Pesachim 88b - L'esclave à moitié libre, et le Pessah qu'il abat pour son maître

Pesachim 88b

Sougya : L'amoud achève la michna de l'esclave affranchi pour moitié. Beit Shammaï montre qu'il ne peut épouser ni une servante ni une femme libre, et Beit Hillel revient à leur avis : on contraint le maître à l'affranchir, pour le tikkun ha-olam.

La michna suivante règle l'esclave envoyé abattre le Pessa'h : chevreau, agneau, ou les deux. Si les deux ont oublié l'espèce demandée, les bêtes vont à la crémation et l'on est dispensé du Pessa'h sheni seulement quand l'oubli suit la zerika.

La baraïta du roi, de la reine et de Rabban Gamliel, puis celle des cinq peaux mélangées dont l'une porte une verrue, précisent quand l'inscription et le sacrifice restent valables.

Esclave affranchi pour moitié : qui peut-il épouser ? Beit Shammaï. Le maître ne perd rien. L'esclave, lui, reste sans mariage. Servante Moitié déjà affranchie Interdit au côté libre lo yihyeh kadesh Impossible Femme libre Moitié encore esclave Un esclave n'épouse pas une femme libre Impossible Rester inactif Sans femme, sans enfant Le monde a été créé pour être habité Yeshaya 45:18 Tikkun ha-olam : on contraint le maître Il l'affranchit. L'esclave rédige un acte pour la moitié de sa valeur. Beit Hillel revient enseigner comme Beit Shammaï. Affranchir transgresse un commandement positif. Ici, une mitsva de la collectivité. Berakhot 47b : Rabbi Eliezer a affranchi son esclave pour la même raison. Pour une moitié servante, on ne contraint que si l'on a eu avec elle une conduite de hefker.
Mariage bloqué des deux côtés, puis affranchissement forcé.
L'esclave envoyé abattre le Pessa'h Michna. Le maître dit : sors et abats pour moi le Pessa'h. Le maître a-t-il précisé l'espèce ? Non Chevreau : il mange Agneau : il mange Même s'il a l'habitude de l'autre espèce Les deux, sans précision Il mange du premier abattu Le second est brûlé Roi et reine : esprit léger Les autres : ni l'un ni l'autre Oui, puis oubli Il abat les deux et stipule L'espèce dite : au maître L'autre : à l'esclave Le maître oublie aussi On ne sait plus qui est inscrit sur quelle bête Les deux vont au lieu de crémation Oubli après la zerika : dispensés du Pessa'h sheni. Avant : tenus Comment l'esclave possède-t-il ? Ce qu'un esclave acquiert, son maître l'acquiert Abaye : un berger habituel lui cède une bête à condition que le maître n'y ait aucun droit
Ce que l'esclave abat, selon que le maître a précisé ou oublié.
Cinq Pessa'h dont les peaux se mêlent Une verrue, moum qui invalide, sur l'une des peaux. On ne sait plus laquelle. Les cinq viandes vont au lieu de la crémation Dispense du Pessa'h sheni seulement si le mélange suit la zerika Chacun son Pessa'h Quatre sont déjà quittes Leur bête resterait houlin Houlin dans l'azara Un seul pour les cinq Les quatre déjà quittes ne comptent plus comme inscrits Mangé hors menouyim Stipulation Si le mien avait le moum : celui-ci est un Pessa'h Si le mien était intact : celui-ci est un shelamim Mélange après la zerika Au moment du sang, la bête était apte à être mangée Dispensés du Pessa'h sheni Mélange avant la zerika Quand le sang est aspergé, aucune n'est sûrement apte Tenus au Pessa'h sheni
Cinq peaux mêlées : pourquoi l'on ne peut pas refaire le Pessah.
1
תִּקַּנְתֶּם אֶת רַבּוֹ, וְאֶת עַצְמוֹ לֹא תִּקַּנְתֶּם. לִישָּׂא שִׁפְחָה אֵינוֹ יָכוֹל — שֶׁכְּבָר חֶצְיוֹ בֶּן חוֹרִין, לִישָּׂא בַּת חוֹרִין אֵינוֹ יָכוֹל — שֶׁעֲדַייִן חֶצְיוֹ עֶבֶד. יִבָּטֵל, וַהֲלֹא לֹא נִבְרָא הָעוֹלָם אֶלָּא לִפְרִיָּה וּרְבִיָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תֹּהוּ בְּרָאָהּ (אֶלָּא) לָשֶׁבֶת יְצָרָהּ״. אֶלָּא, מִפְּנֵי תִּיקּוּן הָעוֹלָם כּוֹפִין אֶת רַבּוֹ וְעוֹשֶׂה אוֹתוֹ בֶּן חוֹרִין, וְכוֹתֵב שְׁטָר עַל חֲצִי דָמָיו.

Vous avez réglé le cas de son maître, et son propre cas, vous ne l'avez pas réglé. Il ne peut épouser une servante, car sa moitié est déjà affranchie.

Il ne peut épouser une femme libre, car sa moitié est encore esclave. Qu'il reste inactif ?

Or le monde n'a été créé que pour la peria ou-revia (procréation), comme il est dit : "Il ne l'a pas créée pour le vide, (mais) Il l'a formée pour être habitée". Plutôt, pour le tikkun ha-olam (l'ordre du monde), on contraint son maître, il le rend affranchi, et il rédige un acte pour la moitié de sa valeur.

