Pesachim 90a - Shiour du Pessah, etnan, et pour qui l'on abat

Pesachim 90a

Sougya : Abaye dit ce qu'il aurait fait si Rabbi Ochaya n'avait pas établi la michna de l'etnan comme le cas de celui qui inscrit une prostituée sur son Pessa'h, selon Rabbi. Il l'aurait placée dans les kodachim kalim, selon Rabbi Yossi HaGelili, et il aurait dit que dans le Pessa'h on ne réserve pas, alors que dans l'argent on réserve.

Maintenant que Rabbi Ochaya l'établit ainsi, on apprend que même dans le Pessa'h on réserve. La Guemara cite la michna de Temoura, le kal va-homer sur les oiseaux, puis la baraita im yimat ha-bayit : les Sages limitent l'argent du Pessa'h au besoin de nourriture, Rabbi l'étend au besoin d'achat.

Rabba et Rabbi Zeira situent la divergence. La michna suivante dit pour qui l'on abat : le zav, la chomeret yom keneged yom, la zava.

Rav : on abat et l'on jette le sang pour un tevoul yom et un mehoussar kapara.

Abaye : la michna de l'etnan, avant et après Rabbi OchayaShiour : part laissée hors de la kedoucha pleine.Sans Rabbi OchayaEtnan sur des kodachim kalimselon Rabbi Yossi HaGeliliLa bête est le bien du maîtrePessa'h : pas de shiourArgent : shiour dès le départLa baraita, argent houlin,reste selon RabbiLe shiour est dans les piècesPas selon Rabbi Yossi :vendre ola et chelamim est nulAvec Rabbi OchayaIl inscrit une prostituéesur son Pessa'h, selon RabbiMême le Pessa'h a un shiourCette part est encore à luiL'etnan peut y prendreIl peut vendre une partLes pièces de l'autre étaient houlinLeur kedoucha passe sur le shiourPlus d'objection :hekdesh sur hekdeshQuestion d'Oula, amoud précédentAgneau déjà consacré, pièces déjà consacrées. Comment sortent-elles vers le houlin ?Désormais : Rabbi laisse un shiour dans le Pessa'h. Cette part reçoit la kedoucha des pièces.
Deux lectures d'Abaye. Le shiour passe des pièces au Pessah lui-même.
Etnan et mehir : le double kal va-homerTemoura. Le verset lekol neder ferme chaque sens, puis ouvre la difficulté.1. La michnaMoukdashim : le moum rend passoulL'etnan n'y prend pasOiseaux : le moum ne rend pas passoulÀ plus forte raison, l'etnann'y prendrait paslekol neder inclut les oiseauxLes oiseaux houlin sont interditsà l'autel2. En sens inverseOiseaux : l'etnan y prendMoukdashim : le moum rend passoulÀ plus forte raison, l'etnany prendraitlekol neder exclut le déjà vouéL'animal déjà consacréreste permis à l'autelL'etnan n'y prend pasPourquoi le verset ? L'objection, puis Rabbi OchayaSans neder, on aurait dit : l'interdit de l'etnan prend sur le moukdash.Or un homme n'interdit pas une chose qui n'est pas à lui.Cas vise : il inscrit une prostituée sur son Pessa'h, selon Rabbi.Rabbi y laisse un shiour. Cette part est encore à lui : l'etnan peut y prendre.Le verset reste utile pour les kodachim kalim de Rabbi Yossi HaGelili.
Le verset ferme l'etnan sur les oiseaux, puis l'ouvre sur le déjà voué.
A quoi peut servir l'argent de l'inscriptionRabba et Rabbi Zeira. Deux versions du point de divergence.L'un ditBois pour le rôtir : accordTakanta du Pessa'hcomme le corps du Pessa'hDivergence : matza et marorSages : autre consommationOn n'inscrit pas pour celaRabbi : hekhsher du Pessa'hcomme le corps du Pessa'hOn inscrit, l'argent est houlinL'autre ditMatza et maror : accordVerset : sur matzot et merorimils le mangerontDivergence : tunique, manteauSages : fais vivre l'agneauBesoins du Pessa'h seulementRabbi : fais-toi vivrepar l'agneauMême un vêtementBaraita : Sages, kedei akhila. Rabbi, même kedei makach.S'il n'a pas de quoi, il inscrit un autre sur son Pessa'h et sur sa hagiga.L'argent dans sa main est houlin : Israël a consacré à cette condition.
Bois, matza, maror, tunique : où Sages et Rabbi s'arrêtent.
1
אָמַר אַבַּיֵּי: אִי לָאו דְּאוֹקְמֵיהּ רַבִּי אוֹשַׁעְיָא לְהַהִיא בִּמְמַנֶּה זוֹנָה עַל פִּסְחוֹ וְרַבִּי הִיא, הֲוָה מוֹקֵמְינָא לָהּ לְהַהִיא בְּקָדָשִׁים קַלִּים וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, דְּאָמַר: קָדָשִׁים קַלִּים מָמוֹן בְּעָלִים הוּא,

Abaye a dit : si Rabbi Ochaya n'avait pas établi cela dans le cas de celui qui inscrit une prostituée sur son Pessa'h, et que c'est selon Rabbi, je l'aurais établi dans les kodachim kalim (sacrifices de sainteté légère), selon Rabbi Yossi HaGelili, qui a dit : les kodachim kalim sont le bien des propriétaires,

