Pesachim 92a - Aninout de la nuit, converti de la veille, décret face au karet

Pesachim 92a

Sougya : La michna achève le cas de celui pour qui l'on rassemble les ossements : deuil d'un jour, rabbinique, puis tevila et kodachim le soir. Elle oppose Beit Shammai et Beit Hillel sur le ger circoncis la veille de Pessa'h.

La Guemara explique l'onen : l'aninout de la nuit est rabbinique ; devant le karet du Pessa'h les Sages la lèvent, devant le commandement positif des kodachim ils la maintiennent. Rabbi Yo'hanan limite le débat au non-Juif incirconcis, à cause d'une erreur possible l'année suivante ; l'Israélite incirconcis se trempe et mange, de l'avis de tous.

Rava aligne six cas : incirconcis, aspersion et scalpel, où le décret tient malgré le karet ; onen, metzora et beit haperas, où le karet le fait céder.

Michna : qui se trempe, et mange le soirL'aninout de la nuit est rabbinique. Le karet du Pessa'h décide.OnenMort survenu le jourJour : aninout de la TorahNuit : aninout rabbiniquePessa'h : il mangeLe karet fait céderKodachim : il s'abstientCommandement positif seulNouvelle, ossementsIl apprend un décèsOù l'on rassemble pour luisans qu'il touche les osLe jour déjà est rabbiniqueLe soir : pas d'aninoutIl mange les kodachimMoed Katan 8a : deuil le jourGer, veille de Pessa'hBeit ShammaiTevila, il mange le soirBeit HillelComme sortir d'une tombeHaza'atroisième et septième jourSuite : arel goy seulementPourquoi le Pessa'h et les kodachim se séparentPessa'h manque : karet. Les Sages lèvent l'aninout de la nuit.Kodachim : commandement positif, Chemot 29:33. Ils maintiennent leur parole.Tossefot : la toda aussi ne dure qu'un jour et une nuit. La piste retenue est le karet.Mitsva overet ne suffit pas à expliquer la michna.
Onen : le soir, Pessah oui, kodachim non. Ossements rassemblés pour lui : kodachim le soir. Ger : Beit Shammai et Beit Hillel.
Le débat : incirconcis non-Juif, ou IsraéliteRabbi Yo'hanan. Baraita de Rabbi Chimon ben Elazar.Beit HillelArel goy, converti la veilleGuezera pour l'année suivanteIl dirait : l'an passé,tevila, puis j'ai mangéNon-Juif : la touma ne prend pasIsraélite : la touma prendIl attend sept joursHaza'a, comme une tombePas le parcours du zav : pas de kapparaBeit ShammaiArel goy, converti la veillePas de guezeraIl se trempeet mange son Pessa'h le soirLe karet du Pessa'h manquereste sans ce décretAccord des deux maisonsdès qu'il s'agit d'un IsraéliteArel Israël : les deux maisons s'accordentIl se trempe et mange le Pessa'h le soir.Rachi : même incirconcis, il contracte la touma. L'erreur de l'an prochain n'a pas de prise.Tossefot, le Riva : aucune tevila, même rabbinique, pour un Israélite au moment de la milah.On ne reporte pas sur lui le décret fait pour le non-Juif.
Le débat vise l'incirconcis non-Juif. Beit Hillel craint l'année suivante. L'Israélite incirconcis : accord, il mange le soir.
Rava : où les Sages maintiennent leur parole face au karetSix simanim. Chaque mot est ouvert ensuite.Ils maintiennent1. ArelGer incirconcis, guezerade l'année suivante. Beit Hillel.2. Haza'aChevout. Le Chabbat reste.Même la veille de Pessa'h.3. IzmelScalpel de milah.Domaine public, et aussitoits, cours, karpefot.Milat zakharav retient le Pessa'h.Le karet du père reste.Ils cèdent1. OnenAninout de nuit, rabbinique.Il mange son Pessa'h le soir.2. MetzoraHuitième jour, veille de Pessa'h.Keri : il se trempe et entre,pour les bohnot.3. Beit haperasTouma douteuse de tombe,rabbinique.Michna : Beit Shammaiet Beit Hillel s'accordent.La suite est à l'amoud suivant.Mots de Rava : arel, haza'a, izmel / onen, metzora, beit haperasÀ gauche, le décret tient malgré le karet. A droite, le karet le fait céder.
Six simanim de Rava. Arel, haza'a, izmel : le décret tient face au karet. Onen, metzora, beit haperas : il cède.
1
וְהַמְלַקֵּט לוֹ עֲצָמוֹת — טוֹבֵל וְאוֹכֵל בַּקֳּדָשִׁים.

Et celui qui rassemble pour lui les ossements : il se trempe et mange des kodachim (offrandes sacrées).

📜 Rachi (2)
וְכֵן מִי שֶׁלִּיקְּטוּ לוֹ עַצְמוֹת אָבִיו וְאִמּוֹ אָמְרִי' בְּמוֹעֵד קָטָן (דַּף ח.) מִתְאַבֵּל עֲלֵיהֶן כָּל הַיּוֹם כֻּולּוֹ וְלָעֶרֶב אֵין מִתְאַבֵּל עֲלֵיהֶן:
Et de même, celui pour qui l'on a rassemblé les ossements, ceux de son père et de sa mère. On dit dans Moed Katan (8a) qu'on porte le deuil sur eux toute la journée, et que le soir on ne porte plus le deuil sur eux.
טוֹבֵל וְאוֹכֵל בַּקֳּדָשִׁים לָעֶרֶב דַּאֲפִילּוּ יוֹם גּוּפֵיהּ מִדְּרַבָּנָן הוּא הִלְכָּךְ בַּלַּיְלָה לֵיכָּא אֲנִינוּת:
Il se trempe et mange des kodachim : le soir. Car même le jour lui-même est rabbinique. Dès lors, la nuit, il n'y a pas d'aninout (deuil aigu).
💡 Explication

Fin de michna. Likut atzamot : on rassemble les ossements d'un père ou d'une mère pour un tombeau définitif. Rachi lit déjà le cas de celui pour qui on rassemble, et renvoie à Moed Katan 8a : le deuil dure la journée, le soir il cesse.

Ce deuil est rabbinique dès le jour. La nuit, il n'y a plus d'aninout. Après la tevila, il mange les kodachim. Le segment 3 reviendra sur le mot melaket, qui peut se lire comme un actif.

2
גֵּר שֶׁנִּתְגַּייֵּר בְּעֶרֶב פֶּסַח, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: טוֹבֵל וְאוֹכֵל אֶת פִּסְחוֹ לָעֶרֶב, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: הַפּוֹרֵשׁ מִן הָעָרְלָה כְּפוֹרֵשׁ מִן הַקֶּבֶר.

