Pesachim 93b - Karet du Pessah, puis la mesure du chemin éloigné

Pesachim 93b

Sougya : Le daf achève la derasha ouverte en 93a : Rabbi, Rabbi Natan et Rabbi Hananya ben Akavya lisent Nombres 9, 13, et le sens de " ki " décide si le karet vise le premier, le second, ou les deux manques volontaires ensemble. Quatre cas suivent, volontaire ou erreur.

La michna définit ensuite le chemin éloigné : Rabbi Akiva depuis Modiim, Rabbi Eliezer depuis le seuil de l'azara, Rabbi Yossi par le point posé sur le he. Oula compte quinze mil de Modiim à Jérusalem, la marche de midi au coucher du soleil, et tient pour éloigné celui qui ne peut pas entrer au temps de l'abattage.

Rav Yehouda mesure jusqu'au temps du repas ; Rabba objecte par le tamei sheretz, et Oula répond que le chemin éloigné concerne le pur.

Nombres 9, 13 : trois lectures de kiMême verset. Le sens de ki place le karet.Rabbiki = si (im)Karet au premieret karet au seconden lui-mêmehet'o yisa = karetGezera chavadepuis le megadefqui bénit le NomLe second ne répare pasle volontaire du premierRabbi Natanki = parce queLe karet visele premierLa fin en donne la raisonhet'o yisa renverseLe Pessa'h enseignecelui qui bénit le NomLe megadef chantepour l'avoda zaraPas de karet propre au secondR. Hananyaki = si, comme RabbiUne seule affaireLe karet du premierest suspendu au secondPassible si les deuxmanques sont volontairesErreur au second : exempthet'o yisa comme NatanIl enseigne le karetà celui qui bénit le Nom
Rabbi lit ki comme si : karet au premier et au second. Rabbi Natan lit ki comme parce que : le karet vise le premier. Rabbi Hananya lit ki comme si, et suspend le karet du premier au second.
Quatre cas de karetMême volontaire aux deux : un seul karet.CasRabbiRabbi NatanR. HananyaVolontaireaux deuxPassiblePassiblePassibleErreuraux deuxExemptExemptExemptVolontaire au premiererreur au secondPassiblePassibleExemptErreur au premiervolontaire au secondPassibleExemptExempt
Volontaire aux deux : tous passibles, un seul karet. Erreur aux deux : tous exempts. Volontaire au premier et erreur au second : Rabbi Hananya exempte. Erreur au premier et volontaire au second : seul Rabbi rend passible.
Une journée de marche : 10 parsa = 40 milÉquinoxe de Nissan et de Tichri. Jour et nuit égaux.5 mil15 mil15 mil5 milAubeau leverLever jusqu'à midiMidi au coucherCoucheraux étoilesAube et étoilesCinq mil chacunLe soleil traverse le rakiaLoth : de l'aube à TsoarModiim = 15 milFenêtre de l'abattageDe midi jusqu'au coucherAu coucher, le sang est passoul
Dix parsa font quarante mil. Cinq mil de l'aube au lever, cinq du coucher aux étoiles, quinze jusqu'à midi, quinze de midi au coucher. Modiim est cette dernière marche : on n'entre pas pendant l'abattage.
1
קָסָבַר: מְגַדֵּף הַייְנוּ מְבָרֵךְ הַשֵּׁם, וּכְתִיב בִּמְבָרֵךְ אֶת הַשֵּׁם ״וְנָשָׂא חֶטְאוֹ״.

Il tient : le megadef, c'est celui qui bénit le Nom. Et il est écrit, au sujet de celui qui bénit le Nom : " et il portera son péché ".

📜 Rachi (1)
קָסָבַר מְגַדֵּף דִּכְתִיב בֵּיהּ כָּרֵת הַייְנוּ מְבָרֵךְ אֶת הַשֵּׁם וְכֵיוָן דְּיֵשׁ כָּרֵת בִּמְבָרֵךְ אֶת הַשֵּׁם יָלֵיף הַאי מִינֵּיהּ נְשִׂיאוּת חֵטְא נְשִׂיאוּת חֵטְא לִגְזֵירָה שָׁוָה:
Il tient que le megadef, au sujet duquel le karet est écrit, est celui qui bénit le Nom. Puisqu'il y a un karet pour celui qui bénit le Nom, il apprend celui-ci de celui-là : " port du péché ", " port du péché ", par gezera chava (analogie de mots).
💡 Explication

Suite de 93a. La question était : d'où " het'o yisa " (il portera son péché) est-il un karet ? C'est la réponse de Rabbi.

Le megadef du verset à karet (Nombres 15) est, pour lui, celui qui " bénit le Nom " : dans la bouche des Sages, c'est la malédiction du Nom. Lévitique 24 écrit sur lui " venasa het'o ". Les deux formules se tirent l'une de l'autre par gezera chava. Le karet écrit là-bas passe au Pessa'h.

2
וְגָמַר הַאי ״חָטְאוּ״ דְּהָכָא, מִ״חָטְאוּ״ דְּהָתָם: מַה לְהַלָּן כָּרֵת, אַף כָּאן נָמֵי כָּרֵת.

Et il a appris ce " son péché " d'ici, de " son péché " de là-bas : de même que là-bas c'est le karet, de même ici aussi c'est le karet.

💡 Explication

Sens du transfert. " Het'o " du Pessa'h s'apprend de " het'o " du megadef. Là-bas, le châtiment est le karet. Ici, omettre le Pessa'h est donc puni du même karet.

La gezera chava court du megadef vers le Pessa'h. Rabbi Natan la fera courir dans l'autre sens.

3
וְרַבִּי נָתָן סָבַר: ״וְחָדַל לַעֲשׂוֹת הַפֶּסַח וְנִכְרְתָה״, דְּהַאי ״כִּי״ — לְשׁוֹן דְּהָא הוּא, וְהָכִי קָאָמַר רַחֲמָנָא: דְּהָא ״קָרְבַּן ה׳ לֹא הִקְרִיב בְּמֹועֲדוֹ״ בָּרִאשׁוֹן.

