Pesachim 87b - Divlayim, les trois gezerot, et l'exil qui disperse

Pesachim 87b

Sougya : L'amoud achève le nom Divlayim, puis le nom Gomer : on a voulu achever les biens d'Israël. Hoshea engendre Yizre'el, Lo-Rouhama et Lo-Ammi.

Hachem lui demande de se séparer de Gomer, comme Moché. Hoshea refuse.

Hachem retourne l'argument : Israël est l'un des quatre kinyanim. Hoshea demande rahamim, les trois gezerot tombent, la berakha suit.

De là : malheur à la rabanout, Yerovam qui n'a pas reçu de lachon ha-ra, la compassion jusque dans la colère, l'exil pour ajouter des gerim, l'interdit de calomnier, la dispersion comme tsedaka, et les raisons de Bavel.

D'Hoshea à la berakha Trois noms, trois gezerot, puis les rahamim. 1. Parole d'Hoshea Fais-les passer à une autre nation Hachem lui fait prendre Gomer 2. Trois enfants Yizre'el : exil Lo-Rouhama : plus de compassion Lo-Ammi : pas Mon peuple Trois gezerot à cause de lui 3. Il garde Gomer J'ai des fils d'elle Je ne peux ni renvoyer ni divorcer 4. Réponse de Hachem Toi, tu restes ainsi Israël est Mes fils l'un des quatre kinyanim Et toi, tu as dit de les remplacer 5. Rahamim Il demande d'abord pour lui Hachem : demande d'abord pour Israël Il demande. La gezera tombe 6. Berakha Comme le sable de la mer Fils d'El haï Je la sèmerai Compassion. Tu es Mon peuple
Hoshea parle contre Israël. Trois enfants nomment trois gezerot. Il garde Gomer. Hachem retourne l'argument, puis la berakha remplace les noms.
Les quatre kinyanim Ce que Hachem a acquis dans Son monde. Rachi : choses chères, acquises avec peine. Torah Hachem m'a acquise principe de Sa voie Michlei 8, 22 Cieux et terre Acquéreur des cieux et de la terre Bereshit 14, 19 Bet ha-Mikdash Cette montagne Sa droite l'a acquise Tehilim 78, 54 Israël Ce peuple Tu l'as acquis Chemot 15, 16 Et toi, tu as dit : fais-les passer à une autre nation.
Torah, cieux et terre, Bet ha-Mikdash, Israël : les quatre kinyanim. La parole d'Hoshea les vise.
Pourquoi disperser, pourquoi Bavel Dispersion : Rabbi Ochaya Tsedaka : les disperser parmi les nations Réunis en un seul lieu, on pourrait les achever ensemble. Rachi. Le min, et la réponse d'Ochaya Tout détruire : ils ne sont pas tous ici Détruire ceux d'ici : royaume tronqué Serment du min : avec cela on se couche Pourquoi Bavel Rabbi Hiya Ils ne portent pas les gezerot de Rome Rabbi Elazar Profonde comme le Cheol : promesse de rachat Rabbi Hanina Leur langue est proche de la langue de la Torah Rabbi Yo'hanan : la maison de leur mère Un homme en colère renvoie sa femme chez sa mère. Rachi : Avraham est sorti d'Our Kasdim. Rabbi Alexandri : trois revenus à leur plantation Israël à Bavel. L'argent d'Égypte par Chichak. L'écriture des louhot : les lettres s'envolent.
La dispersion empêche de les achever ensemble. Bavel : gezerot de Rome, profondeur du Cheol, langue de la Torah, maison de la mère.
1
דִּבְלָיִם״, דִּבָּה רָעָה בַּת דִּבָּה רָעָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: שֶׁמְּתוּקָה בְּפִי הַכֹּל כִּדְבֵלָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: שֶׁהַכֹּל דָּשִׁין בָּהּ כִּדְבֵלָה.

" Divlayim " : mauvaise renommée, fille d'une mauvaise renommée. Chmouel a dit : elle est douce dans la bouche de tous, comme une deveila.

Rabbi Yo'hanan a dit : tous la foulent, comme une deveila.

📜 Rachi (1)
דִּבְלָיִם שְׁתֵּי דִּיֽבּוֹת דּוּמָה בַּת דּוּמָה:
Divlayim : deux dibbot, une semblable, fille d'une semblable.
💡 Explication

Le nom Divlayim, ouvert au daf précédent, reçoit trois lectures. Dibba : mauvaise renommée, et sa mère de même. Rachi : deux dibbot, semblable fille de semblable.

Chmouel lit deveila, la galette de figues pressées : douce dans la bouche de tous. Rabbi Yo'hanan lit le même mot par dashin, fouler : tous passent sur elle comme on foule la galette.

🖼️ Schéma
Trois lectures de Divlayim Dibba Mauvaise renommée fille d'une mauvaise renommée Rachi : deux dibbot Chmouel : deveila Douce dans la bouche de tous Galette de figues pressées Rabbi Yo'hanan Tous la foulent comme une deveila Dashin : on foule la galette
Dibba, douceur, foulage : trois lectures du même nom.
2
דָּבָר אַחֵר: ״גּוֹמֵר״, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: שֶׁבִּקְּשׁוּ לְגַמֵּר מָמוֹנָן שֶׁל יִשְׂרָאֵל בְּיָמֶיהָ, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: בָּזְזוּ וְגָמְרוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי אִבְּדָם מֶלֶךְ אֲרָם וַיְשִׂמֵם כֶּעָפָר לָדֻשׁ״.

Autre explication : " Gomer ". Rav Yehouda a dit : ils ont cherché à achever les biens d'Israël en ses jours.

Rabbi Yo'hanan a dit : ils ont pillé et achevé, ainsi qu'il est dit : " Car le roi d'Aram les a fait périr et les a mis comme la poussière à fouler ".

📜 Rachi (1)
כִּי אִבְּדָם מֶלֶךְ אֲרָם וַיְשִׂיֽמֵם כֶּעָפָר לָדֻוֽשׁ:
Car le roi d'Aram les a fait périr et les a rendus comme la poussière à fouler.
💡 Explication

Autre lecture de Gomer, de la racine gamar, achever. Rav Yehouda : on a cherché à achever les biens d'Israël aux jours de cette femme. Rabbi Yo'hanan : le pillage a eu lieu, l'achèvement aussi.

La preuve est Melakhim II 13, 7 : le roi d'Aram les réduit comme la poussière que l'on foule au battage. Rachi recopie le verset.

3
״וַתַּהַר וַתֵּלֶד לוֹ בֵּן וַיֹּאמֶר ה׳ אֵלָיו קְרָא שְׁמוֹ יִזְרְעֶאל כִּי עוֹד מְעַט וּפָקַדְתִּי אֶת דְּמֵי יִזְרְעֶאל עַל בֵּית יֵהוּא וְהִשְׁבַּתִּי מַמְלְכוּת בֵּית יִשְׂרָאֵל וַתַּהַר עוֹד וַתֵּלֶד בַּת וַיֹּאמֶר לוֹ קְרָא שְׁמָהּ לֹא רֻחָמָה כִּי לֹא אוֹסִיף עוֹד אֲרַחֵם אֶת בֵּית יִשְׂרָאֵל כִּי נָשֹׂא אֶשָּׂא לָהֶם וַתַּהַר וַתֵּלֶד בֵּן וַיֹּאמֶר (ה׳ אֵלָיו) קְרָא שְׁמוֹ לֹא עַמִּי כִּי אַתֶּם לֹא עַמִּי וְאָנֹכִי לֹא אֶהְיֶה לָכֶם״,

" Elle conçut et lui enfanta un fils. Il lui dit : Appelle son nom Yizre'el, car encore un peu, et Je visiterai le sang de Yizre'el sur la maison de Yehou, et Je ferai cesser le royaume de la maison d'Israël.

Elle conçut encore et enfanta une fille. Il lui dit : Appelle son nom Lo-Rouhama, car Je ne continuerai plus à avoir compassion de la maison d'Israël, car porter, Je porterai pour eux.

Elle conçut et enfanta un fils. Il dit (Hachem à lui) : Appelle son nom Lo-Ammi, car vous n'êtes pas Mon peuple, et Moi, Je ne serai pas pour vous ".

📜 Rachi (1)
וַתַּהַר וַתֵּלֶד בֵּן וַיֹּאמֶר ה' אֵלָיו קְרָא שְׁמוֹ יִזְרְעֶאל שֶׁעָתִיד אֲנִי לְזָוֽרְעָם וּלְזָרוֹתָם בַּגּוֹלָה:
Elle conçut et enfanta un fils, et Il lui dit : Appelle son nom Yizre'el : Je dois les semer et les disperser en exil.
🗂️ Tossefot (1)
יִזְרְעֶאל עַל שֵׁם הֶעָתִיד שֶׁיִּזְרְעוּ בַּגּוֹלָה:
Yizre'el : du nom de l'avenir, où ils seront semés en exil.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֲפִלּוּ בִּשְׁעַת כַּעֲסוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, זוֹכֵר אֶת הָרַחֲמִים, שֶׁנֶּאֱמַר: (הוֹשֵׁעַ א, ו) "כִּי לֹא אוֹסִיף עוֹד אֲרַחֵם אֶת בֵּית יִשְׂרָאֵל" וְכוּ'.. נִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּוֽנָה שֶׁזּוֹכֵר דְּבָרִים שֶׁאֶפְשָׁר לְפָרֵשׁ אוֹתָם לְטוֹבָה בְּרַחֲמִים וְהוּא דְּאִיתָא בַּשַּׁעַר הַפְּסוּקִים לְרַבֵּינוּ הָאֲרִ"י זַ"ל בַּפָּסוּק (יְשַׁעְיָה נב, ג) 'חִנָּם נִמְכַּרְתֶּם וְלֹא בְכֶסֶף תִּגָּאֵלוּ' רוֹצֶה לוֹמַר לֹא אֶגָּאֵל אֶתְכֶם מִצַּד הַחֶסֶד בִּלְבַד שֶׁהוּא סוֹד כֶּסֶף כַּאֲשֶׁר הָיָה בִּיצִיאַת מִצְרַיִם אֶלָּא פֻּוֽרְקָנָא דִּילְכוֹן יִהְיֶה מִסִּטְרָא דְּזָהָב דְּהַיְיֽנוּ בִּגְבוּרָה עִלָּאָה שֶׁהוּא סוֹד יִצְחָק וְכוּ' עַיֵּיֽן שָׁם. וְיָדוּעַ מַה שֶׁכָּתוּב בְּרָעֲיָא מְהֵימָנָא בְּפָרָשַׁת פִּנְחָס דַּף רמ"ו עַל פָּסוּק (יְשַׁעְיָה נב, יג) 'יָרוּם וְנָשָׂא וְגָבָה מְאֹד' שֶׁדָּרְשׁוּ וְנָשָׂא עַל יִצְחָק יְעַיֵּיֽן שָׁם. וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר כָּאן ' לֹא אוֹסִיף לְרַחֵם אֶת בֵּית יִשְׂרָאֵל ' רוֹצֶה לוֹמַר לֹא אַגֹּאֲלָם בְּמִדַּת הָרַחֲמִים שֶׁהִיא בְּסוֹד כֶּסֶף כַּאֲשֶׁר גְּאַלְתִּים מִמִּצְרַיִם אֶלָּא עַתָּה ' נָשָׂא ' רוֹצֶה לוֹמַר מִדַּת הַגְּבוּרָה שֶׁהִיא מִדַּת יִצְחָק שֶׁהוּא נִרְמַז בְּ'נָשָׂא' בָּהּ ' אֶשָּׂא לָהֶם ' וְנִמְצָא פָּסוּק שֶׁנֶּאֱמַר בְּעֵת הַכַּעַס וְהַזַּעַם יֵשׁ בּוֹ בֵּיֽאוּר לְטוֹבָה שֶׁהוּא מְדַבֵּר בְּרַחֲמִים גְּדוֹלִים. וְעוֹד נִרְאֶה לִי בס"ד ' נָשָׂא ' [351] עוֹלֶה מִסְפַּר הֲסָנֵיֽגוֹרֶיהָ [349] עִם הַכּוֹלֵל וְיָדוּעַ שֶׁיֵּשׁ שָׁם קָדוֹשׁ בְּהֵיכַל הַחֶסֶד מִלִּיף סָנֵיֽגוֹרְיָא עַל יִשְׂרָאֵל וְכַנִּזְכָּר בַּזֹּוֽהַר הַקָּדוֹשׁ (חֵלֶק ב' דַּף רנג) יְעַיֵּיֽן שָׁם. וְזֶהוּ שֶׁנֶּאֱמַר כִּי ' נָשָׂא ' שֵׁם הַסְּנִיֽגּוּרִיא ' אֶשָּׂא לָהֶם '. אוֹ יוּבַן ' נָשָׂא ' רָאשֵׁי תֵּיֽבוֹת נ יְצוּצוֹת ש ל א דָּם הוּא אָדָם הָרִאשׁוֹן שֶׁנִּתְעָרְבוּ נִיצוֹצוֹת קְדֻוֽשָּׁה שֶׁלּוֹ בְּסִיגִים בְּחֶטְאוֹ אֶשָּׂא אוֹתָם לָהֶם כִּי עַל אֵלֶּה בָּאוּ כָּל יִשְׂרָאֵל לְבָרֵר וּלְהַעֲלוֹת. אוֹ יוּבַן בס"ד לְפָרֵשׁ דְּבָרָיו יִתְבָּרֵךְ לְטוֹבָה ' לֹא אוֹסִיף ' מִלְּשׁוֹן 'יַחְדָּו יָסָפוּ' (יְשַׁעְיָה סו, יז) רוֹצֶה לוֹמַר לֹא אוֹסִיף אוֹתָם לְהַכְרִיתָם אֶלָּא אֲרַחֵם אֶת בֵּית יִשְׂרָאֵל יַעַן כִּי נָשֹׂא אֶשָּׂא לָהֶם עַל דֶּרֶךְ (מִיכָה ז, יח) מִי אֵל כָּמוֹךָ נֹשֵׂא עָוֹ‍ן.
Même à l'heure de Sa colère, le Saint, béni soit-Il, se souvient de la compassion, ainsi qu'il est dit (Hoshea 1, 6) : " Car Je ne continuerai plus à avoir compassion de la maison d'Israël ", etc. Il me semble, avec l'aide du Ciel : l'intention est qu'Il se souvient de paroles que l'on peut expliquer en bien, dans la compassion. On trouve dans Chaar ha-Pesoukim de notre maître l'Ari, zal, sur le verset (Yeshaya 52, 3) : " Pour rien vous avez été vendus, et sans argent vous serez rachetés. " Cela veut dire : le rachat viendra du côté de l'or, la gevoura supérieure, sod d'Yitshak. Le 'hessed seul, sod de l'argent, a été la sortie d'Égypte. Voir là-bas. On connaît ce qu'écrit le Raaya Mehemna, parachat Pinhas, page 246, sur le verset (Yeshaya 52, 13) : " Il s'élèvera, il sera porté, et il sera très haut. " Ils exposent " venissa " sur Yitshak. Voir là-bas. Voici ce qui est dit ici : " Je n'ajouterai plus d'avoir compassion de la maison d'Israël. " Cela veut dire : le rachat de maintenant passe par " nassa ", la mida de la gevoura, mida d'Yitshak, visé dans " nassa ". Par elle : " Je porterai pour eux. " Le 'hessed, sod de l'argent, a été le rachat d'Égypte. Un verset dit au temps de la colère et de la fureur reçoit donc une explication en bien, qui parle de grandes compassions. Autre lecture, avec l'aide du Ciel : " nassa " (351) atteint le nombre de ha-senigoria (349) avec le kolel. On sait qu'un nom saint, dans le Heikhal du 'hessed, plaide la senigoria d'Israël, comme le rappelle le Zohar ha-kadoch (II, 253). Voir là-bas. Voici le sens : " nassa ", le nom de la senigoria, " Je porterai pour eux ". Ou bien " nassa " en initiales : nitsotsot shel Adam, les étincelles d'Adam ha-Richon. Des étincelles de sainteté se sont mêlées aux scories par son péché. " Je les porterai pour eux " : c'est pour celles-là que tout Israël est venu, pour les trier et les élever. Ou bien, avec l'aide du Ciel, pour expliquer Ses paroles en bien : " lo ossif ", dans la langue de " ensemble ils finiront " (Yeshaya 66, 17). Cela veut dire : Je ne les joindrai pas pour les retrancher. J'aurai compassion de la maison d'Israël, parce que " porter, Je porterai pour eux ", à la manière de (Mikha 7, 18) : Qui est comme Toi, qui portes la faute.
💡 Explication