Un ger (converti) qui s'est converti la veille de Pessa'h, Beit Shammai disent : il se trempe et mange son Pessa'h le soir. Et Beit Hillel disent : celui qui se sépare du prépuce est comme celui qui se sépare de la tombe.

📜 Rachi (1)
כְּפוֹרֵשׁ מִן הַקֶּבֶר וְצָרִיךְ הַזָּאָה שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי:
Comme celui qui se sépare de la tombe : et il lui faut l'aspersion du troisième et du septième jour.
💡 Explication

Beit Shammai : milah et tevila la veille, il mange son Pessa'h le soir. Beit Hillel : quitter le prépuce est mis au rang de quitter une tombe. Rachi : haza'a (aspersion) du troisième et du septième jour, comme un impur par un mort.

3
גְּמ׳ מַאי טַעְמָא? קָא סָבַר אֲנִינוּת דְּלַיְלָה דְּרַבָּנַן, וְגַבֵּי פֶּסַח לֹא הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶם בִּמְקוֹם כָּרֵת, גַּבֵּי קָדָשִׁים הַעֲמִידוּ דִּבְרֵיהֶם בִּמְקוֹם עֲשֵׂה.

Guemara. Quelle est la raison ?

Il tient que l'aninout de la nuit est rabbinique. Et pour le Pessa'h, ils n'ont pas maintenu leur parole là où il y a karet (retranchement).

Pour les kodachim, ils ont maintenu leur parole là où il y a un commandement positif.

📜 Rachi (1)
גְּמ' לֹא הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶם לְאָוסְרוֹ בַּאֲכִילַת פִּסְחוֹ מִפְּנֵי אֲנִינוּת דְּדִבְרֵיהֶם דְּהָא פֶּסַח כָּרֵת הוּא אֲבָל אֲכִילַת קָדָשִׁים עֲשֵׂה בְּעָלְמָא הוּא וְאָכְלוּ אֹותָם אֲשֶׁר כֻּפַּר בָּהֶם (שְׁמוֹת כ״ט:ל״ג):
Guemara. Ils n'ont pas maintenu leur parole : pour lui interdire de manger son Pessa'h à cause d'une aninout qui tient à leur parole. Car le Pessa'h releve du karet. Manger les kodachim est un simple commandement positif : "et ils les mangeront, ceux par lesquels on a fait expiation" (Chemot 29:33).
🗂️ Tossefot (1)
גַּבֵּי פֶּסַח לֹא הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶם בִּמְקוֹם כָּרֵת הָא דְּלָא קָאָמַר מִשּׁוּם דְּפֶסַח מִצְוָה עוֹבֶרֶת מִשּׁוּם דְּיֵשׁ קָדָשִׁים דְּמִצְוָתָן נָמֵי עוֹבֶרֶת כְּגוֹן תּוֹדָה דְּאֵין נֶאֱכֶלֶת אֶלָּא לְיוֹם וָלַיְלָה:
"Pour le Pessa'h, ils n'ont pas maintenu leur parole là où il y a karet." S'il ne dit pas que c'est parce que le Pessa'h est une mitsva overet (commandement dont le temps passe), c'est qu'il y a des kodachim dont le commandement passe aussi, comme la toda (sacrifice de reconnaissance), qui ne se mange qu'un jour et une nuit.
💡 Explication

La question vise l'onen de la michna précédente : le soir, il mange son Pessa'h, et il s'abstient des autres kodachim.

L'aninout de la nuit est rabbinique. Le jour, quand le mort est du jour, l'aninout est de la Torah. Devant le karet du Pessa'h manque, les Sages retirent leur interdit. Devant le commandement positif des kodachim, "ils les mangeront" (Chemot 29:33), ils le maintiennent.

Tossefot ferme une autre piste. Le Pessa'h est une mitsva overet, son temps passe. La toda aussi ne se mange qu'un jour et une nuit. La différence retenue par la Guemara est le karet, face au simple commandement positif.

4
הַשּׁוֹמֵעַ עַל מֵתוֹ וְכוּ׳. מְלַקֵּט עֲצָמוֹת? הָא בָּעֵי הַזָּאַת שְׁלִישִׁי וּשְׁבִיעִי! אֵימָא: שֶׁלִּיקְּטוּ לוֹ עֲצָמוֹת.

Celui qui entend au sujet de son mort, etc. Celui qui rassemble les ossements ?

Il lui faut l'aspersion du troisième et du septième jour ! Dis : celui pour qui l'on a rassemblé les ossements.

📜 Rachi (1)
מְלַקֵּט מַשְׁמַע הוּא עַצְמוֹ לִיקְּטָן:
Celui qui rassemble : le mot implique que c'est lui-même qui les a rassemblés.
💡 Explication

Melaket se lit comme un actif : c'est lui qui a touché les ossements. Il serait tamei met, et l'haza'a du troisième et du septième jour le retiendrait. Or la michna le fait manger les kodachim le soir.

Lecture corrigée : cheliktou lo, on a rassemblé pour lui. Il n'a pas de contact. Il reste le deuil rabbinique d'un jour, sans cette touma.

🖼️ Schéma
Qui a touché les ossements ?Melaket, lu comme actifC'est lui qui rassembleIl touche les os : tamei metHaza'a, 3e et 7e jourIl ne mange pas le soirCheliktou loD'autres rassemblent pour luiIl ne touche pasDeuil rabbinique d'un jourLe soir : kodachimLa Guemara corrige la michna : dis, celui pour qui l'on a rassemblé.
Actif : il a touché, haza'a. Passif : on rassemble pour lui, kodachim le soir.
5
גֵּר שֶׁנִּתְגַּיֵּיר וְכוּ׳. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַחֲלֹוקֶת בְּעָרֵל גּוֹי,

Un ger qui s'est converti, etc. Rabba bar bar Hana a dit que Rabbi Yo'hanan a dit : le débat porte sur un incirconcis non-Juif.