Et Rabbi Natan tient : " et il s'est abstenu de faire le Pessa'h, et elle sera retranchée ". Ce " ki " est une langue de " parce que " (deha).

Et voici ce que dit le Miséricordieux : parce que " il n'a pas offert le korban de Hachem en son temps fixé ", au premier.

📜 Rachi (1)
וְרַבִּי נָתָן מוּקֵי לֵיהּ לְהַאי כִּי בִּלְשׁוֹן דְּהָא וְקָאֵי אַדִּלְעֵיל מִינֵּיהּ לְמֵיתַב טַעְמָא לְמִילְּתֵיהּ וְנִכְרַת בָּרִאשׁוֹן מִשּׁוּם דְּהָא קָרְבַּן ה' לֹא הִקְרִיב בְּמֹועֲדוֹ בָּרִאשׁוֹן:
Et Rabbi Natan établit ce " ki " dans le sens de " parce que " (deha). Il porte sur ce qui précède, pour donner la raison de la chose : il est retranché pour le premier, parce qu'il n'a pas offert le korban de Hachem en son temps fixé, au premier.
💡 Explication

Rabbi Natan lit ki comme deha, " parce que ". " Venikhretah " vise le premier. La fin du verset donne la raison : il n'a pas offert le korban en son moèd, et ce temps fixé est le premier.

Le karet est donc écrit en clair pour le premier. Il ne sert plus " het'o yisa " à fonder ce karet.

4
הַאי ״חֶטְאוֹ יִשָּׂא״ מַאי עֲבִיד לֵיהּ? קָסָבַר: מְגַדֵּף לָאו הַיְינוּ מְבָרֵךְ אֶת הַשֵּׁם, וְגָמַר הַאי ״חֶטְאוֹ״ דְּהָתָם מֵהַאי ״חָטְאוּ״ דְּהָכָא. מֶה הָכָא כָּרֵת — אַף הָתָם כָּרֵת.

Ce " il portera son péché ", qu'en fait-il ? Il tient : le megadef est autre que celui qui bénit le Nom.

Et il apprend ce " son péché " de là-bas, de ce " son péché " d'ici. De même qu'ici c'est le karet, de même là-bas c'est le karet.

📜 Rachi (1)
לָאו הַייְנוּ מְבָרֵךְ אֶת הַשֵּׁם אֶלָּא מְזַמֵּר וּמְשׁוֹרֵר לַעַ"ז דְּאִיכָּא דִּסְבִירָא לֵיהּ הָכִי בִּכְרִיתוֹת (דַּף ז:) וְלֵית לָן כָּרֵת בִּמְבָרֵךְ אִי לָאו מֵהָכָא גְּמִירִי לָהּ:
Il est autre que celui qui bénit le Nom : c'est celui qui chante et psalmodie pour l'avoda zara (idolâtrie). Certains tiennent ainsi dans Keritot (folio 7b). Nous n'aurions pas de karet pour celui qui bénit, si nous ne l'apprenions pas d'ici.
💡 Explication

" Venikhretah " a déjà donné le karet du Pessa'h. Rabbi Natan renverse la gezera chava : " het'o " d'ici, où le karet est écrit, enseigne " het'o " de là-bas, pour celui qui bénit le Nom.

Chez lui, le megadef du verset à karet est autre : il chante pour l'avoda zara. Rachi renvoie à Keritot 7b. Sans ce verset du Pessa'h, celui qui bénit le Nom n'aurait pas de karet connu.

🖼️ Schéma
Sens de la gezera chava : het'o yisaRabbiLe megadef a le karet écritIl enseigne le Pessa'hhet'o de là-bas vers het'o d'iciRabbi Natan et R. HananyaLe Pessa'h a le karet écritIl enseigne celui qui bénithet'o d'ici vers het'o de là-bas
Rabbi : le karet du megadef enseigne le Pessa'h. Rabbi Natan et Rabbi Hananya : le karet du Pessa'h enseigne celui qui bénit le Nom.
5
וְרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא סָבַר: ״וְחָדַל לַעֲשׂוֹת הַפֶּסַח וְנִכְרְתָה״, אִי ״קָרְבַּן ה׳ לֹא הִקְרִיב בְּמֹועֲדוֹ״ — בִּשְׁנֵי.

Et Rabbi Hananya ben Akavya tient : " et il s'est abstenu de faire le Pessa'h, et elle sera retranchée ", si " il n'a pas offert le korban de Hachem en son temps fixé ", au second.

📜 Rachi (1)
וְרַבִּי חֲנַנְיָא נָמֵי דְּרֵישׁ הַאי כִּי לְשׁוֹן אִי כַּר' אֶלָּא קָסָבַר לָאו מִילְּתָא אַחֲרִיתִי הִיא אֶלָּא כָּרֵת דְּקַמָּא תְּלָא בֵּיהּ וְנִכְרַת בְּמֵזִיד דְּרִאשׁוֹן אִם קָרְבַּן ה' לֹא יַקְרִיב בַּשֵּׁנִי:
Rabbi Hananya, lui aussi, explique ce " ki " dans le sens de " si ", comme Rabbi. Il tient que le verset reste sur la même affaire : le karet du premier y est suspendu. Il est retranché pour le volontaire (mezid) du premier, s'il n'offre pas le korban de Hachem au second.
💡 Explication

Rabbi Hananya ben Akavya lit ki comme " si ", avec Rabbi. Il n'en fait pas un second karet à part. Le karet du début, celui du premier, dépend du second : il frappe le mezid du premier s'il n'offre pas au second.

En 93a, le second est chez lui une takana (réparation) du premier : même le volontaire du premier en sort exempt s'il fait le second.