📜 Rachi (2)
אָמַר אַבָּיֵי אִי לָאו דְּאוֹקְמָא ר' אוֹשַׁעְיָא לְהָא דִּתְנַן לְקַמָּן דְּאֶתְנָן חָל עַל הַמֻּוקְדָּשִׁים בְּמַמְנֶה לְזוּנָהּ עַל פִּסְחוֹ בְּאֶתְנַנָּהּ ואע"ג דְּאֵין אָדָם אוֹסֵר דָּבָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ הָכָא אָמְרִינַן דְּאֶתְנָן חָל עָלָיו:
Abaye a dit : si Rabbi Ochaya n'avait pas établi. Cela qu'on enseigne plus bas : l'etnan (paiement d'une prostituée) prend effet sur les animaux consacrés, dans le cas de celui qui inscrit une prostituée sur son Pessa'h comme paiement. Et bien qu'un homme n'interdise pas une chose qui n'est pas à lui, ici nous disons que l'etnan prend effet sur lui.
וְרַבִּי הִיא דְּאִית לֵיהּ פֶּסַח מָמוֹן בְּעָלִים הוּא דְּאָמַר לְקַמָּן אַף מִכְּדֵי מִקָּח שֶׁאִם יִמְעֲטוּ לוֹ מָעוֹת לְבַעַל הַפֶּסַח לִיקַּח חָלוּק וְטַלִּית מַמְנֶה אֲחֵרִים עִמּוֹ עַל פִּסְחוֹ וְנוֹטֵל מֵהֶן מָעוֹת וְעוֹשֶׂה צְרָכָיו אַלְמָא שֶׁלּוֹ הוּא וְיָכוֹל לְאָוסְרוֹ אִי לָאו דְּאוֹקְמָא רַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּמַסֶּכֶת תְּמוּרָה לְהַהִיא כִּדְפָרֵישִׁית אֲנָא הָיִיתִי מוּקֵי לָהּ הַהִיא דְּאֶתְנָן בְּקָדָשִׁים קַלִּים שֶׁנָּתַן לָהּ שְׁלָמִים בְּאֶתְנַנָּהּ וְיֵשׁ בְּיָדוֹ לְאָוסְרָן וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי הִיא דְּאָמַר בְּפֶרֶק קַמָּא דב"ק (דַּף יב:) קָדָשִׁים קַלִּים מָמוֹן בְּעָלִים הֵם וְהַאי מַתְנִיתָא דִּלְעֵיל דְּקָתָנֵי מָעוֹת חֻולִּין הֲוָה מוֹקְמִינָא כְּרַבִּי וַהֲוָה אָמֵינָא דְּהָא דְּשָׁרֵי רַבִּי לַעֲשׂוֹת צְרָכָיו בְּמָעוֹת לָאו מִשּׁוּם דְּפֶסַח אִית בֵּיהּ שִׁיּוּר בִּקְדֻושָּׁתוֹ לִיתָּפֵס קְדֻושַּׁת הַמָּעוֹת בְּחֻולִּין שֶׁבּוֹ אֶלָּא מִשּׁוּם דְּזֶה שֶׁמַּפְרִישׁ הַמָּעוֹת שִׁיֵּיר בִּקְדֻושָּׁתוֹ לְתִתָּם מַתַּת חֻולִּין לְבַעַל הַפֶּסַח וְהָא לֵיכָּא לְאוֹקְמֵי כְּר' יוֹסֵי דְּהָא קָתָנֵי בִּשְׁלָמִים לֹא עָשָׂה כְּלוּם וְהַהִיא דְּאֶתְנָן כַּר' וּבְפֶסַח לֹא הָיִיתִי מוּקֵי לָהּ דְּלָא הֲוָה סָלְקָא דַּעְתַּאי דְּפֶסַח לְרַבִּי מָמוֹן בְּעָלִים הוּא שֶׁיְּהֵא בְּיָדוֹ לְאָוסְרוֹ:
Et c'est Rabbi. Il tient que le Pessa'h est le bien des propriétaires. Il dit plus bas : même selon la mesure de l'achat. Si l'argent manque au maître du Pessa'h pour acheter une tunique et un manteau, il inscrit d'autres avec lui sur son Pessa'h, prend d'eux de l'argent et pourvoit à ses besoins. Il en sort que c'est à lui, et qu'il peut l'interdire. Si Rabbi Ochaya, dans le traite Temoura, n'avait pas établi cela comme je l'ai expliqué, j'aurais établi ce cas de l'etnan dans les kodachim kalim : il lui a donné des chelamim en paiement, et il a en main de les interdire. Et c'est Rabbi Yossi HaGelili, qui a dit au premier chapitre de Bava Kama (12b) : les kodachim kalim sont le bien des propriétaires. Et cette michna d'en haut, qui enseigne que l'argent est houlin, je l'aurais établie selon Rabbi. Et j'aurais dit : Rabbi permet d'employer l'argent pour ses besoins parce que celui qui met les pièces à part a réservé dans leur sainteté, pour les donner en don de houlin au maître du Pessa'h. Je n'aurais pas dit que le Pessa'h a en lui une réserve dans sa sainteté, de sorte que la sainteté des pièces prendrait dans le houlin qui est en lui. Et l'on ne peut pas établir cela selon Rabbi Yossi, puisqu'on enseigne : pour les chelamim, il n'a rien fait. Et ce cas de l'etnan, selon Rabbi et dans le Pessa'h, je ne l'aurais pas établi : il ne me serait pas venu à l'esprit que le Pessa'h, selon Rabbi, soit le bien des propriétaires, au point qu'il ait en main de l'interdire.
💡 Explication

Suite du daf précédent. Oula demandait comment un hekdesh prend sur un hekdesh : les pièces mises à part pour le Pessa'h redeviennent houlin, alors que l'agneau est déjà consacré. Abaye dit d'abord ce qu'il aurait pensé sans Rabbi Ochaya.

La michna de l'etnan, il l'aurait lue sur des kodachim kalim, selon Rabbi Yossi HaGelili : la bête reste le bien du maître, il peut donc l'interdire. La baraita où l'argent reçu est houlin, il l'aurait laissée à Rabbi, avec un shiour dans les pièces seulement, pas dans le corps du Pessa'h. Rabbi Yossi ne peut pas porter cette baraita : elle dit que vendre ses chelamim ne fait rien.

2
אֲבָל בְּפֶסַח לָא מְשַׁייַּר אִינִישׁ, בְּמָעוֹת וַדַּאי מְשַׁיַּיר אִינִישׁ, דְּמֵעִיקָּרָא כִּי מַפְרֵישׁ לְהוּ — אַדַּעְתָּא דְּהָכִי מַפְרֵישׁ לְהוּ.

mais dans le Pessa'h un homme ne réserve pas. Dans l'argent, un homme réserve certainement, car au départ, quand il les met à part, c'est dans cette intention qu'il les met à part.

📜 Rachi (1)
דְּלָא מְשַׁייֵּר אִינִישׁ בִּקְדֻושַּׁת הַגּוּף דִּבְהֵמָה וְטַעֲמָא דְּרַבִּי דְּאָמַר אַף מִכְּדֵי מִקָּח מִשּׁוּם דִּבְמָעוֹת מְשַׁיֵּיר אִינִישׁ לְתִתָּם מַתַּת חֻולִּין בְּחֶזְקַת חֻולִּין וּמֵעִיקָּרָא אַדַּעְתָּא דְּהָכִי אַפְרְשִׁינְהוּ וּמִשּׁוּם הָכִי חֻולִּין הֵם דְּזֶה שֶׁהִפְרִישׁ לְפִסְחוֹ וְאַחַר כָּךְ הֵימֶנָּה אֲחֵרִים עִמּוֹ מַתָּנָה בְּעָלְמָא הוּא דְּיָהֵיב לְהוּ וְהָנָךְ יְהַבוּ לֵיהּ מִמְּעוֹת חֻולִּין מַתָּנָה וְהַמַּמְנֶה זוֹנָה מַתָּנָה הוּא שֶׁאֵין בְּיָדוֹ לְמָוכְרוֹ וְאֵין אֶתְנָן חָל עָלָיו:
Qu'un homme ne réserve pas : dans la sainteté du corps de la bête. Et le motif de Rabbi, qui a dit même selon la mesure de l'achat : dans l'argent, un homme réserve, pour les donner en don de houlin, dans leur statut de houlin. Et au départ, c'est dans cette intention qu'il les a mis à part. C'est pourquoi ils sont houlin. Car celui qui a mis à part pour son Pessa'h, puis a inscrit d'autres avec lui, ne fait que donner un don. Et ceux-là lui ont donné un don, en argent houlin. Et celui qui inscrit une prostituée : c'est un don. Il n'a pas en main de le vendre, et l'etnan ne prend pas effet sur lui.
💡 Explication

