Pesachim 89a - Le tenai des Pessah mêlés, puis l'inscription et le retrait

Pesachim 89a

Sougya : L'amoud achève les cinq Pessa'h dont les peaux se sont mêlées, l'une avec un moum. Le tenai, Pessa'h ou shelamim, se heurte à la poitrine et au gigot, puis au temps où l'on mange.

Le motar ha-Pessa'h aligne ce temps. La semikha, le nombre des matanot, puis la shefikha face à la zerika ferment la voie : un rite tenu seulement en bediavad ne se lance pas d'emblée.

La michna du père qui abat pour le premier fils entré à Jérusalem est lue par Rabbi Yo'hanan comme un moyen de presser la zerizut, les fils étant déjà inscrits. La michna suivante fixe l'inscription et le retrait : jusqu'à la shehita, et, pour le retrait selon Rabbi Shimon, jusqu'à la zerika, d'après le verset mihyot mi-seh.

Pourquoi le tenai ne passe pas Cinq peaux mêlées, un moum. Chacun conditionne la bête nouvelle. 1. Poitrine et gigot Shelamim : part du kohen. Pessa'h : part des inscrits. La donner au kohen peut nourrir quelqu'un qui n'est pas inscrit. 2. Un kohen avec chaque bête Déjà quitte : il mangerait un Pessa'h hors menouyim. Pas encore quitte : si c'est un shelamim, il reste sans Pessa'h. 3. Un seul kohen, inscrit sur les cinq Il n'a pas son Pessa'h. Il sort quitte par la bête qui en est un. Il mange la poitrine et le gigot de toutes. 4. Temps de consommation Pessa'h : le jour et la nuit. Shelamim : deux jours et une nuit. Brûler au matin, c'est détruire des kodashim encore valables. 5. Motar ha-Pessa'h Même durée qu'un Pessa'h. On ne le voue pas d'emblée comme surplus. On apporte un surplus déjà mis à part : bête vivante, ou argent. 6. Semikha Pessa'h : sans imposition des mains. Motar : avec, de toute sa force. L'appuyer, c'est une avoda. Les femmes n'ont pas cette semikha. 7. Matanot, puis shefikha et zerika Pessa'h : une application, versée vers le yesod. Shelamim : deux jets, quatre murs. Une matana, ou une shefikha à la place d'une zerika : valable après coup. D'emblée, on fait le rite de chaque korban. Le tenai s'arrête là. Tossefot : mieux vaut un safek karet par abstention que quatre korbanot hors règle.
Les issues du tenai, de la poitrine et du gigot jusqu'au rite du sang.
Le sang : shefikha du Pessa'h, zerika des shelamim Autel vue de dessus ouest yesod sud nord est corne sud-ouest Pessa'h : shefikha Une matana. Du mizrak, en douceur, sur le mur, en face du yesod. Verset : le sang de tes sacrifices sera versé (Devarim 12:27). Zevahim 37b. Shelamim : zerika Deux jets, qui font quatre murs. Du mizrak, de loin, vers la corne. Le sang atteint le mur ouest et le mur sud. Le doigt : le hatat seul. Shefikha à la place : quitte après coup.
Où va le sang : versement du Pessah, jet des shelamim.
Deux michnayot : qui est sur le Pessa'h, et jusqu'à quand Le premier entré à Jérusalem Le père abat pour celui des fils qui monte le premier. Tête et majeure partie du corps : il acquiert, et ses frères avec lui. Hava amina : berera Un seul serait inscrit. On le connaît après la shehita. Rabbi Yo'hanan Tous inscrits avant l'abattage. La course presse les mitsvot. Après la shehita, plus de minouy. Donc ils l'étaient déjà. Fait rapporté : les filles ont devancé les fils. Filles empressées, fils lents. La formule vise la zerizut. S'inscrire et se retirer Borne : un kezayit par personne. Une havura entière peut se retirer. Une autre prend sa place. Contre Rabbi Yehouda : nul besoin qu'un ancien inscrit reste. Inscription : tous Jusqu'à la shehita seulement. be-mikhsat, puis takhosu. Retrait : le débat Rabbanim : mihyot = tant qu'il vit. Jusqu'à la shehita. Rabbi Shimon : mihyot = le rite en cours. Jusqu'à la zerika. Abaye : le débat est le retrait. La baraita le dit en clair. Shemot 12:4.
Le fils qui entre le premier, puis jusqu'où l'on s'inscrit et l'on se retire.
1
מִשּׁוּם דְּאִיכָּא חָזֶה וָשׁוֹק, דְּכֹהֲנִים הוּא דְּאָכְלִי לֵיהּ.

Parce qu'il y a la poitrine et le gigot (hazé ve-shok) : ce sont les kohanim qui les mangent.

📜 Rachi (1)
מִשּׁוּם דְּאִיכָּא חָזֶה וָשׁוֹק דִּשְׁלָמִים שֶׁצָּרִיךְ לִינָּתֵן לַכֹּהֵן וא"א לָתֵת דְּהָא כֹּל חַד וְחַד שֶׁמָּא הַאי הָוֵי פֶּסַח וְנִמְצָא מַאֲכִילוֹ לַכֹּהֵן שֶׁלֹּא נִמְנָה עָלָיו:
Ceux des shelamim doivent être donnés au kohen, et l'on ne peut pas les donner. Chacun est peut-être un Pessa'h, et l'on ferait manger un kohen qui n'y est pas inscrit.
💡 Explication

Suite du tenai des cinq Pessa'h dont les peaux se sont mêlées. Si la bête d'origine était baal moum, la nouvelle est un Pessa'h. Si elle était intacte, la nouvelle est un shelamim.

Le hazé ve-shok des shelamim revient aux kohanim. Sur un Pessa'h, ces morceaux se mangent avec les inscrits. Les donner au kohen, c'est risquer un Pessa'h mangé shelo le-menouav, hors de ses inscrits.

2
וְנַיְתֵי כָּל חַד וְחַד כֹּהֵן בַּהֲדֵיהּ.

Et que chacun amène un kohen avec lui.

📜 Rachi (2)
וְנַיְתֵי כָּל חַד וְחַד מִינַּייְהוּ חַד כֹּהֵן וְנִמְנֶה אַפִּסְחוֹ:
De parmi eux, un kohen, et on l'inscrit sur son Pessa'h.
ה"ג וְנַיְתֵי כֻּולְּהוּ חַמְשָׁה חַד כֹּהֵן דְּלָא עֲבַד פֶּסַח וְנַמְנְיֵהּ בַּהֲדֵי כָּל חַד וְחַד דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ אִיכָּא חַד דְּקָא נָפֵיק בֵּיהּ וְיֹאכַל חָזֶה וְשׁוֹק שֶׁל כֻּולָּם:
Voici la version : que les cinq amènent tous un seul kohen qui n'a pas fait le Pessa'h, et qu'on l'inscrive avec chacun. De toute façon, il y en a un par lequel il sort quitte, et il mangera la poitrine et le gigot de tous.
💡 Explication

Première issue : chaque offrande a son kohen inscrit. Il mangerait le hazé ve-shok, que la bête soit Pessa'h ou shelamim.