📜 Rachi (1)
מַחֲלֹוקֶת בְּעָרֵל נָכְרִי שֶׁאֵינוֹ מְקַבֵּל טֻומְאָה בְּנָכְרִיּוּתוֹ דב"ה סָבְרִי גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִטָּמֵא בְּמֵת לְשָׁנָה הַבָּאָה עה"פ וְיֹאמַר אֶשְׁתָּקַד לֹא טָהַרְתִּי מִכָּל טוֹמֵא' עַד יוֹם ע"פ שֶׁנִּתְגַּיַּירְתִּי וְטָבַלְתִּי וְאָכַלְתִּי וְהַשְׁתָּא נָמֵי אֶטְבֹּול וְאֵיכוֹל וְלֹא יָדַע דְּאֶשְׁתָּקַד נָכְרִי הֲוָה וְלֹא קִיבֵּל טֻומְאָה בְּנָכְרִיּוּתוֹ אֲבָל עַכְשָׁיו הוּא טָמֵא הִלְכָּךְ כְּשֶׁמִּתְגַּייֵּר מַמְתִּין שִׁבְעָה שֶׁאֵין לְךָ טֻומְאָה שֶׁעָבְרָה עָלָיו שֶׁלֹּא טָהַר מִמֶּנָּה ואע"ג דְּמִשּׁוּם זִיבָה בָּעֵי שְׁמֹנָה מִשּׁוּם כַּפָּרָה כֵּיוָן דְּאִי אֶפְשָׁר דְּלַיְיתֵי כַּפָּרָה דְּהָא לֹא קִבֵּל טֻומְאָה בְּנָכְרִיּוּתוֹ אִי אָמְרַתְּ נִגְזֹר לָא מַייְתֵי לְעוֹלָם פֶּסַח וְכוּלֵּי הַאי לֹא גָּזְרוּ:
Le débat porte sur un incirconcis non-Juif, qui ne contracte pas la touma tant qu'il est non-Juif. Beit Hillel tiennent un décret : de peur qu'il ne devienne impur par un mort l'année suivante, la veille de Pessa'h, et qu'il dise : l'an passé, je ne me suis purifié d'aucune touma jusqu'au jour de la veille de Pessa'h où je me suis converti, je me suis trempé et j'ai mangé ; maintenant aussi, je me tremperai et je mangerai. Il ignore que l'an passé il était non-Juif et n'a pas contracté la touma dans son état de non-Juif, alors que maintenant il est impur. C'est pourquoi, quand il se convertit, il attend sept jours : il n'est pas de touma passée sur lui dont il ne se soit purifié. Et bien qu'à cause d'une ziva il faille huit jours, pour l'expiation, puisqu'il lui est impossible d'apporter une expiation, car il n'a pas contracté la touma tant qu'il était non-Juif : si tu dis que l'on étend le décret jusqu'à cette expiation, il n'apporterait jamais de Pessa'h. Et jusque-là, ils n'ont pas décrété.
💡 Explication

Rabba bar bar Hana, au nom de Rabbi Yo'hanan : la michna vise l'arel goy, le non-Juif incirconcis converti la veille. Tant qu'il est non-Juif, la touma ne le prend pas.

Rachi donne la guezera de Beit Hillel, et sa borne. On lui impose les sept jours de l'impur par un mort. On ne lui impose pas le parcours du zav : huit jours, puis un korban de kappara. Non-Juif, il n'a pas contracté cette touma, et il ne peut pas apporter cette expiation. Ce décret l'écarterait du Pessa'h sans retour. Les Sages s'arrêtent avant.

6
דְּבֵית הִלֵּל סָבְרִי: גְּזֵירָה שֶׁמָּא יִטָּמֵא לְשָׁנָה הַבָּאָה, וְיֹאמַר: אֶישְׁתָּקַד, מִי לֹא טָבַלְתִּי וְאָכַלְתִּי? עַכְשָׁיו נָמֵי אֶטְבֹּול וְאֹוכַל. וְלֹא יָדַע דְּאֶשְׁתָּקַד — גּוֹי הֲוָה וְלָא מְקַבֵּל טֻומְאָה, עַכְשָׁיו — יִשְׂרָאֵל וּמְקַבֵּל טֻומְאָה.

Car Beit Hillel tiennent : un décret, de peur qu'il ne devienne impur l'année suivante, et qu'il dise : l'an passé, ne me suis-je pas trempé, et n'ai-je pas mangé ? Maintenant aussi, je me tremperai et je mangerai.

Et il ignore que l'an passé il était non-Juif et ne contractait pas la touma, et que maintenant il est Israélite et contracte la touma.

💡 Explication

Scénario que Beit Hillel ferme. L'année suivante, Israélite, il touche un mort. Il se souvient : l'an passé, tevila, puis le Pessa'h. Il recommence, sans l'haza'a du troisième et du septième jour.

L'an passé, la touma ne le prenait pas. Cette année, elle le prend. En traitant déjà la première veille comme une sortie de tombe, le décret lui ôte ce souvenir.

🖼️ Schéma
L'erreur que Beit Hillel veut fermerAnnée de la conversionIl est encore non-JuifUn mort : la touma ne prend pasVeille de Pessa'h : milah, tevilaIl mange le Pessa'hSouvenir qu'il garderaAnnée suivanteIl est IsraéliteUn mort : la touma prendIl voudrait : tevila, puis mangerIl lui faut l'haza'a, 3 et 7Sans elle, il mange en état d'impuretéIl confondBeit Hillel traité déjà la première veille comme une sortie de tombe.
Année 1, non-Juif : la touma ne prend pas. Année 2, Israélite : elle prend. Il confond les deux tevilot.
7
וּבֵית שַׁמַּאי סָבְרִי: לָא גָּזְרִינַן. אֲבָל עָרֵל יִשְׂרָאֵל — דִּבְרֵי הַכֹּל טוֹבֵל וְאוֹכֵל אֶת פִּסְחוֹ לָעֶרֶב, וְלָא גָּזְרִינַן עָרֵל יִשְׂרָאֵל מִשּׁוּם עָרֵל גּוֹי.

Et Beit Shammai tiennent : nous ne décrétons pas. Mais un incirconcis israélite : de l'avis de tous, il se trempe et mange son Pessa'h le soir.

Et nous ne décrétons pas sur l'incirconcis israélite à cause de l'incirconcis non-Juif.

📜 Rachi (1)
אֲבָל עָרֵל יִשְׂרָאֵל שֶׁאִם יֵשׁ לוֹ עַכְשָׁיו טֻומְאָה הוּא נִזְהָר בָּהּ שֶׁאַף בַּעֲרֵילָתוֹ מְקַבֵּל טֻומְאָה כִּשְׁאָר בְּנֵי אָדָם לֵיכָּא לְמִיגְזַר בֵּיהּ מִשּׁוּם שָׁנָה הַבָּאָה:
Mais un incirconcis israélite : s'il a maintenant une touma, il y veille, car même dans son incirconcision il contracte la touma, comme les autres hommes. Il n'y a pas lieu de décréter à son sujet à cause de l'année suivante.
🗂️ Tossefot (1)
אֲבָל עָרֵל יִשְׂרָאֵל ד"ה טוֹבֵל תֵּימַהּ לְרִיבָ"א דְּלָא מָצִינוּ בְּשׁוּם מָקוֹם טְבִילָה בְּיִשְׂרָאֵל שֶׁמָּל אֲפִילּוּ מִדְּרַבָּנָן:
"Mais un incirconcis israélite, de l'avis de tous, il se trempe." Le Riva (Rabbi Its'hak ben Acher) s'étonne : on ne trouve nulle part de tevila pour un Israélite qui se fait circoncire, même d'ordre rabbinique.
💡 Explication

Beit Shammai laisse le ger manger le soir. Sur l'arel Israël, circoncis seulement la veille, les deux maisons s'accordent : tevila, et le Pessa'h le soir. Le décret du non-Juif ne s'étend pas à lui.