La Guemara cite Hoshea 1, 3-9 : trois naissances, trois noms. Yizre'el : visitation du sang de Yizre'el sur la maison de Yehou, et fin du royaume d'Israël. Rachi et Tossefot lisent aussi l'avenir de l'exil : semer et disperser. Lo-Rouhama : Je ne continuerai plus la compassion. Lo-Ammi : vous n'êtes pas Mon peuple.

Les mots " porter, Je porterai pour eux " restent dans le verset de la colère. Rabbi Yossi les lira plus loin comme langue de pardon. La parenthèse " Hachem à lui " est dans le texte de la Guemara, sur le troisième enfant.

Le Ben Yehoyada donne quatre lectures de ces mots durs. L'or et la gevoura d'Yitshak, sod distinct du 'hessed de la sortie d'Égypte, d'après l'Ari et le Raaya Mehemna. Le compte de nassa et la senigoria. Les initiales : étincelles d'Adam ha-Richon. Enfin lo ossif lu comme : Je ne les retranche pas, et nassa comme le verset de Mikha, qui porte la faute.

4
לְאַחַר שֶׁנּוֹלְדוּ [לוֹ] שְׁנֵי בָנִים וּבַת אַחַת, אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהוֹשֵׁעַ: לֹא הָיָה לְךָ לִלְמוֹד מִמֹּשֶׁה רַבָּךְ? שֶׁכֵּיֽוָן שֶׁדִּבַּרְתִּי עִמּוֹ פֵּיֽרַשׁ מִן הָאִשָּׁה, אַף אַתָּה בְּדֹוֽל עַצְמְךָ מִמֶּנָּה. אָמַר לוֹ: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם יֵשׁ לִי בָּנִים מִמֶּנָּה וְאֵין אֲנִי יָכוֹל לְהוֹצִיאָהּ וְלֹא לְגָרְשָׁהּ.

Après que lui furent nés deux fils et une fille, le Saint, béni soit-Il, dit à Hoshea : N'avais-tu pas à apprendre de Moché, ton maître ? Dès que Je lui ai parlé, il s'est séparé de la femme.

Toi aussi, sépare-toi d'elle. Il Lui dit : Maître du monde, j'ai des fils d'elle, et je ne peux ni la renvoyer ni la divorcer.

🪔 Ben Yehoyada (3)
לְאַחַר שֶׁנּוֹלְדוּ לוֹ שְׁנֵי בָנִים וּבַת אַחַת. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת נְהִי דְּאִצְטְרִיךְ לִתְלָתָא בִּשְׁבִיל הַשֵּׁמוֹת כְּדֵי לִקְרֹוֽא לָהֶם ג' שֵׁמוֹת כְּנֶגֶד ג' גְּזֵיֽרוֹת. אַךְ קָשֶׁה הֲוָה אֶפְשָׁר שֶׁיִּהְיוּ שְׁלָוֽשְׁתָּם זְכָרִים וְיִקְרָא אֶת אֶחָד מֵהֶם 'לֹא יְרַחֵם' כְּנֶגֶד שֵׁם הַנְּקֵבָה שֶׁקָּרְאָה 'לֹא רָחֲמָה' (הוֹשֵׁעַ א, ו) ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד דְּיָדוּעַ בֵּית שַׁמַּאי שֶׁהֵם דִּין סְבִירָא לֵיֽהּ קִיּוּם פְּרִיָּה וּרְבִיָּה צָרִיךְ שְׁנֵי זְכָרִים וּנְקֵבָה וּבֵית הִלֵּל שֶׁהֵם רַחֲמִים סְבִירָא לֵיֽהּ דַּי בְּזָכָר וּנְקֵבָה (יְבָמוֹת סא:) . וְלָכֵן אַחַר שֶׁרָאָהוּ נָטָה לְמִדַּת הַדִּין וְהַגְּבוּרָה שֶׁהִיא מִדַּת בֵּית שַׁמַּאי לָכֵן רָצָה שֶׁיָּבִיא מִזֹּאת הָאִשָּׁה שִׁיֽעוּר פְּרִיָּה וּרְבִיָּה לְפִי סְבָרַת בֵּית שַׁמַּאי שֶׁמִּיֽדָּתָם גְּבוּרָה. אוֹ יוּבַן בס"ד רָצָה שֶׁיָּבִיא בַּת שֶׁהִיא כְּנֶגֶד גְּזֵרָה שֶׁל סִיֽלּוּק הַטּוֹבָה דְּמִלְּבַד שֵׁם 'לֹא רַחֲמָהּ' הַמּוֹרֶה עַל גְּזֵרָה זוֹ שֶׁל סִיֽלּוּק הַטּוֹבָה עוֹד גַּם כֵּן הַבַּת בְּעַצְמָהּ מוֹרֶה עַל סִיֽלּוּק טוֹבָה כְּמוֹ שֶׁאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זִ"לִ עַל נְקֵיֽבָה שֶׁהוּא נִטְרְקוּן 'נָקִי בַּהּ' עַל דֶּרֶךְ שֶׁאָמְרוּ 'פְּלוֹנִי יָצָא נָקִי מִנְּכָסָיו' וְכֵן נְקֵבָה גֵּימַטְרְיָא נֶזֶק [157]. וְהָא שֶׁיָּלְדָה הַנְּקֵבָה בְּאֶמְצַע? נִרְאֶה לִי בס"ד כִּי הָיְתָה לֵיֽדָתָם עַל סֵדֶר הַגְּזֵרוֹת דִּתְחִלָּה נוֹלַד יִזְרְעֶאל שֶׁבּוֹ רָמוּז גְּזֵרַת הַגָּלוּת וְאַחַר כָּךְ נוֹלְדָה לֹא רַחְמָהּ שֶׁבָּהּ רָמוּז חֶסְרוֹן טוֹבָה הַגַּשְׁמִית דְּאַחַר הַגָּלוּת הִרְגִּישׁוּ בְּחֶסְרוֹן טוֹב הַגַּשְׁמִיּוּת קֹוֽדֶם חֶסְרוֹן טוֹב הַנַּפְשִׁיּוּת וְאַחַר כָּךְ נוֹלַד בֵּן הַנִּקְרָא לֹא עַמִּי שֶׁבּוֹ רָמוּז חֶסְרוֹן הַנּוֹגֵעַ לַנַּפְשִׁיּוּת וְרוּחָנִיּוֹת דְּהָעֵדֶר שֶׁלּוֹ נִרְגָּשׁ אֶצְלָם בָּאַחֲרוֹנָה.
Après que lui furent nés deux fils et une fille. On objecte : soit, il en fallait trois, pour trois noms en face de trois gezerot. La difficulté : les trois pouvaient être des mâles, et il en aurait appelé un " Lo yerahem ", en face du nom féminin " Lo-Rouhama " (Hoshea 1, 6). Il me semble, avec l'aide du Ciel : on sait que Beit Chammaï, qui sont din, tiennent que peru u-revu se réalise par deux mâles et une femelle, et que Beit Hillel, qui sont rahamim, tiennent qu'un mâle et une femelle suffisent (Yevamot 61b). Après qu'Il l'a vu pencher vers la mida du din et de la gevoura, mida de Beit Chammaï, Il a voulu qu'il amène de cette femme la mesure de peru u-revu selon Beit Chammaï, dont la mida est la gevoura. Autre lecture, avec l'aide du Ciel : Il a voulu qu'il amène une fille, en face de la gezera du retrait du bien. Outre le nom Lo-Rouhama, qui indique cette gezera, la fille elle-même indique le retrait du bien. Nos maîtres ont dit de nekeiva que c'est un notarikon : naki bah, à la manière de " un tel est sorti net de ses biens ". Nekeiva a aussi la gematria de nezek, 157. Et pourquoi la femelle est-elle née au milieu ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : leurs naissances suivent l'ordre des gezerot. D'abord naît Yizre'el, où est visée la gezera de l'exil. Ensuite naît Lo-Rouhama, où est visé le manque du bien matériel : après l'exil, ils sentent le manque du bien matériel avant le manque du bien de l'âme. Ensuite naît le fils appelé Lo-Ammi, où est visé le manque qui touche l'âme et le souffle : son absence, ils la sentent en dernier.
הָיָה לְךָ לְלַמֵּד מִמֹּשֶׁה. מַקְשִׁים וְכִי הַנְּבִיאִים שֶׁקְּדָמוֹ לוֹ לָמְדוּ כָּזֹאת מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה לִפְרֹוֽשׁ מִן הָאִשָּׁה? וְנִרְאֶה לִי בס"ד מִפְּנֵי דְּאֶפְשָׁר לוֹמַר הָא דִּשְׁאָר נְבִיאִים לֹא לָמְדוּ מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה לִפְרֹוֽשׁ הַיְיֽנוּ דְּתָלוּ בְּדַעְתָּם מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה הָיָה רָאוּי שֶׁיִּפְרֹוֽשׁ מִפְּנֵי שֶׁאִשְׁתּוֹ הָיְתָה גִּיּוֹרֶת וְאֵין רָאוּי לַנָּבִיא קָדוֹשׁ אֱלֹקִים שֶׁיִּזָּקֵק לְאִשָּׁה גִּיּוֹרֶת, וְלָכֵן הֵם שֶׁהָיָה לָהֶם נָשִׁים מְיֻוֽחָסוֹת שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל לֹא פֵּיֽרְשׁוּ כַּאֲשֶׁר מָצִינוּ דְּאַהֲרֹן הַכֹּהֵן ע"ה שֶׁהָיָה כֹּהֵן גָּדוֹל וְנָבִיא וְכֵן שְׁאָר נְבִיאִים שֶׁבְּאוֹתוֹ הַדּוֹר שֶׁלֹּא פֵּיֽרְשׁוּ מִנְּשֵׁיהֶם, אַךְ אַתָּה שֶׁהָיָה לְךָ אִשָּׁה זוֹנָה שֶׁהִיא מְאוּסָה וּגְרוּעָה מִגִּיּוֹרֶת אֶלֶף פְּעָמִים 'הָיָה לְךָ לְלַמֵּד מִמּשֶׁה' וְלִפְרוֹשׁ מִמֶּנָּה דְּאֵין כָּבוֹד לַנָּבִיא שֶׁכְּמוֹתְךָ לְהִזָּקֵק לְאִשָּׁה כְּזוֹ אַחַר שֶׁכְּבָר יָלְדָה לְךָ וְקִיַּיֽמְתָּ בָּהּ מִצְוָוֽתוֹ יִתְבָּרֵךְ שֶׁצַּוְּוֽךָ לְהַשִּׂיאָהּ.
Tu aurais dû apprendre de Moché. On objecte : les prophètes qui l'ont précédé ont-ils appris cela de Moché notre maître, à se séparer de la femme ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : on peut dire que les autres prophètes n'ont pas appris de Moché à se séparer, parce qu'ils rattachaient cela à leur jugement : Moché notre maître devait se séparer, sa femme étant une guioret, et il ne convient pas qu'un prophète saint s'unisse à une guioret. Eux, qui avaient des femmes de yihous en Israël, ne se sont pas séparés. Nous trouvons Aharon le kohen, qui était Kohen Gadol et prophète, et les autres prophètes de cette génération, qui ne se sont pas séparés de leurs femmes. Toi, tu avais une femme zona, odieuse, et moindre qu'une guioret mille fois. " Tu aurais dû apprendre de Moché " et te séparer d'elle : il n'est pas l'honneur d'un prophète tel que toi de t'unir à une femme de cette sorte, après qu'elle t'a déjà enfanté et que tu as accompli par elle le commandement qu'Il t'a donné de l'épouser.
רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, יֵשׁ לִי בָּנִים הֵימֶנָּה וְאֵינִי יָכוֹל לְהוֹצִיאָהּ וּלְגָרְשָׁהּ. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת כֵּיוָן דַּאֲמַר לוֹ 'בָּדַל עַצְמְךָ הֵימֶנָּה' אֵיךְ יָשִׁיב תְּשׁוּבָה זוֹ וַהֲלֹא הוּא מֻוֽכְרָח לְקַיֵּיֽם גְּזֵרָתוֹ יִתְבָּרֵךְ אַף עַל פִּי שֶׁיָּמוּת עַל יְדֵי כָּךְ? וְעוֹד לֹא אָמַר לוֹ לְגָרְשָׁהּ אֶלָּא אָמַר לוֹ 'בִּדֵּל' רוֹצֶה לוֹמַר שֶׁיִּפְרֹוֽשׁ מְבִיאָה וְאֵיךְ אוֹמֵר 'אֵינִי יָכוֹל לְגָרְשָׁהּ'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד שֶׁלֹּא בָּא לוֹמַר שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לְקַיֵּיֽם גְּזֵרָתוֹ יִתְבָּרֵךְ כִּי וַדַּאי אַחַר שֶׁאָמַר לוֹ בְּדוֹל כֵּן יַעֲשֶׂה וְרַק בָּא לַעֲשׂוֹת הִתְנַצְּלוּת לְעַצְמוֹ עַל אֲשֶׁר לֹא עָשָׂה כֵּן מִדַּעְתּוֹ קֹוֽדֶם שֶׁאָמַר לוֹ בְּדוֹל וּבָא לוֹמַר אַל תַּאֲשִׁימֵנִי עַל אֲשֶׁר לֹא לָמַדְתִּי לִפְרֹוֽשׁ מִמֶּנָּה כְּמֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה, יַעַן כִּי מֹשֶׁה רַבֵּינוּ ע"ה אִשְׁתּוֹ צַדֶּקֶת הָיְתָה וּמִן פְּרִישׁוּתוֹ מִמֶּנָּה לֹא יָצָא תַּקָּלָה אַךְ זֹאת הָאִשָּׁה הָיְתָה זוֹנָה וְאִם אֶפְרֹוֽשׂ מִמֶּנָּה בְּוַדַּאי תִּזְנֶה תַּחְתַּי שֶׁנִּמְצָא הִיא אֵשֶׁת אִישׁ וּמְזַנָּה וְאִם הָיִיתִי מְגָרְשָׁהּ כְּדֵי שֶׁתִּהְיֶה פְּנוּיָה אֵינִי יָכוֹל לַעֲשׂוֹת גֵּיֽרוּשִׁין מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ לִי בָּנִים מִמֶּנָּה וְלָכֵן הֻוֽכְרַחְתִּי בְּדָבָר זֶה שֶׁלֹּא פֵּרַשְׁתִּי מִמֶּנָּה אֲבָל עַתָּה אַחַר שֶׁאָמַר לוֹ הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ בְּדַוֵּל וַדַּאי כֵּן יַעֲשֶׂה.
Maître du monde, j'ai des fils d'elle, et je ne peux ni la renvoyer ni la divorcer. On objecte : puisqu'Il lui a dit " sépare-toi d'elle ", comment répond-il ainsi ? Il est tenu d'accomplir Son décret, même s'il en mourait. De plus, Il ne lui a pas dit de la divorcer. Il lui a dit " sépare-toi ", c'est-à-dire se retirer de l'union. Pourquoi dit-il " je ne peux pas la divorcer " ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : il ne vient pas dire qu'il ne peut pas accomplir Son décret. Certes, après qu'Il lui a dit de se séparer, il le fera. Il vient seulement s'excuser de ne pas l'avoir fait de lui-même, avant qu'on le lui dise. Il dit : ne me blâme pas de n'avoir pas appris à me séparer d'elle comme Moché notre maître. La femme de Moché était une tsadéket, et de sa séparation il n'est sorti aucun dommage. Cette femme était une zona. Si je me sépare d'elle, elle se débauchera sous moi : elle est alors une femme mariée qui se débauche. Si je la divorce pour qu'elle soit libre, je ne peux pas faire le guett, parce que j'ai des fils d'elle. J'étais donc contraint de ne pas m'être séparé d'elle. Maintenant, après que Hachem, béni soit-Il, lui a dit de se séparer, il le fera certes.
💡 Explication

