Pesachim 90b - Égorger le Pessah pour l'impur : sheretz, zav, zava et nida

Pesachim 90b

Sougya : Rav n'égorge pas le Pessa'h pour un tamei sheretz, impur par un rampant. Oula l'égorge aussi pour lui.

La Guemara distingue trois manques : le coucher du soleil, qui vient seul ; le kappara, confie au beit din des kohanim ; la tevila, que l'homme peut négliger. Rav finit par l'écarter même de la Torah, depuis le verset de l'impur par un mort dont le septième jour tombe la veille de Pessa'h.

La michna du zav, deux émissions ou trois, sert d'épreuve. Puis une baraita sur la zava est corrigée : le huitième jour, pas le septième.

Ravina lit nida. Elle immerge de nuit, donc seulement le huitième.

La michna suivante s'ouvre sur l'onen.

Trois manques, trois réponses Apte pour le soir du 14 : égorge-t-on le Pessa'h pour lui ? Tevoul yom Manque le coucher du soleil Aucun acte à faire On égorge Le soleil se couche de lui-même Chemcha milela arva Mehoussar kappara Manque le korban Le ken est en main Remis au beit din On égorge Hazaka : les kohanim vident les chofarot Rav Chemaya Tamei sheretz Manque la tevila Le mikve est la Dilma pach'a Rav : on n'égorge pas Même min ha-Torah Oula : on égorge Il peut être apte le soir Mehousrei kappara : zav, zava, metzora, accouchée. Le prix des kinim est fixe. On mange le kodech le soir en s'appuyant sur le beit din.
Tevoul yom et mehoussar kappara : on égorge. Tamei sheretz : Rav refuse, Oula accepte.
Pourquoi Rav écarte le sheretz min ha-Torah Première lecture : deoraita le sheretz est apte. Les Sages ont seulement craint la négligence. Objection : Rav rend un homme impur par un sheretz pour faire basculer la moitié du public. Moitié pure Moitié impure par un mort Pas de majorité Un sheretz de plus Majorite impure Pessa'h en touma Keitsad tsolin Donc Le sheretz compte comme inapte Même deoraita Verset : tout homme impur par une âme Rabbi Its'hak : impurs par un met mitsva. Leur 7e jour = veille de Pessa'h. Ce jour-là ils ne peuvent pas. Le lendemain ils le pourraient. La Torah les écarte. Un 7e jour de toumat met, c'est le degré d'un sheretz : apte le soir, et pourtant renvoyé. Tossefot : pas le 6e jour. Le verset dit qu'ils pourront le lendemain.
Le sheretz doit compter comme inapte, sinon il ne fait pas basculer le public. Le verset du 7e jour le prouve.
Quel jour égorge-t-on Le soir du repas, il doit être apte à manger le kodech. Zav, deux reiot Tevila le jour 7. Pas de korban. S'il a déjà immergé : tevoul yom. On égorge le 7. Le soleil se couche seul. Lecture retenue d'abord par la Guemara. Zav, trois reiot Tevila le 7. Kappara le 8. Mehoussar kappara. On égorge le 8. Les kohanim ne négligent pas. Rav Chemaya. Zava Compte 7 jours. Tevila le jour 7. Kappara seulement le 8. Le 7 au soir : pas encore apte. On égorge le 8. Même Oula, qui admet le sheretz. Nida et accouchée Sept jours entiers. Tevila de nuit. Après le coucher du 7. Heerev chemech : le jour 8. On égorge le 8, pas le 7. Hekesh : l'accouchée comme la nida.
Zav a deux émissions : le 7. Zav a trois, zava, nida : le 8.
1
וְאֵין שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ. וְעֻולָּא אָמַר: אַף שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ.

Et l'on n'égorge pas et l'on n'asperge pas pour un tamei sheretz. Et Oula a dit : on égorge et on asperge même pour un tamei sheretz.

📜 Rachi (1)
וְאֵין שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ ואע"פ שֶׁבְּיָדוֹ לִטְבֹּול הַיּוֹם וְטַעְמָא מְפָרֵשׁ לְקַמֵּיהּ:
Et l'on n'égorge pas et l'on n'asperge pas pour un tamei sheretz : bien qu'il ait en main d'immerger aujourd'hui. La raison est expliquée plus loin.
💡 Explication

Suite de la michna, puis la mahloket. Rav : on n'inscrit pas sur le Pessa'h un tamei sheretz, impur d'un jour par contact avec un rampant. Oula : on égorge et on asperge aussi pour lui.

Chohtin vezorkin : égorger l'agneau et jeter le sang, à son nom. Rachi : il pourrait immerger le jour même et être apte le soir. La raison du refus de Rav vient ensuite.

2
לְרַב, מַאי שְׁנָא טְבוּל יוֹם — דַּחֲזֵי לְאֻורְתָּא? טְמֵא שֶׁרֶץ נָמֵי חֲזֵי לְאוּרְתָּא! מְחֻוסַּר טְבִילָה.

Pour Rav : en quoi le tevoul yom est-il différent, en ce qu'il est apte pour le soir ? Un tamei sheretz est lui aussi apte pour le soir !

Il manque l'immersion.

🗂️ Tossefot (1)
מְחֻוסַּר טְבִילָה וְאַף עַל גַּב דִּמְחֻוסַּר כַּפָּרָה נָמֵי צָרִיךְ טְבִילָה כְּדִתְנַן בְּפֶ' חֹומֶר בַּקֹּודֶשׁ (חֲגִיגָה דַּף כא.) הָאוֹנֵן וּמְחֻוסַּר כִּפּוּרִים צְרִיכִין טְבִילָה לַקֹּודֶשׁ אֵינוֹ אֶלָּא מִדְּרַבָּנָן כִּדְמוֹכַח הָתָם וְעוֹד דִּבְהָהִיא טְבִילָה לָא בָּעֵי הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ וְלֹא שַׁיָּיךְ הָתָם דִּילְמָא פָּשַׁע:
Il manque l'immersion. Bien qu'un mehoussar kappara ait lui aussi besoin d'une immersion, comme on l'enseigne au chapitre Houmer ba-kodech (Haguiga 21a) : l'onen et le mehoussar kappara ont besoin d'une immersion pour le kodech. Cela reste d'ordre rabbinique, comme on le prouve là-bas. De plus, cette immersion n'exige pas le coucher du soleil, et l'idée qu'il sera peut-être négligent ne s'y applique pas.
💡 Explication

Le tevoul yom a déjà immergé. Il attend seulement le coucher du soleil. Le soir il mangera. Pourquoi pas le tamei sheretz, qui peut immerger dans la journée et être dans le même état le soir ?