Rachi : même incirconcis, l'Israélite contracte la touma. S'il est impur, il le sait déjà. L'erreur de l'année suivante n'a pas de prise.

Tossefot, le Riva : aucune tevila connue, même rabbinique, pour un Israélite au moment de sa milah. La tevila que la Guemara énonce ici reste celle du texte.

8
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל עָרֵל יִשְׂרָאֵל שֶׁטּוֹבֵל וְאוֹכֵל אֶת פִּסְחוֹ לָעֶרֶב, עַל מַה נֶחְלְקוּ — עַל עָרֵל גּוֹי. שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: טוֹבֵל וְאוֹכֵל אֶת פִּסְחוֹ לָעֶרֶב, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: הַפּוֹרֵשׁ מִן הָעָרְלָה כְּפוֹרֵשׁ מִן הַקֶּבֶר.

On l'enseigne aussi ainsi. Rabbi Chimon ben Elazar a dit : Beit Shammai et Beit Hillel n'ont pas divergé au sujet d'un incirconcis israélite, qui se trempe et mange son Pessa'h le soir.

Sur quoi ont-ils divergé ? Sur un incirconcis non-Juif.

Car Beit Shammai disent : il se trempe et mange son Pessa'h le soir. Et Beit Hillel disent : celui qui se sépare du prépuce est comme celui qui se sépare de la tombe.

💡 Explication

Baraita de Rabbi Chimon ben Elazar. Elle confirme la limite de Rabbi Yo'hanan. Accord sur l'Israélite incirconcis. Divergence sur le non-Juif : Beit Shammai, tevila et Pessa'h le soir ; Beit Hillel, comme celui qui se sépare d'une tombe.

9
אָמַר רָבָא: עָרֵל הַזָּאָה וְאִיזְמֵל — הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶן בִּמְקוֹם כָּרֵת. אוֹנֵן וּמְצֹורָע וּבֵית הַפְּרָס — לֹא הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶן בִּמְקוֹם כָּרֵת.

Rava a dit : incirconcis, aspersion et scalpel, ils ont maintenu leur parole là où il y a karet. Onen, metzora et beit haperas (terrain à touma douteuse de tombe), ils n'ont pas maintenu leur parole là où il y a karet.

📜 Rachi (1)
עָרֵל הַזָּאָה וְאִיזְמֵל סִימָנֵי הֲלָכוֹת הֵם:
Incirconcis, aspersion et scalpel : ce sont des simanim, des signes pour les halakhot.
💡 Explication

Rava range six halakhot en deux listes, par mots-signes. Rachi : des simanim.

Ils maintiennent leur parole malgré le karet : arel, haza'a, izmel. Ils la retirent devant le karet : onen, metzora, beit haperas. Chaque mot s'ouvre dans les segments qui suivent.

10
עָרֵל — הָא דַּאֲמָרָן.

L'incirconcis : c'est ce que nous avons dit.

📜 Rachi (1)
הָא דַּאֲמָרָן דַּחֲזֵי לְאֻורְתָּא וּמִשּׁוּם גְּזֵירָה דְּשָׁנָה הַבָּאָה דְּחֵיוָה ב"ה:
C'est ce que nous avons dit : il est apte pour le soir, et à cause du décret de l'année suivante Beit Hillel l'ont repoussé.
💡 Explication

Arel renvoie au ger. Rachi : il serait apte le soir. Beit Hillel le repousse à cause du décret de l'année suivante. Manquer le Pessa'h expose au karet, et le décret tient quand même.

11
הַזָּאָה — דְּאָמַר מָר: הַזָּאָה שְׁבוּת וְאֵינוֹ דּוֹחֶה אֶת הַשַּׁבָּת.

L'aspersion : car le maître a dit : l'aspersion est un chevout (interdit rabbinique du Chabbat), et elle ne repousse pas le Chabbat.

📜 Rachi (1)
וְאֵינָהּ דּוֹחָה שַׁבָּת בְּפֶ' אֵלּוּ דְּבָרִים וְלָא עֲבִיד פֶּסַח וּשְׁבוּת דְּרַבָּנָן הוּא:
Et elle ne repousse pas le Chabbat : dans le chapitre Elou Devarim. Et il ne fait pas le Pessa'h. Et c'est un chevout rabbinique.
💡 Explication

Haza'a : aspersion de l'eau lunaire, pour l'impur par un mort. C'est un chevout. Elle ne repousse pas le Chabbat, même la veille de Pessa'h, là où manquer le korban expose au karet. Rachi renvoie au chapitre Elou Devarim.

12
אִיזְמֵל — דְּתַנְיָא: כְּשֵׁם שֶׁאֵין מְבִיאִין אוֹתוֹ דֶּרֶךְ רְשׁוּת הָרַבִּים, כָּךְ אֵין מְבִיאִין אוֹתוֹ דֶּרֶךְ גַּגּוֹת וְדֶרֶךְ חֲצֵרוֹת וְדֶרֶךְ קַרְפֵּיפוֹת.

Le scalpel : car on enseigne dans une baraita : de même qu'on ne l'apporte pas par le domaine public, de même on ne l'apporte pas par les toits, par les cours et par les karpefot (enclos).

📜 Rachi (2)
אֵין מְבִיאִין אוֹתוֹ אִיזְמֵל לְמִילָה:
On ne l'apporte pas : le scalpel, pour la circoncision.
דֶּרֶךְ חֲצֵרוֹת אַף עַל גַּב דִּרְשׁוּיוֹת דְּרַבָּנָן נִינְהוּ וְיִדְחֶה פִּסְחוֹ שֶׁאִם יֵשׁ לוֹ זָכָר לָמוּל מְעַכְּבוֹ דְּתַנְיָא מִילַת זְכָרָיו וַעֲבָדָיו מְעַכְּבִין אֶת הַפֶּסַח וְלֵיכָּא לְמֵימַר מִשּׁוּם כָּרֵת דְּעָרֵל זָכָר אֲשֶׁר לֹא יִמּוֹל וְגוֹ' דְּמִילָה דְּדָחֲיָא שַׁבָּת בִּזְמַנָּהּ וְקָטָן לָאו בַּר כָּרֵת הוּא:
Par les cours : bien que ce soient des domaines rabbiniques, et que son Pessa'h s'en trouve repoussé. Car s'il a un mâle à circoncire, cela le retient, comme on l'enseigne : la circoncision de ses mâles et de ses esclaves retient le Pessa'h. Et l'on ne dira pas que c'est à cause du karet de "un mâle incirconcis qui ne sera pas circoncis", car la circoncision qui repousse le Chabbat est celle qui vient à son heure, et un mineur n'est pas sujet au karet.
💡 Explication

Izmel : scalpel de la milah, s'il n'est pas déjà sur place avant Chabbat. Le domaine public est fermé par la Torah. Toits, cours et karpefot sont des domaines rabbiniques. La baraita les ferme aussi.