La seconde glose de Rachi donne une autre leçon du texte, celle que la Guemara proposera ensuite : un seul kohen pour les cinq.

3
הַאי כֹּהֵן הֵיכִי דָּמֵי? אִי דַּעֲבִיד פֶּסַח — דִּילְמָא הַאי פֶּסַח הוּא, וְנִמְצָא פֶּסַח נֶאֱכָל שֶׁלֹּא לִמְנוּיָו. וְאִי דְּלָא עָבֵיד פֶּסַח — דִּילְמָא שְׁלָמִים הוּא, וְלָא עֲבִיד פֶּסַח!

Ce kohen, dans quel cas est-il ? S'il a déjà fait le Pessa'h : celui-ci est peut-être un Pessa'h, et un Pessa'h se trouverait mangé hors de ses inscrits.

Et s'il n'a pas fait le Pessa'h : c'est peut-être un shelamim, et il n'a pas fait le Pessa'h.

🗂️ Tossefot (1)
הַאי כֹּהֵן הֵיכִי דָּמֵי אִי דְּעָבֵד פֶּסַח כּוּ' וְא"ת וְנַיְתֵי כֹּהֵן קָטָן וְיֵשׁ לוֹמַר דַּעֲדִיפָא מִינָּהּ פָּרִיךְ:
Et si l'on dit : qu'on amène un kohen mineur. Réponse : la Guemara objecte par une question plus forte.
💡 Explication

Les deux cas du kohen se ferment. S'il est déjà quitte de son Pessa'h, l'inscrire sur une bête qui est peut-être un Pessa'h fait manger le korban hors menouyim. S'il n'est pas quitte, et que la bête est un shelamim, il reste sans Pessa'h.

Tossefot : un kohen mineur, qui n'est pas tenu au Pessa'h, semblerait ouvrir une voie. La Guemara choisit une objection qui porte plus loin.

🖼️ Schéma
Le kohen amené avec la bête A-t-il déjà son Pessa'h ? Oui, déjà quitte La bête est peut-être un Pessa'h. Il la mange sans y être inscrit. Pessa'h shelo le-menouav Non, pas encore quitte La bête est peut-être un shelamim. Il n'a alors aucun Pessa'h. Il reste tenu au Pessa'h Suite : un seul kohen, pas quitte, inscrit sur les cinq bêtes à la fois.
Chaque branche du kohen laisse un interdit, ou un homme sans Pessa'h.
4
וְנַיְתֵי כֹּל חַמְשָׁה חַד כֹּהֵן דְּלָא עֲבַד פֶּסַח, וְנִימְּנֵי עִילָּוֵיהּ הָנֵי חֲמִשָּׁה פְּסָחִים, דְּמִמַּה נַפְשָׁךְ אִיכָּא חַד דְּלָא עָבֵיד פֶּסַח, וְקָא נָפְקִי בֵּיהּ.

Et que les cinq amènent un seul kohen qui n'a pas fait le Pessa'h, et qu'on l'inscrive sur ces cinq Pessa'h. De toute façon, il y en a un qui n'a pas fait le Pessa'h, et c'est par lui qu'ils sortent quittes.

💡 Explication

Parmi les cinq, un seul avait la bête baal moum : lui n'est pas quitte. Le kohen est inscrit sur les cinq. La bête qui est vraiment le Pessa'h le rend quitte, avec ce propriétaire.

Des shelamim, il mange le hazé ve-shok en tant que kohen. Du Pessa'h, il le mange en tant qu'inscrit.

5
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקָא מְמַעֵיט בַּאֲכִילַת שְׁלָמִים, דְּאִילּוּ פֶּסַח לְיוֹם וְלַיְלָה, וְאִילּוּ שְׁלָמִים לִשְׁנֵי יָמִים וְלַיְלָה אֶחָד.

C'est qu'on réduit la consommation des shelamim. Le Pessa'h : un jour et une nuit.

Les shelamim : deux jours et une nuit.

📜 Rachi (1)
דְּקָא מְמַעֵט בַּאֲכִילָה דִּשְׁלָמִים בִּזְמַן אֲכִילָתוֹ שֶׁאוֹכֵל אֶת כֻּולָּם לְיוֹם וְלַיְלָה וְשׂוֹרֵף אֶת הַנּוֹתָר וְאִם שְׁלָמִים הוּא עֲדַיִין אֵינוֹ נוֹתָר וְנִמְצָא שׂוֹרֵף קָדָשִׁים כְּשֵׁרִים:
Dans le temps où on le mange : il mange le tout un jour et une nuit, et il brûle le reste. Si c'est un shelamim, ce n'est pas encore du notar, et il se trouve brûler des kodashim valables.
🗂️ Tossefot (1)
דְּאִילּוּ פֶּסַח לְיוֹם וְלַיְלָה קָשֶׁה לְרִ"י דִּתְנַן פ"ק דִּבְרָכוֹת (ד' ב.) כָּל הַנֶּאֱכָלִין לְיוֹם אֶחָד מִצְוָתָן עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר וְקָאָמַר בַּגְּמָרָא (שָׁם דַּף ט.) וְאִילּוּ אֲכִילַת פְּסָחִים לָא קָתָנֵי וּרְמִינְהוּ ק"ש וְהִלֵּל כו' וַאֲכִילַת פְּסָחִים מִצְוָתָן עַד שֶׁיַּעֲלֶה עַמּוּד הַשַּׁחַר וּמַאי קָא פָּרֵיךְ וְהָא הָכָא מַשְׁמַע דְּשַׁיָּיךְ לְמִיתְנֵי גַּבֵּי פֶּסַח יוֹם וָלַיְלָה וא"כ הָוֵי בִּכְלַל הַנֶּאֱכָלִין לְיוֹם וְלַיְלָה דְּקָתָנֵי הָתָם וְי"ל דְּהָתָם הֲוָה לֵיהּ לְמִיתְנֵי בְּהֶדְיָא אִם אִיתָא דְּנֶאֱכָל עַד עַמּוּד הַשַּׁחַר לְאַפּוֹקֵי מִמִּשְׁנָה דְּאֵיזֶהוּ מְקוֹמָן (זְבָחִים דַּף נו:) דְּקָתָנֵי אֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא עַד חֲצוֹת וְהַיְינוּ מִדְּאוֹרַייְתָּא דֻּומְיָא דְּאַחַרְיָנֵי וְכֵיוָן דְּלָא קָתָנֵי לֵיהּ בְּהֶדְיָא ש"מ דְּסָבַר דְּאֵינוֹ נֶאֱכָל אֶלָּא עַד חֲצוֹת כמשׁנ' אֵיזֶהוּ מְקוֹמָן:
Difficulté pour le Ri. La michna du premier chapitre de Berakhot (2a) enseigne : tout ce qui se mange en un seul jour, sa mitsva va jusqu'au lever de l'aube. La Guemara dit là (9a) : or la consommation des Pessa'h n'y est pas enseignée. Et elle objecte : la lecture du Chema, le Hallel, etc., et la consommation des Pessa'h, leur mitsva va jusqu'au lever de l'aube. Que vise cette objection ? Ici, on voit qu'il y a lieu d'enseigner, pour le Pessa'h, un jour et une nuit. Il entrerait donc dans ce qui se mange un jour et une nuit, enseigné là-bas. Réponse : là-bas, il fallait l'enseigner en propres termes, s'il se mange jusqu'à l'aube, pour écarter la michna de Eizehu mekoman (Zevahim 56b), qui enseigne qu'il ne se mange que jusqu'à minuit, et ce serait de la Tora, comme les autres cas. Puisqu'elle ne l'enseigne pas en propres termes, on en tire qu'elle tient qu'il ne se mange que jusqu'à minuit, comme la michna de Eizehu mekoman.
💡 Explication

