Pesachim 95a - Pessah rishon et Pessah sheni : quelles mitsvot passent

Pesachim 95a

Sougya : Ce daf ouvre les différences entre le Pessa'h rishon, le 14 nissan, et le Pessa'h sheni, le 14 iyar. La michna sépare l'interdit du hametz et le Hallel au moment du repas, et elle rapproche le Hallel à l'abattage, le rôti avec matza et maror, et le report du Chabbat.

La Guemara lit Nombres 9, 11-12 : selon tout le statut du Pessa'h, ils le feront. Un midrach de prat et de klal décide quelles mitsvot du premier passent au second : celles du corps de l'offrande, et non le bal yerae.

Issi ben Yehouda et les Sages se partagent le mot oto et le verset de l'os.

Michna : Pessa'h rishon et Pessa'h sheniCe qui sépare, et ce qui reste communPessa'h rishon14 nissanBal yerae et bal yimatzeHametz interdit à l'abattageHallel au repasOn le dit en mangeantPessa'h sheni14 iyarHametz et matza à la maisonPas d'interdit de hametzHallel au repasOn ne le dit pas en mangeantCommun aux deuxHallel à l'abattage · Rôti avec matza et maror · Repousse le ChabbatL'un et l'autre se font même un Chabbat
La michna : deux écarts (hametz, Hallel au repas) et trois points communs.
Trois niveaux de mitsvaNombres 9, 11-12 : qu'est-ce qui passe au second ?Be-gufoDans le corpsOrdre des avodotConsommation rôtieBris de l'osPasse au sheniMot oto : son corpsVerset : ils le ferontAl gufoSur le corpsMatza et marorAutre chose,obligation pour luiPasse au sheniVerset à partSur matsot et marorLo al gufoHors du corpsÉlimination du seorBal yerae, bal yimatzePas d'abattage sur hametzReste au rishonLe prat de l'os borneSeulement le semblable
Be-gufo, al gufo, lo al gufo : seul le hors-corps reste au Pessah rishon.
Prat puis klal : ce qu'on inclut, ce qu'on écarteLe klal revient sur chaque prat. On garde le semblable du corps.TypeLe prat inclutLe prat écartePourquoiAsséMatsot et marorCommandementpositifTzeli echRôti au feuMitsva du corpsHachbatat seorÉliminationdu levainCorps d'abordInverser feraitpasser le hametzLav nitakIls n'en laisserontrien jusqu'au matinPas de malkotLo totziNe pas sortirla viandePassoul comme yotseBal yeraeBal yimatzeMême régime :lav réparé par un asséCorps d'abordNotar et yotsetouchent la viandeLe hametz, la maisonLav gamur : un os, ils n'en briseront pasLe klal inclut l'interdit entier qui ressemble au bris de l'osL'amud s'arrête sur cette ligne. La suite est en 95b.Règle commune : mitsva de-gufo adif, la mitsva du corps a la préférence
Chaque prat reçoit son semblable par le klal, et écarte son semblable hors du corps.
1
מַתְנִי׳ מַה בֵּין פֶּסַח הָרִאשׁוֹן לַשֵּׁנִי? הָרִאשׁוֹן אָסוּר ב״בל יֵרָאֶה״ ו״בל יִמָּצֵא״, וְהַשֵּׁנִי — חָמֵץ וּמַצָּה עִמּוֹ בַּבַּיִת. הָרִאשׁוֹן טָעוּן הַלֵּל בַּאֲכִילָתוֹ, וְהַשֵּׁנִי אֵינוֹ טָעוּן הַלֵּל בַּאֲכִילָתוֹ. זֶה וָזֶה טָעוּן הַלֵּל בַּעֲשִׂיָּיתָן, וְנֶאֱכָלִין צָלִי עַל מַצָּה וּמְרוֹרִים, וְדוֹחִין אֶת הַשַּׁבָּת.

Michna. Quelle est la différence entre le Pessa'h premier et le second ?

Le premier est interdit par bal yerae et par bal yimatze, et le second : le hametz et la matza sont avec lui dans la maison. Le premier exige le Hallel à sa consommation, et le second n'exige pas le Hallel à sa consommation.

L'un et l'autre exigent le Hallel à leur accomplissement, ils se mangent rôtis avec matza et maror, et ils repoussent le Chabbat.

📜 Rachi (1)
מַתְנֵי' מַצָּה וְחָמֵץ יֵשׁ לוֹ בַּבַּיִת בגמ' יָלֵיף לָהּ לְטַעְמָא דְּכֻולָּהּ מַתְנִיתִין:
Il a matza et hametz dans la maison. Dans la Guemara, on en dérive la raison de toute la michna.
🗂️ Tossefot (1)
מַה בֵּין רִאשׁוֹן לְשֵׁנִי בְּתוֹסְפ' (פֶּרֶק ח) קָתָנֵי נָמֵי הָרִאשׁוֹן נִשְׁחָט בַּג' כִּיתּוֹת וְאֵין הַשֵּׁנִי נִשְׁחָט בַּג' כִּיתּוֹת וְהָכָא תָּנָא וְשַׁיַּיר דְּשִׁייֵּר נָמֵי בִּיקּוּר ד' יָמִים דְּלֵיתֵיהּ בַּשֵּׁנִי כִּדְאָמַר בגמ' (דַּף צו.) וּבַתּוֹסֶפְתָּא דְּלָא קָתָנֵי בִּיקּוּר דְּלָא קָחֲשִׁיב אֶלָּא הָנָךְ שֶׁנּוֹהֲגִין בְּפֶסַח לְבַדּוֹ וּבִיקּוּר נוֹהֵג נָמֵי בְּתָמִיד:
Quelle est la différence entre le premier et le second. Dans la Tossefta (chapitre 8) on enseigne aussi : le premier est abattu en trois kitot (groupes), et le second n'est pas abattu en trois kitot. Ici, le tanna a enseigné et a omis, car il a aussi omis la bikoret (l'examen) de quatre jours, qui n'existe pas pour le second, comme le dit la Guemara (daf 96a). Dans la Tossefta, on n'enseigne pas la bikoret, parce qu'on ne compte que les points qui s'appliquent au Pessa'h seul, et la bikoret s'applique aussi au tamid.
💡 Explication

La michna pose deux écarts et trois points communs. Bal yerae et bal yimatze interdisent de garder du hametz au moment du Pessa'h rishon. Au Pessa'h sheni, hametz et matza restent ensemble dans la maison. Le Hallel se dit en mangeant le premier korban, et non le second.