📜 Rachi (3)
תִּקַּנְתֶּם אֶת רַבּוֹ שֶׁאֵינוֹ מַפְסִיד כְּלוּם מִן הָרָאוּי לוֹ:
Car il ne perd rien de ce qui lui revient.
וְאֶת עַצְמוֹ לֹא תִּקַּנְתֶּם מַה תְּהֵא עָלָיו:
Que deviendra-t-il ?
לִישָּׂא שִׁפְחָה אֵינוֹ יָכוֹל דְּצַד חֵירוּת אָסוּר בָּהּ דִּכְתִיב (דְּבָרִים כ״ג:י״ח) לֹא יִהְיֶה קֹדֶשׁ לֹא יִסַּב אִיתְּתָא אַמָּה:
Car le côté affranchi lui est interdit, puisqu'il est écrit (Devarim 23:18) : "il n'y aura pas de kadesh", c'est-à-dire qu'il n'épousera pas une servante.
🗂️ Tossefot (2)
לִישָּׂא שִׁפְחָה אֵינוֹ יָכוֹל וְאִם תֹּאמַר וְלַיְּתֵי עֲשֵׂה דְּפָרוֹ וְרַבּוֹ (בְּרֵאשִׁית ט) וְיִדְחֶה לָאו דְּלָא יִהְיֶה קֹדֶשׁ (דְּבָרִים כ״ג:י״ח) וְי"ל מִשּׁוּם דִּידָּה דְּלֵיכָּא עֲשֵׂה דְּאֶפְשָׁר לָהּ בְּעֶבֶד וְעוֹד דְּבִתְחִלַּת בִּיאָה מִיעְקָר לָאו וְלָא מִיֵּקִיִּים עֲשֵׂה אֶלָּא בְּהוֹצָאַת זֶרַע וא"ת וְיִמְכֹּור עַצְמוֹ בְּעֶבֶד עִבְרִי וְיִהְיֶה מֻותָּר בְּשִׁפְחָה וי"ל בִּזְמַן שֶׁאֵין הַיּוֹבֵל נוֹהֵג דְּאָז נָמֵי אֵינוֹ נוֹהֵג עֶבֶד עִבְרִי וְעוֹד אוֹמֵר רִ"י דְּאָסוּר לִמְכֹּור עַצְמוֹ בְּעֶבֶד עִבְרִי כִּדְאָמְרִי' בפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף כב:) וא"ת יִשָּׂא חֶצְיָהּ שִׁפְחָה וְחֶצְיָהּ בַּת חוֹרִין וי"ל דְּאָתֵי צַד עַבְדוּת וּמִשְׁתַּמֵּשׁ בְּצַד חֵירוּת וְאִם תֹּאמַר וְיִשָּׂא מַמְזֶרֶת דְּמַמְזֵר מֻותָּר בְּשִׁפְחָה דִּבְפֶרֶק הָאוֹמֵר (שָׁם דַּף סט.) אָמַר רַבִּי טַרְפוֹן יְכוֹלִים מַמְזֵרִים לִיטָּהֵר כֵּיצַד מַמְזֵר נוֹשֵׂא שִׁפְחָה וּמֻותָּר נָמֵי בְּצַד חֵירוּת דַּחֲרוּרֵי וּמַמְזֵירֵי מֻותָּרִים לָבֹא זֶה בָּזֶה וְי"ל אִי חֶצְיוֹ עֶבֶד קִדּוּשִׁין תּוֹפְסִין אָתֵי צַד עַבְדוּת וּמִשְׁתַּמֵּשׁ בְּצַד אֵשֶׁת אִישׁ וְאִי לָא תָּפְסִי אִם כֵּן בְּעִילָתוֹ בְּעִילַת זְנוּת וּבְהַשּׁוֹלֵחַ (גִּיטִּין מג.) מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי תָּפְסִי אִי לֹא וְעוֹד אור"ת דְּאֵין תַּקָּנָה לְהַרְבּוֹת מַמְזֵרִין וְאִם תֹּאמַר וְיִשָּׂא נְתִינָה דַּחֲרוּרֵי וּנְתִינֵי מֻותָּרִים לָבֹא זֶה בָּזֶה וי"ל דְּאַף עַל גַּב דְּמַמְזֵר מֻותָּר בְּשִׁפְחָה נָתִין אֶפְשָׁר דְּאָסוּר בָּהּ דְּקֹדֶשׁ וְעוֹמֵד הוּא הַמַּמְזֵר שֶׁנּוֹצַר מֵאִיסּוּר דְּלָא תָּפְסִי קִדּוּשִׁין וּלְכָךְ מֻותָּר בְּלָאו דְּלָא יִהְיֶה קָדֵשׁ וְהָא דְּאָמְרִינַן בְּיֵשׁ מֻותָּרוֹת (יְבָמוֹת דַּף פֹּה:) דְּמַמְזֶרֶת וּנְתִינָה מַרְגְּלָא לֵיהּ לְפִי שֶׁיָּכוֹל לְהַכְשִׁיר זַרְעוֹ שֶׁיִּשָּׂא בְּנוֹ שִׁפְחָה וְאַף עַל גַּב דְּנָתִין אָסוּר בְּשִׁפְחָה הַאי גַּבְרָא לֹא אִכְפַּת לֵיהּ בְּאִיסּוּר דְּהָא קָא נָסֵיב נְתִינָה:
Et si tu dis : que vienne le commandement positif de croître et multiplier (Beréchit 9) et qu'il repousse l'interdit de "il n'y aura pas de kadesh" (Devarim 23:18). On peut répondre : à cause d'elle, car il n'y a pas de commandement positif, puisqu'il lui est possible d'être avec un esclave. De plus, au début de l'union l'interdit est déjà transgressé, et le commandement positif ne s'accomplit qu'à l'émission de la semence. Et si tu dis : qu'il se vende comme eved ivri (esclave hébreu), et il sera permis avec une servante. On peut répondre : à une époque où le yovel (jubilé) n'est pas en vigueur, l'eved ivri ne l'est pas non plus. De plus, Rabbi Yitzhak dit qu'il est interdit de se vendre comme eved ivri, comme nous le disons au premier chapitre de Kiddouchin (22b). Et si tu dis : qu'il épouse une femme moitié servante et moitié libre. On peut répondre : le côté esclave viendrait user du côté libre. Et si tu dis : qu'il épouse une mamzeret, car un mamzer est permis avec une servante. Au chapitre Ha-omer (Kiddouchin 69a), Rabbi Tarfon dit : les mamzerim peuvent se purifier. Comment ? Un mamzer épouse une servante. Et il est permis aussi du côté de la liberté, car les affranchis et les mamzerim peuvent s'unir entre eux. On peut répondre : si, pour sa moitié esclave, les kiddouchin (fiançailles) prennent effet, le côté esclave viendrait user du côté d'une femme mariée. Et s'ils ne prennent pas effet, son union est une union de zenout (union hors mariage). Dans Ha-choleah (Guitin 43a), on doute s'ils prennent effet ou non. De plus, Rabbeinou Tam dit : il n'y a pas de remède qui consiste à multiplier les mamzerim. Et si tu dis : qu'il épouse une netina, car les affranchis et les netinim peuvent s'unir entre eux. On peut répondre : bien qu'un mamzer soit permis avec une servante, un natin est peut-être interdit avec elle, car il se tient déjà comme consacré (kadoch ve-omed). Le mamzer a été formé d'un interdit où les kiddouchin ne prennent pas effet, et c'est pourquoi il est permis à l'égard de l'interdit de "il n'y aura pas de kadesh". Et ce que nous disons dans Yech moutarot (Yevamot 85b) : une mamzeret et une netina lui sont chose courante, parce qu'il peut rendre sa descendance apte, son fils épousant une servante. Bien qu'un natin soit interdit avec une servante, cet homme ne se soucie pas de l'interdit, puisqu'il épouse lui-même une netina.
כּוֹפִין אֶת רַבּוֹ בְּחֶצְיָהּ שִׁפְחָה אֵין כּוֹפִין אֶת רַבָּה אֶלָּא הֵיכָא דְּנָהֲגוּ בָּהּ מִנְהַג הֶפְקֵר הַיְינוּ מִשּׁוּם דִּכְשֶׁיְּשַׁחְרְרָהּ שֶׁמָּא לֹא תְּקַיֵּים כֵּיוָן דְּלָא מִיחַייְּבָה וא"ת אַמַּאי כּוֹפִין וְכִי אוֹמֵר לוֹ לְאָדָם חֲטָא בִּשְׁבִיל שֶׁיִּזְכֶּה חֲבֵירוֹ דְּהַמְשַׁחְרֵר עַבְדּוֹ עוֹבֵר בַּעֲשֵׂה וי"ל מִצְוָה רַבָּה שָׁאנֵי דְּלֹא תֹהוּ בְּרָאָהּ לָשֶׁבֶת יְצָרָהּ כְּדִמְשַׁנֵּי (בְּרָכוֹת דַּף מז:) גַּבֵּי ר"א שֶׁשִּׁיחְרֵר עַבְדּוֹ מִצְוָה דְּרַבִּים שָׁאנֵי:
Pour une femme moitié servante, on ne contraint son maître que là où l'on a eu avec elle une conduite de hefker (disponibilité). C'est que, une fois affranchie, elle n'accomplira peut-être pas [la procréation], puisqu'elle n'y est pas tenue. Et si tu dis : pourquoi contraint-on ? Dit-on à un homme : commets une faute, pour que ton prochain y gagne ? Car celui qui affranchit son esclave transgresse un commandement positif. On peut répondre : une grande mitsva est à part, "Il ne l'a pas créée pour le vide, Il l'a formée pour être habitée", comme on répond (Berakhot 47b) au sujet de Rabbi Eliezer qui a affranchi son esclave : une mitsva de la collectivité est à part.
💡 Explication

Beit Shammaï parle à Beit Hillel de l'esclave affranchi pour moitié. Le maître reçoit ce qui lui revient. L'esclave, lui, n'a pas de femme possible : le côté libre est interdit à une servante (lo yihyeh kadesh), le côté esclave est interdit à une femme libre.