Le shiour est une réserve laissée dans la kedoucha. Dans la bête du Pessa'h, Abaye n'en laissait pas : la kedoushat ha-gouf (sainteté du corps) est entière. Dans les pièces, il en laisse une dès la mise à part : elles pourront revenir en houlin.

Sans shiour dans la bête, inscrire quelqu'un est un don, pas une vente. L'etnan, qui est un salaire, ne prendrait donc pas sur le Pessa'h. C'est pourquoi Abaye n'aurait pas placé la michna de l'etnan sur le Pessa'h.

3
וְהָא רַבִּי הִיא, וּמִשּׁוּם הָכִי מָעוֹת שֶׁבְּיָדוֹ חֻולִּין, דִּבְפֶסַח לָא מְשַׁייֵּר אִינִישׁ, וּבְמָעוֹת וַדַּאי מְשַׁיַּיר אִינִישׁ.

Et celle-ci est selon Rabbi. C'est pourquoi l'argent qui est dans sa main est houlin : dans le Pessa'h un homme ne réserve pas, et dans l'argent un homme réserve certainement.

💡 Explication

Celle-ci : la baraita où l'argent reçu pour une inscription est houlin. Abaye la maintient selon Rabbi, par le shiour des pièces, sans shiour dans l'agneau.

4
וְהָהִיא דְּקָא מוֹקֵי לַהּ רַבִּי אוֹשַׁעְיָא כְּרַבִּי — לָא מוֹקֵמְינָא לֵיהּ אֲנָא כְּרַבִּי, דִּבְפֶסַח לָא מְשַׁיֵּיר אִינִישׁ — וּבְמָעוֹת מְשַׁיֵּיר אִינִישׁ. דְּמֵעִיקָּרָא כִּי מַפְרֵישׁ לְהוּ — אַדַּעְתָּא דְּהָכִי מַפְרֵישׁ לְהוּ.

Et ce que Rabbi Ochaya établit selon Rabbi, moi je ne l'aurais pas établi selon Rabbi, car dans le Pessa'h un homme ne réserve pas, et dans l'argent il réserve. Car au départ, quand il les met à part, c'est dans cette intention qu'il les met à part.

💡 Explication

La michna que Rabbi Ochaya lit comme Rabbi et comme un Pessa'h, Abaye ne l'aurait pas lue ainsi. Chez Rabbi, tel qu'Abaye le prenait, le Pessa'h n'a pas de shiour : le maître ne peut pas l'interdire. Le shiour qu'Abaye lui prêtait ne porte que sur l'argent mis à part.

5
וְהָא לֵיכָּא לְאוֹקֹמֵי כְּרַבִּי יוֹסֵי, דְּהָא תָּנֵי בָּהּ: וְהַמּוֹכֵר עוֹלָתוֹ וּשְׁלָמָיו — לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם.

Et l'on ne peut pas l'établir selon Rabbi Yossi, puisqu'on enseigne en elle : et celui qui vend son ola et ses chelamim n'a rien fait.

💡 Explication

La même baraita écarte Rabbi Yossi HaGelili. Pour lui, les chelamim sont le bien du maître : la vente tiendrait. Or elle dit que vendre son ola (holocauste) et ses chelamim (offrandes de paix) ne fait rien.

6
וְהַשְׁתָּא דְּאוֹקְמֵיהּ רַבִּי אוֹשַׁעְיָא לְהַהִיא בִּמְמַנֶּה זוֹנָה עַל פִּסְחוֹ, וְרַבִּי הִיא, שְׁמַע מִינַּהּ דִּסְבִירָא לֵיהּ אֲפִילּוּ בְּפִסְחוֹ מְשַׁיַּיר אִינִישׁ.

Et maintenant que Rabbi Ochaya a établi cela dans le cas de celui qui inscrit une prostituée sur son Pessa'h, et que c'est selon Rabbi, apprends-en qu'il tient que même dans son Pessa'h un homme réserve.

📜 Rachi (1)
וְהַשְׁתָּא דְּאוֹקְמָא ר' אוֹשַׁעְיָא לְהַהוּא בִּמְמַנֶּה זוֹנָה עַל פִּסְחוֹ אַלְמָא קָא סָבַר ר' אוֹשַׁעְיָא פֶּסַח גּוּפֵיהּ לֵר' מָמוֹן בְּעָלִים וְשָׁמְעִינַן מִינָּהּ דְּאַפֵּי' בְּפֶסַח מְשַׁייֵּר אִינִישׁ כָּל שֶׁכֵּן מָעוֹת וכ"ש דְּמָצֵינַן לְאוֹקְמָא לְהַךְ דְּקָתָנֵי מָעוֹת שֶׁבְּיָדוֹ חֻולִּין כְּרַבִּי דְּהָא פֶּסַח חֻולִּין הוּא וְיָכוֹל לְמָוכְרוֹ וּמָעוֹת שֶׁל אוֹתָן אֲחֵרִים חֻולִּין הֲוָה וְלֵיכָּא לְאַקְשׁוֹיֵי הֵיאַךְ הֶקְדֵּשׁ חָל עַל הֶקְדֵּשׁ לָצֵאת לְחֻולִּין:
Et maintenant que Rabbi Ochaya a établi cela dans le cas de celui qui inscrit une prostituée sur son Pessa'h. Il en sort que Rabbi Ochaya tient : le Pessa'h lui-même, selon Rabbi, est le bien des propriétaires. Et nous apprenons de là que même dans le Pessa'h un homme réserve, à plus forte raison dans l'argent. Et à plus forte raison nous pouvons établir selon Rabbi ce qui enseigne que l'argent dans sa main est houlin : le Pessa'h est houlin, il peut le vendre, et l'argent de ces autres était houlin. Et il n'y a pas à objecter : comment un hekdesh prend-il effet sur un hekdesh pour sortir vers le houlin ?
💡 Explication

Le tournant du daf. Puisque Rabbi Ochaya fait porter l'etnan sur une inscription au Pessa'h, et qu'il l'attribué à Rabbi, Rabbi tient qu'on réserve même dans le Pessa'h. Une part de l'agneau reste disponible.

