Sougya : La michna achève le cas de celui pour qui l'on rassemble les ossements : deuil d'un jour, rabbinique, puis tevila et kodachim le soir. Elle oppose Beit Shammai et Beit Hillel sur le ger circoncis la veille de Pessa'h.
La Guemara explique l'onen : l'aninout de la nuit est rabbinique ; devant le karet du Pessa'h les Sages la lèvent, devant le commandement positif des kodachim ils la maintiennent. Rabbi Yo'hanan limite le débat au non-Juif incirconcis, à cause d'une erreur possible l'année suivante ; l'Israélite incirconcis se trempe et mange, de l'avis de tous.
Rava aligne six cas : incirconcis, aspersion et scalpel, où le décret tient malgré le karet ; onen, metzora et beit haperas, où le karet le fait céder.
Et celui qui rassemble pour lui les ossements : il se trempe et mange des kodachim (offrandes sacrées).
Fin de michna. Likut atzamot : on rassemble les ossements d'un père ou d'une mère pour un tombeau définitif. Rachi lit déjà le cas de celui pour qui on rassemble, et renvoie à Moed Katan 8a : le deuil dure la journée, le soir il cesse.
Ce deuil est rabbinique dès le jour. La nuit, il n'y a plus d'aninout. Après la tevila, il mange les kodachim. Le segment 3 reviendra sur le mot melaket, qui peut se lire comme un actif.
Un ger (converti) qui s'est converti la veille de Pessa'h, Beit Shammai disent : il se trempe et mange son Pessa'h le soir. Et Beit Hillel disent : celui qui se sépare du prépuce est comme celui qui se sépare de la tombe.
Beit Shammai : milah et tevila la veille, il mange son Pessa'h le soir. Beit Hillel : quitter le prépuce est mis au rang de quitter une tombe. Rachi : haza'a (aspersion) du troisième et du septième jour, comme un impur par un mort.
Guemara. Quelle est la raison ?
Il tient que l'aninout de la nuit est rabbinique. Et pour le Pessa'h, ils n'ont pas maintenu leur parole là où il y a karet (retranchement).
Pour les kodachim, ils ont maintenu leur parole là où il y a un commandement positif.
La question vise l'onen de la michna précédente : le soir, il mange son Pessa'h, et il s'abstient des autres kodachim.
L'aninout de la nuit est rabbinique. Le jour, quand le mort est du jour, l'aninout est de la Torah. Devant le karet du Pessa'h manque, les Sages retirent leur interdit. Devant le commandement positif des kodachim, "ils les mangeront" (Chemot 29:33), ils le maintiennent.
Tossefot ferme une autre piste. Le Pessa'h est une mitsva overet, son temps passe. La toda aussi ne se mange qu'un jour et une nuit. La différence retenue par la Guemara est le karet, face au simple commandement positif.
Celui qui entend au sujet de son mort, etc. Celui qui rassemble les ossements ?
Il lui faut l'aspersion du troisième et du septième jour ! Dis : celui pour qui l'on a rassemblé les ossements.
Melaket se lit comme un actif : c'est lui qui a touché les ossements. Il serait tamei met, et l'haza'a du troisième et du septième jour le retiendrait. Or la michna le fait manger les kodachim le soir.
Lecture corrigée : cheliktou lo, on a rassemblé pour lui. Il n'a pas de contact. Il reste le deuil rabbinique d'un jour, sans cette touma.
Un ger qui s'est converti, etc. Rabba bar bar Hana a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : le débat porte sur un incirconcis non-Juif.
Rabba bar bar Hana, au nom de Rabbi Yo'hanan : la michna vise l'arel goy, le non-Juif incirconcis converti la veille. Tant qu'il est non-Juif, la touma ne le prend pas.
Rachi donne la guezera de Beit Hillel, et sa borne. On lui impose les sept jours de l'impur par un mort. On ne lui impose pas le parcours du zav : huit jours, puis un korban de kappara. Non-Juif, il n'a pas contracté cette touma, et il ne peut pas apporter cette expiation. Ce décret l'écarterait du Pessa'h sans retour. Les Sages s'arrêtent avant.
