Sougya : La michna règle de quel Pessa'h l'on mange quand deux personnes ont abattu pour le même inscrit. La femme qui vit chez son mari mange du sien.
Au premier regel chez son père, elle choisit, si elle a clarifié au moment de la chehita. L'orphelin choisit entre ses tuteurs.
L'esclave de deux associés, et celui qui est moitié esclave, ne mangent pas du maître. La Guemara écarte la berera, puis accorde la michna et une baraita par la femme radoufa, empressée d'aller chez son père.
De là, l'amoud lit la kalla, Eilam, la Torah, les jeunes d'Israël, les quatre prophètes d'une même période, et l'ordre donné à Hoshea de prendre Gomer.
Michna. La femme, tant qu'elle est dans la maison de son mari : si son mari a abattu pour elle et que son père a abattu pour elle, elle mange de celui de son mari.
Si elle est allée le premier regel (pèlerinage) l'accomplir dans la maison de son père, que son père a abattu pour elle et que son mari a abattu pour elle, elle mange à l'endroit qu'elle veut.
Deux abattages pour une même femme. Tant qu'elle vit chez son mari, la daat présumée est la sienne : elle mange de son Pessa'h, même si le père a aussi abattu pour elle.
Le premier regel après le mariage, elle a coutume d'aller chez son père. Si elle n'est pas radoufa, le doute reste ouvert. Tossefot : le choix doit être fait à la chehita. Sans choix, elle ne mange d'aucun des deux. Ce second cas est celui que la Guemara va lire. Le premier cas, chez le mari, tient même sans déclaration.
Un orphelin pour qui les apotropsin (tuteurs) ont abattu : il mange à l'endroit qu'il veut. Un esclave de deux associés ne mange pas de celui des deux.
Celui qui est pour moitié esclave et pour moitié ben horin (homme libre) ne mange pas de celui de son maître.
L'orphelin suit le cas douteux de la femme : deux tuteurs l'ont inscrit, il mange où il veut.
L'esclave de deux associés n'a pas de Pessa'h. Une moitié de lui appartient à chacun. Même si l'un l'inscrit, l'autre moitié n'a pas été autorisée. Les deux doivent vouloir qu'il soit compté avec un seul.
Le moitié esclave, moitié ben horin : le maître est présumé n'avoir inscrit que la part d'esclavage. La part libre reste hors du compte. Il ne mange pas de celui du maître.
Guemara. Tu en entends qu'il y a berera (clarification rétroactive) ?
Que signifie " elle veut " ? Au moment de la chehita.
Pour être du Pessa'h, il faut être inscrit avant l'abattage. Si " elle veut " voulait dire : elle choisit au moment de manger, la chehita et la zerika ne seraient siennes qu'après coup. Ce serait une berera.
La Guemara retire la question. " Elle veut " est le choix déjà dit à la chehita : on lui a demandé, elle a répondu. L'inscription est antérieure. On n'apprend rien sur la berera.
On objecte. Une femme, le premier regel, mange de celui de son père.
À partir de là, si elle veut, elle mange de celui de son père ; si elle veut, de celui de son mari.
La baraita contredit la michna. Au premier regel, elle mange du père, sans choix. Ensuite, le choix reste ouvert, père ou mari.
La michna, elle, après le premier regel, la renvoie au mari. Rachi : le " de celui de son père " de la baraita est une présomption, sans déclaration.
Pas de difficulté. Ici, pour celle qui est radoufa (empressée d'y aller).
Ici, pour celle qui n'est pas radoufa.
Rachi répartit les deux textes. La michna : elle n'est pas radoufa, la maison du mari lui est chère. Premier regel, doute. Ensuite, sûr, elle suit le mari. La baraita : elle est radoufa. Premier regel, sûr, elle suit le père. Ensuite, doute.