La question d'Oula se dénoue. Les pièces hekdesh ne prennent pas sur un hekdesh entier. Elles prennent sur le shiour, la part encore houlin. Vendre cette part est possible, et l'argent reçu est houlin.

7
מַאי הִיא דְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא, דִּתְנַן: נָתַן לָהּ מֻוקְדָּשִׁין בְּאֶתְנַנָּהּ — הֲרֵי אֵלּוּ מֻותָּרִין.

Qu'est-ce que cela, de Rabbi Ochaya ? Comme nous l'avons appris : s'il lui a donné des animaux consacrés en etnan, les voici permis.

📜 Rachi (1)
הֲרֵי אֵלּוּ מֻותָּרִין כִּדְיָלֵיף לְקַמָּן:
Les voici permis : comme on le dérive plus bas.
💡 Explication

Michna de Temoura. Un animal déjà moukdash (consacré), donné ensuite en paiement à une prostituée, reste permis à l'autel. L'interdit de l'etnan ne prend pas sur lui. La suite dit pourquoi, et où Rabbi Ochaya place le cas.

8
עוֹפוֹת דְּחֻולִּין — הֲרֵי אֵלּוּ אֲסוּרִין. שֶׁהָיָה בַּדִּין: וּמָה אִם מֻוקְדָּשִׁים שֶׁהַמּוּם פּוֹסֵל בָּהֶן — אֵין אֶתְנַן וּמְחִיר חָל עֲלֵיהֶן, עוֹפוֹת שֶׁאֵין הַמּוּם פּוֹסֵל בָּהֶן — אֵינוֹ דִּין שֶׁאֵין אֶתְנַן וּמְחִיר חָל עֲלֵיהֶן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לְכָל נֶדֶר״ — לְרַבּוֹת אֶת הָעוֹפוֹת.

Des oiseaux houlin : les voici interdits. Car il y avait un raisonnement : si les animaux consacrés, que le moum (défaut) rend passoul (invalide), l'etnan et le mehir (prix d'un chien) ne prennent pas effet sur eux, les oiseaux, que le moum ne rend pas passoul, n'est-ce pas une conséquence que l'etnan et le mehir ne prennent pas effet sur eux ?

L'écriture l'enseigne : "pour tout neder" (vœu), pour inclure les oiseaux.

📜 Rachi (3)
עוֹפוֹת תּוֹרִים וּבְנֵי יוֹנָה שֶׁאֵינָן מֻוקְדָּשִׁין:
Oiseaux : tourterelles et jeunes pigeons qui ne sont pas consacrés.
שֶׁהַמּוּם פּוֹסֵל בָּהֶם אַף מִשֶּׁהֻוקְדְּשׁוּ אֵין אֶתְנָן חָל עֲלֵיהֶם כִּדְיָלֵיף לְקַמָּן:
Que le défaut les invalide : même une fois qu'ils ont été consacrés, l'etnan ne prend pas effet sur eux, comme on le dérive plus bas.
עוֹפוֹת חֻולִּין שֶׁמּוּם אֵין פּוֹסֵל בָּהֶן מִלְּהַקְדִּישָׁם דְּלָא נֶאֱמַר תַּמּוּת וְזַכְרוּת בְּעוֹפוֹת אֵינוֹ דִּין כוּ':
Oiseaux : des houlin. Un moum ne les invalide pas pour les consacrer, puisqu'on n'a pas exige pour les oiseaux l'intégrité et le fait d'être mâle. N'est-ce pas une conséquence, etc.
💡 Explication

Les oiseaux houlin donnés en etnan ou en mehir sont interdits à l'autel. Le raisonnement aurait conduit à les permettre : le moukdash, plus grave puisque le moum l'invalide, échappe pourtant à l'etnan. Les oiseaux, que le moum n'invalide pas, auraient dû y échapper aussi.

Le verset lekol neder (Devarim 23, 19) vient inclure les oiseaux. Rachi : tourterelles et jeunes pigeons, et l'on n'exige pas d'eux d'être mâles et sans défaut.

9
קַל וָחֹומֶר לַמֻּוקְדָּשִׁין מֵעַתָּה: מָה עוֹפוֹת שֶׁאֵין הַמּוּם פּוֹסֵל בָּהֶן — אֶתְנַן וּמְחִיר חָל עֲלֵיהֶן, מֻוקְדָּשִׁין שֶׁהַמּוּם פּוֹסֵל בָּהֶן — אֵינוֹ דִּין שֶׁאֶתְנַן וּמְחִיר חָל עֲלֵיהֶן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לְכָל נֶדֶר״ — פְּרָט לִנְדֹּור.

Un kal va-homer (à plus forte raison) pour les animaux consacrés, dès lors : si les oiseaux, que le moum n'invalide pas, l'etnan et le mehir prennent effet sur eux, les animaux consacrés, que le moum invalide, n'est-ce pas une conséquence que l'etnan et le mehir prennent effet sur eux ? L'écriture l'enseigne : "pour tout neder", à l'exclusion de ce qui est déjà voué.

📜 Rachi (1)
קַל וָחֹומֶר לַמֻּוקְדָּשִׁין מֵעַתָּה שֶׁיָּחוּל אֶתְנָן עֲלֵיהֶן:
Un kal va-homer pour les animaux consacrés, dès lors : pour que l'etnan prenne effet sur eux.
💡 Explication

Une fois les oiseaux interdits, le raisonnement se retourne. Si l'etnan prend sur eux, que le moum n'invalide pas, il devrait prendre sur le moukdash, que le moum invalide.

Le même lekol neder ferme ce sens : il exclut le nadour, ce qui est déjà voué et consacré. L'animal moukdash donné ensuite en etnan reste offert.