Même avec le kohen, le temps sépare les deux korbanot. Tout traiter comme un Pessa'h, c'est brûler au matin une viande qui, si elle est shelamim, se mange encore le lendemain. On brûle des kodashim kacherim.

Tossefot relie ce "jour et nuit" à Berakhot. Si le Pessa'h se mangeait jusqu'à l'aube de par la Tora, la michna de Berakhot l'aurait nommé en clair, pour écarter Eizehu mekoman, qui fixe minuit. Elle ne le nomme pas : elle tient minuit, comme Zevahim.

🖼️ Schéma
Jusqu'à quand mange-t-on ? Pessa'h, et motar ha-Pessa'h Le jour de l'abattage et la nuit. Au matin, le reste est notar. Tossefot : Berakhot parle d'aube, Eizehu mekoman parle de minuit. Shelamim ordinaires Deux jours et une nuit. Le lendemain, on mange encore. Traiter le doute comme un Pessa'h, c'est brûler trop tôt. Le motar ha-Pessa'h se mange comme un Pessa'h : le décalage de temps tombe.
Le Pessa'h s'arrête au matin. Le shelamim continue le lendemain.
6
וְנַיְתֵי מוֹתַר הַפֶּסַח.

Et qu'on apporte un motar ha-Pessa'h (surplus du Pessa'h).

📜 Rachi (1)
וְנַיְתֵי בְּמוֹתַר הַפֶּסַח מִתְּחִלָּתוֹ יַתְנֶה עָלָיו אִם שֶׁלִּי תָּם הָיָה זֶה יִהְיֶה מוֹתַר הַפֶּסַח שֶׁהוּא קָרֵב שְׁלָמִים וְהוּא כַּפֶּסַח שֶׁנֶּאֱכָל לְיוֹם וְלַיְלָה וְהָכִי תַּנְיָא בַּתּוֹסֶפְתָּא דִּזְבָחִים בְּפֶ' (הַפֶּסַח שֶׁנִּתְעָרֵב) וּמְשַׁנֵּי אֵין מַפְרִישִׁין קָרְבָּן מִתְּחִלָּה לְשֵׁם נוֹתָר שֶׁהֵיאַךְ יָכוֹל לִהְיוֹת מוֹתַר הַפֶּסַח וַהֲרֵי שֵׁם פֶּסַח לֹא חָל עָלָיו מֵעוֹלָם שֶׁהֲרֵי זֶה כְּבָר יָצָא:
Dès le départ, il conditionne : si le mien était intact, celui-ci sera un motar ha-Pessa'h. Il s'offre en shelamim, et il est comme le Pessa'h : mangé un jour et une nuit. Ainsi enseigne la Tosefta de Zevahim, au chapitre du Pessa'h qui s'est mêlé. Et l'on répond : on ne met pas à part un korban, dès le départ, au titre de surplus. Comment serait-il un motar ha-Pessa'h ? Le nom de Pessa'h n'a jamais pris sur lui, puisque celui-ci est déjà quitte.
🗂️ Tossefot (1)
וְנַיְתֵי מוֹתַר פֶּסַח לֹא כְּפִי' הַקּוּנְטְרֵס שֶׁיַּקְדִּישׁ לְשֵׁם מוֹתָר אִם שֶׁלּוֹ הָיָה תָּם דְּבָזֶה לֹא הָיָה טוֹעֶה הַגְּמָרָא אֶלָּא נִרְאֶה לר"י שֶׁיַּקְדִּישׁ לְפֶסַח וְאִם בַּעַל מוּם שֶׁלּוֹ יָצָא בָּזֶה וְאִם לָאו יְהֵא מוֹתַר פֶּסַח וּפָרִיךְ דְּלָא הָוֵי מוֹתַר פֶּסַח אֶלָּא הֵיכָא שֶׁהֻופְרַשׁ לְגַמְרֵי לְפֶסַח וַנִּיתְוַתָּר:
Le Ri lit autrement que le commentaire. Vouer d'emblée au nom de motar, si le sien était intact : la Guemara ne se tromperait pas là-dessus. Il consacre pour le Pessa'h. Si le sien était baal moum, il sort quitte par celui-ci. Sinon, ce sera un motar ha-Pessa'h. L'objection : il y a motar ha-Pessa'h seulement là où la bête a été mise à part entièrement pour le Pessa'h, puis est restée en trop.
💡 Explication

Le motar ha-Pessa'h s'offre en shelamim et se mange un jour et une nuit, comme le Pessa'h. Le décalage de temps tombe.

Rachi : la condition est dite dès la consécration. Intact, la bête est d'emblée un motar. La Guemara refuse : on ne crée pas un surplus de toutes pièces. Tossefot : il consacre pour le Pessa'h. Le surplus n'existe que si la bête, vouée Pessa'h, n'a pas servi.

7
וְנֵימָא: אִי דִּידִי בַּעַל מוּם — הַאי דְּאַיְיתַי הַשְׁתָּא נִיהְוֵי פֶּסַח, אִי דִּידִי תָּם הוּא — נִיהְוֵי הַאי דְּאַייְתַי הַשְׁתָּא שְׁלָמִים, דְּמוֹתַר הַפֶּסַח נֶאֱכָל לְיוֹם וְלַיְלָה אֶחָד.

