Sougya : L'amud donne d'abord la réponse de Rav Yehouda : le tamei sheretz est renvoyé au second Pessa'h, car le verset " impur par un mort " vise aussi un septième jour qui tombe la veille de Pessa'h. Une baraïta fixe le chemin éloigné à Modiim : au-delà, même qui arriverait à cheval était en chemin et reste exempt ; en deçà, qui est retenu par les chariots de sa maison était hors du chemin et reste passible.
Rava pose ensuite la mesure du monde, six mille parsa, et l'épaisseur du firmament, mille parsa, à partir de la marche d'un homme moyen. Des baraïtot sur l'Égypte, l'étoile et le parcours du soleil réfutent cette mesure.
L'amud s'ouvre enfin sur la bat kol qui répond à ce méchant.
Selon Rav Yehouda, cela ne fait pas difficulté : le tamei sheretz, le Miséricordieux l'a renvoyé. Car il est écrit : " Un homme, un homme, s'il devient impur par un mort ".
Ne traite-t-on pas aussi du cas où son septième jour tombe la veille de Pessa'h ? Et même ainsi, le Miséricordieux a dit : qu'il soit renvoyé.
Suite du daf précédent. Pour Rav Yehouda, le verset tamei la-nefech (impur par un mort) est dit sans limite. Il vise aussi un homme dont le septième jour tombe la veille de Pessa'h : il peut immerger et être apte le soir, comme un tamei sheretz. Le Miséricordieux le renvoie pourtant au second Pessa'h. Le tamei sheretz est donc renvoyé lui aussi.
Rachi renvoie au folio 90b : des impurs d'un met mitsva (mort sans personne pour l'ensevelir). Tossefot borne la comparaison de Rabbi Akiva. Le pur qui peut entrer pour le repas reste dans l'égorgement : il ne lui manque que la bia (l'entrée) au temps de l'abattage. On ne le mesure pas comme l'impur. Le chemin éloigné qu'on aligne sur l'impur, c'est celui qui n'arrive pas même pour manger.
Les Sages ont enseigné : s'il se tenait hors de Modiim, et qu'il pouvait entrer sur des chevaux et des mulets, on pourrait penser qu'il est passible. Le verset enseigne : " et il n'était pas en chemin ".
Or celui-là était en chemin.
Modiim est la limite du chemin éloigné, vue au daf précédent : quinze mil de Jérusalem, la marche de midi au coucher. Hors de cette limite, même s'il pouvait forcer la course, à cheval ou sur des mulets, et toucher l'Azara pendant l'chehita (abattage), le verset le laisse en chemin. Il est exempt du karet.
Rachi : " passible " veut dire le karet, s'il n'arrive pas à l'abattage. Hors de Modiim, la distance elle-même est le chemin éloigné. Le Ben Yehoïada, sur ce " les Sages ont enseigné ", commente la baraïta du galgal fixe et des mazalot en mouvement : avis des sages d'Israël, objection de Rav Aha bar Yaakov, et lecture de l'Ari sur le firmament.
S'il se tenait en deçà de Modiim, et qu'il ne pouvait pas entrer à cause des chameaux et des chariots qui le retardaient, on pourrait penser qu'il ne serait pas passible. Le verset enseigne : " et il n'était pas en chemin ".
Or il n'était pas en chemin.
Le cas inverse. Il est plus près que Modiim. Les chameaux et les chariots le retardent, parce qu'il y a mis sa maison, dit Rachi. On aurait pu le tenir pour empêché. Le verset le laisse passible : il n'était pas en chemin éloigné.
Rachi : il y a là de quoi se dégager. Il part seul et il égorge. La distance décide, et le chargement de la famille ne fait pas un oness.
Rava a dit : le monde est de six mille parsa, et l'épaisseur du firmament de mille parsa. L'une est une tradition (guemara), et l'autre un raisonnement (sevara).
Rava donne deux mesures. Le monde : six mille parsa. Rachi : c'est le tour que fait le soleil d'est en ouest, dans le vide, et Rava le tient de son maître. L'épaisseur du firmament : mille parsa. Celle-là, il la tire par sevara (raisonnement), de la première.
La Guemara va dire comment. Une parsa vaut quatre mil.
