Pesachim 91b - La femme au Pessah, la matsa, et l'onen

Pesachim 91b

Sougya : Le daf s'ouvre sur le dernier mot de 91a : une compagnie de mineurs et d'esclaves est interdite à cause de la pritzuta. Puis la baraita de la femme au premier Pessa'h et au Pessa'h cheni : Rabbi Yehouda, Rabbi Yossi et Rabbi Chimon, selon qu'on égorge pour elle seule, en accessoire, ou pas du tout.

Chaque avis s'appuie sur nefech, ish, ou chukat ha-pesach. Rabbi Elazar, obligation au premier et faculté au second, suit Rabbi Yehouda : seul le premier repousse le Chabbat.

Rabbi Yo'hanan refuse une compagnie toute de convertis. Une baraita sur le Pessa'h, la matsa et le maror est corrigée : Rabbi Chimon ne parle que du Pessa'h, car les femmes sont tenues à la matsa de par la Torah.

La michna de l'onen commence : il s'immerge et mange son Pessa'h le soir.

Femme au Pessa'h : seule, accessoire, ou exclue Tefila : inscrite avec d'autres. Seule : un Pessa'h dont elle est l'unique inscrite. Rabbi Yehouda Premier On égorge pour elle seule Bemikhssat nafshot Les âmes, donc les femmes Second Accessoire seulement Ish : pas d'obligation Chukat ha-pesach : tefila Rabbi Elazar Premier : chova Second : reshut Seul le premier repousse le Chabbat La reshut ne repousse pas Rabbi Yossi Premier On égorge pour elle seule Bemikhssat nafshot Les âmes, donc les femmes Second On égorge pour elle seule Nefech : même les femmes dans le karet Le mot ish N'écarte pas la femme Écarte le mineur du karet Mineur devenu majeur entre les deux Pessa'h : le second est un tachloumin Rabbi Chimon Premier Accessoire seulement Ish : pas d'obligation Nafshot : laisse la tefila Second Pas du tout Ish écarte la tefila L'obligation est déjà hors D'où vient ish Ish seh : pris par Rabbi Yits'hak Ish lefi okhlo : lefi okhlo = un yachid ish = écarte la femme Deux halakhot, un verset
Trois avis : femme seule, en tefila, ou exclue, au premier Pessah et au second.
Quel ish Rabbi Chimon lit-il au premier Pessa'h Ish seh Exode 12, 3 Déjà pris Rabbi Yits'hak Un adulte acquiert Un mineur n'acquiert pas Ish lefi okhlo Exode 12, 4 Semble pris pour le yachid Rabbi Yossi l'admet Rabbi Chimon aussi Deux enseignements Lefi okhlo, singulier On égorge pour un seul Le mot ish en plus Écarte la femme Chema mina tartei Réciprocité : Rabbi Yossi tient comme Rabbi Chimon, pas de Pessa'h sur une bama privée. Donc Rabbi Chimon tient comme Rabbi Yossi : on égorge pour un yachid. Be'echad reste pour la bama.
Le mot ish du premier Pessah : verset écarté, verset retenu, deux halakhot.
Onen : jour, nuit, Pessa'h, autres kodachim Aninout de la Torah : le jour seulement. Le mort peut n'être pas encore enterré. Jour Interdit de la Torah Hen hayom hikrivou Yom assour Nuit Permise de la Torah Les Sages l'interdisent Layla moutar Pessa'h Il s'immerge et il mange Décret non maintenu là où il y a karet Kodachim Il ne mange pas le soir Aninout de nuit maintenue, derabbanan Tevila : une des onze maalot maalot de rigueur du kodech. Onen et mehoussar kappara. Le jour de la chemoua, celui qui apprend la mort est onen par les Sages. Suite au daf suivant.
Onen : interdit le jour, nuit rabbinique levée pour le Pessah à cause du karet.
1
פְּרִיצוּתָא.

la débauche (pritzuta).

📜 Rachi (1)
עֲבָדִים וּקְטַנִּים מִשּׁוּם פְּרִיצוּתָא דְּמִשְׁכַּב זְכוּר:
Esclaves et mineurs, à cause de la débauche : il s'agit du rapport entre hommes (michkav zakhar).
💡 Explication

La phrase ouverte en 91a se ferme ici. Une compagnie de mineurs et d'esclaves est écartée à cause de la pritzuta. Rachi l'identifie au michkav zakhar.

2
גּוּפָא: אִשָּׁה בָּרִאשׁוֹן — שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ, וּבַשֵּׁנִי עוֹשִׂין אוֹתָהּ טְפֵילָה לַאֲחֵרִים, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: אִשָּׁה בִּשְׁנֵי — שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ בִּפְנֵי עַצְמָהּ, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר בָּרִאשׁוֹן. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אִשָּׁה בָּרִאשׁוֹן — עוֹשִׂין אוֹתָהּ טְפֵילָה לַאֲחֵרִים, בַּשֵּׁנִי אֵין שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ כָּל עִיקָּר.

Le texte même : une femme, au premier, on égorge pour elle seule ; au second, on la fait accessoire à d'autres. Parole de Rabbi Yehouda.

Rabbi Yossi dit : une femme, au second, on égorge pour elle seule, et il n'est pas besoin de le dire pour le premier. Rabbi Chimon dit : une femme, au premier, on la fait accessoire à d'autres ; au second, on n'égorge pas pour elle du tout.

📜 Rachi (1)
אֵין שׁוֹחֲטִין עָלֶיהָ כָּל עִיקָּר וְאַפֵּי' טְפֵילָה דְּלָא שַׁיְיכָא בֵּיהּ מִידִי וְאִי אָכְלָה בֵּיהּ הֲוָה פֶּסַח נֶאֱכָל שֶׁלֹּא לִמְנוּיָו וה"ה לַעֲבָדִים דְּאֵין אוֹכְלִין בּוֹ וְכִי אָכְלִי עֲבָדִים וְנָשִׁים בָּרִאשׁוֹן שֶׁהֵן רְשׁוּת בּוֹ אֲבָל בַּשֵּׁנִי לֹא דְּאַפֵּי' מֵרְשׁוּת אִימַּעוּט כְּדִלְקַמָּן:
On n'égorge pas pour elle du tout : même en accessoire, car elle n'y a aucune part. Si elle en mangeait, le Pessa'h serait mangé hors de ses inscrits (chelo le-menouav). Il en va de même des esclaves : ils n'en mangent pas. Quand esclaves et femmes en mangent au premier, c'est qu'ils y sont en faculté (reshut). Au second, non : même de la faculté ils sont exclus, comme plus loin.
💡 Explication

Seule : un Pessa'h dont elle est l'unique inscrite. Accessoire (tefila) : elle rejoint d'autres. Du tout : elle n'en mange pas, sinon le korban sortirait de ses menouyim.