🖼️ Schéma
Etnan et mehir : le double kal va-homerTemoura. Le verset lekol neder ferme chaque sens, puis ouvre la difficulté.1. La michnaMoukdashim : le moum rend passoulL'etnan n'y prend pasOiseaux : le moum ne rend pas passoulÀ plus forte raison, l'etnann'y prendrait paslekol neder inclut les oiseauxLes oiseaux houlin sont interditsà l'autel2. En sens inverseOiseaux : l'etnan y prendMoukdashim : le moum rend passoulÀ plus forte raison, l'etnany prendraitlekol neder exclut le déjà vouéL'animal déjà consacréreste permis à l'autelL'etnan n'y prend pasPourquoi le verset ? L'objection, puis Rabbi OchayaSans neder, on aurait dit : l'interdit de l'etnan prend sur le moukdash.Or un homme n'interdit pas une chose qui n'est pas à lui.Cas vise : il inscrit une prostituée sur son Pessa'h, selon Rabbi.Rabbi y laisse un shiour. Cette part est encore à lui : l'etnan peut y prendre.Le verset reste utile pour les kodachim kalim de Rabbi Yossi HaGelili.
Deux kal va-homer. Le verset inclut les oiseaux, puis exclut le déjà voué.
10
אֶלָּא טַעְמָא דִּכְתַב רַחֲמָנָא ״נֶדֶר״, הָא לָאו הָכִי, הֲוָה אָמֵינָא מֻוקְדָּשִׁים חָל אִיסּוּר אֶתְנַן עֲלֵיהֶן, וְהָא אֵין אָדָם אוֹסֵר דָּבָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ!

Mais le motif, c'est que le Miséricordieux a écrit "neder". Sans cela, j'aurais dit : sur les animaux consacrés, l'interdit de l'etnan prend effet.

Or un homme n'interdit pas une chose qui n'est pas à lui !

📜 Rachi (1)
אֶלָּא טַעְמָא כו' פִּירְכָא הוּא:
Mais le motif, etc. : c'est une objection.
💡 Explication

Si le verset est nécessaire pour exclure le moukdash, c'est qu'autrement l'etnan y aurait pris. Cela heurte la règle : ein adam oser davar she-eino shelo, un homme n'interdit pas le bien d'autrui. Une bête consacrée n'est plus à lui.

Rachi appelle cela une pirkha, une objection. La réponse vient au segment suivant : le cas n'est pas une bête déjà entièrement à l'autel.

11
אָמַר רַבִּי אוֹשַׁעְיָא: בִּמְמַנֶּה זוֹנָה עַל פִּסְחוֹ, וְרַבִּי הִיא.

Rabbi Ochaya a dit : dans le cas de celui qui inscrit une prostituée sur son Pessa'h, et c'est selon Rabbi.

💡 Explication

Réponse de Rabbi Ochaya. On parle d'un maître qui inscrit la prostituée sur son Pessa'h, en paiement, et la michna suit Rabbi. Chez lui, le Pessa'h garde un shiour : cette part est encore à lui, et l'etnan peut y prendre. La règle "on n'interdit pas le bien d'autrui" ne barre plus le cas.

12
מַאי רַבִּי? דְּתַנְיָא: ״אִם יִמְעַט הַבַּיִת מִהְיוֹת מִשֶּׂה״, הַחֲייֵהוּ מֹשֶׁה. מִכְּדֵי אֲכִילָה, וְלֹא מִכְּדֵי מִקָּח.

Qu'est-ce que Rabbi ? Comme on l'a enseigné : "si la maison est trop réduite pour un agneau", fais-le vivre par l'agneau.

Selon la mesure de la nourriture, et non selon la mesure de l'achat.

📜 Rachi (3)
וְאִם יְמַעֵט הַבַּיִת וְגוֹ' אִם יִהְיוּ מָעוֹת מוּעָטִין לְבַעַל הַפֶּסַח מִהְיוֹת מֹשֶׁה שֶׁאֵין לוֹ בַּמֶּה לִקְנוֹת לְצָורְכֵי הַפֶּסַח וְלָקַח הוּא וּשְׁכֵנוֹ הַקָּרֹוב אֶל בֵּיתוֹ יִקַּח מָעוֹת מִשְׁכְּנוֹ וְיַמְנֶנּוּ עַל פִּסְחוֹ וְיִקַּח מִן הַמָּעוֹת מַה שֶׁהוּא צָרִיךְ לְפֶסַח:
Et si la maison est trop réduite, etc. Si l'argent est peu pour le maître du Pessa'h, "pour un agneau", qu'il n'a pas de quoi acheter les besoins du Pessa'h, alors il prendra, lui et son voisin proche de sa maison : il prend de l'argent de son voisin, l'inscrit sur son Pessa'h, et prend dans cet argent ce dont il a besoin pour le Pessa'h.
מִכְּדֵי אֲכִילָה אִם יֶחְסַר לוֹ מָעוֹת שֶׁאֵין לוֹ בַּמֶּה לִיקַּח צָורְכֵי אֲכִילַת הַפֶּסַח כְּגוֹן עֵצִים לִצְלוֹתוֹ רַשַּׁאי הוּא לְמָוכְרוֹ:
Selon la mesure de la nourriture. S'il lui manque de l'argent, qu'il n'a pas de quoi acheter les besoins de la consommation du Pessa'h, par exemple du bois pour le rôtir, il a le droit de le vendre.
וְלֹא מִכְּדֵי מִקָּח שֶׁאִם אֵין לוֹ מָעוֹת לִסְחוֹרָה אֵינוֹ רַשַּׁאי לִמְכֹּור פִּסְחוֹ לְכָךְ:
Et non selon la mesure de l'achat. S'il n'a pas d'argent pour une marchandise, il n'a pas le droit de vendre son Pessa'h pour cela.
💡 Explication

D'où sait-on que Rabbi laisse un usage large du Pessa'h ? Baraita sur Chemot 12, 4 : im yimat ha-bayit miheyot miseh. On lit miheyot miseh comme hahayehu miseh : fais-le subsister par l'agneau. Il inscrit un voisin et emploie l'argent reçu.

Les Sages limitent : kedei akhila, la mesure de ce qu'on mange avec le Pessa'h, comme le bois pour le rôtir. Kedei makach, la mesure de l'achat, par exemple une marchandise, reste ferme.

13
רַבִּי אוֹמֵר: אַף מִכְּדֵי מִקָּח, שֶׁאִם אֵין לוֹ — מְמַנֶּה אַחֵר עִמּוֹ עַל פִּסְחוֹ וְעַל חֲגִיגָתוֹ, וּמָעוֹת שֶׁבְּיָדוֹ חֻולִּין, שֶׁעַל מְנָת כֵּן הִקְדִּישׁוּ יִשְׂרָאֵל אֶת פִּסְחֵיהֶן.

Rabbi dit : même selon la mesure de l'achat. Car s'il n'en a pas, il inscrit un autre avec lui sur son Pessa'h et sur sa hagiga, et l'argent qui est dans sa main est houlin, car c'est à cette condition qu'Israël a consacré ses Pessahim.

💡 Explication

Rabbi étend la permission à kedei makach. L'inscrit paie une part du Pessa'h et de la hagiga (offrande de fête du 14). Les pièces dans la main du maître sont houlin. La condition de la consécration, chez Israël, couvrait cet usage.