Il l'a raisonné comme ceci, que Rabba bar bar Hana a dit au nom de Rabbi Yo'hanan : combien un homme moyen marche-t-il en un jour ? Dix parsaot.
De l'aube jusqu'au lever du soleil, cinq mil. Du coucher du soleil jusqu'à la sortie des étoiles, cinq mil.
Il se trouve que l'épaisseur du firmament est d'un sixième du jour.
Rabbi Yo'hanan : un homme moyen fait dix parsaot dans la journée, soit quarante mil, de l'aube à la sortie des étoiles. Cinq mil avant le lever, cinq mil après le coucher. Restent trente mil de soleil, du lever au coucher.
Pendant ces trente mil, le soleil achève les six mille parsa du monde. Cinq mil sont un sixième de trente. L'épaisseur du firmament, le temps où le soleil traverse le rakia à l'aube, vaut donc un sixième du parcours diurne : mille parsa. Rachi écarte une autre lecture, qui ferait des six mille une longueur ou une largeur : le soleil tourne, il ne traverse pas le monde en ligne.
On objecte. Rabbi Yehouda dit : l'épaisseur du firmament est d'un dixième du jour.
Sache-le : combien un homme moyen marche-t-il en un jour ? Dix parsaot.
Et de l'aube jusqu'au lever du soleil, quatre mil. Du coucher du soleil jusqu'à la sortie des étoiles, quatre mil.
Il se trouve que l'épaisseur du firmament est d'un dixième du jour. Réfutation de Rava.
Réfutation d'Oula. C'est une réfutation.
Rabbi Yehouda garde les dix parsaot, mais il ne met que quatre mil de l'aube au lever, et quatre mil du coucher aux étoiles. Quatre mil sur les quarante du jour entier : un dixième. Du lever au coucher, il reste trente-deux mil. Rava et Oula comptent trente mil. La baraïta les réfute. La Guemara tient la réfutation.
Tossefot rapproche Chabbat 34b. Là, le bein ha-chemachot de Rabbi Yehouda dure trois quarts de mil, tant que l'est rougit, à partir de la fin du coucher. Ici, les quatre mil partent plus tôt : le soleil entre dans l'épaisseur du firmament, et l'on compte jusqu'à la nuit.
Dirons-nous que ce soit une réfutation de Rabbi Yo'hanan ? Il te dit : c'est du jour que j'ai parlé.
Et ce sont les maîtres qui se sont trompés, car ils ont compté l'aube avancée et la nuit.
La réfutation atteint le partage en cinq mil, pas le total de Rabbi Yo'hanan. Lui n'a dit que la journée : dix parsaot, de l'aube aux étoiles. Il n'a pas fixé la part d'avant le lever.
Oula et Rava ont mis cinq mil entre l'aube et le lever. Rachi : ils ont compté des marcheurs qui partent avant l'aube, et qui rentrent après la nuit. Ce surplus n'est pas l'épaisseur du firmament.
Dirons-nous que ce soit une réfutation de Rabbi Hanina ? Non.
" Ils pressèrent " est un cas à part.
Rabbi Hanina lit cinq mil de l'aube au lever, sur la route de Sodome à Tsoar. Les versets encadrent la marche : l'aube monte, puis le soleil est sorti sur la terre. Rabbi Yehouda, lui, compte quatre mil. L'écart ferait une réfutation.
La Guemara écarte. Le verset dit vayaitzou : les anges ont pressé Lot. Ils ont couvert cinq mil dans le temps où un homme moyen en fait quatre. La hâte est à part. La marche ordinaire reste à quatre mil.
Viens et entends : l'Égypte était de quatre cents parsa sur quatre cents parsa. Et l'Égypte est un soixantième de Kouch, et Kouch un soixantième du monde, et le monde un soixantième du Jardin, et le Jardin un soixantième d'Éden, et Éden un soixantième de la Géhenne.
Il se trouve que le monde entier est comme un couvercle de marmite pour la Géhenne. Réfutation.
