Sougya : Rav n'égorge pas le Pessa'h pour un tamei sheretz, impur par un rampant. Oula l'égorge aussi pour lui.
La Guemara distingue trois manques : le coucher du soleil, qui vient seul ; le kappara, confie au beit din des kohanim ; la tevila, que l'homme peut négliger. Rav finit par l'écarter même de la Torah, depuis le verset de l'impur par un mort dont le septième jour tombe la veille de Pessa'h.
La michna du zav, deux émissions ou trois, sert d'épreuve. Puis une baraita sur la zava est corrigée : le huitième jour, pas le septième.
Ravina lit nida. Elle immerge de nuit, donc seulement le huitième.
La michna suivante s'ouvre sur l'onen.
Et l'on n'égorge pas et l'on n'asperge pas pour un tamei sheretz. Et Oula a dit : on égorge et on asperge même pour un tamei sheretz.
Suite de la michna, puis la mahloket. Rav : on n'inscrit pas sur le Pessa'h un tamei sheretz, impur d'un jour par contact avec un rampant. Oula : on égorge et on asperge aussi pour lui.
Chohtin vezorkin : égorger l'agneau et jeter le sang, à son nom. Rachi : il pourrait immerger le jour même et être apte le soir. La raison du refus de Rav vient ensuite.
Pour Rav : en quoi le tevoul yom est-il différent, en ce qu'il est apte pour le soir ? Un tamei sheretz est lui aussi apte pour le soir !
Il manque l'immersion.
Le tevoul yom a déjà immergé. Il attend seulement le coucher du soleil. Le soir il mangera. Pourquoi pas le tamei sheretz, qui peut immerger dans la journée et être dans le même état le soir ?
Réponse : il lui manque encore la tevila, un acte à faire. Tossefot : l'immersion du mehoussar kappara pour le kodech est rabbinique, elle n'attend pas le coucher, et l'on n'y craint pas la négligence.
Le tevoul yom aussi manque le coucher du soleil ! Le soleil se couche de lui-même.
Objection : le tevoul yom manque lui aussi quelque chose, le heerev chemech. Réponse : chemcha milela arva, le soleil se couche sans aucun acte de sa part. On peut compter dessus.
Celui qui manque l'expiation aussi : il lui manque bien l'expiation ! Son ken est dans sa main.
Le mehoussar kappara doit encore apporter des oiseaux. Pourquoi l'admet-on ? Son ken, la paire, est déjà en sa possession. On presume qu'il le donnera tout de suite.
Le tamei sheretz aussi : le mikve est devant lui ! Peut-être sera-t-il négligent.
S'il en est ainsi, celui qui manque l'expiation, peut-être sera-t-il lui aussi négligent ! Par exemple lorsqu'il les a remis au beit din.
Le mikve est la, comme le ken est en main. Différence : dilma pach'a, il peut oublier d'immerger. On ne compte pas sur lui pour le soir.
Même crainte pour le kappara ? Le cas vise est celui où il a déjà remis les oiseaux au beit din des kohanim. Rachi liste les quatre mehousrei kappara.
Et comme Rav Chemaya, qui a dit : il y a une hazaka que le beit din des kohanim ne se lève pas de là avant que soient épuisées les pièces qui sont dans les chofarot.
Rav Chemaya : les kohanim ne quittent pas l'azara tant que l'argent des chofarot n'est pas employe. Le coffre marque Kinim sert aux oiseaux des mehousrei kappara. Le prix est fixe. On mange le kodech le soir sur cette hazaka.
Tossefot, bereira : si les pièces de deux femmes sont mélangées dans un même ken, on ne peut pas désigner après coup à qui sont les oiseaux. Le Ri : chaque femme met un paquet distinct, les pièces ne se mêlent pas.
Et pour Rav : d'après la Torah il est bien apte, et ce sont les Sages qui ont décrété à son sujet. Pourquoi donc Rav a-t-il dit : on rend l'un d'eux impur par un sheretz ?
Si le refus de Rav n'est qu'une gezera, deoraita le tamei sheretz reste apte. Or Rav dit ailleurs : public moitié pur, moitié impur par un mort, on rend une personne impure par un sheretz pour obtenir une majorité impure, et tout le public offre le Pessa'h en touma.
Un homme encore apte deoraita ne peut pas faire cette majorité. Rachi renvoie au chapitre Keitsad tsolin.
En réalité, pour Rav, d'après la Torah il n'est pas apte non plus, car il est écrit : "Tout homme, s'il est impur par une âme." Ne traitons-nous pas du cas où son septième jour tombe la veille de Pessa'h, ce qui équivaut à l'impureté d'un sheretz, et le Miséricordieux a dit : qu'il soit écarté !
Conclusion de Rav : le tamei sheretz est inapte min ha-Torah. Le verset de celui qui est tamei lanefech vise aussi un septième jour qui tombe la veille de Pessa'h. Ce jour-là, une aspersion et une tevila le rendent apte le soir, au degré d'un sheretz. La Torah le renvoie pourtant au second Pessa'h.