Le laisser inactif annulerait la peria ou-revia, fin pour laquelle le monde a été formé (Yeshaya 45:18). Le tikkun ha-olam impose donc d'affranchir, et l'esclave signe un acte pour la moitié de sa valeur.

Tossefot écarte les autres issues : eved ivri, femme moitié servante, mamzeret, netina. Contraindre le maître, qui transgresse un commandement positif en affranchissant, tient à une mitsva de la collectivité.

🖼️ Schéma
Esclave affranchi pour moitié : qui peut-il épouser ? Beit Shammaï. Le maître ne perd rien. L'esclave, lui, reste sans mariage. Servante Moitié déjà affranchie Interdit au côté libre lo yihyeh kadesh Impossible Femme libre Moitié encore esclave Un esclave n'épouse pas une femme libre Impossible Rester inactif Sans femme, sans enfant Le monde a été créé pour être habité Yeshaya 45:18 Tikkun ha-olam : on contraint le maître Il l'affranchit. L'esclave rédige un acte pour la moitié de sa valeur. Beit Hillel revient enseigner comme Beit Shammaï. Affranchir transgresse un commandement positif. Ici, une mitsva de la collectivité. Berakhot 47b : Rabbi Eliezer a affranchi son esclave pour la même raison. Pour une moitié servante, on ne contraint que si l'on a eu avec elle une conduite de hefker.
Les deux mariages sont fermés. Le remède est l'affranchissement.
2
וְחָזְרוּ בֵּית הִילֵּל לְהוֹרוֹת כְּבֵית שַׁמַּאי.

Et Beit Hillel revinrent enseigner comme Beit Shammaï.

💡 Explication

Fin de la michna. Beit Hillel retire son avis et retient celui de Beit Shammaï : on contraint le maître, et l'esclave à moitié affranchi devient entièrement libre.

3
מַתְנִי׳ הָאוֹמֵר לְעַבְדּוֹ צֵא וּשְׁחֹוט עָלַי אֶת הַפֶּסַח, שָׁחַט גְּדִי — יֹאכַל, שָׁחַט טָלֶה — יֹאכַל, שָׁחַט גְּדִי וְטָלֶה — יֹאכַל מִן הָרִאשׁוֹן.

Michna. Celui qui dit à son esclave : Sors et abats pour moi le Pessa'h.

S'il a abattu un chevreau, il en mange. S'il a abattu un agneau, il en mange.

S'il a abattu un chevreau et un agneau, il mange du premier.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' שָׁחַט גְּדִי יֹאכַל רַבּוֹ מִמֶּנּוּ ואע"ג דְּרָגִיל בָּטְלָה דְּכֵיוָן דְּלָא פָּרֵישׁ לֵיהּ עָלֶיהָ סָמַךְ:
Son maître en mange, même s'il a l'habitude de l'agneau, car, puisqu'il ne lui a pas précisé, il s'en est remis à lui.
יֹאכַל מִן הָרִאשׁוֹן וְהַשֵּׁנִי יִשָּׂרֵף:
Et le second sera brûlé.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le maître n'a pas nommé l'espèce. L'esclave abat un chevreau (gdi) ou un agneau (tale) : le maître mange de celui-là. S'il abat les deux, seul le premier abattu se mange. L'autre est brûlé.

עלי, "pour moi", inscrit le maître sur le Pessa'h. Rachi : l'habitude d'une espèce ne vaut pas une précision. Le maître s'en est remis à l'esclave.

4
שָׁכַח מֶה אָמַר לוֹ רַבּוֹ, כֵּיצַד יַעֲשֶׂה? יִשְׁחַט טָלֶה וּגְדִי, וְיֹאמַר: אִם גְּדִי אֲמַר לִי רַבִּי — גְּדִי שֶׁלּוֹ וְטָלֶה שֶׁלִּי, וְאִם טָלֶה אֲמַר לִי רַבִּי — הַטָּלֶה שֶׁלּוֹ וּגְדִי שֶׁלִּי.

S'il a oublié ce que son maître lui a dit, que fera-t-il ? Il abattra un agneau et un chevreau, et il dira : si mon maître m'a dit un chevreau, le chevreau est à lui et l'agneau est à moi ; et si mon maître m'a dit un agneau, l'agneau est à lui et le chevreau est à moi.

📜 Rachi (2)
שָׁכַח מֶה אָמַר לוֹ רַבּוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ לוֹ גְּדִי אוֹ טָלֶה וְזֶה שָׁכַח:
Le maître lui avait précisé chevreau ou agneau, et lui a oublié.
וְטָלֶה שֶׁלִּי וּבַגְּמָרָא פָּרִיךְ מַה שֶּׁקָּנָה עֶבֶד קָנָה רַבּוֹ וּמְנָא לֵיהּ לְדִידֵיהּ:
Et dans la Guemara on objecte : ce qu'un esclave acquiert, son maître l'acquiert. D'où cela serait-il à lui ?
💡 Explication

Ici le maître avait précisé l'espèce, et l'esclave a oublié laquelle. Il abat les deux et pose une condition : l'espèce demandée est le Pessa'h du maître, l'autre est le sien.

Rachi annonce l'objection : un esclave n'acquiert pas pour lui-même. La formule "à moi" demande un montage, qu'Abaye donnera plus loin.

🖼️ Schéma
L'esclave envoyé abattre le Pessa'h Michna. Le maître dit : sors et abats pour moi le Pessa'h. Le maître a-t-il précisé l'espèce ? Non Chevreau : il mange Agneau : il mange Même s'il a l'habitude de l'autre espèce Les deux, sans précision Il mange du premier abattu Le second est brûlé Roi et reine : esprit léger Les autres : ni l'un ni l'autre Oui, puis oubli Il abat les deux et stipule L'espèce dite : au maître L'autre : à l'esclave Le maître oublie aussi On ne sait plus qui est inscrit sur quelle bête Les deux vont au lieu de crémation Oubli après la zerika : dispensés du Pessa'h sheni. Avant : tenus Comment l'esclave possède-t-il ? Ce qu'un esclave acquiert, son maître l'acquiert Abaye : un berger habituel lui cède une bête à condition que le maître n'y ait aucun droit
Trois cas de la michna : sans précision, les deux bêtes, ou oubli de l'espèce.
5
שָׁכַח רַבּוֹ מֶה אָמַר לוֹ, שְׁנֵיהֶן יֵצְאוּ לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה, וּפְטוּרִין מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי.

Si son maître a oublié ce qu'il lui a dit, tous deux sortent vers le lieu de la crémation, et ils sont dispensés de faire le Pessa'h sheni (second Pessa'h).