Les trois enfants sont nés. Hachem demande à Hoshea d'apprendre de Moché : dès que Hachem lui a parlé, Moché s'est séparé de sa femme. Hoshea doit se séparer de Gomer. Hoshea répond : j'ai des fils d'elle, je ne peux ni la renvoyer ni la divorcer.

Le Ben Yehoyada explique la fille au milieu par Beit Chammaï : peru u-revu en deux mâles et une femelle, mida de gevoura, puisque Hoshea a penché vers le din. Autre lecture : la fille elle-même marque le retrait du bien, notarikon naki bah, gematria de nezek. L'ordre des naissances suit l'ordre des manques : exil, bien matériel, bien de l'âme.

Sur Moché : les prophètes précédents pouvaient rattacher sa séparation au fait que sa femme était une guioret. Gomer, zona, après la mitsva déjà accomplie, appelait la séparation. Sur la réponse d'Hoshea : il s'excuse de n'avoir pas agi plus tôt. Divorcer la laissait libre, se séparer la laissait femme mariée exposée à la débauche, et le guett était barré par les enfants. Une fois l'ordre dit, il l'accomplira.

5
אֲמַר לֵיֽהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: וּמָה אַתָּה שֶׁאִשְׁתְּךָ זוֹנָה וּבָנֶיךָ [בָּנַי] זְנוּנִים, וְאֵין אַתָּה יוֹדֵעַ אִם שֶׁלְּךָ הֵן אִם שֶׁל אֲחֵרִים הֵן — כָּךְ, יִשְׂרָאֵל שֶׁהֵן בְּנֵי, בְּנֵי בְּחוּנַי בְּנֵי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב, אֶחָד מֵאַרְבָּעָה קִנְיָנִין שֶׁקָּנִיתִי בְּעוֹלָמִי.

Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Toi, dont la femme est une zona, dont les fils sont des fils de zenounim, et tu ne sais pas s'ils sont tiens ou s'ils sont à d'autres, tu es ainsi. Israël, qui sont Mes fils, les fils de Mes behounai, les fils d'Avraham, d'Yitshak et de Yaakov, l'un des quatre kinyanim que J'ai acquis dans Mon monde.

📜 Rachi (1)
אַרְבָּעָה קִנְיָנִין גָּרְסִינַן וּבֵית הַמִּקְדָּשׁ אֶחָד מִיֽנַּיְיֽהוּ קִנְיָנִין חֲשׁוּבֵין בְּעָנְיוֹ לִקְרוֹתָם קִנְיָן לוֹ כְּאָדָם שֶׁטּוֹרֵחַ לִקְנוֹת דָּבָר הֶחָבִיב לוֹ:
Nous lisons " quatre kinyanim ", et le Bet ha-Mikdash en est un. Des kinyanim importants à Ses yeux, pour les appeler un kinyan à Lui, comme un homme qui peine à acquérir une chose qui lui est chère.
🪔 Ben Yehoyada (1)
אֶחָד מֵאַרְבָּעָה קִנְיָנִים שֶׁקָּנִיתִי בְּעוֹלָמִי. פֵּיֽרוּשׁ שֶׁהֵם דָּבָר חָשׁוּב וְקַיְיֽמָא לַן דָּבָר חָשׁוּב אֲפִיֽלּוּ בְּאֶלֶף לֹא בָּטֵיֽל וְלָכֵן אִי אֶפְשָׁר שֶׁיִּתְבַּטְּלוּ בִּשְׁאָר אֻוֽמּוֹת. וְנִרְאֶה לִי לִרְמֹוֽז קִנְיָיֽנִים הַנִּזְכָּרִים בַּפָּסוּק (שְׁמוֹת כ, כ) 'בְּכָל הַמָּקוֹם אֲשֶׁר אַזְכִּיר אֶת שְׁמִי אָבוֹא אֵלֶיךָ וּבֵרַכְתִּיךָ' וְהוּא ' אֶת שְׁמִי ' רָאשֵׁי תֵּיֽבוֹת א רָץ ת וְרֶה ש מַיִם מ קֹדֶשׁ י שֶׁרֵאָל כְּלוֹמַר בְּטַעֲנָה זוֹ שֶׁל חָמֵשׁ קִנְיָיֽנִים אֵלֶּה 'אָבוֹא אֵלֶיךָ וּבֵרַכְתִּיךָ'.
L'un des quatre kinyanim que J'ai acquis dans Mon monde. Explication : ce sont une chose importante. Nous tenons qu'une chose importante ne s'annule pas, même dans mille. Ils ne peuvent donc pas s'annuler parmi les autres nations. Il me semble d'y viser les kinyanim du verset (Chemot 20, 20) : " En tout lieu où Je rappellerai Mon nom, Je viendrai vers toi et Je te bénirai. " " Et Mon nom " donne en initiales : erets, Torah, chamayim, Mikdash, Israël. Par cette revendication de ces cinq kinyanim : " Je viendrai vers toi et Je te bénirai. "
💡 Explication

Hachem retourne la fidélité d'Hoshea. Toi, femme zona, fils de zenounim, et tu ignores s'ils sont tiens : tu restes ainsi. Israël sont Mes fils, fils de Mes behounai (ceux que J'ai éprouvés), fils des pères, et l'un des quatre kinyanim.

" Ainsi " reprend son refus de la renvoyer. La phrase se ferme au segment suivant. Rachi fixe la leçon " quatre kinyanim ", dont le Bet ha-Mikdash, et explique le mot : chose chère, acquise avec peine.

Le Ben Yehoyada : une chose importante ne s'annule pas même dans mille, donc Israël ne s'annule pas parmi les nations. Les initiales de " et Mon nom " (Chemot 20, 20) lui donnent cinq kinyanim : terre, Torah, cieux, Mikdash, Israël. La Guemara, elle, en compte quatre, cieux et terre formant un seul kinyan.

6
תּוֹרָה קִנְיָן אֶחָד, דִּכְתִיב: ״ה׳ קָנָנִי רֵאשִׁית דַּרְכּוֹ״. שָׁמַיִם וָאָרֶץ קִנְיָן אֶחָד, דִּכְתִיב: ״קָנָה שָׁמַיִם וְאֶרֶץ״. בֵּית הַמִּקְדָּשׁ קִנְיָן אֶחָד, דִּכְתִיב: ״הַר זֶה קָנְתָה יְמִינוֹ״. יִשְׂרָאֵל קִנְיָן אֶחָד דִּכְתִיב: ״עַם זוֹ קָנִיתָ״ — וְאַתָּה אָמַרְתָּ הַעֲבִירֵם בְּאֻוֽמָּה אַחֶרֶת!

La Torah, un kinyan, ainsi qu'il est écrit : " Hachem m'a acquise, principe de Sa voie ". Les cieux et la terre, un kinyan, ainsi qu'il est écrit : " Acquéreur des cieux et de la terre ".

Le Bet ha-Mikdash, un kinyan, ainsi qu'il est écrit : " Cette montagne, Sa droite l'a acquise ". Israël, un kinyan, ainsi qu'il est écrit : " Ce peuple, Tu l'as acquis ".

Et toi, tu as dit : fais-les passer à une autre nation !

💡 Explication

Les quatre preuves. Torah : Michlei 8, 22. Cieux et terre : Bereshit 14, 19, un seul kinyan pour les deux. Bet ha-Mikdash : Tehilim 78, 54, " cette montagne ". Israël : Chemot 15, 16, " ce peuple, Tu l'as acquis ".

La fermeture vise la parole d'Hoshea au daf précédent : fais-les passer à une autre nation.

🖼️ Schéma
Les quatre kinyanim Ce que Hachem a acquis dans Son monde. Rachi : choses chères, acquises avec peine. Torah Hachem m'a acquise principe de Sa voie Michlei 8, 22 Cieux et terre Acquéreur des cieux et de la terre Bereshit 14, 19 Bet ha-Mikdash Cette montagne Sa droite l'a acquise Tehilim 78, 54 Israël Ce peuple Tu l'as acquis Chemot 15, 16 Et toi, tu as dit : fais-les passer à une autre nation.
Quatre kinyanim, quatre versets, puis la parole qu'Hoshea doit retirer.
7
כֵּיוָן שֶׁיָּדַע שֶׁחָטָא, עָמַד לְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל עַצְמוֹ. אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: עַד שֶׁאַתָּה מְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל עַצְמְךָ — בַּקֵּשׁ רַחֲמִים עַל יִשְׂרָאֵל, שֶׁגָּזַרְתִּי עֲלֵיהֶם שָׁלֹשׁ גְּזֵיֽרוֹת בַּעֲבוּרֶךָ.