Réponse : il lui manque encore la tevila, un acte à faire. Tossefot : l'immersion du mehoussar kappara pour le kodech est rabbinique, elle n'attend pas le coucher, et l'on n'y craint pas la négligence.

3
טְבוּל יוֹם נָמֵי — מְחֻוסַּר הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ! שִׁמְשָׁא מִמֵּילָא עָרְבָא.

Le tevoul yom aussi manque le coucher du soleil ! Le soleil se couche de lui-même.

💡 Explication

Objection : le tevoul yom manque lui aussi quelque chose, le heerev chemech. Réponse : chemcha milela arva, le soleil se couche sans aucun acte de sa part. On peut compter dessus.

4
מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים נָמֵי — הָא מְחֻוסַּר כַּפָּרָה! שֶׁקִּינּוֹ בְּיָדוֹ.

Celui qui manque l'expiation aussi : il lui manque bien l'expiation ! Son ken est dans sa main.

💡 Explication

Le mehoussar kappara doit encore apporter des oiseaux. Pourquoi l'admet-on ? Son ken, la paire, est déjà en sa possession. On presume qu'il le donnera tout de suite.

5
טְמֵא שֶׁרֶץ נַמֵּי — הֲרֵי מִקְוֶה לְפָנָיו! דִּילְמָא פָּשַׁע. אִי הָכִי, מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים נָמֵי דִּילְמָא פָּשַׁע! כְּגוֹן דְּמַסְרִינְהוּ לְבֵית דִּין,

Le tamei sheretz aussi : le mikve est devant lui ! Peut-être sera-t-il négligent.

S'il en est ainsi, celui qui manque l'expiation, peut-être sera-t-il lui aussi négligent ! Par exemple lorsqu'il les a remis au beit din.

📜 Rachi (2)
מְחֻוסְּרֵי כַּפָּרָה זָב וְזָבָה וּמְצֹורַעַת וְיוֹלֶדֶת:
Ceux qui manquent l'expiation : un zav, une zava, une metzora et une accouchée.
פָּשַׁע וְלָא טְבִיל:
Il a été négligent : et il n'a pas immergé.
💡 Explication

Le mikve est la, comme le ken est en main. Différence : dilma pach'a, il peut oublier d'immerger. On ne compte pas sur lui pour le soir.

Même crainte pour le kappara ? Le cas vise est celui où il a déjà remis les oiseaux au beit din des kohanim. Rachi liste les quatre mehousrei kappara.

6
וְכִדְרַב שְׁמַעְיָה, דְּאָמַר: חֲזָקָה אֵין בֵּית דִּין שֶׁל כֹּהֲנִים עוֹמְדִין מִשָּׁם עַד שֶׁיִּכְלוּ מָעוֹת שֶׁבַּשּׁוֹפָרוֹת.

Et comme Rav Chemaya, qui a dit : il y a une hazaka que le beit din des kohanim ne se lève pas de là avant que soient épuisées les pièces qui sont dans les chofarot.

📜 Rachi (2)
מִשָּׁם מִן הָעֲזָרָה:
De là : du parvis, l'azara.
שֶׁבַּשּׁוֹפָרוֹת שׁוֹפָר הָיָה שָׁם שֶׁכָּתוּב עָלָיו קִינִּין וְאִשָּׁה שֶׁיֵּשׁ עָלֶיהָ לֵידָה וְכֵן כָּל מְחֻוסְּרֵי כַּפָּרָה מְבִיאִין מָעוֹת וְנוֹתְנִין לְתוֹכוֹ וּדְמֵי הַקִּינִּין קִצּוּבִין הָיוּ וְאוֹכְלִים בַּקֹּדֶשׁ לָעֶרֶב וְסוֹמְכִין עַל חֶזְקַת בֵּית דִּין שֶׁל כֹּהֲנִים שֶׁאֵין עוֹמְדִין מִשָּׁם עַד שֶׁיִּכְלוּ כָּל מָעוֹת אוֹתוֹ שׁוֹפָר כְּדֵי שֶׁלֹּא יֹאכְלוּ מְחֻוסְּרֵי כַּפָּרָה בַּקֳּדָשִׁים:
Dans les chofarot : il y avait là un chofar sur lequel était écrit Kinim. Une femme qui a un accouchement, et de même tous les mehousrei kappara, apportent des pièces et les mettent dedans. Le prix des kinim était fixe. Ils mangent du kodech le soir, et ils s'appuient sur la hazaka du beit din des kohanim, qui ne se lèvent pas de là avant que toutes les pièces de ce chofar soient épuisées, afin que les mehousrei kappara ne mangent pas des kodachim.
🗂️ Tossefot (1)
עַד שֶׁיִּכְלוּ כָּל הַמָּעוֹת שֶׁבַּשּׁוֹפָר הִקְשָׁה רִיבָ"א הָא אִי אֶפְשָׁר שֶׁלֹּא יְהֵא מְעֹורָב בְּכָל קֵן וְקֵן מִמְּעוֹת שְׁתֵּי נָשִׁים וְאַפֵּי' לְמָאֵן דְּאָמַר יֵשׁ בְּרֵירָה כִּי הַאי גַוְונָא לָא שַׁייָּךְ לְמֵימַר דַּאֲנַן סָהֲדֵי שֶׁנִּתְעָרְבוּ וְאִי הֲוָה אָמְרִינַן שֶׁמִּכָּל מָעוֹת שֶׁבַּשּׁוֹפָר קוֹנֶה קִינִּין יַחַד מֵאָדָם א' הֲוָה אָתֵי שַׁפִּיר אֲבָל לִישָּׁנָא דְּעַד שֶׁיִּכְלוּ לָא מַשְׁמַע הָכִי וְנִרְאֶה לר"י דְּכָל אַחַת הָיְתָה צוֹרֶרֶת מְעוֹתֶיהָ וְנוֹתֶנֶת בַּשּׁוֹפָר:
Avant que soient épuisées toutes les pièces du chofar. Riva a objecté : il est impossible qu'il n'y ait pas, dans chaque ken, un mélange de pièces de deux femmes. Même selon celui qui dit qu'il y a bereira, dans un cas comme celui-ci on ne peut pas le dire, car nous sommes témoins qu'elles se sont mélangées. Si l'on disait que, de toutes les pièces du chofar, on achète les kinim ensemble à une seule personne, cela irait. Mais la formulation jusqu'à ce qu'elles soient épuisées ne le donne pas à entendre. Il paraît au Ri que chacune liait ses pièces et les mettait dans le chofar.
💡 Explication

