Sougya : La bat kol ouverte en 94a poursuit : le méchant, de la lignée de Nemrod, a les années d'un homme, soixante-dix ou quatre-vingts, alors que la terre, le firmament et l'intervalle des firmaments se mesurent chacun par une marche de cinq cents ans. C'est une tiouvta de Rava.
Les Sages d'Israël et les sages des nations discutent ensuite si le galgal est fixe et les mazalot mobiles, et si le soleil passe la nuit au-dessus du firmament ou sous le sol. Rabbi penche pour les nations à cause des sources, froides le jour et chaudes la nuit.
Rabbi Natan distingue l'été et l'hiver, et une baraita donne au soleil quatre sentiers selon les mois. La sougya revient au chemin éloigné : Abaye le réserve au pur, Rava y voit une discussion de tannaïm sur l'akhila ou l'assia, et Rabbi Yossi HaGelili apprend du verset que le seuil de l'azara est déjà un chemin.
petit-fils de Nemrod le méchant, qui, durant son règne, fit se révolter contre Moi le monde entier. Combien d'années a l'homme ?
Soixante-dix ans, et s'il est dans la force, quatre-vingts ans, ainsi qu'il est dit : " Les jours de nos années sont en eux soixante-dix ans, et s'ils sont dans la force, quatre-vingts ans ",
Suite de la bat kol de 94a. Elle répond à celui qui disait : je monterai au-dessus des hauteurs des nuées. Elle le rattache à Nemrod, roi de Babel, conseiller de la tour.
La mesure d'une vie vient du Psaume 90, 10 : soixante-dix ans, quatre-vingts dans la force (bigvurot). La phrase continue au segment suivant : cette durée ne rejoint pas le firmament.
de la terre jusqu'au firmament, une marche de cinq cents ans ; l'épaisseur du firmament, une marche de cinq cents ans ; entre un firmament et un firmament, une marche de cinq cents ans ; et de même entre chaque firmament et chaque firmament. " Mais vers le Chéol tu descendras, vers les profondeurs de la fosse.
" Réfutation.
Chaque intervalle compte. De la terre au rakia (firmament), l'épaisseur du rakia, puis l'espace jusqu'au rakia suivant : à chaque fois une marche de cinq cents ans. Le " kol " entre parenthèses dans le texte donne la leçon " chaque firmament ".
Rachi aligne la longueur du monde sur cette hauteur, d'après le verset lu dans Hagiga 12a. Une journée de marche fait dix parsot. Cinq cents ans dépassent donc les mille parsot que Rava donnait, en 94a, à l'épaisseur du firmament. D'où le mot tiouvta.
Le verset, Isaïe 14, 15, ferme la bat kol : la descente va au Chéol, aux profondeurs de la fosse.
Les Sages ont enseigné. Les Sages d'Israël disent : le galgal (sphère céleste) est fixe, et les mazalot (constellations) tournent.
Les sages des nations du monde disent : le galgal tourne, et les mazalot sont fixes. Rabbi a dit : une réponse à leurs paroles.
Jamais nous n'avons trouvé le Chariot (Agala) au sud ni le Scorpion (Akrav) au nord.
Galgal : la roue, la sphère. Mazalot : les constellations qui y sont liées. Israël : la roue reste, les astres se déplacent peu et reviennent, chacun menant le soleil jusqu'au voisin. Les nations : la roue entière tourne, les astres y sont fixés.
La réponse de Rabbi vise l'avis des nations. Agala, le Chariot, reste au nord. Akrav, le Scorpion, reste au sud. Une roue qui ferait le tour les montrerait aux quatre vents.
Tossefot écarte le zodiaque. À Roch Hachana 11b, six des douze mazalot sont sous la terre et six au-dessus : l'un monte, son vis-à-vis descend. Agala et Akrav de notre passage restent en haut. Rachi les traite donc comme d'autres astres, et Tossefot le suit.
Rav Aha bar Yaakov lui objecte : et peut-être comme le boutsina de-reihaya (pivot de la meule) ? Ou encore comme le tsinora de-dasha (gond de la porte).
L'objection porte sur la preuve de Rabbi. Boutsina de-reihaya : le fer central de la meule. La pierre tourne, l'axe reste. Des mazalot fixes au centre laisseraient Agala au nord même si le galgal tourne.