Dès qu'il sut qu'il avait fauté, il se leva pour demander rahamim pour lui-même. Le Saint, béni soit-Il, lui dit : Avant que tu demandes rahamim pour toi-même, demande rahamim pour Israël, car J'ai décrété sur eux trois gezerot à cause de toi.

📜 Rachi (1)
שָׁלֹשׁ גְּזֵיֽרוֹת יִזְרְעֶאל דְּהַיְיֽנוּ גּוֹלֶה וְלֹא עַמִּי וְלֹא רוּחָמָה:
Trois gezerot : Yizre'el, c'est-à-dire l'exil, Lo-Ammi, et Lo-Rouhama.
💡 Explication

Hoshea reconnaît la faute et demande d'abord pour lui. Hachem inverse l'ordre : d'abord Israël. Les trois gezerot sont déjà décrétées à cause de sa parole.

Rachi les nomme : Yizre'el, l'exil ; Lo-Ammi ; Lo-Rouhama. Ce sont les trois noms des enfants.

8
עָמַד וּבִקֵּשׁ רַחֲמִים וּבִטֵּל גְּזֵיֽרָה, וְהִתְחִיל לְבָרְכָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה מִסְפַּר בְּנֵי יִשְׂרָאֵל כְּחוֹל הַיָּם וְגוֹ׳ וְהָיָה בִּמְקוֹם אֲשֶׁר יֵאָמֵר לָהֶם לֹא עַמִּי אַתֶּם יֵאָמֵר לָהֶם בְּנֵי אֵל חָי וְנִקְבְּצוּ בְּנֵי יְהוּדָה וּבְנֵי יִשְׂרָאֵל יַחְדָּו וְגוֹ׳ וּזְרַעְתִּיהָ לִּי בָּאָרֶץ וְרִחַמְתִּי אֶת לֹא רֻחָמָה וְאָמַרְתִּי לְלֹא עַמִּי עַמִּי אַתָּה״.

Il se leva, demanda rahamim, et annula la gezera. Et Il commença à les bénir, ainsi qu'il est dit : " Le nombre des fils d'Israël sera comme le sable de la mer, etc.

Et il arrivera qu'au lieu où on leur disait : Vous n'êtes pas Mon peuple, on leur dira : fils d'El haï. Les fils de Yehouda et les fils d'Israël se rassembleront ensemble, etc.

Je la sèmerai pour Moi dans la terre, J'aurai compassion de Lo-Rouhama, et Je dirai à Lo-Ammi : tu es Mon peuple ".

💡 Explication

Hoshea demande pour Israël. La gezera est annulée. Hachem bénit. Le texte joint Hoshea 2, 1 et 2, 25.

Chaque nom est retourné. Lo-Ammi devient " fils d'El haï ", puis " tu es Mon peuple ". Lo-Rouhama reçoit la compassion. Yizre'el, lu comme semence, devient " Je la sèmerai pour Moi dans la terre ". Le nombre : comme le sable de la mer. Yehouda et Israël se rassemblent.

9
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אוֹי לָהּ לָרַבָּנוּת שֶׁמְּקַבֶּרֶת אֶת בְּעָלֶיהָ. שֶׁאֵין לָךְ כָּל נָבִיא וְנָבִיא שֶׁלֹּא קִיֽפֵּחַ אַרְבָּעָה מְלָכִים בְּיָמָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״חֲזוֹן יְשַׁעְיָהוּ בֶן אָמוֹץ אֲשֶׁר חָזָה עַל יְהוּדָה וִירוּשָׁלַיִם וְגוֹ׳״.

Rabbi Yo'hanan a dit : malheur à la rabanout, qui enterre ceux qui la portent. Car tu n'as aucun prophète qui n'ait enterré quatre rois de son temps, ainsi qu'il est dit : " Vision de Yeshaya ben Amots, qu'il a vue sur Yehouda et Yerouchalayim, etc.

"

📜 Rachi (2)
קִיֽפַּח קֶבֶר הֶאֱרִיךְ יָמִים מֵהֶם עַל יְדֵי שֶׁמִּתְנַשְּׂאִים בְּרַבָּנוּת הֵם מֵתִים:
Enterré : il les a enterrés, il a vécu plus longtemps qu'eux. Parce qu'ils s'élèvent dans la rabanout, ils meurent.
זָכָה לִיֽמָּנוֹת כִּדְיָלֵיף לְקַמֵּיהּ:
Il a mérité d'être compté : comme on l'apprend plus loin.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan : malheur à la rabanout, elle enterre ses détenteurs. Preuve : aucun prophète n'a manqué d'enterrer quatre rois de son vivant. Le verset cité est Yeshaya 1, 1. La suite, dans le " etc. ", nomme Ouzia, Yotam, Ahaz et Hizkiya.

Rachi sur kipeah : il les enterre, il leur survit. Ils meurent parce qu'ils s'élèvent dans l'autorité. La seconde glose, " il a mérité d'être compté ", annonce le passage suivant et renvoie plus loin.

10
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִפְּנֵי מַה זָכָה יָרָבְעָם בֶּן יוֹאָשׁ מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל לְהִמָּנוֹת עִם מַלְכֵי יְהוּדָה? מִפְּנֵי שֶׁלֹּא קִבֵּל לָשׁוֹן הָרַע עַל עָמוֹס.

Rabbi Yo'hanan a dit : pourquoi Yerovam ben Yoach, roi d'Israël, a-t-il mérité d'être compté avec les rois de Yehouda ? Parce qu'il n'a pas reçu de lachon ha-ra sur Amos.

🪔 Ben Yehoyada (1)
מפני מה זכה ירבעם בן יואש מלך ישראל למנות עם מלכי יהודה? מפני שלא קבל לשון־הרע על עמוס. עיין מהרש"א מה שכתב הטעם דקרי ליה לשון הרע עיין שם. ונראה לי בס"ד דאם לא היה אומר אלא דבר זה ' בחרב ימות ירבעם ' (עמוס ז, יא) לא היה סותר ההבטחה דאין הכי נמי ירבעם ימות בחרב ובנו ימלוך תחתיו ויתקיים 'בני רבעים' (מלכים ב' י, ל) וכן אם לא היה אומר אלא ' ישראל גלה יגלה ' אין זה סותר ההבטחה דאפשר לא יגלו עתה אלא עד שתתקיים הבטחת 'בני רבעים' אבל מאחר שאמר שתים בבת אחת ימות ירבעם וישראל גלה יגלה משמע דנעשים ב' גזירות אלו תכף זה אחרי זה ואם אחר שימות ירבעם יגלה ישראל על מי ימלוכו בניו? ובזה יובן מה שאמר אמציה 'לא תוכל הארץ להכיל את כל דבריו' (עמוס ז, י) כל דייקא שאם היה מדבר בחצי דברים אלו דוקא היה להכילם דאין סותרים ההבטחה. והשיב לו ירבעם חס ושלום , לא אמר אותו צדיק כך כלומר אין כונת דבריו כאשר חשבת שיהיו ב' גזירות זה אחרי זה תכף ומיד ולעולם תתקיים ההבטחה ואין בנבואתו סתירה להבטחה דאחת תהיה בזמן אחד והשנית אחר זמן רב מזמן הראשונה.
Pourquoi Yerovam ben Yoach, roi d'Israël, a-t-il mérité d'être compté avec les rois de Yehouda ? Parce qu'il n'a pas reçu de lachon ha-ra sur Amos. Voir le Maharsha, pour la raison pour laquelle on appelle cela lachon ha-ra. Voir là-bas. Il me semble, avec l'aide du Ciel : s'il n'avait dit que ceci, " par l'épée mourra Yerovam " (Amos 7, 11), cela ne contredisait pas la promesse. En effet, Yerovam mourra par l'épée, et son fils régnera après lui, et s'accomplira " des fils, quatre générations " (Melakhim II 10, 30). De même, s'il n'avait dit que " Israël sera exilé, il sera exilé ", cela ne contredit pas la promesse : ils peuvent n'être pas exilés maintenant, jusqu'à ce que s'accomplisse la promesse des quatre générations. Puisqu'il a dit les deux ensemble, Yerovam mourra et Israël sera exilé, on entend que ces deux gezerot se font aussitôt l'une après l'autre. Si, après la mort de Yerovam, Israël est exilé, sur qui ses fils régneront-ils ? Par là on comprend ce qu'Amatsia a dit : " la terre ne pourra pas contenir toutes ses paroles " (Amos 7, 10). " Toutes ", précisément : s'il n'avait dit que la moitié de ces paroles, la terre aurait pu les contenir, car elles ne contredisent pas la promesse. Yerovam lui répond : has ve-chalom, ce tsadik n'a pas dit ainsi. C'est-à-dire : ses paroles ne visent pas deux gezerot l'une aussitôt après l'autre. La promesse s'accomplira toujours. Sa nevoua ne contredit pas la promesse : l'une sera en un temps, la seconde longtemps après la première.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan : Yerovam ben Yoach, roi d'Israël, est compté avec les rois de Yehouda parce qu'il n'a pas reçu de lachon ha-ra sur Amos. La preuve du compte et la preuve du refus viennent aux deux segments suivants.

Le Ben Yehoyada explique pourquoi les deux phrases ensemble font lachon ha-ra. " Par l'épée mourra Yerovam " seul laisse régner le fils, et tient la promesse des quatre générations (Melakhim II 10, 30). " Israël sera exilé " seul peut attendre la fin de ces générations. Les deux ensemble font mourir le roi et exiler le peuple aussitôt : les fils n'ont plus sur qui régner. " Toutes ses paroles " (Amos 7, 10) vise ce tout. Yerovam répond que le tsadik n'a pas lié les deux gezerot dans le même temps.

11
מִנָּלַן דְּאִיֽמְנֵי? דִּכְתִיב: ״דְּבַר ה׳ אֲשֶׁר הָיָה אֶל הוֹשֵׁעַ בֶּן בְּאֵרִי בִּימֵי עֻזִּיָּה יוֹתָם אָחָז יְחִזְקִיָּה מַלְכֵי יְהוּדָה וּבִימֵי יָרָבְעָם בֶּן יוֹאָשׁ מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל״.

D'où tenons-nous qu'il a été compté ? De ce qui est écrit : " Parole de Hachem qui fut adressée à Hoshea ben Beeri, aux jours d'Ouzia, de Yotam, d'Ahaz, de Hizkiya, rois de Yehouda, et aux jours de Yerovam ben Yoach, roi d'Israël ".

📜 Rachi (1)
בִּימֵי עֻוֽזִּיָּהוּ יוֹתָם סֵיפֵיֽהּ דִּקְרָא וּבִימֵי יָרָבְעָם בֶּן יוֹאָשׁ מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל:
Aux jours d'Ouzia, de Yotam : la fin du verset est " et aux jours de Yerovam ben Yoach, roi d'Israël ".
💡 Explication

La preuve qu'il est compté avec les rois de Yehouda est l'ouverture d'Hoshea 1, 1 : quatre rois de Yehouda, puis Yerovam ben Yoach, roi d'Israël, dans le même verset.

Rachi signale que la fin du verset, après Ouzia et Yotam, nomme Yerovam.

12
וּמְנָלַן דְּלֹא קִיֽבֵּל לָשׁוֹן הָרָע? דִּכְתִיב: ״וַיִּשְׁלַח אֲמַצְיָה כֹּהֵן בֵּית אֵל אֶל יָרָבְעָם מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל לֵאמֹר קָשַׁר עָלֶיךָ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״כִּי כֹה אָמַר עָמוֹס בַּחֶרֶב יָמוּת יָרָבְעָם וְגוֹ׳״. אָמַר: חַס וְשָׁלוֹם אָמַר אוֹתוֹ צַדִּיק כָּךְ, וְאִם אָמַר — מָה אֶעֱשֶׂה לוֹ? שְׁכִינָה אָמְרָה לוֹ.

Et d'où tenons-nous qu'il n'a pas reçu de lachon ha-ra ? De ce qui est écrit : " Amatsia, kohen de Beth-El, envoya dire à Yerovam, roi d'Israël : il a comploté contre toi, etc.

" Et il est écrit : " Car ainsi a dit Amos : par l'épée mourra Yerovam, etc. " Il dit : has ve-chalom que ce tsadik ait dit ainsi.

Et s'il l'a dit, que lui ferais-je ? La Chekhina le lui a dit.

📜 Rachi (1)
כֹּהֵן בֵּית אֵל כֹּוֽמֶר לָעַכּוּ"ם:
Kohen de Beth-El : un komer pour l'avoda zara.
💡 Explication

La preuve est Amos 7, 10-11. Amatsia, kohen de Beth-El, écrit à Yerovam : Amos a comploté, et il a dit que Yerovam mourra par l'épée. Rachi : ce kohen est un komer, prêtre d'avoda zara.

Yerovam répond : has ve-chalom que ce tsadik ait dit cela. Et s'il l'a dit, que lui ferais-je ? La Chekhina le lui a dit. Il transmet, il n'invente pas. Il ne reçoit donc pas la médisance.