Rav Chemaya : les kohanim ne quittent pas l'azara tant que l'argent des chofarot n'est pas employe. Le coffre marque Kinim sert aux oiseaux des mehousrei kappara. Le prix est fixe. On mange le kodech le soir sur cette hazaka.

Tossefot, bereira : si les pièces de deux femmes sont mélangées dans un même ken, on ne peut pas désigner après coup à qui sont les oiseaux. Le Ri : chaque femme met un paquet distinct, les pièces ne se mêlent pas.

7
וּלְרַב, מִדְּאוֹרַייְתָּא מִיחְזָא חֲזֵי וְרַבָּנַן הוּא דִּגְזַרוּ בֵּיהּ, אַלְּמָה אָמַר רַב מְטַמְּאִין אֶחָד מֵהֶן בְּשֶׁרֶץ.

Et pour Rav : d'après la Torah il est bien apte, et ce sont les Sages qui ont décrété à son sujet. Pourquoi donc Rav a-t-il dit : on rend l'un d'eux impur par un sheretz ?

📜 Rachi (2)
וּפָרְכִינַן וְרַב דְּאָמַר שֶׁמָּא פָּשַׁע אַלְמָא מִדְּאוֹרַייְתָּא מִיחְזָא חֲזִי טְמֵא שֶׁרֶץ לִשְׁחֹוט עָלָיו וּמִשּׁוּם דִּילְמָא פָּשַׁע גָּזְרוּ בֵּיהּ רַבָּנָן:
Et nous objectons. Rav, qui a dit : peut-être sera-t-il négligent. Il en sort que, d'après la Torah, un tamei sheretz est apte à ce qu'on égorge pour lui, et c'est parce que peut-être il sera négligent que les Sages ont décrété à son sujet.
וְהָאָמַר רַב בִּכְיָצָד צוֹלִין הָיוּ יִשְׂרָאֵל מֶחֱצָה טְהוֹרִין וּמֶחֱצָה טְמֵאִין מְטַמְּאִים אֶחָד מֵהֶן בְּשֶׁרֶץ לְהַכְרִיעַ רֹוב צִיבּוּר לְטֻומְאָה וְאִי מִדְּאוֹרַייְתָּא חֲזִי הֵיאַךְ הוּא מַכְרִיעָם לְטֻומְאָה דְּהַייְנוּ טְמֵא שֶׁרֶץ דַּחֲזֵי לְמִטְבַּל:
Et Rav a dit : dans Keitsad tsolin, si Israël était moitié purs et moitié impurs, on rend l'un d'eux impur par un sheretz pour faire pencher la majorité du public vers l'impureté. Et si, d'après la Torah, il est apte, comment le fait-il pencher vers l'impureté ? C'est un tamei sheretz, qui est apte à immerger.
💡 Explication

Si le refus de Rav n'est qu'une gezera, deoraita le tamei sheretz reste apte. Or Rav dit ailleurs : public moitié pur, moitié impur par un mort, on rend une personne impure par un sheretz pour obtenir une majorité impure, et tout le public offre le Pessa'h en touma.

Un homme encore apte deoraita ne peut pas faire cette majorité. Rachi renvoie au chapitre Keitsad tsolin.

🖼️ Schéma
Pourquoi Rav écarte le sheretz min ha-Torah Première lecture : deoraita le sheretz est apte. Les Sages ont seulement craint la négligence. Objection : Rav rend un homme impur par un sheretz pour faire basculer la moitié du public. Moitié pure Moitié impure par un mort Pas de majorité Un sheretz de plus Majorite impure Pessa'h en touma Keitsad tsolin Donc Le sheretz compte comme inapte Même deoraita Verset : tout homme impur par une âme Rabbi Its'hak : impurs par un met mitsva. Leur 7e jour = veille de Pessa'h. Ce jour-là ils ne peuvent pas. Le lendemain ils le pourraient. La Torah les écarte. Un 7e jour de toumat met, c'est le degré d'un sheretz : apte le soir, et pourtant renvoyé. Tossefot : pas le 6e jour. Le verset dit qu'ils pourront le lendemain.
Moitié et moitié : un sheretz de plus doit compter comme inapte, sinon la majorité ne bascule pas.
8
אֶלָּא, לְרַב מִדְּאוֹרָייְתָא נָמֵי לָא חֲזֵי, דִּכְתִיב: ״אִישׁ אִישׁ כִּי יִהְיֶה טָמֵא לָנֶפֶשׁ״. מִי לָא עָסְקִינַן שֶׁחָל שְׁבִיעִי שֶׁלּוֹ לִהְיוֹת בְּעֶרֶב הַפֶּסַח, דְּהַיְינוּ טֻומְאַת שֶׁרֶץ, וְאָמַר רַחֲמָנָא: נִידְחֵי!

En réalité, pour Rav, d'après la Torah il n'est pas apte non plus, car il est écrit : "Tout homme, s'il est impur par une âme." Ne traitons-nous pas du cas où son septième jour tombe la veille de Pessa'h, ce qui équivaut à l'impureté d'un sheretz, et le Miséricordieux a dit : qu'il soit écarté !