Les deux exigent le Hallel à l'assiya (l'accomplissement : abattage et service), se mangent rôtis avec matza et maror, et repoussent le Chabbat : on les abat et on jette le sang même ce jour-là.

Tossefot signale deux omissions du tanna : les trois kitot, et la bikoret de quatre jours, étudiée en 96a. La Tossefta laisse aussi la bikoret de côté, parce qu'elle vaut pour le tamid, et non pour le Pessa'h seul.

2
גְּמ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: ״כְּכָל חֻוקַּת הַפֶּסַח יַעֲשׂוּ אֹותוֹ״ — בְּמִצְוָה שֶׁבְּגוּפוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.

Guemara. Les Sages ont enseigné : "Selon tout le statut du Pessa'h, ils le feront" : l'Écrit parle d'une mitsva qui est dans son corps.

📜 Rachi (3)
גְּמ' כְּכָל חֻוקַּת הַפֶּסַח וְגוֹ' בְּפֶסַח שֵׁנִי כְּתִיב:
Selon tout le statut du Pessa'h, etc. C'est écrit au sujet du Pessa'h second.
אוֹתוֹ מַשְׁמַע גּוּפוֹ:
Oto. Le mot signifie son corps.
בְּמִצְוֹת שֶׁבְּגוּפוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר לֹא רִיבָּה אֶת הַשֵּׁנִי לְדִין רִאשׁוֹן אֶלָּא בְּמִצְוֹת שֶׁבְּגוּפוֹ כְּגוֹן סֵדֶר עֲבוֹדוֹתָיו וַאֲכִילַת צָלִי אֲבָל לֹא לְמִצְוֹת שֶׁאֵינָן בְּגוּפוֹ כְּגוֹן הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר:
L'Écrit parle des mitsvot qui sont dans son corps. Il n'a étendu le second au régime du premier que pour les mitsvot qui sont dans son corps, par exemple l'ordre de ses avodot et la consommation rôtie, et non pour les mitsvot qui ne sont pas dans son corps, par exemple l'élimination du seor.
💡 Explication

La baraita lit Nombres 9, 12, verset du Pessa'h sheni : kekhol chukat ha-pesach yaassou oto. Le mot oto vise le corps du korban.

Rachi en tire la limite. Passent au second l'ordre des avodot et l'obligation de le manger rôti. L'élimination du seor, qui porte sur la maison et non sur la bête, reste au Pessa'h rishon.

3
מִצְוָה שֶׁעַל גּוּפוֹ, מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עַל מַצּוֹת וּמְרֹורִים יֹאכְלֻוהוּ״. יָכוֹל אֲפִילּוּ מִצְוֹת שֶׁלֹּא עַל גּוּפוֹ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְעֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בוֹ״, מַה שְׁבִירַת הָעֶצֶם מְיֻוחָד מִצְוָה שֶׁבְּגוּפוֹ — אַף כָּל מִצְוָה שֶׁבְּגוּפוֹ.

Une mitsva qui porte sur son corps, d'où ? Le verset le dit : "Sur des matsot et des herbes amères, ils le mangeront." On pourrait penser : même des mitsvot qui ne portent pas sur son corps.

Le verset le dit : "Et un os, ils n'en briseront pas en lui." De même que le bris de l'os se distingue comme mitsva qui est dans son corps, de même toute mitsva qui est dans son corps.

📜 Rachi (3)
מִצְוֹת שֶׁעַל גּוּפוֹ מִנַּיִן כְּגוֹן מַצָּה וּמָרוֹר שֶׁהֵן דְּבָרִים אֲחֵרִים וּבָאִין חוֹבָה לוֹ:
Les mitsvot qui portent sur son corps, d'où ? Par exemple la matza et le maror, qui sont d'autres choses et qui viennent comme une obligation pour lui.
יָכוֹל אַף מִצְוֹת שֶׁלֹּא עַל גּוּפוֹ כְּגוֹן הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר וּלְקַמֵּיהּ פָּרִיךְ מְנָא תַּיְתֵי וְהָאָמְרַתְּ אוֹתוֹ מַשְׁמַע מִצְוֹת שֶׁבְּגוּפוֹ:
On pourrait penser, même des mitsvot qui ne portent pas sur son corps. Par exemple l'élimination du seor. Plus loin on objecte : d'où cela viendrait-il ? Tu as dit que oto signifie les mitsvot qui sont dans son corps.
מַה שְׁבִירַת הָעֶצֶם מְיֻוחֶדֶת לְקַמָּן יָלֵיף לָהּ בִּפְרָט וּכְלָל דִּפְרָטֵי כְּתִיבִי בְּרֵישָׁא וַהֲדַר כָּלַל עַל מַצּוֹת וּמְרֹורִים יֹאכְלֻוהוּ וְכֵן לֹא יַשְׁאִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר וְעֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בוֹ פְּרָטֵי כְּכָל חֻוקַּת הַפֶּסַח יַעֲשׂוּ אֹותוֹ כְּלָל וּלְקַמֵּיהּ מְפָרֵשׁ לָהּ:
De même que le bris de l'os se distingue. Plus loin on le dérive par prat et klal. Des pratim sont écrits d'abord, puis un klal. "Sur des matsot et des herbes amères, ils le mangeront", et de même "ils n'en laisseront rien jusqu'au matin" et "un os, ils n'en briseront pas", sont des pratim. "Selon tout le statut du Pessa'h, ils le feront" est un klal. Plus loin, on l'explique.
💡 Explication

Al gufo : une mitsva qui porte sur le korban sans être le korban lui-même. Matza et maror sont d'autres aliments, et ils lui sont obligatoires. Le verset al matsot ou-merorim yokhlouhou (Nombres 9, 11) les fait passer au second.

La hava amina étendrait encore le verset aux mitsvot hors du corps, comme le biour du hametz. Le verset de l'os referme : on ne prend que ce qui ressemble au bris de l'os, mitsva du corps. Rachi renvoie la mécanique précise au prat ou-klal de la suite.

4
אִיסִי בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר: ״יַעֲשׂוּ אוֹתוֹ״, בְּמִצְוֹת שֶׁבְּגוּפוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר.

Issi ben Yehouda dit : "Ils le feront" : l'Écrit parle des mitsvot qui sont dans son corps.