6
וְהַאי ״חֶטְאוֹ יִשָּׂא״ מַאי עֲבִיד לֵיהּ? כְּדַאֲמָרָן.

Et ce " il portera son péché ", qu'en fait-il ? Comme nous avons dit.

📜 Rachi (1)
כְּדַאֲמָרָן לְאַגְמוֹרֵי כָּרֵת לִמְבָרֵךְ:
Comme nous avons dit : pour enseigner le karet à celui qui bénit.
💡 Explication

" Het'o yisa " ne fonde pas, chez lui, un karet de plus pour le Pessa'h. Il sert comme chez Rabbi Natan : enseigner le karet à celui qui bénit le Nom. Rachi : le-agmorei karet la-mevarekh.

7
הִלְכָּךְ: הֵזִיד בָּזֶה וּבָזֶה — דִּבְרֵי הַכֹּל חַיָּיב, שָׁגַג בָּזֶה וּבָזֶה — דִּבְרֵי הַכֹּל פָּטוּר.

Par conséquent : s'il a été volontaire en ceci et en cela, de l'avis de tous il est passible. S'il a erré en ceci et en cela, de l'avis de tous il est exempt.

📜 Rachi (1)
דִּבְרֵי הַכֹּל חַיָּיב חַד כָּרֵת:
De l'avis de tous, il est passible : un seul karet.
💡 Explication

Les trois avis se rejoignent aux extrêmes. Mezid au premier et au second : passible. Rachi précise : un seul karet, non deux. Chogeg aux deux : exempt. L'erreur n'entre pas dans le karet.

8
הֵזִיד בָּרִאשׁוֹן וְשָׁגַג בַּשֵּׁנִי, לְרַבִּי וּלְרַבִּי נָתָן — מְחַיְּיבִי, לְרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא — פָּטוּר.

S'il a été volontaire au premier et a erré au second : pour Rabbi et pour Rabbi Natan, ils le rendent passible. Pour Rabbi Hananya ben Akavya, il est exempt.

📜 Rachi (1)
לֵר' וְר' נָתָן חַיָּיב דְּלָא סְבִירָא לְהוּ דְּשֵׁנִי תַּקַּנְתָּא דְּרִאשׁוֹן:
Pour Rabbi et Rabbi Natan, il est passible : ils ne tiennent pas que le second soit une takana (réparation) du premier.
💡 Explication

Le premier a été manqué volontairement, le second par erreur. Rabbi et Rabbi Natan rendent passible : le second n'efface pas le karet du premier. Rachi : le second ne répare pas le premier.

Rabbi Hananya exempte. Le karet du premier est suspendu au second, et la Guemara ne le laisse passible que lorsque les deux manques sont volontaires. L'erreur au second suffit à l'exempter.

9
שָׁגַג בָּרִאשׁוֹן וְהֵזִיד בַּשֵּׁנִי, לְרַבִּי — חַייָּב. לְרַבִּי נָתָן וּלְרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן עֲקַבְיָא — פָּטוּר.

S'il a erré au premier et a été volontaire au second : pour Rabbi, il est passible. Pour Rabbi Natan et pour Rabbi Hananya ben Akavya, il est exempt.

📜 Rachi (2)
שָׁגַג בָּרִאשׁוֹן וְהֵזִיד בַּשֵּׁנִי לְרַבִּי חַיָּיב דְּאִית לֵיהּ כָּרֵת בַּשֵּׁנִי בְּאַנְפֵּי נַפְשֵׁיהּ:
S'il a erré au premier et a été volontaire au second, pour Rabbi il est passible : il tient qu'il y a un karet au second, en lui-même.
לֵר' נָתָן וְר' חֲנַנְיָא פָּטוּר דְּהָא לָא כְּתִיב כָּרֵת אֶלָּא אַרִאשׁוֹן וַהֲרֵי שָׁגַג בּוֹ:
Pour Rabbi Natan et Rabbi Hananya, il est exempt : le karet n'est écrit qu'au sujet du premier, et il y a erré.
💡 Explication

Le premier n'était qu'une erreur. Le second a été manqué volontairement. Seul Rabbi rend passible : le second a un karet en lui-même, be-apnei nafcheh.

Rabbi Natan et Rabbi Hananya exemptent. Le karet n'est écrit que pour le premier, et sur le premier il a erré. Le volontaire du second, seul, ne crée pas de karet chez eux.

10
מַתְנִי׳ אֵיזוֹ הִיא דֶּרֶךְ רְחוֹקָה? מִן הַמּוֹדִיעִים וְלַחוּץ, וּכְמִדָּתָהּ לְכָל רוּחַ, דִּבְרֵי רַבִּי עֲקִיבָא. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מֵאִיסְקֻופַּת הָעֲזָרָה וְלַחוּץ. אָמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹסֵי: לְפִיכָךְ נָקוּד עַל ה׳, לוֹמַר: לָא מִפְּנֵי שֶׁרָחוֹק וַדַּאי, אֶלָּא מֵאִיסְקֻופַּת הָעֲזָרָה וְלַחוּץ.

Michna. Qu'est-ce qu'un chemin éloigné ?

Depuis Modiim et au-delà, et à cette même mesure dans chaque direction. Paroles de Rabbi Akiva.

Rabbi Eliezer dit : depuis le seuil de l'azara et au-delà. Rabbi Yossi lui a dit : c'est pourquoi un point est posé sur le he, pour dire qu'on le compte éloigné même sans éloignement certain, depuis le seuil de l'azara et au-delà.