Tsinora de-dasha : le gond. Rachi ouvre deux galgalim. L'un porte le soleil et tourne. L'autre tient les mazalot et ne bouge pas. L'ordre peut s'inverser : soleil dedans, mazalot dehors.
Les Sages d'Israël disent : le jour, le soleil chemine au-dessous du firmament, et la nuit, au-dessus du firmament. Les sages des nations du monde disent : le jour, le soleil chemine au-dessous du firmament, et la nuit, au-dessous du sol.
Rabbi a dit : et leurs paroles paraissent plus justes que les nôtres, car le jour les sources sont froides, et la nuit elles sont chaudes.
Second débat, même partage. Le jour, les deux avis mettent le soleil sous le rakia : on le voit. La nuit, Israël le fait passer au-dessus du rakia. Les nations le font passer sous le sol.
Rabbi dit que les nations paraissent plus justes, à cause des sources : froides le jour, chaudes la nuit. Rachi précise : à la source même, le jour, l'eau est froide, le soleil étant haut. La chaleur d'un fleuve en été vient du trajet. La nuit, le soleil sous le sol chauffe le jaillissement. Le signe : la vapeur sur les fleuves à l'aube.
Ben Yehoyada garde l'avis d'Israël comme vérité. Le parcours de nuit porte, selon lui, sur la nechama du soleil, qui s'éloigne et affaiblit la chaleur, à la manière du dormeur dont la nefech se retire. Les nations parlent de cette force sous le sol de Tével.
On a enseigné. Rabbi Natan dit : aux jours du soleil (l'été), le soleil chemine dans la hauteur du firmament.
C'est pourquoi le monde entier est brûlant, et les sources sont froides. Aux jours des pluies (l'hiver), le soleil chemine dans les bas du firmament.
C'est pourquoi le monde entier est froid, et les sources sont chaudes.
Rabbi Natan garde le même signe, les sources, et l'applique aux saisons. Yemot ha'hama, la saison chaude : le soleil va dans le haut du rakia. Le monde brûle, les sources restent froides.
Yemot hagueshamim, la saison des pluies : il va dans les shifoulei rakia, le bord bas de la voûte, près du sol, sur les côtés du monde. Le monde est froid. Les sources, qui viennent de ces eaux latérales, sont chaudes.
Les Sages ont enseigné : le soleil chemine par quatre sentiers. Nissan, Iyar et Sivan, il chemine sur les montagnes, afin de faire fondre les neiges.
Tamouz, Av et Eloul, il chemine sur le pays habité, afin de faire mûrir les fruits. Tichri, Marhechvan et Kislev, il chemine sur les mers, afin de faire sécher les fleuves.
Tevet, Chevat et Adar, il chemine dans le désert, afin de ne pas faire sécher les semences.
Quatre shevilin, quatre sentiers, trois mois chacun. Le but est nommé à chaque fois. Montagnes au printemps : fondre les neiges. Pays habité en été : mûrir les fruits. Mers à l'automne : sécher les fleuves. Désert en hiver : épargner les semences du pays habité. Rachi : c'est la puissance du soleil qui suit ces sentiers.
Le Roch s'en sert pour les mayim chelanou, l'eau de la pâte de matsa. Rachi : en Nissan les sources sont encore chaudes, on remplit la veille. Rabbi Eliezer de Metz suit la nuit sous la terre : l'eau ne doit pas rester attachée au sol pendant la nuit. Les fleuves, eux, échappent à ce sentier, puisque Nissan passe sur les montagnes.
Et Rabbi Eliezer dit : depuis le seuil, etc. Et bien qu'il puisse entrer, nous ne lui disons pas : Lève-toi, entre ?
Or on a enseigné : un Juif arel (incirconcis) qui ne s'est pas circoncis est puni de karet. Paroles de Rabbi Eliezer.
Retour à la michna, déjà lue en 93b. Pour Rabbi Eliezer, le chemin éloigné commence à l'askoupa, le seuil de l'azara. Celui qui est juste dehors est exempt, même s'il peut entrer. On ne lui dit pas : lève-toi, entre.
La baraita du même Rabbi Eliezer va dans l'autre sens pour l'arel. Le Juif incirconcis qui ne se circoncit pas est puni de karet pour le Pessa'h. Là, on lui dit d'agir. La question du daf est ce décalage.
Abaye a dit : il y a un chemin éloigné pour le pur, et il n'y a pas de chemin éloigné pour l'impur.