Milat zakharav : la circoncision de ses fils et de ses esclaves retient le Pessa'h. Le père reste exposé au karet. Les Sages maintiennent l'interdit de transport.

Rachi écarte une autre lecture du karet. Le verset de l'incirconcis vise la milah à son heure, celle qui repousse le Chabbat. Un mineur n'est pas passible de ce karet. Le karet en jeu est celui du Pessa'h.

🖼️ Schéma
Izmel : par où l'apporter, le Chabbat de la veilleAvant ChabbatLe scalpel est déjàsur placeLa milah se faitReshout ha-rabimDomaine publicInterdit de la TorahOn n'apporte pasToits, cours, karpefotDomaines rabbiniquesLa baraita les ferme aussiMalgre le karet du Pessa'hFils ou esclave non circoncis : milat zakharav retient le Pessa'h du père.Rachi : le karet vise ce Pessa'h. Un mineur n'est pas passible du karet de la milah.
Avant Chabbat, la milah se fait. Domaine public, toits, cours et karpefot : on n'apporte pas le scalpel.
13
אוֹנֵן — הָא דַּאֲמָרָן.

L'onen : c'est ce que nous avons dit.

📜 Rachi (1)
אוֹנֵן אֲנִינוּת לַיְלָה מִדְּרַבָּנָן דַּאֲמַרַן לְעֵיל אוֹכֵל פִּסְחוֹ לָעֶרֶב:
Onen : l'aninout de la nuit est rabbinique, comme nous l'avons dit plus haut. Il mange son Pessa'h le soir.
💡 Explication

Onen renvoie au debut de la sougya. L'aninout de la nuit est rabbinique. Il mange son Pessa'h le soir. Ici, les Sages retirent leur parole devant le karet.

14
מְצֹורָע — מַאי הִיא? דְּתַנְיָא: מְצֹורָע שֶׁחָל שְׁמִינִי שֶׁלּוֹ בְּעֶרֶב הַפֶּסַח, וְרָאָה קֶרִי בּוֹ בַּיּוֹם — טוֹבֵל וְאוֹכֵל.

Le metzora : de quoi s'agit-il ? Car on enseigne dans une baraita : un metzora dont le huitième jour tombe la veille de Pessa'h, et qui a vu un keri (émission séminale) ce jour-là, se trempe et mange.

📜 Rachi (2)
מְצֹורָע שֶׁטָּבַל וְהֶעֱרִיב שִׁמְשׁוֹ בַּשְּׁבִיעִי נִכְנָס בַּשְּׁמִינִי לְמַחֲנֵה לְוִיָּה לְשַׁעַר נִקָּנוֹר שֶׁלֹּא נִתְקַדֵּשׁ בִּקְדֻושַּׁת עֲזָרָה כְּדִכְתִיב בִּקְרָא (וַיִּקְרָא י״ד:י״א) וְהֶעֱמִיד הַכֹּהֵן הַמְטַהֵר אֵת הָאִישׁ הַמִּיטַּהֵר וְאֹותָם לִפְנֵי ה' וְגוֹ' וּבָעֲזָרָה עַצְמָהּ לֹא הָיָה נִכְנָס אֶלָּא מַכְנִיס יָדָיו לַבָּוהֳנוֹת לְפִי שֶׁאֵין מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים נִכְנָס לָהּ כִּדְאָמְרִי' [בְּמַכּוֹת] (דַּף ח:) טָמֵא יִהְיֶה לְרַבּוֹת טְבוּל יוֹם עוֹד טֻומְאָתוֹ בּוֹ לְרַבּוֹת מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים שֶׁאִם נִכְנְסוּ לַמִּקְדָּשׁ חַיָּיבִין כָּרֵת:
Le metzora : il s'est trempé, et son soleil s'est couché, le septième jour. Le huitième, il entre dans le camp des Leviim, à la porte de Nikanor, qui n'a pas été consacrée de la sainteté de l'azara (parvis), comme il est écrit (Vayikra 14:11) : "le kohen qui purifié placera l'homme qui se purifié, et eux, devant Hachem", etc. Dans l'azara elle-même il n'entrait pas. Il y fait entrer ses mains pour les bohnot (pouces des mains et des pieds). Car un mehoussar kappara (qui doit encore ses sacrifices expiatoires) n'y entre pas, comme on le dit dans Makkot (8b) : "il sera impur", pour inclure le tevoul yom ; "sa touma est encore en lui", pour inclure le mehoussar kappara. S'ils sont entrés dans le Temple, ils sont passibles de karet.
וְרָאָה קֶרִי בּוֹ בַּיּוֹם וְנִדְחֶה מִמַּחֲנֵה לְוִיָּה כִּדְאָמְרִי' בְּאֵלּוּ דְּבָרִים (דַּף סז:) דְּבַעַל קֶרִי מִשְׁתַּלֵּחַ חוּץ לִשְׁתֵּי מַחֲנוֹת וְטוֹבֵל לְקֵרוּיָיו דִּלְצָרַעְתּוֹ טָבַל מֵאֶתְמוֹל אַף עַל פִּי שֶׁטְּבוּל יוֹם אַחַר דְּקֶרִי אֵינוֹ נִכְנָס דִּכְתִיב (דְּבָרִים כ״ג:י״ב) כִּי יִהְיֶה בְךָ אִישׁ וְגוֹ' וּכְבֹא הַשֶּׁמֶשׁ יָבֹא אֶל תּוֹךְ הַמַּחֲנֶה זֶה נִכְנָס לְהַר הַבַּיִת לְהַכְנִיס יָדָיו לַבָּוהֳנוֹת כְּדֵי שֶׁיֹּאכַל פִּסְחוֹ לָעֶרֶב:
Et il a vu un keri ce jour-là : il est écarté du camp des Leviim, comme on le dit dans Elou Devarim (67b) : le baal keri est renvoye hors de deux camps. Il se trempe pour son keri, car pour sa tsaraat il s'est trempé la veille. Bien qu'un autre tevoul yom de keri n'entre pas, comme il est écrit (Devarim 23:12) : "s'il se trouve chez toi un homme", etc., "et au coucher du soleil il entrera au milieu du camp". Celui-ci entre sur le mont du Temple, pour faire entrer ses mains vers les bohnot, afin de manger son Pessa'h le soir.
💡 Explication

Huitième jour du metzora, veille de Pessa'h. Le septième, tevila et coucher du soleil. Le huitième, il se tient à la porte de Nikanor, dans le camp des Leviim. Cette porte n'a pas la sainteté de l'azara. Il y fait entrer les mains pour le sang et l'huile sur les bohonot.