📜 Rachi (3)
שָׁכַח רַבּוֹ מֶה אָמַר לוֹ וְזֶה כְּבָר שָׁחַט הַשְּׁנַיִם:
Et celui-ci a déjà abattu les deux.
שְׁנֵיהֶם יֵצְאוּ לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה דְּלָא יְדִיעַ הֵי דְּהַאי וְהֵי דְּהַאי וְאֵין פֶּסַח נֶאֱכָל אֶלָּא לְמִנּוּיוֹ:
Car on ne sait pas lequel est à celui-ci et lequel est à celui-là, et le Pessa'h ne se mange que pour ses inscrits.
וּפְטוּרִין מִפֶּסַח שֵׁנִי דִּשְׁחִיטָה וּזְרִיקָה מְעַלַּיְיתָא הִיא חֲדָא אַהַאי וַחֲדָא אַדְּהַאי וְקַמֵּי שְׁמַיָּא גַּלְיָא:
Car l'abattage et l'aspersion sont valables, l'un pour celui-ci et l'un pour celui-là, et devant le Ciel c'est connu.
💡 Explication

Le maître oublie à son tour. On ne peut plus dire quelle bête est au maître et laquelle est à l'esclave. Le Pessa'h ne se mange que pour ses menouyim (inscrits). Les deux bêtes vont au beit ha-sereifa, le lieu où l'on brûle.

Ils restent dispensés du Pessa'h sheni : la chehita (abattage) et la zerika (aspersion) ont été valables, une pour chacun. Lequel est à qui est connu devant le Ciel.

6
גְּמ׳ פְּשִׁיטָא! שָׁחַט גְּדִי — יֹאכַל, אַף עַל גַּב דִּרְגִיל בְּטָלֶה. שָׁחַט טָלֶה — יֹאכַל, אַף עַל גַּב דִּרְגִיל בִּגְדִי.

Guemara. C'est évident !

S'il a abattu un chevreau, il en mange, bien qu'il ait l'habitude de l'agneau. S'il a abattu un agneau, il en mange, bien qu'il ait l'habitude du chevreau.

💡 Explication

Peshita : si le maître n'a rien précisé, il mange évidemment ce que l'esclave a abattu. L'enseignement est le af al gav : l'habitude d'une espèce ne le rend pas pointilleux. Tant qu'il n'a pas parlé, il s'en remet à l'esclave.

7
שָׁחַט גְּדִי וְטָלֶה — יֹאכַל מִן הָרִאשׁוֹן. וְהָא תַּנְיָא: אֵין נִמְנִין עַל שְׁנֵי פְסָחִים כְּאֶחָד!

S'il a abattu un chevreau et un agneau, il mange du premier. Or on a enseigné : on ne s'inscrit pas sur deux Pessa'h à la fois !

📜 Rachi (1)
גְּמ' וְהָתַנְיָא אֵין נִמְנִין עַל שְׁנֵי פְסָחִים כְּאֶחָד לֶאֱכֹול בִּשְׁעַת אֲכִילָה מא' מֵהֶם שֶׁיִּרְצֶה דְּאֵין בְּרֵירָה וְכִי בָּעֵי לְמֵיכַל דִּילְמָא בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה לָא הֲוָה דַּעְתֵּיהּ עָלֶיהָ הִלְכָּךְ לָא אָכִיל וְזֶה שֶׁהִמְנָה אֶת רַבּוֹ עַל שְׁנֵי פְּסָחִים וְרַבּוֹ סָמַךְ עָלָיו הֵיאַךְ יֹאכַל מִן הָרִאשׁוֹן:
Pour manger, au moment du repas, de celui des deux qu'il voudra, car il n'y a pas de berera (clarification rétroactive). Et quand il veut manger, peut-être qu'au moment de l'abattage son intention n'était pas sur celui-là. Il ne mange donc pas. Et celui-ci, qui a inscrit son maître sur deux Pessa'h, et dont le maître s'en est remis à lui : comment mangerait-il du premier ?
🗂️ Tossefot (1)
וְהָתַנְיָא אֵין נִמְנִין עַל שְׁנֵי פְסָחִים כְּאֶחָד פֵּירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס דְּבָרַייְתָא סָבְרָה דְּאֵין בְּרֵירָה וְלָא מָצֵי לְשַׁנּוֹיֵי דְּמַתְנִיתִין קָסָבַר דְּיֵשׁ בְּרֵירָה דְּאִם כֵּן הֲוָה לֵיהּ לְמִיתְנֵי מֵאֵיזֶה שֶׁיִּרְצֶה יֹאכַל וא"ת וְאַמַּאי לָא מְשַׁנֵּי דְּבָרַייְתָא קָתָנֵי כְּשֶׁנִּמְנֶה עַל ב' פְּסָחִים כא' וְהָתָם וַדַּאי לֹא יֹאכַל מִשְּׁנֵיהֶם אֲבָל מַתְנִיתִין כְּשֶׁהִמְנוּהוּ זֶה אַחַר זֶה דְּדַעְתּוֹ עַל הָרִאשׁוֹן וי"ל דְּמַתְנִי' קָאָמַר רִאשׁוֹן לִשְׁחִיטָה אע"פ שֶׁהִמְנָה עָלָיו לְבַסּוֹף:
Rachi explique que la baraïta tient qu'il n'y a pas de berera. On ne peut pas répondre que la michna tient qu'il y a berera : s'il en était ainsi, elle aurait dû enseigner qu'il mange de celui qu'il veut. Et si tu dis : pourquoi ne répond-on pas que la baraïta parle de celui qui a été inscrit sur deux Pessa'h en même temps, et que là, certes, il ne mange d'aucun des deux, tandis que la michna parle de celui qu'on a inscrit l'un après l'autre, son intention étant sur le premier ? On peut répondre : la michna dit "le premier" pour l'abattage, même si on l'a inscrit sur celui-là en dernier.
💡 Explication

Manger du premier suppose que le maître était inscrit sur les deux, au cas où l'un ou l'autre serait abattu d'abord. La baraïta l'interdit : ein nimnin al shnei pesahim ke-ehad, pas d'inscription sur deux Pessa'h à la fois.

Rachi : sans berera, on ne clarifie pas après coup sur quelle bête portait l'intention au moment de la chehita. Tossefot : "premier" vise l'ordre de l'abattage, même si l'inscription sur cette bête est venue en second.

8
מַתְנִיתִין בְּמֶלֶךְ וּמַלְכָּה.

La michna parle d'un roi et d'une reine.

🗂️ Tossefot (1)
בְּמֶלֶךְ וּמַלְכָּה שֶׁיֵּשׁ לָהֶם רֹוב מַעֲדַנִּים וְלָא קָפְדִי אִם גְּדִי וְאִם טָלֶה אִם שָׁמֵן אִם כָּחוּשׁ:
Qui ont quantité de mets délicats, et ne sont pas pointilleux : chevreau ou agneau, gras ou maigre.
💡 Explication

Réponse : la michna vise un roi et une reine, ou quiconque reçoit sa table de ses esclaves. Ils ne tiennent ni à l'espèce ni à la qualité. Leur intention va d'avance sur la bête abattue la première, et sur elle seule.

9
וְהָתַנְיָא: אֵין נִמְנִין עַל שְׁנֵי פְסָחִים כְּאֶחָד, וּמַעֲשֶׂה בְּמֶלֶךְ וּמַלְכָּה שֶׁאָמְרוּ לְעַבְדֵיהֶם: צְאוּ וְשַׁחֲטוּ עָלֵינוּ אֶת הַפֶּסַח, וְיָצְאוּ וְשָׁחֲטוּ עֲלֵיהֶן שְׁנֵי פְסָחִים. בָּאוּ וְשָׁאֲלוּ אֶת הַמֶּלֶךְ, אָמַר לָהֶם: לְכוּ וְשַׁאֲלוּ אֶת הַמַּלְכָּה. בָּאוּ וְשָׁאֲלוּ מִן הַמַּלְכָּה, אָמְרָה לָהֶם: לְכוּ וְשַׁאֲלוּ אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל.