13
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֲפִיֽלּוּ בִּשְׁעַת כַּעֲסוֹ שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא זוֹכֵר אֶת הָרַחֲמִים. שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֹא אוֹסִיף עוֹד אֲרַחֵם אֶת בֵּית יִשְׂרָאֵל״. רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי חֲנִינָא אָמַר מֵהָכָא: ״כִּי נָשֹׂא אֶשָּׂא לָהֶם״.

Rabbi Elazar a dit : même à l'heure de Sa colère, le Saint, béni soit-Il, se souvient de la compassion, ainsi qu'il est dit : " Car Je ne continuerai plus à avoir compassion de la maison d'Israël ". Rabbi Yossi bar Rabbi Hanina a dit, d'ici : " Car porter, Je porterai pour eux ".

📜 Rachi (3)
זוֹכֵר אֶת הָרַחֲמִים גָּרְסִינַן:
Il se souvient de la compassion : c'est ainsi que nous lisons.
כִּי לֹא אוֹסִיף עוֹד אֲרַחֵם אע"ג דְּפֻוֽרְעָנוּתָא הוּא אִיֽדְּכוֹרֵי הוּא מִיֽדְכָּר שֵׁם רְחָמִים:
" Car Je ne continuerai plus à avoir compassion " : bien que ce soit un châtiment, le nom de la compassion y est rappelé.
כִּי נָשֹׂא אֶשָּׂא לָהֶם לְשׁוֹן סְלִיחָה וְאַתְּמוּהֵי מֻתְמָהּ וּמִיהוּ סְלִיחָה קָא מִיֽדְכָּר וְסֵיפֵיֽהּ דִּקְרָא דִּלְעֵיל הוּא:
" Car porter, Je porterai pour eux " : langue de pardon. Il s'étonne. Pourtant le pardon y est rappelé. Et c'est la fin du verset précédent.
💡 Explication

Rabbi Elazar : même dans la colère, Il se souvient de la compassion. Le verset du châtiment dit encore " J'aurai compassion ", arahem. Rachi : le nom de la compassion est rappelé au milieu de la pouranouta. Il fixe aussi la leçon " il se souvient de la compassion ".

Rabbi Yossi bar Rabbi Hanina lit la fin du même verset, Hoshea 1, 6 : " porter, Je porterai pour eux ". Rachi : langue de seliha, pardon. Le verset s'étonne, et pourtant le pardon y est dit. C'est la suite du verset déjà cité.

14
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לֹא הִגְלָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת יִשְׂרָאֵל לְבֵין הָאֻוֽמּוֹת אֶלָּא כְּדֵי שֶׁיִּתּוֹסְפוּ עֲלֵיהֶם גֵּרִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּזְרַעְתִּיהָ לִי בָּאָרֶץ״. כְּלוּם אָדָם זוֹרֵעַ סְאָה אֶלָּא לְהַכְנִיס כַּמָּה כֹּוֽרִין.

Et Rabbi Elazar a dit : le Saint, béni soit-Il, n'a exilé Israël parmi les nations que pour que des gerim s'ajoutent à eux, ainsi qu'il est dit : " Je la sèmerai pour Moi dans la terre ". Est-ce qu'un homme sème une se'a, sinon pour en rentrer plusieurs kor ?

🪔 Ben Yehoyada (1)
כְּלוּם אָדָם זוֹרֵעַ סְאָה, אֶלָּא לְהַכְנִיס מִמֶּנָּה כַּמָּה כּוֹרִין. הִנֵּה הַנִּמְשָׁל לֹא יִמְצָא רִבּוּי כָּל כָּךְ בַּגֵּרִים מַמָּשׁ? אַךְ נִרְאֶה לִי בס"ד הַכַּוָּוֽנָה עַל נִיצוֹצֵי הַקְּדֻוֽשָּׁה הַמְעֹוֽרָבִים בדצח"ם [דּוֹמֵם, צוֹמֵחַ, חַי, מְדַבֵּר] שֶׁהֵם נִקְרָאִים 'גֵּרִים' וְלָזֶה אָמַר 'וּזְרַעְתִּיהָ לִי בָּאָרֶץ' (הוֹשֵׁעַ ב, כה) דְּהַמַּלְכוּת מְכֻוֽנֵּית בְּשֵׁם אֶרֶץ וְגַם עוֹד מִיֽלּוּי אֶרֶץ [א ל " ף ר י " ש צ ד " י =434] עוֹלֶה מִסֵּפֶר דֶּלֶת [434] וְהַמַּלְכוּת נִקְרֵאת דֶּלֶת וְשַׁעַר [שַׁעַר בִּלְשׁוֹן תַּרְגּוּם נִקְרָא תַּרְעָא] וּלְכָךְ שֵׁם אֲדֹנָי שֶׁהוּא בַּמַּלְכוּת עוֹלֶה בְּמִיֽלּוֹאוֹ תַּרְעָא [בְּמִיֽלּוּי אָלֶ"ף דָּלֶ"ת נוּ"ן יוֹ"ד עוֹלֶה 671] .
Est-ce qu'un homme sème une se'a, sinon pour en rentrer plusieurs kor ? Voici : le nimchal ne trouve pas un tel foisonnement en gerim au sens propre. Il me semble, avec l'aide du Ciel : l'intention vise les nitsotsot de sainteté mêlées au domem, au tsomeah, au haï et au medaber. Ce sont eux qu'on appelle gerim. C'est pourquoi il est dit " Je la sèmerai pour Moi dans la terre " (Hoshea 2, 25). La malkhout est surnommée erets. Le miloui d'erets (alef-lamed-peh, rech-yod-chin, tsadi-dalet-yod) monte au nombre de delet, 434. La malkhout est appelée delet et chaar. Chaar, en langue de targum, se dit tera. C'est pourquoi le nom aleph-dalet-noun-yod, qui est dans la malkhout, monte en son miloui au nombre de tera, 671 (miloui : aleph-lamed-peh, dalet-lamed-tav, noun-vav-noun, yod-vav-dalet).
💡 Explication

Rabbi Elazar : l'exil parmi les nations a pour fin que des gerim s'ajoutent. Le verset est " Je la sèmerai pour Moi dans la terre ", Hoshea 2, 25, déjà cité dans la berakha. Le mashal : on sème une se'a pour rentrer plusieurs kor. Un kor vaut trente se'a.

Le Ben Yehoyada cherche le foisonnement du mashal dans les nitsotsot mêlées aux quatre règnes, domem, tsomeah, haï, medaber, et les appelle gerim. Il relie erets à la malkhout : miloui d'erets et delet, 434 selon son compte ; le nom aleph-dalet-noun-yod, en miloui, et tera, 671.

🖼️ Schéma
Semer une se'a pour rentrer plusieurs kor Une se'a semée Israël en exil → Plusieurs kor à la récolte Des gerim s'ajoutent à eux. Hoshea 2, 25
Une se'a semée, plusieurs kor rentrés : l'exil doit ajouter des gerim.
15
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר מֵהָכָא: ״וְרִחַמְתִּי אֶת לֹא רֻחָמָה״.

Et Rabbi Yo'hanan a dit, d'ici : " J'aurai compassion de Lo-Rouhama ".

📜 Rachi (1)
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר מֵהָכָא וְרִחַמְתִּי וְגוֹ' וְאָמַרְתִּי לְלֹא עַמִּי עַמִּי אַתָּה אוֹתָם שֶׁלֹּא הָיוּ מֵעַמֵּי יִדְבְּקוּ בָּהֶם וְיִהְיוּ לִי לְעָם:
Rabbi Yo'hanan a dit, d'ici : " J'aurai compassion, etc., et Je dirai à Lo-Ammi : tu es Mon peuple. " Ceux qui n'étaient pas de Mon peuple s'attacheront à eux et seront pour Moi un peuple.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan tire la même idée d'un autre bout du verset : " J'aurai compassion de Lo-Rouhama ".

Rachi joint la suite, " Je dirai à Lo-Ammi : tu es Mon peuple ". Ceux qui n'étaient pas de Son peuple s'attacheront à Israël et deviendront un peuple pour Lui. C'est la lecture des gerim, à côté de celle de Rabbi Elazar.

16
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי, מַאי דִכְתִיב: ״אַל תַּלְשֵׁן עֶבֶד אֶל אֲדֹוֽנָיו פֶּן יְקַלֶּלְךָ וְאָשָׁמְתָּ״, וּכְתִיב: ״דּוֹר אָבִיו יְקַלֵּל וְאֶת אִמּוֹ לֹא יְבָרֵךְ״, מִשּׁוּם דְּאָבִיו יְקַלֵּל וְאֶת אִמּוֹ לֹא יְבָרֵךְ — אֶל תְּלָשָׁן?

Rabbi Yo'hanan a dit au nom de Rabbi Chimon ben Yohaï : que signifie ce qui est écrit : " Ne calomnie pas un serviteur auprès de son maître, de peur qu'il te maudisse et que tu sois coupable ". Et il est écrit : " Une génération : son père, il maudit, et sa mère, il ne bénit pas ".

Parce que son père il maudit, et sa mère il ne bénit pas, ne calomnie pas ?

💡 Explication

Rabbi Yo'hanan au nom de Rabbi Chimon ben Yohaï ouvre Michlei 30, 10-11. Ne calomnie pas un serviteur auprès de son maître. Le verset suivant parle d'une génération qui maudit son père et ne bénit pas sa mère.

La question tient le voisinage pour absurde s'il fallait le lire ainsi : c'est parce qu'ils maudissent père et mère qu'il faudrait ne pas calomnier ? La lecture juste vient au segment suivant.

17
אֶלָּא, אֲפִיֽלּוּ דּוֹר שֶׁאָבִיו יְקַלֵּל וְאֶת אִמּוֹ לֹא יְבָרֵךְ — אַל תַּלְשֵׁן עֶבֶד אֶל אֲדֹוֽנָיו. מִנָּלַן — מֵהוֹשֵׁעַ.

Voici : même une génération dont le père maudit et dont la mère ne bénit pas, ne calomnie pas un serviteur auprès de son maître. D'où ?

De Hoshea.