📜 Rachi (1)
אִיסִי בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר אֵינוֹ צָרִיךְ לֹא יִשָּׁבְרוּ לְכָךְ אֶלָּא לְלִימּוּד אַחֵר כְּדִלְקַמָּן דְּאוֹתוֹ מִצְוֹת שֶׁבְּגוּפוֹ מַשְׁמַע:
Issi ben Yehouda dit. Il n'a pas besoin de "ils ne briseront pas" pour cela. Ce verset sert à un autre enseignement, comme plus loin, car oto signifie les mitsvot qui sont dans son corps.
💡 Explication

Issi ben Yehouda lit yaassou oto à lui seul. Le mot oto suffit à limiter le second aux mitsvot du corps. Le verset de l'os reste libre pour une autre deracha, donnée plus bas : l'os avec moelle et l'os sans moelle.

5
אָמַר מָר: יָכוֹל אַף מִצְוָה שֶׁלֹּא עַל גּוּפוֹ. הָא אָמְרַתְּ בְּמִצְוָה שֶׁבְּגוּפוֹ הַכָּתוּב מְדַבֵּר?

Le maître a dit : on pourrait penser, même une mitsva qui ne porte pas sur son corps. Or tu as dit que l'Écrit parle d'une mitsva qui est dans son corps ?

📜 Rachi (1)
הָא אָמַרְתָּ אוֹתוֹ בְּמִצְוֹת שֶׁבְּגוּפוֹ גָּרְסִינַן:
Or tu as dit. Nous lisons : oto, pour les mitsvot qui sont dans son corps.
💡 Explication

La Guemara reprend la hava amina de la baraita. Si oto limite déjà aux mitsvot du corps, d'où viendrait l'idée d'inclure une mitsva hors du corps ? Rachi fixe la leçon : la question porte sur le mot oto.

6
הָכִי קָאָמַר: הַשְׁתָּא דַּאֲמַרְתְּ ״עַל מַצּוֹת וּמְרֹורִים יֹאכְלֻוהוּ״, אַלְמָא ״יַעֲשׂוּ אוֹתוֹ״ לָאו דַּוְקָא הוּא. אֵימָא הָוֵה לֵיהּ כִּפְרָט וּכְלָל, וְנַעֲשָׂה כְּלָל מוֹסִיף עַל הַפְּרָט, וַאֲפִילּוּ כֹּל מִילֵּי נָמֵי, קָא מַשְׁמָע לַן.

Voici ce qu'il dit. Maintenant que tu dis : "Sur des matsot et des herbes amères, ils le mangeront", il en ressort que "ils le feront" n'est pas au sens strict.

Je dirais alors que le verset est comme un prat et un klal, que le klal devient un ajout sur le prat, et que même toutes les choses y entrent. Cela nous l'enseigne.

📜 Rachi (4)
ה"ק הַשְׁתָּא דִּכְתִיב מַצּוֹת וּמְרוֹרִים וְאִיתְרַבִּי מִצְוָה שֶׁאֵינָהּ גּוּפוֹ אַלְמָא אוֹתוֹ לָאו דַּוְקָא:
Voici ce qu'il dit. Maintenant qu'il est écrit matsot et herbes amères, et qu'une mitsva qui n'est pas son corps a été incluse, il en ressort que oto n'est pas au sens strict.
וְהָוֵה לֵיהּ פְּרָט וּכְלָל דִּפְרָטֵי כְּתִיבִי בְּרֵישָׁא:
Et c'est un prat et un klal. Car des pratim sont écrits d'abord.
וְאֵימָא נַעֲשָׂה כְּלָל מוֹסִיף עַל הַפְּרָט וְאִיתְרַבִּי כֹּל מִילֵּי אֲפִילּוּ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר שֶׁאֵינָהּ עַל גּוּפוֹ:
Et je dirais : le klal est fait ajout sur le prat. Toutes les choses seraient incluses, même l'élimination du seor, qui ne porte pas sur son corps.
קמ"ל וְעֶצֶם לֹא יִשָּׁבֵרוּ דְּלָא תִּדְרוֹשׁ כְּלָל מוֹסִיף עַל הַפְּרָט לְרַבּוֹיֵי כָּל מִילֵּי אַפֵּי' הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר דְּאִם כֵּן כָּל הָנֵי פְּרָטֵי לָמָּה לִי אֶלָּא לְהָכִי כַּתְבִינְהוּ לְכוּלְּהוּ לְמִידְרַשׁ תּוֹסֶפְתָּא דִּכְלָלָא אָכַל חַד וְחַד וּמְרַבֵּי דֻּומְיָא דִּפְרָטֵי וְתוּ לָא וְכֻולְּהוּ פְּרָטֵי הָווּ דְּגוּפוֹ וּדְעַל גּוּפוֹ וְהַייְנוּ דְּקָאָמַר תַּנָּא דִּפְרָטֵי וְעֶצֶם לֹא יִשָּׁבֵרוּ מְמַעֵט מִצְוֹת שֶׁלֹּא עַל גּוּפוֹ כְּגוֹן לֹא תִשְׁחַט עַל חָמֵץ כְּדִלְקַמָּן וּלְקַמָּן בַּבָּרַיְיתָא מְפָרְשִׁי מַאי מְרַבֵּי כְּלָלָא דְּכָל חַד וְחַד וּמַאי מְמַעֵט פְּרָטָא:
Cela nous l'enseigne. "Et un os, ils ne briseront pas" : tu n'interpréteras pas le klal comme un ajout sur le prat pour inclure toutes les choses, même l'élimination du seor. Car s'il en était ainsi, tous ces pratim, à quoi me servent-ils ? Il les a tous écrits pour ceci : interpréter l'ajout du klal sur chacun d'eux. Il inclut ce qui ressemble aux pratim, et rien de plus. Tous les pratim sont du corps et sur le corps. C'est ce que dit le tanna : le prat "et un os, ils ne briseront pas" exclut les mitsvot qui ne portent pas sur son corps, par exemple "tu n'abattras pas sur du hametz", comme plus loin. Et plus loin, dans la baraita, on explique ce que le klal de chacun inclut, et ce que le prat exclut.
💡 Explication

La réponse : dès que matza et maror entrent, oto ne borne plus strictement le verset. On peut alors lire un prat ou-klal. Dans cette forme, le klal ajoute au prat et peut tout englober, y compris la hachbatat seor.

Ka mashma lan vise le verset de l'os, déjà cité. Il empêche cette lecture large. Chaque prat reçoit seulement son semblable. L'exemple hors corps que Rachi nomme est lo tishchat al hametz : ne pas abattre le Pessa'h tant que du hametz est encore là.