🗂️ Tossefot (2)
מִי לָא עָסְקִינַן שֶׁחָל שְׁבִיעִי שֶׁלּוֹ לִהְיוֹת בְּעֶרֶב הַפֶּסַח וְאִם תֹּאמַר וַאֲפִילּוּ טָבַל נָמֵי לֹא יִשְׁחֲטוּ עָלָיו מֵהַאי טַעְמָא וי"ל כִּי יִהְיֶה טָמֵא כְּתִיב וְהַאי קְלִישָׁא טוּמָאתֵיהּ:
Ne traitons-nous pas du cas où son septième jour tombe la veille de Pessa'h. Et si tu dis : même s'il a immergé, qu'on n'égorge pas non plus pour lui, pour cette raison ? On peut répondre : "s'il est impur" est écrit, et celui-ci, son impureté s'est allégée.
שֶׁחָל שְׁבִיעִי שֶׁלּוֹ אֲבָל שִׁשִּׁי שֶׁלּוֹ לֵיכָּא לְמֵימַר מִדִּכְתִיב וְלֹא יָכְלוּ לַעֲשֹׂות הַפֶּסַח בַּיּוֹם הַהוּא הָא לְמָחָר הָיוּ יְכוֹלִים לַעֲשׂוֹת וְלִשְׁחוֹט הֵן עַצְמָן בְּלֹא שְׁלִיחוּת מִדְּלָא כְּתִיב וְלֹא יָכְלוּ לֶאֱכֹול אִי נָמֵי דִּייֵּק מִבְּיוֹם הַהוּא דִּמְיֻותָּר וְאִי שִׁשִּׁי הוּא לִישְׁתֹּוק מִינֵּיהּ וְאִם תֹּאמַר לָמָּה אָמַר לָהֶם לִדְחוֹת לְפֶסַח שֵׁנִי יִטְבְּלוּ בּוֹ בַּיּוֹם וְיִשְׁחֲטוּ עֲלֵיהֶם וְיֵשׁ לוֹמַר דְּשֶׁמָּא כֵּן עָשׂוּ וּבְשָׁעָה שֶׁשָּׁאֲלוּ לֹא טָבְלוּ עֲדַיִין וְאָמַר לְהוּ מֹשֶׁה אִם לֹא תִּטְבְּלוּ הַיּוֹם תִּדְּחוּ לְפֶסַח שֵׁנִי:
Dont le septième jour tombe. On ne peut pas dire son sixième jour, puisqu'il est écrit : "et ils ne purent faire le Pessa'h ce jour-là", ce qui implique que le lendemain ils pouvaient le faire, et égorger eux-mêmes, sans envoyés, du fait qu'il n'est pas écrit "ils ne purent manger". Autre lecture : il le tire de "ce jour-là", qui est en trop. Si c'était le sixième, que le verset se taise sur ce point. Et si tu dis : pourquoi leur a-t-il dit d'être renvoyés au second Pessa'h ? Qu'ils immergent le jour même, et qu'on égorge pour eux ! On peut répondre : peut-être l'ont-ils fait, et à l'heure où ils ont demandé ils n'avaient pas encore immergé. Moche leur a dit : si vous n'immergez pas aujourd'hui, vous serez renvoyés au second Pessa'h.
💡 Explication

Conclusion de Rav : le tamei sheretz est inapte min ha-Torah. Le verset de celui qui est tamei lanefech vise aussi un septième jour qui tombe la veille de Pessa'h. Ce jour-là, une aspersion et une tevila le rendent apte le soir, au degré d'un sheretz. La Torah le renvoie pourtant au second Pessa'h.

Tossefot : le verset dit "s'il est impur". Le tevoul yom, dont la touma est déjà allégée, n'y entre pas. Le sixième jour est écarté : le lendemain ils auraient pu égorger eux-mêmes. S'ils n'avaient pas encore immergé au moment de la question, Moche les prévient : sans tevila aujourd'hui, second Pessa'h.

9
וְכִי תֵּימָא מִמַּאי דְּהָכִי?

Et si tu dis : d'où sait-on qu'il en est ainsi ?

📜 Rachi (1)
וּמִמַּאי דְּהָכִי דִּילְמָא מִדִּכְתִיב טָמֵא לְנֶפֶשׁ וְלָא כְּתִיב טְמֵא שֶׁרֶץ שְׁמַע מִינָּה טְמֵא מֵת שֶׁאֵינוֹ רָאוּי לְעָרֵב קָאָמַר:
Et d'où sait-on qu'il en est ainsi : peut-être, puisqu'il est écrit "impur par une âme" et qu'il n'est pas écrit "impur par un sheretz", on en déduit qu'il parle d'un impur par un mort, qui n'est pas apte pour le soir.
💡 Explication

Le verset dit tamei lanefech, pas tamei sheretz. On pourrait le limiter à un impur par un mort encore en plein compte des sept jours, inapte le soir. Rav doit prouver que le septième jour est inclus.

10
סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יִצְחָק, דְּאָמַר: טְמֵאֵי מֵת מִצְוָה הָיוּ, שֶׁחָל שְׁבִיעִי שֶׁלָּהֶן לִהְיוֹת בְּעֶרֶב הַפֶּסַח, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא יָכְלוּ לַעֲשֹׂת הַפֶּסַח בַּיּוֹם הַהוּא״, בְּיוֹם הַהוּא הוּא דְּאֵינָן יְכוֹלִין לַעֲשׂוֹת, אֲבָל לְמָחָר יְכוֹלִין לַעֲשׂוֹת, וְאָמַר רַחֲמָנָא: נִדְחוּ.

Il tient comme Rabbi Its'hak, qui a dit : ils étaient impurs par un met mitsva, dont le septième jour tombait la veille de Pessa'h, car il est dit : "et ils ne purent faire le Pessa'h ce jour-là." C'est ce jour-là qu'ils ne peuvent pas le faire, mais le lendemain ils le peuvent. Et le Miséricordieux a dit : ils sont écartés.

