Pesachim 94b - Firmaments, course du soleil, chemin éloigné

Pesachim 94b

Sougya : La bat kol ouverte en 94a poursuit : le méchant, de la lignée de Nemrod, a les années d'un homme, soixante-dix ou quatre-vingts, alors que la terre, le firmament et l'intervalle des firmaments se mesurent chacun par une marche de cinq cents ans. C'est une tiouvta de Rava.

Les Sages d'Israël et les sages des nations discutent ensuite si le galgal est fixe et les mazalot mobiles, et si le soleil passe la nuit au-dessus du firmament ou sous le sol. Rabbi penche pour les nations à cause des sources, froides le jour et chaudes la nuit.

Rabbi Natan distingue l'été et l'hiver, et une baraita donne au soleil quatre sentiers selon les mois. La sougya revient au chemin éloigné : Abaye le réserve au pur, Rava y voit une discussion de tannaïm sur l'akhila ou l'assia, et Rabbi Yossi HaGelili apprend du verset que le seuil de l'azara est déjà un chemin.

Vie d'homme et marche jusqu'au firmamentLa bat kol mesure les deux, puis cite Isaïe 14, 15Entre chaque firmamentmarche de cinq cents ansÉpaisseur du firmamentmarche de cinq cents ansDe la terre au firmamentmarche de cinq cents ansTerreAnnées de l'hommeSoixante-dix ansQuatre-vingts dans la forcePsaume 90, 10Verset et issueTu descendras au Chéolaux profondeurs de la fosseTiouvta de Ravamille parsot sont dépassées
Soixante-dix ans, ou quatre-vingts dans la force. Chaque trajet, de la terre au firmament, dans l'épaisseur, et d'un firmament à l'autre, est une marche de cinq cents ans. Le verset fait descendre au Chéol. Rachi y lit la tiouvta de Rava.
Deux disputes sur le cielGalgal et mazalotSages d'IsraëlGalgal fixeMazalot : court trajet, puis retourNations du mondeGalgal qui tourneMazalot fixes dans la sphèreRabbiAgala jamais au sudAkrav jamais au nordRav Aha bar YaakovPivot de meule : l'axe resteGond de porte : deux sphèresL'externe porte le soleilL'interne garde les mazalotOu l'inverseCourse du soleilLes deux avis, le jourSous le firmament, visibleSages d'Israël, la nuitAu-dessus du firmamentNations, la nuitSous le solRabbiSources froides le jourSources chaudes la nuitLes nations paraissent justesRabbi NatanÉté : haut du firmamentMonde brûlant, sources froidesHiver : bas du firmamentMonde froid, sources chaudes
Galgal fixe et mazalot mobiles, ou l'inverse. Rabbi s'appuie sur Agala au nord et Akrav au sud. Rav Aha propose le pivot et le gond. La nuit, le soleil passe au-dessus du firmament ou sous le sol. Rabbi Natan place l'été en haut et l'hiver au bord.
Mesure du chemin éloignéTrois lectures au nom de Rabbi EliezerSeuil de l'azaraR. Yossi b. R. Yehoudaau nom de R. EliezerHors de l'assialieu où l'on fait le Pessa'hDehors : chemin éloignéOn compte ceux de l'azaraR. Yossi HaGeliliDès le seuil, c'est un cheminMur de JérusalemRabbi Eliezerhekesh du maasserHors de l'akhilalieu où l'on mangePorte de Jérusalemet en deçà : tenuDans la villeLeve-toi, entreModiimTanna de l'arelpassible de karetExemption étroiteseulement hors de ModiimLà, on ne peut paslui dire d'entrerL'arel qui peut se circoncirereste puni de karetAbaye : le chemin éloigné exempte le purL'impur et l'arel n'ont pas cette exemption. L'arel peut se rectifier : il est tenu.
Seuil de l'azara : hors de l'assia. Muraille de Jérusalem : hors de l'akhila, comme le maasser. Modiim : lecture du tanna de l'arel. Abaye : le chemin éloigné exempte le pur.
1
בֶּן בְּנוֹ שֶׁל נִמְרֹוד הָרָשָׁע, שֶׁהִמְרִיד אֶת כָּל הָעוֹלָם כֻּולּוֹ עָלַי בְּמַלְכוּתוֹ. כַּמָּה שְׁנוֹתָיו שֶׁל אָדָם? שִׁבְעִים שָׁנָה, וְאִם בִּגְבוּרוֹת — שְׁמוֹנִים שָׁנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְמֵי שְׁנוֹתֵינוּ בָהֶם שִׁבְעִים שָׁנָה וְאִם בִּגְבוּרֹות שְׁמוֹנִים שָׁנָה״,

petit-fils de Nemrod le méchant, qui, durant son règne, fit se révolter contre Moi le monde entier. Combien d'années a l'homme ?

Soixante-dix ans, et s'il est dans la force, quatre-vingts ans, ainsi qu'il est dit : " Les jours de nos années sont en eux soixante-dix ans, et s'ils sont dans la force, quatre-vingts ans ",

📜 Rachi (2)
בֶּן בְּנוֹ שֶׁל נִמְרֹוד לָאו דַּוְקָא בֶּן בְּנוֹ אֶלָּא כְּלוֹמַר מִזֶּרַע נִמְרוֹד:
" Petit-fils " au sens large : de la descendance de Nemrod.
שֶׁהִמְרִיד הִשִּׂיא עֵצָה לְאַנְשֵׁי דּוֹר הַפְּלַגָּה לִבְנוֹת מִגְדָּל לְהִלָּחֵם בַּצָּבָא הַשָּׁמַיִם שֶׁהוּא הָיָה מֶלֶךְ בְּבָבֶל כְּדִכְתִיב (בְּרֵאשִׁית י׳:י׳) וַתְּהִי רֵאשִׁית מַמְלַכְתּוֹ בָּבֶל:
Qui fit se révolter : il donna le conseil aux hommes de la génération de la Dispersion de bâtir une tour pour combattre l'armée du ciel. C'est lui qui fut roi à Babylone, comme il est écrit (Genèse 10, 10) : " Et le commencement de son royaume fut Babel. "
💡 Explication

Suite de la bat kol de 94a. Elle répond à celui qui disait : je monterai au-dessus des hauteurs des nuées. Elle le rattache à Nemrod, roi de Babel, conseiller de la tour.

La mesure d'une vie vient du Psaume 90, 10 : soixante-dix ans, quatre-vingts dans la force (bigvurot). La phrase continue au segment suivant : cette durée ne rejoint pas le firmament.

2
מִן הָאָרֶץ עַד לָרָקִיעַ מַהֲלַךְ חֲמֵשׁ מֵאוֹת שָׁנָה, וְעָובְיוֹ שֶׁל רָקִיעַ מַהֲלַךְ חֲמֵשׁ מֵאוֹת שָׁנָה, וּבֵין (כָּל) רָקִיעַ לְרָקִיעַ מַהֲלַךְ חֲמֵשׁ מֵאוֹת שָׁנָה, וְכֵן בֵּין כָּל רָקִיעַ וְרָקִיעַ, ״אַךְ אֶל שְׁאוֹל תּוּרָד אֶל יַרְכְּתֵי בוֹר״. תְּיוּבְתָּא.

de la terre jusqu'au firmament, une marche de cinq cents ans ; l'épaisseur du firmament, une marche de cinq cents ans ; entre un firmament et un firmament, une marche de cinq cents ans ; et de même entre chaque firmament et chaque firmament. " Mais vers le Chéol tu descendras, vers les profondeurs de la fosse.

" Réfutation.

📜 Rachi (1)
וְכֵן בֵּין רָקִיעַ לָרָקִיעַ לְאָורְכוֹ שֶׁל עוֹלָם כְּמִדַּת גָּובְהוֹ כְּדִכְתִיב אֲשֶׁר בָּרָא אֱ-לֹהִים אָדָם עַל הָאָרֶץ וּלְמִקְצֵה הַשָּׁמַיִם וְגוֹ' בְּמַסֶּכֶת חֲגִיגָה (דַּף יב.) דָּרֵישׁ לֵיהּ הָכִי אַלְמָא עוֹלָם מַהֲלַךְ חֲמֵשׁ מֵאוֹת שָׁנָה צֵא וַחֲשֹׁוב עֶשֶׂר פַּרְסָאוֹת לַיּוֹם נִמְצָא עוֹלֶה לְכַמָּה אֲלָפִים וּתְיוּבְתָּא דְּרָבָא:
Et de même entre un firmament et un firmament : sur la longueur du monde, à la mesure de sa hauteur, comme il est écrit : " qu'Il a créé l'homme sur la terre, et jusqu'à l'extrémité des cieux ", etc. Dans le traité Hagiga (12a), on l'explique ainsi. Il en ressort que le monde est une marche de cinq cents ans. Va et calcule : dix parsot par jour. On arrive à plusieurs milliers. Et c'est une réfutation de Rava.
💡 Explication

Chaque intervalle compte. De la terre au rakia (firmament), l'épaisseur du rakia, puis l'espace jusqu'au rakia suivant : à chaque fois une marche de cinq cents ans. Le " kol " entre parenthèses dans le texte donne la leçon " chaque firmament ".