Rabbi Yehouda : seule au premier, accessoire au second. Rabbi Yossi : seule, même au second. Rabbi Chimon : accessoire au premier, rien au second.

3
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? רַבִּי יְהוּדָה סָבַר: ״בְּמִכְסַת נָפְשַׁתְּ״, וַאֲפִילּוּ נָשִׁים. וְכִי תֵּימָא, אִי הָכִי אֲפִילּוּ בַּשֵּׁנִי נָמֵי? כְּתִיב: ״חֶטְאוֹ יִשָּׂא הָאִישׁ הַהוּא״. אִישׁ — אִין, אִשָּׁה — לֹא.

Sur quoi divergent-ils ? Rabbi Yehouda tient : "selon le compte des âmes" (Exode 12, 4), et même les femmes.

Et si tu dis : s'il en est ainsi, même au second aussi ? Il est écrit : "cet homme portera son péché" (Nombres 9, 13).

Un homme, oui ; une femme, non.

📜 Rachi (2)
בְּמִכְסַת נְפָשׁוֹת מִדְּלָא כָּתַב אֲנָשִׁים אַפֵּי' אִשָּׁה בַּמַּשְׁמָע:
"Selon le compte des âmes" : puisqu'il n'a pas écrit "hommes", même une femme est dans le sens du verset.
כְּתִיב בִּשְׁנֵי חֶטְאוֹ יִשָּׂא הָאִישׁ הַהוּא וְהָכִי מַשְׁמַע לֵיהּ קְרָא וְהָאִישׁ אֲשֶׁר הוּא טָהוֹר וּבְדֶרֶךְ לֹא הָיָה וְחָדַל לַעֲשׂוֹת הַפֶּסַח רִאשׁוֹן וְנִכְרַת כִּי קָרְבַּן ה' כו' כִּי לְשׁוֹן שִׁימּוּשׁ אִי כְּשֶׁקָּרְבַּן ה' לֹא הִקְרִיב בְּמֹועֲדוֹ בַּשֵּׁנִי חֶטְאוֹ יִשָּׂא וְהָכִי דָּרֵישׁ בְּפֶרֶק מִי שֶׁהָיָה טָמֵא (לְקַמָּן פְּסָחִים צג.) אַלִּיבָּא דר"י א"נ קָרְבַּן ה' לֹא הִקְרִיב בְּמֹועֲדוֹ בַּשֵּׁנִי חֶטְאוֹ יִשָּׂא:
Il est écrit au second : "cet homme portera son péché". Voici comment le verset se lit pour lui : "Et l'homme qui est pur, et qui n'était pas en chemin, et qui s'est abstenu de faire le premier Pessa'h, sera retranché, car le korban de Hachem..." Le mot "car" est un terme de reprise : si, lorsque le korban de Hachem n'a pas été offert en son temps, au second, il portera son péché. C'est ainsi qu'on l'expose au chapitre "Celui qui était impur" (plus loin, Pessahim 93a), selon Rabbi Yehouda. Autre lecture : "le korban de Hachem, il ne l'a pas offert en son temps", au second, "il portera son péché".
💡 Explication

Bemikhssat nafshot inclut les femmes au premier : le verset dit "âmes", pas "hommes". Au second, ish réserve l'obligation aux hommes. La femme reste hors du karet du Pessa'h cheni.

Rachi coupe le verset en deux. Le retranchement vise celui qui a manqué le premier. "Il portera son péché" vise celui qui n'a pas offert au second.

4
וְכִי תֵּימָא, אִי הָכִי אֲפִילּוּ טְפֵילָה נָמֵי בַּשֵּׁנִי לָא? אַהֲנֵי ״כְּכָל חֻקַּת הַפֶּסַח״ לִטְפֵילָה בְּעָלְמָא.

Et si tu dis : s'il en est ainsi, même en accessoire, au second, non plus ? "Selon tout le statut du Pessa'h" (Nombres 9, 12) sert pour un simple accessoire.

💡 Explication

Kekhol chukat ha-pesach rapproche le second du premier. Pour Rabbi Yehouda, ce rapprochement ne rend pas la femme obligatoire au second. Il lui laisse la tefila : être inscrite avec d'autres.

5
וְרַבִּי יוֹסֵי מַאי טַעְמָא? דִּכְתִיב בָּרִאשׁוֹן: ״בְּמִכְסַת נָפְשַׁתְּ״ — וַאֲפִילּוּ אִשָּׁה, וּכְתִיב בְּפֶסַח שֵׁנִי: ״וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הַהִוא מֵעַמֶּיהָ״, נֶפֶשׁ — וַאֲפִילּוּ נָשִׁים. וְאֶלָּא: ״חֶטְאוֹ יִשָּׂא הָאִישׁ הַהוּא״, לִמְעוּטֵי מַאי? לִמְעוּטֵי קָטָן מִכָּרֵת.

Et Rabbi Yossi, quelle est sa raison ? Car il est écrit au premier : "selon le compte des âmes", et même une femme.

Et il est écrit au Pessa'h cheni : "et cette âme sera retranchée de son peuple" (Nombres 9, 13). "Âme", et même les femmes.

Mais alors, "cet homme portera son péché", pour exclure quoi ? Pour exclure le mineur du karet.