📜 Rachi (2)
אֲפִיֽלּוּ דּוֹר רְשָׁעִים שֶׁאֲבִיהֶן יְקַלְּלוּ אַל תַּלְשִׁינֵם:
Même une génération : des réchaïm dont le père ils maudissent, ne les calomnie pas.
מֵהוֹשֵׁעַ שֶׁנִּתְפַּס עַל שֶׁהִלְשִׁין אֶת יִשְׂרָאֵל וְאַף עַל פִּי שֶׁחָטְאוּ:
De Hoshea : il a été saisi pour avoir calomnié Israël, bien qu'ils aient fauté.
🪔 Ben Yehoyada (2)
אֲפִלּוּ דּוֹר שֶׁאָבִיו יְקַלֵּל, וְאֶת אִמּוֹ לֹא יְבָרֵךְ אַל תַּלְשֵׁן עֶבֶד אֶל אֲדֹוֽנָיו. קָשֶׁה אַמַּאי תָּפַס עָוֹן זֶה הַנּוֹגֵעַ לְאָבִיו וּלְאִמּוֹ וְלֹא תָּפַס עוֹנוֹת חֲמוּרוֹת שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה וְגִיֽלּוּי עֲרָיוֹת דְּהָא בִּימֵי הוֹשֵׁעַ הָיָה לָהֶם עֲבֵיֽרוֹת חֲמוּרוֹת וְעִם כָּל זֶה לָמַדְנוּ דְּ'אַל תַּלְשֵׁן'? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי אֵין זְכוּת לְהַצִּיל אֶת יִשְׂרָאֵל מִן הַפֻּוֽרְעָנִיּוֹת אֶלָּא רַק בְּטַעֲנָה זוֹ דְּהֵם נִקְרָאִים בָּנִים גַּם בִּזְמַן שֶׁאֵין עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם כִּסְבָרַת רַבִּי מֵאִיר (קִיֽדּוּשִׁין דַּף לו.) וְ'אָב שֶׁמָּחַל כְּבוֹדוֹ מָחוּל' (קִדּוּשִׁין דַּף לב.) , וְלָכֵן הוֹשֵׁעַ אָמַר 'הַעֲבִירֵם בְּאַמָּה אַחֶרֶת' אָזֵיֽל בָּתַר סְבָרַת רַבִּי יְהוּדָה דִּסְבִירָא לֵיֽהּ בִּזְמַן שֶׁאֵין עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם אֵין קְרוּיִים בָּנִים וְלָכֵן בְּאֵיזֶה טַעֲנָה יִהְיוּ נִיֽצּוֹלִים?! אַךְ הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ תָּפַס הַהֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר דִּסְבִירָא לֵיֽהּ גַּם בְּאֵין עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם קֵרוּיָם בָּנִים, וְלָכֵן אָמַר שֶׁהָיָה צָרִיךְ לוֹמַר 'בְּנֵי בְּחוֹנֵיֽךְ' וְכֵן אָמַר לוֹ הקב"ה לְהוֹשֵׁעַ יִשְׂרָאֵל שֶׁהֵם בְּנֵי בָּחוֹנִי. וְהִנֵּה יֵשׁ סְבָרָא לוֹמַר אִם יִשְׂרָאֵל חָטְאוּ בִּכְבוֹד אָב וְאֵם שֶׁהֵם 'דּוֹר שֶׁאָבִיו יְקַלֵּל, וְאֶת אִמּוֹ לֹא יְבָרֵךְ' אֵין רְאוּיִים לְהִנָּצֵל בְּטַעֲנָה זוֹ דְּאָב שֶׁמָּחַל כֵּיוָן שֶׁיֵּשׁ עֲלֵיהֶם קָטֵיֽגוֹר מִבָּזוּי אָב אֵיךְ יִהְיֶה סָנֵיֽגוֹר מִדִּין אָב? וְלָזֶה אָמַר אֲפִלּוּ דּוֹר שֶׁאָבִיו יְקַלֵּל עִם כָּל זֶה אַל תְּלָשָׁן אֶלָּא לָמֵד זְכוּת מִדִּין אָב וּבָנִים!
Même une génération dont le père maudit et dont la mère ne bénit pas, ne calomnie pas un serviteur auprès de son maître. Difficulté : pourquoi saisir cette faute, qui touche le père et la mère, et ne pas saisir les fautes graves d'avoda zara et de guilouï arayot ? Aux jours d'Hoshea ils avaient des fautes graves, et de tout cela nous apprenons " ne calomnie pas ". Il me semble, avec l'aide du Ciel : il n'y a de mérite pour sauver Israël des châtiments que cette revendication-ci. Ils sont appelés fils même au temps où ils ne font pas la volonté du Makan, selon Rabbi Meir (Kiddouchin 36a). Et " un père qui renonce à son honneur, son honneur est renoncé " (Kiddouchin 32a). C'est pourquoi Hoshea a dit " fais-les passer à une autre nation " : il suit l'avis de Rabbi Yehouda, qui tient qu'au temps où ils ne font pas la volonté du Makan, ils ne sont pas appelés fils. Par quelle revendication seraient-ils alors sauvés ? Hachem, béni soit-Il, saisit la halakha comme Rabbi Meir : même lorsqu'ils ne font pas la volonté du Makan, ils sont appelés fils. C'est pourquoi il fallait dire " Mes fils, fils de Mes behounai ". Et ainsi le Saint, béni soit-Il, a dit à Hoshea : Israël, qui sont les fils de Mes behounai. Il y a lieu de dire : si Israël ont fauté dans l'honneur du père et de la mère, s'ils sont " une génération dont le père maudit et dont la mère ne bénit pas ", ils ne sont plus aptes à être sauvés par la revendication du père qui renonce. Un katégigor pèse sur eux, le mépris du père : comment un sanégor sortirait-il du din du père ? À cela il dit : même une génération dont le père maudit, malgré tout, ne calomnie pas. Apprends le mérite par le din du père et des fils.
מְנָא לַן? מֵהוֹשֵׁעַ. קָשֶׁה הֲוָה לֵיהּ לְמֵימַר מִיְּשַׁעְיָה דְּנֶעֱנַשׁ בְּגַחֶלֶת וְגַם נֶהֱרַג עַל יְדֵי מְנַשֶּׁה בִּשְׁבִיל שֶׁאָמַר (יְשַׁעְיָה ו, ה) 'בְּתוֹךְ עַם טְמֵא שְׂפָתַיִם אָנֹכִי יוֹשֵׁב' וְאִיכָּא רְבוּתָא טְפֵי בָּזֶה דִּבְהוֹשֵׁעַ לֹא מָצִינוּ שֶׁנֶּעֱנַשׁ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד יְשַׁעְיָה לֹא נֶעֱנַשׁ בִּשְׁבִיל קָטֵיֽגוֹרְיָא אֶלָּא בִּשְׁבִיל שֶׁקְּרָאָם 'עַם טָמֵא שְׂפָתַיִם' לִפְנֵי הקב"ה דְּאָמַר לוֹ הקב"ה בִּפְנֵיהֶם תְּדַבֵּר קָשׁוֹת עֲלֵיהֶם כְּדֵי לְהֶכְנֵיֽעָם אֲבָל לִפְנֵי לָמָּה תִּקְרָאֵם עִם טָמֵא? הֲלֹא אֲנִי מַכִּירָם בְּאֵיזֶה מַצָּב הֵם עוֹמְדִין! מַה שֶׁאֵין כֵּן בְּהוֹשֵׁעַ שֶׁעֲשָׂאוֹ הקב"ה דַּיָּיֽן עֲלֵיהֶם וְהוּא הֵשִׁיב דָּבָר הָרָאוּי כְּפִי הַדִּין וְעִם כָּל זֶה לֹא הָיָה נח לְהַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ בִּדְבָרָיו אֶלָּא רָצָה שֶׁיְּלַמֵּד זְכוּת עֲלֵיהֶם מִדִּין בָּנִים וְעוֹד שְׁאָר מְלִיצוֹת שֶׁל זְכוּת!
D'où ? De Hoshea. Difficulté : il aurait dû le dire de Yeshaya, qui a été châtié par une braise, et aussi tué par Menaché, pour avoir dit (Yeshaya 6, 5) : " au milieu d'un peuple aux lèvres impures j'habite ". Et la nouveauté y est plus grande, car chez Hoshea nous ne trouvons pas qu'il ait été châtié. Il me semble, avec l'aide du Ciel : le motif de la peine de Yeshaya est de les avoir appelés " peuple aux lèvres impures " devant le Saint, béni soit-Il. La kategorya n'est pas le motif que retient cette glose. Le Saint, béni soit-Il, lui a dit : devant eux, parle durement sur eux, afin de les abaisser. Devant Moi, pourquoi les appelles-tu un peuple impur ? Je les connais, dans l'état où ils se tiennent. Hoshea, au contraire : le Saint, béni soit-Il, l'a établi juge sur eux. Il a répondu une parole qui convenait selon le din. Malgré cela, ses paroles n'agréaient pas à Hachem, béni soit-Il. Il voulait qu'il apprenne le mérite sur eux par le din des fils, et par les autres plaidoyers de mérite.
💡 Explication

La lecture retenue : même une génération qui maudit son père et ne bénit pas sa mère, on ne calomnie pas le serviteur auprès du maître. La source est Hoshea. Rachi : des réchaïm, et pourtant on ne les dénonce pas. Hoshea a été saisi pour avoir calomnié Israël, bien qu'ils aient fauté.

Le Ben Yehoyada rattache l'argument au statut de fils. Rabbi Meir (Kiddouchin 36a) : ils sont fils même sans faire la volonté du Makan. Rabbi Yehouda : ils ne le sont plus. Hoshea a parlé selon Rabbi Yehouda. Hachem tient comme Rabbi Meir, et comme le père qui renonce à son honneur (Kiddouchin 32a). Même la faute envers père et mère ne retire pas ce plaidoyer.

Seconde glose : on aurait attendu Yeshaya, braise sur les lèvres et mort par Menaché, pour " peuple aux lèvres impures ". La glose distingue : Yeshaya a été repris pour cette parole dite devant Hachem, alors qu'il fallait la dureté devant eux. Hoshea, établi juge, a répondu selon le din, et Hachem attendait encore un plaidoyer de fils.

18
אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא, מַאי דִכְתִיב: ״צִדְקַת פִּרְזוֹנוֹ בְּיִשְׂרָאֵל״, צְדָקָה עָשָׂה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁפִּזְּרָן לְבֵין הָאֻוֽמּוֹת. וְהַיְיֽנוּ דַּאֲמַר לֵיֽהּ הָהוּא מִינָא לְרַבִּי חֲנִינָא: אֲנַן מַעֲלִינַן מִיֽנַּיְיֽכוּ, כְּתִיב בְּכוּ: ״כִּי שֵׁשֶׁת חֳדָשִׁים יָשַׁב שָׁם וְגוֹ׳״, וְאִלּוּ אֲנַן אִיתִינְכוּ גַּבַּן כַּמָּה שְׁנֵי וְלָא קָא עָבְדִינַן לְכוּ מִיֽדֵּי. אָמַר לוֹ: רְצוֹנְךָ יִטָּפֵל לָךְ תַּלְמִיד אֶחָד.

Rabbi Ochaya a dit : que signifie ce qui est écrit : " La tsedaka de ses perazon en Israël " ? Le Saint, béni soit-Il, a fait une tsedaka envers Israël, en les dispersant parmi les nations.

Et c'est ce que ce min dit à Rabbi Hanina : nous valons mieux que vous. Il est écrit à votre sujet : " Car six mois il y séjourna, etc.

" Tandis que nous, vous êtes chez nous depuis de nombreuses années, et nous ne vous faisons rien. Il lui dit : si tu veux, un talmid s'occupera de toi.

📜 Rachi (2)
צְדָקָה עָשָׂה שֶׁפִּיֽזְּרָן שֶׁלֹּא הָיוּ יְכוֹלִין לְכַלּוֹתָם יַחַד:
Il a fait une tsedaka en les dispersant : ils ne pouvaient pas les achever tous ensemble.
יִטַּפֵּל לְךָ תַּלְמִיד א' לַהֲשִׁיבְךָ תְּשׁוּבָה:
Un talmid s'occupera de toi : pour te répondre.
🪔 Ben Yehoyada (1)
צְדָקָה עָשָׂה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עִם יִשְׂרָאֵל, שֶׁפְּזֵרָם לְבֵין הָעוֹבָדֵי כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת. נִרְאֶה לִי בס"ד בָּזֶה מִשּׁוּם הָכִי 'פִּזַּר נָתַן לָאֶבְיוֹנִים צִדְקָתוֹ עֹמֶדֶת לְעֵד' (תְּהִלִּים קיב, ט) רוֹצֶה לוֹמַר מַה שֶׁנָּתַן הקב"ה פִּזּוּר לָאֶבְיוֹנִים אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל הִנֵּה בָּזֶה צִדְקָתוֹ יִתְבָּרֵךְ עָמַדְתָּ לָעַד וְלָכֵן תִּמְצָא פַּזֵּר [287] עוֹלֶה מִסְפַּר פַּח צְדָקָה [287] דְּיָדוּעַ דְּשִׁעְבּוּד מַלְכֻיּוֹת מִכַּוְּוֽנָה בְּשֵׁם פַּח וּכְמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר 'נַפְשֵׁנוּ כְּצִפּוֹר נִמְלְטָה מִפַּח יוֹקְשִׁים הַפַּח נִשְׁבָּר וַאֲנַחְנוּ נִמְלַטְנוּ' (תְּהִלִּים קכד, ז) וְזֶה הַפַּח הוּא צְדָקָה לְיִשְׂרָאֵל.
Le Saint, béni soit-Il, a fait une tsedaka envers Israël, en les dispersant parmi les serviteurs des astres et des constellations. Il me semble, avec l'aide du Ciel : c'est pour cela qu'il est dit " il a dispersé, il a donné aux pauvres, sa tsedaka subsiste à jamais " (Tehilim 112, 9). Cela veut dire : ce que le Saint, béni soit-Il, a donné comme dispersion aux pauvres, ce sont Israël. En cela, Sa tsedaka subsiste à jamais. On trouve que pizar (287) atteint le nombre de pah tsedaka (287). On sait que l'asservissement des royaumes est désigné par le nom pah, ainsi qu'il est dit : " notre âme s'est échappée comme un oiseau du piège des oiseleurs ; le piège s'est brisé, et nous nous sommes échappés " (Tehilim 124, 7). Ce piège est une tsedaka pour Israël.
💡 Explication

Rabbi Ochaya lit Choftim 5, 11, " tsedkat pirzono ". Pirzono / pizron : Il a fait une tsedaka en les dispersant parmi les nations. Rachi : réunis, on aurait pu les achever ensemble.

Un min le dit à Rabbi Hanina : nous valons mieux que vous. Chez vous, six mois ont suffi pour retrancher (Melakhim I 11, 16, Yoav en Edom). Vous êtes chez nous depuis des années, et nous ne vous faisons rien. Rabbi Hanina propose qu'un talmid réponde. Rachi : pour lui répondre. Ce talmid est Rabbi Ochaya, au segment suivant.

Le Ben Yehoyada relie la dispersion à Tehilim 112, 9 : pizar donné aux pauvres, Israël, et la tsedaka qui subsiste. Pizar et pah tsedaka, 287. Le pah, le piège des royaumes (Tehilim 124, 7), est lui-même cette tsedaka.

19
נִטְפַּל לֵיֽהּ רַבִּי אוֹשַׁעְיָא, אֲמַר לֵיהּ: מִשּׁוּם דְּלָא יָדְעִיתוּ הֵיכִי תַּעְבְּדוּ, תַּכְּלִינַן כֻּוֽלְּהוּ — לֵיתַנְהוּ גַּבַּיְיֽכוּ. מַאי דְּאִיכָּא גַּבַּיְיֽכוּ, קָרֵי לְכוּ מַלְכוּתָא קְטִיעֲתָא. אֲמַר לֵיהּ: גַּפָּא דְּרוֹמָאֵי! בְּהָא נָחֲתִינַן וּבְהָא סָלְקִינַן.

Rabbi Ochaya s'occupa de lui. Il lui dit : c'est que vous ne savez pas comment vous devez agir.

Si vous les anéantissez tous, ils ne sont pas chez vous. Ce qui est chez vous, on vous appelle un royaume tronqué.

Il lui dit : par le Gappa des Romains ! C'est avec cela que nous nous couchons, et avec cela que nous nous levons.

📜 Rachi (2)
גַּפָּא דְּרוֹמָאֵי נִשְׁבָּע בע"ז:
Gappa des Romains : il jure par une avoda zara.
בְּהָא נָחֲתִינַן וּבְהָא סָלְקִינַן בְּמַחֲשָׁבָה זוֹ אֲנַן עֲסוּקִים תָּמִיד:
C'est avec cela que nous nous couchons et que nous nous levons : nous sommes toujours occupés de cette pensée.
💡 Explication

Rabbi Ochaya répond au min. Vous ne savez pas comment agir. Anéantir tout Israël : ils ne sont pas tous dans votre royaume, à cause de la dispersion. Anéantir ceux qui y sont : on vous appelle malkhouta ketiata, un royaume tronqué.