Rachi aligne la longueur du monde sur cette hauteur, d'après le verset lu dans Hagiga 12a. Une journée de marche fait dix parsot. Cinq cents ans dépassent donc les mille parsot que Rava donnait, en 94a, à l'épaisseur du firmament. D'où le mot tiouvta.

Le verset, Isaïe 14, 15, ferme la bat kol : la descente va au Chéol, aux profondeurs de la fosse.

🖼️ Schéma
Vie d'homme et marche jusqu'au firmamentLa bat kol mesure les deux, puis cite Isaïe 14, 15Entre chaque firmamentmarche de cinq cents ansÉpaisseur du firmamentmarche de cinq cents ansDe la terre au firmamentmarche de cinq cents ansTerreAnnées de l'hommeSoixante-dix ansQuatre-vingts dans la forcePsaume 90, 10Verset et issueTu descendras au Chéolaux profondeurs de la fosseTiouvta de Ravamille parsot sont dépassées
Trois marches de cinq cents ans s'empilent au-dessus de la terre. En face, soixante-dix ou quatre-vingts ans. Le verset conclut par le Chéol, et Rachi nomme la tiouvta de Rava.
3
תָּנוּ רַבָּנַן, חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל אוֹמְרִים: גַּלְגַּל קָבוּעַ, וּמַזָּלוֹת חוֹזְרִין. וְחַכְמֵי אֻומּוֹת הָעוֹלָם אוֹמְרִים: גַּלְגַּל חוֹזֵר, וּמַזָּלוֹת קִבּוּעִין. אָמַר רַבִּי: תְּשׁוּבָה לְדִבְרֵיהֶם — מֵעוֹלָם לֹא מָצִינוּ עֲגָלָה בַּדָּרוֹם וְעַקְרָב בַּצָּפוֹן.

Les Sages ont enseigné. Les Sages d'Israël disent : le galgal (sphère céleste) est fixe, et les mazalot (constellations) tournent.

Les sages des nations du monde disent : le galgal tourne, et les mazalot sont fixes. Rabbi a dit : une réponse à leurs paroles.

Jamais nous n'avons trouvé le Chariot (Agala) au sud ni le Scorpion (Akrav) au nord.

📜 Rachi (2)
גַּלְגַּל כְּמִין אֹופֶן בָּרָקִיעַ שֶׁהַמַּזָּלוֹת נְתוּנִים בּוֹ גַּלְגַּל קָבוּעַ וְאֵינוֹ מְגַלְגֵּל אֶלָּא כְּעֵין אוֹפַן עֲגָלָה הַמֻּונָּח בַּקַּרְקַע אֲבָל הַמַּזָּלוֹת מְהַלְּכִים סְבִיב הִילּוּךְ מוּעָט וְאֵין מַקִּיפִין אֶת הַגַּלְגַּל אֶלָּא כָּל מַזָּל מְשַׁמֵּשׁ אֶת הַחַמָּה נד מִמְּקוֹמוֹ וּמוֹלִיכוֹ עַד חֲבֵירוֹ וְחוֹזֵר לִמְקוֹמוֹ לְפִיכָךְ אֵין עֲגָלָה נִרְאֵית בַּדָּרוֹם וְלֹא עַקְרָב בַּצָּפוֹן שֶׁהֲרֵי אֵין מַקִּיפִין אֶלָּא מְהַלְּכִין הִילּוּךְ מוּעָט וְחוֹזְרִין:
Le galgal : une sorte de roue dans le firmament, où les mazalot sont placées. Le galgal est fixe et ne roule pas, à la manière d'une roue de chariot posée à terre. Les mazalot, elles, cheminent alentour d'un court trajet, et elles ne font pas le tour du galgal. Chaque mazal sert le soleil : il quitte sa place, le conduit jusqu'à son voisin, et revient à sa place. C'est pourquoi le Chariot n'apparaît pas au sud, ni le Scorpion au nord. Ils ne font pas le tour : ils ne font qu'un court trajet, et ils reviennent.
לֹא מָצִינוּ עֲגָלָה בַּדָּרוֹם וְעַקְרָב בַּצָּפוֹן וְאִי ס"ד גַּלְגַּל חוֹזֵר וּמַזָּלוֹת קְבוּעִין נִמְצָא גַּלְגַּל מוֹלִיךְ וּמְגַלְגֵּל הַמַּזָּלוֹת לְכָל ד' הָרוּחוֹת כְּשֵׁם שֶׁהוּא מְגַלְגֵּל וְהַיְינוּ כְּמִין אֹופֶן וְנָתוּן בָּרָקִיעַ חֶצְיוֹ לְמַטָּה מִן הָרָקִיעַ וְחֶצְיוֹ לְמַעְלָה מִן הָרָקִיעַ וּכְשֶׁעוֹלֶה צִדּוֹ זֶה שׁוֹקֵעַ צִדּוֹ אַחֵר לְפִי דִּבְרֵי חַכְמֵי אוּמוֹת הָעוֹלָם שֶׁאוֹמְרִים גַּלְגַּל חוֹזֵר וּלְפִי דִּבְרֵי חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁאוֹמְרִים גַּלְגַּל קָבוּעַ אֵין לְפָרֵשׁ שׁוֹקֵעַ וְעוֹלֶה אֶלָּא בַּמַּזָּלוֹת:
Nous n'avons pas trouvé le Chariot au sud ni le Scorpion au nord. Si l'on supposait que le galgal tourne et que les mazalot sont fixes, le galgal entraînerait et ferait rouler les mazalot vers les quatre vents, de la même façon qu'il roule. C'est comme une roue placée dans le firmament, moitié au-dessous du firmament et moitié au-dessus. Quand ce côté monte, l'autre côté s'enfonce. Ainsi parlent les sages des nations, qui disent que le galgal tourne. Selon les Sages d'Israël, qui disent que le galgal est fixe, la montée et la descente ne s'expliquent que par les mazalot.
🗂️ Tossefot (1)
מֵעוֹלָם לֹא מָצִינוּ עֲגָלָה בַּדָּרוֹם וְעַקְרָב בַּצָּפוֹן צ"ל דְּעֶגְלָה לָאו הַייְנוּ מַזַּל שׁוֹר כִּדְפֵי' בְּקַו' וְעַקְרָב נָמֵי אֵינוֹ עַקְרָב די"ב מַזָּלוֹת דבפ"ק דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה (דַּף יא:) קָאָמַר די"ב מַזָּלוֹת לְעוֹלָם שִׁשָּׁה לְמַטָּה מִן הָאָרֶץ וְשִׁשָּׁה לְמַעְלָה וּכְשֶׁהָא' עוֹלֶה שֶׁכְּנֶגְדּוֹ שׁוֹקֵעַ וְהָכָא אָמַר שֶׁאֵינָן זָזִים מִמְּקוֹמָן וּשְׁנֵיהֶם לְעוֹלָם לְמַעְלָה אֶלָּא אֲחֵרִים הֵם:
Jamais nous n'avons trouvé le Chariot au sud ni le Scorpion au nord. Il faut dire que le Chariot n'est pas le mazal du Taureau, comme l'explique le commentaire, et que le Scorpion n'est pas non plus le Scorpion des douze mazalot. Au premier chapitre de Roch Hachana (11b), on dit que, des douze mazalot, six sont toujours au-dessous de la terre et six au-dessus, et que, lorsque l'un monte, celui d'en face s'enfonce. Ici, on dit qu'ils ne bougent pas de leur place, et que les deux sont toujours au-dessus. Ce sont donc d'autres astres.
💡 Explication

Galgal : la roue, la sphère. Mazalot : les constellations qui y sont liées. Israël : la roue reste, les astres se déplacent peu et reviennent, chacun menant le soleil jusqu'au voisin. Les nations : la roue entière tourne, les astres y sont fixés.

La réponse de Rabbi vise l'avis des nations. Agala, le Chariot, reste au nord. Akrav, le Scorpion, reste au sud. Une roue qui ferait le tour les montrerait aux quatre vents.

Tossefot écarte le zodiaque. À Roch Hachana 11b, six des douze mazalot sont sous la terre et six au-dessus : l'un monte, son vis-à-vis descend. Agala et Akrav de notre passage restent en haut. Rachi les traite donc comme d'autres astres, et Tossefot le suit.