📜 Rachi (2)
וּכְתִיב בַּשֵּׁנִי וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הַהִיא דאע"ג דְּאַרִאשׁוֹן קָאֵי מִיהוּ כִּי קָרְבַּן ה' אַשְּׁנֵי קָאֵי וּכְדִמְפָרְשִׁינַן וְגָמְרִינַן בָּהּ כָּרֵת לְקַמָּן (שָׁם) הַאי חֶטְאוֹ יִשָּׂא מִוְּנָשַׁא חֶטְאוֹ דִּמְבָרֵךְ אֶת הַשֵּׁם דִּכְתִיב בֵּיהּ אֶת ה' הוּא מְגַדֵּף וְנִכְרָת וְגוֹ' וְהָוֵי כְּמַאן דִּכְתִיב נֶפֶשׁ בְּגוּפֵיהּ:
Et il est écrit au second : "et cette âme sera retranchée". Bien que cela porte sur le premier, toutefois "car le korban de Hachem" porte sur le second, comme nous l'expliquons. Et l'on y apprend le karet plus loin (ibid.). Ce "il portera son péché" s'apprend de "il portera son péché" de celui qui bénit le Nom, dont il est écrit : "il blasphème Hachem", "et il sera retranché", etc. Et c'est comme si "âme" était écrit dans le corps même du verset.
וְאֶלָּא הָאִישׁ דְּגַבֵּי פֶּסַח מַאי עֲבִיד לֵיהּ לִיכְתֹּוב חֶטְאוֹ יִשָּׂא וְתוּ לָא:
Mais alors, "l'homme", à propos du Pessa'h : qu'en fait-il ? Qu'il écrive "il portera son péché", et rien de plus.
🗂️ Tossefot (2)
וּכְתִיב בַּשֵּׁנִי וְנִכְרְתָה הַנֶּפֶשׁ הַהִיא אַפֵּי' אִשָּׁה וְלָא נָפְקָא לְרַבִּי יוֹסֵי אִשָּׁה מִכְּכָל חֻקַּת הַפֶּסַח דְּמֵהָתָם מַפִּיק ר"י טְפֵילָה דְּאִי לָאו הַנֶּפֶשׁ הַהִיא כְּכָל חֻקַּת הַפֶּסַח לָא הֲוָה מוֹקְמִינַן אֶלָּא לִטְפֵילָה כְּר' יְהוּדָה וְאִישׁ לִמְעוּטֵי חוֹבָה הִלְכָּךְ גַּלִּי הַנֶּפֶשׁ הַהִיא דְּלָא מְמַעֲטִינַן אִשָּׁה מֵאִישׁ:
Et il est écrit au second : "et cette âme sera retranchée", même une femme. Pour Rabbi Yossi, la femme ne se déduit pas de "selon tout le statut du Pessa'h". De là, Rabbi Yehouda tire l'accessoire. S'il n'y avait pas "cette âme", nous n'aurions établi "selon tout le statut du Pessa'h" que pour l'accessoire, comme Rabbi Yehouda, et "homme" pour exclure l'obligation. C'est pourquoi "cette âme" révèle qu'on n'exclut pas la femme à partir du mot "homme".
אִישׁ וְלֹא קָטָן תֵּימַהּ אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ דְּהֵיכָן מָצִינוּ שֶׁחַיָּיב קָטָן בְּמִצְוֹת וְי"ל דְּאִיצְטְרִיךְ לְקָטָן שֶׁהִגְדִּיל בֵּין שְׁנֵי פְסָחִים דס"ד דְּחַייָּב לַעֲשׂוֹת פֶּסַח שֵׁנִי קמ"ל דִּשְׁנֵי תַּשְׁלוּמִין דְּרִאשׁוֹן הוּא וּבְפֶרֶק מִי שֶׁהָיָה טָמֵא (לְקַמָּן פְּסָחִים דַּף צג.) מַשְׁמַע דְּנָפְקָא לָן מִקְּרָא אַחֲרִינָא וּבְפֶ' ד' מִיתוֹת (סַנְהֶדְרִין דַּף נד:) נָמֵי קָשֶׁה אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ אִישׁ פְּרָט לְקָטָן בְּבָא עַל אֵשֶׁת אִישׁ וְעַל אֵשֶׁת אָבִיו וְעַל הַזָּכָר וְעַל הַבְּהֵמָה:
"Un homme", et non un mineur. Difficulté : pourquoi le verset est-il nécessaire ? Où trouvons-nous qu'un mineur soit tenu aux commandements ? On peut dire : il est nécessaire pour le mineur devenu majeur entre les deux Pessa'h. On aurait pensé qu'il est tenu de faire le Pessa'h cheni. Cela nous apprend que le second est le rattrapage (tachloumin) du premier. Au chapitre "Celui qui était impur" (plus loin, Pessahim 93a), il ressort qu'on le déduit d'un autre verset. Au chapitre des quatre mises à mort (Sanhedrin 54b) aussi, c'est difficile : pourquoi "homme" est-il nécessaire pour exclure le mineur, pour celui qui a un rapport avec une femme mariée, avec la femme de son père, avec un mâle, et avec une bête ?
💡 Explication

Rabbi Yossi lit nefech au second : les femmes sont dans le karet, donc on égorge pour elles seules. Le mot ish écarte le mineur du karet.

Rachi relie "chet'o yisa" au blasphémateur par gezera chava : le karet et le mot "âme" se rapportent au second. Tossefot : sans "nefech", on lirait comme Rabbi Yehouda. Le mineur devenu grand entre les deux fêtes semble tenu au second ; le second n'est que le tachloumin du premier, auquel il n'était pas tenu.

6
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן: כְּתִיב בָּרִאשׁוֹן ״אִישׁ״, אִישׁ — אִין, אִשָּׁה — לָא. וְכִי תֵּימָא, אִי הָכִי אֲפִילּוּ טְפִילָה נָמֵי לָא? אַהֲנֵי לֵיהּ ״בְּמִכְסַת נָפְשַׁתְּ״ לִטְפֵילָה.

Et Rabbi Chimon : il est écrit au premier "homme". Un homme, oui ; une femme, non.

Et si tu dis : s'il en est ainsi, même en accessoire, non plus ? "Selon le compte des âmes" lui sert pour l'accessoire.

📜 Rachi (1)
כְּתִיב בָּרִאשׁוֹן אִישׁ לְקַמָּן בָּעֵי מַאי אִישׁ כְּתִיב בָּרִאשׁוֹן:
Il est écrit au premier "homme" : plus loin, on demande quel "homme" est écrit au premier.
💡 Explication

Pour Rabbi Chimon, ish au premier écarte la femme d'un Pessa'h à elle seule. Bemikhssat nafshot la laisse entrer en tefila. Quel verset porte ce mot "homme", la Guemara le cherche ensuite.