📜 Rachi (2)
מַתְנֵי' מוֹדִיעִים שֵׁם הָעִיר:
Michna. Modiim : le nom de la ville.
נָקוּד עַל ה' שֶׁבָּרְחוֹקָה וְכָל נִיקּוּד לְמַעֵט הַדָּבָר בָּא דְּמַשְׁמַע סַמְּיוּהּ לְהָא תֵּיבָה מֵהָכָא:
Pointé sur le he de " rehoka " (éloignée). Tout pointillage vient diminuer la chose. Cela implique : retire ce mot d'ici.
💡 Explication

Nouvelle michna. Le derekh rehoka dispense du premier Pessa'h. Rabbi Akiva : depuis Modiim et au-delà, et la même distance dans chaque direction autour de Jérusalem.

Rabbi Eliezer : dès le seuil de l'azara, le parvis. Qui est hors du parvis au moment de l'abattage est déjà en chemin éloigné. Rabbi Yossi le lui accorde par le point posé sur le he de " rehoka ". Rachi : un point diminue le mot. " Éloigné " est retiré de son sens plein : l'éloignement certain n'est pas exigé.

🖼️ Schéma
Michna : où commence le chemin éloigné ?Rabbi AkivaModiim et au-delàMême distancedans chaque directionOula : quinze miljusqu'à JérusalemMesure de routeRabbi EliezerSeuil de l'azaraet au-delàHors du parvisà l'heure de l'abattageRabbi Yossi : le pointsur le he de rehokadiminue le mot éloigné
Rabbi Akiva mesure depuis Modiim, même distance tout autour. Rabbi Eliezer, depuis le seuil de l'azara. Rabbi Yossi lit le point du he comme une diminution du mot " éloigné ".
11
גְּמ׳ אָמַר עֻולָּא: מִן הַמּוֹדִיעִים לִירוּשָׁלַיִם חֲמִשָּׁה עָשָׂר מִילִין הָוְיָא. סָבַר לַהּ כִּי הָא דְּאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כַּמָּה מַהֲלַךְ אָדָם בַּיּוֹם — עֲשָׂרָה פַּרְסָאוֹת: מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר וְעַד הָנֵץ הַחַמָּה חֲמֵשֶׁת מִילִין, מִשְּׁקִיעַת הַחַמָּה וְעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים חֲמֵשֶׁת מִילִין. פָּשׁוּ לָהּ תְּלָתִין: חֲמֵיסַר מִצַּפְרָא לְפַלְגָא דְיוֹמָא, וַחֲמֵיסַר מִפַּלְגָא דְיוֹמָא לְאוּרְתָּא.

Guemara. Oula a dit : de Modiim à Jérusalem, il y a quinze mil.

Il tient comme cet enseignement que Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : combien un homme marche-t-il en un jour ? Dix parsaot.

De l'aube jusqu'au lever du soleil, cinq mil. Du coucher du soleil jusqu'à la sortie des étoiles, cinq mil.

Il en reste trente : quinze du matin jusqu'à midi, et quinze de midi jusqu'au soir.