Le min jure par le Gappa des Romains. Rachi : serment par une avoda zara. " Avec cela nous nous couchons et nous nous levons " : cette pensée les occupe toujours.

🖼️ Schéma
Les deux voies du min, toutes deux fermées Rabbi Ochaya. Vous ne savez pas comment agir. Anéantir tous Ils ne sont pas tous dans votre royaume La dispersion les répartit Anéantir ceux d'ici On vous appelle un royaume tronqué Malkhuta ketiata
Tout détruire : ils ne sont pas tous ici. Détruire ceux d'ici : royaume tronqué.
20
תָּנֵי רַבִּי חַיָּיֽא, מַאי דִכְתִיב: ״אֱ-לֹהִים הֵבִין דַּרְכָּהּ וְהוּא יָדַע אֶת מְקוֹמָהּ״, יוֹדֵעַ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת יִשְׂרָאֵל שֶׁאֵינָן יְכוֹלִין לְקַבֵּל גְּזֵיֽרוֹת שֶׁל רוֹמִיִּים, לְפִיכָךְ הִגְלָה אוֹתָם לְבָבֶל. וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: לֹא הִגְלָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת יִשְׂרָאֵל לְבָבֶל אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁעֲמֻוֽקָּה כִּשְׁאוֹל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִיַּד שְׁאוֹל אֶפְדֵּם מִמָּוֶת אֶגְאָלֵם״. רַבִּי חֲנִינָא אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁקָּרוֹב לְשׁוֹנָם לִלְשׁוֹן תּוֹרָה.

Rabbi Hiya enseigne : que signifie ce qui est écrit : " Elokim a discerné sa voie, et Lui connaît son lieu " ? Le Saint, béni soit-Il, connaît Israël : ils ne peuvent pas porter les gezerot des Romains.

C'est pourquoi Il les a exilés à Bavel. Et Rabbi Elazar a dit : le Saint, béni soit-Il, n'a exilé Israël à Bavel que parce qu'elle est profonde comme le Cheol, ainsi qu'il est dit : " De la main du Cheol Je les rachèterai, de la mort Je les délivrerai ".

Rabbi Hanina a dit : parce que leur langue est proche de la langue de la Torah.

📜 Rachi (3)
הִגְלָה אוֹתָן לְבָבֶל שֶׁאֵין כַּשְׂדִּים אַכְזָרִים כִּשְׁאָר אֻוֽמּוֹת:
Il les a exilés à Bavel : les Kasdim ne sont pas cruels comme les autres nations.
שֶׁעֲמֻוֽקָּה כִּשְׁאוֹל וְיִפְדֵם מִשָּׁם מַהֵר כְּמוֹ שֶׁהִבְטִיחָם מִיַּד שָׁאוּל אֶפְדֵם:
Profonde comme le Cheol : Il les rachètera de là rapidement, comme Il le leur a promis : " De la main du Cheol Je les rachèterai ".
שֶׁקָּרוֹב לְשׁוֹנָם לִלְשׁוֹן תּוֹרָה וְלֹא תִּשְׁתַּכַּח תּוֹרָה מֵהֶן מַהֵר:
Leur langue est proche de la langue de la Torah : la Torah ne sera pas oubliée d'eux rapidement.
🗂️ Tossefot (1)
וְהִגְלָה אוֹתָם לְבָבֶל וְהָא דְּאָמַר בְּגִיֽטִּין (דַּף יז. וְשָׁם) רַחֲמָנָא בְּטֻוֽלָּךְ אוֹ בְּטֻוֽלָּא דְּבַר עֵשָׂו אַלְמָא בְּנֵי עָשׂוּ מָעֲלוּ טְפֵי הַיְיֽנוּ לְבָתַר דַּאֲתוֹ חַבָּרֵי לְבָבֶל:
Et Il les a exilés à Bavel. Ce qui est dit à Gittin (17a, et là-bas) : " Rahmana, Ton ombre, ou l'ombre du fils d'Essav ", d'où il ressort que les fils d'Essav valent mieux, vise après que les Haverim sont venus à Bavel.
🪔 Ben Yehoyada (2)
הוֹאִיל וְאֵין יְכוֹלִין לְקַבֵּל גְּזֵרוֹת שֶׁל עָשׂוּ וְשֶׁל יִשְׁמָעֵאל לְפִיכָךְ הִגְלָה אוֹתָם לְבָבֶל. מַקְשִׁים וַהֲלֹא גָּלוּת הָאַחֲרוֹן הוּא אֵצֶל אֱדוֹם וְיִשְׁמָעֵאל? וְנִרְאֶה לִי בס"ד כִּי קֹוֽדֶם שֶׁגָּלוּ לְבָבֶל הָיוּ אֱדוֹם אֲדוּקִים בַּעֲבוֹדָה זָרָה מְאֹד וְיִשְׁמָעֵאל אֲדוּקִים בִּזְנוּת מְאֹד וְאִם הָיוּ גּוֹלִים אֶצְלָם הָיוּ גּוֹזְרִים עֲלֵיהֶם גְּזֵרוֹת לְהַחֲטִיאָם בַּעֲבוֹדָה זָרָה וּבִזְנוּת וְלֹא הָיוּ יִשְׂרָאֵל יְכוֹלִים לַעֲמֹוֽד וְהָיוּ נִטְמָעִים וְחוֹטְאִים בַּעַל כָּרְחָם, אַךְ אַחַר גָּלוּת בָּבֶל שֶׁבָּאוּ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה וּבִיֽטְּלוֹ יֵצֶר הָרַע שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה וְגַם יֵצֶר הָרַע שֶׁל זְנוּת הֶחֱלִישׁוּ אוֹתוֹ אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא בִּיֽטְּלוּהוּ לְכָךְ יֵשׁ תִּקְוָה שֶׁיִּשְׂרָאֵל יִתְגַּבְּרוּ גַּם בַּזְּמַן שֶׁגּוֹזְרִים עֲלֵיהֶם גְּזֵרוֹת לְהַחֲטִיאָם בַּעֲבֵיֽרוֹת אֵלּוּ שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה וְשֶׁל זְנוּת שֶׁלֹּא יֶחְטְאוּ וְלֹא יִמְשְׁכוּ אֲחֵרִים לְכָךְ גָּלוּ אֶצְלָם עַתָּה.
Puisqu'ils ne peuvent pas porter les gezerot d'Essav et d'Yichmaël, Il les a donc exilés à Bavel. On objecte : l'exil dernier n'est-il pas chez Edom et Yichmaël ? Il me semble, avec l'aide du Ciel : avant qu'ils soient exilés à Bavel, Edom était très attaché à l'avoda zara, et Yichmaël très attaché à la zenout. S'ils avaient été exilés chez eux, ceux-là auraient décrété sur eux des gezerot pour les faire fauter en avoda zara et en zenout. Israël n'aurait pas pu tenir. Ils auraient été absorbés, et ils auraient fauté malgré eux. Après l'exil de Bavel, sont venus les hommes de la Grande Assemblée. Ils ont annulé le yetser ha-ra de l'avoda zara. Le yetser ha-ra de la zenout, ils l'ont affaibli, même s'ils ne l'ont pas annulé. Il y a donc un espoir qu'Israël l'emporte, même au temps où l'on décrète sur eux des gezerot pour les faire fauter en ces fautes d'avoda zara et de zenout : ils ne fauteront pas, et ils n'entraîneront pas d'autres. C'est pourquoi ils sont exilés chez eux maintenant.
לֹא הִגְלָה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל לְבָבֶל, אֶלָּא מִפְּנֵי שֶׁהִיא עֲמֻקָּה כְּשָׁאוּל. נִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם כְּדֵי שֶׁתַּעֲלֶה תִּפְלָתָם וְצַעֲקָתָם לַמָּרוֹם בְּאֵין פָּגַע מִן הַמְקַטְרְגִים כִּי כָּל תְּפִלָּה שֶׁתִּהְיֶה מִן מַעֲמַקִּים מְסֻוֽגֶּלֶת לְהִתְקַבֵּל וְלַעֲלוֹת, דִּכְתִיב (תְּהִלִּים קל, א) מִמַּעֲמַקִּים קְרָאתִיךָ ה' אָז אֲדֹנָי שִׁמְעָה בְּקוֹלִי מִפְּנֵי כִּי הַמִּתְפַּלֵּל בְּמָקוֹם גָּבוֹהַּ יִתְקַנְּאוּ בּוֹ הַמְקַטְרְגִים וְיִתְגָּרוּ בִּתְפִיֽלָּתוֹ, וּכְמוֹ שֶׁאָמְרוּ בַּגְּמָרָא דְּתַעֲנִית בְּאוֹתוֹ חָכָם כְּשֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל בַּעֲצִירַת גְּשָׁמִים הָיָה עוֹמֵד בְּעֹוֽמֶק וּמִתְפַּלֵּל מִטַּעַם הָאָמוּר. אוֹ יוּבַן כֵּיוָן דַּעֲמֻוֽקָּה הִיא חַמָּה הַרְבֵּה וּבַקַּיִץ יֵשׁ צַעַר גָּדוֹל מִן הַחֹוֽם שֶׁהוּא קָשֶׁה יוֹתֵר מִצַּעַר הַצִּיֽנָּה, וּכְמוֹ שֶׁאָמַר רַבֵּינוּ הַקָּדוֹשׁ לְאַנְטוֹנִינוּס וְכֵן מַרְגְּלָא בְּפֻוֽמַּיְיֽהוּ דְּאִינָשֵׁי בְּתֹוֽקֶף הַחֹוֽם לוֹמַר גְּהֵינָם בַּחַיִּים וְלוֹמְדִים תּוֹרָה וּמִתְפַּלְּלִים בְּצַעַר וְיִסּוּרִין, וְכֵן הַתַּעֲנִית יַרְגִּישׁוּ בְּצַעֲרוֹ כִּפְלֵי כִּפְלַיִיֽם מִמְּקוֹמוֹת הַקָּרִים. וּמַה שֶׁאָמְרוּ מִפְּנֵי שֶׁקָּרוֹב לְשׁוֹנָם לִלְשׁוֹן תּוֹרָה פֵּיֽרֵשׁ רַשִׁ"י זַ"ל 'וְלֹא תִּשְׁתַּכַּח תּוֹרָה מֵהֶן מְהֵרָה' וְנִרְאֶה לִי הַכַּוָּוֽנָה דְּתִקְּנוּ לִקְרוֹת הַפָּרָשָׁה בְּצִיֽבּוּר בְּכָל שַׁבָּת עִם הַהַפְטָרָה כְּדֵי שֶׁלֹּא תִּשְׁתַּכַּח תּוֹרָה מֵהֲמוֹן הָעָם, וְזֶה תִּינַח אִם הַשּׁוֹמֵעַ מֵבִין הַדְּבָרִים אָז שׁוֹמֵר אוֹתָם בִּלְבָבוֹ אֲבָל אִם אֵין מֵבִין מַאי אַהֲנָיָה לֵיהּ וְלָזֶה הֶגְלָם לְבָבֶל שֶׁקָּרוֹב לְשׁוֹנָם לִלְשׁוֹן תּוֹרָה שֶׁגַּם הֲמוֹן הָעָם מְבִינִים דִּבְרֵי הַתּוֹרָה בְּפָרָשָׁה וּבַנְּבִיאִים וְאָז לֹא יְשַׁכְּחוּם.
Le Saint, béni soit-Il, n'a pas exilé Israël à Bavel, sinon parce qu'elle est profonde comme le Cheol. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la raison est que leur tefila et leur cri montent en haut sans atteinte de la part des mekatreguim. Toute tefila qui vient des profondeurs est apte à être reçue et à monter. Il est écrit (Tehilim 130, 1) : des profondeurs je T'ai appelé, Hachem. Alors : Adnout, entends ma voix. Celui qui prie en un lieu élevé, les mekatreguim le jalousent et s'en prennent à sa tefila. Comme on le dit dans la Guemara de Taanit, au sujet de ce sage : quand il priait lors d'une retenue des pluies, il se tenait dans une profondeur et priait, pour la raison dite. Autre lecture : puisqu'elle est profonde, elle est très chaude. En été, la souffrance de la chaleur est grande, et elle est plus dure que la souffrance du froid. Ainsi Rabbeinou ha-Kadoch l'a dit à Antoninos. Et c'est un propos courant dans la bouche des gens, au fort de la chaleur : le Guehinom, de leur vivant. Ils apprennent la Torah et ils prient dans la souffrance et les yissourim. Le jeûne aussi, ils en sentent la peine au double et au quadruple par rapport aux lieux froids. Et ce qu'ils ont dit, " parce que leur langue est proche de la langue de la Torah ", Rachi zal l'explique : la Torah ne sera pas oubliée d'eux rapidement. Il me semble que l'intention est celle-ci : on a institué de lire la paracha en public chaque Chabbat, avec la haftara, afin que la Torah ne soit pas oubliée du grand nombre. Cela tient si l'auditeur comprend les paroles : il les garde alors dans son cœur. S'il ne comprend pas, quel profit pour lui ? C'est pourquoi Il les a exilés à Bavel, dont la langue est proche de la langue de la Torah : le grand nombre aussi comprend les paroles de la Torah dans la paracha et dans les prophètes, et alors ils ne les oublient pas.
💡 Explication

Rabbi Hiya lit Iyov 28, 23 : Il connaît la voie d'Israël et son lieu. Ils ne peuvent pas porter les gezerot des Romains. Il les exile donc à Bavel. Rachi : les Kasdim ne sont pas cruels comme les autres nations.

