Sougya : L'amoud achève les cinq Pessa'h dont les peaux se sont mêlées, l'une avec un moum. Le tenai, Pessa'h ou shelamim, se heurte à la poitrine et au gigot, puis au temps où l'on mange.
Le motar ha-Pessa'h aligne ce temps. La semikha, le nombre des matanot, puis la shefikha face à la zerika ferment la voie : un rite tenu seulement en bediavad ne se lance pas d'emblée.
La michna du père qui abat pour le premier fils entré à Jérusalem est lue par Rabbi Yo'hanan comme un moyen de presser la zerizut, les fils étant déjà inscrits. La michna suivante fixe l'inscription et le retrait : jusqu'à la shehita, et, pour le retrait selon Rabbi Shimon, jusqu'à la zerika, d'après le verset mihyot mi-seh.
Parce qu'il y a la poitrine et le gigot (hazé ve-shok) : ce sont les kohanim qui les mangent.
Suite du tenai des cinq Pessa'h dont les peaux se sont mêlées. Si la bête d'origine était baal moum, la nouvelle est un Pessa'h. Si elle était intacte, la nouvelle est un shelamim.
Le hazé ve-shok des shelamim revient aux kohanim. Sur un Pessa'h, ces morceaux se mangent avec les inscrits. Les donner au kohen, c'est risquer un Pessa'h mangé shelo le-menouav, hors de ses inscrits.
Et que chacun amène un kohen avec lui.
Première issue : chaque offrande a son kohen inscrit. Il mangerait le hazé ve-shok, que la bête soit Pessa'h ou shelamim.
La seconde glose de Rachi donne une autre leçon du texte, celle que la Guemara proposera ensuite : un seul kohen pour les cinq.
Ce kohen, dans quel cas est-il ? S'il a déjà fait le Pessa'h : celui-ci est peut-être un Pessa'h, et un Pessa'h se trouverait mangé hors de ses inscrits.
Et s'il n'a pas fait le Pessa'h : c'est peut-être un shelamim, et il n'a pas fait le Pessa'h.
Les deux cas du kohen se ferment. S'il est déjà quitte de son Pessa'h, l'inscrire sur une bête qui est peut-être un Pessa'h fait manger le korban hors menouyim. S'il n'est pas quitte, et que la bête est un shelamim, il reste sans Pessa'h.
Tossefot : un kohen mineur, qui n'est pas tenu au Pessa'h, semblerait ouvrir une voie. La Guemara choisit une objection qui porte plus loin.
Et que les cinq amènent un seul kohen qui n'a pas fait le Pessa'h, et qu'on l'inscrive sur ces cinq Pessa'h. De toute façon, il y en a un qui n'a pas fait le Pessa'h, et c'est par lui qu'ils sortent quittes.
Parmi les cinq, un seul avait la bête baal moum : lui n'est pas quitte. Le kohen est inscrit sur les cinq. La bête qui est vraiment le Pessa'h le rend quitte, avec ce propriétaire.
Des shelamim, il mange le hazé ve-shok en tant que kohen. Du Pessa'h, il le mange en tant qu'inscrit.
C'est qu'on réduit la consommation des shelamim. Le Pessa'h : un jour et une nuit.
Les shelamim : deux jours et une nuit.
Même avec le kohen, le temps sépare les deux korbanot. Tout traiter comme un Pessa'h, c'est brûler au matin une viande qui, si elle est shelamim, se mange encore le lendemain. On brûle des kodashim kacherim.
Tossefot relie ce "jour et nuit" à Berakhot. Si le Pessa'h se mangeait jusqu'à l'aube de par la Tora, la michna de Berakhot l'aurait nommé en clair, pour écarter Eizehu mekoman, qui fixe minuit. Elle ne le nomme pas : elle tient minuit, comme Zevahim.
Et qu'on apporte un motar ha-Pessa'h (surplus du Pessa'h).
Le motar ha-Pessa'h s'offre en shelamim et se mange un jour et une nuit, comme le Pessa'h. Le décalage de temps tombe.
Rachi : la condition est dite dès la consécration. Intact, la bête est d'emblée un motar. La Guemara refuse : on ne crée pas un surplus de toutes pièces. Tossefot : il consacre pour le Pessa'h. Le surplus n'existe que si la bête, vouée Pessa'h, n'a pas servi.
Et qu'il dise : si le mien était baal moum, celui que j'apporte maintenant sera un Pessa'h. Si le mien était intact, celui que j'apporte maintenant sera un shelamim.