Et qu'il dise : si le mien était baal moum, celui que j'apporte maintenant sera un Pessa'h. Si le mien était intact, celui que j'apporte maintenant sera un shelamim.

Car le motar ha-Pessa'h se mange un jour et une nuit.

💡 Explication

La formule du tenai, dans le texte : baal moum, c'est un Pessa'h ; intact, c'est un shelamim. La raison donnée : le motar, qui a la kedusha d'un shelamim, se mange dans le temps du Pessa'h.

8
וְכִי מַפְרִישִׁין תְּחִלָּה לְמוֹתָרוֹת?! וְנִטְרְחוּ וְנַיְיתֵי מוֹתַר הַפֶּסַח!

Et l'on mettrait à part, dès le départ, pour des surplus ? Qu'ils se donnent de la peine, et qu'ils apportent un motar ha-Pessa'h.

📜 Rachi (1)
וְנִטְרְחוּ וְנַייְתֵי בְּמוֹתַר הַפֶּסַח יְבַקְּשׁוּ אֲנָשִׁים שֶׁנִּתְוַתְּרוּ לָהֶם פֶּסַח חַי אוֹ מְעוֹת פֶּסַח וְיִקְּחוּ מֵהֶן בְּהֵמוֹת וְיַתְנֶה כָּל אֶחָד עַל שֶׁלּוֹ אִם שֶׁלִּי בַּעַל מוּם הָיָה הֲרֵי זֶה פֶּסַח וְאִם לָאו הֲרֵי הוּא כְּמוֹת שֶׁהוּא מוֹתַר הַפֶּסַח לִשְׁלָמִים וְנֶאֱכָל לְיוֹם וְלַיְלָה:
Qu'ils cherchent des gens à qui il reste un Pessa'h vivant, ou de l'argent de Pessa'h, et qu'ils en prennent des bêtes. Chacun conditionne la sienne : si le mien était baal moum, celle-ci est un Pessa'h ; sinon, elle reste ce qu'elle est, un motar ha-Pessa'h en shelamim, mangé un jour et une nuit.
🗂️ Tossefot (1)
וְנִטְרְחוּ וְנַייְתֵי מוֹתַר פֶּסַח וא"ת וְאֵיךְ יִכְשַׁר מֻותָּר זֶה לְפֶסַח הָא לְקַמָּן בְּפֶרֶק מִי שֶׁהָיָה טָמֵא (פְּסָחִים דַּף צט.) פְּלִיגִי רַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי יְהוּדָה אִי בָּעֵינַן אֶחָד מִבְּנֵי חֲבוּרָה רִאשׁוֹנָה אֲבָל כ"ע מוֹדוֹ דְּאִם נִשְׁאַר שָׁעָה אַחַת בְּלֹא בְּעָלִים דְּלָא חֲזִי תּוּ לְפֶסַח וי"ל הָכָא כְּשֶׁהִפְרִישׁ ב' פְּסָחִים לְאַחְרָיוּת וַנִּיתְוַתֵּר לוֹ א' דְּאֵינוֹ נִפְסָל מִשּׁוּם שֶׁהִנִּיחוּהוּ יְחִידִי וא"ת אַכַּתִּי לְמָאֵן דְּלָא בָּעֵי עֲקִירָה שְׁלָמִים לְשֵׁם פֶּסַח קָשְׁחִיט וְעוֹד אֵיךְ יִמְכְּרֵהוּ הָאָמַר לְקַמָּן הַמּוֹכֵר עוֹלָתוֹ וּשְׁלָמָיו לֹא עָשָׂה כְּלוּם וְי"ל כֵּיוָן דְּאִיכָּא אִינָשׁ דְּצָרִיךְ לֵיהּ לכ"ע בָּעֵי עֲקִירָה כִּדְאָמְרִי' בְּתָמִיד נִשְׁחָט (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף סד.) כְּגוֹן שֶׁהָיוּ בְּעָלִים טְמֵאֵי מֵתִים וְאִי מוֹתַר פֶּסַח בְּמָעוֹת אַיְירֵי כִּדְפֵירֵשׁ בַּקּוּנְטְרֵס אָתֵי שַׁפִּיר:
Et si l'on dit : comment ce motar serait-il apte pour un Pessa'h ? Plus loin, au chapitre Mi she-haya tamei (Pesachim 99a), Rabbi Yose et Rabbi Yehouda débattent s'il faut un membre de la première havura. Tous conviennent que, resté un instant sans propriétaire, il n'est plus apte au Pessa'h. Réponse : ici, il a mis à part deux Pessa'h à titre d'aharayut (garantie), et l'un lui est resté. Il n'est pas invalidé pour avoir été laissé seul. Et si l'on dit : il reste, selon celui qui n'exige pas l'akira (retrait de la désignation), qu'il abat un shelamim au nom de Pessa'h. De plus, comment le vendrait-on ? On dit plus loin : qui vend son olah et ses shelamim n'a rien fait. Réponse : puisqu'il y a quelqu'un qui en a besoin, tous exigent l'akira, comme on le dit dans Tamid nishhat (plus haut, Pesachim 64a), par exemple quand les propriétaires étaient temeim met (impurs par un mort). Et si le motar ha-Pessa'h dont on parle est de l'argent, comme l'explique le commentaire, cela se tient.
💡 Explication

Un motar naît d'une bête d'abord vouée Pessa'h, puis restée sans emploi. On ne la désigne pas ainsi au moment où on la consacre. La Guemara demande d'apporter un surplus déjà là : animal vivant laissé de côté, ou argent de Pessa'h.

Tossefot : un Pessa'h resté un instant sans propriétaire ne revient plus au Pessa'h. Ici, les deux bêtes étaient une aharayut : le surplus a encore un maître. Le vendre comme un shelamim ne vaut rien, sauf à passer par l'argent, comme Rachi. S'en servir comme Pessa'h demande une akira, dès lors que quelqu'un en a besoin.

9
אֶלָּא מִשּׁוּם סְמִיכָה. דְּאִילּוּ פֶּסַח לָא בָּעֵי סְמִיכָה, וְאִילּוּ מוֹתָר בָּעֵי סְמִיכָה.

C'est à cause de la semikha (imposition des mains). Le Pessa'h n'a pas besoin de semikha.

Le motar a besoin de semikha.

