Sougya : La michna : celui qui inscrit un autre sur sa part du Pessa'h, la havoura peut lui rendre sa part, et chacun mange la sienne. La Guemara demande si l'on peut dire la même chose à celui qui a de belles mains, c'est-à-dire qui mange beaucoup : il répond qu'on l'a accepté, la havoura répond qu'on ne l'a accepté que pour mettre le sacrifice en règle.
Une baraita tranche : on peut le renvoyer, et même dans une siboulet de l'année. Une autre lecture demande si la havoura peut se partager sans motif.
Récit de Rav Papa, Rav Houna et Ravina. Puis la baraita : l'argent reçu pour inscrire sur le Pessa'h est houlin, alors que vendre son ola ou ses chelamim est nul et l'argent est une amende.
Oula demande comment un hekdesh prend effet sur un hekdesh.
Michna. Celui qui inscrit avec lui un autre sur sa part : les membres de la havoura ont le droit de lui donner la sienne.
Lui mange de la sienne, et eux mangent de la leur.
Un membre inscrit un convive de plus sur sa part, sans l'accord du groupe. La havoura lui rend sa part : il la mange avec ceux qu'il a ajoutés, les autres mangent la leur.
Rachi : ce tana tient que le Pessa'h se mange en deux havourot. On peut donc séparer les mangeurs. Yadayim yafot, les belles mains, viendra juste après : l'expression désigne celui qui mange beaucoup et vite.
Guemara. On leur a posé ce problème : des membres d'une havoura dont l'un avait de belles mains, que dit la halakha, peuvent-ils lui dire : prends ta part et sors ?
Disons-nous qu'il peut leur dire : vous m'avez accepté ? Ou bien peuvent-ils lui dire : quand nous t'avons accepté, c'était pour mettre le sacrifice en règle ; dans l'idée que tu mangerais plus que nous, nous ne t'avons pas accepté.
Yadayim yafot : il prend plus que sa part. Lui invoque kabaltun : l'acceptation était sans limite, au prix convenu. La havoura invoque le tikkun zevicha : on l'a compté pour que le Pessa'h soit mangé, sans notar, à la mesure d'un convive ordinaire.
Viens et entends. Celui qui inscrit d'autres avec lui sur sa part : les membres de la havoura ont le droit de lui donner la sienne.
Lui mange la sienne, et eux mangent la leur. Quelle est la raison ?
N'est-ce pas parce que c'est comme celui dont les mains sont belles ? Et si tu penses que celui aux belles mains peut leur dire : vous m'avez accepté, que celui-ci soit comme celui aux belles mains !
Tentative de preuve par la michna. Inscrire d'autres, c'est faire manger plus qu'une part, comme les belles mains. Si celui-là pouvait dire kabaltun, celui qui inscrit devrait lui aussi garder plus que sa part. La michna le limite : la prétention des belles mains tomberait.
Ils disent : non. Les avis sont un cas à part.
Même si tous deux ne mangent qu'autant qu'un seul membre de la havoura, ils peuvent lui dire : un étranger parmi nous ne nous convient pas.
La preuve tombe. De'ot : des personnes en plus, avec leur volonté propre. Le refus vise l'ish nokhri, l'étranger dans le groupe, même quand la quantité mangée reste celle d'un seul.
Tossefot, au nom du Ri : cette réponse empêche de renverser la déduction. Si l'on disait seulement que kabaltun ne s'applique pas ici, on conclurait que les belles mains, elles, peuvent l'invoquer.
Viens et entends. Le serviteur qui a mangé un kazayit de viande à côté du four : s'il était avisé, il s'en remplit le ventre.
Si les membres de la havoura ont voulu lui faire une faveur, ils viennent, s'assoient à côté de lui et mangent. Paroles de Rabbi Yehouda.
S'ils ont voulu, oui ; s'ils n'ont pas voulu, non. Et pourquoi ?
Qu'il leur dise : vous m'avez accepté.
Le chamach a mangé un kazayit près du four. Le Pessa'h ne se mange pas en deux endroits : s'il est pakah, avisé, il finit là. Rabbi Yehouda : la havoura ne vient s'asseoir près de lui que si elle le veut.
La Guemara voudrait en tirer une preuve : pourquoi ne dit-il pas kabaltun ? Rachi prépare déjà la réponse du segment suivant, et distingue les belles mains : là, on ne s'est pas renseigné, donc on a accepté toute sa façon de manger.
Là-bas, c'est différent. Ils lui disent : quand nous t'avons accepté, c'était dans l'idée que tu te donnerais de la peine devant nous.
Pour que nous nous donnions de la peine pour toi, nous ne t'avons pas accepté.
Le serviteur a été pris pour servir : il se dérange pour la havoura. La havoura n'a pas été prise pour se déplacer vers lui. Le cas ne tranche donc pas celui des belles mains.
Viens et entends. Des membres d'une havoura dont l'un avait de belles mains : ils ont le droit de dire : prends ta part et sors.
Et pas seulement cela : même cinq personnes qui ont fait une siboulet ont le droit de lui dire : prends ta part et sors. Apprends-en.
Baraita explicite. Sur le Pessa'h, on renvoie celui aux belles mains. Velo od : même une siboulet, repas en commun de l'année, entre cinq. Chema mina : la question est tranchée, ils peuvent limiter sa part.
Que signifie : et pas seulement ? Il parle sur le mode : il n'est pas besoin.
Il n'est pas besoin de le dire pour le Pessa'h, car ils peuvent lui dire : quand nous t'avons accepté, c'était pour mettre le sacrifice en règle. Mais même une siboulet, qui n'est que de la compagnie, ils ont le droit de lui dire : prends ta part et sors.