Car Beit Hillel tiennent : un décret, de peur qu'il ne devienne impur l'année suivante, et qu'il dise : l'an passé, ne me suis-je pas trempé, et n'ai-je pas mangé ? Maintenant aussi, je me tremperai et je mangerai.
Et il ignore que l'an passé il était non-Juif et ne contractait pas la touma, et que maintenant il est Israélite et contracte la touma.
Scénario que Beit Hillel ferme. L'année suivante, Israélite, il touche un mort. Il se souvient : l'an passé, tevila, puis le Pessa'h. Il recommence, sans l'haza'a du troisième et du septième jour.
L'an passé, la touma ne le prenait pas. Cette année, elle le prend. En traitant déjà la première veille comme une sortie de tombe, le décret lui ôte ce souvenir.
Et Beit Shammai tiennent : nous ne décrétons pas. Mais un incirconcis israélite : de l'avis de tous, il se trempe et mange son Pessa'h le soir.
Et nous ne décrétons pas sur l'incirconcis israélite à cause de l'incirconcis non-Juif.
Beit Shammai laisse le ger manger le soir. Sur l'arel Israël, circoncis seulement la veille, les deux maisons s'accordent : tevila, et le Pessa'h le soir. Le décret du non-Juif ne s'étend pas à lui.
Rachi : même incirconcis, l'Israélite contracte la touma. S'il est impur, il le sait déjà. L'erreur de l'année suivante n'a pas de prise.
Tossefot, le Riva : aucune tevila connue, même rabbinique, pour un Israélite au moment de sa milah. La tevila que la Guemara énonce ici reste celle du texte.
On l'enseigne aussi ainsi. Rabbi Chimon ben Elazar a dit : Beit Shammai et Beit Hillel n'ont pas divergé au sujet d'un incirconcis israélite, qui se trempe et mange son Pessa'h le soir.
Sur quoi ont-ils divergé ? Sur un incirconcis non-Juif.
Car Beit Shammai disent : il se trempe et mange son Pessa'h le soir. Et Beit Hillel disent : celui qui se sépare du prépuce est comme celui qui se sépare de la tombe.
Baraita de Rabbi Chimon ben Elazar. Elle confirme la limite de Rabbi Yo'hanan. Accord sur l'Israélite incirconcis. Divergence sur le non-Juif : Beit Shammai, tevila et Pessa'h le soir ; Beit Hillel, comme celui qui se sépare d'une tombe.
Rava a dit : incirconcis, aspersion et scalpel, ils ont maintenu leur parole là où il y a karet. Onen, metzora et beit haperas (terrain à touma douteuse de tombe), ils n'ont pas maintenu leur parole là où il y a karet.
Rava range six halakhot en deux listes, par mots-signes. Rachi : des simanim.
Ils maintiennent leur parole malgré le karet : arel, haza'a, izmel. Ils la retirent devant le karet : onen, metzora, beit haperas. Chaque mot s'ouvre dans les segments qui suivent.
L'incirconcis : c'est ce que nous avons dit.
Arel renvoie au ger. Rachi : il serait apte le soir. Beit Hillel le repousse à cause du décret de l'année suivante. Manquer le Pessa'h expose au karet, et le décret tient quand même.
L'aspersion : car le maître a dit : l'aspersion est un chevout (interdit rabbinique du Chabbat), et elle ne repousse pas le Chabbat.
Haza'a : aspersion de l'eau lunaire, pour l'impur par un mort. C'est un chevout. Elle ne repousse pas le Chabbat, même la veille de Pessa'h, là où manquer le korban expose au karet. Rachi renvoie au chapitre Elou Devarim.
Le scalpel : car on enseigne dans une baraita : de même qu'on ne l'apporte pas par le domaine public, de même on ne l'apporte pas par les toits, par les cours et par les karpefot (enclos).
Izmel : scalpel de la milah, s'il n'est pas déjà sur place avant Chabbat. Le domaine public est fermé par la Torah. Toits, cours et karpefot sont des domaines rabbiniques. La baraita les ferme aussi.
Milat zakharav : la circoncision de ses fils et de ses esclaves retient le Pessa'h. Le père reste exposé au karet. Les Sages maintiennent l'interdit de transport.
Rachi écarte une autre lecture du karet. Le verset de l'incirconcis vise la milah à son heure, celle qui repousse le Chabbat. Un mineur n'est pas passible de ce karet. Le karet en jeu est celui du Pessa'h.