📜 Rachi (1)
בָּעֵי סְמִיכָה וא"א לִסְמֹוךְ עַל זֶה שֶׁמָּא פֶּסַח הוּא וְקָא עֲבִיד עֲבוֹדָה בְּקָדָשִׁים:
On ne peut pas appuyer sur celle-ci : c'est peut-être un Pessa'h, et il ferait une avoda sur des kodashim.
🗂️ Tossefot (1)
וְאִילּוּ פֶּסַח לָא בָּעֵי סְמִיכָה סְבִירָא לֵיהּ סְמִיכָה בְּכָל כֹּחוֹ בָּעֵינַן דְּאִי לָא בָּעֵינַן אֶלָּא כָּל דְּהוּ לָא הָוֵי עֲבוֹדָה בְּקָדָשִׁים וּבְאֵין דּוֹרְשִׁין (חֲגִיגָה דַּף טז:) פְּלוּגְתָּא דְּתַנָּאֵי הִיא:
Il tient qu'on exige la semikha de toute sa force. Si un appui quelconque suffisait, ce ne serait pas une avoda dans les kodashim. Dans Ein dorshin (Hagiga 16b), les tannaim en débattent.
💡 Explication

Le temps est aligné. Le geste ne l'est pas. Le motar, offrant de shelamim, demande la semikha. Le Pessa'h n'en a pas. Appuyer sur une bête qui est peut-être un Pessa'h, c'est une avoda en trop.

Tossefot : ce compte d'avoda suppose la semikha be-khol koho, de toute sa force. Un simple contact ne serait pas ce rite. Hagiga 16b rapporte le débat des tannaim sur ce point.

10
הָא תִּינַח קָרְבַּן אֲנָשִׁים. קָרְבַּן נָשִׁים, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?

Cela se tient pour un korban d'hommes. Un korban de femmes, que dire ?

📜 Rachi (1)
קָרְבַּן נָשִׁים לָא בָּעֵי סְמִיכָה:
Il n'a pas besoin de semikha.
💡 Explication

La semikha est le rite des hommes. Un korban de femmes n'en a pas, ni pour le Pessa'h ni pour le motar. Ce blocage-là tombe. La Guemara passe au sang.

11
אֶלָּא מִשּׁוּם מַתָּנוֹת. דְּאִילּוּ פֶּסַח — מַתָּנָה אַחַת, וְאִילּוּ שְׁלָמִים — שְׁתַּיִם שֶׁהֵן אַרְבַּע.

C'est à cause des matanot (applications du sang). Le Pessa'h : une application.

Les shelamim : deux qui en font quatre.

💡 Explication

Le sang du Pessa'h : une matana. Le sang des shelamim : deux jets, sur deux angles, de sorte que les quatre murs reçoivent le sang. On ne sait pas combien de fois appliquer.

12
מַאי נָפְקָא מִינָּה? וְהָא תְנַן: כָּל הַנִּיתָּנִין עַל מִזְבֵּחַ הַחִיצוֹן שֶׁנְּתָנָן בְּמַתַּן אַחַת — כָּפַר,

Qu'est-ce que cela change ? La michna enseigne : tout ce qui se donne sur l'autel extérieur, si on l'a donné en une seule application, a fait kappara (l'expiation est acquise).

💡 Explication

Une fois le geste fait, une matana sur l'autel extérieur suffit pour la kappara, même là où la règle complète en demande plusieurs. Le nombre, à lui seul, ne bloque pas le tenai.

13
אֶלָּא מִשּׁוּם דְּאִילּוּ פֶּסַח בִּשְׁפִיכָה, וְאִילּוּ שְׁלָמִים בִּזְרִיקָה.

C'est que le Pessa'h se fait par shefikha (versement), et les shelamim par zerika (jet).

📜 Rachi (1)
פֶּסַח בִּשְׁפִיכָה בְּנַחַת מִן הַמִּזְרָק לְקִיר הַמִּזְבֵּחַ כְּנֶגֶד הַיְּסוֹד דְּנָפְקָא לָן מַתַּן דָּם דְּפֶסַח מוֹדֶם זְבָחֶיךָ יִשָּׁפֵךְ בְּמַסֶּכֶת זְבָחִים בְּפֶ' ב"ש (זְבָחִים דַּף לז:) וּבִשְׁלָמִים כְּתִיבָא זְרִיקָה שֶׁזּוֹרֵק לְמֵרָחוֹק מִן הַמִּזְרָק לַמִּזְבֵּחַ וְאֵין מַתַּן אֶצְבַּע אֶלָּא בְּחַטָּאת דִּכְתִיב בָּהּ בְּאֶצְבָּעוֹ אֲבָל בְּכָל שְׁאָר קָרְבָּנוֹת וּזְרָקוֹ כְּתִיב וְזוֹרֵק כְּנֶגֶד הַקֶּרֶן עַד שֶׁהַדָּם נִיתַּן לַקִּיר מַעֲרָבִי וְקִיר דְּרוֹמִי:
En douceur, du mizrak (bassin) vers le mur de l'autel, en face du yesod (socle). On tire l'application du sang du Pessa'h de : le sang de tes sacrifices sera versé, dans le traité Zevahim, au chapitre Beit Shammai (Zevahim 37b). Pour les shelamim, la zerika est écrite : il jette de loin, du mizrak vers l'autel. L'application au doigt n'existe que pour le hatat, où il est écrit "de son doigt". Pour tous les autres korbanot il est écrit "ils jetteront". Il jette en face de la corne, jusqu'à ce que le sang soit mis au mur ouest et au mur sud.
💡 Explication

Le geste lui-même diffère. Shefikha : on verse, près du mur, face au yesod. Zerika : on jette de loin vers la corne. Rachi : le sang des shelamim atteint le mur ouest et le mur sud. Le doigt est le rite du hatat seul.

🖼️ Schéma
Le sang : shefikha du Pessa'h, zerika des shelamim Autel vue de dessus ouest yesod sud nord est corne sud-ouest Pessa'h : shefikha Une matana. Du mizrak, en douceur, sur le mur, en face du yesod. Verset : le sang de tes sacrifices sera versé (Devarim 12:27). Zevahim 37b. Shelamim : zerika Deux jets, qui font quatre murs. Du mizrak, de loin, vers la corne. Le sang atteint le mur ouest et le mur sud. Le doigt : le hatat seul. Shefikha à la place : quitte après coup.
Le yesod reçoit le versement du Pessa'h. La zerika vise la corne.
14
מַאי נָפְקָא מִינָּה? וְהָא תַּנְיָא: כָּל הַנִּיתָּנִין בִּזְרִיקָה שֶׁנְּתָנָן בִּשְׁפִיכָה יָצָא. אֵימַר דְּקָא אָמְרִינַן דְּאִי עֲבַד, לְכַתְּחִלָּה נָמֵי?!