4
מַתְקִיף לַהּ רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: וְדִילְמָא כְּבוּצִינָא דְּרִיחְיָא. אִי נָמֵי כְּצִינּוֹרָא דְּדַשָּׁא.

Rav Aha bar Yaakov lui objecte : et peut-être comme le boutsina de-reihaya (pivot de la meule) ? Ou encore comme le tsinora de-dasha (gond de la porte).

📜 Rachi (2)
דִּילְמָא כִּי בּוּצִינָא דְּרִיחְיָא כְּבַרְזֶל הַתָּחוּב בְּנֶקֶב רָחָב שֶׁבָּרֵחַיִם שֶׁהַשּׁוֹכֵב עוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ וְהַבַּרְזֶל חוֹזֵר וְאִם בָּאתָ לְגַלְגֵּל הַשּׁוֹכֵב מִתְגַּלְגֵּל סְבִיב הַבַּרְזֶל וְהַבַּרְזֶל עוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ:
Peut-être comme le pivot de la meule : comme le fer enfoncé dans le large trou des meules. La meule couchée reste à sa place, et le fer tourne. Si l'on vient à faire tourner la meule couchée, elle tourne autour du fer, et le fer reste à sa place.
אִי נָמֵי כִּי צִינּוֹרָא דְּדַשָּׁא שֶׁהַדֶּלֶת סוֹבֶבֶת בְּחוֹר הַמִּפְתָּן הָעֶלְיוֹן וְהַמִּפְתָּן בִּמְקוֹמוֹ עוֹמֵד וְאִם בָּאתָ לַגַּלְגַּל הַמַּשְׁקוֹף הוּא מִתְגַּלְגֵּל סְבִיב הַצִּיר וְהַדֶּלֶת עוֹמֵד בִּמְקוֹמוֹ וְכָךְ הַגַּלְגַּל מִתְגַּלְגֵּל בִּפְנֵי עַצְמוֹ וּמוֹלִיךְ הַחַמָּה וְהַמַּזָּלוֹת קְבוּעִים בְּגַלְגַּל אַחֵר בְּתוֹכוֹ וְאוֹתוֹ הַגַּלְגַּל אֵינוֹ זָז מִמְּקוֹמוֹ אֶלָּא גַּלְגַּל חִיצוֹן מוֹלִיךְ חַמָּה עַל פְּנֵי כָּל הַמַּזָּלוֹת אִי נָמֵי גַּלְגַּל חַמָּה מִבִּפְנִים וְגַלְגַּל הַמַּזָּלוֹת מִבַּחוּץ:
Ou encore comme le gond de la porte : la porte tourne dans le trou du seuil d'en haut, et le seuil reste à sa place. Si l'on vient à faire tourner le linteau, il tourne autour du gond, et la porte reste à sa place. Ainsi le galgal tourne de son côté et conduit le soleil, tandis que les mazalot sont fixes dans un autre galgal, à l'intérieur. Ce galgal-là ne bouge pas de sa place. Seul le galgal extérieur conduit le soleil sur la face de tous les mazalot. Autre lecture : le galgal du soleil est à l'intérieur, et le galgal des mazalot est à l'extérieur.
💡 Explication

L'objection porte sur la preuve de Rabbi. Boutsina de-reihaya : le fer central de la meule. La pierre tourne, l'axe reste. Des mazalot fixes au centre laisseraient Agala au nord même si le galgal tourne.

Tsinora de-dasha : le gond. Rachi ouvre deux galgalim. L'un porte le soleil et tourne. L'autre tient les mazalot et ne bouge pas. L'ordre peut s'inverser : soleil dedans, mazalot dehors.

🖼️ Schéma
Rav Aha : les mazalot peuvent rester fixesBoutsina de-reihayaPivot de la meuleLe fer reste au centreLa meule tourne autourAinsi le galgal tourneraitsans emporter Agala au sudLa preuve de Rabbi reste ouverteTsinora de-dashaGond de la porteSphère externe : le soleilSphère interne : mazalot fixesAutre lectureSoleil dedans, mazalot dehorsDeux galgalim, un seul qui bouge
Meule : la pierre tourne, le fer reste. Porte : une sphère mène le soleil, l'autre garde les mazalot. Dans les deux cas, Agala peut rester au nord.
5
חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל אוֹמְרִים: בַּיּוֹם חַמָּה מְהַלֶּכֶת לְמַטָּה מִן הָרָקִיעַ, וּבַלַּיְלָה לְמַעְלָה מִן הָרָקִיעַ. וְחַכְמֵי אֻומּוֹת הָעוֹלָם אוֹמְרִים: בַּיּוֹם חַמָּה מְהַלֶּכֶת לְמַטָּה מִן הָרָקִיעַ, וּבַלַּיְלָה לְמַטָּה מִן הַקַּרְקַע. אָמַר רַבִּי: וְנִרְאִין דִּבְרֵיהֶן מִדְּבָרֵינוּ, שֶׁבַּיּוֹם מַעְיָנוֹת צוֹנְנִין, וּבַלַּיְלָה רוֹתְחִין.

Les Sages d'Israël disent : le jour, le soleil chemine au-dessous du firmament, et la nuit, au-dessus du firmament. Les sages des nations du monde disent : le jour, le soleil chemine au-dessous du firmament, et la nuit, au-dessous du sol.

Rabbi a dit : et leurs paroles paraissent plus justes que les nôtres, car le jour les sources sont froides, et la nuit elles sont chaudes.

