״גמר״, אמר רב: שהכל גומרים בה. ״בת

Le Saint, béni soit-Il, dit : Que ferai-Je à ce vieillard ? Je lui dirai : Va, prends une femme de débauche, et engendre-toi des fils de débauche.

Ensuite Je lui dirai : Renvoie-la de devant toi. S'il peut la renvoyer, Moi aussi Je renverrai Israël.

Ainsi qu'il est dit : Hachem dit à Hoshea : Va, prends-toi une femme de débauche et des enfants de débauche. Et il est écrit : Il alla et prit Gomer, fille de Divlayim.

Gomer, Rav a dit : car tous achèvent en elle. Fille

📜 Rachi (3)
הכי גרסינן אומר לו קח לך אשת זנונים ואחר כך אומר לו שלחה:
Voici la leçon que nous lisons : Il lui dit : prends-toi une femme de débauche, et ensuite Il lui dit : renvoie-la.
וילדי זנונים שתלד לך בנים זנונים ספק שלך ספק של אחרים:
Et des enfants de débauche : qu'elle t'enfante des fils de débauche, doute s'ils sont de toi, doute s'ils sont d'autres.
גומרין בה ביאתם ותאוות לבם:
Ils achèvent en elle : leur union et le désir de leur cœur.
🗂️ Tossefot (1)
אמר לו הקב"ה להושע ממה שאמר לו לקחת אשת זנונים דריש שמסתמא כך אמר לו וכך השיבו:
Le Saint, béni soit-Il, dit à Hoshea : de ce qu'Il lui a dit de prendre une femme de débauche, il interprète que, par présomption, Il lui a parlé ainsi, et qu'il Lui a répondu ainsi.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אמר הקדוש ברוך הוא: מה אעשה לזקן זה. הא דקראו עתה בשם ' זקן ' ללמד עליו צד זכות לומר הואיל שהוא זקן טבעו של זקן להיות רוחו קצרה ואין לו אריכות אפים להתמתן ולהעמיק בדבר למצוא להם זכות וסנגורייא, אלא כששמע שאמר לו 'ישראל חטאו' אז תיכף ומיד השיב 'העבירם באמה אחרת'. ועדיין יש לדקדק באומרו 'זקן זה ' מה בא לשלול בתיבת זה? ונראה לי בס"ד לומר אף על גב דנמצא כשיטה זו אצל האבות דלעתיד יאמר להם הקב"ה 'ישראל חטאו' וישיבו אברהם ויעקב 'ימחו על קדושת שמיך', הנה בזה אין הדבר קשה כל כך מפני שימצא יצחק שילמד זכות ואף על גב דהמחייבים שנים והמזכה אחד סגי בהכי כי הקב"ה מדתו מטה כלפי חסד אפילו אם יהיה אחד מליץ טוב כנגד אלף מחייבין! ברם דא עקא מה אעשה לזקן זה שהוא לבדו מחייב, ואין אחר כנגדו מזכה כדי שאני לא אחוש לדבריו ואטה כלפי דברי המזכה ולכן מוכרח שאעשה לו המצאה שעל ידה יהיה הוא עצמו מוכרח לסתור דבריו הראשונים ויבטל הדין שגזר עליהם ויזכה אותם.
Le Saint, béni soit-Il, dit : Que ferai-Je à ce vieillard ? Ce qu'Il l'appelle maintenant du nom de vieillard, c'est pour lui trouver un mérite. Puisqu'il est vieux, la nature du vieillard est d'avoir l'esprit court. Il n'a pas l'arikhout apayim (longueur de patience) pour attendre et approfondir, afin de leur trouver un mérite et une défense. Dès qu'il a entendu : Israël a péché, aussitôt il a répondu : fais-les passer dans une autre nation. Il reste à préciser dans " ce vieillard " : que vient exclure le mot " ce " ? Il me semble, avec l'aide du Ciel. On trouve cette voie chez les pères : à l'avenir, le Saint, béni soit-Il, leur dira : Israël a péché, et Avraham et Yaakov répondront : qu'ils soient effacés sur la sainteté de Ton Nom. Là, la chose reste tenable, parce qu'Its'hak se trouvera pour enseigner le mérite. Ceux qui accusent sont deux, celui qui innocente est un, et cela suffit : la mesure du Saint, béni soit-Il, incline vers le 'hessed, même s'il y a un défenseur contre mille accusateurs. Voici la difficulté : que ferai-Je à ce vieillard, qui accuse seul, sans personne en face de lui pour innocenter, de sorte que Je laisse ses paroles et que J'incline vers les paroles de celui qui innocente. Je dois donc lui préparer une trouvaille par laquelle il sera lui-même forcé de défaire ses premières paroles, d'annuler le jugement qu'il a décrété sur eux, et de les innocenter.