Qu'est-ce que cela change ? On a enseigné : tout ce qui se donne par zerika, si on l'a donné par shefikha, on est quitte.

Dis que nous parlons du cas où il l'a déjà fait. D'emblée aussi ?

📜 Rachi (1)
לְכַתְּחִלָּה נָמֵי בִּתְמִיהַּ:
C'est dit sur le ton de l'étonnement.
🗂️ Tossefot (1)
הָנֵי מִילֵּי דִּיעֲבַד וה"ה דְּאַכּוּלְּהוּ אָמְרִי' הָכִי אַסְּמִיכָה וְאַמַּתָּנוֹת וְאַנּוֹתָר וְתֵימַהּ וְכִי בִּשְׁבִיל דְּשֶׁמָּא יִהְיֶה נוֹתָר אוֹ מִשּׁוּם סְמִיכָה דְּלָא מְעַכְּבָא אוֹ לֹא יַעֲשׂוּ מַתָּנוֹת כְּהִלְכָתָן יִכָּנֵס לִידֵי סְפֵק כָּרֵת וי"ל דְּטוֹב שֶׁיִּדְחֶה סְפֵק כָּרֵת בְּשֵׁב וְאַל תַּעֲשֶׂה מִמַּה שֶׁיַּעֲשׂוּ רֻובָּם שֶׁלֹּא כַּהֹוגֶן כִּי כְּבָר רֻובָּם עָשׂוּ פֶּסַח:
Ces paroles ne valent qu'en bediavad (une fois le geste fait). Et il en va de même pour tous les points : la semikha, les matanot, et le notar. Étonnant : à cause d'un risque de notar, ou d'une semikha qui n'est pas meakevet (elle ne conditionne pas la validité), ou parce que les matanot ne seraient pas faites selon leur règle, il entrerait dans un safek karet (doute de retranchement) ? Réponse : mieux vaut écarter un safek karet par le shev ve-al ta'aseh (en s'abstenant) que d'accomplir la plupart des korbanot hors de leur règle, car la plupart ont déjà fait le Pessa'h.
💡 Explication

La baraita dit qu'une zerika faite en shefikha rend quitte. La Guemara limite : cela vaut bediavad. Lekhathila, on fait le rite propre à chaque korban. Comme on ignore lequel c'est, on ne lance pas le sacrifice.

Tossefot étend cette limite à la semikha, aux matanot et au notar. Laisser l'homme du moum dans un safek karet, par abstention, pèse moins que de dérégler quatre korbanot dont les maîtres sont déjà quittes.

15
מַתְנֵי׳ הָאוֹמֵר לְבָנָיו: הֲרֵינִי שׁוֹחֵט אֶת הַפֶּסַח עַל מִי שֶׁיַּעֲלֶה מִכֶּם רִאשׁוֹן לִירוּשָׁלַיִם, כֵּיוָן שֶׁהִכְנִיס הָרִאשׁוֹן רֹאשׁוֹ וְרֻובּוֹ — זָכָה בְּחֶלְקוֹ וּמְזַכֶּה אֶת אֶחָיו עִמּוֹ.

Michna. Celui qui dit à ses fils : j'abats le Pessa'h pour celui d'entre vous qui montera le premier à Jérusalem.

Dès que le premier a introduit sa tête et la majeure partie de son corps, il a acquis sa part, et il fait acquérir à ses frères avec lui.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' עַל מִי שֶׁיַּעֲלֶה מַשְׁמַע שֶׁאֵינוֹ מְמַנֶּה עָלָיו אֶלָּא הָרִאשׁוֹן:
On entend qu'il n'inscrit sur lui que le premier.
וּמְזַכֶּה אֶת אֶחָיו עִמּוֹ בַּגְּמָרָא מְפָרֵשׁ הֵיכִי מִתְמַנֵּי וּמְתָרֵץ דְּאַמְנִינְהוּ אַבָּוהֳוָן מֵעִיקָּרָא וּכְדֵי לְזָרְזָן קָאָמַר שֶׁיִּזְדָּרֵז כָּל אֶחָד לִהְיוֹת רִאשׁוֹן וְיִהְיֶה הוּא רֹאשׁ לְאֶחָיו שֶׁיִּזְכּוּ עַל יָדוֹ וְכָךְ הוֹדִיעָם:
La Guemara explique comment ils sont inscrits. Réponse : leur père les a inscrits dès le départ. Il a parlé pour les presser, afin que chacun se hâte d'être le premier. Il sera la tête de ses frères, et ils acquerront par lui. C'est ainsi qu'il les a prévenus.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le père lie le Pessa'h au fils qui entre le premier à Jérusalem. Le seuil : tête et majeure partie du corps. Ce fils acquiert sa part et fait acquérir les autres.

Lu seul, le texte n'inscrit que le premier. Rachi annonce la suite : tous étaient inscrits, et la course sert à les presser.

16
גְּמָ׳ שְׁמַע מִינַּהּ יֵשׁ בְּרֵירָה!

Guemara. Tire-en qu'il y a berera (désignation qui se fixe après coup).

📜 Rachi (1)
גְּמ' ש"מ יֵשׁ בְּרֵירָה קס"ד דְּלָא אִימְּנוּ אֶלָּא חַד:
On avait en tête qu'un seul s'était inscrit.
💡 Explication

Au moment de la shehita, on ignore qui entrera le premier. Si l'inscription ne se fixe qu'à l'entrée, c'est la berera : le statut remonte une fois le fait connu. La Guemara tient que la berera n'est pas tranchée. D'où l'objection.

17
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, כְּדֵי לְזָרְזָן בְּמִצְוֹת קָאָמַר.

Rabbi Yo'hanan dit : il a parlé pour les presser dans les mitsvot.

📜 Rachi (1)
כְּדֵי לְזָרְזָן וְכֻולָּן אִימְּנוּ עָלָיו בֵּין רִאשׁוֹן בֵּין אַחֲרוֹן:
Et tous se sont inscrits sur lui, le premier comme le dernier.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan retire la berera. Le père a inscrit tous les fils avant d'abattre. La phrase sur le premier sert à les faire se hâter. Elle ne change pas les inscrits.

18
דִּיקָא נָמֵי דְּקָתָנֵי: וּמְזַכֶּה אֶחָיו עִמּוֹ, אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא דְּאַמְנִינְהוּ מֵעִיקָּרָא — שַׁפִּיר, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ דְּלָא אַמְנִינְהוּ מֵעִיקָּרָא, לְבָתַר דְּשָׁחֵיט מִי קָא מִתְמַנּוּ? וְהָא תְנַן: נִמְנִין וּמוֹשְׁכִין יְדֵיהֶן מִמֶּנּוּ עַד שֶׁיִּשָּׁחֵט. שְׁמַע מִינָּה.