Et on a enseigné : on ne s'inscrit pas sur deux Pessa'h à la fois. Et un fait : un roi et une reine dirent à leurs esclaves : Sortez et abattez pour nous le Pessa'h.

Ils sortirent et abattirent pour eux deux Pessa'h. Ils vinrent interroger le roi.

Il leur dit : Allez interroger la reine. Ils vinrent interroger la reine.

Elle leur dit : Allez interroger Rabban Gamliel.

📜 Rachi (4)
בְּמֶלֶךְ וּמַלְכָּה שֶׁתְּלוּיִין עַל עַבְדֵיהֶן וְאֵין מַקְפִּידִין עַל סְעֻודָּתָן אִם גְּדָיִים אִם טְלָאִים הִלְכָּךְ אֵין כָּאן דִּין בְּרֵירָה דְּתַרְוַוייְהוּ נִיחָא לֵיהּ לְפִיכָךְ יֹאכַל מִן הָרִאשׁוֹן דְּכֵיוָן דְּלֵיכָּא קְפִידָא יָצָא בָּרִאשׁוֹן יְדֵי חוֹבָתוֹ וְאִידָךְ בִּכְדִי נִשְׁחַט:
Qui dépendent de leurs esclaves et ne sont pas pointilleux sur leur repas, chevreaux ou agneaux. Il n'y a donc pas ici de règle de berera, car les deux lui conviennent. C'est pourquoi il mange du premier : puisqu'il n'y a pas d'exigence particulière, il s'est acquitté avec le premier, et l'autre a été abattu pour rien.
ה"ג וְהָתַנְיָא אֵין נִמְנִין עַל שְׁנֵי פְסָחִים כְּאֶחָד וּמַעֲשֶׂה בְּמֶלֶךְ וּמַלְכָּה כו':
Notre version se lit ainsi : Et on a enseigné : on ne s'inscrit pas sur deux Pessa'h à la fois, et un fait concernant un roi et une reine, etc.
שְׁנֵי פְּסָחִים גְּדִי וְטָלֶה:
Un chevreau et un agneau.
לְכוּ וְשַׁאֲלוּ אֶת הַמַּלְכָּה בְּקִיאָה וְחָכְמָה הָיְתָה:
Elle était experte et sage.
💡 Explication

La baraïta répète l'interdit de la double inscription, puis raconte le roi et la reine pour qui les esclaves ont abattu deux Pessa'h. Le roi renvoie à la reine, la reine à Rabban Gamliel.

Rachi fixe la leçon du texte, et glose : la reine était versée dans la halakha. Pour eux, les deux bêtes conviennent. L'acquittement se fait sur la première. La seconde a été abattue pour rien.

10
בָּאוּ וְשָׁאֲלוּ אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל, אָמַר לָהֶם: מַלְכָּה וּמֶלֶךְ דְּדַעְתָּן קַלָּה עֲלֵיהֶן — יֹאכְלוּ מִן הָרִאשׁוֹן. אֲנַן לֹא נֹאכַל לֹא מִן הָרִאשׁוֹן וְלֹא מִן הַשֵּׁנִי.

Ils vinrent interroger Rabban Gamliel. Il leur dit : une reine et un roi, dont l'esprit est léger à leur égard, mangeront du premier.

Nous, nous ne mangerons ni du premier ni du second.

📜 Rachi (2)
שֶׁדַּעְתָּן קַלָּה כְּדַאֲמָרָן שֶׁאֵין מַקְפִּידִין אִם גְּדִי אִם טָלֶה:
Comme nous l'avons dit : ils ne sont pas pointilleux, chevreau ou agneau.
אָנוּ לֹא נֹאכַל אִם הָיָה אֶחָד מִמֶּנּוּ שֶׁנִּשְׁחֲטוּ עָלָיו גְּדִי וְטָלֶה לֹא יֹאכַל לֹא מִן הָרִאשׁוֹן וְלֹא מִן הַשֵּׁנִי דְּכֵיוָן דְּקָפֵיד לָא יְדִיעַ בְּהֵי נִיחָא לֵיהּ:
S'il y avait l'un d'entre nous pour qui l'on aurait abattu un chevreau et un agneau, il ne mangerait ni du premier ni du second, car, puisqu'il est pointilleux, on ne sait pas lequel lui convient.
💡 Explication

Daatan kala : l'esprit du roi et de la reine est souple. Ils mangent du premier abattu. Pour les autres, pointilleux sur ce qu'on leur sert, aucune des deux bêtes n'est mangeable : on ne sait pas laquelle avait leur agrément au moment de la chehita.

11
וְשׁוּב פַּעַם אַחַת נִמְצֵאת הַלְטָאָה בְּבֵית הַמִּטְבָּחַיִם וּבִקְּשׁוּ לְטַמֵּא כָּל הַסְּעוּדָה כֻּולָּהּ. בָּאוּ וְשָׁאֲלוּ אֶת הַמֶּלֶךְ, אָמַר לָהֶם: לְכוּ וְשַׁאֲלוּ אֶת הַמַּלְכָּה. בָּאוּ וְשָׁאֲלוּ אֶת הַמַּלְכָּה, אָמְרָה לָהֶם: לְכוּ וְשַׁאֲלוּ אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל.

Et une autre fois, on trouva le lézard dans la cuisine, et ils voulurent déclarer impur tout le repas. Ils vinrent interroger le roi.

Il leur dit : Allez interroger la reine. Ils vinrent interroger la reine.

Elle leur dit : Allez interroger Rabban Gamliel.

📜 Rachi (1)
הַלְּטָאָה אֶחָד מִשְּׁמֹנָה שְׁרָצִים הַמְטַמְּאִין בְּמַגָּעָן וּבִיקְּשׁוּ לְטַמֵּא שֶׁהָיוּ סְבוּרִים שֶׁמֵּתָה:
L'un des huit reptiles qui rendent impur par leur contact. Ils voulurent déclarer l'impureté, car ils pensaient qu'il était mort.
💡 Explication

Second récit, même chaîne : le roi, la reine, Rabban Gamliel. Une letaah (lézard) est l'un des shemoneh sheratzim, les huit reptiles de Vayikra 11. Mort, il rend impur par le contact. On croit le repas entier tame.

12
בָּאוּ וְשָׁאֲלוּ אוֹתוֹ, אָמַר לָהֶם: בֵּית הַמִּטְבָּחַיִם רוֹתֵחַ אוֹ צוֹנֵן? אָמְרוּ לוֹ: רוֹתֵחַ. אָמַר לָהֶם: לְכוּ וְהָטִילוּ עָלֶיהָ כּוֹס שֶׁל צוֹנֵן. הָלְכוּ וְהֵטִילוּ עָלֶיהָ כּוֹס שֶׁל צוֹנֵן וְרִיחֲשָׁה, וְטִהֵר רַבָּן גַּמְלִיאֵל כָּל הַסְּעוּדָה כֻּולָּהּ.

Ils vinrent l'interroger. Il leur dit : La cuisine est-elle brûlante ou froide ?

Ils lui dirent : Brûlante. Il leur dit : Allez et versez sur lui une coupe de froid.

Ils allèrent, versèrent sur lui une coupe de froid, et il frémit. Rabban Gamliel déclara pur tout le repas.