14
רַבָּה וְרַבִּי זֵירָא, חַד אָמַר: בְּעֵצִים לִצְלִיָּיתוֹ כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי, דְּכֵיוָן דְּתַקַּנְתָּא דְפֶסַח הוּא — כְּגוּפָא דְּפֶסַח דָּמֵי. כִּי פְּלִיגִי בְּמַצָּה וּמָרוֹר.

Rabba et Rabbi Zeira. L'un a dit : pour le bois servant à le rôtir, tout le monde est d'accord, puisque c'est un aménagement du Pessa'h, c'est comme le corps du Pessa'h.

Ils divergent sur la matza et le maror.

📜 Rachi (1)
כו"ע לָא פְלִיגִי דְּיָכוֹל לְהִימָּנוֹת אֲחֵרִים לִיקַּח בְּמָעוֹת עֵצִים:
Tout le monde est d'accord : il peut inscrire d'autres, pour acheter du bois avec l'argent.
🗂️ Tossefot (1)
כִּי פְּלִיגִי בְּמַצָּה וּמָרוֹר לְהַאי לִישָּׁנָא צָרִיךְ לוֹמַר דְּהַךְ דְּאֶתְנָן אָתְיָא כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי דְּאָמַר קָדָשִׁים קַלִּים מָמוֹן בְּעָלִים הוּא לְהָכִי אִיצְטְרִיךְ לְכָל נֶדֶר אֲבָל כְּרַבִּי לָא מִתּוֹקְמָא כֵּיוָן דְּסָבַר לְהַאי לִישָּׁנָא דְּפֶסַח לֹא מְשַׁייֵּר אֶלָּא בְּמַצָּה וּמָרוֹר לְחוּדֵיהּ וּמִיהוּ הַהִיא דִּלְעֵיל דְּקָתָנֵי מָעוֹת שֶׁבְּיָדוֹ חֻולִּין הַיְינוּ חֻולִּין לְעִנְיַן מַצָּה וּמָרוֹר דִּכְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי לָא מִיתּוֹקְמָא דְּקָתָנֵי לֹא עָשָׂה וְלֹא כְלוּם:
Ils divergent sur la matza et le maror. Selon cette version, il faut dire que ce cas de l'etnan vient selon Rabbi Yossi HaGelili, qui a dit : les kodachim kalim sont le bien des propriétaires. C'est pourquoi il a fallu "pour tout neder". Selon Rabbi, cela ne s'établit pas : selon cette version, il tient que dans le Pessa'h on ne réserve que pour la matza et le maror seulement. Toutefois, ce qui est dit plus haut, l'argent dans sa main est houlin, vise le houlin pour la matza et le maror. Et selon Rabbi Yossi HaGelili cela ne s'établit pas, puisqu'on enseigne : il n'a rien fait.
💡 Explication

Première version de Rabba et Rabbi Zeira. Le bois du rôtissage est une takanta du Pessa'h : Sages et Rabbi permettent d'inscrire quelqu'un pour l'acheter. La divergence commence à la matza et au maror.

Tossefot : dans cette version, Rabbi ne laisse un shiour que pour matza et maror. Ce n'est pas assez pour faire porter l'etnan sur le Pessa'h. La michna de l'etnan reste donc chez Rabbi Yossi HaGelili, d'où le besoin du verset. La baraita de l'argent houlin reste chez Rabbi, limitée à la matza et au maror.

15
רַבָּנָן סָבְרִי: הָא אֲכִילָה אַחֲרִיתִי הִיא. וְרַבִּי סָבַר: כֵּיוָן דְּהֶכְשֵׁירוֹ דְפֶסַח הוּא — כְּגוּפָא דְּפֶסַח דָּמֵי.

Les Sages tiennent : c'est une autre consommation. Et Rabbi tient : puisque c'est un habilitant du Pessa'h, c'est comme le corps du Pessa'h.

💡 Explication

Sur la matza et le maror, dans cette première version. Les Sages : c'est une akhila aheriti, une autre consommation, distincte du Pessa'h. On n'inscrit pas un homme pour l'acheter. Rabbi : c'est le hekhsher du Pessa'h, ce qui le rend propre à être mange. Cela équivaut au corps du Pessa'h.

16
וְחַד אָמַר: בְּמַצָּה וּמָרוֹר נָמֵי כֻּולֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי, דִּכְתִיב: ״עַל מַצּוֹת וּמְרֹרִים יֹאכְלֻהוּ״, דְּכֵיוָן דְּמַכְשִׁירִין דְפֶסַח נִינְהוּ — כַּפֶּסַח דָּמֵי. כִּי פְּלִיגִי לִיקַּח בּוֹ חָלוּק, לִיקַּח בּוֹ טַלִּית. רַבָּנָן סָבְרִי: ״מִהְיוֹת מֹשֶׁה״ אֲמַר רַחֲמָנָא, הַחֲייֵהוּ לָשָׁה, וְרַבִּי סָבַר: הַחַיָּה עַצְמְךָ מֹשֶׁה.

Et l'autre a dit : pour la matza et le maror aussi, tout le monde est d'accord, car il est écrit : "c'est sur des matzot et des herbes amères qu'ils le mangeront", puisque ce sont des habilitants du Pessa'h, c'est comme le Pessa'h. Ils divergent pour acheter avec cela une tunique, pour acheter avec cela un manteau.

Les Sages tiennent : "pour un agneau", a dit le Miséricordieux, fais-le vivre pour l'agneau. Et Rabbi tient : fais-toi vivre par l'agneau.

📜 Rachi (1)
הַחֲייֵהוּ לָשָׁהּ עֲשֵׂה צָורְכֵי הַפֶּסַח מִן הַמָּעוֹת:
Fais-le vivre pour l'agneau : pourvois aux besoins du Pessa'h avec l'argent.
🗂️ Tossefot (1)
הַחַיָּה עַצְמְךָ מֹשֶׁה תֵּימַהּ כֵּיוָן דְּמִקְּרָא נָפֵיק מַה צָרִיךְ לְטַעְמָא שֶׁעַל מְנָת כֵּן הִקְדִּישׁוּ יִשְׂרָאֵל פִּסְחֵיהֶם וְיֵשׁ לוֹמַר דְּקָא מַשְׁמַע לָן קְרָא דְּדַעְתּוֹ לְכָךְ:
Fais-toi vivre par l'agneau. Difficulté : puisque cela sort du verset, à quoi sert le motif "c'est à cette condition qu'Israël a consacré ses Pessahim" ? On peut dire : le verset nous apprend que son intention va à cela.
💡 Explication

Seconde version. Matza et maror sont dans le verset, Bamidbar 9, 11 : ce sont des makhshirin du Pessa'h. Accord pour inscrire quelqu'un afin de les acheter.