Rabbeinou Tam part d'un autre point : toute femme est radoufa quand elle a été trouvée entière chez son beau-père, pour aller le dire chez son père. La michna ne peut donc viser une femme ordinaire. Ou bien elle n'est pas allée au premier regel après la houppa, et le " premier " de la michna est le premier déplacement, au second regel. Ou bien elle a déjà annoncé son éloge avant le regel, et même le premier regel après la houppa est un doute.
" Elle est allée " n'est pas au sens strict : un départ effectif aurait déjà montré qu'elle veut le père. La version de Rabbeinou Tam ne porte pas " pour accomplir ". Le verset qui suit, et Rabbi Yo'hanan, servent de preuve : une kalla, par présomption, est radoufa.
Car il est écrit : Alors j'étais à ses yeux comme une qui trouve la paix. Et Rabbi Yo'hanan a dit : comme une kalla qui a été trouvée entière dans la maison de son beau-père, et qui est radoufa d'aller annoncer son éloge dans la maison de son père.
Comme il est écrit : Et il arrivera en ce jour-là, déclaration de Hachem, tu M'appelleras Ishi (mon homme), et tu ne M'appelleras plus Baali (mon maître). Rabbi Yo'hanan a dit : comme une kalla dans la maison de son beau-père, et non comme une kalla dans la maison de son père.
Le verset de Chir ha-Chirim 8, 10 fournit l'image de la femme radoufa. Rabbi Yo'hanan : la kalla trouvée entière chez son beau-père court l'annoncer chez son père. Rachi : " entière " veut dire devenue chère, trouvée entière pour lui. L'éloge, c'est la façon dont elle est accueillie.
Le second verset est Hoshea 2, 18. Ishi, mon homme : la kalla dans la maison du beau-père, où le lien avec le mari est proche. Baali, mon maître : la kalla encore dans la maison du père. L'amoud enchaîne sur Hoshea à partir de ce verset.
Notre sœur est petite, et elle n'a pas de seins. Rabbi Yo'hanan a dit : c'est Eilam, qui a mérité d'apprendre, et n'a pas mérité d'enseigner.
Chir ha-Chirim 8, 8, verset voisin de celui de la kalla. Rabbi Yo'hanan : la sœur sans seins est Eilam. Elle a appris, elle n'allaite pas les autres.
Rachi nomme Daniel, à Shoushan d'Eilam (Daniel 8, 2). Il a appris, il n'a pas fait reposer la Torah en Israël. Bavel, à l'inverse, a élevé Ezra, qui cherche, pratique et enseigne (Ezra 7, 10).
Le Ben Yehoyada lit le nom Eilam comme he'alemout, dissimulation : la sagesse de Daniel est restée en lui. Le talmid 'hakham reçoit de son maître comme la femme reçoit de son mari, puis il transmet. Apprendre sans enseigner, c'est recevoir sans allaiter.
Je suis un rempart, et mes seins sont comme des tours. Rabbi Yo'hanan a dit : " Je suis un rempart ", c'est la Torah.
" Et mes seins sont comme des tours ", ce sont les talmidei hakhamim. Et Rava a dit : " Je suis un rempart ", c'est la Knesset Israël.
" Et mes seins sont comme des tours ", ce sont les batei knesset (synagogues) et les batei midrach (maisons d'étude).
Même verset, première moitié, Chir ha-Chirim 8, 10. Rabbi Yo'hanan : le rempart est la Torah, les tours sont les talmidei hakhamim. Rachi : ils allaitent, et la tour protège la génération.
Rava : le rempart est la Knesset Israël, les tours sont les synagogues et les maisons d'étude.
Le Ben Yehoyada assemble les lettres de homa : cinq livres et six ordres font he et vav ; quarante-huit degrés (Avot 6, 5) font mem et het. Il coupe aussi migdalot en makh et gedoulout : l'humble reçoit la grandeur. Pour Rava, la Knesset Israël entoure, comme le verset " la femelle entourera l'homme ".
Rav Zoutra bar Tovia a dit au nom de Rav : que signifie ce qui est écrit : Nos fils sont comme des plants, grands dans leur jeunesse, nos filles comme des angles, taillées à la forme d'un Heikhal.