Tossefot : le verset dit "s'il est impur". Le tevoul yom, dont la touma est déjà allégée, n'y entre pas. Le sixième jour est écarté : le lendemain ils auraient pu égorger eux-mêmes. S'ils n'avaient pas encore immergé au moment de la question, Moche les prévient : sans tevila aujourd'hui, second Pessa'h.
Et si tu dis : d'où sait-on qu'il en est ainsi ?
Le verset dit tamei lanefech, pas tamei sheretz. On pourrait le limiter à un impur par un mort encore en plein compte des sept jours, inapte le soir. Rav doit prouver que le septième jour est inclus.
Il tient comme Rabbi Its'hak, qui a dit : ils étaient impurs par un met mitsva, dont le septième jour tombait la veille de Pessa'h, car il est dit : "et ils ne purent faire le Pessa'h ce jour-là." C'est ce jour-là qu'ils ne peuvent pas le faire, mais le lendemain ils le peuvent. Et le Miséricordieux a dit : ils sont écartés.
Rabbi Its'hak, dans le Sifri : les hommes du désert étaient impurs par un met mitsva, un mort sans personne pour l'ensevelir. "Ce jour-là" : seulement ce jour-là ils ne peuvent pas. Le lendemain, si. Donc leur septième jour était la veille de Pessa'h, et la Torah les écarte quand même.
Nous avons appris : un zav qui a vu deux reiot, on égorge pour lui le septième. N'est-ce pas qu'il n'a pas immergé ?
Et l'on en déduit : on égorge et on asperge pour un tamei sheretz !
Michna : zav a deux émissions, on égorge le septième jour. S'il n'a pas encore immergé, il est comme un tamei sheretz : il peut immerger et être apte le soir. Ce serait une preuve contre Rav, et pour Oula.
Non : il a immergé. S'il a immergé, que cela nous apprend-il ?
Voici ce que cela nous apprend : bien qu'il manque le coucher du soleil, cela nous apprend que le soleil se couche de lui-même.
Rav répond : la michna parle d'un zav déjà immergé, donc d'un tevoul yom. L'enseignement : même en attendant le coucher, on égorge, parce que le soleil vient seul. On ne le compte pas comme un manque d'acte.
Il est logique de le dire aussi ainsi, puisque la fin enseigne : il a vu trois reiot, on égorge pour lui le huitième. Cela se tient si tu dis : un zav qui a vu deux reiot, on égorge pour lui le septième, parce qu'il a immergé.
C'était nécessaire.
La seifa : trois émissions, on égorge le huitième. C'est un zav complet, mehoussar kappara. Si le début n'apprend que le tevoul yom, la fin a un objet : on égorge même pour celui qui doit encore un korban, une fois les oiseaux remis aux kohanim.
Tu aurais pensé : celui qui a vu deux reiot, le septième, c'est lui qui ne manque pas d'acte ; mais celui qui a vu trois, le huitième, qui manque un acte, le kappara : on n'égorge pas. Cela nous apprend que, bien qu'il manque le kappara, on égorge et on asperge pour lui.
Sans la fin, on aurait limite la règle au zav de deux émissions, déjà immergé : plus aucun acte. Le zav de trois émissions, le huitième, attend encore le kappara. La fin enseigne qu'on égorge aussi pour lui.
Mais si tu dis : celui qui a vu deux reiot le septième, et qui n'a pas immergé, celui qui a vu trois le huitième, pourquoi me le faut-il ?
Si le début autorise déjà un zav pas encore immergé, pleinement impur, la fin, plus legere, se déduirait d'elle-même. La Guemara deploie ce kal va-homer.
Maintenant, on peut dire : celui qui a vu deux reiot le septième, qui n'a pas immergé, qui est pleinement impur, on égorge et on asperge pour lui. Celui qui a vu trois le huitième, qui a immergé le septième, dont l'impureté s'est allégée : a plus forte raison on égorge et on asperge pour lui !
Kal va-homer. Deux émissions, jour 7, sans tevila : tamei gamour, et l'on égorge. Trois émissions, jour 8, tevila faite, touma allégée : il reste seulement le korban. La fin n'aurait plus rien à enseigner.
On en déduit donc : celui qui a vu deux reiot le septième, pour qui l'on égorge, c'est qu'il a immergé.
Étape de la Guemara : la michna du septième jour vise un zav déjà tevoul. Elle ne prouve pas qu'on égorge pour un tamei sheretz. Rav tient encore.
Non. En réalité je te dis qu'il n'a pas immergé, et c'était nécessaire.
Tu aurais pensé : c'est le septième qu'il a en main de réparer,
Reprise. La michna peut parler d'un zav sans tevila. La fin ne tombe pas, pour une autre raison, dite au segment suivant : le septième, la reparation est dans sa main.
mais le huitième, où il n'a pas en main d'offrir le korban, je dirais que les kohanim seront négligents à son égard. Cela nous apprend comme Rav Chemaya.