🖼️ Schéma
Pourquoi le verset de l'os est encore utileOtoMitsvot du corps>Matsot, marorHors du corps même>Oto non strictPlus au sens strictHava amina : prat puis klalLe klal ajouterait tout, y compris l'élimination du seorKa mashma lan : le verset de l'osOn n'inclut que le semblable des pratim, du corps et sur le corps
Matsot et maror ouvrent oto. Le verset de l'os empêche d'inclure tout le Pessa'h rishon.
7
אִיסִי בֶּן יְהוּדָה, הַאי ״עֶצֶם״ מַאי עֲבִיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְאֶחָד עֶצֶם שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מוֹחַ, וְאֶחָד עֶצֶם שֶׁאֵין בּוֹ מֹוחַ.

Issi ben Yehouda, ce "os", qu'en fait-il ? Il lui est nécessaire : aussi bien un os qui a de la moelle qu'un os qui n'a pas de moelle.

📜 Rachi (2)
מַאי עֲבִיד לֵיהּ מִכְּכָל חֻוקַּת הַפֶּסַח נָפְקָא לֵיהּ דְּהָא לְדִידֵיהּ אוֹתוֹ דַּוְקָא וּמְמַעֵט שֶׁלֹּא עַל גּוּפוֹ וּמִמֵּילָא מִתְרַבֶּה שְׁבִירַת עֶצֶם דְּהָא מִצְוָה שֶׁבְּגוּפוֹ הִיא וּתְמִיהָא לִי אַמַּאי לָא בָּעֵי נָמֵי לֹא יַשְׁאִירוּ לְאִיסִי מַאי עֲבִיד לֵיהּ דְּהָא מִצְוָה שֶׁבְּגוּפוֹ הִיא:
Qu'en fait-il ? Cela lui sort de "selon tout le statut du Pessa'h". Car selon lui, oto est au sens strict et exclut ce qui ne porte pas sur son corps. Le bris de l'os est inclus de soi-même, car c'est une mitsva qui est dans son corps. Et je m'étonne : pourquoi ne demande-t-on pas aussi, pour "ils ne laisseront pas", ce qu'Issi en fait ? Car c'est une mitsva qui est dans son corps.
מִיבְּעֵי לֵיהּ אֶחָד עֶצֶם כּוּ' דְּהָכִי דָּרְשִׁינַן בִּכְיָצָד צוֹלִין (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף פֹּה.) כְּשֶׁהוּא אוֹמֵר וְעֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בְּפֶסַח שֵׁנִי שֶׁאֵין ת"ל הָוֵי אֶחָד עֶצֶם כו':
Il lui est nécessaire : un os, etc. C'est ainsi qu'on l'interprète dans Keitsad tsolin (plus haut, Pessahim 85a). Lorsqu'il dit "et un os, ils ne briseront pas" au Pessa'h second, alors que ce n'était pas nécessaire de l'écrire, cela vient pour : aussi bien un os, etc.
🗂️ Tossefot (1)
וְאִיסִי בֶּן יְהוּדָה עֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בּוֹ מַאי עֲבִיד לֵיהּ תֵּימַהּ לְאִיסִי לֹא יַשְׁאִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר מַאי עָבֵיד לֵיהּ דְּהָא לְדִידִי' לֹא צָרִיךְ לִמְעוּטֵי בַּל יֵרָאֶה דְּמֵאוֹתוֹ מַפִּיק מִצְוָה שֶׁלֹּא עַל גּוּפוֹ:
Et Issi ben Yehouda, "un os, ils n'en briseront pas en lui", qu'en fait-il ? Difficulté : pour Issi, "ils n'en laisseront rien jusqu'au matin", qu'en fait-il ? Car selon lui, il n'a pas besoin d'exclure bal yerae, puisqu'il fait sortir de oto la mitsva qui ne porte pas sur son corps.
💡 Explication

Pour Issi, l'interdit de briser l'os sort déjà de kekhol chukat ha-pesach, puisque c'est une mitsva be-gufo. Le second verset, en trop, enseigne les deux os : avec moelle et sans moelle. La deracha est celle de Pessahim 85a.

Rachi et Tossefot posent la même question sur lo yashirou, "ils n'en laisseront rien jusqu'au matin". Cet interdit est aussi du corps. Issi n'en a pas besoin pour écarter le bal yerae, déjà écarté par oto. Le daf laisse la question ouverte.

🖼️ Schéma
À quoi sert le verset de l'osIssi ben YehoudaOto suffitIl limite déjà au corpsEtzem sert ailleursOs qui a de la moelleOs qui n'en a pasDeracha de Pessahim 85aLes SagesEtzem borne le klalSans lui, tout passeraitYaassou, le plurielPas d'abattage pour un seulOn cherche un compagnonAu besoin, sheretz
Issi garde le verset de l'os pour la moelle. Les Sages s'en servent pour borner le klal.
8
וְרַבָּנָן, הַאי ״יַעֲשׂוּ אִתּוֹ״ מַאי עָבְדִי לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ שֶׁאֵין שׁוֹחֲטִין אֶת הַפֶּסַח עַל הַיָּחִיד, דְּכַמָּה דְּאֶפְשָׁר לְאַהְדּוֹרֵי מַהְדְּרִינַן.

Et les Sages, ce "ils le feront", qu'en font-ils ? Il leur est nécessaire : on n'abat pas le Pessa'h pour un seul individu, car autant qu'on peut chercher, on cherche.