Le texte vise juste aussi, puisqu'il enseigne : et il fait acquérir à ses frères avec lui. Si tu dis qu'il les a inscrits dès le départ, cela se tient.

Si tu dis qu'il ne les a pas inscrits dès le départ : après l'abattage, s'inscriraient-ils encore ? Or nous avons appris : on s'inscrit et l'on retire sa main de lui jusqu'à l'abattage.

Tire-en la conséquence.

🗂️ Tossefot (1)
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ דְּלָא אַמְנִינְהוּ כּוּ' תֵּימַהּ דִּבְפֶ' אֵין בֵּין הַמֻּודָּר (נְדָרִים דַּף לוֹ.) מַסִּיק רַבִּי זֵירָא אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹחָנָן מֵהַךְ מִשְׁנָה דְּשֶׂה לְבֵית אָבֹות לָאו דְּאוֹרָייְתָא דְּאִי דְּאוֹרָיְיתָא אַבִּישְׂרָא קָאֵי וּמְזַכֶּה לְהוֹן וְהָכָא מוּקֵי לָהּ רַבִּי יוֹחָנָן בִּדְאַמְנִינְהוּ מֵעִיקָּרָא וְי"ל דְּהָכָא ה"פ אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא דְּחָשׁוּב כְּאִילּוּ אַמְנִינְהוּ מֵעִיקָּרָא דְּאֵין צְרִיכִין מִינּוּי וְהַייְנוּ טַעְמָא דְּשֶׂה לְבֵית אָבֹות לָאו דְּאוֹרָייְתָא שַׁפִּיר אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ אֵינוֹ חָשׁוּב כְּאַמְנִינְהוּ מֵעִיקָּרָא אֶלָּא צְרִיכִין מִינּוּי דְּשֶׂה לְבֵית אָבוֹת דְּאוֹרָייְתָא אַמַּאי מְזַכֶּה אֶחָיו עִמּוֹ דִּפְשִׁיטָא שֶׁלֹּא הַמָּנֶה כֻּולָּם קֹודֶם שְׁחִיטָה מִדְּקָאָמַר הֲרֵינִי שׁוֹחֵט עַל מִי שֶׁיַּעֲלֶה מִכֶּם רִאשׁוֹן:
Difficulté. Au chapitre Ein bein ha-mudar (Nedarim 36a), Rabbi Zeira conclut, selon Rabbi Yo'hanan, de cette michna, que seh le-veit avot (un agneau pour la maison du père) n'est pas de la Tora. Si c'était de la Tora, il se tiendrait sur la viande et la leur ferait acquérir. Ici, Rabbi Yo'hanan pose le cas où il les a inscrits dès le départ. Voici le sens. Cela se tient si l'on dit que cela compte comme une inscription dès le départ : ils n'ont pas besoin de minouy. Et c'est la raison pour laquelle seh le-veit avot n'est pas de la Tora. Si l'on dit que cela ne compte pas comme une inscription dès le départ, et qu'ils ont besoin d'un minouy, alors seh le-veit avot est de la Tora. Pourquoi fait-il acquérir à ses frères avec lui ? Il est clair qu'il ne les a pas tous inscrits avant l'abattage, puisqu'il a dit : j'abats pour celui d'entre vous qui montera le premier.
💡 Explication

Preuve dans les mots "il fait acquérir à ses frères". Après la shehita, la michna suivante interdit d'inscrire encore. Les frères étaient donc sur le Pessa'h avant l'abattage.

Tossefot accorde ce passage avec Nedarim 36a. "Inscrits dès le départ" veut dire : ils comptent comme inscrits sans minouy à part, parce que seh le-veit avot n'est pas une loi de la Tora. S'il leur fallait un minouy réel, la formule "le premier qui monte" montrerait qu'il ne les a pas tous nommés avant la shehita.

19
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מַעֲשֶׂה וְקָדְמוּ בָּנוֹת לְבָנִים, וְנִמְצָא בָּנוֹת זְרִיזוֹת וּבָנִים שְׁפָלִים.

On a enseigné de même : un fait s'est produit, les filles ont devancé les fils, et les filles se sont trouvées empressées, les fils, lents.

📜 Rachi (1)
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי דְּמִשּׁוּם זְרִיזוּת נְקַט:
C'est pour l'empressement qu'il a parlé ainsi.
💡 Explication

La baraita raconte la course : les filles sont entrées avant les fils. Le récit juge la zerizut, pas un droit réservé au premier. Cela confirme Rabbi Yo'hanan.

20
מַתְנִי׳ לְעוֹלָם נִמְנִין עָלָיו עַד שֶׁיִּהְיֶה בּוֹ כְּזַיִת לְכָל אֶחָד וְאֶחָד. נִמְנִין וּמוֹשְׁכִין אֶת יְדֵיהֶן מִמֶּנּוּ עַד שֶׁיִּשָּׁחֵט. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: עַד שֶׁיִּזָּרֵק אֶת הַדָּם.

Michna. On s'inscrit toujours sur lui, tant qu'il y a un kezayit (volume d'une olive) pour chacun.

On s'inscrit et l'on en retire sa main jusqu'à l'abattage. Rabbi Shimon dit : jusqu'à ce que le sang soit jeté.

📜 Rachi (3)
מַתְנֵי' נִמְנִין הָרוֹצֶה לִימָּנוֹת:
Celui qui veut s'inscrire.
וְנִמְשָׁכִין הָרוֹצֶה לִימָּשֵׁךְ:
Celui qui veut se retirer.
עַד שֶׁיִּשָּׁחֵט אֲבָל מִשֶּׁנִּשְׁחַט אֵין נִמְנִין עָלָיו וְאֵין מוֹשְׁכִין הֵימֶנּוּ אַפֵּי' לר"ש דִּפְלִיג וְאָמַר עַד שֶׁיִּזָּרֵק הָא מוֹקֵים דְּלִימָּשֵׁךְ הוּא דִּפְלִיג אֲבָל בְּלִימָּנוֹת מוֹדֶה:
Une fois abattu, on ne s'inscrit plus sur lui et l'on n'en retire plus sa main, même selon Rabbi Shimon, qui diverge et dit : jusqu'à ce que le sang soit jeté. On établit que sa divergence porte sur le retrait, et que sur l'inscription il est d'accord.
💡 Explication

Deux règles. Le nombre d'inscrits va aussi loin qu'il reste un kezayit de viande par personne. S'inscrire, ou retirer sa main, se fait jusqu'à la shehita. Rabbi Shimon dit : jusqu'à la zerika.