7
וְכִי תֵּימָא, אֲפִילּוּ בַּשֵּׁנִי נָמֵי. מִיעֵט רַחֲמָנָא בַּשֵּׁנִי, דִּכְתִיב: ״חֶטְאוֹ יִשָּׂא הָאִישׁ״, אִישׁ — אִין, אִשָּׁה — לָא. מִמַּאי קָמְמַעֵיט לֵיהּ? אִי מֵחִיּוּב — הַשְׁתָּא בָּרִאשׁוֹן לֹא, בַּשֵּׁנִי מִיבַּעְיָא? אֶלָּא לָאו, מִטְּפִילָה.

Et si tu dis : même au second aussi. Le Miséricordieux l'a exclue au second, car il est écrit : "l'homme portera son péché".

Un homme, oui ; une femme, non. De quoi l'exclut-il ?

Si de l'obligation : maintenant, au premier, non ; au second, est-ce encore une question ? Donc, de l'accessoire.

💡 Explication

Au second, ish ne vise pas l'obligation. La femme est déjà hors de l'obligation au premier, et le second en est le rattrapage. L'exclusion porte sur la tefila. Au second, on n'égorge pas pour elle du tout.

🖼️ Schéma
Rabbi Chimon : de quoi ish écarte-t-il la femme au second De l'obligation ? Au premier, elle n'y est pas tenue Le second rattrape le premier Le verset n'a pas à le redire De la tefila Même en accessoire, non On n'égorge pas pour elle du tout Ela lav, mitefila Au premier, nafshot lui laisse l'accessoire. Au second, ish le lui retire.
Ish au second écarte la tefila : l'obligation était déjà hors de cause au premier.
8
וּמַאי ״אִישׁ״ דְּקָאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן? אִי נֵימָא: ״וְיִקְחוּ לָהֶם אִישׁ שֶׂה לְבֵית אָבֹות וְגוֹ׳״ — הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְרַבִּי יִצְחָק, דְּאָמַר: אִישׁ זוֹכֶה, וְאֵין קָטָן זוֹכֶה.

Et quel est cet "homme" dont parle Rabbi Chimon ? Si tu dis : "Ils prendront pour eux, chacun un agneau pour la maison des pères..." (Exode 12, 3), celui-là lui est nécessaire pour l'enseignement de Rabbi Yits'hak, qui a dit : un homme acquiert, et un mineur n'acquiert pas.

📜 Rachi (1)
אִישׁ זוֹכֶה לַאֲחֵרִים בִּלְקִיחָתוֹ אִם לָקַח מִקָּח לְצֹורֶךְ אֲחֵרִים אוֹ קִיבֵּל מַתָּנָה לְשֵׁם אֲחֵרִים כְּדִכְתִיב וְיִקְחוּ אִישׁ שֶׂה לְבֵית אָבֹות וְאֵין קָטָן זוֹכֶה דְּאֵין נַעֲשֶׂה שָׁלִיחַ:
Un homme acquiert : pour d'autres, par sa prise. S'il a conclu un achat pour d'autres, ou reçu un don au nom d'autres, comme il est écrit : "ils prendront, chacun un agneau pour la maison des pères". Et un mineur n'acquiert pas, car il ne devient pas mandataire (chalia'h).
🗂️ Tossefot (2)
אִי נֵימָא מֵאִישׁ שֶׂה הָא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכַדֵּר' יִצְחָק כּוּ' תֵּימַהּ לְרִ"י דִּבְרֵישׁ פּ"ב דְּקִדּוּשִׁין (דַּף מב.) מַשְׁמַע דְּמִילְּתֵיהּ דְּרַבִּי יִצְחָק מֵאִישׁ לְפִי אָכְלוֹ נָפְקָא וְאוֹמֵר רִ"י דְּהָתָם מִשּׁוּם דְּמֵאִישׁ שֶׂה מַפִּיק לִשְׁלִיחוּת דְּלָא מָצֵי מַפִּיק שְׁלִיחוּת מֵאִישׁ לְפִי אָכְלוֹ לְכָךְ נָפְקָא דְּרַבִּי יִצְחָק מֵאִישׁ לְפִי אָכְלוֹ אֲבָל תַּלְמוּדָא דְּהָכָא נָפְקָא לֵיהּ שְׁלִיחוּת מִדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה וּלְכָךְ מוּקֵי אִישׁ שֶׂה לְכִדְרַבִּי יִצְחָק דְּמַשְׁמַע דְּמַיְירֵי בִּזְכִיָּה טְפֵי מֵאִישׁ לְפִי אָכְלוֹ:
Si tu dis, de "chacun un agneau" : celui-là lui est nécessaire pour l'enseignement de Rabbi Yits'hak, etc. Difficulté, pour le Ri : au début du deuxième chapitre de Kiddouchin (42a), il ressort que l'enseignement de Rabbi Yits'hak se déduit de "chacun selon ce qu'il mange". Et le Ri dit : là-bas, c'est parce que de "chacun un agneau" on déduit le mandat (cheli'hout), car on ne peut pas déduire le mandat de "chacun selon ce qu'il mange". C'est pourquoi l'enseignement de Rabbi Yits'hak se déduit de "chacun selon ce qu'il mange". Mais le Talmud d'ici déduit le mandat de Rabbi Yehochoua ben Kor'ha. C'est pourquoi il établit "chacun un agneau" pour l'enseignement de Rabbi Yits'hak : ce verset parle davantage d'acquisition (zekhia) que "chacun selon ce qu'il mange".
אִישׁ זוֹכֶה וְאֵין קָטָן זוֹכֶה תֵּימַהּ אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ קְרָא וְהָא קי"ל דְּאֵין שְׁלִיחוּת לְקָטָן וּבְפֶ' קַמָּא דְּבָבָא מְצִיעָא (דַּף יב.) מוּכָח דִּזְכִיָּה מִטַּעַם שְׁלִיחוּת וְכִי תֵּימָא מֵהָכָא קיי"ל דְּאֵין לוֹ שְׁלִיחוּת אַכַּתִּי קָשֶׁה אַמַּאי אִיצְטְרִיךְ לְמַעֵט דְּאֵינוֹ זוֹכֶה הָא אֲפִילּוּ לְעַצְמוֹ אֵין לוֹ זְכִיָּה בִּמְצִיאָתוֹ אֶלָּא מִפְּנֵי דַּרְכֵי שָׁלוֹם כִּדְאָמְרִינַן בְּהַנִּיזָּקִין (גִּיטִּין דַּף נט.) וְיֵשׁ לוֹמַר דְּדַוְקָא מְצִיאָה אֲבָל מַתָּנָה דְּדַעַת אַחֶרֶת מַקְנָה אוֹתוֹ עָדִיף כִּדְמַסִּיק בִּשְׁנַיִם אוֹחֲזִין (בּ"מ דַּף יב:) וְכֵן בְּפֶרֶק הִתְקַבֵּל (גִּיטִּין דַּף סד:) קָאָמְרִינַן צְרוֹר וְזוֹרְקוֹ אֱגוֹז וְנוֹטְלוֹ זוֹכֶה לְעַצְמוֹ אַפֵּי' לְגַבֵּי קִנְיָן דְּאוֹרָיְיתָא:
"Un homme acquiert, et un mineur n'acquiert pas." Difficulté : pourquoi le verset est-il nécessaire ? Nous tenons qu'il n'y a pas de mandat pour un mineur. Et au premier chapitre de Bava Metsia (12a), il est établi que l'acquisition pour autrui (zekhia) procède du mandat. Et si tu dis : c'est d'ici que nous tenons qu'il n'a pas de mandat, il reste une difficulté : pourquoi faut-il l'exclure de l'acquisition pour autrui ? Même pour lui-même, il n'acquiert pas son objet trouvé, si ce n'est à cause des voies de la paix (darkhei chalom), comme nous le disons au chapitre HaNizakin (Guitin 59a). On peut dire : cela ne vaut que pour l'objet trouvé. Un don, où la volonté d'un autre le lui transfère, a plus de force, comme on conclut au chapitre "Deux qui saisissent" (Bava Metsia 12b). De même, au chapitre HaMekabel (Guitin 64b), nous disons : un caillou, et il le jette ; une noix, et il la prend : il acquiert pour lui-même, même pour une acquisition de la Torah.
💡 Explication