📜 Rachi (2)
וְרַבָּנָן דְּאָמְרִי אוֹתוֹ לָאו דַּוְקָא לְמַאי אֶיכְתַּב:
Et les Sages. Ils disent que oto n'est pas au sens strict. Pour quoi est-il écrit ?
שֶׁאֵין שׁוֹחֲטִין פֶּסַח שֵׁנִי עַל הַיָּחִיד שֶׁנִּדְחָה לוֹ לְהָכִי כְּתַב יַעֲשׂוּ לְשׁוֹן רַבִּים דְּכַמָּה דְּאֶפְשָׁר לְאַהְדּוֹרֵי אַחַר טָמֵא חֲבֵירוֹ לְהַמְנוֹתוֹ עִמּוֹ מְהַדְּרִינַן כְּגוֹן לְטַמֵּא אֶחָד בְּשֶׁרֶץ וְאַיְּידֵי דִּכְתִיב יַעֲשׂוּ כְּתִיב אוֹתוֹ דאע"ג דִּכְתִיב בְּרֵישָׁא יַעֲשׂוּ אוֹתוֹ אִי לָא כַּתְבֵיהּ זִימְנָא אַחֲרִיתִי הֲוָה אֲמִינָא אוֹרְחֵיהּ דִּקְרָא הוּא:
On n'abat pas. Le Pessa'h second, pour l'individu qui a été renvoyé à cette date. C'est pour cela qu'il a écrit yaassou, au pluriel : autant qu'on peut chercher un autre, son compagnon impur, pour le compter avec lui, on cherche. Par exemple, on rend quelqu'un impur par un sheretz. Et du fait que yaassou est écrit, oto est écrit. Car bien que yaassou oto soit écrit au début, s'il ne l'avait pas écrit une seconde fois, j'aurais dit que c'est le tour ordinaire du verset.
🗂️ Tossefot (1)
מִיבְּעֵי לֵיהּ שֶׁאֵין שׁוֹחֲטִין אֶת הַפֶּסַח עַל הַיָּחִיד קָשֶׁה לְרַשְׁבָּ"א דְּתִיפּוֹק לֵיהּ מִכְּכָל חֻקַּת הַפֶּסַח וְרִאשׁוֹן נָפְקָא לָן בְּפֶרֶק הָאִשָּׁה (לְעֵיל פְּסָחִים דַּף צֵא.) דְּאֵין שׁוֹחֲטִין אוֹתוֹ עַל הַיָּחִיד מִלֹּא תוּכַל לִזְבֹּוחַ אֶת הַפָּסַח בְּאַחַד וי"ל דְּלֵית לֵיהּ הַהִיא דְּרָשָׁה וּבְפֶסַח רִאשׁוֹן נָפְקָא לֵיהּ מִשּׁוּם דְּלָא גָּרַע מִפֶּסַח שֵׁנִי:
Il leur est nécessaire : on n'abat pas le Pessa'h pour un seul. Difficulté pour le Rachba : qu'on le fasse sortir de "selon tout le statut du Pessa'h". Pour le premier, nous le faisons sortir dans le chapitre HaIsha (plus haut, Pessahim 91a) : on ne l'abat pas pour un seul, à partir de "tu ne pourras pas sacrifier le Pessa'h dans l'un". On peut répondre : il ne tient pas cette deracha. Pour le Pessa'h premier, cela lui vient de ce que le premier n'est pas inférieur au Pessa'h second.
💡 Explication

Les Sages ne lisent pas oto comme une limite stricte. La seconde occurrence de yaassou (Nombres 9, 12, après le verset 11) enseigne le pluriel : on n'offre pas le Pessa'h sheni pour un homme seul. On cherche un compagnon, au besoin en rendant quelqu'un tame par un sheretz, pour qu'il soit lui aussi renvoyé au second.

Rachi : oto suit yaassou comme tour du verset. Sans la seconde écriture, on aurait pris la première pour un simple style. Tossefot, au nom du Rachba : le rishon a déjà cette règle, depuis Deutéronome 16, 5, be-ehad, en Pessahim 91a. Réponse : ce tanna ne tient pas cette deracha. Le rishon la reçoit parce qu'il n'est pas en dessous du sheni.

🖼️ Schéma
Pessa'h sheni : pas pour un seulUn individurepousse au sheniOn ne l'abat paspour lui seulYaassouPluriel du versetAutant qu'on peutchercher, on chercheLe compagnonUn autre tameOn peut rendrequelqu'un tame : sheretz
Yaassou au pluriel : on cherche un second homme, au besoin en le rendant tame par un sheretz.
9
תָּנוּ רַבָּנַן: ״כְּכָל חֻוקַּת הַפֶּסַח יַעֲשׂוּ אֹותוֹ״. יָכוֹל כְּשֵׁם שֶׁהָרִאשׁוֹן אָסוּר ב״בל יֵרָאֶה״ ו״בל יִמָּצֵא״ כָּךְ שֵׁנִי אָסוּר ב״בל יֵרָאֶה״ ו״בל יִמָּצֵא״ — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״עַל מַצּוֹת וּמְרֹורִים יֹאכְלֻוהוּ״.

Les Sages ont enseigné : "Selon tout le statut du Pessa'h, ils le feront." On pourrait penser : de même que le premier est interdit par bal yerae et bal yimatze, de même le second est interdit par bal yerae et bal yimatze. Le verset le dit : "Sur des matsot et des herbes amères, ils le mangeront."

📜 Rachi (1)
ת"ל עַל מַצּוֹת וּמְרוֹרִים וְגוֹ' וַהֲדַר כְּתִיב כְּלָלָא עָלֶיהָ לְרַבּוֹיֵי דֻּומְיָא דִּידֵיהּ וְכָל מִילֵּי לָא אָמְרִינַן דְּנִירַבֵּי דא"כ כָּל הָנֵי פְּרָטֵי לָמָּה לִי וּפְרָטָא מְמַעֵט דִּכְוָותֵיהּ כְּדִמְפָרֵשׁ לְקַמָּן דִּכְלָלָא דְּכָל חֻוקַּת הַפֶּסַח מְהַדְּרִינַן אַכּוּלְּהוּ פְּרָטָא לְרַבּוֹיֵי בְּכָל פְּרָטָא דֻּומְיָא דִּידֵיהּ וּלְמִעוּטֵי מִפְּרָט' נָמֵי דֻּומְיָא דִּידֵיהּ וּמֵחַד מִפְּרָטֵיהּ מְמַעֲטִינַן בַּל יֵרָאֶה וּבַל יִמָּצֵא לְקַמָּן וּבָרַייְתָא רִמּוּזַי מְרַמְּזָא וְאָזְלָא כְּלָלֵי מַאי מְרַבּוּ וּפְרָטֵי מַאי מְמַעֲטִי וְדִכְוָותֵיהּ מְרַבּוּ וּמְמַעֲטִי:
Le verset le dit : sur des matsot et des herbes amères, etc. Ensuite le klal est écrit sur ce prat, pour inclure ce qui lui ressemble. Nous ne disons pas que toutes les choses soient incluses : s'il en était ainsi, tous ces pratim, à quoi me servent-ils ? Le prat exclut ce qui lui ressemble, comme on l'explique plus loin. Le klal de "tout le statut du Pessa'h", nous le faisons revenir sur tous les pratim, pour inclure dans chaque prat ce qui lui ressemble, et pour exclure aussi, à partir du prat, ce qui lui ressemble. De l'un de ses pratim nous excluons bal yerae et bal yimatze, plus loin. La baraita avance par allusions : les klalim, qu'incluent-ils, les pratim, qu'excluent-ils, et ils incluent et excluent leur semblable.
💡 Explication

Deuxième baraita, même verset. La hava amina ferait passer au sheni bal yerae et bal yimatze. Le verset des matsot et du maror ferme cette lecture.