La divergence porte sur une tunique et un manteau. Les Sages lisent hahayehu la-se : fais vivre l'agneau, ses besoins seulement. Rabbi lit hahaye atzmekha mi-se : fais-toi vivre toi-même par l'agneau.

Tossefot : le verset et la formule "c'est à cette condition qu'ils ont consacré" disent la même daat. Le verset apprend que telle était l'intention au moment de la consécration.

🖼️ Schéma
A quoi peut servir l'argent de l'inscriptionRabba et Rabbi Zeira. Deux versions du point de divergence.L'un ditBois pour le rôtir : accordTakanta du Pessa'hcomme le corps du Pessa'hDivergence : matza et marorSages : autre consommationOn n'inscrit pas pour celaRabbi : hekhsher du Pessa'hcomme le corps du Pessa'hOn inscrit, l'argent est houlinL'autre ditMatza et maror : accordVerset : sur matzot et merorimils le mangerontDivergence : tunique, manteauSages : fais vivre l'agneauBesoins du Pessa'h seulementRabbi : fais-toi vivrepar l'agneauMême un vêtementBaraita : Sages, kedei akhila. Rabbi, même kedei makach.S'il n'a pas de quoi, il inscrit un autre sur son Pessa'h et sur sa hagiga.L'argent dans sa main est houlin : Israël a consacré à cette condition.
Deux versions : la divergence commence à la matza, ou seulement au vêtement.
17
וּלְאַבַּיֵּי דְּאָמַר: אִי לָאו דְּאוֹקְמָה רַבִּי אוֹשַׁעְיָא לְהַהִיא בִּמְמַנֶּה זוֹנָה עַל פִּסְחוֹ וְרַבִּי הִיא, הֲוֵי מוֹקְמִינַן לַהּ בְּקָדָשִׁים קַלִּים וְאַלִּיבָּא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, דְּאָמַר קָדָשִׁים [קַלִּים] מָמוֹן בְּעָלִים הוּא, אֲבָל בְּפֶסַח לָא מְשַׁיַּיר אִינִישׁ —

Et selon Abaye, qui a dit : si Rabbi Ochaya n'avait pas établi cela dans le cas de celui qui inscrit une prostituée sur son Pessa'h, et que c'est selon Rabbi, nous l'aurions établi dans les kodachim kalim, selon Rabbi Yossi HaGelili, qui a dit : les kodachim [kalim] sont le bien des propriétaires, mais dans le Pessa'h un homme ne réserve pas,

📜 Rachi (1)
וּלְאַבַּיֵּי דְּאָמַר לְעֵיל אַלִּיבָּא דְּרַבִּי בְּפֶסַח לָא מְשַׁייַּר אִינִישׁ הָא קָתָנֵי שֶׁעַל מְנַת כו' אַלְמָא פֶּסַח גּוּפֵיהּ מָמוֹן בְּעָלִים הוּא:
Et selon Abaye, qui a dit. Plus haut, selon Rabbi, dans le Pessa'h un homme ne réserve pas. Or on enseigne : c'est à cette condition, etc. Il en sort que le Pessa'h lui-même est le bien des propriétaires.
💡 Explication

Retour sur la première position d'Abaye. Il refusait un shiour dans le Pessa'h de Rabbi. La baraita, elle, dit explicitement que la consécration d'Israël se faisait à cette condition. Rachi : cela montre que le Pessa'h lui-même reste le bien des propriétaires.

18
הָא קָתָנֵי בְּהֶדְיָא: ״שֶׁעַל מְנָת כֵּן הִקְדִּישׁוּ יִשְׂרָאֵל אֶת פִּסְחֵיהֶן״? אֵימָא: שֶׁעַל מְנָת כֵּן הִקְדִּישׁוּ יִשְׂרָאֵל מְעוֹת פִּסְחֵיהֶן.

or on enseigne explicitement : "c'est à cette condition qu'Israël a consacré ses Pessahim" ? Dis : c'est à cette condition qu'Israël a consacré l'argent de ses Pessahim.

📜 Rachi (1)
אֵימָא מְעוֹת פִּסְחֵיהֶן זֶה שֶׁנִּתְמַנָּה עִמּוֹ לְפִסְחוֹ וְנָתַן לוֹ מְעוֹתָיו חֻולִּין הָיוּ וְנָתַן לוֹ בְּמַתָּנָה וּמִשּׁוּם הָכִי יָכוֹל לִיקַּח בָּהֶן טַלִּית וְנוֹתֵן לוֹ חֵלֶק שֶׁל פִּסְחוֹ בְּמַתָּנָה וּמְעוֹתָיו חֻולִּין הֵן שֶׁעַל מְנַת כֵּן הִקְדִּישָׁן שֶׁאִם רָצָה לְיִתְּנֵם בְּמַתָּנָה יִתְּנֵם:
Dis : l'argent de leurs Pessahim. Celui qui a été inscrit avec lui sur son Pessa'h et lui a donné son argent : c'était du houlin, et il le lui a donné en don. C'est pourquoi il peut acheter avec cela un manteau. Et lui, il lui donne une part de son Pessa'h en don. Et son argent est houlin, car c'est à cette condition qu'il les a consacrés : s'il veut les donner en don, il les donne.
💡 Explication

La Guemara retouche la fin de la baraita pour sauver Abaye. On ne lit plus "leurs Pessahim", on lit "l'argent de leurs Pessahim". Le shiour reste dans les pièces. La bête, elle, est consacrée entière.

Rachi précise le circuit. L'inscrit donne des pièces qui étaient houlin, à titre de don. Le maître lui remet une part du Pessa'h, elle aussi en don. Avec ces pièces il achète un manteau. La condition portee dès la consécration de l'argent : pouvoir le donner.

🖼️ Schéma
La baraita gêne Abaye : on retouche la finTexte reçuIsraël a consacréses PessahimLe Pessa'h lui-mêmeaurait un shiourDifficultéAbaye disait :dans le Pessa'h,pas de shiourselon RabbiRelectureIsraël a consacrél'argent de ses PessahimLe shiour estdans les piècesL'inscrit donne des pièces houlin. Le maître lui donne une part, en don.
On lit "l'argent de leurs Pessahim" pour laisser le shiour dans les pièces.
19
מַתְנִי׳ זָב שֶׁרָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת — שׁוֹחֲטִין עָלָיו בַּשְּׁבִיעִי. רָאָה שָׁלֹשׁ — שׁוֹחֲטִין עָלָיו בַּשְּׁמִינִי שֶׁלּוֹ.