📜 Rachi (4)
לְמַטָּה מִן הָרָקִיעַ זוֹרַחַת עַל הָאָרֶץ כַּאֲשֶׁר אָנוּ רוֹאִין וּבַלַּיְלָה לְמַעְלָה מִן הָרָקִיעַ זוֹרַחַת וְאֵינָהּ נִרְאֵית לְמַטָּה:
Au-dessous du firmament : il luit sur la terre, comme nous le voyons. La nuit, au-dessus du firmament, il luit, et on ne le voit pas en bas.
ה"ג וְחַכְמֵי או"ה אוֹמְרִים בַּיּוֹם לְמַטָּה מִן הָרָקִיעַ וּבַלַּיְלָה לְמַטָּה מִן הַקַּרְקַע:
Telle est la leçon : et les sages des nations du monde disent : le jour, au-dessous du firmament, et la nuit, au-dessous du sol.
מַעְיָנוֹת צוֹנְנִין אֵין לְךָ מַיִם נוֹבְעִין שֶׁאֵינוֹ צוֹנֵן בַּיּוֹם יוֹתֵר מִבְּלִילָה ואע"פ שֶׁמֵּי נְהָרוֹת חַמִּין הֵן בַּיּוֹם בְּחֹום הַקַּיִץ הוּא זֶה מִפְּנֵי שֶׁרָחֲקוּ מִמָּקוֹם נְבִיעָתָן וְנִתְחַמְּמוּ בְּחֹום הָעוֹלָם אֲבָל תֵּכֶף נְבִיעָתָן הֵן צוֹנֵן בַּיּוֹם לְפִי שֶׁהַחַמָּה גְּבוֹהָה מֵהֶן:
Les sources sont froides : toute eau qui jaillit est plus froide le jour que la nuit. Même si l'eau des fleuves est chaude le jour, c'est la chaleur de l'été : elles se sont éloignées de leur point de jaillissement et se sont échauffées à la chaleur du monde. Dès leur jaillissement, elles sont froides le jour, parce que le soleil est haut au-dessus d'elles.
וּבַלַּיְלָה מַעְיָנוֹת רוֹתְחִין שֶׁהַחַמָּה מְחַמַּמְתָּן תַּחַת הַקַּרְקַע תֵּדַע שֶׁבַּעֲלוֹת הַשַּׁחַר אַתָּה רוֹאֶה עָשָׁן עַל הַנְּהָרוֹת:
Et la nuit, les sources sont chaudes : le soleil les chauffe sous le sol. Sache-le : à l'aube, tu vois une vapeur sur les fleuves.
🪔 Ben Yehoyada (1)
וְנִרְאִין דִּבְרֵיהֶן מִדְּבָרֵינוּ. פֵּירוּשׁ כְּפִי הַשְׁעָרַת הַשֵּׂכֶל נִרְאִין דִּבְרֵיהֶם בָּעוֹלָם יוֹתֵר מִדְּבָרֵינוּ אֲבָל וַדַּאי כְּפִי הָאֱמֶת דִּבְרֵי חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל הֵם בֶּאֱמֶת וְצֶדֶק. וְלָכֵן גַּם עַתָּה שֶׁאוֹמֵר נִרְאִין דִּבְרֵיהֶם קָרֵי לְדִבְרֵי חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל דְּבָרֵינוּ כִּי רַק מִצַּד חֶסְרוֹן יְדִיעָה שֶׁיֵּשׁ לִבְנֵי אָדָם בְּעִנְיָינִים אֵלּוּ אָז נִרְאִין דִּבְרֵי חַכְמֵי אוּמוֹת הָעוֹלָם יוֹתֵר וְלָכֵן לֹא אָמַר תְּשׁוּבָה לְחַכְמֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁבַּיּוֹם, מַעְיָנוֹת צוֹנְנִין וְכוּ' כִּי אֵין זוֹ תְּשׁוּבָה וְטַעֲנָה לְפִי הָאֱמֶת לִסְתּוֹר דִּבְרֵיהֶם. וְעַיֵּין לְהָרַב סֵפֶר הַבְּרִית בְּמַאֲמָר ד' פֶּרֶק יוּ"ד מַה שֶּׁכָּתַב בָּזֶה יְעַיֵּין שָׁם, וְאֹופֶן הַיִּשּׁוּב אֲשֶׁר עָשָׂה יֵשׁ לַעֲמֹוד עָלָיו וְאֵין כָּאן מָקוֹם לְהַאֲרִיךְ בּוֹ. וַאֲנִי אוֹמֵר דְּמַה שֶׁאָמְרוּ חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל חַמָּה בַּיּוֹם מְהַלֶּכֶת לְמַטָּה מִן הָרָקִיעַ וּבַלַּיְלָה, לְמַעְלָה מִן הָרָקִיעַ לָא קָאֵי עַל גּוּף הַחַמָּה אֶלָּא קָאֵי עַל כֹּחַ הַנְּשָׁמָה שֶׁלָּהּ אֲשֶׁר תֹּוקֶף הַחֹום שֶׁלָּהּ הוּא בָּא מִן כֹּחַ הַנְּשָׁמָה שֶׁבָּהּ וְזֶה יִסְתַּלֵּק מִמֶּנָּה בַּלַּיְלָה לִהְיוֹת מְהַלֵּךְ לְמַעְלָה מִן הָרָקִיעַ שֶׁלָּהּ שֶׁעַל יְדֵי כָּךְ יִתְרַחֵק מִגּוּפָהּ הַרְבֵּה מְאֹד וּמִמֵּילָא יֵחָלֵשׁ כֹּחַ הַחֹום הַבָּא מִמֶּנָּה וְהוּא בְּדֻוגְמַת הָאָדָם שֶׁהוּא יָשֵׁן שֶׁיִּסְתַּלֵּק מִמֶּנּוּ כֹּחַ הַנְפָשַׁיי שֶׁבּוֹ וְיִשָּׁאֵר בְּגוּפוֹ כֹּחַ נְפָשַׁיי קְצָת לְצֹורֶךְ חַיּוּתוֹ. וְחַכְמֵי אֻמּוֹת הָעוֹלָם אוֹמְרִים בַּלַּיְלָה כֹּחַ הַנְפָשַׁיי שֶׁל הַחַמָּה מִתְהַלֵּךְ תַּחַת הַקַּרְקַע פֵּירוּשׁ תַּחַת קַרְקַע אֶרֶץ הָעֶלְיוֹנָה הַנִּקְרֵאת תֵּבֵל שֶׁאֲנַחְנוּ דָּרִים בָּהּ. וְכַאֲשֶׁר תַּשְׂכִּיל לְהָבִין אֵיךְ הוּא מַצַּב שִׁבְעָה אֲרָצוֹת וְאֵיךְ הֵם עוֹמְדִין בְּכַדּוּר הָאָרֶץ תָּבִין דְּבָרַי אֵלֶּה בְּטוּב טַעַם. וּבְמָקוֹם אַחֵר כָּתַבְתִּי בָּזֶה וְאֵין כָּאן מָקוֹם לְהַאֲרִיךְ בּוֹ. וְאֵיךְ שֶׁיִּהְיֶה יָדוּעַ תֵּדַע בֶּאֱמֶת וּבֶאֱמוּנָה כִּי דִּבְרֵי חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל בְּכָל מָקוֹם הֵמָּה חַיִּים וְקַיָּימִים שֶׁהֵם אֱמֶת וְדִבְרֵיהֶם אֱמֶת, וּמִלְּבַד הַסּוֹד אֲשֶׁר כִּוְּונוּ לִרְמֹוז אוֹתוֹ בְּתוֹךְ דִּבְרֵיהֶם הִנֵּה לִפְעָמִים תִּמְצָא שֶׁגַּם בְּדֶרֶךְ הַפְּשָׁטִי יֵשׁ לָהֶם כַּוָּונָה עֲמֻוקָּה וּמֵחֲמַת שֶׁאֲנַחְנוּ חֲסֵרִים כַּמָּה הַקְדָּמוֹת גַּם בְּדֶרֶךְ הַפְּשָׁט לְכָךְ אֵין אֲנַחְנוּ מְבִינִים כַּוָּנָתָם עַל הָאֱמֶת אֲפִילּוּ כְּפִי הַפְּשָׁט שֶׁל הַדְּבָרִים וַאֲנַחְנוּ מְצַפִּים לְבִיאַת מוֹרֵה צֶדֶק שֶׁאָז הַשֵּׁם יִתְבָּרַךְ יָאִיר עֵינֵינוּ וְנִרְאֶה נִפְלָאוֹת מִתּוֹרָתוֹ וְנָבִין דִּבְרֵי חֲכָמִים וְחִידֹותָם וְנַשִּׂיג הָאֱמֶת לַאֲמִיתּוֹ.
Leurs paroles paraissent plus justes que les nôtres. Explication : selon l'estimation de la raison, leurs paroles paraissent, dans le monde, plus justes que les nôtres. Selon la vérité, les paroles des Sages d'Israël sont vérité et droiture. C'est pourquoi, même maintenant qu'il dit que leurs paroles paraissent justes, il appelle " les nôtres " les paroles des Sages d'Israël. C'est seulement par le manque de connaissance que les hommes ont en ces matières que les paroles des sages des nations du monde paraissent plus justes. C'est pourquoi il n'a pas dit : " Réfutation des Sages d'Israël : le jour, les sources sont froides ", etc. Cette donnée ne forme pas, selon la vérité, une réfutation ni un argument propre à renverser leurs paroles. Vois ce qu'a écrit le rav, auteur du Sefer HaBrit, au discours 4, chapitre 10. On y regardera. La manière dont il a résolu la difficulté mérite qu'on s'y arrête, et il n'y a pas ici de place pour la développer. Et je dis : ce qu'ont dit les Sages d'Israël, le soleil chemine le jour au-dessous du firmament et la nuit au-dessus du firmament, a pour sujet la force de la nechama (âme) qui est en lui. Le propos laisse le corps du soleil. L'intensité de sa chaleur vient de la force de la nechama qui est en lui. La nuit, cette force se retire de lui pour cheminer au-dessus de son firmament. Par là, elle s'éloigne beaucoup de son corps, et la force de chaleur qui vient d'elle s'affaiblit d'elle-même. Cela ressemble à l'homme qui dort : la force de la nefech (âme vitale) se retire de lui, et il reste dans son corps un peu de force de nefech, le nécessaire à sa vie. Les sages des nations du monde disent : la nuit, la force de la nefech du soleil chemine sous le sol. Explication : sous le sol de la terre supérieure appelée Tével, celle où nous habitons. Quand tu auras compris comment sont disposées les sept terres et comment elles se tiennent dans le globe de la terre, tu comprendras ces paroles avec justesse. Je l'ai écrit ailleurs, et il n'y a pas ici de place pour le développer. Quoi qu'il en soit, sache en vérité et en foi que les paroles des Sages d'Israël, en tout lieu, sont vivantes et subsistantes. Elles sont vérité, et leurs paroles sont vérité. Outre le sod (sens secret) qu'ils ont eu l'intention d'indiquer au sein de leurs paroles, tu trouves parfois que, même sur la voie du pchat (sens simple), ils ont une intention profonde. Parce qu'il nous manque plusieurs prémisses, même sur la voie du pchat, nous ne saisissons pas leur intention selon la vérité, même selon le pchat des paroles. Nous attendons la venue du moreh tzedek (maître de justice). Alors Hachem, béni soit-Il, éclairera nos yeux. Nous verrons des merveilles de Sa Torah, nous comprendrons les paroles des Sages et leurs énigmes, et nous atteindrons la vérité selon sa vérité.
💡 Explication

Second débat, même partage. Le jour, les deux avis mettent le soleil sous le rakia : on le voit. La nuit, Israël le fait passer au-dessus du rakia. Les nations le font passer sous le sol.