Rachi donne la méthode de toute la suite. Le klal kekhol chukat ha-pesach revient sur chaque prat. Il inclut le semblable du prat, et le prat écarte son semblable hors du corps. La baraita ne fait qu'y faire allusion. La Guemara détaillera chaque ligne.

10
וְאֵין לִי אֶלָּא מִצְוַת עֲשֵׂה, מִצְוַת לֹא תַעֲשֶׂה מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״לֹא יַשְׁאִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר״.

Et je n'ai que les mitsvot d'assé. Les mitsvot de lav, d'où ?

Le verset le dit : "Ils n'en laisseront rien jusqu'au matin."

📜 Rachi (2)
וְאֵין לִי שֶׁיְּהֵא כְּלָל מוֹסִיף אֶלָּא עַל הַפְּרָט שֶׁל עֲשֵׂה מַצּוֹת וּמְרוֹרִים דִּכְוָותֵיהּ צְלִי אֵשׁ שֶׁהוּא מ"ע וּפְרָט נָמֵי מְמַעֵט דִּכְוָותֵיהּ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר:
Et je n'ai. Le klal n'ajoute que sur le prat de l'assé, matsot et maror. Ce qui lui ressemble : le rôti au feu, qui est une mitsva d'assé. Le prat exclut aussi ce qui lui ressemble : l'élimination du seor.
ל"ת מִנַּיִן שֶׁיַּרְבֶּה הַכְּלָל וְכֵן הַפְּרָט יְמַעֵט ל"ת ת"ל לֹא יַשְׁאִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר וּכְתִיב כְּלָלָא לְאַהְדּוֹרֵי עָלֶיהָ לְרַבּוֹיֵי דִּכְוָותֵיהּ לָאו הַנִּיתָּק לַעֲשֵׂה וּלְמַעֵט בִּפְרָטֵיהּ לֹא יֵרָאֶה וְלֹא יִמָּצֵא דְּלָאו שֶׁנִּיתַּק לַעֲשֵׂה נִינְהוּ כְּדִמְפָרֵשׁ בַּמַּסְּקָנָא:
Un lav, d'où ? Que le klal inclue, et que le prat exclue, un lav. Le verset le dit : ils n'en laisseront rien jusqu'au matin. Le klal est écrit pour revenir sur lui : inclure ce qui lui ressemble, un lav détaché vers un assé, et exclure dans son prat "on ne verra pas" et "on ne trouvera pas", qui sont un lav détaché vers un assé, comme la conclusion l'explique.
💡 Explication

Le prat des matsot n'a fourni que des assé (commandements positifs). Pour les lav (interdits), la baraita cite lo yashirou mimenu ad boker : ne rien laisser du korban jusqu'au matin.

Rachi classe déjà les deux côtés, que la Guemara va nommer. Côté inclusion : un lav hanitak la-assé, interdit qu'un commandement positif vient réparer. Côté exclusion : bal yerae et bal yimatze, du même régime, mais hors du corps du korban.

11
וְאֵין לִי אֶלָּא מִצְוַת לֹא תַעֲשֶׂה שֶׁנִּיתַּק לַעֲשֵׂה. מִצְוַת לֹא תַעֲשֶׂה גָּמוּר מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְעֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בוֹ״. מָה הַפְּרָט — מְפֹורָשׁ: מִצְוַת עֲשֵׂה, וְלֹא תַעֲשֶׂה שֶׁנִּיתָּק לַעֲשֵׂה, וְלֹא תַּעֲשֶׂה גָּמוּר — אַף כָּל מִצְוַת עֲשֵׂה, וְלֹא תַעֲשֶׂה שֶׁנִּיתָּק לַעֲשֵׂה, וְלֹא תַּעֲשֶׂה גָּמוּר.

Et je n'ai qu'un interdit détaché vers un assé. Un interdit entier, d'où ?

Le verset le dit : "Et un os, ils n'en briseront pas en lui." De même que le prat est explicite : mitsva d'assé, interdit détaché vers un assé, et interdit entier, de même toute mitsva d'assé, tout interdit détaché vers un assé, et tout interdit entier.

📜 Rachi (1)
וְאֵין לִי אֶלָּא כו' ל"ת גְּמוּרָה מִנַּיִן שֶׁיַּרְבֶּה [הַכְּלָל] וִימַעֵט פְּרָט ת"ל לֹא יִשָּׁבְרוּ וְכָתַב כְּלָלָא לְאַהְדּוֹרֵי עָלֶיהָ לְרַבּוֹיֵי דִּכְוָותֵיהּ בִּכְלָלָא וּלְמִעוּטֵי דִּכְוָותֵיהּ בִּפְרָטָא כְּדִלְקַמָּן:
Et je n'ai que, etc. Un lav entier, d'où ? Que le klal inclue et que le prat exclue. Le verset le dit : ils ne briseront pas. Il a écrit le klal pour revenir sur lui : inclure dans le klal ce qui lui ressemble, et exclure dans le prat ce qui lui ressemble, comme plus loin.
💡 Explication

Lo yashirou est un lav qu'on répare : le reste, le notar, se brûle. Ce prat n'enseigne donc qu'un lav hanitak la-assé. Pour un lav gamur, interdit entier, sans réparation par un assé, la baraita cite le bris de l'os.

La formule "de même toute mitsva" résume les trois types déjà nommés. Rachi rappelle la règle : le klal n'ajoute que le semblable, et le prat n'écarte que le semblable. La Guemara va le montrer cas par cas.

12
בִּכְלָלֵיהּ דִּ״מִצְוַת וּמְרוֹרִים״, מַאי קָא מְרַבֵּי? צְלִי אֵשׁ. בִּפְרָטֵיהּ מַאי מְמַעֵיט לֵיהּ? הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר. אִיפּוּךְ אֲנָא! מִצְוָה דְּגוּפֵיהּ עָדִיף.

Dans le klal de "matsot et herbes amères", qu'inclut-il ? Le rôti au feu.

Dans son prat, qu'exclut-il ? L'élimination du seor.

J'inverserais ! Une mitsva de son propre corps a la préférence.