📜 Rachi (1)
סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יִצְחָק דְּאָמַר בְּסִפְרֵי אוֹתָן אֲנָשִׁים שֶׁבְּפֶסַח מִדְבָּר שֶׁהָיוּ טְמֵאִין לְנֶפֶשׁ אָדָם טְמֵאֵי מֵת מִצְוָה הָיוּ שֶׁחָל שְׁבִיעִי כו':
Il tient comme Rabbi Its'hak, qui a dit : dans le Sifri, ces hommes du Pessa'h du désert, qui étaient impurs par une âme humaine, étaient impurs par un met mitsva, dont le septième jour, etc.
💡 Explication

Rabbi Its'hak, dans le Sifri : les hommes du désert étaient impurs par un met mitsva, un mort sans personne pour l'ensevelir. "Ce jour-là" : seulement ce jour-là ils ne peuvent pas. Le lendemain, si. Donc leur septième jour était la veille de Pessa'h, et la Torah les écarte quand même.

11
תְּנַן: זָב שֶׁרָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת — שׁוֹחֲטִין עָלָיו בַּשְּׁבִיעִי. מַאי לַָאו — דְּלָא טְבִיל, וּשְׁמַע מִינָּהּ: שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ!

Nous avons appris : un zav qui a vu deux reiot, on égorge pour lui le septième. N'est-ce pas qu'il n'a pas immergé ?

Et l'on en déduit : on égorge et on asperge pour un tamei sheretz !

📜 Rachi (1)
מַאי לָאו דְּלָא טָבֵיל וְקַשְׁיָא לְרַב:
N'est-ce pas qu'il n'a pas immergé : et c'est une difficulté pour Rav.
💡 Explication

Michna : zav a deux émissions, on égorge le septième jour. S'il n'a pas encore immergé, il est comme un tamei sheretz : il peut immerger et être apte le soir. Ce serait une preuve contre Rav, et pour Oula.

12
לֹא, דִּטְבֵיל. אִי טְבִיל, מַאי קָא מַשְׁמַע לַן! הָא קָא מַשְׁמַע לַן, דְּאַף עַל גַּב דִּמְחֻוסַּר הֶעֱרֵב הַשֶּׁמֶשׁ, קָא מַשְׁמַע לַן דְּשִׁמְשָׁא מִמֵּילָא עָרְבָא.

Non : il a immergé. S'il a immergé, que cela nous apprend-il ?

Voici ce que cela nous apprend : bien qu'il manque le coucher du soleil, cela nous apprend que le soleil se couche de lui-même.

📜 Rachi (1)
הָא קָא מַשְׁמַע לַן דְּאַף עַל גַּב דִּמְחֻוסַּר הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ דְּשִׁימְשָׁא מִמֵּילָא עָרְבָא וְלָא הָוֵי כִּמְחֻוסַּר מַעֲשֶׂה:
Voici ce que cela nous apprend : bien qu'il manque le coucher du soleil, puisque le soleil se couche de lui-même, et il ne compte pas comme quelqu'un à qui manque un acte.
💡 Explication

Rav répond : la michna parle d'un zav déjà immergé, donc d'un tevoul yom. L'enseignement : même en attendant le coucher, on égorge, parce que le soleil vient seul. On ne le compte pas comme un manque d'acte.

13
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: רָאָה שָׁלֹשׁ רְאִיּוֹת — שׁוֹחֲטִין עָלָיו בַּשְּׁמִינִי. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא זָב שֶׁרָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת שׁוֹחֲטִין עָלָיו בַּשְּׁבִיעִי, דִּטְבֵיל — אִיצְטְרִיךְ.

Il est logique de le dire aussi ainsi, puisque la fin enseigne : il a vu trois reiot, on égorge pour lui le huitième. Cela se tient si tu dis : un zav qui a vu deux reiot, on égorge pour lui le septième, parce qu'il a immergé.

C'était nécessaire.

📜 Rachi (2)
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא דְּאֶטְבּוֹל קָאֵי מִדְּאִצְטְרִיךְ לְמִיתְנָא סֵיפָא דְּשׁוֹחֲטִין עַל מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא רֵישָׁא לָא אַשְׁמַעִי' [אֶלָּא] טְבוּל יוֹם אִיצְטְרִיךְ לְמִיתְנָא סֵיפָא לְאַשְׁמְעִי' דְּשׁוֹחֲטִין עַל מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים ס"ד אָמֵינָא הַאי מְחֻוסַּר מַעֲשֶׂה חֲשִׁיב לֵיהּ קָא מַשְׁמַע לַן דְּשָׁרֵי וּבִמְסָרוֹ לב"ד שֶׁל כֹּהֲנִים כְּדַאֲמָרָן:
Il est logique de le dire aussi ainsi : cela porte sur celui qui a immergé, puisqu'il a fallu enseigner la fin, qu'on égorge pour un mehoussar kappara. Cela se tient si tu dis que le début ne nous apprend qu'un tevoul yom : il a fallu enseigner la fin pour nous apprendre qu'on égorge pour un mehoussar kappara. Tu aurais pensé : celui-ci, à qui manque un acte, on le tient pour tel. Cela nous apprend que c'est permis, et lorsqu'il les a remis au beit din des kohanim, comme nous l'avons dit.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ כו' יֵשׁ בְּיָדוֹ לְתַקֵּן לִטְבֹּול אֲבָל מְחֻוסַּר כַּפָּרָה אֵין בְּיָדוֹ לְתַקֵּן אֶלָּא בְּיַד כֹּהֵן:
Mais si tu dis, etc., il a en main de réparer : d'immerger. Mais celui qui manque l'expiation n'a pas en main de réparer, seulement dans la main du kohen.
💡 Explication

La seifa : trois émissions, on égorge le huitième. C'est un zav complet, mehoussar kappara. Si le début n'apprend que le tevoul yom, la fin a un objet : on égorge même pour celui qui doit encore un korban, une fois les oiseaux remis aux kohanim.