Lo miba'ya : le cas du Pessa'h allait de soi, l'acceptation visait le tikkun zevicha, à la mesure d'un homme. L'enseignement neuf est la siboulet. Là, il n'y a que la tsavta, la compagnie, et Rachi note qu'on aurait pu croire que cette compagnie couvre tout le repas. La baraita dit qu'on peut quand même le renvoyer à sa part.
Il y en a qui disent : ceci ne nous faisait pas problème. Voici plutôt ce qui nous faisait problème : les membres d'une havoura ont-ils le droit de se partager, ou n'ont-ils pas le droit de se partager ?
Seconde version du problème. La question porte sur le partage lui-même : chacun emporte-t-il sa part, ou mange-t-on ensemble, les portions posées devant tous ?
Tossefot : la michna de celui qui inscrit un autre ne suffit pas à trancher, on peut la lire autrement. La baraita tient : une condition de ne pas partager vaudrait même contre les belles mains, car sans glouton on ne partage pas sans l'avoir stipulé.
Viens et entends. Des membres d'une havoura dont l'un avait de belles mains : ils ont le droit de lui dire : prends ta part et sors.
De belles mains, oui ; pas de belles mains, non. Apprends-en.
La baraita ne permet le renvoi à sa part que pour les belles mains. Sans ce motif, la havoura ne se partage pas. Rachi lit ainsi la conclusion : ein resha'in lehalek.
Rav Papa et Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, ont mêlé leur pain l'un avec l'autre. Le temps que Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, en mange une, Rav Papa en mangeait quatre.
Il lui dit : partage-moi. Il lui dit : tu m'as accepté.
Récit. Le pain est en commun. Rav Papa mange quatre parts pendant que Rav Houna en mange une. Rav Houna demande de partager. Rav Papa répond par la formule de la sougya : kabaltun.
Il lui objecta toutes ces objections, et il répondit comme nous avons répondu. Il lui objecta le cas des membres de la havoura.
Il lui dit : là-bas, on lui dit : quand nous t'avons accepté, c'était pour mettre le sacrifice en règle. Il lui objecta la siboulet.
Il partagea avec lui.
Rav Houna reprend les preuves déjà écartées : celui qui inscrit d'autres, le serviteur. Rav Papa répond comme la Guemara. Sur la havoura du Pessa'h, il distingue encore : là, l'acceptation était un tikkun zevicha. Entre eux, dit-il, c'est de la tsavta.
L'objection de la siboulet tient. Rav Papa partage.
Il alla mettre en commun avec Ravina. Le temps que Rav Houna, fils de Rav Yehochoua, en mange une, Ravina en mangeait huit.
Il dit : cent Papa, et pas un seul Ravina.
Rav Houna partage ensuite avec Ravina. Une part contre huit. Le mot est bref : mieux vaut cent Papa qu'un seul Ravina. Rav Papa en mangeait quatre, Ravina huit.
Les Sages ont enseigné. Celui qui inscrit d'autres avec lui sur son Pessa'h et sur sa hagiga : l'argent qui est dans sa main est houlin.
Et celui qui vend son ola et ses chelamim : il n'a rien fait, et tout argent, quel qu'il soit, tombe à la nedava.
Deux règles. Inscrire sur son Pessa'h ou sur la hagiga du 14 est permis : l'argent reçu redevient houlin, la kedoucha est passée sur la bête. Vendre son ola ou ses chelamim ne fait rien : l'offrande reste aux premiers baalim.
Pourtant les pièces tombent à la nedava du public, les caisses appelées chofarot, pour des olot de kayits hamizbeah, le dessert de l'autel. Tossefot : la fin de la baraita vise des pièces qui étaient houlin. Des pièces déjà chelamim ne pourraient pas devenir des olot publiques.
Et puisqu'il n'a rien fait, pourquoi l'argent tomberait-il à la nedava ? Rava a dit : c'est une amende.
Et que signifie : tout ce qu'il y a ? Même s'ils ne valaient que quatre, et qu'on lui en a donné cinq, même sur ce surplus les Sages l'ont aussi amendé.
La vente est nulle, les pièces devraient rester à l'acheteur. Rava : les Sages ont posé un kenas. Le proverbe vise l'acheteur : le trou par où passe la souris. C'est lui qui a voulu acheter le kappara d'un autre.
Kol shehen : le cinquième, au-delà des quatre que valait l'offrande, entre aussi dans l'amende. On ne le traite pas comme un cadeau. L'argent va aux olot volontaires du public.
Oula a dit, et d'aucuns disent Rabbi Ochaya : se peut-il que nos collègues babyloniens connaissent la raison de cette chose ? Celui-ci a mis à part un agneau pour son Pessa'h, et celui-là a mis à part de l'argent pour son Pessa'h.
Comment un hekdesh prend-il effet sur un hekdesh ? Car on enseigne : l'argent qui est dans sa main est houlin.
Oula interroge les Babyloniens. L'un a consacré un agneau comme Pessa'h. L'autre a consacré des pièces pour s'inscrire dessus. La baraita dit que les pièces redeviennent houlin : leur kedoucha est partie. Or un hekdesh ne prend pas sur un hekdesh. Sur une bête houlin, la bête serait saisie à la place des pièces. Ici, rien de profane n'est là pour l'être.
Tossefot : s'il ne réservait rien dans la bête, inscrire quelqu'un après la consécration ferait problème. Réponse : on consacre le Pessa'h avec cette daat, que tous ceux qu'on inscrira en sortent. Le verset velakach hou ouchkheno et takhossou (Chemot 12, 4) couvre même un animal déjà consacré. La question d'Oula reste posée à la fin de l'amoud.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).