L'onen : c'est ce que nous avons dit.
Onen renvoie au debut de la sougya. L'aninout de la nuit est rabbinique. Il mange son Pessa'h le soir. Ici, les Sages retirent leur parole devant le karet.
Le metzora : de quoi s'agit-il ? Car on enseigne dans une baraita : un metzora dont le huitième jour tombe la veille de Pessa'h, et qui a vu un keri (émission séminale) ce jour-là, se trempe et mange.
Huitième jour du metzora, veille de Pessa'h. Le septième, tevila et coucher du soleil. Le huitième, il se tient à la porte de Nikanor, dans le camp des Leviim. Cette porte n'a pas la sainteté de l'azara. Il y fait entrer les mains pour le sang et l'huile sur les bohonot.
Dans l'azara, un mehoussar kappara n'entre pas. Makkot 8b : tevoul yom et mehoussar kappara qui entrent dans le Temple sont passibles de karet.
Un keri ce jour-là renvoie le baal keri hors de deux camps. Il se trempe pour le keri. La tsaraat est déjà couverte par la tevila de la veille. Un tevoul yom de keri attend le coucher du soleil, Devarim 23:12. Celui-ci entre sur le mont du Temple, pour les bohnot, afin de manger le Pessa'h le soir.
Les Sages ont dit : bien qu'un tevoul yom n'entre pas, celui-ci entre. Mieux vaut qu'un commandement positif qui porte le karet vienne, et qu'il repousse un commandement positif qui ne porte pas le karet.
Règle : un tevoul yom (immergé du jour, pur au coucher du soleil) n'entre pas. Celui-ci entre. Le commandement positif du Pessa'h, avec karet, repousse le commandement positif qui écarte le tevoul yom du mont du Temple. Ce second commandement porte le karet seulement dans l'azara.
Les mains dans l'azara : Zevahim 32b, deux avis. Pour l'un, une entrée partielle ne reçoit pas le nom d'entrée. Pour l'autre, le verset "devant Hachem" a permis au metzora cette entrée partielle, malgré le karet du mehoussar kappara. La même permission couvre son keri.
Et Rabbi Yo'hanan a dit : de par la Torah, il n'y a même pas de commandement positif en cela, car il est dit : "Yehoshafat se tint dans l'assemblée de Yehouda et de Yerushalayim, dans la Maison de Hachem, devant la cour neuve." Qu'est-ce que la cour neuve ? Ils y ont innové une chose, et ils ont dit : un tevoul yom n'entrera pas dans le camp des Leviim.
Rabbi Yo'hanan lit la baraita. L'écart du tevoul yom hors du camp des Leviim est rabbinique. De la Torah, ce point n'a pas de commandement positif. Le verset du coucher du soleil vise le camp de la Chekhina.
Preuve : Yehoshafat devant la cour neuve. "Neuve" marque l'innovation : le tevoul yom n'entrera pas dans le camp des Leviim. Rachi : Rabbi Yo'hanan le tient de son maître. Pour le Pessa'h, les Sages autorisent l'entrée et la purification. Le texte imprimé porte d'abord "metzora", et les crochets donnent "baal keri".
Tossefot : Rabbi Yo'hanan explique, il n'est pas rangé parmi les tannaïm, Ketoubot 8a. L'accouchée, tevoulat yom arokh, a l'interdit du sanctuaire (Vayikra 12:4) : au camp des Leviim, elle entre. Le décret commence à la cour des femmes, Kelim 1:8. Sur le mont du Temple, le tevoul yom entrait. Le heil ferme déjà l'accès aux non-Juifs et aux impurs par un mort. Le keri est le cas fort : la Torah le renvoie hors de deux camps, et pour son tevoul yom les rabbins ne maintiennent pas l'empêchement devant ce Pessa'h.
Le beit haperas, comme nous l'avons appris dans une michna : et Beit Shammai et Beit Hillel s'accordent
Beit haperas : terrain où une tombe a été labourée, touma douteuse, d'ordre rabbinique. Rava le place parmi les cas où les Sages retirent leur décret devant le karet. La michna citée, l'accord de Beit Shammai et de Beit Hillel, continue à l'amoud suivant.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).