14
סָלְקָא דַעְתָּךְ אֲמִינָא, רָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת בִּשְׁבִיעִי הוּא דְּלָא מְחֻוסַּר מַעֲשֶׂה, אֲבָל רָאָה שָׁלֹשׁ בַּשְּׁמִינִי, דִּמְחֻוסַּר מַעֲשֶׂה — מְחֻוסַּר כַּפָּרָה, לֹא. קָא מַשְׁמַע לַן דְּאַף עַל גַּב דִּמְחֻוסַּר כַּפָּרָה, שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עִילָּוֵיהּ.

Tu aurais pensé : celui qui a vu deux reiot, le septième, c'est lui qui ne manque pas d'acte ; mais celui qui a vu trois, le huitième, qui manque un acte, le kappara : on n'égorge pas. Cela nous apprend que, bien qu'il manque le kappara, on égorge et on asperge pour lui.

💡 Explication

Sans la fin, on aurait limite la règle au zav de deux émissions, déjà immergé : plus aucun acte. Le zav de trois émissions, le huitième, attend encore le kappara. La fin enseigne qu'on égorge aussi pour lui.

15
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ רָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת בַּשְּׁבִיעִי, דְּלָא טְבִיל — רָאָה שָׁלֹשׁ בַּשְּׁמִינִי לָמָּה לִי?

Mais si tu dis : celui qui a vu deux reiot le septième, et qui n'a pas immergé, celui qui a vu trois le huitième, pourquoi me le faut-il ?

💡 Explication

Si le début autorise déjà un zav pas encore immergé, pleinement impur, la fin, plus legere, se déduirait d'elle-même. La Guemara deploie ce kal va-homer.

16
הַשְׁתָּא יֵשׁ לוֹמַר רָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת בַּשְּׁבִיעִי, דְּלָא טְבִיל, דְּטָמֵא מְעַלְּיָא הוּא — שָׁחֲטִינַן וְזָרְקִינַן עִילָּוֵיהּ. רָאָה שָׁלֹשׁ בַּשְּׁמִינִי, דִּטְבֵיל לֵיהּ בַּשְּׁבִיעִי, דִּקְלִישָׁא טֻומְאָה — לֹא כָּל שֶׁכֵּן דְּשָׁחֲטִינַן וְזָרְקִינַן עִילָּוֵיהּ!

Maintenant, on peut dire : celui qui a vu deux reiot le septième, qui n'a pas immergé, qui est pleinement impur, on égorge et on asperge pour lui. Celui qui a vu trois le huitième, qui a immergé le septième, dont l'impureté s'est allégée : a plus forte raison on égorge et on asperge pour lui !

💡 Explication

Kal va-homer. Deux émissions, jour 7, sans tevila : tamei gamour, et l'on égorge. Trois émissions, jour 8, tevila faite, touma allégée : il reste seulement le korban. La fin n'aurait plus rien à enseigner.

🖼️ Schéma
Si le zav du 7e n'a pas encore immergé Deux reiot, jour 7 Pas de tevila Pleinement impur Et pourtant on égorge Hypothèse écartée ensuite Trois reiot, jour 8 Tevila déjà faite le 7 Touma allégée A plus forte raison La fin serait inutile D'où la Guemara voulait conclure : le début parle d'un zav déjà immergé. Reprise : même sans tevila, la fin reste utile. Le 7, il répare lui-même. Le 8, le korban est aux mains des kohanim : crainte de négligence. Rav Chemaya lève cette crainte.
Sans tevila au début, la fin du huitième jour se déduirait. D'où la lecture : il a déjà immergé.
17
אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינָּה: רָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת בַּשְּׁבִיעִי דְּשָׁחֲטִינַן עִילָּוֵיהּ, דִּטְבֵיל.

On en déduit donc : celui qui a vu deux reiot le septième, pour qui l'on égorge, c'est qu'il a immergé.

💡 Explication

Étape de la Guemara : la michna du septième jour vise un zav déjà tevoul. Elle ne prouve pas qu'on égorge pour un tamei sheretz. Rav tient encore.

18
לֹא, לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ דְּלָא טָבֵיל, וְאִיצְטְרִיךְ. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא בַּשְּׁבִיעִי הוּא דִּבְיָדוֹ לְתַקֵּן,

Non. En réalité je te dis qu'il n'a pas immergé, et c'était nécessaire.

Tu aurais pensé : c'est le septième qu'il a en main de réparer,

💡 Explication

Reprise. La michna peut parler d'un zav sans tevila. La fin ne tombe pas, pour une autre raison, dite au segment suivant : le septième, la reparation est dans sa main.

19
אֲבָל בַּשְּׁמִינִי דְּאֵין בְּיָדוֹ לְהַקְרִיב קָרְבָּן, אֵימָא פָּשְׁעִי בֵּיהּ כֹּהֲנִים, קָא מַשְׁמַע לַן כִּדְרַב שְׁמַעְיָה.

mais le huitième, où il n'a pas en main d'offrir le korban, je dirais que les kohanim seront négligents à son égard. Cela nous apprend comme Rav Chemaya.

💡 Explication

Le jour 7, il descend lui-même au mikve. Le jour 8, le korban depend des kohanim. On aurait craint qu'ils négligent. La fin enseigne qu'on s'appuie sur la hazaka de Rav Chemaya : ils ne négligent pas.

Dans cette reprise, la michna du zav sans tevila reste debout, et elle va dans le sens d'Oula. La Guemara ne tranche pas ici entre les deux lectures.

20
וְהַזָּבָה שׁוֹחֲטִין וְכוּ׳. תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: ״וְהַזָּבָה שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בַּשְּׁבִיעִי שֶׁלָּהּ״. אֲמַר לֵיהּ: זָבָה בַּשְּׁבִיעִי שֶׁלָּהּ מִי חַזְיָא? אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ, הָנֵי מִילֵּי טְמֵא שֶׁרֶץ — דְּחָזֵי לְאֻורְתָּא, הָא — עַד לִמְחַר דְּמַתְיָא כַּפָּרָה לָא חַזְיָא! אֵימָא: ״בַּשְּׁמִינִי״.