📜 Rachi (2)
בֵּית הַמִּטְבָּחַיִם רוֹתֵחַ אוֹ צוֹנֵן כְּלוֹמַר נִמְצֵאת בְּרוֹתְחִין אוֹ בְּצוֹנֵן:
C'est-à-dire : a-t-il été trouvé dans du brûlant ou dans du froid ?
וְרִיחֲשָׁה וּפִירְכְּסָה וְגַבֵּי טֻומְאָה בְּמוֹתָם כְּתִיב:
Il eut un soubresaut. Et au sujet de l'impureté, il est écrit : à leur mort.
💡 Explication

La chaleur avait figé le lézard. Rabban Gamliel fait verser du froid : le rihoush, le frémissement, montre qu'il vit. La touma des sheratzim dépend de be-motam, "à leur mort". Vivant, il ne rend pas impur. Tout le repas est tahor.

🖼️ Schéma
Le lézard dans la cuisine du roi Lézard Un des huit sheratzim → Cuisine brûlante On le croit mort Tout le repas, impur ? → Coupe de froid Versée sur lui Il frémit → Vivant : pas de touma. Rabban Gamliel déclare tout le repas pur L'impureté des sheratzim est écrite à leur mort. Un soubresaut prouve qu'il vit.
Le froid réveille un frémissement : le lézard vit, le repas reste pur.
13
נִמְצָא מֶלֶךְ תָּלוּי בַּמַּלְכָּה, וְנִמְצֵאתָ מַלְכָּה תְּלוּיָה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל, נִמְצֵאת כָּל הַסְּעוּדָה תְּלוּיָה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל.

Il se trouve que le roi dépend de la reine, que la reine dépend de Rabban Gamliel, et que tout le repas dépend de Rabban Gamliel.

🪔 Ben Yehoyada (1)
נִמְצָא מֶלֶךְ תָּלוּי בַּמַּלְכָּה, וְהַמַּלְכָּה תְּלוּיָה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל. יֵשׁ לְהַקְשׁוֹת מַאי קָא מַשְׁמַע לַן בָּזֶה וַהֲלֹא דְּבָרִים אֵלּוּ הֵם פְּשׁוּטִים וְכָל אֶחָד יֹאמַר וְיַסְבִּיר אוֹתָם מִדַּעְתּוֹ? וְנִרְאֶה לִי בס"ד רָמְזוּ לְפִי דַּרְכָּם דָּבָר נִסְתָּר לוֹמַר הַמֶּלֶךְ מְקַבֵּל שֶׁפַע מַלְכוּתוֹ מִן הַמַּלְכָּה הָעֶלְיוֹנָה הִיא מִדַּת הַמַּלְכוּת שֶׁהִיא סְפִירָה הָעֲשִׂירִית, וְהַמַּלְכָּה הִיא מַלְכוּת הָעֶלְיוֹנָה תְּלוּיָה בְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל רֶמֶז לְתִפְאֶרֶת. אוֹ יוּבָן בס"ד דְּאָמְרוּ רַבּוֹתֵינוּ זַ"ל (בָּבָא מְצִיעָא נט.) אֵין הַבְּרָכָה מְצוּיָה אֶלָּא בַּעֲבוּר אִשְׁתּוֹ שֶׁל אָדָם וּבָא לְלַמְּדֵינוּ לְפִי דַּרְכּוֹ דַּאֲפִילּוּ גַּבֵּי מֶלֶךְ אָמְרוּ כֵּן שֶׁהוּא תָּלוּי בְּאִשְׁתּוֹ. דַּף פ"ב ע"ב
"Il se trouve que le roi dépend de la reine, et la reine dépend de Rabban Gamliel." On peut objecter : qu'est-ce que cela nous apprend ? Ces choses sont simples, et chacun peut les dire et les expliquer de lui-même. Il me semble, avec l'aide du Ciel, qu'ils ont, selon leur manière, visé une chose cachée : le roi reçoit le shefa (flux) de sa royauté de la reine d'en haut, la mida de Malkhout, qui est la dixième sefira. Et la reine, la Malkhout d'en haut, dépend de Rabban Gamliel, allusion à Tiferet. Ou bien l'on comprendra, avec l'aide du Ciel, ce que nos maîtres ont dit (Baba Metzia 59a) : la bénédiction ne se trouve qu'à cause de l'épouse d'un homme. Il vient nous apprendre, selon sa manière, que même d'un roi ils ont dit cela : il dépend de son épouse. Feuillet 82b.
💡 Explication

La Guemara relève la chaîne : le roi s'en remet à la reine, la reine à Rabban Gamliel, et le repas entier dépend de son avis.

Le Ben Yehoyada donne deux lectures. L'une est de sod : le roi d'en bas reçoit son shefa de Malkhout, et Malkhout dépend de Tiferet, visée par Rabban Gamliel. L'autre suit Baba Metzia 59a : la bénédiction vient par l'épouse, et cela vaut aussi pour un roi.

14
שָׁכַח מַה שֶּׁאָמַר לוֹ רַבּוֹ וְכוּ׳. שֶׁלִּי?! מַה שֶּׁקָּנָה עֶבֶד קָנָה רַבּוֹ!

Il a oublié ce que son maître lui a dit, etc. "À moi" ?!

Ce qu'un esclave acquiert, son maître l'acquiert !

💡 Explication

Retour à la stipulation de la michna : "l'agneau est à moi". Règle de Kiddouchin : ma she-kana eved kana rabbo. L'esclave n'a pas de patrimoine distinct. La bête qu'il recevrait appartient au maître, et la condition ne tient pas.

15
אָמַר אַבַּיֵּי: הוֹלֵךְ אֵצֶל רוֹעֶה הָרָגִיל רַבּוֹ אֶצְלוֹ, דְּנִיחָא לֵיהּ בְּתַקַּנְתָּא דְרַבֵּיהּ, וּמַקְנֵי לֵיהּ חַד מִינַּייְהוּ עַל מְנָת שֶׁאֵין לְרַבּוֹ רְשׁוּת בּוֹ.

Abaye dit : il va chez un berger dont son maître a l'habitude, car il lui agrée de trouver un remède pour son maître, et il lui cède l'une d'elles à condition que son maître n'y ait aucun droit.

📜 Rachi (1)
בְּתַקַּנְתָּא דְּרַבֵּיהּ שֶׁאֵין לוֹ תַּקָּנָה אַחֶרֶת דְּהָא לָא מָצֵי לְמֵימַר גְּדִי שֶׁלִּי וְטָלֶה שְׁלָמִים וְאִם טָלֶה אֲמַר לִי רַבִּי טָלֶה שֶׁלִּי וּגְדִי שְׁלָמִים כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן (שֶׁמְּמַעֵט בַּאֲכִילָתוֹ דְּקָא אָכִיל לְתַרְוַוייְהוּ בְּאוֹתוֹ הַלַּיְלָה מִשּׁוּם סָפֵק פֶּסַח וְחַד מִינַּייְהוּ שְׁלָמִים הוּא):
Car il n'a pas d'autre remède. En effet il ne peut pas dire : le chevreau est à moi et l'agneau est un shelamim ; et si mon maître m'a dit un agneau, l'agneau est à moi et le chevreau est un shelamim, comme on l'explique plus loin (car cela diminue sa consommation : il mange les deux cette nuit-là à cause du doute sur le Pessa'h, et l'un des deux est un shelamim).
🗂️ Tossefot (1)
עַל מְנָת שֶׁאֵין לְרַבּוֹ רְשׁוּת בּוֹ וּלְמַאן דְּאָמַר בפ"ק דְּקִדּוּשִׁין (דַּף כג:) דְּקָנֵי רַבֵּיהּ עַד שֶׁיִּתֵּן עַל מְנָת שֶׁיֵּצֵא בּוֹ לְחֵירוּת ה"נ יְפָרֵשׁ שֶׁיִּתֵּן לוֹ שֶׁיֵּצֵא בּוֹ חוֹבַת פֶּסַח:
Et selon celui qui dit, au premier chapitre de Kiddouchin (23b), que son maître acquiert jusqu'à ce qu'on donne à condition qu'il en sorte vers la liberté, ici aussi l'on expliquera qu'il le lui donne pour qu'il s'en acquitte de l'obligation du Pessa'h.
💡 Explication

Abaye : l'esclave va chez un berger habituel du maître. Ce berger veut un tikkun pour son client. Il cède une bête à l'esclave al menat she-ein le-rabbo reshut bo : à condition que le maître n'y ait aucun droit. L'esclave peut alors tenir la stipulation de la michna.