📜 Rachi (2)
בִּפְרָטֵיהּ מַאי קָא מְמַעֵט דְּכָל פְּרָטָא מַשְׁמַע מִיעוּטָא דִּכְוָותֵיהּ דְּהָכִי מַשְׁמַע הַאי וְלָא מִידִּי אַחֲרִינָא הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר דְּהָוְיָא נָמֵי כְּמִצְוַת עֲשֵׂה:
Dans son prat, qu'exclut-il ? Chaque prat signifie l'exclusion de ce qui lui ressemble. Le sens est : ceci, et aucune autre chose. L'élimination du seor, qui est elle aussi à la manière d'une mitsva d'assé.
ל"ת דְּמוֹתִיר לָאו הַנִּיתָּק לַעֲשֵׂה הוּא דִּכְתִיב גַּבֵּי רִאשׁוֹן וְהַנּוֹתָר מִמֶּנּוּ וְגוֹ':
Le lav de celui qui laisse un reste est un lav détaché vers un assé, car il est écrit au sujet du premier : "et ce qui en restera", etc.
🗂️ Tossefot (1)
בִּכְלָלֵיהּ דְּמַצּוֹת וּמְרוֹרִים מַאי קָמְרַבֵּי צְלִי אֵשׁ מַשְׁמַע מִשּׁוּם מַצּוֹת וּמְרוֹרִים דְּקָאֵי כְּלָלָא עָלֶיהָ מִרַבֵּינַן צְלִי אֵשׁ וְתֵימַהּ כֵּיוָן דִּפְרָט וּכְלָל הוּא בְּלֹא מַצּוֹת וּמְרוֹרִים מִרַבֵּינַן צְלִי אֵשׁ וְכָל מִילֵּי אֲפִילּוּ הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר וּמִפְּרָטֵי מְמַעֲטִי מִכָּל חַד וְחַד חֲדָא מִילְּתָא כִּדְאָמַר בְּרֵישׁ מְרֻובֶּה (בּ"ק דַּף סב:) דְּמַסִּיק עַל כָּל דְּבַר פֶּשַׁע כְּלָל רִיבּוּיָא וְכָל הָנֵי פְּרָטֵי לָמָּה לִי חַד לְמַעוֹטֵי עֲבָדִים כו' וְיֵשׁ לוֹמַר דְּוַדַּאי בְּלֹא מַצּוֹת וּמְרוֹרִים יָדְעִינַן צְלִי אֵשׁ מִכְּלָלָא וּמַצּוֹת וּמְרוֹרִים לָא אֲתָא אֶלָּא לְמַעוּטֵי הַשְׁבָּתַת שְׂאוֹר וְלָא נְקַט הַאי לִישָּׁנָא בִּכְלָלֵיהּ דְּמַצּוֹת וּמְרוֹרִים מַאי קָמְרַבֵּי צְלִי אֵשׁ אֶלָּא מִשּׁוּם דְּבָעֵי לְמִיפְרַךְ וְאִיפּוּךְ אֲנָא:
Dans le klal de matsot et herbes amères, qu'inclut-il ? Le rôti au feu. Il ressort que c'est à cause des matsot et des herbes amères, sur lesquels le klal porte, que nous incluons le rôti au feu. Difficulté : puisqu'il y a prat et klal, même sans matsot et herbes amères nous incluons le rôti au feu et toutes les choses, même l'élimination du seor, et des pratim nous excluons de chacun une chose, comme on le dit au début de Merouba (Bava Kama 62b). On y conclut : "sur toute affaire de négligence" est un klal d'inclusion, et tous ces pratim, à quoi me servent-ils ? L'un pour exclure les esclaves, etc. On peut répondre : certes, sans matsot et herbes amères, nous connaissons le rôti au feu à partir du klal, et matsot et herbes amères ne viennent que pour exclure l'élimination du seor. Il n'a pris cette formulation, "dans le klal de matsot et herbes amères, qu'inclut-il ? le rôti au feu", que parce qu'il veut objecter : j'inverserais.
💡 Explication

Premier couple. Le klal rattaché à matsot et maror inclut le tzeli ech, le rôti au feu. Le prat écarte la hachbatat seor, élimination du levain, elle aussi un assé, mais hors du korban.

Ippoukh : on pourrait faire l'inverse, inclure le biour et écarter le rôti. Réponse : mitsva de-gufo adif. On fait passer en priorité la mitsva qui touche le corps de l'offrande.

Tossefot : le rôti sortirait déjà du klal, sans le verset des matsot. Ce verset ne sert qu'à écarter le seor. La Guemara le présente comme une inclusion pour pouvoir poser l'inversion. Le modèle est le klal de Bava Kama 62b, où chaque prat écarte un cas.

13
בִּכְלָלֵיהּ ד״לא יַשְׁאִירוּ מִמֶּנּוּ עַד בֹּקֶר״ מַאי קָא מְרַבֵּה לֵיהּ? ״לֹא תּוֹצִיא מִמֶּנּוּ״ (דְּדָמֵי לֵיהּ. דְּהַאי מִיפְסָל בְּנוֹתָר, וְהַאי מִיפְסָל בְּיוֹצֵא).

Dans le klal de "Ils n'en laisseront rien jusqu'au matin", qu'inclut-il ? "Tu n'en feras pas sortir" (qui lui ressemble : celui-ci est invalide comme notar, et celui-là est invalide comme yotse).