Le jour 7, il descend lui-même au mikve. Le jour 8, le korban depend des kohanim. On aurait craint qu'ils négligent. La fin enseigne qu'on s'appuie sur la hazaka de Rav Chemaya : ils ne négligent pas.
Dans cette reprise, la michna du zav sans tevila reste debout, et elle va dans le sens d'Oula. La Guemara ne tranche pas ici entre les deux lectures.
Et la zava, on égorge, etc. Un tanna a répété devant Rav Adda bar Ahava : "Et la zava, on égorge pour elle à son septième." Il lui a dit : une zava, à son septième, est-elle apte ?
Même selon celui qui dit qu'on égorge et qu'on asperge pour un tamei sheretz, ces paroles valent pour le tamei sheretz, qui est apte pour le soir ; celle-ci, jusqu'au lendemain, quand arrive son kappara, elle n'est pas apte ! Dis : "a son huitième."
La baraita dite devant Rav Adda bar Ahava place la zava au septième jour. Il corrige : le huitième. Même Oula, qui admet le sheretz parce qu'il sera apte le soir, n'admet pas la zava le 7 : son kappara ne vient que le lendemain.
Rachi : la zava immergé le jour où son compte s'achève, dès le début du septième. La nida de la Torah attend le coucher du septième, et son heerev chemech est le jour d'après. Tossefot : on ne demande pas "c'est évident" sur le zav du huitième de la michna, enseigne avec le début. La chomeret yom keneged yom à son enseignement propre : on ne craint pas qu'une vue nouvelle annule son jour.
C'est évident ! Tu aurais dit : puisqu'il lui manque le kappara, on n'égorge pas.
Cela nous apprend comme Rav Chemaya.
Une fois corrigée au huitième jour, la halakha semble aller de soi : le kappara peut être offert ce jour-là. L'enseignement : on ne craint pas que les kohanim négligent. Rav Chemaya.
Ravina a dit : c'est "nida" que le tanna a répété devant lui : "Et la nida, on égorge pour elle le septième."
Ravina relit la baraita. Le mot n'était pas zava, c'était nida. Le tanna avait dit : on égorge pour elle le septième jour.
Il lui a dit : une nida, le septième, est-elle apte ? Même selon celui qui dit qu'on égorge et qu'on asperge pour un tamei sheretz, parce qu'il est apte pour le soir : une nida, c'est au soir du septième qu'elle immerge ; jusqu'au huitième, où elle a accompli le coucher du soleil, elle n'est pas apte !
Dis donc : "le huitième."
Même lecture, même correction. La nida n'immerge qu'à la nuit qui clôt le septième. Le heerev chemech qui la rend apte au kodech tombe le huitième jour. Le soir du septième, elle vient seulement d'immerger : elle est tevoul yom jusqu'au coucher suivant.
C'est évident ! Maintenant : puisqu'une zava, à qui manque le kappara, on égorge et on asperge pour elle le huitième, une nida, à qui ne manque pas le kappara, faut-il dire qu'on égorge et qu'on asperge pour elle ?!
Kal va-homer. La zava du huitième jour attend encore un korban, et l'on égorge. La nida du huitième jour n'a plus que le coucher du soleil, déjà en cours. Enseigner son cas paraît inutile. La Guemara répond au segment suivant.
C'est la nida qui lui était nécessaire. Voici ce que cela nous apprend : le huitième, oùi ; le septième, non.
Comme on l'enseigne : tous ceux qui sont tenus d'immerger, leur immersion est de jour ; la nida et l'accouchée, leur immersion est de nuit.
Le cas de la nida enseigne la limite : le 8, on égorge ; le 7, non. Rachi : le soir du 7, le heerev chemech n'est pas encore accompli.
Règle générale : les hayeve tevilot immergent de jour. Exception : nida et yoledet, de nuit.
Car on enseigne : pourrait-elle immerger tant qu'il fait jour ? Le verset dit : "sept jours elle sera dans sa nida" : qu'elle soit dans sa nida les sept jours entiers.
Et l'accouchée est rapprochée de la nida.
On aurait fait immerger la nida de jour, comme les autres. Chiv'at yamim tihye venidatah : elle reste dans sa nida les sept jours pleins, jusqu'après le coucher du septième. Rachi : le verbe "elle sera" est en trop, et c'est lui qu'on derache.
La yoledet suit par hekesh : "comme les jours de la nida de son indisposition". Même tevila de nuit.
Michna. L'onen,
Début de la michna suivante. L'onen est l'endeuillé du jour du décès, tant que le mort n'est pas enterré. Rachi : definition de Zevahim 100b.
Tossefot fixe le cas où l'on égorge pour lui : le décès après hatsot, midi du 14, quand l'obligation du Pessa'h est déjà la. Avant midi, l'aninout prend effet sur lui. La suite est au daf suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).