Rachi anticipe Abaye. Le "jusqu'au sang" de Rabbi Shimon vise le retrait. Pour s'inscrire, il s'arrête à l'abattage, comme les sages.

21
גְּמָ׳ מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? הָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּאַף עַל גַּב דְּאִימְּנִי עָלָיו חֲבוּרָה זוֹ, חוֹזֶרֶת וְנִמְנִין עָלָיו חֲבוּרָה אַחֶרֶת.

Guemara. Qu'est-ce que cela vient nous apprendre ?

Voici : même si cette havura (groupe) s'y est inscrite, elle se retire, et une autre havura s'y inscrit.

📜 Rachi (1)
גְּמ' דְּאַף עַל גַּב דְּנִמְנִין עָלָיו חֲבוּרָה [זוֹ חוֹזְרִין וְנִמְנִין עָלָיו חֲבוּרָה] אַחֶרֶת כָּל חֲבוּרָה שְׁלֵימָה שֶׁנִּימְנוּ עַל פֶּסַח אֶחָד יִמָּשְׁכוּ כֻּולָּן יְדֵיהֶן הֵימֶנּוּ וּדְלָא כְּר' יְהוּדָה דְּאָמַר לְקַמָּן בְּפֶ' מִי שֶׁהָיָה טָמֵא (פְּסָחִים דַּף צט.) וּבִלְבַד שֶׁיִּהְיֶה א' מִבְּנֵי חֲבוּרָה רִאשׁוֹנָה קַיָּים עָלָיו:
Toute une havura inscrite sur un seul Pessa'h : tous en retirent leur main. Rabbi Yehouda dit plus loin, au chapitre Mi she-haya tamei (Pesachim 99a) : à condition qu'un des membres de la première havura demeure inscrit sur lui.
💡 Explication

"On s'inscrit toujours" semble aller de soi, dans la limite du kezayit. L'enseignement : une havura entière peut quitter le Pessa'h, et une autre prendre toute la place. Rabbi Yehouda, plus loin, exige qu'au moins un inscrit de la première havura reste.

22
נִמְנִין וּמוֹשְׁכִין אֶת יְדֵיהֶן עַד שֶׁיִּשָּׁחֵט וְכוּ׳. אָמַר אַבַּיֵּי: מַחֲלֹוקֶת לִימָּשֵׁךְ,

On s'inscrit et l'on retire sa main jusqu'à l'abattage, etc. Abaye dit : le débat porte sur le retrait.

📜 Rachi (1)
מַחֲלֹוקֶת לִימָּשֵׁךְ בְּהַהִיא קָאָמַר ר"ש עַד שֶׁיִּזָּרֵק:
C'est sur ce point que Rabbi Shimon dit : jusqu'à ce que le sang soit jeté.
💡 Explication

Abaye coupe le débat en deux. Rabbi Shimon et les sages divergent sur le moment où l'on retire sa main. La suite donne le verset, et l'accord de tous sur l'inscription.

23
דְּרַבָּנָן סָבְרִי: ״מִהְיוֹת מֹשֶׁה״ — מֵחַיּוּתֵיהּ דְּשֶׂה. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן סָבַר: מֵהֲוָיָיתֵיהּ דְּשֶׂה. אֲבָל לִימָּנוֹת — דִּבְרֵי הַכֹּל עַד שֶׁיִּשָּׁחֵט, דְּאָמַר קְרָא: ״בְּמִכְסַת נָפְשַׁתְּ״, וַהֲדַר: ״תָּכֹסּוּ״.

Car les Rabbanim tiennent : "mihyot mi-seh", de la vie de l'agneau (me-hayutei de-seh). Et Rabbi Shimon tient : de son cours (me-havayatei de-seh).

Pour s'inscrire, tout le monde s'accorde : jusqu'à l'abattage. Car le verset dit : "be-mikhsat nafshot" (selon le compte des personnes), et ensuite : "takhosu".

📜 Rachi (3)
אִם יְמַעֵט הַבַּיִת אִם בָּאוּ לִימָּעֵט וְלִימָּשֵׁךְ מִהְיוֹת מֹשֶׁה בְּעוֹד הֱיוֹתוֹ לַשֶּׂה יִתְמַעֲטוּ:
S'ils en viennent à diminuer et à se retirer : "mihyot mi-seh", tant qu'il est encore un agneau, ils se retirent.
מֵחַיּוּתֵיהּ בְּעוֹדוֹ בַּחַיִּים:
Tant qu'il est vivant.
מֵהִוְוָיָיתִיהָ קֹודֶם גְּמַר עֲבוֹדוֹתָיו:
Avant la fin de ses avodot (rites).
💡 Explication

Shemot 12:4. mihyot mi-seh porte le retrait. Les Rabbanim lisent 'hayim, la vie : on se retire tant que l'agneau vit, donc jusqu'à la shehita. Rabbi Shimon lit havaya, le cours du rite : tant que l'avoda n'est pas finie, donc jusqu'à la zerika.

L'inscription suit un autre bout du verset. be-mikhsat nafshot vient d'abord : on compte les personnes. Ensuite takhosu, lu comme l'araméen "vous abattrez". Le minouy précède donc la shehita, pour les uns et pour les autres.

🖼️ Schéma
Shemot 12:4, deux lectures mihyot mi-seh, puis be-mikhsat nafshot, puis takhosu Retrait : mihyot mi-seh Rabbanim : me-hayutei tant que l'agneau vit jusqu'à la shehita Rabbi Shimon : me-havayatei tant que le rite se fait jusqu'à la zerika Inscription : l'ordre du verset D'abord : be-mikhsat nafshot le compte des personnes Ensuite : takhosu l'araméen : vous abattrez Tous : minouy avant la shehita Abaye : Rabbi Shimon ne prolonge que le retrait. La baraita : on s'inscrit jusqu'à l'abattage, on se retire jusqu'au sang.
Le même mot fixe le retrait. L'ordre du verset fixe l'inscription.
24
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: נִמְנִין וּמוֹשְׁכִין אֶת יְדֵיהֶן מִמֶּנּוּ עַד שֶׁיִּשָּׁחֵט, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: נִמְנִין עַד שֶׁיִּשָּׁחֵט, וּמוֹשְׁכִין עַד שֶׁיִּזָּרֵק הַדָּם.

On a enseigné de même : on s'inscrit et l'on retire sa main de lui jusqu'à l'abattage. Rabbi Shimon dit : on s'inscrit jusqu'à l'abattage, et l'on retire sa main jusqu'à ce que le sang soit jeté.

💡 Explication

La baraita dit en clair ce qu'Abaye a tiré de la michna. L'inscription s'arrête à la shehita pour tous. Le retrait, selon Rabbi Shimon, va jusqu'à la zerika.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).