Dans l'azara, un mehoussar kappara n'entre pas. Makkot 8b : tevoul yom et mehoussar kappara qui entrent dans le Temple sont passibles de karet.

Un keri ce jour-là renvoie le baal keri hors de deux camps. Il se trempe pour le keri. La tsaraat est déjà couverte par la tevila de la veille. Un tevoul yom de keri attend le coucher du soleil, Devarim 23:12. Celui-ci entre sur le mont du Temple, pour les bohnot, afin de manger le Pessa'h le soir.

15
אָמְרוּ חֲכָמִים: אַף עַל פִּי שֶׁטְּבוּל יוֹם אֵינוֹ נִכְנָס, זֶה נִכְנָס. מוּטָב יָבֹא עֲשֵׂה שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כָּרֵת, וְיִדְחֶה עֲשֵׂה שֶׁאֵין בּוֹ כָּרֵת.

Les Sages ont dit : bien qu'un tevoul yom n'entre pas, celui-ci entre. Mieux vaut qu'un commandement positif qui porte le karet vienne, et qu'il repousse un commandement positif qui ne porte pas le karet.

📜 Rachi (1)
יָבֹא עֲשֵׂה דְּפֶסַח שֶׁיֵּשׁ בּוֹ כָּרֵת וְיִדְחֶה עֲשֵׂה דִּטְבוּל יוֹם בְּהַר הַבַּיִת שֶׁאֵין בּוֹ כָּרֵת אֶלָּא בָּעֲזָרָה וְאִי מִשּׁוּם דְּמַכְנִיס יָדָיו לָעֲזָרָה הָא אָמְרִינַן בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים בפ"ג (דַּף לב:) אִיכָּא לְמ"ד בִּיאָה בְּמִקְצָת לָאו שְׁמָהּ בִּיאָה וְאִיכָּא לְמָאֵן דְּאָמַר הוֹאִיל וְהֻותְּרָה לוֹ אוֹתָהּ בִּיאָה מִקְצָת לְצָרַעְתּוֹ אע"פ שֶׁעָנוּשׁ כָּרֵת מִשּׁוּם מְחֻוסַּר כִּפּוּרִים וְהִתִּירוֹ הַכָּתוּב דִּכְתִיב לִפְנֵי ה' הֻותְּרָה לוֹ אַף לְקֵרוּיָיו:
Que vienne le commandement positif du Pessa'h, qui porte le karet, et qu'il repousse le commandement positif du tevoul yom sur le mont du Temple, dont le karet ne vise que l'azara. Et si c'est parce qu'il fait entrer ses mains dans l'azara : nous disons dans Chehitat kodachim, au chapitre 3 (32b) : il y a un maître pour qui une entrée partielle ne reçoit pas le nom d'entrée ; et il y a un maître pour qui, puisque cette entrée partielle lui a été permise pour sa tsaraat, bien qu'il soit puni de karet en tant que mehoussar kappara, et que le verset la lui ait permise, puisqu'il est écrit "devant Hachem", elle lui est permise aussi pour son keri.
💡 Explication

Règle : un tevoul yom (immergé du jour, pur au coucher du soleil) n'entre pas. Celui-ci entre. Le commandement positif du Pessa'h, avec karet, repousse le commandement positif qui écarte le tevoul yom du mont du Temple. Ce second commandement porte le karet seulement dans l'azara.

Les mains dans l'azara : Zevahim 32b, deux avis. Pour l'un, une entrée partielle ne reçoit pas le nom d'entrée. Pour l'autre, le verset "devant Hachem" a permis au metzora cette entrée partielle, malgré le karet du mehoussar kappara. La même permission couvre son keri.

🖼️ Schéma
Metzora, huitième jour : jusqu'où il entreIl a vu un keri le jour. Il s'est trempé. Le soleil n'est pas encore couché.Hors des campsBaal kerirenvoye de deux campsDevarim 23:12Tevoul yom ordinaireattend le soirMont du TempleCamp des LeviimCelui-ci entreAseh du Pessa'h, avec karetrepousse l'asehsans karetPorte de NikanorPas la saintetéde l'azaraLe metzora s'y tientMains vers les bohnotVayikra 14:11AzaraMehoussar kapparan'y entre pasKaret, Makkot 8bEntrée des mains :Zevahim 32bBut : faire les offrandes du metzora, et manger le Pessa'h le soir.Entrée partielle : ou elle ne porte pas le nom d'entrée, ou le verset l'a déjà permise pour la tsaraat.
Hors des camps, mont du Temple, porte de Nikanor, azara. Ce metzora entre jusqu'aux mains, pour le Pessa'h.
16
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דְּבַר תּוֹרָה אֲפִילּוּ עֲשֵׂה אֵין בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּעֲמֹד יְהוֹשָׁפָט בִּקְהַל יְהוּדָה וִירוּשָׁלִַים בְּבֵית ה׳ לִפְנֵי הֶחָצֵר הַחֲדָשָׁה״, מַאי חָצֵר הַחֲדָשָׁה? שֶׁחִדְּשׁוּ בּוֹ דָּבָר, וְאָמְרוּ: טְבוּל יוֹם לֹא יִכָּנֵס בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה.

Et Rabbi Yo'hanan a dit : de par la Torah, il n'y a même pas de commandement positif en cela, car il est dit : "Yehoshafat se tint dans l'assemblée de Yehouda et de Yerushalayim, dans la Maison de Hachem, devant la cour neuve." Qu'est-ce que la cour neuve ? Ils y ont innové une chose, et ils ont dit : un tevoul yom n'entrera pas dans le camp des Leviim.