Car le motar ha-Pessa'h se mange un jour et une nuit.
La formule du tenai, dans le texte : baal moum, c'est un Pessa'h ; intact, c'est un shelamim. La raison donnée : le motar, qui a la kedusha d'un shelamim, se mange dans le temps du Pessa'h.
Et l'on mettrait à part, dès le départ, pour des surplus ? Qu'ils se donnent de la peine, et qu'ils apportent un motar ha-Pessa'h.
Un motar naît d'une bête d'abord vouée Pessa'h, puis restée sans emploi. On ne la désigne pas ainsi au moment où on la consacre. La Guemara demande d'apporter un surplus déjà là : animal vivant laissé de côté, ou argent de Pessa'h.
Tossefot : un Pessa'h resté un instant sans propriétaire ne revient plus au Pessa'h. Ici, les deux bêtes étaient une aharayut : le surplus a encore un maître. Le vendre comme un shelamim ne vaut rien, sauf à passer par l'argent, comme Rachi. S'en servir comme Pessa'h demande une akira, dès lors que quelqu'un en a besoin.
C'est à cause de la semikha (imposition des mains). Le Pessa'h n'a pas besoin de semikha.
Le motar a besoin de semikha.
Le temps est aligné. Le geste ne l'est pas. Le motar, offrant de shelamim, demande la semikha. Le Pessa'h n'en a pas. Appuyer sur une bête qui est peut-être un Pessa'h, c'est une avoda en trop.
Tossefot : ce compte d'avoda suppose la semikha be-khol koho, de toute sa force. Un simple contact ne serait pas ce rite. Hagiga 16b rapporte le débat des tannaim sur ce point.
Cela se tient pour un korban d'hommes. Un korban de femmes, que dire ?
La semikha est le rite des hommes. Un korban de femmes n'en a pas, ni pour le Pessa'h ni pour le motar. Ce blocage-là tombe. La Guemara passe au sang.
C'est à cause des matanot (applications du sang). Le Pessa'h : une application.
Les shelamim : deux qui en font quatre.
Le sang du Pessa'h : une matana. Le sang des shelamim : deux jets, sur deux angles, de sorte que les quatre murs reçoivent le sang. On ne sait pas combien de fois appliquer.
Qu'est-ce que cela change ? La michna enseigne : tout ce qui se donne sur l'autel extérieur, si on l'a donné en une seule application, a fait kappara (l'expiation est acquise).
Une fois le geste fait, une matana sur l'autel extérieur suffit pour la kappara, même là où la règle complète en demande plusieurs. Le nombre, à lui seul, ne bloque pas le tenai.
C'est que le Pessa'h se fait par shefikha (versement), et les shelamim par zerika (jet).
Le geste lui-même diffère. Shefikha : on verse, près du mur, face au yesod. Zerika : on jette de loin vers la corne. Rachi : le sang des shelamim atteint le mur ouest et le mur sud. Le doigt est le rite du hatat seul.
Qu'est-ce que cela change ? On a enseigné : tout ce qui se donne par zerika, si on l'a donné par shefikha, on est quitte.
Dis que nous parlons du cas où il l'a déjà fait. D'emblée aussi ?
La baraita dit qu'une zerika faite en shefikha rend quitte. La Guemara limite : cela vaut bediavad. Lekhathila, on fait le rite propre à chaque korban. Comme on ignore lequel c'est, on ne lance pas le sacrifice.
Tossefot étend cette limite à la semikha, aux matanot et au notar. Laisser l'homme du moum dans un safek karet, par abstention, pèse moins que de dérégler quatre korbanot dont les maîtres sont déjà quittes.
Michna. Celui qui dit à ses fils : j'abats le Pessa'h pour celui d'entre vous qui montera le premier à Jérusalem.
Dès que le premier a introduit sa tête et la majeure partie de son corps, il a acquis sa part, et il fait acquérir à ses frères avec lui.
Nouvelle michna. Le père lie le Pessa'h au fils qui entre le premier à Jérusalem. Le seuil : tête et majeure partie du corps. Ce fils acquiert sa part et fait acquérir les autres.
Lu seul, le texte n'inscrit que le premier. Rachi annonce la suite : tous étaient inscrits, et la course sert à les presser.
Guemara. Tire-en qu'il y a berera (désignation qui se fixe après coup).
Au moment de la shehita, on ignore qui entrera le premier. Si l'inscription ne se fixe qu'à l'entrée, c'est la berera : le statut remonte une fois le fait connu. La Guemara tient que la berera n'est pas tranchée. D'où l'objection.