Rabbi dit que les nations paraissent plus justes, à cause des sources : froides le jour, chaudes la nuit. Rachi précise : à la source même, le jour, l'eau est froide, le soleil étant haut. La chaleur d'un fleuve en été vient du trajet. La nuit, le soleil sous le sol chauffe le jaillissement. Le signe : la vapeur sur les fleuves à l'aube.

Ben Yehoyada garde l'avis d'Israël comme vérité. Le parcours de nuit porte, selon lui, sur la nechama du soleil, qui s'éloigne et affaiblit la chaleur, à la manière du dormeur dont la nefech se retire. Les nations parlent de cette force sous le sol de Tével.

🖼️ Schéma
Où passe le soleil la nuitSages d'IsraëlJour : sous le firmamentOn le voit sur la terreNuit : au-dessus du firmamentIl brille et reste cachéLes sourcesRachi : froides à la source, le jour,parce que le soleil est hautSages des nationsJour : sous le firmamentMeme parcours visibleNuit : sous le solIl chauffe les sourcesSigne retenu par RabbiChaudes la nuit, froides le jourVapeur sur les fleuves à l'aube
Le jour, le soleil est sous le firmament. La nuit, Israël le place au-dessus du firmament, les nations sous le sol. Les sources, froides le jour et chaudes la nuit, sont le signe que retient Rabbi.
6
תַּנְיָא רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: בִּימוֹת הַחַמָּה, חַמָּה מְהַלֶּכֶת בְּגֹובַהּ שֶׁל רָקִיעַ, לְפִיכָךְ כָּל הָעוֹלָם כֻּולּוֹ רוֹתֵחַ וּמַעֲיָנוֹת צוֹנְנִין. בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים, חַמָּה מְהַלֶּכֶת בְּשִׁיפּוּלֵי רָקִיעַ, לְפִיכָךְ כָּל הָעוֹלָם כֻּולּוֹ צוֹנֵן וּמַעֲיָנוֹת רוֹתְחִין.

On a enseigné. Rabbi Natan dit : aux jours du soleil (l'été), le soleil chemine dans la hauteur du firmament.

C'est pourquoi le monde entier est brûlant, et les sources sont froides. Aux jours des pluies (l'hiver), le soleil chemine dans les bas du firmament.

C'est pourquoi le monde entier est froid, et les sources sont chaudes.

📜 Rachi (3)
בְּשִׁפּוּלוֹ שֶׁל רָקִיעַ סָמוּךְ לַקַּרְקַע בְּשׁוּלֵי הַכִּיפָּה:
Dans le bas du firmament : près du sol, au bord de la voûte.
לְפִיכָךְ כָּל הָעוֹלָם צוֹנֵן שֶׁאֵינָהּ מְהַלֶּכֶת אֶלָּא בְּצִדֵּי הָעוֹלָם:
C'est pourquoi le monde entier est froid : il ne chemine que sur les côtés du monde.
וּמַעְיָנוֹת רוֹתְחִים דְּהַייְנוּ אֵצֶל הַמַּיִם מִצִּדֵּי הָעוֹלָם שֶׁהַמַּעְיָנוֹת בָּאוֹת מֵהֶם:
Et les sources sont chaudes : c'est auprès des eaux, sur les côtés du monde, d'où viennent les sources.
💡 Explication

Rabbi Natan garde le même signe, les sources, et l'applique aux saisons. Yemot ha'hama, la saison chaude : le soleil va dans le haut du rakia. Le monde brûle, les sources restent froides.

Yemot hagueshamim, la saison des pluies : il va dans les shifoulei rakia, le bord bas de la voûte, près du sol, sur les côtés du monde. Le monde est froid. Les sources, qui viennent de ces eaux latérales, sont chaudes.

7
תָּנוּ רַבָּנַן: בְּאַרְבָּעָה שְׁבִילִין חַמָּה מְהַלֶּכֶת. נִיסָן אִייָּר וְסִיוָן — מְהַלֶּכֶת בֶּהָרִים, כְּדֵי לְפַשֵּׁר אֶת הַשְּׁלָגִין. תַּמּוּז אָב וֶאֱלוּל — מְהַלֶּכֶת בַּיִּשּׁוּב, כְּדֵי לְבַשֵּׁל אֶת הַפֵּירוֹת. תִּשְׁרֵי מַרְחֶשְׁוָן וְכִסְלֵיו — מְהַלֶּכֶת בַּיָּמִים, כְּדֵי לְיַבֵּשׁ אֶת הַנְּהָרוֹת. טֵבֵת שֵׁבֶט וַאֲדָר — מְהַלֶּכֶת בַּמִּדְבָּר, שֶׁלֹּא לְיַבֵּשׁ אֶת הַזְּרָעִים.

Les Sages ont enseigné : le soleil chemine par quatre sentiers. Nissan, Iyar et Sivan, il chemine sur les montagnes, afin de faire fondre les neiges.

Tamouz, Av et Eloul, il chemine sur le pays habité, afin de faire mûrir les fruits. Tichri, Marhechvan et Kislev, il chemine sur les mers, afin de faire sécher les fleuves.

Tevet, Chevat et Adar, il chemine dans le désert, afin de ne pas faire sécher les semences.

📜 Rachi (1)
בְּאַרְבַּע שְׁבִילִין מְהַלֶּכֶת גְּבוּרָתָהּ שֶׁל חַמָּה:
Par quatre sentiers : c'est la puissance du soleil qui chemine.
⚖️ Rosh (1)
אָמַר רַב יְהוּדָה הָאִשָּׁה לֹא תָּלוּשׁ אֶלָּא בְּמַיִם שֶׁלָּנוּ. פרש"י מִשּׁוּם שֶׁבִּימוֹת נִיסָן הַמַּעְיָינוֹת חַמִּין שֶׁעֲדַייִן הוּא יְמוֹת הַגְּשָׁמִים וְחַמָּה מְהַלֵּךְ בְּשִׁיפּוּלֵי רָקִיעַ הִלְכָּךְ מְמַלֵּא מִבְּעֶרֶב וּמִצְטַנֵּן עַד לְמָחָר. כָּתַב רַבֵּינוּ אֲבִי הָעֶזְרִי לְפִי טַעַם זֶה הַשּׁוֹאֵב בַּבֹּוקֶר וּמַנִּיחָן עַד הָעֶרֶב שַׁפִּיר דָּמֵי וְאִיכָּא לְמֵימַר דְּהָכִי עֲבִיד בְּפָפוּנְיָא. אִי נָמֵי שׁוֹאֲבָן מִן הַנְּהָרוֹת. אֲבָל ה"ר אֱלִיעֶזֶר ממי"ץ הָיָה מְפָרֵשׁ הַטַּעַם לְפִי שֶׁהַחַמָּה מְהַלֶּכֶת בַּלַּיְלָה תַּחַת הָאָרֶץ כְּחַכְמֵי או"ה וְאָמְרִינַן לְקַמָּן (פְּסָחִים דַּף צַד:) שֶׁנִּרְאִין דִּבְרֵיהֶן הִלְכָּךְ אֵין לָהֶם תַּקָּנָה אֶלָּא שֶׁלֹּא יְהוּ בַּלַּיְלָה בִּמְחֻובָּר וּלְפִי זֶה הַשּׁוֹאֲבָן בִּתְחִלַּת הַלַּיְלָה מֻותָּרִין מִיָּד. וְאָסוּר לְשׁוֹאֲבָן אַחַר תְּחִלַּת הַלַּיְלָה. וּמִנְהָג כָּשֵׁר שֶׁל הָרִאשׁוֹנִים שֶׁהָיוּ מְמַלְּאִין אוֹתָן מִן הַנְּהָרוֹת בִּתְחִלַּת לֵיל אַרְבָּעָה עָשָׂר שֶׁהַמַּעֲיָינוֹת וּבוֹרוֹת רוֹתְחִין אֲבָל לֹא נְהָרוֹת דְּתַנְיָא בְּפֶרֶק מִי שֶׁהָיָה טָמֵא שָׁם בְּאַרְבָּעָה שְׁבִילִין הַחַמָּה מְהַלֶּכֶת נִיסָן וְאִייָּר וְסִיוָן הַחַמָּה מְהַלֶּכֶת בֶּהָרִים וְכוּ' אַלְמָא שֶׁבְּנִיסָן אֵינָהּ מְהַלֶּכֶת בְּמַיִם. וְכָתַב בִּתְשׁוּבַת רַשִׁ"י אֵין לָשִׁין אֶלָּא בְּמַיִם שֶׁלָּנוּ שֶׁחָשׁוּ חֲכָמִים לְרֹוב עֲייָרוֹת שֶׁאֵין לָהֶם אֶלָּא מֵי בּוֹרוֹת וּבְאֵרוֹת הַנּוֹבְעִין הֵן רוֹתְחִין וּמַשְׁמַע מִדְּבָרָיו דְּבִנְהָרוֹת לֵיכָּא לְמֵיחַשׁ מִידִי. וּמִיהוּ אֵין לִפְרֹוץ גָּדֵר שֶׁל הָרִאשׁוֹנִים עכ"ל: דָּרֵשׁ רָבָא אִשָּׁה לֹא תָּלוּשׁ לֹא בַּחַמָּה וְלֹא בְּחַמִּין וְלֹא בְּחַמֵּי חַמָּה וְלֹא בַּמַּיִם הַגְּרוּפִין פִּי' רַב אִלְפָּס מַיִם שֶׁנִּשְׁאֲבוּ בְּאוֹתוֹ הַיּוֹם. וְרַשִׁ"י פֵּירֵשׁ הַגְּרוּפִּין מִן הַמּוֹלְייָרִין דּוֹד גָּדוֹל שֶׁנְּחוּשָׁתוֹ עָבָה וְאַפֵּי' כְּשֶׁאֵין שָׁם אוֹר מַיִם שֶׁבְּשׁוּלָיו חַמִּין.
Rav Yehouda a dit : la femme ne pétrira qu'avec des mayim chelanou (eau qui a reposé). Rachi explique : aux jours de Nissan les sources sont chaudes, car on est encore dans la saison des pluies, et le soleil chemine dans les bas du firmament. On remplit donc dès la veille, et l'eau refroidit jusqu'au lendemain. Rabbeinou Avi HaEzri a écrit : selon cette raison, celui qui puise le matin et laisse l'eau jusqu'au soir agit valablement. On peut dire que l'on faisait ainsi en Papounia. Autre possibilité : on la puise dans les fleuves. Mais Rabbi Eliezer de Metz expliquait la raison ainsi : le soleil chemine la nuit sous la terre, comme les sages des nations du monde, et l'on dit plus loin (Pessa'him 94b) que leurs paroles paraissent justes. Dès lors, il n'y a de remède que si l'eau ne passe pas la nuit dans ce qui est attaché au sol. Selon cela, l'eau puisée au début de la nuit est permise aussitôt. Il est interdit de la puiser après le début de la nuit. La coutume valable des premiers était de remplir depuis les fleuves au début de la nuit du quatorze, car les sources et les puits sont chauds, alors que les fleuves ne le sont pas. On enseigne en effet dans le chapitre " Mi chehaya tamei " : par quatre sentiers le soleil chemine. Nissan, Iyar et Sivan, le soleil chemine sur les montagnes, etc. Il en ressort qu'en Nissan il ne chemine pas sur les eaux. Il est écrit dans un responsum de Rachi : on ne pétrit qu'avec des mayim chelanou. Les Sages ont tenu compte de la plupart des villes, qui n'ont que l'eau des citernes et des puits jaillissants, et cette eau est chaude. De ses paroles il ressort que, pour les fleuves, il n'y a rien à redouter. Toutefois, on ne rompra pas la clôture des premiers. Fin de la citation. Rava a exposé : une femme ne pétrira ni au soleil, ni avec de l'eau chaude, ni avec de l'eau chauffée par le soleil, ni avec des mayim geroufin. Le Rif explique : de l'eau puisée le jour même. Et Rachi explique : les geroufin viennent des mouliarin, une grande chaudière dont le cuivre est épais. Même sans feu, l'eau du fond est chaude.
💡 Explication