📜 Rachi (2)
וא"ר יוֹחָנָן עֲשֵׂה שֶׁאֵין בּוֹ כָּרֵת דְּקָאָמַר תַּנָּא דְּבָרַייְתָא לָאו דַּוְקָא דַּאֲפִילּוּ עֲשֵׂה אֵין בּוֹ בִּטְבוּל יוֹם בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה אֶלָּא דְּרַבָּנָן הוּא וּקְרָא דִּכְבָא הַשֶּׁמֶשׁ בְּמַחֲנֵה שְׁכִינָה קָאָמַר:
Et Rabbi Yo'hanan a dit : le commandement positif sans karet dont parle le tanna de la baraita n'est pas à prendre au sens strict. Même un commandement positif, il n'y en a pas pour le tevoul yom dans le camp des Leviim. L'interdit est rabbinique. Et le verset "au coucher du soleil" parle du camp de la Chekhina.
חָצֵר הַחֲדָשָׁה הַר הַבַּיִת וְקָרֵי לָהּ חֲדָשָׁה מִפְּנֵי חִידּוּשׁ שֶׁחִידְּשׁוּ וְהוֹסִיפוּ עַל קְדֻושָּׁתוֹ בּוֹ בַּיּוֹם וְאָמְרוּ טְבוּל יוֹם לֹא יִכָּנֵס לָהּ וְהָכִי גְּמִיר ר' יוֹחָנָן מֵרַבֵּיהּ דְּדָבָר זֶה חִידּוּשׁ וְגַבֵּי פֶּסַח לֹא הֶעֱמִידוּ דִּבְרֵיהֶם לְאִיסּוּר (דִּמְצוֹרָע) [דְּבַעַל קֶרִי] מִלָּבוֹא אֶלָּא הִתִּירוּהוּ לִיכָּנֵס וּלְטַהֵר שֶׁלֹּא יִדָּחֶה מִפֶּסַח:
La cour neuve : le mont du Temple. On l'appelle neuve à cause de l'innovation qu'ils ont faite et ajoutée à sa sainteté ce jour-là, en disant : un tevoul yom n'y entrera pas. Et c'est ainsi que Rabbi Yo'hanan l'a reçu de son maître : cette chose est une innovation. Et pour le Pessa'h, ils n'ont pas maintenu leur parole pour interdire de venir (au metzora) [au baal keri]. Ils l'ont autorisé à entrer et à se purifier, afin qu'il ne soit pas écarté du Pessa'h.
🗂️ Tossefot (2)
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן דְּבַר תּוֹרָה אֲפִילּוּ עֲשֵׂה אֵין בּוֹ ר' יוֹחָנָן לָא פְּלִיג אַבָּרַייְתָא דְּלָאו תַּנָּא הוּא כִּדְמוֹכַח בפ"ק דִּכְתֻובּוֹת (דַּף ח.) גַּבֵּי אֵין אֲבֵלִים מִן הַמִּנְיָן דְּלָא מְשַׁנֵּי אַר' יוֹחָנָן רַבִּי יוֹחָנָן תַּנָּא הוּא וּפְלִיג כְּדִמְשַׁנֵּי אַרַב אֶלָּא פֵּרוּשִׁי מְפָרֵשׁ לָהּ וְכֵן מוּכָח דְּגַבֵּי יוֹלֶדֶת שֶׁהִיא טְבוּלַת יוֹם אָרֹוךְ כְּתִיב (וַיִּקְרָא י״ב:ד׳) וְאֶל הַמִּקְדָּשׁ לֹא תָבֹוא מַשְׁמַע הָא לְמַחֲנֵה לְוִיָּה תָּבֹא:
"Et Rabbi Yo'hanan a dit : de par la Torah, il n'y a même pas de commandement positif." Rabbi Yo'hanan ne s'oppose pas à la baraita, car il n'est pas un tanna, comme on le voit au premier chapitre de Ketoubot (8a), a propos de "les endeuillés ne comptent pas dans le nombre" : on ne répond pas, sur Rabbi Yo'hanan, "Rabbi Yo'hanan est un tanna et il s'oppose", comme on le répond sur Rav. Il vient expliquer la baraita. Et la preuve va dans le même sens. Pour l'accouchée, qui est une tevoulat yom arokh (dont la purification s'étend sur de longs jours), il est écrit (Vayikra 12:4) : "et vers le sanctuaire elle n'entrera pas", d'où l'on entend qu'elle entre dans le camp des Leviim.
טְבוּל יוֹם לֹא יִכָּנֵס בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה לֹא בְּכָל הַמַּחֲנֶה אֶלָּא מֵעֶזְרַת נָשִׁים וְלִפְנִים כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (פ"א מִשְׁנָה ח) עֶזְרַת נָשִׁים מְקֻודָּשׁ הֵימֶנּוּ שֶׁאֵין טְבוּל יוֹם נִכְנָס לְשָׁם אֲבָל בְּהַר הַבַּיִת הָיָה נִכְנָס וְקָרֵי חָצֵר לְעֶזְרַת נָשִׁים כְּדִתְנַן פ"ב דְּמִדּוֹת עֶזְרַת נָשִׁים הָיְתָה אֹורֶךְ קל"ה וְאַרְבָּעָה לְשָׁכוֹת הָיוּ בְּאַרְבָּעָה מַקְצֵעוֹתֶיהָ שֶׁל מ' אַמָּה וְלֹא הָיוּ מְקוֹרוֹת וְכֵן הֵם עֲתִידוֹת לִהְיוֹת כְּדִכְתִיב וַיּוֹצִיאֵנִי אֶל הֶחָצֵר הַחִיצוֹנָה וְגוֹ' וא"ת מְנָא לֵיהּ דְּגָזְרוּ עַל טְבוּל יוֹם דִּילְמָא עַל טְמֵא מֵת גָּזְרוּ שֶׁהָיָה מֻותָּר בְּכָל מַחֲנֵה לְוִיָּה וי"ל דְּטָמֵא מֵת אַפֵּי' בְּחַיִל גָּזְרוּ שֶׁלֹּא יִכָּנֵס כְּדִתְנַן בְּמַסֶּכֶת כֵּלִים (שָׁם) הַחֵיל מְקֻודָּשׁ הֵימֶנָּה שֶׁאֵין נָכְרִים וּטְמֵאֵי מֵתִים נִכְנָסִין לְשָׁם וְהָא דִּנְקַט בַּבָּרַייְתָא וְרָאָה קֶרִי בּוֹ בַּיּוֹם וְלָא נְקַט טְבוּל יוֹם דִּשְׁאָר טְמֵאִים רְבוּתָא נְקַט לָא מִיבַּעְיָא שְׁאָר טְמֵאִים דְּמִדְּאוֹרַיְיתָּא מֻותָּרִים לִיכָּנֵס אֶלָּא אֲפִילּוּ בַּעַל קֶרִי דְּמִשְׁתַּלֵּחַ מִדְּאוֹרַייְתָּא חוּץ לִשְׁתֵּי מַחֲנוֹת אַפֵּ"ה טְבוּל יוֹם שֶׁלּוֹ לֹא גָּזְרוּ בֵּיהּ רַבָּנָן וְאִם תֹּאמַר דִּבְפֶרֶק נוֹטֵל (סוֹטָה דַּף כ:) פָּרֵיךְ אַהָא דְּקָתָנֵי הָתָם הוֹצִיאוּהָ הוֹצִיאוּהָ שֶׁלֹּא תְּטַמֵּא אֶת הָעֲזָרָה וְהָתַנְיָא טְמֵא מֵת מֻותָּר לִיכָּנֵס בְּמַחֲנֵה לְוִיָּה וַאֲפִילּוּ מֵת עַצְמוֹ כּוּ' וּמַאי פָּרֵיךְ כֵּיוָן דְּמִדְּרַבָּנָן אָסוּר לִיכָּנֵס וְי"ל דְּמַשְׁמַע לֵיהּ מִדְּאוֹרַייְתָּא מִדְּקָאָמַר הוֹצִיאוּהָ הוֹצִיאוּהָ תְּרֵי זִמְנֵי שֶׁהָיוּ מְמַהֲרִין כָּל כָּךְ א"נ לֹא גָּזְרוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא יִכָּנֵס לִפְנִים אֲבָל אִם נִטְמָא בִּפְנִים לֹא גָּזְרוּ עָלָיו לָצֵאת וְהָא דְּאָמְרִי' בְּהַנִּשְׂרָפִין (סַנְהֶדְרִין ד' פא:) כֹּהֵן שֶׁשִּׁימֵּשׁ בְּטוֹמֵא' מוֹצִיאִין אוֹתוֹ חוּץ לָעֲזָרָה וּפוֹצְעִין אֶת מוֹחוֹ בְּגִיזְרִין לָאו דַּוְקָא חוּץ לָעֲזָרָה אֶלָּא הוּא הַדִּין חוּץ לַחֵיל:
"Un tevoul yom n'entrera pas dans le camp des Leviim." L'interdit part de la cour des femmes et vaut vers l'intérieur, comme on l'enseigne dans le traité Kelim (chapitre 1, michna 8) : la cour des femmes est plus sainte que lui, car un tevoul yom n'y entre pas. Sur le mont du Temple, il entrait. Et l'on appelle cour la cour des femmes, comme on l'enseigne au chapitre 2 de Middot : la cour des femmes avait une longueur de cent trente-cinq, et quatre chambres se trouvaient à ses quatre coins, de quarante coudées, et elles n'étaient pas couvertes. Et c'est ainsi qu'elles sont appelées à être, comme il est écrit : "et il m'a fait sortir vers la cour extérieure", etc. Et si tu dis : d'où sait-il qu'ils ont décrété sur le tevoul yom ? Peut-être ont-ils décrété sur l'impur par un mort, qui était permis dans tout le camp des Leviim. On répondra : pour l'impur par un mort, même au heil (enceinte intérieure), ils ont décrété qu'il n'entre pas, comme on l'enseigne dans le traité Kelim (là-même) : le heil est plus saint qu'elle, car les non-Juifs et les impurs par un mort n'y entrent pas. Et si la baraita retient "et il a vu un keri ce jour-là", et ne retient pas le tevoul yom des autres impuretés, c'est qu'elle retient un cas plus fort. Cela va sans dire pour les autres impurs, que la Torah autorise à entrer. Même le baal keri, que la Torah renvoie hors de deux camps : malgré cela, sur son tevoul yom, les rabbins n'ont pas décrété. Et si tu dis : au chapitre Notel (Sota 20b), on objecte à ce qu'on enseigne là-bas, "faites-la sortir, faites-la sortir, afin qu'elle ne rende pas la cour impure", alors qu'une baraita enseigne : un impur par un mort est autorisé à entrer dans le camp des Leviim, et même le mort lui-même, etc. Que vient-il objecter, puisque d'ordre rabbinique l'entrée est interdite ? On répondra : le texte lui indique un interdit de la Torah, du fait qu'il dit "faites-la sortir, faites-la sortir" deux fois, tant ils se hâtaient. Autre réponse : le décret vise l'entrée vers l'intérieur. S'il est devenu impur à l'intérieur, ils n'ont pas décrété qu'il sorte. Et ce que nous disons au chapitre Hanisrafin (Sanhedrin 81b) : un kohen qui a officié en état de touma, on le fait sortir hors de la cour et on lui fend le crâne avec des bûches. "Hors de la cour" s'entend de la même manière hors du heil.
💡 Explication