📜 Rachi (7)
גְּמ' חֲמִשָּׁה עָשָׂר מִילִין מִדְּקָרֵי לֵיהּ תַּנָּא דִידַן דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לְגַבֵּי פֶּסַח וּסְבִירָא לֵיהּ לְעֻולָּא דֶּרֶךְ רְחוֹקָה כֹּל שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה כָּל שְׁעַת שְׁחִיטָה מְהַלֵּךְ וְאֵינוֹ מַגִּיעַ וּשְׁעַת שְׁחִיטָה מֵחֲצוֹת הַיּוֹם וְאֵילָךְ דְּבֵין הָעַרְבַּיִם כְּתִיב בֵּיהּ כְּתָמִיד וְתָמִיד אע"פ שֶׁנִּשְׁחַט בְּשֵׁשׁ וּמֶחֱצָה זְמַנּוֹ מִן הַתּוֹרָה מִתְּחִלַּת שֶׁבַע וְאֵילָךְ שֶׁמַּתְחֶלֶת הַחַמָּה לְהִתְעַקֵּם כְּלַפֵּי מַעֲרָב קְצָת וּמַשְׁחֲרִי כָּותְלֵי דְּהָכִי אָמְרִינַן בְּיוֹמָא בְּפֶ' שְׁלִישִׁי (דַּף כֹּח:) צְלוֹתֵיהּ דְּאַבְרָהָם מִכִּי מַשְׁחֲרִי כֻּותְלֵי וְהַייְנוּ מֵחֲצוֹת הַיּוֹם וּלְהַלָּן וּפָרְכִינַן עֲלָהּ מֵהָא דִּתְנַן תָּמִיד נִשְׁחָט בְּשֵׁשׁ וּמֶחֱצָה וּמְשַׁנֵּי שָׁאנֵי כָּותְלֵי בֵּית הַמִּקְדָּשׁ דְּלָא מְכַווְּנִי רָחְבָּם מִתַּחְתֵּיהֶן וְלָא מַשְׁחֲרִי בְּעִיקּוּם פֻּורְתָּא עַד חֲצִי שֶׁבַע וּמִיהוּ זְמַן שְׁחִיטָה מִתְּחִלַּת שֶׁבַע וְאֵילָךְ וְנִמְשַׁךְ עַד שֶׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה וּמִשֶּׁתִּשְׁקַע הַחַמָּה לֹא דְּדָם נִפְסָל בִּשְׁקִיעַת הַחַמָּה בְּאֵיזֶהוּ מְקוֹמָן (זְבָחִים דַּף נו.) וּמֵחֲצוֹת וְעַד שְׁקִיעַת הַחַמָּה מַהֲלַךְ חֲמִשָּׁה עָשָׂר מִילִין כִּי הָא דְּר' יוֹחָנָן:
Quinze mil. Puisque notre tanna l'appelle chemin éloigné pour le Pessa'h, et qu'Oula tient : chemin éloigné, c'est quiconque ne peut pas entrer au temps de l'abattage. Pendant tout le temps de l'abattage il marche et n'arrive pas. Le temps de l'abattage va de midi et au-delà, car " bein ha-arbayim " (entre les deux soirs) est écrit à son sujet, comme pour le tamid. Le tamid, bien qu'on l'égorge à six heures et demie, son temps, de par la Torah, va du début de la septième heure et au-delà, quand le soleil commence à s'incliner un peu vers l'ouest et que les murs s'assombrissent. C'est ainsi que nous disons dans Yoma, au troisième chapitre (folio 28b) : la prière d'Avraham, dès que les murs s'assombrissent, et c'est de midi et au-delà. Nous objectons de ce qu'on a enseigné : le tamid est égorgé à six heures et demie. Nous répondons : les murs du Temple sont différents, car leur largeur n'est pas alignée à leur base, et ils ne s'assombrissent pas pour une légère inclinaison avant la moitié de la septième heure. Toutefois, le temps de l'abattage va du début de la septième heure et au-delà, et il se prolonge jusqu'au coucher du soleil. Après le coucher du soleil, non : le sang est invalidé (passoul) au coucher du soleil, dans Eizehou mekoman (Zevahim, folio 56a). Et de midi jusqu'au coucher du soleil, le trajet est de quinze mil, comme cet enseignement de Rabbi Yo'hanan.
סָבַר לָהּ עֻולָּא:
Il tient ainsi : Oula.
כַּמָּה מַהֲלַךְ אָדָם בֵּינוֹנִי וּבְיוֹם בֵּינוֹנִי דִּתְקוּפַת נִיסָן וְתִשְׁרֵי שֶׁהַיָּמִים וְהַלֵּילוֹת שָׁוִין:
Combien un homme marche-t-il : un homme moyen, et un jour moyen, à l'équinoxe de Nissan et de Tichri, où les jours et les nuits sont égaux.
עֲשָׂרָה פַּרְסָאוֹת אַרְבָּעִים מִילִין:
Dix parsaot : quarante mil.
מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד הָנֵץ הַחַמָּה חֲמִשָּׁה מִיל כָּךְ שְׁהִייַּת הַחַמָּה לָצֵאת בְּעָובְיוֹ שֶׁל רָקִיעַ וּכְנֶגְדָּהּ שׁוֹהָה בִּשְׁקִיעָתָהּ לִיכָּנֵס דְּהַייְנוּ מִשְּׁקִיעָתָהּ וְעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים:
De l'aube jusqu'au lever du soleil, cinq mil. Tel est le délai du soleil pour sortir à travers l'épaisseur du firmament (rakia). En face, il tarde de même à son coucher pour entrer : c'est du coucher jusqu'à la sortie des étoiles.
פָּשׁוּ תְּלָתִין מֵהֲנִצָּהּ וְעַד שְׁקִיעָתָהּ:
Il en reste trente : du lever jusqu'à son coucher.
לְאֻורְתָּא לִשְׁקִיעַת הַחַמָּה דְּשׁוּב אֵין זְמַן שְׁחִיטָה דְּדַם קָדָשִׁים נִפְסָל בִּשְׁקִיעַת הַחַמָּה כִּדְאָמְרִינַן בְּאֵיזֶהוּ מְקוֹמָן בִּשְׁחִיטַת קָדָשִׁים:
Jusqu'au soir : jusqu'au coucher du soleil. Il n'y a plus alors de temps d'abattage, car le sang des kodashim (offrandes consacrées) est invalidé au coucher du soleil, comme nous le disons dans Eizehou mekoman, à l'abattage des kodashim.
💡 Explication

Oula chiffre Modiim : quinze mil jusqu'à Jérusalem. Il s'appuie sur Rabbi Yo'hanan : un homme moyen, au jour d'équinoxe, marche dix parsaot, soit quarante mil. Cinq de l'alot ha-chahar au netz, cinq du coucher au tzet ha-kokhavim, quinze du matin à midi, quinze de midi au soir.

Les heures se comptent depuis le lever. La sixième finit à midi. " Six et demie ", c'est le milieu de la septième heure. Le temps d'abattage, de la Torah, ouvre au début de la septième, à midi, comme le tamid de bein ha-arbayim, et se ferme au coucher : le sang est alors passoul (Zevahim 56a). Ce créneau est une marche de quinze mil. Qui est à Modiim à midi marche tout le temps et n'entre pas tant que l'abattage est valable.

Rachi : les murs du Temple, plus larges à la base, ne montrent l'ombre qu'à six heures et demie. Cela explique la michna du tamid. Le soleil met cinq mil à traverser l'épaisseur du rakia, à l'aube comme du coucher aux étoiles.

12
עֻולָּא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר עֻולָּא: אֵי זֶה הוּא דֶּרֶךְ רְחוֹקָה? כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה.

Oula va selon son avis, car Oula a dit : qu'est-ce qu'un chemin éloigné ? Quiconque ne peut pas entrer au temps de l'abattage.

🗂️ Tossefot (1)
עֻולָּא לְטַעְמֵיהּ תֵּימַהּ מְנָא לֵיהּ לְעֻולָּא דְּלָא הָוֵי שְׁעַת שְׁחִיטָה מִתְּחִילַּת שְׁקִיעָה דְּדָם נִפְסָל בִּשְׁקִיעַת הַחַמָּה דְּרֵישׁ לֵיהּ מִבְּיוֹם הִקְרִיבוֹ אֶת זִבְחוֹ וְהָא קַיְימָא לַן בְּפֶ' שֵׁנִי דִּמְגִילָּה (דַּף כ:) דְּעַד צֵאת הַכּוֹכָבִים יְמָמָא הוּא:
Oula selon son avis. Difficulté : d'où Oula tient-il que le temps de l'abattage n'est pas dès le début du coucher ? Car " le sang est invalidé au coucher du soleil ", il l'apprend de " le jour où il offre son sacrifice ". Or nous tenons, au deuxième chapitre de Meguila (folio 20b), que jusqu'à la sortie des étoiles c'est encore le jour.
💡 Explication

Le-taameh : Oula est cohérent avec lui-même. Le chemin éloigné, c'est la distance d'où l'on n'entre pas pendant la chehita. D'où les quinze mil : toute la fenêtre d'abattage ne suffit pas à les franchir.