Quatre shevilin, quatre sentiers, trois mois chacun. Le but est nommé à chaque fois. Montagnes au printemps : fondre les neiges. Pays habité en été : mûrir les fruits. Mers à l'automne : sécher les fleuves. Désert en hiver : épargner les semences du pays habité. Rachi : c'est la puissance du soleil qui suit ces sentiers.

Le Roch s'en sert pour les mayim chelanou, l'eau de la pâte de matsa. Rachi : en Nissan les sources sont encore chaudes, on remplit la veille. Rabbi Eliezer de Metz suit la nuit sous la terre : l'eau ne doit pas rester attachée au sol pendant la nuit. Les fleuves, eux, échappent à ce sentier, puisque Nissan passe sur les montagnes.

🖼️ Schéma
Quatre sentiers du soleilNissan Iyar SivanMontagnesFondre les neigesTamouz Av EloulPays habiteMûrir les fruitsTichri MarhechvanKislevMersSécher les fleuvesTevet Chevat AdarDesertÉpargner les semences
Nissan à Sivan : montagnes, neiges. Tamouz à Eloul : habitations, fruits. Tichri à Kislev : mers, fleuves. Tevet à Adar : désert, semences préservées.
8
וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר מֵאִסְקֻופַּת כּוּ׳. וְאַף עַל גַּב דְּמָצֵי עָיֵיל, וְלָא אָמְרִינַן לֵיהּ קוּם עֱייֵל?! וְהָתַנְיָא: יְהוּדִי עָרֵל שֶׁלֹּא מָל — עָנוּשׁ כָּרֵת, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.

Et Rabbi Eliezer dit : depuis le seuil, etc. Et bien qu'il puisse entrer, nous ne lui disons pas : Lève-toi, entre ?

Or on a enseigné : un Juif arel (incirconcis) qui ne s'est pas circoncis est puni de karet. Paroles de Rabbi Eliezer.

📜 Rachi (2)
וְלָא אָמְרִינַן לֵיהּ קוּם עֱיֵיל וְאִי לָא עָיְילַתְּ מִיחַייְּבַתְּ כָּרֵת:
Et nous ne lui disons pas : Lève-toi, entre. Si tu n'entres pas, tu es passible de karet.
עָנוּשׁ כָּרֵת מִשּׁוּם פֶּסַח אַלְמָא אָמְרִינַן לֵיהּ קוּם מְהוֹל:
Puni de karet : à cause du Pessa'h. Il en ressort que nous lui disons : Lève-toi, circoncis-toi.
💡 Explication

Retour à la michna, déjà lue en 93b. Pour Rabbi Eliezer, le chemin éloigné commence à l'askoupa, le seuil de l'azara. Celui qui est juste dehors est exempt, même s'il peut entrer. On ne lui dit pas : lève-toi, entre.

La baraita du même Rabbi Eliezer va dans l'autre sens pour l'arel. Le Juif incirconcis qui ne se circoncit pas est puni de karet pour le Pessa'h. Là, on lui dit d'agir. La question du daf est ce décalage.

9
אָמַר אַבַּיֵּי: דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לְטָהוֹר, וְאֵין דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לַטָּמֵא.

Abaye a dit : il y a un chemin éloigné pour le pur, et il n'y a pas de chemin éloigné pour l'impur.

📜 Rachi (1)
דֶּרֶךְ רְחוֹקָה פָּטְרָה אֶת הַטָּהוֹר וַהֲרֵי הוּא בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה דְּחוּץ לָעֲזָרָה דֶּרֶךְ רְחוֹקָה מִיקְּרֵי דְּיָלְפִינַן מֵרִיחוּק מָקוֹם דְּמַעֲשֵׂר מַה לְהַלָּן חוּץ לִמְקוֹם הֶכְשֵׁירוֹ אַף כָּאן חוּץ לִמְקוֹם הֶכְשֵׁירוֹ וְהִכְשִׁירוֹ דְּפֶסַח בָּעֲזָרָה הִיא הִלְכָּךְ לָא אָמְרִינַן לֵיהּ קוּם עֱייֵל אֲבָל אֵין דֶּרֶךְ רְחוֹקָה בְּטָמֵא דְּלָאו מִשּׁוּם טַעְמָא דְּרִיחוּק אִיפְּטַר טָמֵא אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלָא מָצֵי אָכִיל לְאֻורְתָּא וְהָכִי נָמֵי אֵין דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לְעָרֵל וְהַאי דִּנְקַט טָמֵא מִשּׁוּם דִּלְעֵיל (פְּסָחִים דַּף צג:) אָמְרוּ לְהַאי שִׁינּוּיָא גַּבֵּי טָמֵא וְכֵיוָן דְּעָרֵל מָצֵי לְתַקּוֹנֵי נַפְשֵׁיהּ מִיחַייַּב דְּלָא פַּטְרֵיהּ רַחֲמָנָא לְטָמֵא אֶלָּא מִשּׁוּם דְּלָא מָצֵי לְמֵיכַל בְּאֻורְתָּא וְהַאי מָצֵי לְמֵיכַל וְהָכִי נָמֵי עָרֵל:
Le chemin éloigné exempte le pur, et le voici sur un chemin éloigné : hors de l'azara, on appelle cela un chemin éloigné. On l'apprend de l'éloignement de lieu du maasser. De même que là-bas, c'est hors du lieu de sa validité, de même ici, c'est hors du lieu de sa validité. Et le lieu de validité du Pessa'h, c'est l'azara. C'est pourquoi on ne lui dit pas : Lève-toi, entre. En revanche, il n'y a pas de chemin éloigné pour l'impur. L'impur n'est pas exempté à cause de l'éloignement : il l'est parce qu'il ne peut pas manger le soir. De même, il n'y a pas de chemin éloigné pour l'arel. S'il a pris le cas de l'impur, c'est parce que plus haut (Pessa'him 93b) on a donné cette réponse à propos de l'impur. Et puisque l'arel peut se rectifier lui-même, il est tenu. Le Rahamana (le Miséricordieux) n'a exempté l'impur que parce qu'il ne peut pas manger le soir, alors que celui-ci peut manger. Et de même pour l'arel.
🗂️ Tossefot (1)
וְאֵין דֶּרֶךְ רְחוֹקָה לַטָּמֵא קְצָת תֵּימַהּ כְּשֶׁהוּא עוֹמֵד חוּץ לְעֵזֶר' וְהוּא עָרֵל אוֹ טָמֵא חַיָּיב בְּפֶסַח וְאִם יִמּוֹל וְיִטְהַר יִפָּטֵר מִיהוּ דֻּוגְמַת זֶה מָצִינוּ כָּל הָרָאוּי לְבִילָּה אֵין בִּילָּה מְעַכֶּבֶת בּוֹ (מְנָחוֹת קג:):
Et il n'y a pas de chemin éloigné pour l'impur. C'est un peu étonnant. Lorsqu'il se tient hors de l'azara et qu'il est arel ou impur, il est tenu au Pessa'h. S'il se circoncit et se purifie, il en sera exempt. On trouve toutefois un cas du même genre : tout ce qui est apte à la belila (au mélange), l'absence de belila ne l'invalide pas (Menahot 103b).
💡 Explication