Rav, transmis par Rav Zoutra bar Tovia, ouvre Tehilim 144, 12. Le verset est cité en entier. L'explication vient au segment suivant.
Rachi prépare " comme des plants " : des jeunes pousses encore saines, sans gât, sans accident. C'est l'image des jeunes gens qui n'ont pas goûté le péché.
" Nos fils sont comme des plants " : ce sont les jeunes hommes d'Israël qui n'ont pas goûté le goût du péché. " Nos filles comme un angle " : ce sont les vierges d'Israël qui lient leur ouverture pour leur mari.
Et ainsi il dit : Ils se rempliront comme le bassin, comme les angles de l'autel. Si tu veux, dis-le d'ici : Nos angles sont pleins, ils fournissent d'espèce en espèce.
Plants : les jeunes hommes qui n'ont pas goûté le péché. Rachi : des pousses encore saines. Angle : les vierges qui lient leur ouverture à leur mari. Rachi donne deux langues. Elles ferment jusqu'au mari. Ou elles déclarent la nida pour qu'il s'écarte, malgré le désir.
La preuve que l'angle désigne le plein vient de Zekharya 9, 15 : " ils se rempliront comme les angles de l'autel ". Autre preuve, le verset voisin, Tehilim 144, 13. Tossefot serre le rapprochement : là-bas le sang de l'autel, ici le sang de nida.
Le Ben Yehoyada distingue le keri qui vient d'un hirhour, goût du péché, et le keri de fatigue, de nourriture ou de maladie. " Grands dans leur jeunesse " : grands en années, encore comme des petits sans mauvaises pensées. Sur mehoutavot : retrait au veset, et refus de suspendre un ketem. Le mot est lu comme séparation, ou comme importance de la femme crue sur sa nida.
" Taillées à la forme d'un Heikhal " : les uns et les autres, le verset les compte comme si un Heikhal avait été bâti de leur temps.
La fin du verset réunit les jeunes hommes et les vierges. Mehoutavot tavnit heikhal : le verset les compte comme si le Heikhal avait été bâti de leur temps. Rachi : tavnit est un mot de construction, et mehoutavot vise le bâtiment du Heikhal.
Le Ben Yehoyada relie Heikhal au nom dont le compte est has, 65, dans Habakouk 2, 20. La lettre dalet, la porte, a été atteinte par le péché d'Adam et de Hava. Garder sa porte, pour la vierge et pour le jeune homme, répare cette lettre mesure pour mesure. Autre lecture : la Chekhina réside sur les familles de yihus (Kiddouchin 69b). Se garder de la zenout maintient le yihus, et le verset de Yirmeya 7, 4 les appelle Heikhal de Hachem.
Parole de Hachem qui fut à Hoshea, etc., aux jours d'Ouzia, de Yotam, d'Ahaz et de Hizkiya, roi de Yehouda. Dans une même période ont prophétisé quatre prophètes, et le plus grand de tous est Hoshea, ainsi qu'il est dit : Le commencement de la parole de Hachem fut en Hoshea.
Est-ce à Hoshea qu'Il a parlé en premier ? Depuis Moché jusqu'à Hoshea, combien de prophètes !
Rabbi Yo'hanan a dit : le premier des quatre prophètes qui ont prophétisé dans cette période. Les voici : Hoshea, Yeshaya, Amos et Mikha.
Le verset de Hoshea sur Ishi amène l'ouverture du livre, Hoshea 1, 1. Quatre prophètes dans une période : Hoshea, Yeshaya, Amos, Mikha. Hoshea est le plus grand, car le verset dit " commencement de la parole ". Rabbi Yo'hanan : commencement parmi ces quatre, puisque depuis Moché les prophètes sont nombreux.
Rachi : le lien avec ce qui précède est la Knesset Israël parlée comme une femme mariée. Tossefot : Mikha ne nomme pas Ouzia. Il a prophétisé au début de Yotam, Ouzia encore vivant, déjà frappé, Yotam régnant de son vivant.