Tossefot pose une difficulté et ne la tranche pas ici. Oula ferme l'abattage au coucher, par " be-yom hakrivo et zivho ". Meguila 20b tient que jusqu'aux étoiles on est encore de jour. Pourquoi la chehita ne courrait-elle pas jusqu'au tzet ?

13
אָמַר מַר: מֵעֲלוֹת הַשַּׁחַר עַד הָנֵץ הַחַמָּה חֲמֵשֶׁת מִילִין, מְנָא לַן? דִּכְתִיב: ״וּכְמוֹ הַשַּׁחַר עָלָה וַיָּאִיצוּ הַמַּלְאָכִים וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״הַשֶּׁמֶשׁ יָצָא עַל הָאָרֶץ וְלוֹט בָּא צֹועֲרָה״. וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: לְדִידִי חָזֵי לִי הַהוּא אַתְרָא וְהָוְיָא חֲמִשָּׁה מִילִין.

Le maître a dit : de l'aube jusqu'au lever du soleil, cinq mil. D'où le tenons-nous ?

Car il est écrit : " Et comme l'aube montait, les anges pressèrent ", etc. Et il est écrit : " Le soleil sortit sur la terre, et Loth arriva à Tsoar ".

Et Rabbi Hanina a dit : moi-même, j'ai vu cet endroit, et c'était cinq mil.

💡 Explication

Preuve des cinq mil de l'aube. Deux versets de la sortie de Loth (Genèse 19). Au premier, l'aube monte et les anges le pressent. Au second, le soleil est sur la terre et il entre à Tsoar. L'intervalle est le trajet d'un homme entre l'aube et le lever.

Rabbi Hanina dit avoir vu le lieu : cinq mil. Rachi, au segment précédent, aligne sur ce délai le trajet du coucher jusqu'à la sortie des étoiles : même épaisseur du rakia.

🖼️ Schéma
De l'aube au lever du soleil : cinq milAubeLes anges pressent LothGenèse 19, 155 milRabbi Hanina a vu le lieuLeverLoth arrive à TsoarGenèse 19, 23
Les anges pressent Loth à l'aube. Au lever, il est à Tsoar. Rabbi Hanina a mesuré ce trajet : cinq mil.
14
גּוּפָא, אָמַר עֻולָּא: אֵיזֶה הוּא דֶּרֶךְ רְחוֹקָה? כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה. וְרַב יְהוּדָה אָמַר: כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה.

L'enseignement lui-même. Oula a dit : qu'est-ce qu'un chemin éloigné ?

Quiconque ne peut pas entrer au temps de l'abattage. Et Rav Yehouda a dit : quiconque ne peut pas entrer au temps du repas.

📜 Rachi (1)
בִּשְׁעַת אֲכִילָה כָּל שְׁעַת אֲכִילָה שֶׁרָחוֹק מֵחֲצוֹת הַיּוֹם כָּל כָּךְ שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִיכָּנֵס כָּל הַלַּיְלָה אֲכִילַת הַפֶּסַח כָּל הַלַּיְלָה וְרַבָּנָן עֲבוּד הַרְחָקָה וַאֲמוּר עַד חֲצוֹת לר"ע ולר"א דְּאוֹרָיְיתָא עַד חֲצוֹת בְּפֶרֶק בָּתְרָא (דַּף קכ:) וּבִבְרָכוֹת בפ"ק (דַּף ט.):
Au temps du repas : tout le temps du repas. Il est si loin de midi qu'il ne peut pas entrer de toute la nuit. Le repas du Pessa'h dure toute la nuit. Et les Sages ont institué une harhaka (marge de précaution) et ont dit : jusqu'à minuit. Pour Rabbi Akiva et Rabbi Eliezer, de par la Torah c'est jusqu'à minuit, au dernier chapitre (folio 120b) et dans Berakhot, au premier chapitre (folio 9a).
🗂️ Tossefot (1)
רַב יְהוּדָה אָמַר כֹּל שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה תֵּימַהּ דִּלְרַב יְהוּדָה מִן הַמּוֹדִיעִים לֹא יָכוֹל לִיכָּנֵס בַּחֲצִי הַיּוֹם וְכָל הַלַּיְלָה וּלְעֻולָּא בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה דְּנֶיחֱזֵי אֲנַן וְיֵשׁ לוֹמַר דְּאִיסְתַּתּוּם דְּרָכִים כִּדְאָמְרִינַן בר"ה (דַּף כג:) וְעוֹד דְּאַלִּיבָּא דר"ע קָייְמִי' דְּאִית לֵיהּ תְּחוּמִין דְּאוֹרָיְיתָא וּלְרַב יְהוּדָה יָכוֹל לִיכָּנֵס מִן הַמּוֹדִיעִים עַד סָמוּךְ לַתְּחוּם בִּתְחִלַּת הַלַּיְלָה וְלֵיכָּא בֵּינַיְיהוּ הַשְׁתָּא כֻּולֵּי הַאי וְכֵן מַשְׁמַע בַּיְּרוּשַׁלְמִי:
Rav Yehouda a dit : quiconque ne peut pas entrer au temps du repas. Difficulté : selon Rav Yehouda, depuis Modiim il ne peut pas entrer en une demi-journée et toute la nuit, et selon Oula c'est au temps de l'abattage. Voyons donc par nous-mêmes. On peut dire que les chemins étaient bouchés, comme nous le disons à Roch Hachana (folio 23b). Et encore : nous nous plaçons selon Rabbi Akiva, qui tient que les tehoumin (limites du jour de fête) sont de la Torah. Selon Rav Yehouda, on peut venir de Modiim jusqu'auprès du tehoum au début de la nuit, et il n'y a pas entre eux, à présent, une si grande différence. C'est aussi ce qui ressort du Yerushalmi.
💡 Explication

Goufa : on reprend la formule. Oula : éloigné, qui ne peut pas entrer pendant l'abattage, de midi au coucher. Rav Yehouda : qui ne peut pas entrer pendant le repas.