Le verset ish seh est déjà pris par Rabbi Yits'hak : seul un adulte acquiert pour autrui. Un katan ne devient pas chalia'h. Rabbi Chimon ne peut pas s'en servir pour écarter la femme.

Tossefot rapproche Kiddouchin 42a, où la même halakha sort de "ish lefi okhlo", parce que là-bas "ish seh" sert au cheli'hout. La zekhia d'un mineur pour lui-même vaut pour un don, pas pour une trouvaille.

9
וְאֶלָּא ״מֵאִישׁ לְפִי אָכְלוֹ״, הָא מִדְּרַבִּי יוֹסֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן, רַבִּי שִׁמְעוֹן נָמֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, וְהַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ דְּשׁוֹחֲטִין אֶת הַפֶּסַח עַל הַיָּחִיד.

Mais alors, de "chacun selon ce qu'il mange" (Exode 12, 4). Or, puisque Rabbi Yossi tient comme Rabbi Chimon, Rabbi Chimon tient aussi comme Rabbi Yossi, et celui-là lui est nécessaire : on égorge le Pessa'h pour un individu.

📜 Rachi (4)
אֶלָּא מֵאִישׁ לְפִי אָכְלוֹ דְּרֵישׁ לֵיהּ לְמַעוּטֵי אִשָּׁה:
Mais de "chacun selon ce qu'il mange" : il l'interprète pour exclure la femme.
וְהָא מָדָר' יוֹסֵי סָבַר לָהּ כר"ש דְּאֵין שׁוֹחֲטִין פֶּסַח בְּבָמַת יָחִיד מוּלָא תּוּכַל לִזְבֹּוחַ:
Or, puisque Rabbi Yossi tient comme Rabbi Chimon : on n'égorge pas le Pessa'h sur une bama particulière, à partir de "tu ne pourras pas sacrifier" (Deutéronome 16, 5).
ר"ש נָמֵי סָבַר לָהּ כְּר' יוֹסֵי דְּיָלֵיף מֵאִישׁ לְפִי אָכְלוֹ שֶׁשּׁוֹחֵט פֶּסַח עַל הַיָּחִיד דְּאִי לָא ס"ל כְּוָותֵיהּ מִמַּאי דְּהַאי בְּאֶחָד לִדְרָשָׁא דִּידֵיהּ אֲתָא הָא טְפֵי מַשְׁמַע שַׁפִּיר כר"י דְּאֵין שׁוֹחֲטִין עַל הַיָּחִיד:
Rabbi Chimon tient aussi comme Rabbi Yossi : il apprend de "chacun selon ce qu'il mange" qu'on égorge le Pessa'h pour un individu. Car s'il ne tenait pas comme lui, d'où saurait-on que ce "dans l'un" (be'echad) vient pour son enseignement à lui ? Cela se lit mieux selon Rabbi Yehouda : on n'égorge pas pour un individu.
לְפִי אָכְלוֹ בְּלָאו אִישׁ נָמֵי נָפְקָא לָן מִלְּשׁוֹן יָחִיד דְּשׁוֹחֲטִין פֶּסַח עַל הַיָּחִיד וְאִישׁ דָּרְשִׁינַן לֵיהּ לְמַעוּטֵי אִשָּׁה:
"Selon ce qu'il mange" : même sans "homme", nous déduisons du singulier qu'on égorge le Pessa'h pour un individu. Et "homme", nous l'interprétons pour exclure la femme.
🗂️ Tossefot (1)
רַבִּי שִׁמְעוֹן נָמֵי סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי תֵּימַהּ דִּילְמָא סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה וְתַרְתֵּי שָׁמְעַת מִינָּהּ כִּדְאָמְרִינַן לְעֵיל לְרַבִּי יְהוּדָה:
"Rabbi Chimon tient aussi comme Rabbi Yossi." Difficulté : peut-être tient-il comme Rabbi Yehouda, et l'on en apprend deux choses, comme nous l'avons dit plus haut pour Rabbi Yehouda.
💡 Explication

Ish lefi okhlo semble libre pour écarter la femme. La Guemara le retient d'abord pour une autre halakha. Rabbi Yossi admet Rabbi Chimon : pas de Pessa'h sur une bamat yachid, depuis "lo tukhal lizboach". En retour, Rabbi Chimon admet Rabbi Yossi : on égorge pour un yachid.