'גמר' שהכל גומרים בה. פירש רש"י גומרים ביאתם ותאותם. וקשה מנא ליה דקאי גומר על ביאתם ותאותם? ונראה לי בס"ד על דרך מה שאמרו רבני אשכנז ז"ל במאמר (בבא בתרא קמא.) 'בת בתחלה סימן יפה לבנים' שפירשו תיבת בת לשון שינה כלומר שיתקרר אבר התשמיש של הזכר בתחלה שיתאחר הקשוי שלו כדי שתתאחר הזרעתו ותקדים האשה להזריע שזהו סימן יפה לבנים שאז יוליד זכרים כמו שאמרו רבותינו ז"ל (נדה לא:) 'אשה מזרעת תחלה יולדת זכר' כי הבא באחרונה גובר להוליד כמוהו, וכנזכר בספרי המפרשים ז"ל, וכן כאן דריש תיבת 'בת' לשון שינה וקירור שגומרים ביאתם בה, ואין פורשים באבר קשה אלא באבר בת דאחר שגמר תאותו כולה נעשה בת. ומה שאמר ' דבה רעה בת דבה רעה ' רוצה לומר אמה היתה מפורסמת בזנות שלא היתה מזנה בהצנע וזו גם כן נתלמדה לנאף בגלוי כאמה בתה ולכן זו מוחזקת ביותר שבניה הם בני זנונים מאחר דאדוקה כל כך בזנות.
Gomer, car tous achèvent en elle. Rachi a expliqué : ils achèvent leur union et leur désir. Difficulté : d'où tient-il que gomer porte sur leur union et leur désir ? Il me semble, avec l'aide du Ciel, à la manière de ce qu'ont dit les maîtres d'Ashkenaz, que leur souvenir soit une bénédiction, sur l'enseignement (Bava Batra 141a) : une fille d'abord est un bon signe pour les fils. Ils ont expliqué le mot bat dans la langue de shena (sommeil, refroidissement) : l'organe de l'union du mâle se refroidit d'abord, son kishoui (sa raideur) tarde, afin que son émission tarde et que la femme émette la première. C'est un bon signe pour les fils : alors il engendre des mâles, comme l'ont dit nos maîtres, que leur souvenir soit une bénédiction (Nidda 31b) : la femme qui émet la première enfante un mâle, car celui qui vient en dernier l'emporte pour engendrer à sa ressemblance. De même ici, il interprète le mot bat dans la langue du sommeil et du refroidissement : ils achèvent leur union en elle, et ils se retirent avec un organe bat, refroidi : une fois tout le désir achevé, il est devenu bat. Et ce qu'il a dit : une mauvaise renommée, fille d'une mauvaise renommée. Cela veut dire : sa mère était connue dans la débauche, elle ne se débauchait pas en cachette, et celle-ci aussi a appris à se débaucher au grand jour, la fille comme la mère. C'est pourquoi celle-ci est tenue plus fortement pour avoir des fils de débauche, puisqu'elle est si attachée à la débauche.
💡 Explication

Hachem met Hoshea à sa propre place. Prendre une femme de débauche, engendrer, puis devoir la renvoyer : s'il le peut, Hachem renverra Israël. Le verset est Hoshea 1, 2-3. Il prend Gomer bat Divlayim. Rav : Gomer, car tous achèvent en elle. Rachi : leur union et le désir de leur cœur. Les enfants sont un doute, de lui ou d'autres.

Tossefot : tout ce dialogue est tiré de l'ordre lui-même. Par présomption, Hachem lui a parlé ainsi, et Hoshea a répondu ainsi. Rachi fixe la leçon : d'abord " prends ", ensuite " renvoie ".

Le Ben Yehoyada lit " vieillard " comme un mérite : l'esprit court, sans arikhout apayim. " Ce " vieillard l'isole des pères : là, Avraham et Yaakov accusent, Its'hak défend, et un seul défenseur suffit. Ici Hoshea accuse seul. La trouvaille, Gomer, le forcera à défaire ses propres paroles. La seconde glose rattache bat au refroidissement, d'après Bava Batra 141a et Nidda 31b, et lit déjà " mauvaise renommée, fille d'une mauvaise renommée ", qui continue au daf suivant. L'amoud s'arrête sur le mot bat.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).