Rachi : le repas du Pessa'h dure toute la nuit. Les Sages l'ont ramené à minuit par harhaka. Pour Rabbi Akiva et Rabbi Eliezer, minuit est déjà de la Torah (Pessahim 120b, Berakhot 9a).

Tossefot : les deux mesures ne collent pas au même Modiim. Chez Rav Yehouda, manquer le repas, c'est manquer une demi-journée plus la nuit, bien au-delà de quinze mil. On pourrait mesurer et trancher. Réponse : les chemins étaient bouchés (Roch Hachana 23b). Et selon Rabbi Akiva les tehoumin sont de la Torah : de Modiim on atteint le voisinage du tehoum au début de la nuit, et l'on n'entre plus. L'écart pratique avec Oula s'en trouve réduit. Le Yerushalmi va dans ce sens.

🖼️ Schéma
Chemin éloigné : deux mesures de tempsOulaNe peut pas entrerau temps de l'abattageDe midi au coucherQuinze milC'est la fabricationdu korban, l'après-midiRav YehoudaNe peut pas entrerau temps du repasToute la nuitLes Sages : jusqu'à minuitAkiva et Eliezer :minuit, de par la Torah
Oula : éloigné, qui n'entre pas pendant l'abattage. Rav Yehouda : qui n'entre pas pendant le repas, toute la nuit, ou jusqu'à minuit selon la harhaka des Sages.
15
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה לְעֻולָּא: לְדִידָךְ קַשְׁיָא וּלְרַב יְהוּדָה קַשְׁיָא. לְדִידָךְ קַשְׁיָא, דַּאֲמַרְתְּ: כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה, וְהָא טְמֵא שֶׁרֶץ — דְּאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה, וְקָאָמְרַתְּ: שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ.

Rabba lui a dit : selon toi c'est difficile, et selon Rav Yehouda c'est difficile. Selon toi c'est difficile, car tu as dit : quiconque ne peut pas entrer au temps de l'abattage.

Or le tamei sheretz ne peut pas entrer au temps de l'abattage, et tu as dit : on égorge et on asperge pour un tamei sheretz.

🗂️ Tossefot (1)
וְקָאָמְרַתְּ שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ לְאִלּוּמֶיהָ פִּירְכֵי' הוּא דְּקָאָמַר הָכִי וְאַפֵּי' סָבַר אֵין שׁוֹחֲטִין הֲוָה מָצֵי לְמִיפְרַךְ מִטְּבוּל יוֹם דִּלְכֻולֵּי עָלְמָא שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עָלָיו אע"פ שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה:
Et tu as dit : on égorge et on asperge pour un tamei sheretz. C'est pour renforcer son objection qu'il parle ainsi. Même s'il tenait qu'on n'égorge pas, il aurait pu objecter à partir du tevoul yom (qui a immergé et attend le soir) : selon tout le monde, on égorge et on asperge pour lui, bien qu'il ne puisse pas entrer au temps de l'abattage.
💡 Explication

Rabba renvoie Oula à son propre avis de 90b. Le tamei sheretz, impur d'un jour par un rampant, ne peut pas entrer dans l'azara pendant l'abattage. Selon la définition d'Oula, il serait en chemin éloigné, donc dispensé. Or Oula dit qu'on égorge et asperge pour lui : il sera pur le soir, pour le repas.

Tossefot : Rabba choisit l'avis d'Oula pour serrer l'objection. Le tevoul yom aurait suffi : tout le monde égorge pour lui, et lui non plus n'entre pas au temps de l'abattage.

16
וּלְרַב יְהוּדָה קַשְׁיָא, דְּאָמַר: כֹּל שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה, וְהָא טְמֵא שֶׁרֶץ — דְּיָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה, וְקָאָמַר: אֵין שׁוֹחֲטִין וְזוֹרְקִין עַל טְמֵא שֶׁרֶץ!

Et selon Rav Yehouda c'est difficile, car il a dit : quiconque ne peut pas entrer au temps du repas. Or le tamei sheretz peut entrer au temps du repas, et il a dit : on n'égorge pas et on n'asperge pas pour un tamei sheretz.

📜 Rachi (2)
וּלְרַב יְהוּדָה קַשְׁיָא דְּאָמַר כֹּל שֶׁאֵינוֹ יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה הוּא דְּפָטוּר הָא אִיחְזֵי לְמֵיכַל לְאֻורְתָּא חַיָּיב:
Et selon Rav Yehouda, c'est difficile. Car il a dit : seul celui qui ne peut pas entrer au temps du repas est exempt. Donc celui qui est apte à manger le soir est passible.
וְהָא טְמֵא שֶׁרֶץ כו' וּפְלֻוגְתַּייְהוּ בְּפֶרֶק הָאִשָּׁה (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף צ:):
Or le tamei sheretz, etc. Leur mahloket est au chapitre Ha-icha, " la femme " (plus haut, Pessahim folio 90b).
💡 Explication

L'objection se retourne. Pour Rav Yehouda, est éloigné seulement qui ne peut pas entrer au repas. Le tamei sheretz, lui, peut immerger et manger le soir. Il devrait donc être tenu au premier.

Or il est dit qu'on n'égorge pas pour lui. Rachi situe la mahloket au chapitre Ha-icha, folio 90b : Oula égorge pour le tamei sheretz.