Michna. Un zav qui a vu deux reiot (émissions) : on abat pour lui le septième jour.

S'il en a vu trois : on abat pour lui son huitième jour.

📜 Rachi (4)
מַתְנִי' זָב שֶׁרָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת שֶׁטֻּומְאָתוֹ טֻומְאַת שִׁבְעָה וְאֵינוֹ טָעוּן קָרְבָּן:
Michna. Un zav qui a vu deux émissions : son impureté est une impureté de sept jours, et il n'exige pas de sacrifice.
שׁוֹחֲטִין עָלָיו בַּשְּׁבִיעִי ואע"פ שֶׁלֹּא הֶעֱרִיב שִׁמְשׁוֹ דְּהָא חֲזִי לְמֵיכַל לְאֻורְתָּא:
On abat pour lui le septième : même si son soleil ne s'est pas encore couché, car il est apte à manger le soir.
רָאָה שָׁלֹשׁ דְּלָא חֲזִי לְמֵיכַל עַד דְּמַיְיתֵי כַּפָּרָה:
S'il en a vu trois : car il n'est apte à manger qu'une fois qu'il a apporté son kappara (expiation).
שׁוֹחֲטִין עָלָיו אִם חָל שְׁמִינִי שֶׁלּוֹ בְּעֶרֶב הַפֶּסַח וַאֲפִילּוּ לֹא הֵבִיא כַּפָּרָתוֹ וּמְבִיאָהּ לְאַחַר מִיכֵּן דִּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים דָּחֵי עֲשֵׂה דְּהַשְׁלָמָה כְּדַאֲמָרָן בְּתָמִיד נִשְׁחָט (דַּף נט.):
On abat pour lui : si son huitième tombe la veille de Pessa'h, même s'il n'a pas encore apporté son kappara et qu'il l'apporte ensuite. Car le mehoussar kapara repousse le commandement positif de l'achèvement, comme nous l'avons dit dans Tamid Nishhat (59a).
💡 Explication

Nouvelle michna. On abat le Pessa'h pour quelqu'un qui pourra le manger le soir, même s'il est encore impur au moment de la chehita.

Le zav a deux reiot : sept jours sans korban. Le 14 qui tombe son septième jour, on abat pour lui. Il est tevoul yom : il se trempe, et la nuit son soleil se couche, il mange. A trois reiot, il doit encore un korban le huitième jour. On abat quand même ce huitième, avant le kappara. Il l'apporte dans la journée. Rachi renvoie a Pesachim 59a : le mehoussar kapara repousse le commandement positif de l'achèvement.

🖼️ Schéma
Michna : pour qui on abat le Pessa'h le 14Il sera apte à manger le soir. On abat dès le jour.CasCe qu'il lui resteJour de l'abattageZav, 2 reiot7 jours, sans korbanLe 7e, avant le soirZav, 3 reiot7 jours, puis korbanSon 8e, avant le kapparaChomeret, 1 jourElle compte le lendemainSon 2e jourChomeret, 2 joursElle compte le jour suivantLe 3e jourZava, 3 jours7 jours purs, puis korbanLe 8e, kappara avant la nuitGuemara, Rav Yehouda au nom de RavOn abat et l'on fait la zerika pour un tevoul yom et un mehoussar kapara.
Zav, chomeret yom, zava : le jour où l'on abat pour eux.
20
שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם — שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בַּשֵּׁנִי שֶׁלָּהּ, רָאֲתָה שְׁנֵי יָמִים — שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בַּשְּׁלִישִׁי.

Une chomeret yom keneged yom (qui garde un jour en regard d'un jour) : on abat pour elle son deuxième jour. Si elle a vu deux jours : on abat pour elle le troisième.

📜 Rachi (1)
שׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם הָרוֹאֶה יוֹם אֶחָד בְּתוֹךְ אַחַד עָשָׂר יָמִים שֶׁבֵּין נִדָּה לְנִדָּה דְּבָעֲיָא לִסְפֹּור יוֹם הַמָּחֳרָת שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בְּיוֹם סְפִירָה דְּכֵיוָן שֶׁסִּפְּרָה מִקְצָת הַיּוֹם מֻותֶּרֶת לִטְבֹּול וְאַף עַל פִּי שֶׁמְּחֻוסֶּרֶת הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ:
Chomeret yom keneged yom : celle qui voit un jour dans les onze jours qui séparent une nida d'une nida, et qui doit compter le lendemain. On abat pour elle le jour du compte : dès qu'elle a compté une partie du jour, elle peut se tremper. Et même s'il lui manque le coucher du soleil, on abat pour elle.
💡 Explication

Dans les onze jours entre deux nida, un jour ou deux de sang font une chomeret yom keneged yom. Elle compte le jour qui suit la dernière vue. Dès qu'une partie de ce jour est comptée, elle peut se tremper, et l'on abat pour elle, bien qu'il lui manque encore l'erev shemesh (le coucher du soleil).

Une vue : abattage le deuxième jour. Deux vues : abattage le troisième.

21
וְהַזָּבָה — שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בַּשְּׁמִינִי.

Et la zava : on abat pour elle le huitième jour.

📜 Rachi (1)
וְהַזָּבָה שֶׁרָאֲתָה שְׁלֹשָׁה רְצוּפִים בְּתוֹךְ אַחַד עָשָׂר יוֹם וּצְרִיכָה לִסְפֹּור שִׁבְעָה נְקִיִּים וּלְהָבִיא קָרְבָּן שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בַּשְּׁמִינִי וְתָבִיא כַּפָּרָתָהּ קֹודֶם שֶׁתֶּחְשַׁךְ וְתֹאכַל:
Et la zava : celle qui a vu trois jours consécutifs dans les onze jours, et qui doit compter sept jours purs et apporter un sacrifice. On abat pour elle le huitième. Elle apporte son kappara avant la nuit, et elle mange.
💡 Explication

Trois jours de suite dans les onze jours : zava. Compte de sept jours purs, puis korban, comme le zav a trois reiot. On n'abat pour elle que le huitième. Elle apporte le kappara avant la nuit, puis elle mange le Pessa'h.

22
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְבוּל יוֹם וּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים,

Guemara. Rav Yehouda a dit au nom de Rav : on abat et l'on jette le sang pour un tevoul yom et pour un mehoussar kapara,

💡 Explication

La phrase s'ouvre ici et continue au daf suivant. Rav Yehouda au nom de Rav : on fait la chehita et la zerika (jet du sang) pour un tevoul yom, qui sera pur à la nuit, et pour un mehoussar kapara, à qui il manque encore le korban d'achèvement. La michna avait dit l'abattage. Rav y joint l'aspersion du sang.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).