Rachi écarte l'autre formule, chevreau en Pessa'h et agneau en shelamim : le doute obligerait à manger les deux la même nuit, et l'un est un shelamim. Tossefot aligne la condition sur Kiddouchin 23b : selon l'avis strict, le contournement doit viser l'usage même, ici l'acquittement du Pessa'h.

16
שָׁכַח רַבּוֹ מַה שֶּׁאָמַר לוֹ וְכוּ׳. אָמַר אַבַּיֵּי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁשָּׁכַח אַחַר זְרִיקָה, דִּבְעִידָּנָא דְּאִיזָּרֵיק דָּם — הֲוָה חֲזִי לַאֲכִילָה. אֲבָל שָׁכַח לִפְנֵי זְרִיקָה, דְּכִי אִיזְּרִיק דָּם לָא הֲוָה חֲזֵי לַאֲכִילָה — חַיָּיבִין לַעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי.

Son maître a oublié ce qu'il lui a dit, etc. Abaye dit : on n'a enseigné cela que s'il a oublié après l'aspersion, car au moment où le sang a été aspergé, il était apte à être mangé.

Mais s'il a oublié avant l'aspersion, de sorte qu'au moment où le sang a été aspergé il n'était pas apte à être mangé, ils sont tenus de faire le Pessa'h sheni.

📜 Rachi (2)
לֹא שָׁנוּ דְּנִפְטְרוּ מִפֶּסַח שֵׁנִי אֶלָּא שֶׁשָּׁכַח רַבּוֹ לְאַחַר זְרִיקַת שְׁנֵי הַדָּמִים מֶה אָמַר לוֹ אֲבָל בִּשְׁעַת זְרִיקָה עֲדַיִין הוּא זָכוּר וְהָיָה אֶפְשָׁר לְבָרֵר אֵיזֶה שֶׁל רַב וְאֵיזֶה שֶׁל עֶבֶד דְּכִי אִיזְדְּרִיק דָּם לְשֵׁם אֲכִילָה אִיזְדְּרִיק דְּהָא יְדִיעִי מְנוּיָיו דִּידֵיהּ:
Qu'ils sont dispensés du second Pessa'h, seulement si son maître a oublié, après l'aspersion des deux sangs, ce qu'il lui avait dit. Mais au moment de l'aspersion il s'en souvenait encore, et l'on pouvait clarifier lequel est au maître et lequel est à l'esclave. Car lorsque le sang a été aspergé, il l'a été en vue de la consommation, puisque ses inscrits étaient connus.
[חַייָּבִין דְּכִי אִיזְדְּרִיק לֹא לַאֲכִילַת בָּשָׂר אִיזְדְּרִיק דְּהָא לָא יְדִיעִי מְנוּיָיו דִּידֵיהּ]:
Car lorsqu'il a été aspergé, il ne l'a pas été en vue de la consommation de la viande, puisque ses inscrits n'étaient pas connus.
💡 Explication

La michna dispense du Pessa'h sheni quand le maître a aussi oublié. Abaye limite : l'oubli doit suivre la zerika. À l'instant du sang, les menouyim étaient encore connus, et chaque bête était hazya le-akhila, apte à être mangée.

Si l'oubli précède la zerika, le sang est jeté sur une bête dont on ne sait plus pour qui elle est. Elle n'est pas apte à être mangée. Maître et esclave doivent le Pessa'h sheni.

🖼️ Schéma
Abaye : l'oubli compte au moment de la zerika Oubli après l'aspersion Au jet du sang, il savait encore quelle bête est à qui Le sang visait une viande mangeable Dispensés du Pessa'h sheni Oubli avant l'aspersion Quand le sang est jeté, les inscrits ne sont plus connus La bête n'est pas apte à être mangée Tenus au Pessa'h sheni
La dispense dépend de ce que l'on savait au moment de l'aspersion du sang.
17
אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַבָּרַייְתָא: חֲמִשָּׁה שֶׁנִּתְעָרְבוּ עוֹרוֹת פִּסְחֵיהֶן זֶה בָּזֶה, וְנִמְצֵאת יַבֶּלֶת בְּאֶחָד מֵהֶן — כֻּולָּן יוֹצְאִין לְבֵית הַשְּׂרֵיפָה, וּפְטוּרִין מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי.

Certains l'enseignent à propos d'une baraïta. Cinq personnes dont les peaux de leurs Pessa'h se sont mélangées, et l'on a trouvé une verrue sur l'une d'elles : toutes sortent vers le lieu de la crémation, et elles sont dispensées de faire le Pessa'h sheni.

📜 Rachi (3)
יַבֶּלֶת מוּם לִפְסֹול:
Un défaut qui invalide.
בְּאֶחָד מֵהֶם בְּאֶחָד הָעוֹרוֹת וְאֵין יָדוּעַ מֵאֵיזֶה פֶּסַח הָיָה עוֹר זֶה וְאוֹתוֹ הַפֶּסַח פָּסוּל הוּא:
Sur l'une des peaux, et l'on ne sait pas de quel Pessa'h était cette peau. Et ce Pessa'h est invalide.
וּפְטוּרִין מִפֶּסַח שֵׁנִי וּלְקַמָּן פָּרִיךְ וְהָא אִיכָּא חַד דְּלָא נָפֵק:
Et plus loin on objecte : il y en a bien un qui ne s'est pas acquitté.
💡 Explication

Autre cadre pour la phrase d'Abaye. Cinq Pessa'h, les peaux mêlées, une yabelet (verrue) sur l'une : c'est un moum qui rend le korban passoul. Impossible de savoir quelle viande vient de cette peau. Les cinq vont au lieu de la crémation. La baraïta les dispense pourtant du Pessa'h sheni.

18
אָמַר אַבַּיֵּי: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁנִּתְעָרְבוּ לְאַחַר זְרִיקָה, דִּבְעִידָּנָא דְּאִיזְּרִיק דָּם מִיהָא הֲוָה חֲזֵי לַאֲכִילָה. אֲבָל נִתְעָרְבוּ לִפְנֵי זְרִיקָה — חַיָּיבִין לַעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי.

Abaye dit : on n'a enseigné cela que s'ils se sont mélangés après l'aspersion, car au moment où le sang a été aspergé, il était en tout cas apte à être mangé. Mais s'ils se sont mélangés avant l'aspersion, ils sont tenus de faire le Pessa'h sheni.

📜 Rachi (1)
אָמַר אַבַּיֵּי לֹא שָׁנוּ דִּפְטוּרִין:
Qu'ils sont dispensés.
💡 Explication

Même partage, sur la baraïta. Mélange après la zerika : au jet du sang, chaque bête intacte était encore identifiable et apte. Mélange avant : chacune peut être celle de la verrue. Aucune zerika n'est sûre. Les cinq doivent le Pessa'h sheni.