La baraïta aligne des grandeurs par soixantièmes. L'Égypte mesure quatre cents parsa sur quatre cents. Elle est un soixantième de Kouch, Kouch un soixantième du monde. Rachi en tire la réfutation : le monde dépasse les six mille parsa de Rava. La chaîne continue : monde, Jardin, Éden, Géhenne. Le monde entier est au regard de la Géhenne comme un couvercle de marmite : une part minime. La chaîne donne la réfutation, d'où le maintien par la Guemara.
Le Ben Yehoïada lit le Jardin inférieur comme un lieu réel sur cette terre, tenu par miracle, à la manière de l'Arche qui n'occupe pas la mesure du Saint des saints. La seconde glose explique les sept choses d'avant le monde, et d'abord la techouva, sur le modèle du tikoun des vases brisés.
Viens et entends, car un enseignant de la maison d'Élie a enseigné. Rabbi Natan dit : tout l'habitat siège sous une seule étoile.
Sache-le : un homme pose son œil sur une étoile. Il va vers l'est : elle se tient en face de lui.
Vers les quatre vents du monde : elle se tient en face de lui. Il en ressort que tout l'habitat siège sous une seule étoile.
Réfutation.
Rabbi Natan, dans un enseignement de la maison d'Élie : l'yichouv (l'habitat des hommes) tient tout entier sous une étoile. Preuve : on fixe une étoile, on va à l'est, elle reste en face. Aux quatre vents, elle reste en face. Si elle ne couvrait pas tout l'habitat, à l'autre bout on la verrait de biais, dit Rachi.
Rachi en tire la grandeur du monde. L'habitat dépasse mille parsa. Une étoile par habitat, dans les mers et les déserts : six étoiles feraient déjà six mille parsa, et les étoiles sont bien plus nombreuses. Tossefot signale la tension avec d'autres comptes : le monde en trois tiers, la marche de cinq cents ans jusqu'au firmament (Tamid 32a), et Kouch un soixantième du monde.
Viens et entends : la Chariot est au nord, et le Scorpion au sud. Et tout l'habitat ne siège qu'entre la Chariot et le Scorpion.
Et tout l'habitat n'est qu'une heure du jour, car le soleil n'entre dans l'habitat qu'une heure du jour.
Autre baraïta. Agala, la Chariot : Rachi y voit les étoiles en forme de chariot, et le mazal du Taureau. Akrav, le Scorpion, est au sud. De tout lieu habité, on voit l'une au nord et l'autre au sud. L'habitat est donc entre elles. Il ne remplit pas tout l'intervalle : d'autres étoiles y ont chacune la taille d'un habitat.
Le soleil ne passe au-dessus de cet habitat qu'une heure sur la journée. Rachi la place : moitié de la sixième heure, moitié de la septième. Le reste du parcours est hors de l'habitat. La suite donne la preuve.
Sache-le : à la cinquième heure, le soleil est à l'est, et à la septième, le soleil est à l'ouest. La moitié de la sixième et la moitié de la septième, le soleil se tient à la tête de tout homme.
Réfutation.
Les heures se comptent du lever au coucher. À la cinquième, le soleil est encore à l'est. À la septième, il est déjà à l'ouest. Seul le milieu, moitié de la sixième et moitié de la septième, le met au-dessus de la tête de chaque homme de l'habitat. Une heure sur douze.
Rachi : les déserts, les mers et les fleuves tiennent donc onze mesures d'habitat. L'habitat qu'on voit est déjà très grand. Le monde entier monte à bien plus que six mille parsa. Réfutation de Rava, et la Guemara la tient.
Viens et entends, car Rabban Yo'hanan ben Zakkaï a dit : quelle réponse la bat kol (voix céleste) lui a-t-elle rendue, à ce méchant, à l'heure où il a dit : " Je monterai sur les hauteurs du nuage, je serai semblable au Très-Haut " ? Une bat kol est sortie et lui a dit : méchant, fils de méchant,
Nouvelle objection, ouverte ici et poursuivie au daf suivant. Rabban Yo'hanan ben Zakkaï rapporte la bat kol qui répond à ce méchant. Rachi : Nabuchodonosor. Il a dit, en Isaïe 14, 14 : il montera sur les hauteurs du nuage, il sera semblable au Très-Haut. La voix lui dit : méchant, fils de méchant. La phrase s'arrête ici.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).