Le quatrième Rachi prépare la réponse : le singulier "lefi okhlo" suffit pour l'individu ; le mot ish reste pour la femme. Tossefot : Rabbi Chimon pourrait suivre Rabbi Yehouda et tirer deux enseignements d'une seule expression.

10
אָמַר לָךְ: אִם כֵּן נִכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״לְפִי אָכְלוֹ״. מַאי ״אִישׁ״ — שָׁמְעַת מִינָּהּ תַּרְתֵּי.

Il te dirait : s'il en est ainsi, que le Miséricordieux écrive "selon ce qu'il mange". Que vient faire "homme" ?

Tu en apprends deux.

💡 Explication

Réponse de Rabbi Chimon. Lefi okhlo, au singulier, enseigne qu'on égorge pour un seul. Le mot ish en plus écarte la femme. Les deux halakhot tiennent dans le même verset.

11
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אִשָּׁה בָּרִאשׁוֹן חוֹבָה וּבַשֵּׁנִי רְשׁוּת, וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. אִי רְשׁוּת, אַמַּאי דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת? אֶלָּא אֵימָא: בַּשֵּׁנִי רְשׁוּת וּבָרִאשׁוֹן חוֹבָה, וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת. כְּמַאן — כְּרַבִּי יְהוּדָה.

Selon qui va ce qu'a dit Rabbi Elazar : une femme, au premier, obligation, et au second, faculté, et cela repousse le Chabbat ? Si c'est une faculté, pourquoi cela repousse-t-il le Chabbat ?

Dis ainsi : au second, faculté, et au premier, obligation, et cela repousse le Chabbat. Selon qui ?

Selon Rabbi Yehouda.

📜 Rachi (1)
רְשׁוּת וְדוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת בִּתְמִיהַּ:
"Faculté, et cela repousse le Chabbat" : c'est dit avec étonnement.
💡 Explication

Une reshut ne repousse pas le Chabbat. "Et cela repousse le Chabbat" vise le premier, qui est chova. L'ordre se lit donc : faculté au second, obligation au premier, et c'est cette obligation qui repousse le Chabbat. Cela rejoint Rabbi Yehouda.

12
אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין עוֹשִׂין חֲבוּרָה שֶׁכֻּולָּהּ גֵּרִים, שֶׁמָּא יְדַקְדְּקוּ בּוֹ וִיבִיאוּהוּ לִידֵי פְּסוּל.

Rabbi Yaakov a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : on ne fait pas une compagnie entièrement de convertis, de peur qu'ils n'y regardent de trop près et ne le mènent à l'invalidité (passoul).

📜 Rachi (1)
יְדַקְדְּקוּ בּוֹ מִשּׁוּם שֶׁאֵינָן בְּנֵי תוֹרָה יַחְמִירוּ עָלָיו לְדַקְדֵּק וְיַפְסִילוּהוּ עַל חִנָּם:
Ils y regarderont de trop près : comme ils ne sont pas des fils de la Torah, ils seront stricts à force de minutie, et ils l'invalideront pour rien.
🗂️ Tossefot (1)
שֶׁמָּא יְדַקְדְּקוּ בּוֹ וִיבִיאוּהוּ לִידֵי פְּסוּל תֵּימַהּ דְּבָעֵי לְמֵימַר דְּגֵרִים מְדַקְדְּקִים בְּיוֹתֵר וְדָמֵי לְהָא דְּאָמְרִינַן (חֻולִּין דַּף ד.) כָּל מִצְוָה שֶׁהֶחֱזִיקוּ בָּהּ גֵּרִים וְכוּתִים הַרְבֵּה מְדַקְדְּקִים בָּהּ יוֹתֵר מִיִּשְׂרָאֵל וּבִירֻושַּׁל' גָּרֵיס אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב בַּר יִצְחָק בְּשֵׁם רַבִּי יוֹסֵי אֵין עוֹשִׂין חֲבוּרוֹת שֶׁל גֵּרִים שֶׁמִּתּוֹךְ שֶׁהֵן מְקֻולְקָלִים אֵין מְדַקְדְּקִין וִיבִיאוּהוּ לִידֵי פְּסוּל וּבְכָל דֻּוכְתָּא נָמֵי חָזֵינַן דְּגֵרִים לָא דָּייְקִי בְּמִצְוֹת כְּיִשְׂרְאֵלִים וְהָכָא קָאָמַר דְּגֵרִים מְדַקְדְּקִים יוֹתֵר:
"De peur qu'ils n'y regardent de trop près et ne le mènent à l'invalidité." Difficulté : cela veut dire que les convertis sont plus minutieux. Cela ressemble à ce que nous disons (Houlin 4a) : toute mitsva que les convertis et les Koutim ont adoptée, ils y sont beaucoup plus minutieux qu'un Israélite. Et le Yeroushalmi a cette leçon : Rabbi Yaakov bar Yits'hak a dit au nom de Rabbi Yossi : on ne fait pas de compagnies de convertis, car, du fait qu'ils sont défectueux, ils ne sont pas minutieux, et ils le mèneront à l'invalidité. Et partout aussi, nous voyons que les convertis ne sont pas précis dans les mitsvot comme les Israélites. Et ici, il dit que les convertis sont plus minutieux.
💡 Explication

Une havoura de gerim seuls est refusée. Rachi : faute d'étude, leur minutie peut rendre le Pessa'h passoul sans motif. Tossefot oppose le Yeroushalmi, qui craint le manque de précision.

🖼️ Schéma
Compagnie toute de convertis : deux craintes Bavli, Rabbi Yo'hanan Ils regardent de trop près Minutie sans étude Pessa'h passoul pour rien Rachi : ils ne sont pas benei Torah Yeroushalmi Ils ne sont pas assez précis Pratique défaillante Pessa'h passoul par négligence Tossefot signale les deux leçons
Bavli : minutie excessive. Yeroushalmi : manque de précision. Les deux mènent au passoul.
13
תָּנוּ רַבָּנַן: פֶּסַח וּמַצָּה וּמָרוֹר, בָּרִאשׁוֹן — חוֹבָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ — רְשׁוּת, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בַּאֲנָשִׁים חוֹבָה וּבְנָשִׁים רְשׁוּת.