Rabbi Elazar : Bavel est profonde comme le Cheol, et le verset d'Hoshea 13, 14 promet le rachat " de la main du Cheol ". Rachi : le rachat sera rapide, selon cette promesse. Rabbi Hanina : leur langue est proche de la langue de la Torah, donc la Torah ne s'oublie pas vite.

Tossefot accorde Gittin 17a. Là-bas, " Ton ombre, ou l'ombre du fils d'Essav " fait paraître les fils d'Essav préférables. Cela vise le temps d'après l'arrivée des Haverim à Bavel. Le Ben Yehoyada explique l'exil dernier chez Edom et Yichmaël : avant la Grande Assemblée, avoda zara et zenout les auraient absorbés. Après l'annulation du yetser de l'avoda zara, et l'affaiblissement de celui de la zenout, ils peuvent tenir. Sur la profondeur : la tefila monte des profondeurs, ou bien la chaleur du lieu pèse plus que le froid. Sur la langue : la lecture publique de la paracha et de la haftara profite à qui comprend.

21
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁשִּׁיֽגְּרָן לְבֵית אִמָּן. מָשָׁל לְאָדָם שֶׁכָּעַס עַל אִשְׁתּוֹ, לְהֵיכָן מְשַׁגְּרָה — לְבֵית אִמָּהּ.

Rabbi Yo'hanan a dit : parce qu'Il les a renvoyés à la maison de leur mère. Un mashal : un homme qui s'est mis en colère contre sa femme, où l'envoie-t-il ?

À la maison de sa mère.

📜 Rachi (1)
לַבַּיִת אִמָּן אַבְרָהָם מֵאוֹר כַּשְׂדִּים יָצָא:
À la maison de leur mère : Avraham est sorti d'Our Kasdim.
🪔 Ben Yehoyada (1)
מִפְּנֵי שֶׁשְּׁגַרַן לְבֵית אִמָּם. קָשֶׁה מַה טַעַם יֵשׁ בָּזֶה וְלִכְאוֹרָה אֵין זֶה דּוֹמֶה לְהַמָּשָׁל שֶׁהֵבִיא? וְנִרְאֶה לִי בס"ד הַטַּעַם כְּדֵי לְהַצִּילָם מִן הַמְקַטְרְגִים שֶׁטּוֹעֲנִים אֵיךְ יַסְפִּיק הַגָּלוּת בִּשְׁבִיל עֲוֹן עֲבוֹדָה זָרָה וְצָרִיךְ כְּלָיָה ח"ו! לְכָךְ שְׁגַרַן לְבֵית אִמָּם כְּדֵי שֶׁיַּעֲמֹוֽד מֵלִיץ טוֹב וְיָלִיץ בַּעֲדָם לוֹמַר זֶה בֵּית אִמָּם שֶׁגָּבְרָה בּוֹ הַמַּחֲלָה שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה בְּיוֹתֵר כִּי מְקוֹר טֻוֽמְאוֹת הָעֲבוֹדָה זָרָה הָיְתָה שָׁם, שֶׁכָּל הָעוֹלָם מִשָּׁם הָיוּ לוֹקְחִים מִינֵי צְלָמִים שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה אֲשֶׁר הָיָה תֶּרַח מְתַקֵּן וְעוֹשֶׂה צְלָמִים לְכָל אֻוֽמָּה הַשַּׁיָּיֽךְ לָהּ וּמוֹכֵר לְכָל הָעוֹלָם, וְיָדוּעַ שֶׁכָּל מַחֲלָה אֲשֶׁר תִּשְׁתָּרֵשׁ מִן הַתּוֹלָדָה קָשֶׁה לְנַקּוֹתָהּ וְלָכֵן יָלִיץ טֻוֽמְאַת הַתּוֹלָדָה שֶׁהָיְתָה קָשָׁה מְאֹד הִיא גָּרְמָה לָהֶם לַחֲטֹוֽא וְלָכֵן רָאוּי לְהָקֵל בַּפֻּרְעָנוּת וְעֹוֽנֶשׁ שֶׁלָּהֶם לְבִלְתִּי עֲשׂוֹת לָהֶם כֵּלֶיהָ וְיִהְיֶה הַגָּלוּת לְבַדּוֹ מַסְפִּיק לְכַפֵּר. וּלְזֶה הֵבִיא מָשָׁל אֲשֶׁר מִשֶּׁגָּרָה לְבֵית אִמָּהּ שֶׁאוֹמֵר לָהּ לְכִי אֵצֶל אִמְּךָ וְאֵינוֹ אוֹמֵר לְכִי אֵצֶל אָבִיךָ מִפְּנֵי כִּי מִן הָאֵם הָיְתָה גְּרָמָא יוֹתֵר וְלָכֵן שׁוֹלֵחַ אוֹתָהּ אֵצֶל הַגּוֹרֵם, וְכֵן כָּאן שָׁלַח אוֹתָם לְמָקוֹם הַגּוֹרֵם! אִי נָמֵי כִּיֽוֵּן עוֹד בָּזֶה לְטוֹבָתָם שֶׁלֹּא יוּכַל הַיֵּצֶר הָרַע לוֹמַר לָהֶם אַחַר אֲשֶׁר נִטְמֵאתֶם אֵין תִּקְוָה לְטַהֲרַתְכֶם וְלָכֵן תִּשְׁאֲרוּ בְּדַרְכֵיכֶם הָרָעִים שֶׁלֹּא תִּהְיוּ קֵרְחִים מִכָּאן וּמִכָּאן לְכָךְ הֶגְלָם לְשָׁם כְּדֵי שֶׁיִּרְאוּ הַמָּקוֹם אֲשֶׁר הָיוּ אֲבוֹתָם אֲדוּקִים בּוֹ בְּטֻוֽמְאַת עֲבוֹדָה זָרָה בְּיוֹתֵר, וְעִם כָּל זֶה אַבְרָהָם אָבִינוּ כְּשֶׁרָצָה אָז כְּכוֹכָב זֶרַח, וּפֵיֽרַשׁ מִטֻּוֽמְאָה וְנִתְקַדֵּשׁ בִּקְדֻוֽשָּׁה גְּדוֹלָה עַד שֶׁמָּסַר עַצְמוֹ לְכִבְשַׁן הָאֵשׁ וְעָלְתָה בְּיָדוֹ וְאִם כֵּן כָּל שֶׁכֵּן הֵם אִם יָסוּרוּ מִטֻּוֽמְאָתָם וְיָשׁוּבוּ אֶל ה' שֶׁתַּעֲלֶה בְּיָדָם וְיַצְלִיחוּ בָּהּ.
Parce qu'Il les a renvoyés à la maison de leur mère. Difficulté : quelle raison y a-t-il en cela ? Et en apparence, cela ne ressemble pas au mashal qu'il a apporté. Il me semble, avec l'aide du Ciel : la raison est de les sauver des mekatreguim, qui revendiquent : comment l'exil suffirait-il pour la faute d'avoda zara ? Il faudrait une destruction, has ve-chalom. Il les a donc renvoyés à la maison de leur mère, afin qu'un défenseur se lève et plaide pour eux : ceci est la maison de leur mère, où la maladie de l'avoda zara a été la plus forte. La source des impuretés de l'avoda zara était là. Le monde entier y prenait des sortes d'images d'avoda zara. Terah préparait et fabriquait des images pour chaque nation, selon ce qui lui revenait, et il vendait au monde entier. On sait que toute maladie enracinée dès l'origine est dure à nettoyer. Il plaidera donc : l'impureté de l'origine, qui était très dure, leur a causé la faute. Il convient d'alléger leur châtiment, de ne pas leur faire de destruction, et l'exil seul suffit à expier. C'est pour cela qu'il a apporté le mashal de celui qui la renvoie à la maison de sa mère. Il lui dit : va chez ta mère. Il ne dit pas : va chez ton père. La cause venait davantage de la mère. Il l'envoie donc vers la cause. Ici de même, Il les a envoyés au lieu de la cause. Autre lecture : Il visait encore leur bien, afin que le yetser ha-ra ne puisse pas leur dire : après que vous avez été souillés, il n'y a plus d'espoir pour votre purification. Restez donc dans vos voies mauvaises, pour ne pas être perdants des deux côtés. Il les a donc exilés là, afin qu'ils voient le lieu où leurs pères étaient le plus attachés à l'impureté de l'avoda zara. Malgré cela, Avraham notre père, quand il l'a voulu, a brillé comme un astre. Il s'est séparé de l'impureté, il s'est sanctifié d'une grande sainteté, jusqu'à se livrer à la fournaise de feu, et il a réussi. À plus forte raison eux : s'ils s'écartent de leur impureté et reviennent à Hachem, la chose leur réussira, et ils y prospéreront.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan : Il les a renvoyés à la maison de leur mère. Mashal : l'homme en colère renvoie sa femme chez sa mère. Rachi : Avraham est sorti d'Our Kasdim. Bavel est le lieu d'où les pères sont sortis.

Le Ben Yehoyada donne au mashal deux raisons. Les accusateurs réclament une destruction pour l'avoda zara. Le défenseur répond : la maison de la mère est la source de cette impureté, Terah y fabriquait les images pour chaque nation. Une maladie prise à l'origine appelle un allègement : l'exil suffit. On l'envoie chez la mère, vers la cause, et non chez le père. Autre lecture : voir ce lieu montre qu'Avraham, sorti de la même impureté, a tenu jusqu'à la fournaise. Eux peuvent revenir à Hachem.

22
וְהַיְיֽנוּ דְּרַבִּי אֲלֶכְּסַנְדְּרִי, דְּאָמַר: שְׁלֹשָׁה חָזְרוּ לְמַטְעָתָן, אֵלּוּ הֵן: יִשְׂרָאֵל, כֶּסֶף מִצְרַיִם, וְכָתַב לוּחוֹת. יִשְׂרָאֵל — הָא דַּאֲמָרָן. כֶּסֶף מִצְרַיִם, דִּכְתִיב: ״וַיְהִי בַּשָּׁנָה הַחֲמִישִׁית לַמֶּלֶךְ רְחַבְעָם עָלָה שִׁישַׁק מֶלֶךְ מִצְרַיִם עַל יְרוּשָׁלַיִם וְגוֹ׳״. כְּתַב הַלּוּחוֹת, דִּכְתִיב: ״וָאֲשַׁבְּרֵם לְעֵינֵיכֶם״, תַּנָּא: לוּחוֹת נִשְׁבְּרוּ וְאוֹתִיּוֹת פּוֹרְחוֹת.

Et c'est ce que dit Rabbi Alexandri : trois sont revenus à leur plantation. Les voici : Israël, l'argent de l'Égypte, et l'écriture des louhot.

Israël : ce que nous avons dit. L'argent de l'Égypte, ainsi qu'il est écrit : " La cinquième année du roi Rehavam, Chichak, roi d'Égypte, monta contre Yerouchalayim, etc.

" L'écriture des louhot, ainsi qu'il est écrit : " Et je les ai brisées sous vos yeux ". Un tana enseigne : les louhot se sont brisées, et les lettres s'envolent.

📜 Rachi (2)
כֶּסֶף מְצָרִים שֶׁבָּזְזוּ יִשְׂרָאֵל בְּצֵאתָם מִמִּצְרַיִם כְּדִכְתִיב (שְׁמוֹת י״ב:ל״ו) וְיִנָּצְלוּ אֶת מִצְרַיִם וּבִימֵי רְחַבְעָם עָלָה שִׁישַׁק מֶלֶךְ מִצְרַיִם וְנָטַל אֶת כָּל הָאוֹצָרוֹת:
L'argent de l'Égypte : celui qu'Israël a pillé en sortant d'Égypte, ainsi qu'il est écrit (Chemot 12, 36) : ils dépouillèrent l'Égypte. Aux jours de Rehavam, Chichak, roi d'Égypte, monta et prit tous les trésors.
לְעֵינֵיכֶם כְּלוֹמַר דְּבַר פֶּלֶא רְאִיתֶם שָׁם שֶׁהָעַיִן פּוֹנֶה לְהִסְתַּכֵּל בּוֹ:
" Sous vos yeux " : c'est-à-dire une chose étonnante que vous avez vue là, l'œil se tourne pour la regarder.
💡 Explication

Rabbi Alexandri : trois choses sont revenues à leur plantation, leur lieu d'origine. Israël : ce qui vient d'être dit, le retour à Bavel. L'argent de l'Égypte : pris à la sortie (Rachi cite Chemot 12, 36), repris par Chichak la cinquième année de Rehavam (Melakhim I 14, 25), avec les trésors.

L'écriture des louhot : " je les ai brisées sous vos yeux " (Devarim 9, 17). Le tana : les Tables se brisent, les lettres s'envolent. Rachi : " sous vos yeux " marque la chose étonnante vers laquelle l'œil se tourne, les lettres qui partent.

🖼️ Schéma
Trois revenus à leur plantation Rabbi Alexandri. Mata : le lieu d'où la chose est sortie. Israël Renvoyés à Bavel maison de la mère Our Kasdim, Rachi Argent d'Égypte Pris à la sortie Repris par Chichak Melakhim I 14, an 5 de Rehavam Écriture des louhot Les Tables se brisent Les lettres s'envolent Devarim 9, 17. Rachi : l'œil s'y tourne
Israël, l'argent d'Égypte, l'écriture des louhot : chacun revient d'où il est sorti.
23
עֻוֽלָּא אָמַר: כְּדֵי שֶׁיֹּאכְלוּ

Oula a dit : afin qu'ils mangent

💡 Explication

Oula ouvre une autre raison de l'exil à Bavel : " afin qu'ils mangent ". La phrase s'arrête sur ce mot. Elle continue au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).