Et la zava, on égorge, etc. Un tanna a répété devant Rav Adda bar Ahava : "Et la zava, on égorge pour elle à son septième." Il lui a dit : une zava, à son septième, est-elle apte ?

Même selon celui qui dit qu'on égorge et qu'on asperge pour un tamei sheretz, ces paroles valent pour le tamei sheretz, qui est apte pour le soir ; celle-ci, jusqu'au lendemain, quand arrive son kappara, elle n'est pas apte ! Dis : "a son huitième."

📜 Rachi (1)
זָבָה טְבִילָתָהּ בְּיוֹם שְׁבִיעִי דִּכְתִיב (וַיִּקְרָא ט״ו:כ״ח) וְסָפְרָה לָּהּ שִׁבְעַת יָמִים וְאַחַר תִּטְהָר אַחַר מַעֲשֶׂה תִּטְהָר כֵּיוָן דְּסַייְּמָהּ לָהּ סְפִירָה תִּטְהַר וּבִתְחִלַּת הַיּוֹם עָבְדָה לָהּ סְפִירָה אֲבָל נִדָּה דְּאוֹרָיְיתָא שֶׁאֵינָהּ סוֹפֶרֶת נְקִיִּים אֶלָּא שִׁבְעָה עִם יְמֵי רְאִייָּתָהּ אֵינָהּ טוֹבֶלֶת עַד לְאַחַר שְׁקִיעַת הַחַמָּה שֶׁל שְׁבִיעִי וְהֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ בְּדִידָהּ לָא הָוֵי עַד לְמָחָר:
L'immersion de la zava est le septième jour, car il est écrit (Vayikra 15, 28) : "elle comptera pour elle sept jours, et ensuite elle sera pure" : après l'acte, elle sera pure. Dès qu'elle a achevé son compte, elle est pure, et au début du jour son compte est fait. Mais une nida de la Torah, qui ne compte pas de jours purs, seulement sept jours avec ses jours de vue, n'immerge qu'après le coucher du soleil du septième, et le coucher du soleil, pour elle, n'arrive que le lendemain.
🗂️ Tossefot (1)
בַּשְּׁמִינִי פְּשִׁיטָא אַמַּתְנִיתִין דְּקָתָנֵי זָב שׁוֹחֲטִים עָלָיו בַּשְּׁמִינִי לֵיכָּא לְמִיפְרַךְ פְּשִׁיטָא דְּמָצֵי לְמֵימַר דְּקָתָנֵי לָהּ אַגַּב רֵישָׁא דְּזָב שֶׁרָאָה שְׁתֵּי רְאִיּוֹת וְשׁוֹמֶרֶת יוֹם כְּנֶגֶד יוֹם שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ וְלָא חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא תִּרְאֶה וְתִסְתּוֹר:
Le huitième, c'est évident. Sur la michna qui enseigne qu'on égorge pour un zav le huitième, on ne peut pas objecter que c'est évident, car on peut dire qu'elle l'enseigne à la suite du début, le zav qui a vu deux reiot. Et une chomeret yom keneged yom : on égorge pour elle, et l'on ne craint pas qu'elle voie et qu'elle annule.
💡 Explication

La baraita dite devant Rav Adda bar Ahava place la zava au septième jour. Il corrige : le huitième. Même Oula, qui admet le sheretz parce qu'il sera apte le soir, n'admet pas la zava le 7 : son kappara ne vient que le lendemain.

Rachi : la zava immergé le jour où son compte s'achève, dès le début du septième. La nida de la Torah attend le coucher du septième, et son heerev chemech est le jour d'après. Tossefot : on ne demande pas "c'est évident" sur le zav du huitième de la michna, enseigne avec le début. La chomeret yom keneged yom à son enseignement propre : on ne craint pas qu'une vue nouvelle annule son jour.

21
פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא כֵּיוָן דִּמְחַסְּרָא כַּפָּרָה — לֹא, קָא מַשְׁמַע לַן כִּדְרַב שְׁמַעְיָה.

C'est évident ! Tu aurais dit : puisqu'il lui manque le kappara, on n'égorge pas.

Cela nous apprend comme Rav Chemaya.

💡 Explication

Une fois corrigée au huitième jour, la halakha semble aller de soi : le kappara peut être offert ce jour-là. L'enseignement : on ne craint pas que les kohanim négligent. Rav Chemaya.

22
רָבִינָא אָמַר — ״נִדָּה״ תַּנָּא קַמֵּיהּ: ״וְהַנִּדָּה שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בַּשְּׁבִיעִי״.

Ravina a dit : c'est "nida" que le tanna a répété devant lui : "Et la nida, on égorge pour elle le septième."

💡 Explication

Ravina relit la baraita. Le mot n'était pas zava, c'était nida. Le tanna avait dit : on égorge pour elle le septième jour.

23
אֲמַר לֵיהּ: נִדָּה בַּשְּׁבִיעִי מִי חַזְיָא? אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ, דַּחֲזֵי לְאֻורְתָּא, נִדָּה לְאוּרְתָּא דִשְׁבִיעִי הוּא דְּטָבְלָה, עַד שְׁמִינִי דְּעָבְדָה הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ לָא חַזְיָא! אֶלָּא אֵימָא: ״בַּשְּׁמִינִי״.

Il lui a dit : une nida, le septième, est-elle apte ? Même selon celui qui dit qu'on égorge et qu'on asperge pour un tamei sheretz, parce qu'il est apte pour le soir : une nida, c'est au soir du septième qu'elle immerge ; jusqu'au huitième, où elle a accompli le coucher du soleil, elle n'est pas apte !

Dis donc : "le huitième."

💡 Explication

Même lecture, même correction. La nida n'immerge qu'à la nuit qui clôt le septième. Le heerev chemech qui la rend apte au kodech tombe le huitième jour. Le soir du septième, elle vient seulement d'immerger : elle est tevoul yom jusqu'au coucher suivant.