17
אֲמַר לֵיהּ: לָא לְדִידִי קַשְׁיָא וְלָא לְרַב יְהוּדָה קַשְׁיָא. לְדִידִי לָא קַשְׁיָא: דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לַטָּהוֹר, וְאֵין דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לַטָּמֵא.

Il lui a dit : selon moi il n'y a pas de difficulté, et selon Rav Yehouda il n'y a pas de difficulté. Selon moi il n'y a pas de difficulté : le chemin éloigné vaut pour le pur, et il n'y a pas de chemin éloigné pour l'impur.

📜 Rachi (1)
לְדִידִי לָא קַשְׁיָא דְּאַף עַל גַּב דְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה פָּטַרְנָא לְהַאי דַּחֲזֵי לְאֻורְתָּא וּמִיחַייַּבְנָא לֵיהּ גַּבֵּי טְמֵא שֶׁרֶץ הַייְנוּ טַעְמָא דְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה תְּלָא רַחֲמָנָא פְּטוּרָא דְּטָהוֹר וְהַיְינוּ דֶּרֶךְ רְחוֹקָה שֶׁאֵין יָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה דְּגַבֵּי עֲשִׂייָּה כְּתִיב וְאַף עַל גַּב דְּיָכוֹל לִיכָּנֵס בִּשְׁעַת אֲכִילָה רַחֲמָנָא פַּטְרֵיהּ אֲבָל לְטָמֵא לֹא תָּלָה רַחֲמָנָא פְּטוּרָא דִּידֵיהּ בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה אֶלָּא בְּטֻומְאָה וְטַעֲמָא דְּטֻומְאָה מִשּׁוּם אֲכִילָה הִיא וְלָאו מִשּׁוּם עֲשִׂיָּה דְּהָא יָכוֹל לְשַׁלַּח קָרְבְּנוֹתָיו וְעוֹד מִדְּכָתַב טְמֵא נֶפֶשׁ וְלֹא כְּתַב בַּעַל קֶרִי אוֹ טְמֵא שֶׁרֶץ שָׁמְעִינַן מִינֵּיהּ לָא פָּטְרִי אֶלָּא בְּטֻומְאָה אֲרִיכְתָּא דְּלָא חֲזִי לְאֻורְתָּא:
Selon moi, il n'y a pas de difficulté. Bien que, par le chemin éloigné, j'exempte celui qui est apte le soir, et que je le rende passible dans le cas du tamei sheretz, voici la raison. Le chemin éloigné : le Miséricordieux y a suspendu l'exemption du pur. Et ce chemin éloigné, c'est celui qui ne peut pas entrer au temps de l'abattage, car c'est écrit au sujet de la fabrication (assia). Même s'il peut entrer au temps du repas, le Miséricordieux l'a exempté. Pour l'impur, le Miséricordieux a suspendu son exemption à l'impureté, et non au chemin éloigné. La raison de l'impureté tient au repas, et non à la fabrication, car il peut envoyer ses offrandes. De plus, puisqu'il est écrit " tamei nefech " (impur par un mort) et qu'il n'est pas écrit " baal keri " (émission séminale) ni " tamei sheretz ", nous apprenons de là : on n'exempte que pour une impureté longue, celle de qui n'est pas apte le soir.
🗂️ Tossefot (1)
דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לַטָּהוֹר כו' דְּתַלְייֵהּ בַּעֲשִׂיָּה דִּכְתִיב וּבְדֶרֶךְ לֹא הָיָה וְחָדַל לַעֲשׂוֹת כּוּ' וְאע"ג דִּבְהַהוּא קְרָא גּוּפֵיהּ כְּתִיב טֻומְאָה וְהָאִישׁ אֲשֶׁר הוּא טָהוֹר אָזְלִינַן בָּתַר אֲכִילָה מִדְּחַיָּיב טְמֵא שֶׁרֶץ דִּכְתִיב טְמֵא נֶפֶשׁ וְלָא כְּתִיב טְמֵא שֶׁרֶץ:
Le chemin éloigné pour le pur, etc. Car Il l'a suspendu à la fabrication, comme il est écrit : " et il n'était pas en chemin, et il s'est abstenu de faire ", etc. Et bien que, dans ce verset même, l'impureté soit écrite, ainsi que " l'homme qui est pur ", nous suivons le repas, du fait que le tamei sheretz est passible : il est écrit " tamei nefech ", et il n'est pas écrit " tamei sheretz ".
💡 Explication

Oula sépare les deux dispenses. Le chemin éloigné ne concerne que le pur. La Torah l'a accroché à la fabrication du korban, l'après-midi : " il n'était pas en chemin, et il s'est abstenu de faire ". Même s'il pourrait entrer pour manger, il est exempt.

L'impur n'a pas de chemin éloigné. Son exemption est la touma, et elle regarde le repas : pour l'acte d'offrir, il peut envoyer son korban par un autre. Le verset dit tamei nefech, impureté de sept jours, inapte le soir. Il ne dit pas baal keri ni tamei sheretz. Ceux-là restent tenus : d'où l'on égorge pour le tamei sheretz, quoiqu'il n'entre pas à l'abattage.

Oula annonce que l'avis de Rav Yehouda n'est pas non plus en difficulté. Il n'explique ici que le sien. La suite est au daf suivant.

🖼️ Schéma
Oula : le chemin éloigné concerne le purPurExemption : chemin éloignéSuspendue à la fabricationMesure : l'abattageMême s'il peut mangerle soir, il est exemptLe verset parle de fairele Pessa'hImpurExemption : la toumaElle tient au repasIl peut envoyer son korbanSeul tamei nefechimpureté longue, inapte le soirTamei sheretz : on égorgeet on asperge pour lui
Pour le pur, l'exemption est le chemin éloigné, mesuré sur l'abattage. Pour l'impur, l'exemption est la touma longue, celle qui le laisse inapte le soir. Le tamei sheretz reste dans l'égorgement.
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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).