Le Ben Yehoyada relève le taam revia, accent du quatre, sur acher haya chez Hoshea, premier, et chez Mikha, dernier. Le même accent chez Tsephanya marque un autre groupe de quatre : Tsephanya, Hagaï, Zekharya, Malakhi.
Le Saint, béni soit-Il, dit à Hoshea : Tes fils ont péché. Il aurait dû dire : Ce sont Tes fils, ce sont les fils de Tes favoris, les fils d'Avraham, d'Its'hak et de Yaakov, fais rouler Ta miséricorde sur eux.
Il ne lui a pas suffi de ne pas le dire. Il a dit devant Lui : Maître du monde, le monde entier est à Toi, fais-les passer dans une autre nation.
Hachem dit à Hoshea : tes fils ont péché. La défense attendue tient en trois noms : Tes fils, les fils de Tes favoris, les fils des pères, puis la miséricorde. Hoshea répond : le monde est à Toi, fais-les passer dans une autre nation.
Rachi : on le sait parce que Hachem lui ordonne de prendre une femme de débauche, ordre qu'Il n'a pas donné à un autre prophète. La note insérée dans Rachi date les quatre : Amos deux ans avant le tremblement, Yeshaya le jour même (Yeshaya 6, 4), jour où Ouzia est frappé pour avoir contesté la kehouna, Mikha ensuite, quand Yotam juge déjà. Hoshea est avant tous.
Le Ben Yehoyada développe les trois arguments : fils, même selon Rabbi Meir (Kiddouchin 36a) ; épreuve de la emouna au désert (Yirmeya 2, 2) ; serment fait aux pères. Galgel vise un nom de miséricorde, échange d'Elokim, dont les lettres déplacées comptent 33, jour du 33 de l'Omer, ou le roulement du shefa depuis Keter, 'Hokhma, Bina jusqu'à la Malkhout. Ces arguments auraient visé les décrets de Yizreel et de Lo Rouhama. Le " fais-les passer " de Hoshea vise l'exil hors d'Erets Israël.
Le Saint, béni soit-Il, dit : Que ferai-Je à ce vieillard ? Je lui dirai : Va, prends une femme de débauche, et engendre-toi des fils de débauche.
Ensuite Je lui dirai : Renvoie-la de devant toi. S'il peut la renvoyer, Moi aussi Je renverrai Israël.
Ainsi qu'il est dit : Hachem dit à Hoshea : Va, prends-toi une femme de débauche et des enfants de débauche. Et il est écrit : Il alla et prit Gomer, fille de Divlayim.
Gomer, Rav a dit : car tous achèvent en elle. Fille
Hachem met Hoshea à sa propre place. Prendre une femme de débauche, engendrer, puis devoir la renvoyer : s'il le peut, Hachem renverra Israël. Le verset est Hoshea 1, 2-3. Il prend Gomer bat Divlayim. Rav : Gomer, car tous achèvent en elle. Rachi : leur union et le désir de leur cœur. Les enfants sont un doute, de lui ou d'autres.
Tossefot : tout ce dialogue est tiré de l'ordre lui-même. Par présomption, Hachem lui a parlé ainsi, et Hoshea a répondu ainsi. Rachi fixe la leçon : d'abord " prends ", ensuite " renvoie ".
Le Ben Yehoyada lit " vieillard " comme un mérite : l'esprit court, sans arikhout apayim. " Ce " vieillard l'isole des pères : là, Avraham et Yaakov accusent, Its'hak défend, et un seul défenseur suffit. Ici Hoshea accuse seul. La trouvaille, Gomer, le forcera à défaire ses propres paroles. La seconde glose rattache bat au refroidissement, d'après Bava Batra 141a et Nidda 31b, et lit déjà " mauvaise renommée, fille d'une mauvaise renommée ", qui continue au daf suivant. L'amoud s'arrête sur le mot bat.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).