Rabbi Yo'hanan lit la baraita. L'écart du tevoul yom hors du camp des Leviim est rabbinique. De la Torah, ce point n'a pas de commandement positif. Le verset du coucher du soleil vise le camp de la Chekhina.

Preuve : Yehoshafat devant la cour neuve. "Neuve" marque l'innovation : le tevoul yom n'entrera pas dans le camp des Leviim. Rachi : Rabbi Yo'hanan le tient de son maître. Pour le Pessa'h, les Sages autorisent l'entrée et la purification. Le texte imprimé porte d'abord "metzora", et les crochets donnent "baal keri".

Tossefot : Rabbi Yo'hanan explique, il n'est pas rangé parmi les tannaïm, Ketoubot 8a. L'accouchée, tevoulat yom arokh, a l'interdit du sanctuaire (Vayikra 12:4) : au camp des Leviim, elle entre. Le décret commence à la cour des femmes, Kelim 1:8. Sur le mont du Temple, le tevoul yom entrait. Le heil ferme déjà l'accès aux non-Juifs et aux impurs par un mort. Le keri est le cas fort : la Torah le renvoie hors de deux camps, et pour son tevoul yom les rabbins ne maintiennent pas l'empêchement devant ce Pessa'h.

🖼️ Schéma
La cour neuve : jusqu'où va le décret du tevoul yomRabbi Yo'hanan : innovation de l'époque de Yehoshafat. Interdit rabbinique.Mont du TempleTevoul yom : il entreTossefot, KelimLa Torah ne le ferme pasYoledet : Vayikra 12:4vers le sanctuaire seulementHeilNon-Juif : il n'entre pasTamei met : il n'entre pasKelim : plus saintque l'espace d'avantAutre décret que le tevoul yomCour des femmesTevoul yom : il n'entre pasC'est la cour neuve135 coudées, MiddotQuatre chambres ouvertesDécret des rabbinsAzaraCamp de la ChekhinaLe verset du soirvise ce campKaret si l'on entreimpurPour le Pessa'h, les Sages autorisent ce tevoul yom de keri à entrer.Le karet du korban passe avant leur innovation.
Mont du Temple, heil, cour des femmes, azara. La cour neuve ferme la cour des femmes au tevoul yom.
17
בֵּית הַפְּרָס, דִּתְנַן: וְשָׁוִין בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל

Le beit haperas, comme nous l'avons appris dans une michna : et Beit Shammai et Beit Hillel s'accordent

💡 Explication

Beit haperas : terrain où une tombe a été labourée, touma douteuse, d'ordre rabbinique. Rava le place parmi les cas où les Sages retirent leur décret devant le karet. La michna citée, l'accord de Beit Shammai et de Beit Hillel, continue à l'amoud suivant.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).