24
פְּשִׁיטָא! הַשְׁתָּא וּמַה זָבָה דִּמְיחַסְּרָא כַּפָּרָה — שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עָלֶיהָ בַּשְּׁמִינִי, נִדָּה דְּלָא מְיחַסְּרָא כַּפָּרָה — צְרִיכָה לְמֵימַר דְּשָׁחֲטִינַן וְזָרְקִינַן עֲלַהּ?!

C'est évident ! Maintenant : puisqu'une zava, à qui manque le kappara, on égorge et on asperge pour elle le huitième, une nida, à qui ne manque pas le kappara, faut-il dire qu'on égorge et qu'on asperge pour elle ?!

💡 Explication

Kal va-homer. La zava du huitième jour attend encore un korban, et l'on égorge. La nida du huitième jour n'a plus que le coucher du soleil, déjà en cours. Enseigner son cas paraît inutile. La Guemara répond au segment suivant.

25
נִדָּה אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ, הָא קָא מַשְׁמַע לַן: בַּשְּׁמִינִי אִין, בַּשְּׁבִיעִי לָא, כִּדְתַנְיָא: כָּל חַיָּיבֵי טְבִילוֹת טְבִילָתָן בַּיּוֹם, נִדָּה וְיוֹלֶדֶת טְבִילָתָן בַּלַּיְלָה.

C'est la nida qui lui était nécessaire. Voici ce que cela nous apprend : le huitième, oùi ; le septième, non.

Comme on l'enseigne : tous ceux qui sont tenus d'immerger, leur immersion est de jour ; la nida et l'accouchée, leur immersion est de nuit.

📜 Rachi (1)
בַּשְּׁבִיעִי לֹא מִשּׁוּם דְּלָא חַזְיָא לְאֻורְתָּא מִשּׁוּם הֶעֱרֵב שֶׁמֶשׁ:
Le septième, non : parce qu'elle n'est pas apte pour le soir, à cause du coucher du soleil.
💡 Explication

Le cas de la nida enseigne la limite : le 8, on égorge ; le 7, non. Rachi : le soir du 7, le heerev chemech n'est pas encore accompli.

Règle générale : les hayeve tevilot immergent de jour. Exception : nida et yoledet, de nuit.

26
דְּתַנְיָא: יָכוֹל תְּהֵא טוֹבֶלֶת מִבְּעוֹד יוֹם? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״שִׁבְעַת יָמִים תִּהְיֶה בְנִדָּתָהּ״ — תְּהֵא בְּנִדָּתָהּ כָּל שִׁבְעָה. וְיוֹלֶדֶת אִיתַּקַּשׁ לְנִדָּה.

Car on enseigne : pourrait-elle immerger tant qu'il fait jour ? Le verset dit : "sept jours elle sera dans sa nida" : qu'elle soit dans sa nida les sept jours entiers.

Et l'accouchée est rapprochée de la nida.

📜 Rachi (2)
תִּהְיֶה יְתֵירָה דְּרֵישׁ:
"Elle sera" : il tire un enseignement du mot en trop.
וְיוֹלֶדֶת אִיתַּקַּשׁ לְנִדָּה דִּכְתִיב (שָׁם יב) כִּימֵי נִדַּת דְּוֹתָהּ תִּטְמָא:
Et l'accouchée est rapprochée de la nida, car il est écrit (la, chapitre 12) : "comme les jours de la nida de son indisposition, elle sera impure."
💡 Explication

On aurait fait immerger la nida de jour, comme les autres. Chiv'at yamim tihye venidatah : elle reste dans sa nida les sept jours pleins, jusqu'après le coucher du septième. Rachi : le verbe "elle sera" est en trop, et c'est lui qu'on derache.

La yoledet suit par hekesh : "comme les jours de la nida de son indisposition". Même tevila de nuit.

🖼️ Schéma
Nida : immersion de nuit, aptitude le 8 Jour 7 Encore nida jusqu'au coucher On n'égorge pas Nuit d'après Tevila après le coucher du 7 Pas encore le kodech Jour 8 Tevoul yom toute la journée On égorge Coucher du 8 Heerev chemech Apte pour le repas Nuit du seder Verset : sept jours elle sera dans sa nida. Les sept jours entiers. L'accouchée est rapprochée de la nida. Les autres tevilot sont de jour.
Tevila après le coucher du 7. Apte au kodech au coucher du 8. On égorge ce jour-là.
27
מַתְנֵי׳ הָאוֹנֵן,

Michna. L'onen,

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' הָאוֹנֵן שֶׁמֵּתוֹ מֻוטָּל לְפָנָיו כִּדְאָמְרִי' בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים בְּפֶרֶק טְבוּל יוֹם (זְבָחִים דַּף ק:) אֵיזֶהוּ אוֹנֵן כָּל זְמַן שֶׁלֹּא נִקְבַּר:
Michna. L'onen : celui dont le mort est étendu devant lui, comme nous le disons dans Chehitat kodachim, au chapitre Tevoul yom (Zevahim 100b) : qui est onen ? Tant qu'il n'a pas été enterré.
🗂️ Tossefot (1)
הָאוֹנֵן כְּגוֹן שֶׁמֵּת לוֹ מֵת אַחַר חֲצוֹת שֶׁכְּבָר חָל עָלָיו חִיּוּב פֶּסַח אֲבָל קֹודֶם חֲצוֹת חָל עָלָיו אֲנִינוּת כִּדְאָמַר בְּמִי שֶׁהָיָה טָמֵא (לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף צח.):
L'onen : par exemple quelqu'un dont un mort est survenu après midi, alors que l'obligation du Pessa'h lui incombait déjà. Mais avant midi, l'aninout prend effet sur lui, comme il est dit dans "Celui qui était impur" (plus loin, Pessahim 98a).
💡 Explication

Début de la michna suivante. L'onen est l'endeuillé du jour du décès, tant que le mort n'est pas enterré. Rachi : definition de Zevahim 100b.

Tossefot fixe le cas où l'on égorge pour lui : le décès après hatsot, midi du 14, quand l'obligation du Pessa'h est déjà la. Avant midi, l'aninout prend effet sur lui. La suite est au daf suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).