Nos maîtres ont enseigne : le Pessa'h, la matsa et le maror, au premier, obligation ; à partir de là, faculté. Rabbi Chimon dit : pour les hommes, obligation, et pour les femmes, faculté.

📜 Rachi (1)
הָכִי גָּרְסִינַן תָּנוּ רַבָּנַן פֶּסַח מַצָּה וּמָרוֹר בָּרִאשׁוֹן חוֹבָה כו' בָּרִאשׁוֹן לַיְלָה הָרִאשׁוֹן:
Voici comment on lit : nos maîtres ont enseigne : Pessa'h, matsa et maror, au premier, obligation, etc. "Au premier" : la première nuit.
💡 Explication

Rishon désigne la première nuit. Le premier tanna : Pessa'h, matsa et maror sont obligation cette nuit-là ; ensuite, faculté. Rabbi Chimon distingue hommes et femmes. La Guemara demande ensuite sur quel aliment porte chaque membre.

14
אַהֵיָיא קָאֵי? אִילֵּימָא אַפֶּסַח, פֶּסַח כָּל שִׁבְעָה מִי אִיכָּא? וְאֶלָּא אַמַּצָּה וּמָרוֹר, אֵימָא סֵיפָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: בַּאֲנָשִׁים חוֹבָה וּבְנָשִׁים רְשׁוּת,

Sur quoi cela porte-t-il ? Si tu dis, sur le Pessa'h : y a-t-il un Pessa'h pendant les sept jours ?

Mais alors, sur la matsa et le maror. Dis la fin : Rabbi Chimon dit : pour les hommes, obligation, et pour les femmes, faculté.

📜 Rachi (2)
אַהֵיָיא קָאֵי מִכָּאן וְאֵילָךְ רְשׁוּת דְּתַנָּא קַמָּא אִי נֵימָא אַפֶּסַח פֶּסַח כָּל שִׁבְעָה מִי אִיכָּא:
Sur quoi cela porte-t-il : "à partir de là, faculté", du premier tanna. Si tu dis, sur le Pessa'h : y a-t-il un Pessa'h pendant les sept jours ?
וְאֶלָּא אַמַּצָּה וּמָרוֹר וְעָלָה מַהְדַּר ר"ש אַף בָּרִאשׁוֹן דְּקָאָמְרַתְּ חוֹבָה בַּאֲנָשִׁים הוּא דְּהָוְיָא אֲבָל בְּנָשִׁים רְשׁוּת:
Mais alors, sur la matsa et le maror. Et c'est là-dessus que revient Rabbi Chimon : même au premier, dont tu dis qu'il est obligation, c'est pour les hommes que c'est obligation, mais pour les femmes, faculté.
💡 Explication

"À partir de là, faculté" ne vise pas le Pessa'h : on ne le mange pas les sept jours. Cela viserait la matsa et le maror. Alors la fin, Rabbi Chimon, porterait aussi sur eux, et les femmes en seraient dispensées dès le premier soir.

15
לֵית לֵיהּ לְרַבִּי שִׁמְעוֹן הָא דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: נָשִׁים חַיָּיבוֹת בַּאֲכִילַת מַצָּה דְּבַר תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא תֹאכַל עָלָיו חָמֵץ שִׁבְעַת יָמִים תֹּאכַל עָלָיו מַצּוֹת״ — כֹּל שֶׁיֶּשְׁנוֹ בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ, יֶשְׁנוֹ בְּקוּם אֱכֹול מַצָּה. וְהָנֵי נָשִׁים, הוֹאִיל וְיֶשְׁנָן בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ, יֶשְׁנָן בְּקוּם אֱכֹול מַצָּה!

Rabbi Chimon n'admet-il pas ce qu'a dit Rabbi Elazar : les femmes sont tenues à la consommation de la matsa, de par la Torah, car il est dit : "Tu ne mangeras pas sur lui de hamets ; sept jours tu mangeras sur lui des matsot" (Deutéronome 16, 3) ? Quiconque est dans l'interdit de manger du hamets est dans le commandement de manger de la matsa.

Et ces femmes, puisqu'elles sont dans l'interdit de manger du hamets, elles sont dans le commandement de manger de la matsa !

📜 Rachi (2)
לֵית לֵיהּ לר"ש וְהָא לֵיכָּא לְמֵימַר דְּלֶיהְדַּר אַמָּרוֹר לְחוּדֵיהּ דִּסְתָמָא מַצָּה וּמָרוֹר בַּהֲדֵי הֲדָדֵי כְּתִיב עַל מַצּוֹת וּמְרוֹרִים וּכְשֵׁם שֶׁנָּשִׁים בַּאֲכִילַת מַצָּה חוֹבָה הָכִי נָמֵי בְּמָרוֹר:
"Rabbi Chimon n'admet-il pas". Et l'on ne peut pas dire qu'il revienne sur le maror seul. Car, sans autre précision, matsa et maror sont écrits ensemble : "sur des matsot et des herbes amères". Et de même que, pour les femmes, la consommation de la matsa est obligation, de même pour le maror.
הוֹאִיל וְיֶשְׁנָן בְּבַל תֹּאכַל חָמֵץ דְּהִשְׁוָה הַכָּתוּב אִשָּׁה לְאִישׁ לְכָל עֳונָשִׁין שֶׁבַּתּוֹרָה דִּכְתִיב (בַּמִּדְבָּר ה׳:ו׳) אִישׁ אוֹ אִשָּׁה כִּי יַעֲשׂוּ מִכָּל חַטֹּאת הָאָדָם וְגוֹ':
Puisqu'elles sont dans l'interdit de manger du hamets : car l'Écrit a égalé la femme à l'homme pour tous les châtiments de la Torah, comme il est écrit (Nombres 5, 6) : "Un homme ou une femme, lorsqu'ils commettront l'un des péchés de l'homme...".
💡 Explication

Les femmes sont dans bal tokhal chametz, comme dans tous les interdits. Le verset y attache le kum ekhol matza. Elles sont donc tenues à la matsa deoraita.

Rachi étend la même obligation au maror, écrit à côté de la matsa. Rabbi Chimon ne peut pas rendre la matsa facultative pour les femmes.

16
אֶלָּא אֵימָא: פֶּסַח מַצָּה וּמָרוֹר, בָּרִאשׁוֹן — חוֹבָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ — רְשׁוּת. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: פֶּסַח בַּאֲנָשִׁים חוֹבָה, בַּנָּשִׁים רְשׁוּת.