Rabbi Yo'hanan dit : il a parlé pour les presser dans les mitsvot.
Rabbi Yo'hanan retire la berera. Le père a inscrit tous les fils avant d'abattre. La phrase sur le premier sert à les faire se hâter. Elle ne change pas les inscrits.
Le texte vise juste aussi, puisqu'il enseigne : et il fait acquérir à ses frères avec lui. Si tu dis qu'il les a inscrits dès le départ, cela se tient.
Si tu dis qu'il ne les a pas inscrits dès le départ : après l'abattage, s'inscriraient-ils encore ? Or nous avons appris : on s'inscrit et l'on retire sa main de lui jusqu'à l'abattage.
Tire-en la conséquence.
Preuve dans les mots "il fait acquérir à ses frères". Après la shehita, la michna suivante interdit d'inscrire encore. Les frères étaient donc sur le Pessa'h avant l'abattage.
Tossefot accorde ce passage avec Nedarim 36a. "Inscrits dès le départ" veut dire : ils comptent comme inscrits sans minouy à part, parce que seh le-veit avot n'est pas une loi de la Tora. S'il leur fallait un minouy réel, la formule "le premier qui monte" montrerait qu'il ne les a pas tous nommés avant la shehita.
On a enseigné de même : un fait s'est produit, les filles ont devancé les fils, et les filles se sont trouvées empressées, les fils, lents.
La baraita raconte la course : les filles sont entrées avant les fils. Le récit juge la zerizut, pas un droit réservé au premier. Cela confirme Rabbi Yo'hanan.
Michna. On s'inscrit toujours sur lui, tant qu'il y a un kezayit (volume d'une olive) pour chacun.
On s'inscrit et l'on en retire sa main jusqu'à l'abattage. Rabbi Shimon dit : jusqu'à ce que le sang soit jeté.
Deux règles. Le nombre d'inscrits va aussi loin qu'il reste un kezayit de viande par personne. S'inscrire, ou retirer sa main, se fait jusqu'à la shehita. Rabbi Shimon dit : jusqu'à la zerika.
Rachi anticipe Abaye. Le "jusqu'au sang" de Rabbi Shimon vise le retrait. Pour s'inscrire, il s'arrête à l'abattage, comme les sages.
Guemara. Qu'est-ce que cela vient nous apprendre ?
Voici : même si cette havura (groupe) s'y est inscrite, elle se retire, et une autre havura s'y inscrit.
"On s'inscrit toujours" semble aller de soi, dans la limite du kezayit. L'enseignement : une havura entière peut quitter le Pessa'h, et une autre prendre toute la place. Rabbi Yehouda, plus loin, exige qu'au moins un inscrit de la première havura reste.
On s'inscrit et l'on retire sa main jusqu'à l'abattage, etc. Abaye dit : le débat porte sur le retrait.
Abaye coupe le débat en deux. Rabbi Shimon et les sages divergent sur le moment où l'on retire sa main. La suite donne le verset, et l'accord de tous sur l'inscription.
Car les Rabbanim tiennent : "mihyot mi-seh", de la vie de l'agneau (me-hayutei de-seh). Et Rabbi Shimon tient : de son cours (me-havayatei de-seh).
Pour s'inscrire, tout le monde s'accorde : jusqu'à l'abattage. Car le verset dit : "be-mikhsat nafshot" (selon le compte des personnes), et ensuite : "takhosu".
Shemot 12:4. mihyot mi-seh porte le retrait. Les Rabbanim lisent 'hayim, la vie : on se retire tant que l'agneau vit, donc jusqu'à la shehita. Rabbi Shimon lit havaya, le cours du rite : tant que l'avoda n'est pas finie, donc jusqu'à la zerika.
L'inscription suit un autre bout du verset. be-mikhsat nafshot vient d'abord : on compte les personnes. Ensuite takhosu, lu comme l'araméen "vous abattrez". Le minouy précède donc la shehita, pour les uns et pour les autres.
On a enseigné de même : on s'inscrit et l'on retire sa main de lui jusqu'à l'abattage. Rabbi Shimon dit : on s'inscrit jusqu'à l'abattage, et l'on retire sa main jusqu'à ce que le sang soit jeté.
La baraita dit en clair ce qu'Abaye a tiré de la michna. L'inscription s'arrête à la shehita pour tous. Le retrait, selon Rabbi Shimon, va jusqu'à la zerika.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).