Abaye sépare deux exemptions. Le pur qui est hors de l'azara relève du derekh re'hoka. On l'apprend du maasser : l'éloignement se mesure hors du lieu où la chose est valable. Pour le Pessa'h, ce lieu est l'azara. On ne lui ordonne pas d'entrer.
Le tamei est exempt pour une autre raison : il ne peut pas manger le soir. L'arel est dans le même cas de figure, avec une différence : il peut se circoncire, donc manger. Hachem ne dispense l'impur que là où le repas du soir est impossible. L'arel reste tenu.
Tossefot note le paradoxe. Dehors, impur ou arel, il est tenu. S'il se purifie ou se circoncit, le chemin éloigné l'exempte. Le rappel de Menahot 103b : dès qu'une offrande est apte à la belila, le mélange manquant ne l'invalide pas. Le statut suit l'aptitude.
Rava a dit : c'est une discussion de tannaïm. Car on a enseigné.
Rabbi Eliezer dit : l'éloignement de lieu est énoncé pour le Pessa'h, et l'éloignement de lieu est énoncé pour le maasser. De même que là-bas, c'est hors du lieu de sa consommation, de même ici, c'est hors du lieu de sa consommation.
Rava refuse d'unifier Rabbi Eliezer. Une baraita lui prête un hekesh : le ri'houk makom du Pessa'h s'apprend de celui du maasser cheni. Là-bas, l'éloignement commence hors du lieu où l'on mange, la muraille de Jérusalem. Ici, de même : hors de l'akhila du Pessa'h, Jérusalem entière. Dans la ville, on dit : lève-toi, entre dans l'azara.
Rachi glose " porter " par manger, d'après Makot 19b. Tossefot réserve cette glose au maasser cheni devenu impur. Le Sifri fixe le lieu de consommation : de la porte de Jérusalem vers l'intérieur.
Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda dit au nom de Rabbi Eliezer : hors du lieu de son accomplissement.
Deuxième voix au nom du même Rabbi Eliezer. Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda mesure l'éloignement sur l'assia, l'accomplissement du korban, dont le lieu est l'azara. Le hekesh du maasser porte alors sur le lieu de validité, et le seuil de la cour suffit.
Rachi range à part le tanna de l'arel. Selon lui, Rabbi Eliezer n'exempte que hors de Modiim, là où l'on ne peut plus dire : lève-toi, entre. D'où le karet de celui qui reste incirconcis.
Selon qui va ceci, que Rabbi Its'hak bar Rav Yossef a dit : pour les impurs, suis la majorité de ceux qui se tiennent dans l'azara. Selon qui ?
Selon Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda, qui l'a dit au nom de Rabbi Eliezer.
Conséquence pour le Pessa'h en touma. On ne compte que la majorité de ceux qui sont dans l'azara. Si elle est impure, on offre en impureté, même si beaucoup de purs sont restés dans la ville.
Cela suit Rabbi Yossi bar Rabbi Yehouda au nom de Rabbi Eliezer : dehors, c'est déjà un chemin éloigné, donc ces gens ne sont pas dans le compte de ceux qui font le Pessa'h. Tossefot formule le suivi sur les purs présents dans la cour.
Rabbi Yossi lui a dit : c'est pourquoi, etc. On a enseigné.
Rabbi Yossi le Galiléen dit : " chemin ", j'entendrais une marche de deux ou trois jours. Lorsqu'il dit : " et il n'était pas en chemin ", cela enseigne que, depuis le seuil de l'azara et au-dehors, on appelle cela un chemin.
" C'est pourquoi ", etc. renvoie à la michna : Rabbi Yossi répond par le point placé sur le he de rehoka. La baraita de Rabbi Yossi HaGelili donne la deracha.
" Derekh " seul ferait entendre deux ou trois jours de marche. Le verset suivant, Nombres 9, 13, " ou-vaderekh lo haya ", " et il n'était pas en chemin ", sans dire " éloigné ", enseigne que le seuil de l'azara suffit déjà à porter le nom de chemin.
Rachi signale que les livres du Talmud ont ici un texte fautif, et il retient la Tossefta : deux ou trois jours. Tossefot écarte la leçon " deux ou trois parsot " : cette distance laisse encore arriver pour la chehita ou pour le repas. Elle ne ferait pas un chemin éloigné.
Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).