Dis ainsi : le Pessa'h, la matsa et le maror, au premier, obligation ; à partir de là, faculté. Rabbi Chimon dit : le Pessa'h, pour les hommes, obligation ; pour les femmes, faculté.

📜 Rachi (1)
אֶלָּא הָכִי קָאָמַר פֶּסַח מַצָּה וּמָרוֹר בָּרִאשׁוֹן חוֹבָה מִכָּאן וְאֵילָךְ רְשׁוּת וְקָאֵי הַאי מִכָּאן וְאֵילָךְ אַמַּצָּה וּמָרוֹר ור"ש פְּלִיג אַפֶּסַח דְּקָאָמְרַתְּ בָּרִאשׁוֹן חוֹבָה בַּאֲנָשִׁים הוּא דַּהֲוָה חוֹבָה אֲבָל בְּנָשִׁים רְשׁוּת וְרַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ:
Dis ainsi : voici ce qu'il dit. Le Pessa'h, la matsa et le maror, au premier, obligation ; à partir de là, faculté. Et ce "à partir de là" porte sur la matsa et le maror. Et Rabbi Chimon diverge sur le Pessa'h : ce dont tu dis qu'au premier c'est obligation, c'est pour les hommes que c'est obligation, mais pour les femmes, faculté. Et Rabbi Chimon reste sur sa position.
💡 Explication

Lecture corrigée. "À partir de là, faculté" vise la matsa et le maror des jours suivants. Rabbi Chimon ne discute que le Pessa'h : obligation pour les hommes, faculté pour les femmes. C'est son avis du début du daf.

🖼️ Schéma
Baraita : sur quoi portent obligation et faculté Lecture écartée À partir de là = matsa et maror Rabbi Chimon, même le premier soir Femmes en reshut pour la matsa Contredit : bal tokhal chametz entraîne kum ekhol matza Lecture retenue À partir de là = jours suivants Matsa et maror, en reshut Rabbi Chimon ne vise que le Pessa'h Hommes : chova. Femmes : reshut Il reste sur son avis du début Le Pessa'h ne dure pas sept jours. Le membre ne peut pas porter sur lui.
La fin de la baraita ne vise que le Pessa'h. Matsa et maror restent obligation pour les femmes.
17
מַתְנֵי׳ אוֹנֵן — טוֹבֵל וְאוֹכֵל אֶת פִּסְחוֹ לָעֶרֶב, אֲבָל לֹא בְּקָדָשִׁים. הַשּׁוֹמֵעַ עַל מֵתוֹ,

Michna. L'onen s'immerge et mange son Pessa'h le soir, mais non les kodachim.

Celui qui apprend la nouvelle de son mort,

📜 Rachi (2)
מַתְנִי' אוֹנֵן טוֹבֵל וְאוֹכֵל אֶת פִּסְחוֹ לָעֶרֶב וְאַף עַל פִּי שֶׁעֲדַייִן לֹא נִקְבַּר דְּאֵין אֲנִינוּת מִן הַתּוֹרָה אֶלָּא בְּיוֹם שֶׁנֶּאֱמַר (וַיִּקְרָא י׳:י״ט) הֵן הַיּוֹם הִקְרִיבוּ וַאֲנִי אוֹנֵן וְאָכַלְתִּי חַטַּאת הַיּוֹם יוֹם אָסוּר לַיְלָה מֻותָּר וּטְבִילָה בָּעֵי וְזוֹ אַחַת מֵאַחַת עֶשְׂרֵה מַעֲלוֹת דְּחֹומֶר בַּקֹּודֶשׁ (חֲגִיגָה דַּף כא.) הָאוֹנֵן וְהַמְחֻוסָּר כִּפּוּרִים צְרִיכִין טְבִילָה לַקֹּודֶשׁ מִתּוֹךְ שֶׁנֶּאֶסְרוּ עַד עַכְשָׁיו בְּקָדָשִׁים אַצְרְכִינְהוּ רַבָּנָן טְבִילָה וְאַף עַל פִּי שֶׁמְּחֻוסַּר כִּפּוּרִים טָבַל אֶתְמוֹל אֲבָל לֹא יֹאכַל אוֹנֵן לָעֶרֶב בִּשְׁאָר קָדָשִׁים דְּאָסוּר אֲנִינוּת לַיְלָה מִדְּרַבָּנָן וּלְגַבֵּי פֶּסַח לֹא הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶן בִּמְקוֹם כָּרֵת:
Michna. L'onen s'immerge et mange son Pessa'h le soir. Même s'il n'est pas encore enterré. Car l'aninout de la Torah n'existe que de jour, comme il est dit (Lévitique 10, 19) : "Voici, aujourd'hui ils ont offert, et je suis onen ; et j'aurais mangé le hatat aujourd'hui ?" Le jour est interdit, la nuit est permise. Et une immersion est nécessaire. Et c'est l'un des onze degrés de rigueur dans le kodech (Haguiga 21a) : l'onen et celui à qui manque l'expiation (mehoussar kappara) ont besoin d'une immersion pour le kodech. Puisqu'ils étaient interdits aux kodachim jusqu'à maintenant, les Sages leur ont imposé une immersion, même si le mehoussar kappara a immergé la veille. Mais l'onen ne mangera pas, le soir, les autres kodachim, car l'aninout de nuit est interdite par les Sages. Et pour le Pessa'h, ils n'ont pas maintenu leur parole là où il y a karet.
הַשּׁוֹמֵעַ עַל מֵתוֹ יוֹם שְׁמוּעָה הָוֵי אוֹנֵן דְּרַבָּנָן:
Celui qui apprend la nouvelle de son mort : le jour où la nouvelle arrive, il est onen par institution des Sages.
💡 Explication

L'onen est l'endeuillé le jour du décès, même avant l'enterrement. De la Torah, l'aninout ne dure que le jour. Les Sages ont étendu l'interdit à la nuit, et exigé une tevila avant le kodech.

Pour le Pessa'h, dont l'omission est punie de karet, ils n'ont pas maintenu cet interdit : il s'immerge et mange le soir. Les autres kodachim restent interdits cette nuit-là. "Celui qui apprend la nouvelle de son mort" continue au daf suivant. Rachi : le jour de la chemoua, il est onen midrabbanan.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).