🖼️ Schéma
Cinq Pessa'h dont les peaux se mêlent Une verrue, moum qui invalide, sur l'une des peaux. On ne sait plus laquelle. Les cinq viandes vont au lieu de la crémation Dispense du Pessa'h sheni seulement si le mélange suit la zerika Chacun son Pessa'h Quatre sont déjà quittes Leur bête resterait houlin Houlin dans l'azara Un seul pour les cinq Les quatre déjà quittes ne comptent plus comme inscrits Mangé hors menouyim Stipulation Si le mien avait le moum : celui-ci est un Pessa'h Si le mien était intact : celui-ci est un shelamim Mélange après la zerika Au moment du sang, la bête était apte à être mangée Dispensés du Pessa'h sheni Mélange avant la zerika Quand le sang est aspergé, aucune n'est sûrement apte Tenus au Pessa'h sheni
Verrue sur une peau, puis les trois issues que la Guemara examine.
19
מַאן דְּמַתְנֵי אַמַּתְנִיתִין, כָּל שֶׁכֵּן אַבָּרַיְיתָא. מַאן דְּמַתְנֵי אַבָּרַייְתָא, אֲבָל אַמַּתְנִיתִין לֹא. כֵּיוָן דִּכְשֵׁירִין נִינְהוּ, דְּאִי אִידְּכַר הֲוֵי חֲזֵי לַאֲכִילָה, קַמֵּי שְׁמַיָּא גַּלְיָא.

Celui qui l'enseigne sur la michna, à plus forte raison sur la baraïta. Celui qui l'enseigne sur la baraïta, mais sur la michna, non.

Puisqu'ils sont valides : si l'on se souvenait, il serait apte à être mangé, et devant le Ciel c'est connu.

📜 Rachi (1)
הָוֵי חָזֵי אַרְבָּעָה הַכְּשֵׁירִין לַאֲכִילָה הִלְכָּךְ הָאַרְבָּעָה יָצְאוּ וְהַחֲמִישִׁי פָּטוּר מִשּׁוּם דְּלָא יְדִיעַ מַנּוּ דְּלַיְיתֵי וְלָא אֶפְשָׁר לְאֵיתוֹיֵי חֻולִּין לָעֲזָרָה כְּדִלְקַמֵּיהּ:
Les quatre valides sont aptes à être mangés. Les quatre se sont donc acquittés, et le cinquième est dispensé parce que l'on ne sait pas qui il est pour qu'il apporte, et il n'est pas possible d'apporter du profane dans le parvis, comme plus loin.
🗂️ Tossefot (1)
קַמֵּי שְׁמַיָּא גַּלְיָא פֵּירוּשׁ וְלָא פְּסִיל כָּל כָּךְ הוֹאִיל וְאֵינוֹ בְּגוּף הַקָּרְבָּן:
C'est-à-dire : cela n'invalide pas autant, puisque ce n'est pas dans le corps du sacrifice.
💡 Explication

Deux rattachements de la limite d'Abaye. Qui la dit sur la michna (simple oubli, bêtes valides) la dit kal va-homer sur la baraïta, où le défaut est dans le corps. Qui la dit seulement sur la baraïta ne l'étend pas à la michna.

Dans la michna, les deux bêtes sont kesherot. Si l'on se souvenait, chacune se mangerait. Kamei shemaya galya : devant le Ciel, on sait à qui chacune appartient. Tossefot : un défaut qui n'est pas dans le corps du korban invalide moins. Rachi, sur les quatre intacts : ils sont quittes, et le cinquième ne peut pas être désigné pour en apporter un autre.

20
אָמַר מַר: וּפְטוּרִין מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי. וְהָא אִיכָּא חַד דְּלָא נָפֵיק!

Le maître a dit : et ils sont dispensés de faire le Pessa'h sheni. Or il y en a un qui ne s'est pas acquitté !

📜 Rachi (1)
ה"ג אָמַר מַר פְּטוּרִין מִלַּעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי כו' וְאַבָּרַייְתָא קָאֵי:
Et cela porte sur la baraïta.
💡 Explication

Retour à la baraïta des cinq. Elle dispense tout le monde. Or le propriétaire de la bête à verrue n'a pas un Pessa'h valide. Comment serait-il, lui aussi, dispensé du Pessa'h sheni ?

21
מִשּׁוּם דְּלָא אֶיפְשָׁר. הֵיכִי לֶיעֱבֵיד? לַיְתֵי כָּל חַד וְחַד פֶּסַח — קָא מַיְיתֵי חֻולִּין לָעֲזָרָה, דְּאַרְבְּעָה מִינַּייְהוּ עָבְדִי לְהוּ.

Parce que ce n'est pas possible. Que ferait-on ?

Que chacun apporte un Pessa'h : il apporterait du profane dans le parvis, car quatre d'entre eux s'en sont déjà acquittés.

📜 Rachi (1)
קָא מַיְיתֵי חֻולִּין לָעֲזָרָה הָאַרְבָּעָה שֶׁכְּבָר יָצְאוּ:
Les quatre qui se sont déjà acquittés.
💡 Explication

On ne peut pas isoler le cinquième. Si chacun des cinq apporte un nouveau Pessa'h, les quatre déjà quittes ne peuvent plus consacrer : leur bête reste houlin. Faire entrer du houlin dans l'azara (le parvis) est interdit.

22
לַיְתֵי כֻּולְּהוּ חַד פֶּסַח — נִמְצָא פֶּסַח נֶאֱכָל שֶׁלֹּא לִמְנוּיָו.

Qu'ils apportent tous un seul Pessa'h : il se trouverait un Pessa'h mangé en dehors de ses inscrits.

📜 Rachi (1)
שֶׁלֹּא לְמִנּוּיוֹ שֶׁאֵלּוּ שֶׁכְּבָר יָצְאוּ אֵין מִנְיָנָם כְּלוּם:
Car ceux qui se sont déjà acquittés, leur inscription ne compte pour rien.
💡 Explication

Autre essai : un seul Pessa'h pour les cinq ensemble. Les quatre déjà quittes ne peuvent plus être menouyim. Le Pessa'h serait mangé she-lo li-menouyav, par des gens qui n'en sont pas les inscrits.

23
הַאי מַאי? נַיְתֵי כָּל חַד מִינַּייְהוּ פִּסְחוֹ, וְנִיתְנֵי וְנֵימָא: אִי דִּידִי בַּעַל מוּם — הַאי דְּאַיְיתַי הַשְׁתָּא נִיהְוֵי פֶּסַח, וְאִי דִּידִי תָּם — הַאי דְּאַיְיתַי הַשְׁתָּא נִיהְוֵי שְׁלָמִים!

Qu'est-ce que cela ? Que chacun d'eux apporte son Pessa'h, qu'il stipule et dise : si le mien avait un défaut, celui que j'apporte maintenant sera un Pessa'h ; et si le mien était intact, celui que j'apporte maintenant sera un shelamim !

💡 Explication

Nouvelle proposition. Chacun apporte une bête et conditionne : si la sienne était le baal moum, la nouvelle est un Pessa'h ; si la sienne était tam (intacte), la nouvelle est un shelamim. Les quatre déjà quittes n'amèneraient ainsi qu'un sacrifice de paix, et le cinquième, un Pessa'h.

24
לֹא אֶפְשָׁר,

Ce n'est pas possible,

💡 Explication

La Guemara rejette la stipulation. Ces deux mots ouvrent le refus. Le motif se poursuit sur l'amoud suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).