📜 Rachi (1)
לֹא תּוֹצִיא לָאו הַנִּיתָּק לַעֲשֵׂה הוּא דִּכְתִיב בְּבַיִת אֶחָד יֵאָכֵל לֹא תוֹצִיא וְגוֹ' וּמַשְׁמַע לֹא תּוֹצִיא לְאוֹכְלוֹ אֶלָּא בְּבַיִת אֶחָד יֵאָכֵל בְּעַמּוּד וְהַחֲזֵר קָאֵי אִם הוֹצִיאוֹ וְלֵית לֵיהּ לְהַאי תַּנָּא הָא דְּתָנֵי בִּכְיָצֹד צוֹלִין (שָׁם) הָאוֹכְלוֹ הֲרֵי זֶה בל"ת דִּוּבָשָׂר בַּשָּׂדֶה טְרֵפָה (שְׁמוֹת כ״ב:ל׳) אֶלָּא מֻותָּר לְהַחֲזִירוֹ וּלְאוֹכְלוֹ:
Tu n'en feras pas sortir. C'est un lav détaché vers un assé, car il est écrit : "dans une seule maison il sera mangé, tu n'en feras pas sortir", etc. Le sens est : tu n'en feras pas sortir pour le manger ailleurs, et "dans une seule maison il sera mangé". Le verset se tient sur "lève-toi et ramène", s'il l'a fait sortir. Ce tanna ne tient pas l'enseignement de Keitsad tsolin, là-bas : celui qui le mange tombe sous un lav, à partir de "et de la chair dans le champ, une terefa" (Exode 22, 30). Ici, il est permis de le ramener et de le manger.
🗂️ Tossefot (1)
לֹא תוֹצִיא מִן הַבַּיִת פֵּי' בַּקּוּנְטְ' דְּלָאו הַנִּיתָּק לַעֲשֵׂה הוּא דִּכְתִיב בְּבַיִת אֶחָד יֵאָכֵל לֹא תוֹצִיא מַשְׁמַע לֹא תּוֹצִיא לְאוֹכְלוֹ בְּבַיִת אַחֵר אֶלָּא בְּבַיִת אֶחָד יֹאכַל בְּעַמּוּד וְהַחֲזֵר קָאֵי אִם תּוֹצִיאוּ וְקָשֶׁה לר"י הֵיכִי חָשְׁבִינַן לֵיהּ לָאו הַנִּיתָּק לַעֲשֵׂה וְהָא לָאו שֶׁקְּדָמוֹ עֲשֵׂה הוּא וְלָא חֲשִׁיב לָאו הַנִּיתָּק לַעֲשֵׂה כִּדְאָמְרִינַן בְּפֶרֶק בָּתְרָא דְּמַכּוֹת (דַּף טו.):
Tu n'en feras pas sortir de la maison. Explication du commentaire : c'est un lav détaché vers un assé, car il est écrit "dans une seule maison il sera mangé, tu n'en feras pas sortir". Le sens est : tu n'en feras pas sortir pour le manger dans une autre maison, et "dans une seule maison il sera mangé". Il se tient sur "lève-toi et ramène", si tu l'as fait sortir. Difficulté pour le Ri : comment le comptons-nous comme un lav détaché vers un assé ? C'est un lav qu'un assé précède, et on ne le compte pas comme un lav détaché vers un assé, comme nous le disons dans le dernier chapitre de Makot (daf 15a).
💡 Explication

Deuxième inclusion. Lo yashirou invalide la viande comme notar (reste du matin). Le klal y ajoute lo totzi : ne pas sortir la viande du groupe. Cette viande est passoul comme yotse (sortie de son lieu). Les deux touchent la chair du korban.

Rachi lit Exode 12, 46 comme un lav hanitak la-assé : "dans une seule maison il sera mangé" commande de ramener la viande et de la manger. Ce tanna permet donc de la réintégrer. Il ne suit pas la baraita de Keitsad tsolin, qui interdit de la manger à partir d'Exode 22, 30.

Tossefot, au nom du Ri : l'assé est écrit avant le lav. Makot 15a refuse à un lav précédé d'un assé le régime du nitak la-assé. La difficulté reste posée.

14
בִּפְרָטֵיהּ מַאי קָא מְמַעֵט לֵיהּ? ״לֹא יֵרָאֶה וְלֹא יִמָּצֵא״ (דְּדָמֵי לֵיהּ, דְּהַאי אֵינוֹ לוֹקֶה דְּהָוֵה לָאו שֶׁנִּיתָּק לַעֲשֵׂה. וְהַאי אֵינוֹ לוֹקָה דְּהָוֵה לֵיהּ לָאו שֶׁנִּיתָּק לַעֲשֵׂה). אִיפּוּךְ אֲנָא! מִצְוָה דְּגוּפֵיהּ עָדִיף.

Dans son prat, qu'exclut-il ? "On ne le verra pas et on ne le trouvera pas" (qui lui ressemble : celui-ci ne reçoit pas les malkot, car c'est un lav détaché vers un assé, et celui-là ne reçoit pas les malkot, car c'est un lav détaché vers un assé).

J'inverserais ! Une mitsva de son propre corps a la préférence.

📜 Rachi (1)
וְלֹא יֵרָאֶה וְאִם נִרְאָה תַּשְׁבִּיתוּהוּ לְעוֹלָם הוּא בְּעַמּוּד וְהַשַּׁבָּת כָּל יְמוֹת הַמּוֹעֵד:
Et on ne verra pas. S'il a été vu, fais-le disparaître. Il se tient toujours sur "lève-toi et fais disparaître", tous les jours de la fête.
🗂️ Tossefot (1)
בִּפְרָטֵיהּ קָא מְמַעֵיט בַּל יֵרָאֶה כָּאן מַשְׁמַע כְּמוֹ שֶׁפֵּירֵשׁ רִ"י בְּכָל שָׁעָה (לְעֵיל . כט:) דְּלָא יֵרָאֶה הָוֵי נִיתַּק לַעֲשֵׂה:
Dans son prat, il exclut bal yerae. Ici, il ressort comme l'a expliqué le Ri dans Kol Shaah (plus haut, 29b) : lo yerae est un lav détaché vers un assé.
💡 Explication

Le prat de lo yashirou écarte lo yerae et lo yimatze. Le point commun : ni l'un ni l'autre ne font recevoir les malkot, parce que chacun est un lav réparé par un assé. Pour le hametz, l'assé est tashbitou : le faire disparaître.

Rachi : dès que le hametz est vu, l'ordre de le faire disparaître reste ouvert tous les jours de la fête. Tossefot y voit un appui pour le Ri en Pessahim 29b : lo yerae est bien un lav hanitak la-assé.

L'inversion proposerait d'inclure le hametz et d'écarter l'interdit du reste. On garde le notar, mitsva du corps, et on laisse le hametz au rishon.

15
בִּכְלָלֵיהּ דְּ״עֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בּוֹ״

Dans le klal de "Un os, ils n'en briseront pas en lui".

📜 Rachi (1)
בִּכְלָלֵיהּ דְּעֶצֶם לֹא יִשְׁבְּרוּ בוֹ דִּמְרַבֵּי לֹא תַעֲשֶׂה גָּמוּר:
Dans le klal de "un os, ils n'en briseront pas en lui". Il inclut un lav entier.
💡 Explication

L'amud s'arrête au milieu de la question : que vient inclure le klal rattaché à etsem lo yishberou bo ? Rachi indique la portée. Ce prat est un lav gamur, et le klal inclut l'interdit entier qui lui ressemble. La réponse est sur le daf 95b.

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Texte hébreu et araméen vocalisé : édition numérique William Davidson du Talmud Koren Noé, via Sefaria (licence CC BY-NC). Traduction française, notes et schémas : Chiourim BA (licence CC BY 4.0).