Abaye sépare deux exemptions. Le pur qui est hors de l'azara relève du derekh re'hoka. On l'apprend du maasser : l'éloignement se mesure hors du lieu où la chose est valable. Pour le Pessa'h, ce lieu est l'azara. On ne lui ordonne pas d'entrer.

Le tamei est exempt pour une autre raison : il ne peut pas manger le soir. L'arel est dans le même cas de figure, avec une différence : il peut se circoncire, donc manger. Hachem ne dispense l'impur que là où le repas du soir est impossible. L'arel reste tenu.

Tossefot note le paradoxe. Dehors, impur ou arel, il est tenu. S'il se purifie ou se circoncit, le chemin éloigné l'exempte. Le rappel de Menahot 103b : dès qu'une offrande est apte à la belila, le mélange manquant ne l'invalide pas. Le statut suit l'aptitude.

10
רָבָא אָמַר, תַּנָּאֵי הִיא. דְּתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: נֶאֱמַר רִיחוּק מָקוֹם בַּפֶּסַח, וְנֶאֱמַר רִיחוּק מָקוֹם בַּמַּעֲשֵׂר. מַה לְהַלָּן חוּץ לַאֲכִילָתוֹ, אַף כָּאן חוּץ לַאֲכִילָתוֹ.

Rava a dit : c'est une discussion de tannaïm. Car on a enseigné.

Rabbi Eliezer dit : l'éloignement de lieu est énoncé pour le Pessa'h, et l'éloignement de lieu est énoncé pour le maasser. De même que là-bas, c'est hors du lieu de sa consommation, de même ici, c'est hors du lieu de sa consommation.

📜 Rachi (2)
נֶאֱמַר רִיחוּק מָקוֹם בַּפֶּסַח אוֹ בְדֶרֶךְ רְחֹוקָה לָכֶם (בַּמִּדְבָּר ט׳:י׳) רִיחוּק מָקוֹם בְּמַעֲשֵׂר כִּי יִרְחַק מִמְּךָ הַמָּקוֹם (דְּבָרִים י״ד:כ״ד) חוּץ לְחוֹמַת יְרוּשָׁלַיִם אֲפִילּוּ פְּסִיעָה אַחַת דִּכְתִיב כִּי לֹא תוּכַל שְׂאֵתוֹ וְאֵין שְׂאֵת אֶלָּא אֲכִילָה בְּמַס' מַכּוֹת (דַּף יט:):
L'éloignement de lieu est énoncé pour le Pessa'h : " ou sur un chemin éloigné pour vous " (Nombres 9, 10). L'éloignement de lieu pour le maasser : " quand le lieu sera éloigné de toi " (Deutéronome 14, 24). C'est hors de la muraille de Jérusalem, même d'un pas, car il est écrit : " car tu ne pourras pas le porter ", et " porter " ne désigne que la consommation, dans le traité Makot (19b).
חוּץ לַאֲכִילָתוֹ חוֹמַת יְרוּשָׁלַיִם אֲבָל חוּץ לַעֲשִׂיָּיתוֹ דְּהַייְנוּ חוֹמַת עֲזָרָה לָא דְּאָמְרִינַן קוּם עוֹל:
Hors du lieu de sa consommation : la muraille de Jérusalem. Mais hors du lieu de son accomplissement, c'est-à-dire la muraille de l'azara, non, car on lui dit : Lève-toi, entre.
🗂️ Tossefot (2)
מַה לְהַלָּן חוּץ לַאֲכִילָתוֹ לֹא הָיָה לְרַשִׁ"י לְהַזְכִּיר כָּאן וְאֵין שְׂאֵת אֶלָּא אֲכִילָה דְּלָא צְרִיכָא לְכָךְ אֶלָּא בְּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּירוּשָׁלַיִם שֶׁנִּטְמָא:
De même que là-bas, hors du lieu de sa consommation. Rachi n'avait pas à mentionner ici : " et porter ne désigne que la consommation ". Cela n'est requis que pour le maasser cheni, à Jérusalem, qui est devenu impur.
אַף כָּאן חוּץ לַאֲכִילָתוֹ וּבְסִיפְרֵי מְסַייֵּם וְאֵיזֶה מְקוֹם אֲכִילָתוֹ מִפֶּתַח יְרוּשָׁלַיִם וְלִפְנִים וְלָא מַייְתֵי תַּנָּאֵי אֶלָּא כְּלוֹמַר כֵּיוָן דְּאַשְׁכְּחַן תַּנָּאֵי דִּפְלִיגִי אַלִּיבָּא דְּר' אֱלִיעֶזֶר בְּשִׁיעוּר דֶּרֶךְ רְחוֹקָה ה"נ הַהוּא דְּקָתָנֵי עָרֵל שֶׁלֹּא מָל עָנוּשׁ כָּרֵת סָבוּר דִּלֵּר' אֱלִיעֶזֶר דֶּרֶךְ רְחוֹקָה מִן הַמּוֹדִיעִים וְלַחוּץ דְּהַשְׁתָּא לָא מָצֵי עָיֵיל:
De même ici, hors du lieu de sa consommation. Et le Sifri conclut : et quel est le lieu de sa consommation ? Depuis la porte de Jérusalem et en deçà. Il ne cite des tannaïm que pour dire ceci : puisqu'on trouve des tannaïm qui discutent, selon Rabbi Eliezer, sur la mesure du chemin éloigné, de même celui qui enseigne " un arel qui ne s'est pas circoncis est puni de karet " estime que, pour Rabbi Eliezer, le chemin éloigné va depuis Modiim et au-delà. Dès lors, il ne peut pas entrer.
💡 Explication

Rava refuse d'unifier Rabbi Eliezer. Une baraita lui prête un hekesh : le ri'houk makom du Pessa'h s'apprend de celui du maasser cheni. Là-bas, l'éloignement commence hors du lieu où l'on mange, la muraille de Jérusalem. Ici, de même : hors de l'akhila du Pessa'h, Jérusalem entière. Dans la ville, on dit : lève-toi, entre dans l'azara.

Rachi glose " porter " par manger, d'après Makot 19b. Tossefot réserve cette glose au maasser cheni devenu impur. Le Sifri fixe le lieu de consommation : de la porte de Jérusalem vers l'intérieur.

🖼️ Schéma
Mesure du chemin éloignéTrois lectures au nom de Rabbi EliezerSeuil de l'azaraR. Yossi b. R. Yehoudaau nom de R. EliezerHors de l'assialieu où l'on fait le Pessa'hDehors : chemin éloignéOn compte ceux de l'azaraR. Yossi HaGeliliDès le seuil, c'est un cheminMur de JérusalemRabbi Eliezerhekesh du maasserHors de l'akhilalieu où l'on mangePorte de Jérusalemet en deçà : tenuDans la villeLeve-toi, entreModiimTanna de l'arelpassible de karetExemption étroiteseulement hors de ModiimLà, on ne peut paslui dire d'entrerL'arel qui peut se circoncirereste puni de karetAbaye : le chemin éloigné exempte le purL'impur et l'arel n'ont pas cette exemption. L'arel peut se rectifier : il est tenu.
Akhila : muraille de Jérusalem, hekesh du maasser. Assia : seuil de l'azara. Modiim : le tanna qui punit l'arel. Abaye coupe entre le pur et l'impur.
11
רַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: חוּץ לַעֲשִׂיָּיתוֹ.

Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Eliezer : hors du lieu de son accomplissement.

📜 Rachi (1)
חוּץ לַעֲשִׂיָּיתוֹ דְּגָמְרִינַן מֵרִיחוּק דְּמַעֲשֵׂר הָכִי מַה לְהַלָּן חוּץ לְהַכְשִׁירוֹ וְהֶכְשֵׁירוֹ דְּפֶסַח בָּעֲזָרָה אַלְמָא אִיכָּא תַּנָּאֵי דִּפְלִיגִי בָּדֶר' אֱלִיעֶזֶר וְתַנָּא דְּעָרֵל שֶׁלֹּא מָל פְּלִיג וְאָמַר דְּלָא פָּטַר ר' אֱלִיעֶזֶר אֶלָּא בְּעוֹמֵד חוּץ לַמּוֹדִיעִים דְּלָא מָצִינוּ לְמֵימַר לֵיהּ קוּם עוֹל:
Hors du lieu de son accomplissement : nous l'apprenons ainsi de l'éloignement du maasser. De même que là-bas, c'est hors du lieu de sa validité, et le lieu de validité du Pessa'h est l'azara. Il en ressort qu'il y a des tannaïm qui discutent sur Rabbi Eliezer. Et le tanna de " l'arel qui ne s'est pas circoncis " discute : il dit que Rabbi Eliezer n'exempte que celui qui se tient hors de Modiim, à qui l'on ne peut pas dire : Lève-toi, entre.
💡 Explication

Deuxième voix au nom du même Rabbi Eliezer. Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda mesure l'éloignement sur l'assia, l'accomplissement du korban, dont le lieu est l'azara. Le hekesh du maasser porte alors sur le lieu de validité, et le seuil de la cour suffit.

Rachi range à part le tanna de l'arel. Selon lui, Rabbi Eliezer n'exempte que hors de Modiim, là où l'on ne peut plus dire : lève-toi, entre. D'où le karet de celui qui reste incirconcis.

12
כְּמַאן אָזְלָא הָא דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר רַב יוֹסֵף: בִּטְמֵאִים הַלֵּךְ אַחַר רֹוב הָעוֹמְדִין בָּעֲזָרָה. כְּמַאן — כְּרַבִּי יוֹסֵי בַּר רַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר.

Selon qui va ceci, que Rabbi Its'hak bar Rav Yossef a dit : pour les impurs, suis la majorité de ceux qui se tiennent dans l'azara. Selon qui ?

Selon Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda, qui l'a dit au nom de Rabbi Eliezer.

📜 Rachi (1)
הָלַךְ אַחַר רֹוב הָעוֹמְדִים בָּעֲזָרָה אִם רֻובָּן טְמֵאִין אע"פ שֶׁבַּחוּץ יִשְׂרָאֵל טְהוֹרִין הַרְבֵּה יַעֲשֶׂה בְּטֻומְאָה דְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה הִיא לְאוֹתָן הָעוֹמְדִין מִבַּחוּץ וְאֵינָן חֲשׁוּבֵין בְּעוֹשֵׂי פֶּסַח וּבָתַר הָנֵי [שֶׁבָּעֲזָרָה] אָזְלִינַן:
Suis la majorité de ceux qui se tiennent dans l'azara. Si la majorité d'entre eux sont impurs, même s'il y a dehors beaucoup d'Israël purs, on fera le Pessa'h en état d'impureté. C'est un chemin éloigné pour ceux qui se tiennent dehors. Ils ne comptent pas parmi ceux qui font le Pessa'h, et nous suivons ceux-ci, qui sont dans l'azara.
🗂️ Tossefot (1)
בְּטֻומְאָה הָלַךְ אַחַר הָעוֹמְדִים בָּעֲזָרָה פִּי' בַּעֲשִׂייַּת פֶּסַח בְּטֻומְאָה הָלַךְ אַחַר טְהוֹרִים הָעוֹמְדִים בָּעֲזָרָה דְּאוֹתָם שֶׁבַּחוּץ הֵם בְּדֶרֶךְ רְחוֹקָה:
En état d'impureté, suis ceux qui se tiennent dans l'azara. Explication : pour l'accomplissement du Pessa'h en état d'impureté, suis les purs qui se tiennent dans l'azara, car ceux du dehors sont sur un chemin éloigné.
💡 Explication

Conséquence pour le Pessa'h en touma. On ne compte que la majorité de ceux qui sont dans l'azara. Si elle est impure, on offre en impureté, même si beaucoup de purs sont restés dans la ville.

Cela suit Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda au nom de Rabbi Eliezer : dehors, c'est déjà un chemin éloigné, donc ces gens ne sont pas dans le compte de ceux qui font le Pessa'h. Tossefot formule le suivi sur les purs présents dans la cour.

13
אָמַר לוֹ רַבִּי יוֹסֵי: לְפִיכָךְ וְכוּ׳. תַּנְיָא, רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: ״דֶּרֶךְ״, שׁוֹמֵעַ אֲנִי מַהֲלַךְ שְׁנַיִם אוֹ שְׁלֹשָׁה יָמִים, כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר ״וּבְדֶרֶךְ לֹא הָיָה״, מַגִּיד שֶׁמֵּאִסְקֻופַּת הָעֲזָרָה וְלַחוּץ קָרוּי דֶּרֶךְ.

Rabbi Yossi lui a dit : c'est pourquoi, etc. On a enseigné.

Rabbi Yossi le Galiléen dit : " chemin ", j'entendrais une marche de deux ou trois jours. Lorsqu'il dit : " et il n'était pas en chemin ", cela enseigne que, depuis le seuil de l'azara et au-dehors, on appelle cela un chemin.

📜 Rachi (1)
ה"ג בַּתּוֹסֶפְתָּא ר' יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר דֶּרֶךְ רְחוֹקָה שׁוֹמֵעַ אֲנִי מַהֲלַךְ שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה יָמִים כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר וּבְדֶרֶךְ לֹא הָיָה מַגִּיד שֶׁמֵּאִסְקֻופַּת עֲזָרָה וְלַחוּץ קָרוּי דֶּרֶךְ וּבַסְּפָרִים הִיא מְשֻׁובֶּשֶׁת:
Telle est la leçon dans la Tossefta. Rabbi Yossi le Galiléen dit : un chemin éloigné, j'entendrais une marche de deux ou trois jours. Lorsqu'il dit : " et il n'était pas en chemin ", cela enseigne que, depuis le seuil de l'azara et au-dehors, on appelle cela un chemin. Et dans les livres, le texte est fautif.
🗂️ Tossefot (1)
שׁוֹמֵעַ אֲנִי רַשִׁ"י לָא גָרֵס אֲפִילּוּ ב' וְג' פַּרְסָאוֹת וְהַדִּין עִמּוֹ דְּמִשּׁוּם הָכִי לָא הָוֵי דֶּרֶךְ רְחוֹקָה כֵּיוָן שֶׁיָּכוֹל לָבוֹא בִּשְׁעַת שְׁחִיטָה אוֹ בִּשְׁעַת אֲכִילָה לְכָךְ נִרְאֶה לִגְרֹוס כִּדְאִיתָא בַּתּוֹסֶפְתָּא:
J'entendrais. Rachi ne lit pas la leçon " même deux ou trois parsot ", et il a raison. À ce compte, ce ne serait pas un chemin éloigné, puisqu'on peut arriver au temps de la chehita (l'abattage) ou au temps de la consommation. Il paraît donc juste de lire comme dans la Tossefta.
💡 Explication

" C'est pourquoi ", etc. renvoie à la michna : Rabbi Yossi répond par le point placé sur le he de rehoka. La baraita de Rabbi Yossi HaGelili donne la deracha.

" Derekh " seul ferait entendre deux ou trois jours de marche. Le verset suivant, Nombres 9, 13, " ou-vaderekh lo haya ", " et il n'était pas en chemin ", sans dire " éloigné ", enseigne que le seuil de l'azara suffit déjà à porter le nom de chemin.

Rachi signale que les livres du Talmud ont ici un texte fautif, et il retient la Tossefta : deux ou trois jours. Tossefot écarte la leçon " deux ou trois parsot " : cette distance laisse encore arriver pour la chehita ou pour le repas. Elle ne ferait pas un chemin éloigné.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).